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russie - Page 4

  • Macron face à la Russie : halte à la paix !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy, cueilli sur Polémia et consacré au discours agressif du président de la république qui vient entraver l'ouverture de négociations de paix en Ukraine...

    Ancien haut-fonctionnaire, Michel Geoffroy a publié le Dictionnaire de Novlangue (Via Romana, 2015), en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou, ainsi que plusieurs essais, dont La Superclasse mondiale contre les Peuples (Via Romana, 2018), La nouvelle guerre des mondes (Via Romana, 2020), Immigration de masse - L'assimilation impossible (La Nouvelle Librairie, 2021), Le crépuscule des Lumières (Via Romana, 2021), Bienvenue dans le meilleur des mondes (La Nouvelle Librairie, 2023) et, dernièrement Occident go home ! - Plaidoyer pour une Europe libre (Via Romana, 2024).

     

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    Macron face à la Russie : halte à la paix !

    Cela faisait des années que la propagande officielle nous le suggérait. Mais, depuis l’allocution d’Emmanuel Macron du 5 mars 2025, c’est désormais une certitude : la Russie nous menace. Tout est clair pour nous désormais. Notre vie a maintenant un sens : nous opposer à la menace russe, y compris par la force des armes que nous n’avons pas encore. Quelle magnifique perspective pour les jeunes générations !

    L’insupportable port du voile russe

    La Russie nous menace. On le voit tous les jours.

    L’insécurité galopante, les viols et les attaques au couteau dans nos villes ? Les Russes, bien sûr. Le narcotrafic qui s’installe partout en France ? Les mafias russes, évidemment. Les immigrés qui s’installent irrégulièrement chez nous ? Des Slaves encore et toujours.
    Dans nos écoles, les jeunes filles russes veulent imposer le port du voile et les petits Russes s’en prennent violemment aux enseignants.
    Les influenceurs russes que l’on ne parvient pas à expulser déversent leur haine antifrançaise en toute impunité. Pendant que les prêtres orthodoxes font des prêches antisémites, misogynes et homophobes dans leurs églises qui se multiplient dans notre pays.
    Et des milliers de binationaux franco-russes pèsent de plus en plus sur la vie politique française alors que certains quartiers russes deviennent des zones de non-droit où les forces de l’ordre n’osent plus entrer.
    Et où les jeunes Russes multiplient les trafics, les conduites dangereuses et les refus d’obtempérer à bord de leurs autos de luxe, qu’ils conduisent en faisant hurler l’autoradio.

    La Russie fait exprès de nous embêter

    Oui, la Russie nous menace. Elle n’a de cesse de nous provoquer.

    Elle a mis exprès ses frontières à côté de celles des bases de l’OTAN. Elle provoque partout des révolutions de couleur pour renverser les gouvernements qui lui déplaisent. Elle finance des milliers de journalistes européens pour faire sa propagande.
    Elle n’a pas accepté l’épuration ethnique des russophones dans le Donbass, alors que cela ne gênait ni la France ni l’Allemagne, pourtant garantes du respect des accords de Minsk.
    Elle a fait sauter ses propres gazoducs pour nous priver de son gaz bon marché.
    Et son économie refuse méchamment de se ruiner, comme le demandait pourtant gentiment notre ministre des Finances, Bruno Le Maire, dès 2022.
    La Russie nous menace car elle ne prend pas au sérieux nos sanctions à répétition, alors que nous en sommes pourtant au 16e paquet européen. Et elle va nous obliger de surcroît à nous endetter encore plus pour financer l’augmentation de nos dépenses militaires et l’extension de la dissuasion nucléaire à toute l’UE, comme l’a annoncé notre génial président.

    Non à la paix !

    Et voilà maintenant qu’elle voudrait s’entendre avec les États-Unis pour faire la paix en Ukraine, sans nous demander notre avis. Alors, là, la coupe est pleine !

    Car faire la paix, c’est inacceptable quand on est, comme nous, un pays de gauche gouverné par des bourgeois éclairés par les Lumières de la raison, qui depuis 1792 n’ont de cesse de vouloir faire la guerre au monde entier sous prétexte de lutter contre les tyrans. Ou plus exactement d’envoyer les autres, avant tout les « gens de rien », faire la guerre à leur place et sans leur donner les moyens de la gagner.

    La paix priverait en outre notre complexe militaro-industriel de ressources et d’emplois dont nous avons tant besoin. Notre Bourse ne se porte-t-elle jamais si bien que quand la guerre menace ?

    Donc vouloir faire la paix, comme Poutine et Trump, c’est mal. C’est être d’extrême droite comme l’explique si bien Thomas Legrand dans Libération du 5 mars 2025. C’est se comporter en mauvais Français, comme ceux qui « fument des clopes et roulent au diesel », pour reprendre l’expression d’un ancien porte-parole du gouvernement.

    Alors rendons grâce à notre génial président Emmanuel Macron de faire de grands efforts, et surtout de grands discours, pour nous préserver d’une telle perspective honteuse.
    Ayons avec lui la « force d’âme » de refuser la paix en Europe !

    Michel Geoffroy (Polémia, 7 mars 2025)

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  • Macron aux abois : Trump et Poutine accélèrent...

    Pour son émission sur TV Libertés, Chocs  du monde, Edouard Chanot reçoit Laurent Ozon pour évoquer avec lui la nouvelle situation géopolitique avec l'accord russo-américain qui semble se dessiner sur l'Ukraine.

    Essayiste et analyste politique, tenant d'une écologie localiste et identitaire, premier promoteur de l'idée de remigration, Laurent Ozon est l'auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015).

     

                                             

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  • Le retour de la Realpolitik...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Maurizio Bianconi, cueilli sur le site d'Euro-Synergies et consacré aux négociations russo-américaines sur la question de l'Ukraine et à l'exclusion de l'Union européenne.

    Maurizio Bianconi est un avocat et un homme politique italien, député entre 2008 et 2018.

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    Le retour de la Realpolitik. La leçon de Kissinger

    L’administration américaine négocie la paix en Ukraine avec la Fédération de Russie, en excluant toute autre partie prenante. Henry Kissinger est le politicien-diplomate américain le plus célèbre et le plus apprécié de ces dernières décennies. Son action reposait sur le dialogue entre grandes puissances, reléguant au second plan les acteurs secondaires et les « implications régionales », qu'il jugeait négligeables et encombrantes. On a écrit à son sujet : « Sa vision de la realpolitik le conduisait à considérer les conflits internationaux comme faisant partie d’un jeu de pouvoir entre les principaux acteurs mondiaux, plutôt que comme un ensemble de problèmes uniques à traiter individuellement ». Il est hors de propos de s’étonner de la résurgence de la politique de Kissinger, au lieu de simplement l’admettre.

    Il déclara un jour : « Être ennemi des Américains peut être dangereux, être leur ami est assurément mortel ». Une prophétie dont Zelensky vérifie aujourd’hui la justesse.

    Il en va de même pour son adversaire, qui remet au goût du jour le refrain éternel de la Grande Russie et redonne vie à une politique impériale, interrompue avec la fin de l’URSS. La Russie de Poutine entend reconquérir son hégémonie sur la Baltique et l’Europe de l’Est, tout en repoussant l’avancée des Américains via l’OTAN jusqu’à ses frontières géographiques occidentales. Un sentiment largement partagé en Russie, obsédée par sa propre sécurité et animée par une fierté patriotique. L’occidentalisation de l’Ukraine, terre contestée et jadis soumise, est perçue comme une humiliation, qui revêt également des dimensions économiques et des enjeux liés à l’exploitation de ses ressources minières.

    Pour éviter de finir comme l’agneau face au loup de la fable d’Ésope, la meilleure stratégie pour l’Europe occidentale serait de garder ses distances avec les deux puissances et de se rappeler que, dans les affaires géopolitiques, il n’existe ni raison ni tort absolus, ni bons ni mauvais. Il n’y a que des acteurs plus ou moins acceptables aux yeux de l’opinion publique et des normes culturelles, qui ne poursuivent que leurs propres intérêts.

    Soudain, l’Occident prend conscience que la Chine progresse – trop et trop vite, aussi bien aux yeux des États-Unis que de la Russie. Contenir et ralentir son expansion est, malgré leurs différences, un objectif commun aux deux puissances. Le Moyen-Orient reste une priorité pour les États-Unis, tandis que la Russie semble vouloir relâcher son emprise – mais sans pour autant ouvrir la porte à la Chine. Washington referme la plaie ukrainienne, et Moscou lui laisse le champ libre au Moyen-Orient, abandonnant la Syrie d’Assad à son sort. L’Arabie saoudite se joint à la manœuvre pour apaiser la situation, maintenir les marchés ouverts et trouver des alliés pour contenir les influences turques, iraniennes et chinoises – autant de foyers potentiels de nouveaux conflits dans la région. Gaza elle-même devient une plaie à suturer.

    Ce nouvel ordre mondial a pris au dépourvu les principales nations d’Europe occidentale, qui se retrouvent humiliées et confrontées à la preuve de leur propre insignifiance dans un monde structuré en blocs.

    Ce n’est pas tant la faiblesse économique que l’inconsistance politique de l’Union européenne qui a scellé son sort. Les États européens ont démontré qu’ils étaient désorganisés, enfermés dans une cage bureaucratico-financière qu’ils ont eux-mêmes construite, affaiblis par des pratiques autodestructrices et dépourvus de stratégies et de dirigeants de valeur. Chacun agit pour son propre compte, avec 27 gouvernements avançant en ordre dispersé, certains se comportant comme si les autres étaient à leur service.

    Ces élites dirigeantes se sont réveillées un matin, complètement désorientées, cherchant non seulement à se rhabiller, mais surtout à brouiller les caméras en attendant de trouver une direction. Cela a donné lieu à une farce indécente : chacun a tiré la couverture à soi. Macron organise un petit-déjeuner privé réservé à quelques privilégiés. Son idée ? Entrer en guerre au nom de la grandeur française. D’autres fantasment sur la création d’une « armée européenne », idée portée par le ministre italien des Affaires étrangères, aussi utopique que la fable des « deux peuples, deux États ». Le président de la République française établit un parallèle hasardeux entre le Troisième Reich et la Russie, une comparaison discutable mais suffisante pour susciter les réactions escomptées. D’autres encore, pour sortir de l’impasse, imaginent un rôle de médiatrice pour la Première ministre italienne.

    Le grand responsable de cet échec collectif déclare que les 27 doivent parler « d’une seule voix ». Comme si l’on pouvait faire remonter le Pô de l’Adriatique jusqu’au Mont Viso…

    Le meilleur moment revient sans doute à Ursula von der Leyen, qui, imperturbable, annonce un 16ème paquet de sanctions contre la Russie. Chacun essaie de sauver ce qui peut l’être, exposant au grand jour son impuissance. Pendant ce temps, les peuples se recroquevillent et attendent.

    Maurizio Bianconi (Euro-Synergies, 20 février 2025)

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  • Ukraine : l'Union européenne humiliée ?...

    Le 18 février 2025, Liselotte Dutreuil recevait Mériadec Raffray , journaliste à Valeurs actuelles, pour évoquer avec lui les négociations russo-américaines à Riyad sur la question de l'Ukraine.

     

                                           

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  • Ukraine, Trump et Visegrád : Bruxelles contraint à un revirement stratégique ?

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la chronique de David Engels sur Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, datée du 14 février 2025 et consacrée au Groupe de Visegrád. L'échec de ce regroupement centre-européen, que la Commission européenne n'a eu de cesse d'affaiblir ces dernières années, va avoir de lourdes conséquences pour l'Union maintenant qu'une victoire diplomatique russe se profile en Ukraine avec l'accord des Etats-Unis.

    Historien, essayiste, enseignant chercheur à l'Instytut Zachodni à Poznan, à l'Institut Catholique de Vendée ainsi qu'au Mathias Corvinus Collegium de Bruxelles, David Engels est l'auteur de trois essais traduits en français, Le Déclin - La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine (Toucan, 2013), Que faire ? - Vivre avec le déclin de l'Europe (La Nouvelle Librairie, 2024) et, dernièrement, Défendre l'Europe civilisationnelle - Petit traité d'hespérialisme (Salvator, 2024). Il a  également dirigé deux ouvrages collectifs, Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l'Europe (Cerf, 2020) et Aurë entuluva! (Renovamen-Verlag, 2023), en allemand, consacré à l’œuvre de Tolkien.

     

                                            

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  • Le livre de l'eau...

    Les éditions Bartillat viennent de rééditer un récit autobiographique d'Edward Limonov intitulé Le livre de l'eau.

    Figure de la littérature et de la politique russe, fondateur du parti national-bolchévique, Edward Limonov a vu son œuvre être largement traduite en français. On citera, notamment, Le Vieux (Bartillat, 2015), Kiev kaput (La Manufacture des livres, 2017) ainsi que son grand essai polémique Le Grand Hospice occidental (Les Belles Lettres, 1993).

     

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    " Cette autobiographie est considérée par beaucoup comme un des meilleurs livres d'Edward Limonov, à commencer par Emmanuel Carrère. À partir de souvenirs géographiques organisés autour du thème de l'eau, Limonov raconte en détail ses rencontres, ses aventures, ses engagements à travers la Russie, l'Ukraine, l'Europe, l'Amérique. Chaque partie est organisée selon un thème : les mers (Océan Atlantique, Pacifique, Méditerranée, Mer Noire…), les fleuves (Don, Volga, Danube, Tibre, Seine, Hudson…), les lacs, lagunes, étangs, (Gueorguievsk, Transnistrie…), les fontaines (Rome, jardin du Luxembourg), les saunas et bains publics. Le livre s'achève sur une tempête à Moscou. La chronologie est brouillée : Limonov circule librement dans les méandres de ses souvenirs. Il s'y livre comme dans aucune autre œuvre – sans doute parce que ce livre a été écrit en prison au début des années 2000. On comprend mieux le sens de ses engagements et l'orientation qu'il a voulu donner à sa vie en empruntant des chemins héroïques. À sa manière, rebelle et fougueuse, Limonov est un Russe citoyen du monde  qui a connu deux grandes passions : la guerre et les femmes. Ce livre complète le portrait qu'en a fait Emmanuel Carrère, en présentant le regard de l'auteur sur lui-même. Une grande leçon de vie. "

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