Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/08/2015

Un empereur de légendes !...

Les éditions Perrin publient cette semaine un livre de Sylvain Gouguenheim intitulé Frédéric II - Un empereur de légende. Médiéviste et spécialiste de l'Allemagne, Sylvain Gouguenheim a publié une étude sur les Chevaliers teutoniques et est également l'auteur de Aristote au Mont Saint-Michel - Les racines grecques de l'Europe chrétienne (Seuil, 2008), ouvrage qui avait provoqué une violente polémique au moment de sa sortie... Ce livre ne manquera pas d'intéresser ceux qui ont découvert cet extraordinaire empereur ("Le premier Européen selon mon goût" a écrit Nietzsche) au travers du récit que lui a consacré Benoist-Méchin ou de la monumentale biographie d'Ernst Kantorowicz.

Frédéric II de Hohenstauffen : un empereur de légendes

" Frédéric II Staufen (1194-1250), l'empereur qui stupéfia le monde, selon les mots d'un chroniqueur contemporain, exerça son pouvoir dans une époque riche en mutations. Au cours d'un règne tumultueux, il déploya des qualités qui le placent parmi les souverains les plus fascinants de toute l'histoire médiévale occidentale. Héritier des rois normands de Sicile et des souverains germaniques, ce monarque réformateur et d'une volonté de fer apparaît comme l'une des figures majeures du Saint Empire.
Dominant l'Allemagne, l'Italie et le royaume de Jérusalem, son objectif fut partout et toujours le même : exercer et défendre les droits royaux et impériaux, en usant avec souplesse des possibilités offertes par les situations locales. Les réussites, réelles, du règne ne masquent pourtant pas ses difficultés et ses échecs. Frédéric II se heurta à la révolte de son premier fils, Henri. En butte à l'opposition radicale de la papauté, il fut excommunié, puis, déclaré parjure et hérétique, il fut déposé par Innocent IV.
Par ce travail basé sur des archives aussi bien allemandes qu'italiennes et françaises, et en délaissant le mythe comme la psychologie supposée du personnage, mais en s'attachant à étudier le règne, sans a priori ni anachronisme, Sylvain Gouguenheim dresse le portrait renouvelé d'une figure médiévale d'exception. "

20/10/2014

Réflexions sur les "Rebelles"...

Nos reproduisons ci-dessous un point de vue de l'historien et africaniste Bernard Lugan, cueilli sur son blog et consacré au rebelles...

 

Freikorps.jpg

Réflexions sur les "Rebelles"

A propos du Salon du livre d'Histoire de Blois

Le Salon du livre d'Histoire qui se tiendra à Blois du 10 au 12 octobre aura pour thème les Rebelles. Je n'aurai pas la cruauté de donner ici les noms de certains invités que les organisateurs considèrent comme dignes de figurer parmi cette estimable mais très restreinte phalange...

Puisque, dans l'affadissement général et la dévirilisation ambiante, l'image des Rebelles fait fantasmer, je vais évoquer ici Dominique Venner qui fut, lui, un vrai rebelle et dont le dernier livre[1] publié après sa mort porte en sous-titre: "Le Bréviaire des insoumis".
 
Engagé volontaire en Algérie, militant de choc et de raison, Dominique Venner comprit dès la décennie 1960 que l’excès d’intellectualisme est à la fois source d'inaction et de divisions artificielles, que les controverses du présent divisent et que les solutions proposées par la vieille droite ne permettent pas de faire face aux dangers mortels qui menacent nos peuples européens.
Pour lui, il était donc nécessaire d’ancrer nos réflexions sur la roche mère, à travers un bond traversant les siècles afin de renouer avec notre commune matrice européenne. D’où son constant  recours à Homère.
Cependant, cette démarche n’était pas chez lui synonyme de repli dans une tour d’ivoire, dans un douillet cabinet coupé des fracas du monde. Tout au contraire et il l’a bien expliqué :
 
« Je crois aux bienfaits  d’une pensée radicale. En dépit de tous ses travers, elle favorise le dynamisme de la pensée. Je crois également aux bienfaits formateurs de tout militantisme  radical (…) sans  cette expérience excitante et cruelle, jamais je ne serais devenu l’historien méditatif que je suis devenu ».
 
Dominique Venner devenu un historien méditatif ne cessa jamais d’être un rebelle engagé. Dans le Cœur rebelle il écrit à ce propos :
 
« Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ? Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l’être ! Exister, c’est combattre ce qui me nie. Etre rebelle, ce n’est pas collectionner les livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoiqu’il en coûte. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut convertir à sa norme, sans s’arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité d’un combat perdu »
 
Nous voilà loin des prétendus "rebelles" de Blois...
 
A travers ces lignes, l’on retrouve un autre livre majeur de Dominique Venner, Baltikum, ouvrage qu’il publia en 1974, soit moins de dix ans après  son retrait de la vie militante. La dédicace qu’il me fit alors est particulièrement éclairante :« Pour Bernard Lugan, aux porteurs maudits de forces créatrices ».
 
Que voulait dire Dominique Venner avec cet envoi? A travers l’épopée des corps-francs de la Baltique, c’était un puissant message qu’il adressait à ses lecteurs, montrant que, quand tout se délite, comme aujourd’hui, rien n’est perdu tant que subsiste l'esprit rebelle, ce « germe d’ordre au sein du chaos ».
Avant lui, Jacques Benoît-Méchin avait bien exprimé cette idée  dans le tome I de son Histoire de l’armée allemande :
 
« Lorsque l’armée impériale s’était volatilisée dans cette fournaise chauffée à blanc qu’était l’Allemagne révolutionnaire, les corps francs s’étaient constitués spontanément autour de quelques chefs résolus. Ils avaient pris eux-mêmes l’initiative de l’action, décidés à périr plutôt que de subir ».
 
Dominique Venner est allé plus loin que Benoist-Méchin car il a montré qu’existaient deux catégories d’hommes parmi ceux qui, rentrant du front, se virent confrontés au bolchevisme et à l’anarchie.
Tous partageaient les mêmes idées, tous sortaient du même moule, tous avaient survécu aux mêmes épreuves et aux"Orages d'acier", mais seule une minorité s’engagea dans l’aventure des corps francs.
 
Ce qui les distinguait, ce n’était pas une idéologie, mais une différence de tempérament. Les premiers étaient des conservateurs mus par cet esprit « bourgeois » qui n’est jamais moteur de l’histoire. Au mieux peuvent-ils être occasionnellement des suivistes à la fiabilité volage.
Les seconds étaient les Réprouvés, les modernes condottieri, les Rebelles en un mot; il ne leur manqua d'ailleurs que l’ « imprévu de l’histoire » pour sortir vainqueurs de la tourmente.
 
En écrivant leur épopée, Dominique Venner a montré que la vraie rébellion est créatrice, jamais nihiliste, encore moins contemplative ou narcissique et que, grâce aux Rebelles, il existera toujours un recours ultime.
Quand l’autorité s’est délitée, quand les repères sont perdus, quand le plus grand nombre désespère, quand  certains se laissent aller à des sentiments morbides en voyant dans la défaite une pénitence divine, alors, se lèvent de petits groupes sachant ce qu’ils sont, d’où ils viennent, où ils vont et ce qu’ils veulent. Rassemblés derrière un chef figure de proue alliant éthique et esthétique, ils sont les Rebelles.
 
Rebelle et insoumis, Dominique Venner nous a transmis les principes fondamentaux de la triade homérique :
 
La nature comme socle
L’excellence comme but
La beauté comme horizon
 
Voilà ce qu’est l’esprit rebelle! L'on conviendra sans mal qu'il n'a qu'une très lointaine parenté avec l' ersatz de  Blois.
 
Bernard Lugan (Blog de Bernard Lugan, 9 octobre 2014)
 
 
Note :
[1] Un samouraï d'Occident: le bréviaire des insoumis.
 

 


02/08/2014

Dominique Venner - Une pensée, une œuvre, un destin... (5)

Vous pouvez découvrir ci-dessous le deuxième volet d'un long entretien avec Dominique Venner, réalisé par Philippe Conrad, Philippe Milliau et Jean-Yves Le Gallou entre le 27 et le 28 février 2013.

Dans cette partie, Dominique Venner évoque avec Philippe Conrad sa passion pour les armes, sa rupture avec la politique politicienne, sa volonté de ne pas interférer avec la création de la Nouvelle droite, mais aussi la création de la collection Corps d'élite, sa dette à l'égard de Benoist-Méchin, etc...

 

19/04/2013

Causeries du dimanche...

Les éditions Auda Isarn viennent de publier Causeries du dimanche, un recueil d'articles de Philippe d'Hugues parus autrefois dans l'hebdomadaire La Nation française de Pierre Boutang. Ecrivain et historien du cinéma, Philippe d'Hugues est notamment l'auteur de L'envahisseur américain (Favre, 1999), Les écrans de la guerre (De Fallois, 2005) ou Chronique buissonnière des années 50 (De Fallois, 2008).

 

causeries.jpg

 

" Qu'y a-t-il de commun entre Fantomas et Sainte-Beuve ? Entre Benjamin Constant et Benoist-Méchin ? Entre Mauriac et Morand ? Entre Nabokov et Rebatet ? Entre Bardèche et Truffaut ? Entre Emile Faguet et Roland Barthes ? Entre Audiberti et Von Salomon ? Entre Brasillach et Jünger ? Eh bien, il y a ceci de commun, qu'à un moment ou à un autre, ils ont retenu l'attention de Philippe d'Hugues qui les a étudiés tantôt « à la cavalière », tantôt plus en profondeur, selon l'humeur et les circonstances.

Ces études, rassemblées dans le présent volume, constituent un kaléidoscope bigarré, un panorama hétéroclite de la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle, telle qu'on pouvait l'observer à partir d'un observatoire privilégié et de quelques autres, épisodiques mais bien situés. Avec le recul, il a semblé que les observations ainsi recueillies conservaient leur intérêt, voire une certaine actualité imprévue au départ. Le mérite en revient surtout à une époque qui recelait à son insu bien des richesses. Ces années mortes peuvent encore nous sembler bien vivantes. C'est la leçon que fournit ce livre où se dessine en filigrane une conception de la vie voire une certaine philosophie de l'histoire. On y trouvera beaucoup à glaner. C'est comme un film qu'on peut projeter en boucle, avec arrêt sur image pour n'en rien laisser passer. "

20/06/2012

Le rêve le plus long de l'histoire (2)...

« Chacun de ces Voyants veut renouer l'impossible et superbe conversation entre l'Orient et l'Occident. Tous échouent. Le rêve se fracasse dans le feu et le sang mais après tout, l'Histoire n'a que faire des succès... »

Sylvain TESSON

Les éditions Omnibus viennent de publier le deuxième tome de la fresque de Jacques Benoist-Méchin, intitulée Le rêve le plus long de l'histoire. Dans ce volume, ce sont Bonaparte, Lawrence d'Arabie et Lyautey que l'on va voir aller à la rencontre de l'Orient...

 

Benoist-Méchin.jpg

"« Il faut aller en Orient, disait Bonaparte, toutes les gloires viennent de là. » Résolument, le futur empereur accrochait ainsi ses rêves à ceux de ses prédécesseurs, Alexandre, César, Cléopâtre, Julien, Frédéric... D'autres prendront sa suite : Lyautey, qu'on surnommait l'Africain, et Lawrence qu'on disait d'Arabie. Leur rêve d'Orient, à tous, est une illusion, mais il n'en est que plus beau."

14/05/2012

A l'usage des réactionnaires authentiques...

"La pensée réactionnaire fait irruption dans l'histoire comme le cri d'alarme de la liberté concrète, comme un spasme d'angoisse devant le despotisme illimité auquel atteint celui qui s'enivre de liberté abstraite". Nicolás Gómez Dávila

Les éditions Müller ont publié récemment un recueil intitulé Citations à l'usage du réactionnaire authentique, réalisé par Renaud Dozul. De Abellio à Volkoff en passant par Cioran, Jünger, Millet et bien d'autres...

Réactionnaire authentique.jpg

Nul ne sait ce qu'est la guerre, s'il n'y a son fils.
JOSEPH DE MAISTRE

Les événements s'usent. J'attends le temps où l'époque présente apparaîtra ridicule.
HENRY DE MONTHERLANT

L'homme n'a pas besoin de voyager pour s'agrandir ; il porte avec lui l'immensité.
ABEL BONNARD

Les bibliothèques, ces cimetières de l'esprit humain, où dorment tant de morts qu'on n'évoquera plus.
LOUIS DE BONALD

Les statistiques sont inventées pour les êtres bornés.
Que signifie par exemple la question :
«Quelle est votre couleur préférée ?»
pour celui qui se sent bien dans le brouillard, ou que la palette, l'opale, l'arc-en-ciel, un soleil couchant à Manille enchantent ?
ERNST JÜNGER

Les êtres heureux sont graves.
JULES BARBEY D'AUREVILLY

La foi consiste à ne jamais renier dans les ténèbres ce qu'on a entrevu dans la lumière. GUSTAVE THIBON

La civilisation de jouissance se condamne elle-même à mort lorsqu'elle se désintéresse de l'avenir.
RAYMOND ARON

Ce que les autres font, nous avons toujours l'impression que nous pourrions le faire mieux. Nous n'avons malheureusement pas le même sentiment à l'égard de ce que nous faisons nous-mêmes.
EMIL MICHEL CIORAN

Pour juger notre époque, il suffit de se rappeler que ses moralistes sont les sociologues.
NICOLÁS GÓMEZ DÁVILA

La nature humaine, si elle évolue, ce n'est guère plus vite que le profil géologique de la terre.
ALEXANDRE SOLJÉNITSYNE