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Métapo infos - Page 1219

  • Tour d'horizon... (85)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de Comes Communication, Eric Denécé, dans un entretien donné à Bruno Racouchot, revient sur le rôle des services de renseignement dans un monde où les décideurs sont dépouillés de toute vision stratégique et soumis au règne de l'immédiateté...

    Renseignement et influence, information et action

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    - un retour sur la question du peuplement indo-européen en Chine avec un article récent sur Chine informations et un article plus ancien de Giovanni Monastra sur des découvertes archéologique des années 80 sur le site de la revue Vouloir...

    Les Chinois blonds et leurs origines

    Les Indo-européens dans la Chine antique

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    - sur Metamag, Jean Ansar fait une belle présentation du dernier film de Jean-Jacques Annaud, Le dernier loup...

    Le dernier loup : le grand retour de l'éthologie

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  • Feu sur la désinformation... (36)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

    Au sommaire :

    • 1 : Bobard à Roubaix, avec Pierre-Alexandre Bouclay.

    • 2 : Le zapping d’I-Média.

    • 3 : Hollande, programmateur de France TV.
    • 4 :  Tweets d’I-Média.
    • 5 :  Pascale Clark, l’ex journaliste.
    • 6 :  Retour sur la cérémonie des Bobards d'or.

     

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  • Osons dire la vérité à l'Afrique !...

    Les éditions du Rocher viennent de publier un essai de Bernard Lugan intitulé Osons dire la vérité à l'Afrique. Africaniste et historien, Bernard Lugan est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment d'une monumentale Histoire de l'Afrique, des origines jusqu'à nos jours (Ellipses, 2009), d'une Histoire de l'Afrique du sud (Ellipses, 2010), et aussi d'une histoire de La guerre des Boers (Perrin, 1998). Il a également publié un essai intitulé Afrique, bilan de la décolonisation (Perrin, 1996).

     

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    " Accrochés à des pourcentages de PIB désincarnés ou artificiels, « experts » et médias mentent à l'Afrique quand ils lui font croire qu'elle a « démarré » et qu'une « classe moyenne » y est née. En effet, non seulement le continent ne se développe pas, mais, au sud du Sahara, il est même revenu à une économie de « comptoir ».
    Au XVIIIe siècle ces derniers étaient esclavagistes ; en 2015, ils sont pétroliers, gaziers ou miniers. Comme ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui n'enrichissent qu'une infime minorité d'acteurs-profiteurs cependant que la masse de la population subit en tentant de survivre.
    Allons-nous donc continuer de mentir à l'Afrique quand, confrontées à la misère et pour échapper au désastre dont elles sont les premières victimes, ses jeunes générations risquent leur vie dans de mortelles traversées vers le supposé « paradis » européen ? Afin d'attaquer les vraies causes du mal, les acteurs africains et européens doivent commencer par cesser de s'abriter derrière ces postures dogmatiques et ces mensonges qui, depuis des décennies, engluent le continent dans les échecs. "

     

     

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  • Quand les médias paniquent...

    Nous reproduisons ci-dessous une excellente analyse de l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique consacrée à la panique qui semble s'être emparée des médias depuis qu'ils anticipent une très forte progression du Front national aux élections départementales de la fin mars...

     

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    Élections départementales : quand les médias paniquent

    « Plus une organisation est grande et autoritaire, plus les chances sont grandes que ses hauts dirigeants évoluent dans des mondes purement imaginaires », remarquait l’économiste américain Kenneth E. Boulding (1910-1993). Cette règle se vérifie en ce qui concerne l’État et c’est un lieu commun que de constater combien le pouvoir éloigne de la réalité ceux qui l’exercent. La nouveauté, c’est que cet enfermement dans un monde imaginaire s’applique désormais à la plupart des grands médias dont la grille de lecture n’arrive plus à rendre compte de l’évolution du pays. Le résultat, c’est l’incompréhension et la panique, mais aussi la surenchère dans la violence, laquelle nait, comme on le sait, de l’impuissance des mots à nommer la réalité.

    Vers un nouveau bouleversement politique ?

    Depuis décembre dernier, une batterie de sondages donne régulièrement le Front national gagnant des élections à venir, dans des proportions que ce parti n’a jamais connues. Le dernier en date, effectué par Odoxa pour RTL le 9 mars place le parti de Marine Le Pen à 31% des votes au premier tour, devant l’UMP/UDI (29%) et le PS (20%). Après la victoire des élections européennes, le franchissement de la barre des 30% au premier tour par le Front national serait un nouveau bouleversement politique susceptible de remettre en cause le bipartisme de fait sur lequel repose la vie politique française depuis plusieurs décennies. Les états-majors des deux grands partis menacés ont donc élaboré des stratégies pour tenter de limiter la casse : affirmation d’une alliance électorale objective du PS et du FN pour l’UMP. Dramatisation à outrance sur le mode de « la République en danger » pour le gouvernement socialiste. Manuel Valls a ainsi sorti l’artillerie lourde en affirmant craindre que la France ne vienne se « fracasser » contre le Front national, en revendiquant la « stigmatisation » de Marine Le Pen et en appelant « les élites intellectuelles et culturelles » à s’engager plus avant dans ce qu’il considère désormais comme un combat de civilisation et non plus seulement un combat politique. Le lyrisme du Premier Ministre a ceci de paradoxal que s’il a pour but de sidérer l’électorat de gauche pour le conduire aux urnes, il risque dans le même temps d’encourager davantage encore au vote FN tant il est vrai que c’est précisément contre ces élites intellectuelles et culturelles qu’une partie grandissante des Français se révolte, notamment par le biais du vote pour un parti encore largement perçu comme « anti-élites ».

    Comment lutter contre le Front national ?

    Les médias dominants prennent évidemment leur part dans cette tentative désespérée de contenir ce qu’ils perçoivent dans leur immense majorité comme une « menace » à laquelle leur conscience citoyenne leur intime l’ordre de lutter de toutes leurs forces, en contradiction parfois avec leur statut de journalistes censé leur conférer sinon l’objectivité, du moins une certaine neutralité. Mais comment lutter contre le Front National ? Depuis de nombreuses années, cette question hante les rédactions mais aucun consensus ne s’est jamais dégagé. Pour certains journalistes, il faut inviter les dirigeants du parti sur les plateaux pour démonter leurs arguments ; pour d’autres il faut au contraire ne pas les inviter pour ne pas leur offrir de tribune. Certains estiment qu’il faut continuer à « diaboliser » Marine Le Pen quand d’autres affirment à l’inverse qu’il faut la traiter comme les autres hommes et femmes politiques pour lui ôter cette odeur de soufre qui attirerait précisément les mécontents. Aucun pour dire qu’il faudrait peut-être simplement se limiter à informer sur Marine Le Pen et le Front national de la même façon qu’il faut informer sur les autres dirigeants et partis politiques. C’est donc un joyeux bouillonnement intellectuel et stratégique, dont la réflexion proprement journalistique est souvent très éloignée, qui occupe les rédactions autour de cette question, avec cette petite précision utile : aucune de ces stratégies n’a jamais fonctionné. Le FN grimpe inexorablement.

    Impuissance des journalistes

    On pourrait attendre des élites intellectuelles et culturelles, dont les journalistes font partie, qu’elles se posent enfin la question du pourquoi et non seulement celle du comment. Pourquoi leurs stratégies ne marchent pas ? Pourquoi le FN grimpe inexorablement ? Pourquoi son programme séduit-il de plus en plus de Français ? Certains intellectuels le font : Michel Onfray, Christophe Guilluy ou Jean-Claude Michéa, pour ne citer que ceux d’entre les plus connus qui sont marqués à gauche, et il est intéressant de remarquer au passage qu’aucun d’entre eux n’est rattaché à une institution.

    Une hypothèse serait d’avancer que les institutions, y compris les grands groupes de presse, ont tellement partie liée avec l’ordre économique et social actuel qu’ils sont incapables non seulement de le remettre en cause mais de voir combien cet ordre, s’il profite à une minorité, nuit de plus en plus à la majorité qui le rejette ainsi logiquement de plus en plus violemment. Le travail d’analyse qui consisterait à mettre à jour ce que cet ordre a de punitif et d’injuste est ici rendu compliqué, voire impossible, par l’intérêt personnel que tirent la plupart des journalistes de cet ordre. Le remettre en cause consisterait pour certains journalistes à scier la branche sur laquelle ils sont assis et il ne leur reste alors plus qu’à se convaincre, à défaut de convaincre leurs lecteurs, que les électeurs du FN sont au mieux manipulés par « des semeurs de haine » (que l’on est donc moralement autorisé à « stigmatiser »), au pire des salauds. De la concurrence sauvage à laquelle sont soumises les petites PME provinciales depuis la fin des frontières à l’immigration incontrôlée qui déstabilise les modes de vie en passant par les bandes d’Albanais et autres balkaniques qui mettent une partie du pays en coupe réglée au point de donner naissance à des milices privées, on ne dira pas un mot si ce n’est pour se moquer des « fantasmes » d’une population tentée par le « repli sur soi », comme Le Petit Journal s’en est fait une spécialité.

    Un aveuglement touchant

    Les stratégies politiques des médias pour endiguer le Front National ont toutes échoué ? Appliquons-les quand même. Telle est aujourd’hui la tragique impuissance des médias dominants qui à mesure que l’échéance électorale approche ressortent leurs lance-pierres et leurs sarbacanes face aux panzers de Marine Le Pen qui sont eux portés par une situation objective, c’est-à-dire par une forme de fatalité tant que cet ordre demeurera ce qu’il est. Le journalisme n’est souvent pas très loin de la communication et peut-être ceci explique-t-il cette foi naïve dans les slogans et dans la tentative de culpabilisation morale face à des gens réels vivant des situations réelles et désireux de changer cette réalité dont ils sont les victimes.

    Face à l’ouvrier licencié d’une entreprise de construction, qui pour survivre à la compétition est obligée d’avoir recours à une main d’œuvre intérimaire polonaise, les médias affirment que le parti pour lequel il s’apprête à voter n’est pas républicain. Face au paysan à qui des gangs de Roumains volent essence, tracteurs, vaches et chevaux, on brandit les années 1930. Face à la mère de famille dont le cours de piscine de sa fille est annulé à l’école publique parce que les élèves musulmanes refusent de montrer leur corps, les journalistes parlent du danger fasciste. L’aveuglement en est presque touchant.

    Bêtise ou malhonnêteté ?

    Les armes sont donc toujours les mêmes et chaque campagne a désormais son lot de « traqueurs de dérapages » ou de traqueurs de « candidats fantômes ». LCI a ainsi découvert « une septuagénaire aveugle du Puy-de-Dôme qui a eu la surprise de découvrir qu’elle était candidate aux élections départementales sur une liste FN ». Bigre. Certains médias locaux ou nationaux ont également beaucoup insisté sur les « dérapages » de candidats, la plupart du temps des dessins postés sur leur compte twitter (« le niqab jetable », « le grand remplacement », etc.) ou des formules provocatrices sur « l’islam, peste bubonique », « l’islamophobie est un droit. Combattre l’islam un devoir », etc. En tout une quinzaine de « dérapages », la plupart des blagues de café du commerce, qu’ont mis à jour les limiers du journalisme sur 7648 candidats se présentant aux élections. On prend très peu de risque en affirmant que le même travail systématique exécuté dans n’importe quel autre parti aurait probablement donné un résultat à peu près similaire. Oui, il y a une France moins fine qu’à Saint-Germain-des-Prés qui fait des blagues de mauvais goût « sur les Arabes et les pédés ». Bonjour le scoop.

    Le but de ces compilations de dérapages est évidemment de montrer que « le Front National n’a pas changé », ce qui est un élément important de la doxa anti-FN. Pour des journalistes généralement à l’avant-garde dans la dénonciation de « l’essentialisme », il est amusant de constater que tout et tout le monde peut échapper à tous les déterminismes, sauf le Front national, enfermé à jamais dans une identité mythique fossilisée dans le racisme et l’antisémitisme. Et cela en dépit des études des politologues ou des sociologues montrant que depuis l’accession à la tête du parti de la fille de Jean-Marie Le Pen, le parti a bel et bien effectué sa révolution copernicienne sur le fond comme sur la forme. Répéter que le FN d’aujourd’hui est le même que le FN des années 1990 relève ainsi, au choix, de la bêtise ou de la malhonnêteté.

    Et revoici le cordon sanitaire…

    C’est pourtant la position de Jean Quatremer, brillant journaliste spécialisé dans les questions européennes pour qui le Front National est un parti fasciste de toute éternité. Invité le 6 mars dernier dans l’émission « 28 minutes » sur Arte sur le thème « La victoire annoncée du FN est-elle inéluctable ? », c’est en tout ce qu’il a affirmé héroïquement. Selon lui, la montée du Front National n’a rien à voir avec des revendications légitimes d’électeurs défendant leurs intérêts (comme lui défend les siens) mais tout à voir avec la maladresse des autres partis et surtout la complicité des médias. Quatremer s’insurge ainsi de voir les dirigeants du Front National invités sur les plateaux télé et les journalistes « poser des tas de questions à Marine Le Pen ». Pour que l’on comprenne bien le fond de sa pensée, il donne « l’exemple de la Belgique où pendant 25 ans, il y a eu un cordon sanitaire autour du Vlaams Belang ».

    En clair, ce que souhaite Quatremer, c’est que les journalistes ne parlent plus du premier parti de France, qu’ils passent sous silence toute information à son sujet de manière à le plonger dans la nuit médiatique. Curieuse conception et du journalisme et de la démocratie. « À Libération par exemple, nous n’allons jamais interviewer de responsables du Front National parce qu’on considère que ce sont des menteurs », ajoute ce journaliste qui prend décidément son métier bien à la légère. Il faut être du bon côté de la barrière pour pouvoir affirmer de telles énormités sur un plateau télé sans soulever chez ses confrères certaines questions déontologiques de base. Le dernier paradoxe de cette séquence, c’est qu’en agissant à visage découvert en militants et non plus en professionnels de l’information, les journalistes se coupent de plus en plus de leur public qui leur accorde de moins en moins de crédit. Tels des hamsters dans leur cage, ils tournent dans leur petit monde imaginaire, rêvant de cordon sanitaire et de censure tandis que plus personne ne les écoute et que le Front National gagne élection sur élection. Une vraie tragédie antique.

    Observatoire des journalistes et de l'information médiatique (OJIM, 11 mars 2015)

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  • Le retour du sauvage ?...

    Les éditions Buchet-Chastel publient cette semaine Le retour du sauvage, un essai de Pierre Athanaze. Forestier de métier, ancien administrateur de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, Pierre Athanaze a créé l'Association pour la protection des animaux sauvages.

     

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    " Le loup et le lynx, l’élan, le tarpan et le bison, l’esturgeon et le saumon Nombreuses sont les espèces qui, après avoir disparu de nos territoires, font aujourd’hui leur retour.

    Ces réapparitions sont parfois naturelles, comme celles du loup et du phoque, ou résultent de programmes volontaires et organisés comme pour le vautour, l'ours ou l'esturgeon.

    Spontanés ou suscités, ces retours provoquent presque toujours des levées de boucliers : non seulement le sauvage fait peur et réveille de multiples fantasmes, mais il remet en cause certaines pratiques traditionnelles, notamment dans les domaines agricole et pastoral. Cette difficile cohabitation est pourtant nécessaire et la réapparition d’espèces sauvages ne peut pas s’envisager sans la restauration d’espaces sauvages.

    Au final, le retour d’une faune sauvage et diversifiée représente un espoir pour résoudre certains problèmes actuels : érosion de la biodiversité, dérèglement climatique, crise économique. "

     

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  • Information, désinformation, manipulation: cessons de fabriquer un ennemi russe...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Philippe Migault, directeur de recherche à l'Institut de Relations Internationales et stratégiques, cueilli sur le site de l'agence de presse Sputnik et consacré à la désinformation systématique dont fait l'objet la Russie dans les médias français...

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    Information, désinformation, manipulation: cessons de fabriquer un ennemi russe

    La dépouille de M. Nemtsov n'avait sans doute pas encore fait l'objet de l'autopsie de rigueur que déjà la twittosphère française vibrait de messages d'indignation avec, en ligne de mire, Vladimir Poutine. "Coupable, forcément coupable, Vladimir P. " pourrions-nous dire pour paraphraser Marguerite Duras. Celle-ci, rappelons-le, couvrait une autre affaire sordide d'assassinat il y a trente ans pour le quotidien Libération. Elle avait attribué la culpabilité d'un crime à la mère d'un enfant-martyre, sans la moindre preuve, la moindre enquête. Le procédé foulait aux pieds toutes les règles de la profession journalistique mais qu'importe: l'émotion primant sur la réflexion, Libération avait publié cette infamie sans plus de précautions. L'art officiel, n'est-ce pas, peut l'emporter sur les faits.

    Nous ne savons pas encore qui a tué Boris Nemtsov. Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais ce qui est certain c'est que nous savons qu'il existe un double standard dès qu'il s'agit de parler de Vladimir Poutine, dès qu'il s'agit de parler de la Russie. Pour le chef de l'Etat russe, pour son peuple qui, les sondages en attestent, le soutient massivement, pas de présomption d'innocence. Ex-agent du KGB, Vladimir Poutine est nécessairement un nostalgique de l'Union Soviétique qui, via une propagande magistralement orchestrée par des médias sous contrôle total du Kremlin, a hypnotisé son opinion publique et l'entraîne dans une dangereuse spirale ultranationaliste et impérialiste. Cette dérive, bien évidemment présentée comme fascisante par les médias occidentaux, est susceptible de selon eux de mener le Président russe à conquérir l'Ukraine et, qui sait, demain les pays Baltes, ou la Pologne.

    Il suffit d'ouvrir n'importe quel journal, d'écouter quelques heures la radio pour que, sans cesse, le même mythe d'un retour de la guerre froide revienne avec, en arrière-plan, le spectre menaçant d'une armée rouge ressuscitée. Français stockez des pâtes. Comme en mai 1981, les chars russes se préparent à défiler place de la Concorde. Tout cela serait comique si, en définitive, un vrai climat de haine et de paranoïa ne s'installait pas peu à peu en France, tout individu ne hurlant pas avec les loups contre le péril russe étant qualifié d'agent d'influence à la solde de Moscou. Il n'est plus possible aujourd'hui de parler, d'échanger, de raisonner, d'argumenter dès qu'il s'agit de la Russie, de Vladimir Poutine. Vous êtes contre et vous êtes dans le camp du bien. Ou bien vous n'êtes pas sur la ligne dominante et vous participez de l'axe du mal ou, au mieux, êtes suspect de trahison envers la nation. Ne parlons même pas de ceux qui écrivent dans les colonnes d'un média gouvernemental russe…

    Le pire est que l'on retrouve ce manichéisme dans certains des cercles de réflexion supposés les mieux informés. Loin des caméras et des micros, alors que la discussion pourrait être sereine entre individus aux opinions divergentes, mais censés se caractériser par leur sang-froid, leurs capacités d'analyse, les craintes les plus folles s'expriment vis-à-vis de la Russie. La Russie c'est l'ennemi. Et gare à celui qui ose apporter la contradiction. "Il suffit d'observer les programmes militaires que les Russes développent prioritairement pour se rendre compte qu'il s'agit essentiellement de programmes défensifs", constatait récemment un brillant penseur militaire français, ancien officier supérieur, lors d'une discussion à laquelle l'auteur de ces lignes prenait part. Le silence de plomb qui a suivi ses propos en disait long sur la prudence de ceux qui, partageant cette opinion n'osaient acquiescer, et la réprobation de ceux qui le tenaient pour un individu "politiquement incorrect".

    Nous sommes sortis du raisonnable. Il convient de vite y revenir. Fragile, le cessez-le-feu tient malgré tout pour l'heure, dans le Donbass. Timidement, pas à pas, certains dirigeants européens renouent un dialogue plus apaisé avec la Russie. Il faut poursuivre dans ce sens, dans les mois qui viennent, pour régler le problème ukrainien en concertation, avec toutes les parties concernées en Europe. Les responsables français, allemand, russe et ukrainien ont signé un accord à Minsk  et évoquent "la création d'un espace humain et économique commun, de l'Atlantique au Pacifique". On n'avait pas évoqué une perspective aussi ambitieuse et optimiste depuis l'époque de François Mitterrand, Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev, il y a de cela vingt ans. Vingt ans perdus. Nous devons nous accrocher à cet espoir et cesser en France et en Russie —car les médias russes ont leur part de responsabilité — une guerre médiatique absurde qui ne fait que creuser le fossé entre les nations. "Une information et son démenti, cela fait deux informations", déclarait Pierre Lazareff, le plus célèbre des patrons de presse français, cité encore en exemple dans toutes les rédactions et toutes les écoles de journalisme de l'hexagone. Il faut en finir avec ce cynisme. Car le démenti arrive toujours trop tard et le mal est fait.

    Philippe Migault (Sputnik, 10 mars 2015)



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