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12/09/2018

Libéraux-libertaires : émancipation absolue et domination des esprits ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Edouard Chanot sur Radio Sputnik, datée du 7 septembre 2018 et consacrée au libéralisme libertaire...

 

                               

22/05/2018

Contre le totalitarisme de l'individu...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Hervé Juvin au Figaro Vox à l'occasion de la sortie de son dernier livre France, le moment politique (Rocher, 2018). Économiste de formation, Hervé Juvin est l'aureur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013).

 

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Hervé Juvin : «Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine»

FIGAROVOX.- «Pour la première fois, l'existence de la France semble aussi directement menacée en temps de paix qu'elle a pu l'être en temps de guerre». N'exagérez-vous pas? Qu'est-ce qui vous conduit à formuler un constat aussi alarmiste?

Hervé JUVIN.- Le cardinal de Richelieu l'avait dit: «l'Église a l'éternité devant elle, la survie de la France est un combat de chaque jour.» Nous l'avons oublié. Ce combat, depuis trop d'années, n'a pas été mené. Tout a été dit, fait, assumé, comme si la France pouvait tout subir, tout payer, tout accepter. Tout a été affirmé, géré, décidé, comme si la France était le problème, comme si l'identité française était un gros mot, comme si défendre la France était coupable, honteux, et condamnable. Qu'il s'agisse des dérives anti-démocratiques de l'Union européenne, qui entend punir les peuples qui votent mal et les nations qui ne veulent pas se dissoudre dans le grand tout du droit et des Droits, qu'il s'agisse des migrations et de l'intégration de populations étrangères, qui condamnent la France si elle n'est pas fière, forte et sûre d'elle-même, qu'il s'agisse du marché du droit qui entend subordonner les lois, les États et les Nations à l'intérêt du capital à travers la privatisation de la justice, qu'il s'agisse du totalitarisme de l'individu qui détruit implacablement les sociétés les plus soucieuses du respect de la personne humaine, tout ce qui fait la France, tout ce qu'il y a de français en France et dans le monde a été réduit, bafoué, ou détruit. Qui ose encore prononcer la devise: liberté, égalité, fraternité?

La France n'est pas le problème, elle est notre chance, à nous Français, et à eux, si nombreux dans le monde, qui rêvent de la France et qui attendent qu'elle redevienne ce qu'elle est - la France libre, la France championne des non-alignés, la plus grande France! La France est ce que nous avons de meilleur.

Voilà pourquoi nous allons vivre un moment politique ; le moment où l'arrangement entre la nature, l'identité et la société va prendre le pas sur l'abandon au droit, au marché et à la croissance, dont les promesses ne sont pas tenues, et qui ne peuvent plus être identifiées au progrès.

Vous insistez dans votre livre sur la politique étrangère de la France. Quel doit être le fil conducteur de cette politique? Comment jugez-vous l'action diplomatique d'Emmanuel Macron depuis son élection?

Quels sont les intérêts de la France? Comment les affirmer, comment faire la France plus forte, plus écoutée, comment protéger les Français et garantir leur liberté?

Tout Français ne peut que souhaiter la réussite du Président Emmanuel Macron ; il y va de notre intérêt à tous, de la paix et de la guerre, il y va de la France! Mais force est de constater que sur ces sujets, comme sur bien d'autres, nous attendons encore qu'il exprime sa vision et qu'il nous explique ses choix. Il a su ranimer des symboles utiles ; réception à Versailles, solennité républicaine, et jusqu'au culte du héros, en la personne du gendarme Beltrame. C'est bien.

Mais les effets de ses vœux européens se font attendre. L'Allemagne n'a pas bougé. Mais les résultats politiques de la participation française à l'opération de bombardement en Syrie ont été nuls ; Donald Trump n'a pas bougé dans sa décision de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, et l'Union européenne a été renvoyée à son insignifiance géopolitique. Mais les déclarations d'intention contre la soumission aux sanctions américaines et à l'extraterritorialité de leurs embargos ne trompent personne ; les entreprises françaises se verront soumises à l'ordre américain, faute d'une politique étrangère claire, qui fixe les lignes rouges, désigne l'ennemi, et fasse passer l'intérêt national avant tout. C'est bien d'en appeler au multilatéralisme, mais comment ne pas constater, avec Donald Trump ou Israël, les perversions d'un système onusien qui avait donné à un représentant de la Libye la présidence d'une commission sur les droits des femmes? C'est bien de défendre les accords commerciaux, mais comment ne pas voir que le libre-échange a fait une poignée de milliardaires, des millions de chômeurs, la mort de nos villages et de nos villes moyennes, pillés par la grande distribution, et la ruine de nos territoires, abandonnés par les métropoles qui se rêvent virtuelles?

Trois idées doivent conduire notre politique. D'abord, une initiative de civilisation qui travaille à réunir les rameaux dispersés d'un tronc commun qui va de Jérusalem à Byzance, en passant par Athènes et Rome. La construction de la Russie comme ennemi est suicidaire, quand le monde européen rencontre des mondes chinois, indiens et demain, africains, qui lui contesteront son existence même. Ensuite, le renouveau de la liberté française, ce non-alignement autorisé par l'indépendance nucléaire, qui doit faire de la France la voix de tous ceux qui refusent un monde soumis aux nouveaux empires qui s'avancent sous le manteau de la multipolarité. Ni Américains, ni Chinois, ni Russes, mais Français! Enfin, un choix politique qui cherche la paix et l'ordre mondial ailleurs que dans l'universalisme et l'impérialisme, ailleurs que dans un développement forcé et une croissance désaccordée du progrès, dans l'harmonie née de la diversité des systèmes politiques et sociaux, des cultures, et des choix de production et de consommation.

Vous prônez une véritable «révolution écologique» dont la France pourrait être la figure de proue. Quelle forme doit prendre cette révolution et pourquoi la France vous paraît avoir tous les atouts pour la mener?

L'avenir est à la réconciliation de l'homme avec toutes les formes de vie, ou bien notre survie sera en jeu. C'est bien d'une révolution dont il s'agit, que j'hésite à qualifier d'écologique tant les mots ont été piégés par le hold-up réussi de l'ultra gauche sur les sujets environnementaux ; associer écologie et ouverture des frontières, quand tout être vivant dépend de sa capacité à réguler ses échanges avec son milieu, à capter ce qui le nourrit et à rejeter ce qui lui nuit, il fallait oser! C'est surtout la clé du moment politique actuel ; tout projet politique sera jugé à l'aune de la survie de la France, d'abord, et ensuite de sa capacité à préserver ce trésor français qu'est la beauté des paysages, la générosité de ses terres, la diversité des formes qu'y a pris la vie. Et le sujet est actuel. La France subit d'intenses pressions pour faire de ses terres un actif comme un autre, que le capital mondial puisse acheter, exploiter et vendre comme il le veut. La France subit l'appropriation de ses semences, des ressources génétiques des espèces vivantes sur son territoire, qui devront être payées aux banquiers du vivant, les nouveaux usuriers. La France voit grandir les menaces sur ses appellations territoriales, que les géants de l'agroalimentaire et de la nourriture industrielle veulent détruire pour les remplacer par leurs marques commerciales ; après les hommes hors sol, il faut fabriquer de la viande, des légumes, des fruits, de nulle part! Et la France voit ses biens communs se réduire sous l'appétit conjoint des promoteurs immobiliers pour son littoral, des capitaux nomades pour ses infrastructures et ses services collectifs, des pillards numériques pour les données personnelles des Français, leur sécurité et leurs souvenirs!

Voilà pourquoi toute politique sera une politique de la vie. Voilà pourquoi rien n'est plus urgent que de travailler à une réponse de société au projet de civilisation écologique chinoise, tel que le Président Xi Jin Ping l'a formulé, tel que le philosophe Zhao Ting Yang vient de le préciser dans son livre programme «Tianxia, tout sous un même ciel». Depuis trente ans, la France n'est plus ce foyer universel d'idées, de modèles, de systèmes, qu'elle a été avec les existentialistes, les structuralistes, comme avec les philosophes de la déconstruction. Qu'elle le redevienne sur le sujet majeur de tout dialogue de civilisation qu'est le sacré de la vie, le savoir des limites et la coopération de tous les êtres vivants!

Vous êtes un fervent défenseur de la diversité culturelle des peuples et critiquez notamment les politiques de développement. Mais le risque, en renonçant à l'universalisme, n'est-il pas de tomber dans le relativisme culturel qui fait le jeu du multiculturalisme?

La diversité est l'effet indépassable de notre liberté politique. Les sottises émises avec autorité par ceux qui voient dans l‘unification du monde le moyen d'asseoir leur domination universelle, ou leur prétention à l'élection divine, oublient cette réalité bien connue des ethnologues ; placez deux groupes humains dans les mêmes conditions climatiques, naturelles, historiques, et ils produiront deux sociétés différentes! Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine, car il tend à détruire la liberté des sociétés à se donner leurs lois, à décider de leurs mœurs et à affirmer leurs croyances! La vraie diversité est collective, elle est bafouée au nom des droits illimités de tout individu à détruire la société qui honore ses droits, et pourtant cette diversité est un bien supérieur à tout autre ; si tous désirent la même chose, nous nous battrons jusqu'au dernier pour l'obtenir! C'est la dimension suicidaire de la globalisation.

Concrètement, la diversité sera préservée par la souveraineté nationale et par l'intelligence de la séparation. Nous n'en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds! C'est la frontière qui pacifie la diversité et qui permet cette fantastique expression du génie humain qu'est la diversité des cultures et des civilisations! Les plus grands malheurs du monde viennent de l'ingérence de ceux qui prétendent détenir le Bien dans les affaires de leur voisin. Les plus grands crimes ont été commis au nom du devoir d'ingérence, de la responsabilité de protéger, et autres subterfuges de l'Empire du Bien. Je n'irais pas me mêler des lois, des mœurs et des pratiques religieuses de l'Arabie Saoudite, même si je peux avoir mon jugement sur eux. Je n'entends pas que l'Arabie Saoudite se mêle des lois, des mœurs et des pratiques religieuses en France. Voilà la politique réaliste de la diversité, qui est l'autre nom de l'écologie humaine, et la seule voie de la paix entre les peuples.

Vous constatez que «le monde se ferme, que l'actualité est aux murs, aux frontières, et que les illusions de l'individu hors-sol s'éloignent dans un horizon sinistre». Est-ce la fin de la mondialisation et le retour des États-nations?

Ce n'est pas la fin c'est le dépassement! Nous vivons dans un monde globalisé. La mondialisation est là, déjà là, c'est déjà un fait du passé ; l'avenir se joue ailleurs. Il n'est plus de brousse, de jungle ou de désert où ne règne pas le téléphone portable! C'est fait. Ce qui vient, c'est que des cultures disparaissent, faute de s'emparer des nouveaux outils, tandis que d'autres, certaines parmi les plus archaïques ou les plus étrangères à l'ordre de la technique, s'en emparent et en font leurs armes ; voyez l'hindouisme actuel en plein renouveau, voyez surtout l'Islam radical et la puissance qu'a pu avoir l'État islamique sur les réseaux! La vague d'uniformisation est passée ; les sottises sur la démocratie planétaire sont loin derrière nous. La diffusion mondiale des singularités et l'affirmation dans la globalisation des identités les plus fortes, des cultures les plus spécifiques, est devant nous. Elle l'est d'autant plus que les murs, les barrières, les péages se multiplient, tandis que les vitesses de déplacement se réduisent partout, sur nos routes comme dans les airs. L'avenir est aux communautés dotées d'une identité forte, aux entreprises porteuses de singularités territoriales, culturelles, marquantes, aux peuples riches de biens communs hors marché. Voilà pourquoi la France doit retrouver une affirmation forte d'elle-même. C'est la condition pour qu'elle soit gagnante dans le monde d'après la mondialisation.

L'un des défis majeurs des prochaines années est l'immigration africaine. A-t-on les moyens d'empêcher la «ruée vers l'Europe» (Stephen Smith) que prédisent implacablement les courbes démographiques? Ne faut-il pas se résoudre à voir l'Europe s'africaniser?

Il est clair qu'en matière de pression migratoire, nous n'avons encore rien vu, surtout si ses ennemis continuent d'imposer à l'Europe des idées et des pratiques qui détruisent son unité et implantent sur son sol tous les conflits du monde! Dans ce domaine, subir n'est pas de mise. Il faut anticiper, il faut défendre, et il faut proposer.

Le problème n'est pas l'Afrique, c'est la France! C'est l'absence d'une politique africaine digne de ce nom, qu'a illustrée la désastreuse destruction du verrou libyen, qu'illustre l'enlisement au Sahel et en Centrafrique! Et c'est l'absence d'une politique de population qui ose dire son nom, comme condition de la paix civile, de l'unité nationale, et de la sécurité des Français. Il y a urgence à la définir! D'abord parce que, depuis l'abandon de l'Union de son devoir de protéger les Européens, il revient à la France, et à elle seule, de tenir ses frontières et de n'admettre sur son territoire que celles et eux qu'elle choisit. Comme l'a rappelé Donald Trump, une nation qui ne tient pas ses frontières n'existe plus. Ensuite, parce que l'Afrique peut être une chance pour la France, la chance notamment que le français redevienne une langue mondiale, la troisième par le nombre de ses locuteurs.

La chance aussi que les modèles, les systèmes, les approches français, retrouvent par l'Afrique une dynamique d'expansion et un rayonnement qu'ils sont largement perdus. Enfin, parce que la France a des amis, des alliés et des cousins en Afrique. La France peut et doit leur dire que c'est en Afrique qu'ils trouveront leur voie, pas dans l'importation désastreuse des mœurs et des lois américaines, pas dans la néo-colonisation chinoise ou indienne, pas dans les migrations en masse, mais dans l'affirmation des singularités, des identités et de la diversité africaine. Libérer l'Afrique des entreprises qui pillent ses ressources, des trafiquants d'êtres humains qui vendent ses talents et ses intelligences au plus offrant, des accapareurs de terres comme des sectes qui veulent s'emparer de son âme, voilà un projet pour la France en Afrique!

Ici encore, le moment est politique, et c'est le moment où la France doit en finir avec l'abandon mou aux préceptes venus du dehors, le moment où renouer avec les pays d'Afrique des relations de franchise, de responsabilité et de respect mutuel, le moment où entre une Europe qui n'a pas le choix de tourner le dos à l'Afrique, et une Afrique qui ne colonisera pas l'Europe, la France peut être un intermédiaire essentiel.

Hervé Juvin, propos recueillis par Eugénie Bastié (Figaro Vox, 18 mai 2018)

02/05/2018

La démocratie interdite ?...

Les éditions Dualpha viennent de publier un essai de Richard Dessens intitulé La démocratie interdite. Docteur en droit et professeur en classes préparatoires, Richard Dessens a notamment publié La démocratie travestie par les mots (L'Æncre, 2010) et Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse (Dualpha, 2017).

 

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" Quelle est la véritable nature de nos démocraties européennes postmodernes ? Sous couvert de sentiments généreux et en flattant l’individualisme la démocratie répond-elle aux valeurs qu’elle brandit sans cesse, souvent pour interdire toute opposition ou remise en cause de situations qui ont tant évolué depuis la fin de la IIe Guerre mondiale ? Valeurs universelles ou valeurs utilisées pour laisser le champ libre aux puissances économico-financières qui ont en réalité pris le pouvoir pour servir leurs propres intérêts ? L’opposition entre individualisme, et toutes les conséquences qui en découlent au quotidien, et l’intérêt général des peuples, n’est-elle pas devenue l’arme absolue des idéologues d’un monde de la mixité généralisée et vidé des valeurs civilisationnelles et identitaires de l’Europe ?

Autant de questions auxquelles l’auteur tente de répondre à travers vingt-deux arguments de la démocratie interdite. "

09/03/2018

La culture du narcissisme...

Les éditions Flammarion rééditent dans leur collection de poche Champs l'essai de Christopher Lash intitulé La culture du narcissisme, avec une présentation de Jean-Claude Michéa, « Pour en finir avec le XXIe siècle ». Sociologue critique américain, figure intellectuelle du populisme de gauche, mort en 1994, Christopher Lash a notamment publié La Révolte des élites (Climats, 1999) ou Le seul et vrai paradis - Une histoire de l'idéologie du progrès et de ses critiques (Flammarion, 2002). On notera qu'avant que l’œuvre de cet auteur ne soit popularisée en France par Jean-Claude Michéa, au début des années 2000, Nouvelle Ecole (n°39, 1982) a sans doute été la première revue française à traduire un des articles de cet auteur dès le début des années 80...

 

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" La culture occidentale est en crise. Le Narcisse moderne, terrifié par l’avenir, méprise la nostalgie et vit dans le culte de l’instant ; dans son refus proclamé de toutes les formes d’autorité, il se soumet à l’aliénation consumériste et aux conseils infantilisants des experts en tout genre.
Aujourd’hui plus que jamais, l’essai majeur de Christopher Lasch frappe par son actualité.
Décortiquant la personnalité typique de l’individu moderne, Lasch met en lumière ce paradoxe essentiel qui veut que le culte narcissique du moi en vienne, in fine, à détruire l’authentique individualité.
Christopher Lasch déroule le fil d’une analyse souvent subtile, nourrie de psychanalyse et de sociologie ; sa critique du mode de vie contemporain et d’une pensée de gauche complice du capitalisme est radicale, mais non sans espoir, car elle est pénétrée de la conviction que la conscience de l’histoire peut redonner du sens à un monde qui n’en a plus. "

12/01/2018

En attendant la droite nouvelle...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy, cueilli sur Polémia et consacré à l'impérieux besoin d'une droite nouvelle pour reconstruire une civilisation dévastée par l'immigration, l'individualisme et le néo-capitalisme...

Dans un esprit proche, on pourra utilement consulter le site du nouveau collectif Ligne droite...

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Pour 2018, souhaitons-nous une droite nouvelle ?

L’année 2017 fut sinistre en France. Mais le plus sinistre ne fut-il pas finalement que la droite française ait, une nouvelle fois, trahi les espoirs placés en elle ? Pourquoi ? Parce que les électeurs ont compris que la droite ne vivait plus que dans le passé, au lieu de démontrer sa capacité à affronter l’avenir.

La Droite en marche mais… en marche arrière !

Car toute la droite regarde obstinément et avec délectation dans le rétroviseur de l’histoire. C’est sa marque de fabrique.

Il suffit pour s’en persuader de parcourir certains sites, certains journaux ou d’écouter certains propos : ici, on assure la promotion d’un film consacré aux guerres de Vendée ; là, on déplore les églises en péril ; là, on dénombre les victimes de 100 ans de communisme ou l’on dénonce les méfaits de la Réforme.

Un chroniqueur médiatique célèbre quotidiennement avec talent le « suicide » français et la fin des Trente Glorieuses. Les héritiers de ceux qui hier critiquaient vertement De Gaulle sont devenus des professeurs de souveraineté, mais à retardement. Mais tous communient dans le lugubre énoncé quotidien des plaies ou des fautes françaises : la répression des mal-pensants, la délinquance, l’immigration ou l’avortement de masse.

Et encore, s’agit-il de médias faisant preuve d’une certaine conscience politique dissidente.

Que dire alors du reste de la population, plongé dans la réminiscence médiatique obligatoire des « heures sombres de notre histoire » et du « devoir de mémoire » ! Ce passé qui ne passe jamais ne sert à rien, comme l’avait bien vu Nietzsche, sinon à nous détruire par étouffement.

L’histoire ne repasse pas les plats. Il serait temps que la Droite le découvre

Ce n’est certes pas nouveau, mais les sempiternelles jérémiades des réseaux conservateurs, traditionalistes, réacs et autres souverainistes de tout poil commencent vraiment à nous fatiguer.

D’abord, ces jérémiades ne servent à rien car, comme l’affirmait drôlement Louis-Ferdinand Céline au siècle dernier, « l’histoire ne repasse pas les plats ».

On peut, bien sûr, se demander avec inquiétude si les cloches sonneront encore demain en France. Mais Philippe de Villiers ferait mieux de se demander pourquoi les Français fréquentent de moins en moins leurs églises ! La nostalgie du passé est certes humaine, mais elle ne débouche politiquement sur rien.

Une certaine droite vit pour cette raison toujours à l’heure du complexe du comte de Chambord : à force de se focaliser sur le symbole du drapeau blanc, on finit par ouvrir la voie au… régime républicain.

Aujourd’hui l’esprit du comte de Chambord prend la forme du souverainisme nostalgique. L’essentiel ne serait-il pas de pouvoir bientôt acheter « sa baguette avec des francs », comme le promettait Florian Philippot lors des dernières élections présidentielles ?

D’autres se réfugient dans le régionalisme sécessionniste, comme hier dans le Larzac : une autre façon, plus branchée, d’enclencher la marche arrière dans le monde d’aujourd’hui. « Arrêtez le monde, je veux descendre », comme écrivait ironiquement déjà dans les années 1980 l’éditorialiste Louis Pauwels !

Le vieux mythe de « la France seule » refait ainsi malheureusement surface et, avec lui, son patriotisme de restriction et la grande illusion vichyssoise de se prétendre souverain tout en sortant de l’histoire.

Qu’on le veuille ou non, à l’âge du choc des civilisations, le destin de la France est désormais indissociable de celui de la civilisation européenne. Sur le site Polémia, la vidéo « Être Européen » a ainsi été beaucoup plus visionnée que celle intitulée « Être Français » et ce n’est pas un hasard. Il serait temps que la droite le reconnaisse.

Il n’y a plus rien à conserver. Il faut désormais tout reconstruire

Les conservateurs nous cachent aussi un grand secret : il n’y a justement plus rien à conserver ! Car la France que nos pères ont faite et ont défendue avec leur sang n’existe plus.

Elle a été détruite par l’immigration de peuplement, par le néo-capitalisme, par l’individualisme radical, par l’Europe de Bruxelles comme par l’américanisation de la culture, donc par tout ce que la droite a été incapable d’empêcher quand elle n’a pas elle-même encouragé ces évolutions catastrophiques, en particulier à cause de son américanophilie maladive et de son adhésion aveugle à l’idéologie libérale.

La France reste, certes, un beau pays folklorique, mais surtout à usage des étrangers désormais. Une belle villégiature qui n’a pas encore été complètement détruite par les promoteurs immobiliers, les centres commerciaux et les friches industrielles. On visite encore ses châteaux, ses cathédrales et ses musées, comme on visite le Parthénon, c’est-à-dire les vestiges d’une culture morte. Comme on profite de son système social, également moribond du fait de la dénatalité et du chômage de masse des autochtones.

D’où aussi l’ambiguïté de la défense de l’identité de nos jours : car notre identité, cadavérique, est sans doute plus à reconstruire, aujourd’hui, comme l’ont fait différents peuples menacés dans l’histoire, qu’à conserver dans le formol mémoriel.

En 2017 la droite n’aurait rien pu changer, sinon en pire

Doit-on donc continuer, en jouant les pleureuses ou les procureurs selon le tempérament de chacun, de regretter l’échec de François Fillon ou de Marine Le Pen ? Hélas non, car leur élection n’aurait rien changé, sinon en pire.

En effet, désormais il ne s’agit plus de conquérir le pouvoir, mais de rétablir la souveraineté du politique : donc de créer un nouveau Pouvoir face à l’omnipotence du Système oligarchique ; de rétablir la primauté du « gouvernement des hommes » sur celui des choses, pour reprendre une vieille formule. Mais cela, ni F. Fillon ni M. Le Pen n’ont démontré qu’ils l’avaient compris.

Les partisans de la Manif Pour Tous devraient donc méditer leur échec.

En 1984, leurs parents ont fait reculer le gouvernement socialiste, en défendant l’école libre. Mais la loi Taubira est passée malgré les centaines de milliers de manifestants et de ballons roses et bleus à travers toute la France. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui les vraies décisions ne se prennent plus à l’Élysée, à Matignon ou au Parlement : car le Pouvoir est passé aux juges, aux lobbies, aux médias, aux institutions financières et aux grandes firmes transnationales, qui tous se moquent de la volonté populaire.

Un président de droite, dans ce contexte, n’aurait rien pu faire : face à l’armée des défenseurs et des relais du Système il ne se serait appuyé que sur le vide.

C’est justement à combler ce vide que la droite devrait prioritairement consacrer ses efforts, au lieu de rejouer le sempiternel et dérisoire combat des chefs.

Pour une réforme intellectuelle et morale de la droite

L’avenir n’a jamais appartenu aux spectateurs, ni aux nostalgiques ni aux faibles. Il ne sert à rien, par exemple, de faire des succès de librairie en déplorant l’islamisation rampante ou galopante si on n’a rien de concret à lui opposer. L’islam est un défi qu’il faut relever, comme l’ont fait nos ancêtres, et non pas seulement à commenter ou à déplorer.

Si elle veut apparaître comme une alternative crédible au Système – mais le veut-elle vraiment ? – la droite doit donc cesser de révérer ses vieilles idoles. Pour tout dire, elle a besoin d’une profonde réforme intellectuelle et morale.

Le « monde d’avant », comme dit Emmanuel Macron, ne reviendra pas : il faut donc que la droite ait l’audace d’en construire un nouveau.

De même le vrai patriotisme de nos jours est européen, continental et civilisationnel, et non pas corse, catalan, savoyard ou souverainiste. Il ne suffit pas de twitter contre l’Europe de Bruxelles ou celle de Mme Merkel : il faut bâtir à la place une Europe puissance, qui soit la maison commune de tous les Européens. Car seule une telle Europe permettra à notre civilisation de survivre dans le monde multipolaire qui vient.

La droite doit pour cela faire rêver, alors que jusqu’à présent elle nous a surtout fait bâiller d’ennui ou hurler de déception : il lui faut désormais incarner une foi nouvelle dans notre avenir commun. Défendre notre glorieux passé, certes, mais surtout forger de nouvelles forces pour le monde de demain.

En 1962, un jeune militant de droite, tirant les conséquences de l’échec de la cause de l’Algérie Française, écrivait que « la jeunesse d’Europe aura de nouvelles cathédrales à construire et un nouvel empire à édifier (*) ». Il s’appelait Dominique Venner.

Pour 2018, souhaitons donc que la droite s’attelle enfin à la tâche.

Michel Geoffroy (Polémia, 7 janvier 2017)

(*) Dominique Venner, Pour une critique positive, éditions Idées [1962] 2013, 75 pages.

28/07/2017

Une praxis révolutionnaire et conservatrice est-elle encore possible ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jorge Vujic, cueilli sur Polémia et dans lequel il s'interroge sur les conditions de l'efficacité d'une action conservatrice-révolutionnaire visant à abattre le système dominant. Il rappelle notamment la nécessité de penser politiquement le « système des objets » qui enserre nos vies et conditionne nos façons de penser...

 

 

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Une praxis révolutionnaire et conservatrice est-elle encore possible ?...

Trop souvent on oublie que la reconduction au pouvoir du Système dominant et de la classe gouvernementale tient plus à l’internalisation et la reproduction des modes de pensée dominants au niveau social, culturel, sur le plan individuel comme sur le plan collectif.

On se souvient que la praxis, notion philosophique théorisée par Aristote dans l’Ethique à Nicomaque et qui initialement renvoyait à l’idée d’une pratique ou une action qui, transformant le sujet, a été plus tard reprise par les marxistes, par Antonio Gramsci et les situationnistes pour lesquels la philosophie de la praxis désignait la pratique qui se reconnaît elle-même par la théorie qui découle de son action, mais qui, de par sa fonction révolutionnaire, devait transformer les esprits.

Force est de constater que depuis Mai 68, le discours libertaro-marxiste a fait bon ménage avec le capitalisme libéral qui se traduit aujourd’hui par une praxis sociétale parfois schizophrène d’hyper-individualisme festif et de domination capitaliste marchande que l’on accepte comme une fatalité irréversible. Promouvoir une politique de gauche et des valeurs de droite, employer un discours à la fois révolutionnaire et conservateur impliquerait au préalable de reconnaître, en dépit des avancées les plus fines sur le plan social et politique, l’absence d’une praxis adéquate, susceptible de transformer les rapports sociaux, les façons de sentir, de penser. En effet, face à la praxis bien rodée du marché déstructurant du social, il faudra jeter les bases d’une praxis de restructuration des valeurs. D’autre part, on oublie souvent que la technique, les gadgets omniprésents dans notre société hightech constituent de puissants vecteurs d’individuation et de socialisation et trop souvent d’aliénation plus que les principes de l’éducation familiale et scolaire. Il s’agit ici de ce que Jean Francois Dufour appelle les percipiens (le principe de sentir), l’idée de forces mécaniques pesant sur notre pensée et notre entendement et qui préexistent et façonnent notre comportement, notre agir, notre praxis. Jean Baudrillard parle de « système des objets » pour rendre compte de cette mutation dans nos sociétés postmodernes du sens et du rȏle des objets de l’utilité vers la matérialité autonome (qui annule le symbolique), indéfiniment modulables et constituant un ensemble systémique cohérent de signes.

Notre rapport au monde se réduit le plus souvent au rapport aux objets quotidiens avec lesquels nous nouons une complicité profonde entre les investissements psychologiques, souvent induits et extorqués, et les impératifs sociaux de prestige, entre les mécanismes projectifs et le jeu complexe des modèles et des séries. Pier Paolo Pasolini parlait du vrai visage du fascisme qu’il voyait dans la société de consommation, mais non plus celle d’une mécanique d’exploitation extérieure à nous-mêmes, mais d’un système de pensée et de comportement internalisé par nos sens et notre mental.

Introduire une nouvelle praxis réellement révolutionnaire et non purement expérimentale sur le plan social et culturel suppose alors de dégager un nouveau sens du social, de produire de nouvelles formes de vivre-ensemble qui remettraient en cause de façon profonde la praxis dominante de la « valeur marché », le « fonctionnement » dont parle Gilbert Simondon, qui réside, non plus dans l’usage, mais « dans sa dimension anthropologique », dans le marché en tant que valeur et mode de reproduction des rapports sociaux.

Même si les résultats des dernières élections parlementaires et présidentielles dans de nombreux pays européens confirment la poussée de mouvements anti-Système populistes de gauche comme de droite, on est loin d’une remise en cause générale et massive du Système libéral marchand dominant, susceptible de menacer l’ordre établi. Le conditionnement médiatique, la manipulation mentale et politique des masses semblent encore marcher à merveille en tant que mécanique à discréditer et à démoniser les alternatives politiques potentielles. La victoire de Macron en France, qui l’opposait au second tour de la présidentielle à Marine Le Pen, en est une parfaite illustration. L’abrutissement politico-médiatique et la production de la peur sociale principalement dans les classes moyennes déclassées permet encore de reproduire les schémas de domination et de gouvernance oligarchique. On se rappellera à ce titre du Prince de Machiavel qui renvoie à l’emploi de la ruse, de la fraude et de la corruption, les armes de la ruse du «renard », afin d’empêcher la violence de masse et les soulèvements révolutionnaires, un softpower qui constitue le moyen de domination principal de la classe gouvernante.

Pourtant ce constat d’échec nous permet de nous interroger sur l’avenir du discours anti-Système qui articule à raison le fossé grandissant qui se creuse entre l’oligarchie et le peuple, et plus précisément sur la question de l’existence et l’efficacité d’une praxis réellement révolutionnaire et son adéquation avec ce que l’on peut appeler les valeurs, le discours, le narratif conservateur. Car si une infime minorité se reconnaît dans le discours et les valeurs anti-Système, lesquelles circulent par les réseaux d’informations alternatifs, on est encore loin de l’assentiment de larges masses de citoyens qui baignent dans le breuvage quotidien des médias officiels et se contentent très bien de ce déni de vérité. « L’esprit » d’une époque dépend de l’ensemble de ses faits sociaux, y compris le développement technique. Dans ce sens, les objets techniques qui s’autonomisent de plus en plus portent avec eux un impact considérable sur la manière dont nous nous représentons le monde, même des notions très abstraites comme le temps ou l’espace. Bien sûr, le rȏle des idées et le combat des idées tiennent encore une place importante dans la transformation des esprits, mais le changement de paradigme dans la praxis sociale comme cela été le cas pour le rȏle de la technique dans les révolutions scientifiques étudiées par T. Kuhn (dans La Structure des révolutions scientifiques) sera déterminant.

Le mérite de Kuhn a été celui de développer la thèse selon laquelle une science progresse de manière fondamentalement discontinue, c’est-à-dire non par accumulation mais par ruptures. Ces ruptures, appelées révolutions scientifiques, sont selon Kuhn analogues à un renversement des représentations (ce que les psychologues de la perception appellent un gestalt switch). Appliqué à la sphère sociale et politique, ce renversement des valeurs, qui correspondrait à une rupture épistémologique de paradigmes, aboutirait donc à l’issue de cette crise de légitimation à l’avènement d’un nouveau paradigme de système de valeurs. Pourtant, nul ne sait à quel moment, dans quelle situation de crise survient ce facteur d’anomalie perturbateur qui préside à la naissance d’un nouveau paradigme révolutionnaire, processus cyclique de gestation qui peut très bien perpétuer une longue agonie avant sa pleine reconnaissance et son adoption sociale.

Alors que les grands systèmes d’idées ne mobilisent plus, il faudra s’interroger sur quelles bases praxistes et idéologiques reconstruire. Alors que l’on dit volontiers que la révolution est une nostalgie de la gauche, force est de constater que la contre-révolution, voire les nombreux mythes de la « renaissance » de la « restauration », de l’ordre, constituent aussi une certaine forme de mélancolie de la droite, dont il est difficile de faire le deuil. A ces mythes sotériologiques et holistes se sont substitués, de façon indolore, des mythes technicistes consuméristes : le mythe de l’ouverture, le mythe de la communication, le présentisme, comme celui d’une mythologie du portable beaucoup plus attrayant pour les jeunes générations que celui des grandes luttes politiques et sociales ou du mythe Sorelien de la grève générale.

Cette praxis du marché est celle de l’ostensible, du conditionnement opérant que génèrent les concepteurs de produits par la dissémination de besoins artificiels vérifiables dans le domaine numérique de la communication. Un conditionnement   basé sur une stratégie de dépendance qu’on dissimule derrière le leurre d’une utilisation agréable et supposée enrichissante, pouvant préparer le terrain de l’addiction. Le facteur du libre choix et de la personnalité diminue considérablement, alors que l’emprise manipulatrice et l’autorégulation des comportements sociaux neutralisent la capacité réactive de résistance au stress social à mesure que s’amoindrissent les facultés de concentration et de l’intelligence émotionnelle. Il s’agit bien d’une praxis de la narcomanie sociétale   qui fonctionne sur un mode de dépendance-approvisionnement marché/dealeur et junkies/consommateur, une oniomanie organisée et généralisée, qui se traduit par de nombreuses pathologies sociales. Cette consommation compulsive est surtout visible sur le marché du smartphone par une hausse constante de la dépendance ou l’addiction au smartphone, une cyberaddiction (dépendance à Internet), pathologie s’exprimant par un curieux mélange d’anxiété phobique, d’euphorie hystérique et de dépression.

A l’administration des choses il faudra pourtant, tout comme le soutient Bruno Latour, re-politiser le « système des objets » et substituer le gouvernement des hommes, dire que tous les objets, la technique, ne sont pas neutres et même nocifs. En effet, alors que l’on a dépolitisé les questions de nature, il conviendra de re-politiser la question de l’impact sociétal des objets Il faudra se réapproprier l’utilité et la finalité des choses et dénoncer les stratégies de l’ostensible du marché. L’homme occidental n’est plus « mobilisable » au sens de l’ « Homme-masse », il est un agent-réseau autoconstitué connectable à l’infini, volontairement soumis à une discipline de dé-virilisation, du féminisable et de l’infantilisation à outrance. En un mot, c’est un objecteur de dé-conscience né, récalcitrant à toute forme d’engagement, de conscientisation, à la fois un nomade-déserteur. Lorsque Salvador Dali parlait de la télévision comme « instrument de crétinisation universelle », il annonçait déjà l’ouverture vers une humanité « homononcule » en voie de trollisation.

Jure Georges Vujic (Polémia, 7 juillet 2017)
7/07/2017

Notes

–     Jean Baudrillard, Le Système des objets, Gallimard, 1968 [1978].
     Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, Paris 1958 ; dernière réédition corrigée et augmentée, Flammarion, Paris 2012.
–     Thomas Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques, Coll. « Champs/791 », Flammarion, Paris 2008.
–     Bruno Latour, Enquête sur les modes d’existence : Une anthropologie des modernes, La Découverte, Paris 2012.