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06/09/2017

Petit dictionnaire maurrassien...

Les éditions Nouvelle Marge viennent de publier un Petit dictionnaire maurrassien signé par Stéphane Blanchonnet. Professeur agrégé de lettres modernes, l'auteur enseigne dans un lycée lyonnais et préside le Comité directeur de l'Action française.

 

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" Charles Maurras est bien vivant. Sa pensée ne cesse d'irriguer les domaines de la politique, de la culture et de la littérature. Ses héritiers sont nombreux encore aujourd'hui. Avec ce petit dictionnaire maurrassien, Stéphane Blanchonnet nous offre la possibilité d'aborder avec facilité et efficacité dans le continent maurrassien. Nous retrouvons ici ses chroniques doctrinales publiées entre décembre 2015 et décembre 2016 dans L'Action Française, augmentées de quelques articles originaux, de portraits, d'annexes et de nombreuses notes. Le genre du dictionnaire convient parfaitement à cet inventaire des principes et des mots-clés de la pensée maurrassienne. Destiné autant à ceux qui s'engagent en politique, aux amoureux de la France et de sa civilisation, qu'aux simples curieux de la pensée toujours vivace de Maurras, ce petit dictionnaire, constitué de chroniques concises et efficaces, fait oeuvre de pédagogie. Le petit dictionnaire maurassien est aussi une façon pour Stéphane Blanchonnet, de rendre hommage à cette école de pensée et d'action qu'est l'Action Française. Il y a connu la camaraderie, la passion de la France, de sa langue, de sa littérature, l'émulation intellectuelle, la fierté de mettre ses pas dans ceux de Charles Maurras, de Léon Daudet, de Jacques Bainville mais aussi dans ceux de toutes ces figures comme Bernanos, Valois, Gaxotte, Massis, Maulnier, Boutang, Dumézil ou même Lacan, qui ont, à un moment ou un autre, appartenu à cette prestigieuse maison. "

18/05/2017

Antagonismes français...

Les éditions du Cerf viennent de publier un nouvel essai de Marc Crapez intitulé Antagonismes français. Chercheur en sciences politiques, Marc Crapez est notamment l'auteur de La gauche réactionnaire - Mythe de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières (Berg international, 1998), de Défense du bon sens (Rocher, 2004) et de Éloge de la pensée de droite (Jean-Cyrille Godefroy, 2016).

 

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" Depuis la fin du XIXe siècle en France, l'immobilisme est paradoxalement le grand vainqueur des luttes vives qui ont marqué l'histoire de notre pays. Entre opposition de doctrines, combats de personnes mais aussi subversion des mots et captation d'influences, les dérives historiographiques s'avèrent à tel point impertinentes qu'il est urgent de les dénoncer. Car ce n'est rien de moins que la mutilation de l'histoire qui est ici en jeu. Redessinant le tableau des guerres idéologiques fratricides, de l'héritage de la Terreur au récent débat sur l'identité nationale, Marc Crapez honore autant la vérité historique que la conscience politique des Français si longtemps mise à mal. Du boulangisme à la construction européenne, de Voltaire à Bourdieu en passant par Proudhon, Tocqueville, Maurras, Aron, Bachelard et bien d'autres encore, cet essai jubilatoire nous invite à redécouvrir une pensée antitotalitaire libérale conservatrice. Une incitation à la curiosité intellectuelle, au respect des Anciens et à la reconnaissance des faits. "

10/05/2017

La Monarchie et la classe ouvrière...

Les éditions Ars Magna viennent de rééditer un essai de Georges Valois intitulé La monarchie et la classe ouvrière. Cadre dirigeant de l'Action française, Georges Valois l'a quittée dans les années 20 pour fonder le Faisceau, mouvement se réclamant du (premier) fascisme. Déporté en Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale pour faits de résistance, il est mort à Bergen-Belsen en février 1945.

 

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" Né de l’Affaire Dreyfus, l’Action française, fondée par des patriotes de gauche, en 1898-1899, allait réussir la prouesse de conclure à la monarchie sous l’influence de Charles Maurras au moment où le royalisme parlementaire commençait à disparaître, de marier le fédéralisme proudhonien et le nationalisme, la restauration de l’État et la décentralisation, de reprendre à son compte la pensée sociale de la Maison de France et des inspirateurs royalistes de la doctrine sociale de l’Église tout en faisant alliance avec des socialistes, des anarcho-syndicalistes, disciples de Georges Sorel. Or le principal artisan de ce dernier rapprochement fut incontestablement Georges Valois.

Valois, d’abord anarchiste et socialiste, a été pendant vingt ans l’économiste de l’AF mais aussi son éditeur, à la tête de la Nouvelle Librairie Nationale. Sous son influence ont été conduites deux expériences différentes mais aussi passionnantes l’une que l’autre : la stratégie que l’on pourrait qualifier de syndicale d’abord, entre 1908 et 1914, qui vit l’AF soutenir des grèves, défendre la CGT, parrainer la création d’un Cercle Proudhon où pouvaient discuter nationalistes intégraux et partisans du syndicalisme révolutionnaire ; la stratégie corporatiste ensuite, entre 1918 et 1925, au nom de laquelle Valois se lança avec tout son enthousiasme dans la création pas seulement théorique mais réelle de syndicats mixtes de patrons et d’employés, fédérés par branche. Il connut des échecs mais aussi quelques succès notables.

La Monarchie et la classe ouvrière est une des œuvres capitales de la période maurrassienne de Valois. Par sa forme, il se présente comme la suite du maître-ouvrage de Maurras, qui provoqua le ralliement de l’Action française à l’idée royale comme accomplissement de l’idée nationaliste : L’Enquête sur la monarchie. L’ambition de Valois est analogue. Là où Maurras voulait démontrer la nécessité du roi pour résoudre la question nationale, Valois veut démontrer la nécessité du roi pour résoudre la question sociale. Au-delà des dimensions contingentes de l’ouvrage, ce livre reste un repère. Il nous invite à dépasser les notions de droite et de gauche, issues des traditions parlementaires, pour renouer avec la liberté d’esprit et l’audace qui caractérisaient cet âge d’or du maurrassisme que furent les années 1900-1914. "

12/01/2017

Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse...

Les éditions Dualpha viennent de publier Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse, la biographie que Richard Dessens consacre au grand journaliste et polémiste de la fin du XIXe siècle. Docteur en droit et professeur en classes préparatoires, Richard Dessens a notamment publié La démocratie travestie par les mots (L'Æncre, 2010).

 

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" Henri Rochefort eut une vie en forme d’épopée fabuleuse. Révolté, ombrageux et jaloux d’une liberté individuelle farouche, doublée d’un sens exacerbé de la justice, il entame son combat pour la liberté de la presse dans les années 1850, la presse étant pour lui l’expression même de la liberté politique et le chemin de la cause républicaine. Il remet en cause toute autorité, refuse toute contrainte, se fait le fer de lance de la contestation, à une époque de bouillonnement politique et de censure de la presse.

La Lanterne, hebdomadaire qu’il crée à la fin de l’Empire, fut un brûlot qui contribua à la délégitimisation du régime de Napoléon III. Victor Hugo, son grand ami, écrira : « Rochefort, l’archer fier… dont la flèche est au flanc de l’Empire abattu ». Succès inouï, La Lanterne tire à 150 000 exemplaires !

Rochefort est élu député à trois reprises, ministre du Gouvernement de la Défense Nationale en 1870. Il participe à la Commune. Puis c’est l’emprisonnement et le bagne de Nouméa en compagnie de Louise Michel. Son évasion rocambolesque de l’Île de Ducos reste un fait unique dans l’histoire de ce bagne. Deux exils pendant quinze ans, deux retours triomphaux à Paris comme jamais on en avait vu. Quelle vie !

Rochefort, c’est le Second Empire, la Commune, le boulangisme, l’affaire Dreyfus, les scandales des décorations, de Panama, de l’emprunt russe. Rochefort incarne les excès de cette France de l’Empire à la Guerre de 1914. Rochefort le patriote est républicain puis maurassien, mais toujours libre. Ses amitiés sont de tous les bords politiques. Il est partout, il n’est nulle part. Il est Rochefort, le journaliste indépendant de tous les pouvoirs, de toutes les modes, de toutes les pressions.

Rochefort peut-être le plus grand journaliste de tous les temps, pionnier de la liberté de la presse, à la vie parsemée d’aventures extraordinaires, l’héritier de Théophraste Renaudot, dont on attend encore une descendance pour une presse de combat disparue en même temps que la liberté d’expression qu’il avait su imposer. "

12/09/2016

Un non-conformiste suisse des années 30...

Les éditions Infolio viennent de publier Robert Moulin et son temps (1891-1942), un essai biographique de Jean-Philippe Chenaux, journaliste indépendant et historien. L'ouvrage permet de découvrir une figure originale de la droite non-conformiste suisse, proche de Marcel Regamey, le disciple helvétique de Maurras, qui peut venir s'inscrire dans la vaste mouvance révolutionnaire conservatrice européenne de l'entre-deux guerre. L'ouvrage est préfacé par Jean-Jacques Langendorf.

 

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" «Robert Moulin était de ceux en qui on aurait tout de suite confiance s’il y avait un coup dur», disait de lui Léon Savary. Cet aristocrate de l’action et de la pensée était un homme à part, d’un idéalisme sans cesse soucieux du réel. Enseignant passionné et passionnant, journaliste et créateur d’une revue d’art, Robert Moulin a été l’animateur de nombreuses campagnes politiques dans les années 1930. Commandant du mythique Régiment du Pays de Vaud et président de la Société suisse des officiers avant et pendant la guerre, il fut l’un des promoteurs des caisses de compensation militaires, de la réforme du haut commandement, de la suppression du pas cadencé et d’une meilleure information des soldats et de la population pendant la guerre. A travers les multiples activités d’un personnage hors du commun, cet ouvrage éclaire tout un pan de l’histoire sociale, politique, corporatiste, intellectuelle, journalistique et militaire du pays, souvent peu exploré. "

25/05/2013

Pour une insurrection conservatrice !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Aristide Leucate, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré au rassemblement des opposants au mariage homosexuel et à ce moment où l'on doit passer de la protestation à l'insurrection populaire...

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26 mai : pour une insurrection conservatrice

Le mot d’ordre est lancé depuis quelques semaines. Les réservations de TGV ont sensiblement augmenté depuis la manifestation de mars dernier, les « Veilleurs » continuent, çà et là, de se réunir dans les villes… Pour autant, le cœur y est-il encore ?

Le 26 mai, on annonce un rassemblement plus impressionnant que ceux de janvier et mars. Voire. Car la question se pose de l’opportunité historique de faire choir le système sur ses bases. Le problème du « mariage » homosexuel est, tout à la fois, grave et dérisoire par sa portée politique et symbolique. Grave dans sa vaniteuse et totalitaire prétention prométhéenne à instaurer au forceps une nouvelle société en normalisant les marges ; dérisoire dans la priorité donnée à des caprices infantiles d’homosexualistes quérulents et ultra-minoritaires (mais puissants), alors que notre pays ne compte pas moins de 5 millions de chômeurs ! Le contraste est plus que saisissant : littéralement sidérant.

Alors, en prenant la partie pour le tout, ne serait-il pas temps d’initier un « Mai 68 » à l’envers, c’est-à-dire une véritable contre-révolution politique et culturelle — à l’instar de ce que préconisait Joseph de Maistre, en son temps, à propos de la Révolution française —, ce par tous les moyens, mêmes légaux ? Non pas faire une révolution contraire, mais le contraire d’une révolution. La « pensée 68 », selon la formule fameuse de Luc Ferry et Alain Renaut, semble à bout de souffle et la nouvelle vague de ses plus illustres représentants, vieillissante bien que toujours agissante, à la manière de ces canards décapités qui continuent à marcher, mus par un insolent réflexe de vie.

Oui, mais voilà, si les penseurs sont déclinants, la pensée (ou non-pensée), quant à elle, par son déconstructivisme, son post-marxisme et son hétéronomie narcissique, conserve de sa vigueur. Nolens volens, depuis deux générations, elle encalmine notre peuple dans des postures politiquement correctes conditionnées par l’école, les médias, le « mainstream » sous-culturel, etc., lesquelles ont fini par étouffer toute velléité réactionnaire.

« Vivre c’est réagir ! », clamait Charles Maurras. Cette faculté de réagir s’apprécie à l’enseigne du vitalisme qui nous irrigue. Nos compatriotes, engoncés dans la défense consumériste et égoïste de leurs acquis sociaux, éprouvent, en dépit de belles mais sporadiques intentions performatives, de réelles difficultés à s’affranchir des évangiles de la pensée unique, pour oser, enfin, monter sur les barricades et jeter loin les pavés. Ainsi, dans ces colonnes, Alain de Benoist reprochait très justement à Frigide Barjot « d’avoir fait preuve de légalisme excessif et de n’avoir pas compris qu’une manifestation a d’autant moins à respecter la légalité qu’elle entend lui opposer une légitimité. N’ayons pas peur des mots : une manifestation est un acte de guerre politique. On y est appelé à prendre et à donner des coups. En bref, c’est une épreuve de force. Vouloir éviter cette épreuve de force est une faute grave ».

Pour paraphraser Édouard Berth, disciple de Georges Sorel (l’auteur des Réflexions sur la violence), une manifestation doit être la forme révolutionnaire de la guerre. Notre confrère helvétique, La Nation-Journal vaudois (3 mai), par la plume d’Olivier Delacrétaz, estimait que « la manifestation de rue a ses lois. Elle doit s’amplifier sans cesse, se répandre partout, généraliser ses slogans, durcir ses exigences, susciter de part et d’autre le sentiment d’une force que rien ne peut arrêter. Ses meneurs doivent être prêts, comme l’étaient les acteurs du printemps arabe, à affronter la police, à se faire matraquer et arrêter, à risquer leur peau (…) Quoi qu’il en soit, [Frigide Barjot] a rompu la dynamique d’amplification en annonçant que son propre service d’ordre dénoncerait les casseurs à la police. Rognant les griffes de son mouvement, elle rejoignait l’ « ordre républicain », la correction morale et l’insignifiance politique ».

Il est des insurrections qui subliment des légalités fatiguées à force d’être scrupuleusement respectées, souvent par les mêmes qui pleurnichent contre les méchants CRS. Nos concitoyens n’ont gardé du marxisme post-soixante-huitard que l’écume vile d’un gauchisme embourgeoisé les ayant rendus amnésiques de leur longue histoire insurrectionnelle, des monarchomaques à la Commune, en passant par Étienne Marcel et les Vendéens.

Hissons encore le pavillon de l’espérance mais sachons raison garder quant aux ressorts abîmés du populisme dont Vincent Coussedière a magistralement dressé l’éloge, en le définissant comme « l’affirmation [éminemment politique] d’un attachement profond à une tradition [de sociabilité] qu’il s’agit d’imiter [et de la liberté de continuer à le faire] ».

Le réveil populiste est, en effet, la condition d’une insurrection conservatrice. Si l’insurrection n’est pas la révolution, elle est, comme l’écrivait Emilio Lusso, dans sa Théorie de l’insurrection, « le seul moyen par lequel s’ouvre une révolution ». À bon entendeur…

Aristide Leucate (Boulevard Voltaire, 20 mai 2013)