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03/11/2018

Les Young Leaders, des agents de l'influence américaine en France ?...

Nous reproduisons ci-dessous un article de l'Observatoire du journalisme consacré au programme Young Leaders de la French-American Foundation, et à l'influence des membres de ce programme dans les médias.

 

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Le programme Young Leaders, agent de l’influence américaine dans les médias français

Le programme, Young Leaders (Jeunes leaders) dérive d’un accord entre Gerald Ford président des Etats-Unis et le président français Giscard d’Estaing en 1976, établissant une fondation dédiée à l’amitié entre les deux pays, avec un siège à Paris et un siège à New-York. La fondation a permis l’émergence du programme Jeunes Leaders à partir de 1981.

400 Young Leaders formés

Depuis cette date plus de 400 Jeunes leaders ont été  formés, dont la moitié de français. Le verbatim du programme : « Chaque année (avec parfois des années blanches 85/88, 90/93, 97, le programme est ensuite continu depuis 1998, soit 29 promotions au total) vingt français et américains, âgés de 30 à 40 ans appelés à jouer un rôle important dans les relations entre les deux pays sont sélectionnés par un jury en France et aux États-Unis. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours, chacun sur deux années consécutives, alternativement en France et en Amérique, afin d’échanger sur des sujets d’intérêts communs aux deux pays et tisser des liens d’amitié durable ». Parmi les sponsors on trouve les groupes américains Boston Consulting et Egon Zehnder. Chacun comprendra comment cette « formation » peut devenir un moyen incomparable d’influence pour l’Amérique. Nous ne détaillerons que les Young Leaders  agissant dans les médias français sans nous intéresser aux politiques et dirigeants économiques (nombreux) passés par le programme depuis 1981. Nous mettons entre parenthèses (1981) l’année de promotion.

La télévision et les Young Leaders

Quelques jeunes leaders ont eu une jolie carrière à la télévision : Jérôme Clément (1982), fondateur d’Arte puis de la Cinq, également longtemps président du CNC (Centre national du cinéma). Bernard Faivre d’Arcier (1983) a présidé plus de dix ans le festival d’Avignon et aussi La Sept, branche française d’Arte. Emmanuel Chain (2000) a animé plus de quinze ans l’émission à succès Capital sur M6 puis est devenu producteur de télévision. Plus jeune, Estelle Youssoufa (2011) est journaliste à France2/TV5Monde. D’autres plus multi-cartes se retrouvent aussi dans les radios ou la presse écrite (voir infra)

La radio et les Young Leaders

Le service public est très bien servi en Jeunes leaders. David Kessler (1999) a été comme Jérôme Clément (1982) directeur du CNC mais aussi du CSA, directeur de France Culture et directeur général chargé des programmes de Radio France. Bernard Guetta (1981) a animé plus de 25 ans une émission de géopolitique à France Inter. Jean-Noël Jeanneney (1983) a été PDG de Radio France et de Radio France International, il anime depuis 20 ans une émission à caractère historique Concordance des temps sur France Inter (il a été également président de la chaîne de télévision thématique Histoire). Catherine Sueur (2007) après un passage au Monde a été directrice déléguée de Radio France.

Mais le secteur privé, s’il est moins bien loti, n’est pas oublié. Nicolas Escoulan (2014) est passé de Canal+ à Europe1 où il est directeur de la rédaction. Son camarade de la promotion d’avant Jérôme Chapuis (2013) est responsable du service politique de la radio concurrente RTL.

La galaxie Le Monde/L’Obs

Ce n’est plus une galaxie c’est une véritable constellation de Jeunes leaders. Sur les 19 promotions, 13 comportent au moins un membre de ces rédactions.Thierry Pfister (1981, première promotion) a œuvré dans les deux rédactions (plus de nombreuses en province). Jean-Claude Guillebaud (1982) a écrit aussi pour les deux journaux. Jean-Marie Colombani (1983) a été directeur du Monde pendant treize ans. Denis Olivennes (1996) a été directeur de la rédaction du Nouvel Obs (et aussi à Canal+, Europe1 et Lagardère active). Dominique Nora (1995) est responsable de la rédaction de L’Obs. Elle avait succédé à Mathieu Croissandeau (2002) qui a collaboré aussi à Arte. A tous seigneurs tous honneurs Matthieu Pigasse (2005) et Louis Dreyfus (2005) ont dû être de très bons élèves du programme. Le premier est co-propriétaire du groupe Le Monde (et actionnaire à titre personnel des Inrocks et de radios), le second préside le directoire du groupe depuis 2010. Nabil Wakim (2012) au Monde a été créateur des Décodeurs, chef du service politique, rédacteur en chef et responsable de l’innovation. Plus récemment Élise Vincent (2015) y est responsable du service Justice. Sylvie Kaufmann (1998) est directrice éditoriale au même quotidien du soir. Pascal Riché (1999), ancien de Libération, fondateur de Rue89 est directeur adjoint de L’Obs. Erik Izraelewicz (1994) après être passé par Les Échos et La Tribune a été directeur des rédactions du Monde de 2011 à sa mort en 2012.

Les autres quotidiens et les Jeunes leaders

Laurent Joffrin (1994) aurait pu figurer dans la rubrique Le Monde/L'Obs étant passé dans un tournis incessant de L’Obs à Libération et retour. Il est directeur de la rédaction du quotidien de Patrick Drahi depuis 2014 et participe à de nombreux autres médias (France Inter, France Info, France5 etc). Laurance N’kaoua (2003) officie au quotidien économique Les Échos, tout comme David Barroux (2011). Dans un registre différent François Dufour (2005) est spécialiste de l’information des jeunes à Mon Quotidien, sa création.

Les magazines

Yves de Kerdrel (2005) a été longtemps directeur de Valeurs Actuelles tout en collaborant au Figaro. Christine Ockrent (1983) surnommée la reine Christine aurait pu être classée dans la rubrique télévision (NBC, CBS, Antenne2,TF1, France3, TV5, France 24, BFM) ou radio (Europe1, RTL,RFI, France Inter). Elle a été directrice de la rédaction de L’Express de 1994 à 1996. Guy Sorman (1982) a lui aussi été à L’Express, Le Figaro Magazine et est intervenu auprès de nombreux autres hebdomadaires ou quotidiens. Philippe Le Corre (2004) intervient dans de nombreux médias et au Point. Il est difficile de classer Philippe Manière (1995) qui a été un peu partout, Le Point, L’Expansion, Europe1, Institut Montaigne, Le Nouvel Economiste, Les Echos. Le plus jeune Gaspard Koenig (2017) collabore aux Échos et au Point.

Autres jeunes leaders du programme

Michel Combes (1994) a longtemps dirigé Altice, la holding Europe du groupe multi-médias de Patrick Drahi. Béatrice de Clermont Tonnerre (2011) a travaillé chez Google et à Lagardère Active où elle aurait pu croiser la plus jeune Claire Le Ost (2016). Eric Fassin (1994) sans être journaliste intervient régulièrement dans les médias en particulier sur les questions touchant le genre et la défense des migrants. Sophie de Closets (2017), toute récente Jeune leader, préside les éditions Fayard depuis 2014. Stéphane Fouks (2001) par sa position chez EuroRSCG a conseillé et conseille de nombreux médias et patrons de rédaction. Pour la curiosité Julien Vaïsse (2007) n’est pas une personnalité médiatique mais le directeur du CAPS le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du Ministère des Affaires Etrangères. Une nomination curieuse pour une personnalité qui semble liée d’aussi près à un Etat étranger.

Cousinage atlantiste et plus si affinités

Une participation au programme n’indique pas nécessairement un alignement complet sur les thèses américaines (Arnaud Montebourg et Dupont-Aignan sont d’anciens Jeunes leaders) mais marque, pour la très grande majorité des lauréats, une inclination atlantiste et une très grande proximité culturelle/économique (et plus si affinités) avec le grand frère américain. En-dehors des médias il est surprenant de constater que notre président actuel comme le précédent ont été Young Leaders, mais aussi de nombreux militaires français de haut rang. Imaginons un instant que les russes aient entrepris le quart de la moitié de ce programme, le tollé serait immédiat et surpuissant. Ce programme qui n’a rien de secret n’est jamais évoqué par les médias dominants. Et pour cause les Young Leaders y pullulent, la solidarité par le silence en quelque sorte. Ils ont retenu la leçon du Maître, Speech is silver, silence is golden (La parole est d’argent mais le silence est d’or).

Observatoire du journalisme (OJIM, 16 octobre 2018)

17/06/2018

Tour d'horizon... (148)

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Au sommaire cette semaine :

- sur Communication & Influence, Pascal Gauchon met en relief la manière dont s'articulent puissance et influence dans les rapports de force géopolitiques...

 

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- sur Storiavoce, Christophe Dickès interroge l'historien Frédéric Le Moal sur le fascisme italien...

Qu'est-ce que le fascisme ?

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31/05/2017

Quand Natacha Polony s'intéresse au Siècle et au groupe de Bilderberg...

Fondatrice du Comité Orwell, Natacha Polony livre sur son site son analyse sur les groupes d'influence idéologique discrets mais puissants que sont, chacun à leur niveau, le Siècle et le groupe Bilderberg... Un éclairage utile, de la part d'une journaliste connue du grand public, sur ces réseaux de l'hyperclasse, dont la critique restait confinée, jusqu'à il y a peu, aux marges du système politico-médiatique...

 

                                  
                                Natacha Polony sur le groupe Bilderberg et le... par News360x

11/05/2017

La soumission librement consentie...

Les Presses universitaires de France viennent de rééditer un essai de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois intitulé La soumission librement consentie. Enseignants-chercheurs en psychologie sociale, les deux auteurs ont notamment publié l'excellent Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (PUG, 1987), maintes fois réédité. Par ailleurs, Jean-Léon Beauvois a aussi écrit seul plusieurs essais, dont Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social - Petit traité des grandes illusions et Les influences sournoises (Bourin, 2005).

 

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" Amener quelqu’un à faire en toute liberté ce qu’il doit faire est finalement moins compliqué qu’on ne le croit. Il existe aujourd’hui une somme impressionnante de connaissances scientifiques sur lesquelles on peut s’appuyer pour influencer les gens sans même qu’ils s’en rendent compte. Évidemment, cela s’appelle de la manipulation. Mais, qu’on le veuille ou non, la manipulation peut être mise au service des causes les plus sombres comme des causes les plus nobles. On peut par manipulation amener quelqu’un à s’aliéner dans une secte, comme on peut par manipulation amener quelqu’un à conduire plus prudemment, à dévorer les auteurs au programme du Bac, à s’investir dans le boulot, etc. Ces connaissances relèvent de la psychologie de l’enga­gement. Elles sont au cœur de ce livre qui illustre leurs applications dans des domaines aussi va-riés que la formation, la lutte contre les accidents de travail ou contre le Sida, le management, le marketing et même la thérapie. "

02/04/2017

Tour d'horizon... (125)

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Au sommaire cette semaine :

- dans Communication & Influence, Bruno Racouchot, directeur de Comes Communication, revient sur l'influence en tant qu'arme dans la guerre économique...

 Penser l’influence dans les rapports de force de la guerre économique

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- sur Centurie News, Laurent Ozon évoque la notion d'immunité, qui, au travers son rôle central en biologie comme en psychologie évolutionniste, pourrait être considérée comme la clé de lecture des marqueurs politiques et idéologiques dans les sociétés occidentales...

 

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19/02/2017

Tour d'horizon... (123)

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Au sommaire cette semaine :

- sur le site de Comes Communication, Jean-François Gayraud, commissaire divisionnaire, spécialiste des questions de criminalité et de géopolitique, revient, dans un entretien donné à Bruno Racouchot, sur le système de domination mis en place par des acteurs financiers devenus omnipotents...

 

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- sur le site Theatrum Belli, on peut (re)découvrir un beau texte de Julius Evola consacré à la guerre, qui possède, pour le penseur de la Tradition qu'il est, une valeur anti-matérialiste et spirituelle et qui offre à l'homme l'occasion de réveiller le Héros qui sommeille en lui...

Métaphysique de la guerre

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