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05/11/2017

Les snipers de la semaine... (151)

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- sur La Voix de nos maîtres, Ingrid Riocreux allume avec talent les concepteurs de l'écriture inclusive...

Écriture inclusive : un outil d’exclusion

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- sur Hashtable, H16 dézingue les élus prompts à imposer de nouvelles normes mais moins enthousiastes pour respecter celles qui les concernent...

La si délicate transparence patrimoniale de nos élus

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24/10/2017

Les Rien-pensants...

Les éditions du Cerf viennent de publier un nouveau livre d'Elisabeth Lévy intitulé Les Rien-pensants. Directrice du mensuel Causeur, Elisabeth Lévy est notamment l'auteur d'un essai sur la police de la pensée, Les Maîtres-censeurs (Jean-Claude Lattés, 2002) et de La gauche contre le réel (Fayard, 2012).

 

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" Mais que se passe-t-il au pays de Descartes et de Voltaire ? Pourquoi, sous couvert de démocratie, la liberté d’expression s’amenuise-t-elle toujours plus ? À quelle étrange inversion assistons-nous quand ceux qui dénoncent l’islamisme et le néo-antisémitisme sont accusés d’attiser la haine ? Par quel retournement les féministes et autres héritiers de 1968 réclament-ils sans cesse plus de police des moeurs et de la pensée, et plus de sanctions ? Les Rien-pensants se sont substitués aux Maîtres censeurs, pointe Élisabeth Lévy quinze ans après son grand livre manifeste. Partout ils veulent interdire qu’on voie ce qu’on voit. Mais de la béatification de Taubira à la diabolisation de Zemmour, de l’exaltation du mariage pour tous à l’interdiction du racolage, de l’exonération des djihadistes à la stigmatisation du populo, de la transparence à la surveillance, se moquer des inventions langagières et politiques des nouveaux modernes est devenu un devoir citoyen. Surtout qu’au prétexte de vouloir notre bien, ils mènent une guerre sans merci contre tout ce qui nous rattache au passé. Voici donc la chronique ironique et énervée de la bataille qui fait rage entre les fluides et les lourdauds, les saute-frontières et les pieds dans la glaise. Un essai décapant, dans un style chahuteur. "

26/08/2017

La société de transparence...

Les PUF viennent de publier un nouvel essai de Byung-Chul Han intitulé La société de transparence. Originaire de Corée, admirateur de l’œuvre de Heidegger, l'auteur est professeur de philosophie à l'Université des arts de Berlin. Plusieurs de ses ouvrages ont déjà été traduits en français dont Dans la nuée - Réflexions sur le numérique (Acte sud, 2015), Le parfum du temps (Circé, 2016), Psychopolitique (Circé, 2016) et Sauvons le Beau - L'esthétique à l'ère numérique.(Actes sud, 2016).

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" Nous sommes entrés dans l'ère de la transparence, qui semble bien structurer désormais tous les aspects de notre vie du collectif à l'individuel, du politique à l'intime. Naît alors un carcan dans lequel les choses sont lissées, intégrées sans résistance dans les flux de la communication et dépouillées de leurs singularités. Comme sur un marché, tout est exposé, réduit à son prix, privé de récit. Les corps eux-mêmes sont dénués de sens ; les visages perdent leur scénographie ; le temps est atomisé. Nous voilà dans un « enfer de l'identique », où les informations se succèdent sans combler le vide permanent dont nous sommes prisonniers, et où nous n'avons d'autre issue que de liker pour approuver.
Ne tolérant aucune faille, la société de transparence nous confronte à un choix : être visible ou être suspect. L'homme peut-il encore s'échapper de cette société de contrôle total ? "

23/02/2017

Les vraies valeurs de la gauche caviar...

Le 17 février 2017, Elise Blaise recevait, sur TV libertés, Xavier Raufer pour évoquer les donneurs de leçons de la gauche bienpensante, qui brillent plus dans leurs paroles que dans leurs actes. Journaliste et criminologue, Xavier Raufer a publié récemment Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et Cybercriminologie (CNRS, 2015).

 

                                   

27/04/2016

Transparence : vers la société de surveillance...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à l'exigence, portée par les médias, de transparence dans la vie publique...

Directeur de la revue Krisis, Alain de Benoist vient de rééditer, chez Pierre-Guillaume de Roux, dans une nouvelle version largement augmentée son essai intitulé Au de là des droits de l'homme.

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Alain de Benoist : Transparence : vers la société de surveillance

En politique, la « transparence » semble aujourd’hui devenue une vertu en soi, et les « lanceurs d’alerte » sont en passe de devenir des héros. On vient de le voir à nouveau avec l’affaire des « Panama Papers ». Faut-il s’en féliciter ?

Lors de son tout premier Conseil des ministres, le 17 mai 2012, François Hollande avait fait adopter une « charte de déontologie » qui stipulait que « le gouvernement a un devoir de transparence ». Un an plus tard, en février 2013, un projet de « moralisation de la vie publique » faisait obligation aux ministres de publier leur patrimoine, c’est-à-dire de donner le détail de leurs biens, d’indiquer s’ils avaient fait des emprunts, s’ils avaient hérité, possédaient des actions, seuls ou avec leur femme, etc. Ce projet était en fait parfaitement inutile, d’abord parce qu’il n’empêchait pas le mensonge, ensuite parce qu’il exposait les intéressés à une curiosité malsaine, plus intéressée à connaître le montant des patrimoines qu’à en connaître l’origine.

Outre que l’intégrité n’a jamais été un gage de compétence politique, la politique ne saurait évidemment se réduire à ce genre de démarches qui reviennent à croire que la morale publique peut être calquée sur le modèle de la morale privée. C’est, en outre, parfaitement contre-productif, car à nourrir la suspicion sur les hommes politiques, on ne fait que renforcer le sentiment populiste qu’ils sont « tous pourris ».

Beaucoup de choses mériteraient, bien entendu, d’être rendues plus transparentes, à commencer par le financement des partis, le fonctionnement des institutions ou les opérations de la finance internationale. Mais la transparence ne peut viser que certains domaines. Quel gouvernement accepterait, au nom de l’idéal de transparence, de rendre public ce qui relève du secret défense, du secret diplomatique ou de la recherche sur l’innovation ? Le résultat est que l’hypocrisie est la règle. Un seul exemple : à la suite des révélations des « Panama Papers », l’avocat chilien Gonzalo Delaveau, convaincu d’avoir placé de l’argent sur un compte offshore non déclaré, a été obligé de remettre sa démission. Or, ce Delaveau était le président de « Chile Transparente », branche chilienne de l’organisation Transparency International !

Mais d’où vient cette idée de « transparence » ?

L’obsession de la transparence se situe dans le droit fil d’une philosophie des Lumières qui prétendait éclairer les coins sombres pour faire disparaître les « superstitions d’un autre âge ». Elle a aussi quelque chose de protestant, dans la mesure où elle cherche à faire disparaître les intermédiaires à la façon dont la Réforme a voulu abolir tous les cadres institutionnels susceptibles de faire écran entre le fidèle et son Dieu. Enfin, l’un des grands principes de la « société ouverte » telle que la rêvent les théoriciens libéraux est que toutes les informations doivent, à l’instar des marchandises et des capitaux, circuler sans entraves pour être accessibles à tous. La transparence devient ainsi une sorte de loi supranationale qui peut justifier n’importe quoi – ce qui ne l’empêche pas de relever de l’empire du bien. Comme le disait Jean Baudrillard : « Aujourd’hui, décidément, il faut se battre contre tout ce qui vous veut du bien ! »

La « transparence » n’a-t-elle pas aussi une dimension fondamentalement répressive ?

Le désir de tout rendre visible est en effet indissociable du désir de tout contrôler. C’est pourquoi l’exigence de transparence comme idéal social doit s’analyser dans le cadre plus vaste d’une « société de verre », où la transparence est essentiellement assurée par des mesures de contrôle et de surveillance. Les citoyens, malheureusement, y contribuent eux-mêmes avec Internet, le téléphone portable et les réseaux « sociaux », dans un déchaînement narcissique allant vers toujours plus de mise à nu. Le goût de la confession intime, la télé-réalité, l’architecture de verre, la vogue des habits légers, l’instauration de l’« open space » dans les entreprises vont dans le même sens. Voyeurisme et exhibitionnisme s’entretiennent mutuellement pendant que les pouvoirs publics enregistrent les données. Au sens propre, il y a là quelque chose d’obscène. La pornographie, c’est quand on ne cache rien. L’étalage de soi, tout comme l’injonction à ne jamais rien « dissimuler », est une forme de pornographie. L’identité se construisant elle-même autour de l’intime, la surexposition de soi entraîne sa destruction. Le point d’aboutissement, c’est le panoptique de Bentham.

Jean Lacouture, dans son Éloge du secret (2005), n’avait pas tort de rappeler que la vie en société a besoin d’une certaine dose d’opacité. De même que le secret est l’un des attributs de la liberté, l’opacité est la condition même de la vie privée. Or, on efface toujours un peu plus la frontière entre la vie publique et la vie privée en généralisant les mesures intrusives visant la vie personnelle, l’intime, voire le for intérieur (en Suède, n’importe qui peut exiger par demande écrite de pouvoir consulter la déclaration d’impôts de son voisin). La tyrannie de la transparence rejoint alors la police de la pensée.

Enfin, cette même exigence de transparence est aussi à la racine de l’obsession juridique qui consiste à vouloir réglementer jusque dans les plus infimes détails des rapports sociaux qui relevaient autrefois du jardin secret (ou du secret de famille), et à placer dans la dépendance des seuls mécanismes impersonnels ce qui s’opérait de façon naturellement spontanée dans la bienheureuse opacité organique des sociétés traditionnelles.

Cela dit, soyons réalistes : l’instauration de la « transparence » totale est impossible dans une société qui repose sur la cannibalisation du réel par les signes, c’est-à-dire l’abolition du réel au profit du simulacre !

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 21 avril 2016)

10/05/2014

La Stasi pour tous...

Nous reproduisons ci-dessous un article de Laurent Cantamessi, cueilli sur Idiocratie et consacré à la surveillance totale qui se met en place et à laquelle nous collaborons tous. Cet article a été publié initialement dans la revue Causeur.

 

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La Stasi pour tous

Si on la compare à d’autres polices politiques, et en particulier à celle du grand-frère russe, la Staatssicherheit (ou Stasi), police d’Etat est-allemande créée en février 1950, s’est montrée très modérément meurtrière. Même si la sinistre organisation s’est rendue coupable d’arrestations arbitraires, voire d’enlèvements pratiqués à l’ouest, de tortures et, de façon beaucoup plus exceptionnelle, d’assassinats politiques, la Stasi a adopté à partir de la fin des années cinquante une approche à la fois originale et très ambitieuse de la sécurité d’Etat, passant de la répression à la « prévention ». En accord avec l’ambition des dirigeants est-allemands de faire en sorte que le parti, le SED, englobe toute la société allemande, priorité est donnée, à « l’éducation des citoyens »,  et il n’est rien de dire que la Stasi a pris ce programme très à cœur. 

Il est ainsi rapidement apparu plus utile à Erich Mielke, éternel chef de la Stasi de 1957 à 1989, de laisser en place les groupes d’opposition et de les infiltrer ou d’en isoler graduellement les membres en utilisant toutes sortes de stratagèmes : lettre de dénonciation, tracasseries administratives, gel de la promotion professionnelle, message anonyme envoyé à l’épouse ou l’époux pour dénoncer une infidélité imaginaire, ou encore aux amis pour dénoncer … un informateur de la Stasi ! Dans certains cas, les méthodes d’intimidation employées par la police politique témoignaient d’un degré d’inventivité extrême. Ainsi, les agents de la Stasi n’hésitaient pas à s’introduire chez les citoyens placés sous surveillance pour y dérober tous les rouleaux de papier hygiénique, déplacer les objets ou le mobilier de la maison ou tout simplement laisser le courrier ouvert bien en évidence dans la boîte aux lettres. 

L’essentiel étant, plus encore que de surveiller, de faire savoir aux « suspects » qu’ils étaient surveillés ou susceptibles de l’être. Afin d’exercer un contrôle plus efficace sur la population, les services d’Erich Mielke s’appuyaient également sur presque 200000 Inofizielle Mitarbeiter, les « informateurs non-officiels », recrutés de manière très discrète parmi les habitants de toutes origines auxquels on proposait de rendre « un service », qui allait d’un simple dépôt de courrier dans une boîte aux lettres jusqu’à la rédaction de rapports circonstanciés et quotidiens sur les proches, les amis, voire l’époux ou l’épouse. Chacun était « libre » d’accepter ou de refuser les propositions de la Stasi. Il s’agissait simplement de tester la résistance à l’incitation, le dévouement à la cause du parti ou, au contraire, la déloyauté, invariablement consignés dans un rapport qui allait grossir les archives dont on a retrouvé plus de 180 kilomètres après la réunification allemande, en dépit des efforts désespérés pour en détruire le plus possible après l’annonce de la chute du mur. La Stasi employait 91000 personnes au plus fort de son activité et possédait au moins 5 millions de dossiers (sur un total de 17 millions d’habitants). Elle s’est employée, pendant quarante ans, à rendre les Allemands de l’est complètement paranoïaques. Pourtant, un quart de siècle après la chute du mur et de la DDR, les efforts de la sinistre agence de renseignement pour contrôler l’Allemagne de l’est apparaissent dérisoires en regard des moyens de contrôle dont disposent nos sociétés parfaitement démocratiques. 

Le développement impressionnant de la vidéosurveillance en est un aspect. Le territoire français compte aujourd’hui 935000 caméras de surveillance ; chiffre qui paraît presque ridicule en regard de la couverture du Royaume-Uni : 65 000 à 500 000 caméras rien qu’à Londres et plus de 4 millions sur tout le territoire. Ce vaste réseau de surveillance promettait certainement d’être plus efficace que les fausses moustaches et les écoutes de la défunte Stasi rendues célèbres par le film La vie des autres.  Pourtant les critiques fusent depuis vingt ans, mettant sérieusement en cause  la stratégie de la  vidéosurveillance qui a un coût certain pour les finances publiques, en premier lieu parce qu’il ne suffit pas d’installer des caméras partout, encore faut-il payer des gens pour les regarder. Pourquoi d’ailleurs investir autant de moyens humains et financiers dans la surveillance quand on peut tout simplement laisser les individus faire ce travail eux-mêmes ? 

Dans Surveiller et punir, Michel Foucault reprenait un célèbre motif, celui du panoptique de Jérémy Bentham, sorte de prison modèle dans laquelle un gardien, logé dans une tour centrale, avait la possibilité d’observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci puissent savoir s'ils étaient observés et sans qu’ils puissent s’observer les uns les autres. Ce dispositif devait, nous dit-on, créer un « sentiment d'omniscience invisible » chez les détenus, identique à celui que cherchait à créer les agents de la Stasi chez les malheureux dont ils subtilisaient de façon perverse les rouleaux de papier toilette. 

Foucault avait pressenti quels types d’applications pouvait trouver le modèle du panoptique dans nos sociétés modernes, à l’ère de l’ « open space ». Le concept d’aménagement de « bureaux paysagers », conçu dans les années 1950 en Allemagne par les frères Eberhard et Wolfgang Schnelle, au moment où la Stasi été créée de l’autre côté du mur, a en effet influencé les pratiques, les manières d’être et les comportements de manière d’autant plus radicale que ce nouveau rapport au monde a été amplifiée par la révolution relationnelle et communicationnelle engendrée par l’avènement du Web 2.0. L’ère de « l’open space » est devenue l’ère de la transparence, dans laquelle la multiplication des revendications en termes de droits – et de désirs – individuels s’est mêlée à l’obsession de la visibilité. A la différence du panoptique de Bentham, les surveillés sont aussi les surveillants et s’observent les uns les autres avec autant d’assiduité qu’ils se donnent en spectacle. Sans sombrer dans le complexe de Big Brother, on admettra que certains chiffres donnent le tournis. Facebook compte aujourd’hui 1,3 milliards d’utilisateurs, Twitter, 242 millions, tandis que Linkedin, Tumblr, Pinterest, Google+ ou Instagram en rassemblent presque 800 millions. 

Même si tout le monde ne se sent pas obligé de généreusement disperser données personnelles et photos de vacances sur son compte personnel, l’inflation de ce nouveau mode de socialisation numérique est en train de modifier graduellement le rapport que nous entretenons à notre propre intimité et la manière dont nous concevons les relations humaines, transformées en une véritable économie relationnelle par les réseaux sociaux. Sans compter les fiches de renseignement toujours réactualisées que nous remplissons dès la création d’un compte, le développement de ce village numérique, que Marshall Mc Luhan n’aurait pas envisagé dans ses rêves les plus fous, nous amène à quantifier très précisément la valeur des amitiés nouées sur internet à coup de « like », « tweet » et autres signalétiques qui permettent de gagner en popularité, monnaie d’échange plus précieuse que toute autre à l’ère 2.0. Ainsi, derrière le décor idyllique dépeint par les généreux discours sur le partage global se profile un futur moins séduisant : celui d’une société dans laquelle des relations codifiées à l’extrême par l’omniprésence des réseaux sociaux se mesureront seulement à l’aune de la maximisation du plaisir et du caractère strictement utilitaire des rapports sociaux, tout cela au nom de l’amélioration constante de la communication entre les hommes. Nous n’en sommes pas encore là, c’est certain, mais les ex-agents de la Stasi qui sont encore en vie de nos jours doivent se dire qu’ils ont loupé quelque chose. Peut-être le rapportent-ils très consciencieusement sur le statut de leur compte Facebook.

Laurent Cantamessi (Idiocratie, 6 mai 2014)