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09/03/2017

OGM, le temps du politique...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue stimulant de Laurent Ozon, cueilli sur son blog Centurie News et consacré à la question des OGM. Agitateur d'idées, tenant d'une écologie localiste et identitaire, Laurent Ozon est l'auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015).

 

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OGM, le temps du politique

Les OGM sont des organismes vivants dont les gènes ont été modifiés par intervention humaine avec des techniques de biologie moléculaire. Elles consistent à attribuer des caractéristiques génétiques d’une espèce à une autre espèce ou d’un sujet génétique à un autre sujet génétique. De ce fait, les OGM sont des organismes transgéniques fabriqués pour conformer leurs caractéristiques à des objectifs déterminés par ceux qui les réalisent. Cette pratique a débuté au début des années 70 au nom de visées thérapeutiques. La première application commerciale sera celle de la production de l’insuline dite « recombinante » en 1982 par l’introduction d’un gène humain dans une bactérie qui déboucha sur la production d’insuline à l’origine de la plupart des traitements actuels du diabète. La même année, le transfert du gène d’une hormone de croissance du rat sur une souris aboutit à la naissance d’une souris géante, le premier animal génétiquement modifié. A partir de cette période, les modifications visant à modifier des plantes (1983) puis progressivement l’ensemble des organismes vivants seront utilisés par l’industrie à des fins diverses : résistance aux maladies ou à des insectes et nuisibles, résistance à des traitements chimiques, stérilisation de semences, digestibilité des aliments,  amélioration de productivité, adaptation à des écosystèmes, amélioration de caractéristiques esthétiques ou gustatives, et d’une façon générale, toute modification susceptible de servir des objectifs définis par les chercheurs.

Loin de se justifier pour des questions de productivité agricole, les études de productivité comparées à l’hectare entre les productions OGM aux Etats-Unis et celles des agriculteurs européens (sans OGM) font apparaître que si les gains de productivité de l’agriculture américaine sur ces denrées grâce aux OGM lui ont permis d’approcher les rendements (sans OGM) des cultures similaires des européens, elles ne leurs ont pas permis de les dépasser. Les plantes OGM sont cultivés depuis 1996 aux États-Unis, en Argentine et au Canada. En 2013, les PGM sont cultivées sur 175 millions d’hectares dans 27 pays (sur 197). Toutefois, 87% des surfaces GM sont concentrées sur le continent américain (nord et sud).

Malgré la volonté d’encadrer, de limiter, voire d’interdire ce type de pratiques, le développement de la modification génétique du vivant se généralise et ses répercussions aboutissent progressivement à la conformation du vivant dans son ensemble (directement ou par contamination) aux  objectifs déterminés par les acteurs de celles-ci. Les arguments des opposants à ces pratiques sont à classer en cinq catégories parfois utilisés de façon croisées :

1/ Le principe de précaution à cause des risques liés à une connaissance imparfaite des effets induits par les transferts génétiques, de la contamination de l’ensemble du vivant et des déplacements de pouvoirs induits par la brevetabilité des organismes créés.

2/ Le principe naturel au nom d’une vision conservatrice d’un vivant à préserver en l’état des modifications « aveugles » d’une humanité qui bricole et veut « jouer à Dieu ».

3/ Le principe politique dans la mesure où ces pratiques engendrent la privatisation et la marchandisation du vivant au nom d’intérêts privés engageant l’arraisonnement et la conformation du monde à leurs objectifs et leurs pouvoirs.

4/ Le principe sélectionniste porté par ceux qui considèrent que le « Génie Génétique » est non viable dans la mesure où il ne peut reconstituer les conditions de la sélection naturelle du fait de l’impossibilité des chercheurs et acteurs de ces techniques à mathématiser les effets de leurs « innovations » et des interactions qu’elles génèrent.

5/ Le principe de liberté. De ce fait, les OGM viseraient à court-circuiter les processus de sélection naturelle et à imposer des modifications à des organismes sur la base d’anticipations utilitaristes (obtenir un effet à un instant T), ce qui engagerait l’humanité à résoudre les difficultés qu’elle se crée en poussant toujours plus loin l’ingénierie génétique, comme elle sera tentée de le faire avec l’ingénierie sociale, climatique, etc.

Cette révolution engendrera un effet domino à trois dimensions qui aboutira à la conformation totale du vivant, de ses manifestations, de ses comportements et attributs afin de limiter l’impact des expériences précédentes sur la société.

Si ces arguments sont largement recevables, la probabilité pour qu’ils puissent empêcher la généralisation de ces pratiques est nulle. Les arguments des acteurs de la transformation génétique seront humanitaires (nourrir le monde, soigner les maladies, lutter contre les effets de telle ou telle évolution climatique, environnementale, etc.) et l’argument darwinien (si nous ne le faisons pas, nous laissons aux autres le soin de le faire et de nous imposer leurs règles, leur puissance et leur compétitivité) est et sera le meilleur moteur de la généralisation des OGM. L’apparition de technologies BioGM visant par exemple à attribuer des caractéristiques de résistance à des organismes afin de se dispenser de l’utilisation d’intrants chimiques, achèvera de fragmenter le camp des opposants aux technologies de modifications géniques.

Plus encore, avec les technologies du type CRISPR-Cas9, les outils disponibles pour intervenir sur les gènes deviennent accessibles à des budgets de plus en plus faibles et l’on peut prévoir que ces manipulations deviendront tout aussi accessibles au grand public dans le futur qu’une simple analyse de sang. Les politiques n’ont plus à déterminer s’il faut ou non utiliser ces techniques, mais quels types d’objectifs leur assigner, quels objectifs poursuivre et quels acteurs limiter en fonction de leurs objectifs propres ?

De fait, l’opposition parfaitement légitime des opposants aux modifications génétiques a empêché une approche pragmatique et politique de la question de l’utilisation du génie génétique, laissant à des intérêts privés le soin d’investir massivement des champs de recherche pour leurs propres profits et d’accumuler des compétences et des moyens qu’aucune politique d’endiguement n’empêchera durablement de proliférer. Il nous faudra probablement, face à la prolifération incontrôlable des technologies de manipulations génétiques et sans méconnaître les arguments solides des opposants aux OGM, opérer une distinction entre OGM nuisibles aux mains des transnationales de l’agrochimie et de futurs BioGM souverains. Jamais dans l’histoire, une technologie n’a disparu de la surface de la terre sans avoir été dépassée en puissance ou en efficacité ou sans  l’élimination de ses utilisateurs.

Laurent Ozon (Centurie News, 9 décembre 2016)

10/02/2017

Le temps de la fureur...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de James Howard Kunstler, cueilli sur le Saker francophone et consacré à la première mesure, symbolique, de lutte contre l'immigration prise par l'administration Trump. Journaliste et romancier américain, tenant du localisme et de la décroissance, James Howard Kunstler est l'auteur de plusieurs essais, dont deux ont été traduits en français, La fin du pétrole - Le vrai défi du XXIe siècle (Plon, 2005) et Too much magic - L'Amérique désenchantée (Le Retour aux sources, 2014).

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Le temps de la fureur

Il n’a fallu qu’une semaine au président Trump pour donner au corps politique un lavement sur l’immigration. Le but était peut-être d’éliminer un ensemble de mauvaises idées que Barack Obama avait réussi, depuis huit ans, à considérer comme « normales ». C’est-à-dire qu’il était inutile de faire appliquer les lois sur l’immigration forcément cruelles, que les frontières nationales sont un anachronisme barbare, ou que les lois fédérales sont facultatives dans certaines juridictions auto-sélectionnées.


Mais l’équipe de Trump s’est largement assise sur les détails de l’interdiction de l’immigration et du statut de réfugié, en particulier en ce qui concerne les détenteurs de cartes vertes, ainsi que ceux dont les visas étaient déjà accordés. La bévue a provoqué un coup de tonnerre impressionnant de protestations dans les aéroports, et finalement une suspension par un juge fédéral, qui a bouleversé la légalité de l' »executive order » de Trump – dans l’ensemble, un trébuchet tactique pour Donald, notre président, qui a apparemment omis de consulter un éventail d’agences gouvernementales et leurs avocats, avant de publier le décret juste à la fermeture des bureaux vendredi. Pour mémoire, je ne suis pas d’accord avec le fait que l’Arabie saoudite, le Pakistan, l’Égypte et l’Afghanistan aient été exclus de la liste des pays bloqués, puisque ces terres produisent des maniaques musulmans plus radicaux que partout ailleurs.

À l’heure actuelle, le lecteur détecte probablement mes sentiments ambivalents, dans ce faisceau de questions et de griefs. Permettez-moi d’essayer de clarifier mes positions de base : je crois que les frontières sont importantes et qu’elles doivent être protégées. Je pense que notre application de la loi sur l’immigration sous Obama a été profondément malhonnête et préjudiciable à notre politique, d’une manière qui va bien au-delà de la question de savoir qui doit venir ici. Je crois que nous ne sommes pas obligés d’accepter tout le monde et quiconque veut déménager ici. Je crois que nous avons besoin d’un temps officiel d’arrêt de la forte immigration de ces dernières décennies. Je crois que nous avons de bonnes raisons d’être pointilleux sur qui nous laissons entrer.

Le tropisme le plus malhonnête et le plus dommageable de ces dernières années est l’idée largement acceptée par la gauche que les immigrés clandestins sont simplement des « sans-papiers », comme s’ils étaient les victimes malheureuses d’une erreur de bureaucratie commise par le gouvernement et méritant ainsi un laissez-passer. Le langage importe. L’acceptation et la répétition de ce mensonge ont en effet donné à la gauche la permission de mentir sur toutes sortes de choses quand cela lui chantait, par exemple l’illusion que la Russie a volé l’élection de Hillary Clinton et que l’islam radical ne constitue pas une menace face aux valeurs occidentales (voire même existe). Et il est vrai qu’ils sont assistés par des géants des médias tels que le New York Times, le Washington Post et la NPR. Le Times, surtout, est désireux de provoquer une crise nationale qui pourrait déstabiliser Trump, en le déclarant simplement dans un titre sur trois colonnes :

La fureur semblait plutôt disproportionnée, par rapport aux personnes gênées par le truquage administratif de Trump : environ 300 détenteurs de cartes vertes sur 300 000 voyageurs admis au cours du week-end – même après que la Maison Blanche eut fait marche arrière sur son erreur de carte verte dès dimanche. Et cela donne l’impression, même à quelqu’un qui est allergique à la théorie de la conspiration (moi en l’occurrence), que quelque principe organisateur est derrière ce phénomène. Ce principe peut être la névrose profonde de la gauche Démocrate / Progressiste, réduite à crier sa vertu depuis une caisse de résonance médiatique à bout de souffle. N’ayant pas d’idées cohérentes sur le problème de l’immigration, en dehors de sa résistance à son arrêt, elle n’offre que des récits sentimentaux : des larmes sur la statue de la liberté, des « rêveurs », des villes-sanctuaires, des nations ouvertes, des nous-sommes-tous-des-enfants-de-migrants, et que de toute façon l’Amérique du Nord a été volée aux Indiens. L’hystérie est impressionnante, comme si la gauche avait été empoisonnée à l’ergot de seigle, en voyant des sorcières (racistes, homophobes, misogynes, coquins de privilégiés blancs et russes) derrière chaque arbuste de genévrier dans le pays.

J’irais même jusqu’à dire que cette névrose découle des problèmes psychologiques généraux à la frontière de l’ethos démocrate / progressiste actuel. Leur zèle pour effacer les catégories a entraîné la perte des catégories de pensée ─ il ne reste qu’une grande soupe de victimisation maintenant et tout le monde devrait se précipiter pour gagner ses points bonus de victime tant que c’est encore possible, ou aussi longtemps que le sénateur Chuck Schumer peut faire pleurer le crocodile. De mon point de vue, ce pays profiterait réellement d’avoir des catégories de pensée plus solides et certainement des catégories de comportement plus fermes.

Ce qui irrite vraiment la gauche, c’est la défense de la civilisation occidentale, en particulier sur quelque chose d’aussi concret que la démographie. Cette barrière de défense a été profondément effacée de la vie politique récente de l’Europe et de l’Amérique. Sur les campus universitaires, c’est devenu l’équivalent du péché originel. Donald Trump s’est avéré être un choix particulier pour mener à bien un revirement total, et sa rudesse pourrait finir par dissuader tout effort pour reconstituer quelque chose comme une culture commune qui se respecte. Mais le retournement arrive aussi en Europe cette année, par une série d’élections nationales. Attendez-vous à plus de lutte civile alors que la bataille s’étend.

James Howard Kunstler (Le Saker, 8 février 2017)

 

04/08/2016

Guide de survie en milieu hostile...

La revue Survival sort cet été en kiosque son troisième numéro et passe à un rythme de parution bimestriel. A lire par tout ceux qui ont lu avec intérêt les livres de Piero San Giorgio et  qui pensent que, décidément, nous risquons d'aller vers des temps difficiles (si nous n'y sommes pas déjà...).

 

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Au sommaire de ce numéro :

LEATHERMAN RAPTOR « L’OUTIL MÉDICAL »
FUKUSHIMA - LA MAUDITE
SURVIE :
Survie, un terme galvaudé
Un tour de la Méditerranée en 247 jours à sac à dos
Le sac d’évacuation (BOB) 2e partie
Mes premiers pas au stand de tir
Le micro-BOB, cent cinquante grammes qui peuvent vous sauver la vie !
EQUIPEMENTS
20 objets pour survivre en voyage
La trousse médicale de survie
Le chauffe-eau instantané portatif et autonome
TECHNIQUES
La cuisine du bivouac 1re partie
La révolution compound
De la trappe au tarp
Quand autonomie rime avec aquaponie
NUTRITION
Mauvaises herbes : Le pissenlit
Savoir-faire : La viande séchée
VOS RUBRIQUES : News Matos

 

14/03/2016

Entrepreneuriat et justice sociale...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Eman, cueilli sur son blog A moy que chaut ! et consacré à la question de l'entrepreneuriat comme maillon essentiel d'une économie organique et localiste...

 

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Entrepreneuriat et justice sociale

« Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner. »

Warren Buffet

 

Contrairement à ce que se plaisent à répéter les libéraux de tous poils qui constituent la quasi-intégralité de la classe politique contemporaine ( des libéraux-conservateurs (sic) aux post-socialistes gouvernementaux en passant par les libéraux-gaullistes et autres libéraux centristes), la « lutte des classes » n’est aucunement une notion périmée, un concept anachronique tout juste bon à ranger au musée des vieilles idéologies rancies d’avant la merveilleuse « fin de l’histoire ». Dans le contexte de crise globale que nous connaissons, elle est au contraire d’une totale actualité et d’une absolue acuité. Elle a simplement assez largement changé de forme. Elle se joue en effet aujourd’hui à front double, et son curseur interne s’est passablement déplacé. La lutte des classes de 2016 n’est donc évidemment pas la réplique fidèle et exacte de celle du 19e siècle, de Thiers et des maîtres des forges face au socialisme français proudhonien et aux marxisme révolutionnaire, mais elle n’en reste pas moins une réalité centrale et connaît même une intensité des plus importantes aujourd’hui, au moment où, en France, le Medef et ses domestiques gouvernementaux montent à l’assaut du Code du Travail et où, à l’échelle globale, une poignée de milliardaires accaparent une part toujours plus importante des biens et richesses de la planète.

Double front donc, car aujourd’hui, le travailleur doit faire face à deux ennemis presque aussi redoutables l’un que l’autre (même si le premier est instrumentalisé et cornaqué par le second) :

1) Le lumpen-prolétariat d’importation étrangère dans le but de casser les modèles sociaux avancés et de faire pression à la baisse sur les salaires et les revendications sociales tout en brisant l’homogénéité minimale nécessaire à la « décence commune ».

2) Les financiers internationaux et le patronat « hors-sol », dirigeants de multinationales sans autres attaches que le rendement pur et l’accumulation du Capital, actionnaires sans foi ni loi, obsédés par leur intérêt pécuniaire le plus étroit, oligarques sans devoir, se plaçant au-dessus des lois qu’ils édictent puis manipulent.

Changement de curseur également puisque, aujourd’hui, une bonne part du patronat et de la bourgeoisie se retrouvent du même côté de la barricade (ou en tout cas devraient se trouver…) que les ouvriers et les employés, partageant d’indéniables intérêts communs et faisant face aux mêmes ennemis (dérégulation, concurrence sauvage, dumping social, abus de situations de monopole…). Il est ainsi évident que les artisans, tout comme les patrons de TPE ou PME/PMI, partagent beaucoup plus de préoccupations et d’aspirations, de difficultés aussi, avec leurs employés, leurs ouvriers, mais aussi les travailleurs précaires ou les chômeurs de leur ville, de leur région, qu’avec des PDG du CAC 40 ou des traders internationaux pour qui ils ne sont que des variables d’ajustement au sein de vastes plans de rémunération des actionnaires.

La lutte des classes, ce n’est donc plus « le patron contre l’ouvrier » mais le « travailleur contre le parasite (du haut comme du bas) », le « créateur contre l’usurier », « l’artisan contre le banquier », « l’entrepreneur contre l’actionnaire », « le paysan contre Monsanto »… Ce sont les classes laborieuses, du prolétariat jusqu’à la moyenne bourgeoisie, classes sédentaires et enracinées, contre les nomades de l’hyper-classe mondialisée et le lumpen-prolétariat apatride.

C’est pourquoi, s’il est impératif de combattre l’hyper-finance et ses chiens de garde du Medef, s’il est vital de réduire les inégalités à une proportion décente, justifiée et acceptable par chacun, il serait vain, et même mortifère, de sombrer dans un « ouvriérisme » angélique ou une « chasse au riche » (qu’il faudrait déjà définir…) dans le cadre d’une vision des rapports sociaux et économiques pour le coup totalement désuète et improductive, une vision sclérosée et impuissante dans laquelle finissent de s’enterrer des syndicats de prébendiers et de professionnels de la connivence.

Ainsi, s’il est urgent et indispensable de taxer les transactions financières internationales, de plafonner les primes et rémunérations indécentes et autres « parachutes dorés » de certains hauts-dirigeants, de criminaliser les « patrons-voyous » (délocalisation sauvage, emploi de main d’œuvre clandestine…) et de mettre en place une politique d’augmentation salariale, il l’est tout autant de totalement refonder le RSI, d’alléger la fiscalité des PME/PMI ainsi que les arcanes administratives entravant la création d’entreprise, de revaloriser la figure de l’entrepreneur comme maillon fondamental de la communauté, d’assurer un protectionnisme économique européen et la défense de nos savoir-faire, de nos labels, de nos techniques et de nos patrimoines. Bref, il convient de promouvoir une économie organique et localiste, axée sur la proximité et l’implication de tous ses acteurs, la participation et la juste rémunération de chacun, sous le contrôle d’un Etat fort, garant et arbitre, mais laissant s’appliquer la plus complète subsidiarité et le respect de l’initiative privée tant qu’elle ne contrevient pas à l’intérêt général. Viendra alors, peut-être, le temps de la paix des classes.

Xavier Eman (A moy que chault, 10 mars 2016)

04/04/2015

Le localisme comme souverainisme profond...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un excellent entretien du Cercle Henri Lagrange avec Laurent Ozon, réalisé en novembre 2014, sur le thème du localisme, de sa définition et de ses applications. Auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015), Laurent Ozon est le fondateur du mouvement Maison commune, de tendance écologiste, identitaire et localiste et est également un des défenseurs de l'idée de remigration.

 

26/12/2014

Les défricheurs...

Les éditions La Découverte ont publié au mois de septembre une enquête d'Eric Dupin intitulée Les défricheurs -Voyage dans la France qui innove vraiment et consacrée à ces Français qui rompent avec la course à la croissance et à la consommation. L'auteur est journaliste au Monde diplomatique.

Comme le dit, à propos de ce livre, Eric Werner, sur son excellent site L'avant-blog - Chronique de la modernité tardive : "au nombre des raisons qui poussent aujourd'hui les gens à quitter les villes, la moindre, on le sait, n'est pas celle liée à l'immigration de masse. L'auteur n'en parle guère, mais c'est une des dimensions aussi du problème. "Voyage dans la France qui innove vraiment", dit le sous-titre du livre. La France qui "innove vraiment", si je puis me permettre, est aussi une France qui se regroupe." Un autre visage de la France périphérique décrite par Christophe Guilluy. Intéressant, donc...

 

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" Bien plus de Français qu'on ne l'imagine vivent déjà selon une échelle des valeurs différente de celle qu'impose la société actuelle. Plus ou moins radicalement, ils se sont détachés du modèle productiviste et consumériste qui nous étouffe. Guidés par un idéal lesté de pragmatisme, ces défricheurs d'un monde nouveau expérimentent et innovent dans des domaines fort divers. Certains, souvent en rupture franche avec la société, vivent dans des yourtes ou dans des " habitats légers ". D'autres, à l'opposé, sont des " alterentrepreneurs " qui se fraient un chemin exigeant, socialement et écologiquement, dans l'économie de marché. Et le champ des expérimentations est vaste : agriculture paysanne et circuits de proximité, écovillages et habitats partagés, renouveau coopératif et solidarité inventive, éducation populaire et écoles alternatives. C'est cette richesse et cette diversité que révèle ce livre, fruit d'une vaste enquête conduite pendant près de deux ans dans une dizaine de régions. L'auteur a recueilli de très nombreux témoignages et réflexions des acteurs de ce mouvement social invisible, souvent surprenants, toujours passionnants. L'ouvrage s'interroge enfin sur le sens de ce fourmillement d'initiatives. De très nombreux défricheurs rencontrés rejettent la politique, mais l'utopie concrète qu'ils vivent a bel et bien un sens politique. Pour autant, le changement social peut-il naître de l'essaimage d'alternatives locales ? Et, au-delà de la convergence vers des valeurs écologiques et sociales qui caractérise cette mouvance, comment définir la postmodernité à laquelle de plus en plus de gens aspirent ? "