Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/09/2018

Face au défi de la montée des violences, une réforme sérieuse de la justice s'impose !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré aux dysfonctionnements de la justice française...

Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

 

Belloubet_Justice.jpg

Pourquoi la réforme de la justice n’est absolument taillée pour répondre au défi de la montée des violences

A Saint-Denis, une fusillade a provoqué la mort d'un adolescent. A Tours, un homme a été battu à mort pour une place de parking. C'est à l'aune de ce genre de problème que Nicole Belloubet devrait construire sa réforme de la Justice.

Impuissante à la barre d'un bateau ivre, Mme Belloubet dit, en termes judiciaires, souvent n'importe quoi. Le laxisme de gauche persistant, son plan rabote encore l'échelle des peines qui, courtes, "ne serviraient à rien". Faux : deux cas criminologiques célèbres prouvent que, vite infligées, les peines courtes sont efficaces. Ces exemples, les voici. 

• Jadis, l'OMS qualifiait Glasgow de "capitale des homicides en Europe". Les morts étant d'usage issus de gangs rivaux, tués à l'arme blanche. En 2006 la police de Glasgow crée une Violence reduction Unit et multiplie les fouilles de suspects juvéniles. Peine pour détention d'arme blanche : 15 mois fermes. Dès 2007, les homicides à Glasgow baissent de moitié et depuis les hospitalisations pour ces blessures ont baissé de 65% à Glasgow, quand elles explosent de + 54% en Angleterre.

• Pour pacifier High Point, Caroline du nord, la police cible les gangs. D'abord, les 16 dealers habituels, dont les 3 plus agressifs et violents filent en prison. La police dialogue avec les 13 autres : on vous réinsère - mais si le deal continue, c'est aussi la prison. Menace crédible : la sanction a été rapide et certaine. Et la durée de la peine ? Pour qui vit au jour le jour, elle importe peu. 12 voyous acceptent le marché, la criminalité baisse. Depuis lors (2005-2016), les braquages, cambriolages et vols de véhicule ont bien diminué à High Point : la proportion infraction/habitant passe de 521 en 2005 à 351 en 2016.

Deuxième bourde-Belloubet : "plus on construit de prisons, plus on les remplit", archaïsme dissipé par la criminologie. Démonstration : dans la criminalité des rues, les malfaiteurs sont le plus actifs quand débute leur carrière déviante, vers 18-25 ans. Mais, notre système pénal incarcérant tard, ces récidivistes sont d'abord rappelés à la loi, puis condamnés avec sursis - n'allant en prison qu'après une décennie ou plus. Pour une génération criminelle, un long décalage existe donc entre le pic de criminalité et le pic d'incarcération. Inertie qui dissipe l'idée qu'on remplit sans fin les prisons : c'est en fait un processus diastole-systole où à la fin, les prisons se vident - avant une possible crise criminelle nouvelle. Mais pour que Mme Belloubet le comprenne, il lui faudrait un système statistique décent - or celui de la place Vendôme est nul : elle avance donc ses théories sans appui scientifique probant.

Myope, le ministère de la Justice est aussi fauché. Les magistrats, personnels pénitentiaires et leurs syndicats, ont appris la réforme-Belloubet dans le journal. Consultés, ils auraient pu dire que les réformes promises - bracelets électroniques, semi-liberté, placements externes, travaux d'intérêt général, suivi-réinsertion des détenus, ne seront efficaces qu'en créant des milliers de poste de surveillants et en doublant l'effectif du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP). Sans quoi, le plan Belloubet subira un bide du type de la "probation pénale" de Mme Taubira. Mais foin des accusations abstraites : revue de détail du chaos judiciaire-pénitentiaire des mois écoulés.

Avortements et mascarades judiciaires

- Marseille : "Les homicides finissent au tribunal correctionnel" - des assassins jugés comme des voleurs de poules...

- Amiens : des récidivistes (déjà condamnés aux Assises pour braquages) sont jugés en correctionnelle, pas aux assises, pour "vol aggravé, association de malfaiteurs, port d'armes en réunion, séquestration en bande organisée, et recel de vol". Voleurs de poules, toujours.

- Paris : "Mama Alicia", maquerelle nigériane ayan, avec sa bande prostitué, torturé et violé 50 jeunes Africaines est libérée avant son procès : (encore) une "erreur de procédure",

- Pontoise : "Huit trafiquants de drogue présumés relâchés faute de juges",

- Lyon : "un meurtrier présumé libéré après une erreur de date",

- Sous contrôle judiciaire, Sibi, 20 ans, et ses complices lynchent (barre de fer, etc.), pour lui voler son engin, un motard qui "présente de multiples fractures au crâne, à la mâchoire et a perdu ses dents",

- Cuers : braquage à l'Intermarché ; l'un des deux truands est en semi-liberté pour une précédente condamnation,

- San Remo, Italie : braquage d'une bijouterie. Arrêté en France, un des truands est en permission de sortie de la prison où il purge une peine pour d'antérieurs braquages.

- Loches : braquage, un des braqueurs est en semi-liberté, condamné pour "vols avec violences, menaces de morts sur gendarmes, saccages et déprédations",

- Fontenay-sous-Bois : fuyant ses obligations judiciaires, un détenu libéré viole une femme de 54 ans et "la passe à l'eau de javel pour effacer son ADN".

- Massy : venu du centre de semi-liberté de Corbeil, un dealer " laisse pour mort" (boîte crânienne défoncée) un locataire tombé par mégarde sur sa cachette de drogue.

Intimidation criminelle des personnels pénitentiaires

- Prisons de Sequedin, Valence et Fresnes : des voyous brûlent en série les voitures de surveillants devant leurs domiciles ou sur le parking de la prison.

Evasions

- A Colmar, deux "Roumains" s'évadent en cassant leur plafond. Normal disent les gardiens : les murs de la Maison d'arrêt "datent du Moyen-Age".

- Brest : "L'évasion d'un fiché S souligne les failles des escortes des détenus".

- Sarreguemines, Meaux, Fontenay-le-Comte : des détenus s'évadent en courant du tribunal ou lors de visites médicales. A chaque fois, de somnolents gardiens ou gendarmes les regardent cavaler, bras ballants.

Evasion de Redoine Faïd : le scandale

Au jour de rédaction de cet article, Redoine Faïd est en cavale depuis 77 jours. Lorsqu'il s'évade : 

- le plan non-flouté de la prison de Réau est lisible sur Internet,

- La cour d'honneur de la prison n'a pas de filet anti-hélicoptère,

- Des drones ont survolé plusieurs fois la prison,

- Evasion filmée et mise en ligne par un détenu (les portables sont interdits en prison),

- Le portable de service des gardiens est en panne ; leur seule arme... un sifflet à roulette.

Prisons passoires

- Nancy : à l'isolement, un détenu pour terrorisme possède un portable,

- Saint-Maur (Indre) un détenu pour homicide (23 ans de réclusion) a un passe-partout ouvrant (presque) toutes les portes de la prison. Un autre détenu du lieu a pour maîtresse... sa conseillère-réinsertion.

- Maison d'arrêt de Nantes : repéré dans un couloir de la prison, un jeune homme livre direct des téléphones portables aux cellules. Interpellé "il repart libre".

- Fleury-Mérogis : sortie de sa cellule par la fenêtre, une détenue divague dans les cours. Un syndicat exige "la réouverture des miradors". N'y a-t-il plus de miradors actifs à Fleury?

- Lille-Sequedin (encore) une gardienne-stagiaire est filmée, faisant une gâterie à un détenu. Sans rire, l'administration dénonce une "posture inadaptée".

- Grasse : des détenus défoncent en enfilade les murs de SEPT cellules pour lyncher celui de la 8e. Les syndicats de la maison d'arrêt dénoncent une "prison en carton".

- La Talaudière : 4 évasions ou tentatives en deux mois. La même prison s'avise enfin qu'un détenu a depuis quatre ans une piscine gonflable dans sa cellule.

- Bois d'Arcy : un braqueur chronique sort en fin de peine. Avec ses affaires, le greffe lui rend... son pistolet factice. L'homme reprend ses braquages trois jours plus tard...

"Les phénomènes graves sont peu nombreux" dit Mme Belloubet. Eh bien, elle devrait mieux s'informer.

Xavier Raufer (Atlantico, 19 septembre 2018)



07/09/2018

Les quartiers hors contrôle : un problème criminel immense...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien avec Xavier Raufer réalisé le 31 août 2018 pour Boulevard Voltaire, et consacré à la publication d'une étude par le Figaro révélant la forte augmentation des agressions dans notre pays...

Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

 

                                     

14/07/2018

Censure sur la criminalité en Europe ?...

 Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à la censure de faits qui règne dans la presse sur la vraie nature de la criminalité en Europe... Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) ou encore Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014).

 

AfD_Sicherheit.jpg

Campagne d'affichage de l'AfD :" L'Allemagne a besoin de sécurité ! "

 
Censure sur la criminalité en Europe ? Pourquoi la baisse évoquée en Allemagne et en Suède est en trompe l’œil
A la lecture de la presse, le criminologue que je suis est saisi par un étrange malaise sur le traitement réservé aux enjeux de sécurité en Europe. Que d’oublis et d’ignorance et, partant, d’incapacité à comprendre le ressenti des citoyens européens face à la terreur et au crime.

Prenons ainsi l'étude récente d'un think tank américain selon lequel de janvier 2014 à fin 2017, l'Europe a subi 194 attentats (réussis ou non). Bilan : 357 morts, 1 660 blessés. 32 de ces tueries ayant toute de même causé 1 000 morts ou blessés étaient pour tout ou partie le fait de migrants (Maghreb, Soudan, Irak). Pas exactement rien… 

Désormais, ces "oublis" frôlent la censure. Fin mai en Allemagne, Susanna Feldman, 14 ans, est violée et tuée par un hybride migrant-irakien (braquage, mars 2018, droit d'asile, rejet en mars 2016).

Le site israélien I24News révèle qu'elle est juive. Une Juive assassinée en Allemagne - outrage garanti ! Or googlez "Susanna Feldman": sur les cinq premières pages, pas trace du Monde, de Libé ou de France Info. 

Mais place aux chiffres sur la mondialisation et la réalité de la criminalité dans certains pays d’Europe dont de nombreux articles –relayant sagement des propos officiels- ont expliqué récemment qu’elle était en forte baisse. 

Allemagne – A en croire, une majorité de nos grands médias d'information, tout va bien et même très bien en matière de sécurité au pays de Mme Merkel puisque les chiffres sont à la baisse ! Voyons voir.

"No-go areas" (quartiers hors-contrôle) - Mme Merkel l'avoue en février 2018 (RTL-Deutschland,) "Il y a des lieux en Allemagne où les gens ne sont plus en sécurité...Il faut le dire clairement". C'est si clair qu'en juin 2018, 90% des Allemands veulent un durcissement de la politique migratoire. Sur cela, censure des médias précités. 

Baisse statistique factice de la criminalité - Pour le syndicat policier allemand GdP, les statistiques nationales (PKS) incluent tout passage illégal de la frontière ["infractions liées à la loi sur les étrangers"] donc si en 2015, 890 000 clandestins entrent en Allemagne, et 280 000 en 2016, on a fin 2016... 610 000 infractions de moins ! Fine astuce.

Ce qui monte malgré tout - Crimes violents en 2015 et 2016, + 7% [homicides & tentatives + 14%, viols + 12%, coups & blessures + 10%] ; en 2017, homicides + 3,2%. 90% de ces hausses sont dues à des migrants mâles de 14 à 30 ans.

Crimes dans les länder et villes (où la censure d'Etat est moins écrasante) :

- Leipzig, attaques à l'arme blanche : 2011, 33 cas ; 2017, 138.

- Sigmaringen (Souabe), 2017 : 57% des infractions connues sont dues aux migrants, dont 49% des vols dans les commerces et 39% des vols violents.

- Rhénanie-Nord Westphalie, 2e semestre 2017, 500 attaques à l'arme blanche connues.

Fautives statistiques allemandes sur la sécurité : 

- Pour le syndicat de la police (Bund Deutscher Beamter), 90% des infractions sexuelles et 88% des "crimes de haine" sont hors-statistiques. Confirmation d'études académiques que le BKA ignore 20% des infractions connues - voire "oublierait" 50% des homicides car nul ne vérifie la mention "mort naturelle" d'un médecin légiste, peut-être soudoyé ou étourdi.

- Pire, les données du BKA incluent les seules infractions fédérales élucidées "Aufgeklärten Straftaten" ; or 45% des infractions connues ne sont pas élucidés ; ni bien sûr le "chiffre noir" (écart entre infractions connues et vécues). Joli effet d'entonnoir - ignoré des médias.

- Enfin, les comptages du BKA omettent les actes terroristes, relevant du Renseignement intérieur, loin des yeux indiscrets.

Gros scandale au service fédéral de l'immigration (BAMF) qui - submergé ou corrompu ? - a des années durant accordé à l'aveuglette des titres de séjour à des Zuwanderer - dont nombre de criminels violents.

Que sait-on de la criminalité des migrants/étrangers en Allemagne ?

- 40% des infractions qu'ils commettent sont le fait de 1% d'entre eux - ce qui prouve la présence parmi eux de criminels endurcis,

- Crimes sexuels imputables aux migrants : 2013, 2/jour ; 2014, 3/jour ; 2015, 5/jour ; 2016, 9/jour ; 2017, 13/jour.

- En Allemagne, 1 habitant sur 8 est étranger ; sur 3 inculpés de crime, 1 étranger ; Sur 5 victimes d'un crime, 1 étranger.

Parquet fédéral allemand, enquêtes pour "extrémisme" : 68 en 2013, 1 200 en 2017. Inculpations pour "terrorisme" : 2016, 66 ; 2017, 316.

Suède (10 millions d'habitants) Sondage pour les législatives de l'automne 2018, sur les colères des électeurs : 1 - l'immigration ; 2 - la santé ; 3 - la loi et l'ordre. Dans ce pays jadis si paisible, la vague migratoire a provoqué un séisme criminel oublié des médias.

Zones hors-contrôle : selon le syndicat du personnel paramédical (Ambulandförbundet), on en compte 60 autour de Stockholm, Gothenburg et Malmö.

Omniprésence des armes de guerre : 

- Attentats à la grenade, 4 en 2014, 20 en 2017. Au marché noir, de meurtrières grenades défensives sont à 30 € pièce ; même, gentil geste commercial, on en a deux gratis pour l'achat d'une kalachnikov. En 2017 à Malmö, des commissariats reçoivent deux de ces engins - dégâts énormes. 

- Usage d'armes de guerre sur la voie publique : 300 en Suède, en 2017 ; 17 homicides par arme à feu en 2011 ; 41 en 2017 plus 135 blessés. En juin 2018 à Malmö, une fusillade fait 3 morts et 3 blessés graves ; les douilles jonchent le sol, près du commissariat central.

Voilà ce qu'ignorent nos médias d'information - Fake news, non - censure, plutôt.

Xavier Raufer (Atlantico, 3 juillet 2018)

08/12/2017

Braquages et cambriolages en France : mensonges officiels et médiatiques...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à la présentation biaisée qui nous est faite par les autorités et les médias des statistiques de la délinquance.

Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

 

braquage_couteau.jpg

Braquages et cambriolages en France : mensonges officiels et médiatiques 

Systématiquement (et de longue date) une coalition de tricheurs trafique les statistiques concernant les deux types de crimes les plus redoutés de la population française : cambriolages et vols à main armée.

Cette coalition comprend le service spécialisé du ministère de l'Intérieur et l'ONDRP (Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale) puis, juste en aval, l'AFP qui transmet aux médias la "ligne du parti".

"Ligne" ensuite pieusement reproduite, sans nulle critique et sous la dictée, par des journalistes bousculés n'enquêtant plus, réduits à mendier toutes leurs informations au ministère de l'Intérieur et hors d'état de les vérifier par eux-mêmes.

Le 8 novembre 2017, "papier d'angle" de l'Afp sur "le déclin continu des braquages en France". L'ONDRP l'affirme : "baisse généralisée", en s'appuyant sur le Service statistique de la sécurité Intérieure et l'Office central de lutte contre le crime organisé.

2 900 vols à main armée en 2016 - moins 24% en un an. Tout va bien alors ?

Non : car ce qui baisse n'est pas le nombre des braquages, mais bien plutôt ce que l'Intérieur considère comme tel, en maquillant la réalité criminelle.

Réalité publiée par l'ONDRP-même le 25 novembre écoulé, dans un silence de cathédrale.

Des chiffres que pas un journaliste-pavolvien n'a repris et que semble-t-il, ils ignorent : n'ayant pas été sifflés, ils sont restés au chaud à la niche.

D'abord, pourquoi ne publier que les braquages commis avec armes à feu ?

Un braquage commis avec une machette ou un poignard est-il moins effrayant pour ses victimes ? La protection due aux français par l'Intérieur est-elle sélective, revolver oui, couteau de boucher, non ?

Rétablissons donc la réalité des braquages (chiffres de l'ONDRP, insistons) :

- "Vols à main armée, ou avec armes blanches, contre des établissements industriels et commerciaux" : (3108+1028) : 4136

- "Vols à main armée, ou avec armes blanches, contre des particuliers à leur domicile" (717+681) : 1 398,

- "Autres vols à main armée" : 1 208,

- "Vols à main armée contre des établissements financiers" : 158,

- "Vols à main armée contre des entreprises de transports de fonds" : 26.

Total : 6 926.

Plus bien sûr, les vols à main armée escamotés par la justice : Toujours plus, ces braquages passibles de la Cour d'assises sont déclassés en simples délits, type "vol violent avec arme", ou "violences en réunion sous la menace d'une arme".

Le nouveau braquage arrive au Parquet selon sa "nature d'affaire" (NATAF). Mais il en sort selon une "nature d'infraction" (NATIF) qui l'escamote, bonneteau judiciaire faisant statistiquement baisser des infractions qui, dans les rues, augmentent toujours.

Si des journalistes consciencieux lancaient une minutieuse enquête sur les braquages au quotidien, ils verraient qu'en réalité, ces vols avec armes sont en France, plus près de 10 000 par an que de 7 000.

Mais bien sûr, "Décodeurs", "Décryptages" & co. préfèrent harceler leurs ennemis de droite.

Trucages encore pour les cambriolages, si éprouvants pour la population. L'Intérieur ne publie d'usage que ceux "d'habitations principales", balayant tout le reste sous le tapis, avec la poussière.

Voici donc sur ce point les récents chiffres de l'ONDRP : cambriolages (habitations principales, résidences secondaires ; locaux industriels, commerciaux ou financiers, autres lieux) plus, logiquement, les violations de domicile en France :

2016 : 577 461 (1 580 par 24h, 66 par heure, plus d'un par minute...)

2015 : 553 243,

2014 : 549 194 (+ 5% encore, de 2014 à 2016...)

Voilà ce que les médias taisent ou ignorent.

Sont-ils plus affutés en matière de crime organisé ? Hélas non.

Le 2 décembre écoulé, Libération publie un article sur les mafias italiennes, où tout est faux.

Non, malgré son trompeur qualificatif, le procès Mafia capitale n'avait rien à voir avec la mafia. Preuve : il existe en Italie un crime d'appartenance mafieuse et nul des prévenus dans cette histoire (d'authentiques escrocs par ailleurs) n'a été condamné de ce chef.

Et non, chers "Décodeurs", les "clans mafieux d'Ostie" n'ont rien non plus à voir avec les mafias du Mezzogiorno. Les Spada sont un clan Tzigane ; or y a-t-il un seul Gitan, Tzigane, Rom ou autre, dans les mafias du sud de l'Italie ? Aucun.

Pour savoir cela, pas besoin d'enquêter sur le terrain, tout figure sur Internet. Mais peut-être est-ce encore trop demander à ces Uber-journalistes...

Xavier Raufer (Atlantico, 5 décembre 2017)

14/04/2016

Sur notre incapacité à prévenir les attentats islamistes...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien de Charlotte d'Ornellas avec Xavier Raufer réalisé pour Boulevard Voltaire. Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014).

 

13/02/2016

Histoire criminelle des Etats-Unis...

Les éditions Nouveau Monde viennent de rééditer l'ouvrage de Franck Browning et John Gerassi intitulé Histoire criminelle des Etats-Unis. Ce livre, dont les deux auteurs étaient respectivement journaliste et professeur de sciences politiques, avait été initialement traduit et publié en 1981 sous le titre Le crime à l'américaine.

 

Histoire criminelle des Etats-Unis.jpg

" Et si l'histoire des États-Unis s’était avant tout bâtie sur le crime ? Réputée violente, la société américaine fascine par ses assassinats présidentiels, ses caïds de la mafia ou ses serial killers. Mais au-delà des stéréotypes, ce livre nous fait découvrir le rôle central de la criminalité dans la conquête puis l’administration du « Nouveau Monde ». L’idéologie libérale promeut d’emblée l’initiative individuelle comme moteur du progrès économique : la contrainte est perçue comme nocive et le pragmatisme l’emporte bien souvent sur un puritanisme de façade.

L’analyse historique est ici jalonnée de portraits hauts en couleur. De la délinquance de rue à la corruption jusqu’au sommet de l’État, la sous-culture criminelle se généralise à toutes les strates de la société. Elle fait partie de la vie : petit boulot pour les uns, mal nécessaire pour les autres. Elle imprègne la conscience collective à travers les figures du hors-la-loi, du gangster ou du mercenaire. Elle s’institutionnalise au sein de lobbies qui font de l’illégalité la norme. Et elle essaime au-delà de ses frontières, où l’American way of crime s’exporte presque aussi bien que l’American way of life. "