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islam - Page 25

  • Réflexions sur la fusillade parisienne et ses suites...

    Nous reproduisons ci-dessous une réflexion de Julien Rochedy, livrée à chaud, à la suite des attentats meurtriers de vendredi à Paris...

     

    Attentat Paris.jpg

    Le récent à prévoir : réflexions sur la fusillade parisienne et ses suites.

    Je réagis à chaud, presque hâtivement, mais je crois qu'il va falloir habituer ses nerfs et son cerveau à réagir de la sorte, car les événements vont désormais s'accélérer. Le temps des longues réflexions et des points de vue distants sont des luxes de temps de paix.

    Je ne reviendrai pas sur le choc émotionnel et moral de ces attentats. D'une parce qu'il est évident, de deux parce qu'il ne sert à rien, et de trois, surtout, parce que je n'ai pas envie de faire plaisir aux sectateurs de l'Islam le plus violent, qui salivent comme des chiens à l'idée qu'ils aient pu nous choquer ou nous traumatiser.

    C'est dur, c'est horrible, ça fait mal : ça s'appelle l'Histoire qui revient.

     

    L'ennemi de l'intérieur

    Hormis quelques (un seul ?) terroristes qui risquent bien d'être l'un de ces doux et gentils réfugiés qui venaient s'échouer en Grèce, la plupart d'entre eux semblent bien être de nationalité française, ou, tout du moins, d'avoir été aidés par des réseaux Français (et Belges).

    Ce constat marque la quasi-inutilité de la fermeture des frontières décidée par François Hollande, mais elle appuie surtout sur la caractère illusoire du principe des nationalités dans l'Europe occidentale actuelle. En particulier, je fais référence à la nationalité française. Celle-ci, ayant été distribuée sans prudence et sans ménagement depuis déjà quarante ans, est absolument démonétisée. Elle ne garantie plus rien. Elle ne signifie plus rien. Des populations différentes, voire antagonistes, peuvent désormais avoir la même nationalité. Dans ce cas de figure, les éléments constitutifs de l'identité devront, demain, être cherchés ailleurs. Ces éléments seuls font naître et garantissent des morphologies politiques. Ou dirai-je : des communautés politiques.

    De ce que je sais et de ce que je vois, si Paris, dans son intelligentsia, ne veut pas prendre la mesure d'un tel bouleversement et tentera de le nier (y compris les partis nationalistes du type Front National), les populations, elles, s'en aperçoivent. C'est déjà trop tard, les populations de nationalité française ne formeront plus jamais une communauté « une et indivisible ». Nous sommes désormais plusieurs et divisés, et nous allons devoir vivre ainsi pendant au moins plusieurs décennies.

     

    La rencontre qui n'aura pas lieu

    Acte 1

    Dans un premier temps, la population va vouloir faire corps avec son État. Par peur, elle va naturellement se tourner vers lui, et lui demander de prendre des mesures puissantes, d'être plus fort, quitte même à ce que ça lui coûte sur le plan de ses libertés, déjà fortement réduites de toutes façons.

    Comportement classique de toute population qui a peur. Élément renforcé, de surcroît, du fait que la population en question soit Française, c'est à dire absolument habituée à devoir tout à l’État, et à attendre tout de lui.

    Acte 2, concomitant

    L’État va prendre des « mesures », mais il ne maîtrise déjà plus rien. Ses forces sont trop faibles pour faire face à des populations hostiles en son propre sein. Car, en terme de terrorisme, nous nous exposons encore à deux choses : d'abord, des actes prévus et planifiés comme celui auquel nous avons été confrontés hier (13.11.15), qui ne vont pas s'arrêter de sitôt tant que le Moyen-Orient sera une poudrière ; ensuite, à des actes isolés de jeunes musulmans (comme ce fut le cas à Grenoble avec la tête coupée au mois de juin) qui fantasment l’État islamique. Ceux là sont très nombreux1.

    Je sais, de sources policière proches (et très haut gradés), que les effectifs sont en sous-nombre et que le renseignement est défaillant. Mais sans même parler de logistique, l’État est désarmé idéologiquement pour faire face : il lui faudrait une énergie, d'autres idées, et, oserai-je, une violence, qu'il n'a pas, qu'il n'a plus.

    Pire encore, en vertu de son logiciel, et comme c'est le cas pour tous les États défaillants et déjà morts dans l'Histoire, toutes les mesures qu'il prendra ne feront qu'aggraver le mal. Un seul exemple, bien qu'il y en aurait des dizaines : bêtement, il va s'en prendre au trafic d'armes. Mais comme il ne maîtrise plus les banlieues depuis longtemps, qu'il a ouvert ses frontières et qu'il est la proie de mille corruptions, tout ce qu'il pourra faire sera d'empêcher les Français (pas au sens de la carte d'identité, n'est-ce pas) de posséder des armes. De fait, il désarmera des gens qui seront pourtant de plus en plus dans la détresse. Pareillement, il continuera de tenter de désarmer les gens idéologiquement (propagande pour le vivre-ensemble, pas d'amalgames, etc.).

    Acte 3

    De fait, la rencontre entre la peur de la population et un État fort qui sera capable de la protéger, n'aura pas lieu. La première, turbide, existe. Le deuxième, et on le verra, n'est déjà plus qu'une fiction.

    Épilogue

    Comme à la fin de l'Empire romain et le haut moyen-âge, les gens vont commencer à se détourner des institutions pour tenter de s'organiser d'eux-mêmes. Le monde nouveau commencera : celui d'un monde en grappes.

    Vous avez la le thème de l'essai que j'écris actuellement, puisqu'on me le demande souvent.

     

    Résultat : encore une fois, prenons acte du monde qui décède sous nos yeux et entrons vite dans le suivant. Tout le reste n'est que dilatoire.

     

    Julien Rochedy (Rochedy.fr, 14 novembre 2015)

     

    Note :

    1 - J'ai moi-même été saisi par le nombre de racailles qui ont une très bonne opinion de leurs « frères » musulmans qui se battent en Orient. Au mois de juillet, j'ai même corrigé (et il a douillé...) un arabe qui, après s'être pris un vent par une jeune fille, la menaçait de lui « couper la tête » comme le font « ses frères ». Ces anecdotes ne manquent pas.   

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  • Comprendre le chaudron libyen...

    Sous couvert de sa revue L'Afrique réelle, Bernard Lugan vient de publier Histoire & géopolitique de la Libye des origines à nos jours. Africaniste réputé et historien, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015).

    Cet ouvrage est uniquement disponible à la commande sur le site de l'auteur : Blog officiel de Bernard Lugan

     

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    " Collés à l'immédiat, journalistes et "experts" décrivent le chaos libyen. Ils ne l'expliquent pas. Ne connaissant ni les couches sédimentaires historiques, ni la marqueterie tribale du pays, ils en seraient d'ailleurs incapables.

    Or, les origines du drame et ses conséquences, tant locales que régionales et migratoires, ne peuvent être analysées et comprises qu'à travers les permanences de cette société profondément originale qu'est la Libye.

    Vieille terre berbère islamisée puis arabisée par la violence, cette dernière se caractérise à la fois par la faiblesse du pouvoir central et par la vitalité de ses forces tribales.

    Au nombre de plusieurs dizaines si nous ne comptons que les principales, mais de plusieurs centaines si nous prenons en compte leurs subdivisions, les tribus libyennes sont groupées en trois grandes alliances régionales : la confédération Sa'adi en Cyrénaïque, la confédération Saff al-Bahar  dans le nord de la Tripolitaine et la confédération Awlad Sulayman qui occupe la Tripolitaine orientale et intérieure ainsi que le Fezzan.

    Au sein de ces alliances, agissant comme de véritables "fendeurs d'horizon", les tribus les plus fortes contrôlaient jadis les couloirs de nomadisation sur l'axe Méditerranée-Tchad. Les trafics d'aujourd'hui (notamment drogue et migrants), se font le long de ces anciennes voies sur lesquelles les jihadistes-contrebandiers  bénéficient de solidarités lignagères séculaires.

    Faute d'avoir pris en compte ces données pourtant essentielles, ceux qui, au nom de l'illusion démocratique, déclenchèrent l'intervention franco-britannique de 2011 contre le colonel Kadhafi sont les responsables directs de l'actuel chaos. Or, par le biais des migrations, celui-ci frappe à nos portes.

    Face à un tel danger, la pacification de la Libye est un impératif vital. Il serait cependant singulièrement inconséquent de vouloir l'obtenir au nom de l'utopie démocratique et sans prendre en compte son archéologie tribale.

    Fondé sur le seul réel, à savoir la terre, les hommes et leur histoire, ce livre donne les véritables clés de compréhension d'une crise qui menace directement l'Europe. Il permet de poser le bon diagnostic et donc de définir les bons remèdes. "

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  • Les migrants sont un cliché...

    Nous reproduisons ci-dessous une chronique saignante de Richard Millet, cueillie sur son site et consacrée à la question des migrants.

    Richard Millet vient de publier Tuer aux éditions Leo Scheer.

     

     

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    Les migrants sont un cliché

                À l’imbécile qui avait jugé bon de m’aborder, hier, dans le RER, afin de m’expliquer que je fais le jeu du « fascisme rampant » en déclarant que puisque je ne lis pas la presse ni ne regarde la télévision, je devrais dès lors m’abstenir de parler de façon « haineuse » de mon époque, et particulièrement des migrants, je n’ai rien répondu, réfrénant mon envie de gifler cette figure tout à fait représentative d’une belle âme de gauche, à tendance masochico-narcissique ou socialo-vertueuse, ce qui est presque la même chose. Ce crétin, qui portait Libération sous le bras comme un appendice sexué, a fait glousser un couple de jeunes homosexuels très branchés dont la conversation me distrayait un peu du morne voyage souterrain, et qui ne comprenaient pas l’ire du « vigilant », lequel appartenait à la génération qui a environ 35 ans : une génération perdue, car persuadée par la Propaganda Staffel que la culture se doit tout entière à l’expiation des fautes de nos pères, à l’antiracisme, au multiculturalisme, à la haine de soi relookée en cool attitude.

               J’aurais pu, si l’aversion qu’il m’inspirait eût été moindre et sa haine plus discrète, répondre à cet epsilon moins (pour reprendre l’utile classification d’Aldous Huxley) que les migrants sont devenus, sous ce label anglophone, le grand lieu commun de l’année, voire de notre époque, comme autrefois les boat people. Le prurit éthico-politique (on me pardonnera ces mots-valises, mais ce sont des cocktails Molotov utiles, en ce temps d’inversion générale) a trouvé là de quoi se gratter ad libitum. J’aurais aussi pu avancer que, nonobstant la répugnance que m’inspirent la tête des journalistes de télévision, je venais de regarder, par hasard, un reportage sur l’accueil de migrants irakiens dans je ne sais quelle petite ville de Seine-et-Marne, où un appartement flambant neuf était mis à leur disposition, le frigo rempli, le four à micro-ondes en état de fonctionnement. Ces braves musulmans avaient l’air bien nourris, vêtus à la dernière mode, tenant le minimaliste discours de remerciement à ceux qui les accueillaient sous l’œil vigilant de la Propagande et des humanistes athées, la femme m’intrigant néanmoins par le piercing qu’elle arborait à l’arcade sourcilière – ce qui m’a fait me demander s’il ne s’agissait pas d’intermittents du spectacle loués pour l’occasion. Car une musulmane enfoulardée avec un piercing, ça n’est pas très hallal, surtout en Irak. Même son de cloche, dans un récent numéro de la Pravda, avec des réfugiés syriens, cette fois, accueillis en grande pompe à Saint-Etienne, ville où un ami libanais me disait récemment avoir compris le drame de la France à travers le nombre de Maghrébins agressifs qu’il y avait croisés, et qui, cette ville, ne demandait pas mieux que d’accueillir encore plus de musulmans. Car le problème que posent ces migrants, c’est qu’ils sont, pour la plupart, des musulmans qui viendront s’ajouter au nombre déjà excessif de mahométans dans une Europe où ces derniers sont déjà trop nombreux pour s’assimiler, créant ainsi l’autre front de la guerre de cent ans qui s’est ouverte, il y a quarante ans, au Liban, et qui fait plus que jamais rage au Proche-Orient et en Afrique. 

                Le Spectacle, c’est une supercherie qui trouve dans la sensiblerie un argument politique ; c’est aussi une ruse du capitalisme mondialisé qui, au nom de l’universel « humain », refuse de voir la destruction de l’universalisme catholique en ses particularismes nationaux. Le migrant est irréfutable, comme l’éléphant de Vialatte. C’est qu’il est un lieu commun, un cliché spectaculaire : une épiphanie du déni. Il est le stade suprême et trendy de la mauvaise conscience post-européenne. Le migrant-migrant (car, une fois immigré, il n’intéresse plus personne, demeurât-il dans la misère de l’exil) n’est en réalité qu’un envahisseur d’écran, autant dire un emmigreur, me disait un ami qui fait profession d’être l’ennemi du genre humain et qui ne comprend pas pourquoi on n’ouvre pas, par exemple, le dernier vendredi du mois, le tunnel sous la Manche afin de laisser ce grand collecteur aspirer les migrants-migrants en direction du paradis britannique, où ils sont attendus avec impatience.

                J’ai souvent dit qu’il faut vivre, en France, sur le mode de l’apartheid volontaire pour ne ressembler ni à un epsilon moins ni à un migrant-migré ; je crains néanmoins que cette position soit devenue intenable et que la seule solution soit de migrer à mon tour, oui, de devenir un migrateur et me réfugier hors du grand cliché : en France, c’est-à-dire dans le territoire qui commence après les banlieues des grandes villes.

    Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 13 octobre 2015)

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  • Faut-il quitter Marseille ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une excellente présentation par Jean-Paul Brighelli du livre de José d'Arrigo intitulé Faut-il quitter Marseille ? - Insécurité, corruption, immigration (Le Toucan, 2015), cueillie sur le site Bonnet d'âne.

    Marseille immigration.jpg

    Faut-il quitter Marseille ?

    Poncif : les Marseillais ont avec leur ville une relation passionnelle. Amour et haine. Ils se savent différents. Issus — et ce n’est pas une formule — de la « diversité » : Provençaux, Catalans (un quartier porte leur nom), Corses (près de 130 000), Italiens divers et d’été, Arméniens réfugiés ici dans les années 1920, Pieds-Noirs de toutes origines, en particulier des Juifs Séfarades, Arabes de tout le Maghreb, et depuis quelques années Comoriens (plus de 100 000) et Asiatiques — les Chinois occupent lentement le quartier de Belsunce comme ils ont, à Paris, occupé Belleville, au détriment des Maghrébins qui y prospéraient.
    Bien. Vision idyllique d’une ville-mosaïque, où tous communient — si je puis dire — dans l’amour du foot et du soleil…
    Mais ça, dit José d’Arrigo dans son dernier livre, ça, c’était avant.
    Dans Faut-il quitter Marseille ? (L’Artilleur, 2015), l’ex-journaliste de l’ex-Méridional, où il s’occupait des faits divers en général et du banditisme en particulier, est volontiers alarmiste. Marseille n’est plus ce qu’elle fut : les quartiers nord (qui ont débordé depuis lulure sur le centre — « en ville », comme on dit ici) regardent les quartiers sud en chiens de faïence. Et les quartiers sud (où se sont installés les Maghrébins qui ont réussi, comme la sénatrice Samia Ghali) se débarrasseraient volontiers des quartiers nord, et du centre, et de la porte d’Aix, et des 300 000 clandestins qui s’ajoutent aux 350 000 musulmans officiels de la ville. Comme dit D’Arrigo, le grand remplacement, ici, c’est de l’histoire ancienne. Marseille est devenu le laboratoire de ce qui risque de se passer dans bon nombre de villes. Rappelez-vous Boumédiène, suggère D’Arrigo : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère Sud pour aller dans l’hémisphère Nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. » « Les fanatiques, dit D’Arrigo, ont gagné la guerre des landaus ». Le fait est que partout, on rencontre des femmes voilées propulsant fièrement leurs poussettes avec leurs ventres à nouveau ronds. Si ce n’est pas uns stratégie, ça y ressemble diablement. D’autant que c’est surtout l’Islam salafiste qui sévit ici. Et à l’expansion du fondamentalisme, observable à vue d’œil dans les gandouras, les barbes, les boucheries hallal, le « sabir arabo-français aux intonations éruptives issues du rap », les voiles, les burqas qui quadrillent la ville, répond un raidissement de la population autochtone — y compris des autochtones musulmans, ces Maghrébins de première ou seconde génération, qui, voyant la dérive des jeunes qui les rackettent et les menacent, en arrivent très consciemment à inscrire leurs enfants dans les écoles catholiques et à voter FN : « Ce sont les Arabes qui ont porté le FN au pouvoir dans les quartiers nord, pas les Européens ».
    Marseille est effectivement devenue terre d’Islam, Alger évoque sans rire la « wilaya de Marsylia », et, dit l’auteur en plaisantant (mais le rire est quelque peu crispé), ce sera bientôt « Notre-Dame-d’Allah-Garde » qui dominera la ville. Je l’ai raconté moi-même ici-même à maintes reprises. La burqa, ici, c’est tous les jours, partout. Au nez et à la barbe de policiers impuissants : il y a si peu d’agents de la force publique que c’en devient une plaisanterie.
    Et l’image que j’évoquais plus haut d’une ville cosmopolite est désormais clairement un mythe : Marseille est une ville où les diverses « communautés » s’ignorent (version rose) ou se haïssent — version réaliste. Marseille, ville pauvre où 50% des habitants sont en dessous du seuil d’imposition (contre 13% à Lyon, si l’on veut comparer), « n’en peut plus de ces arrivées incessantes de gens venus d’ailleurs, et venant ici rajouter de la misère à la misère ». Ici on ne se mélange plus. On s’observe, et parfois on tire. « Marseille est devenue une redoutable machine à désintégrer après avoir été durant un siècle une ville d’immigration et d’assimilation à nulle autre pareille. »
    Qu’il n’y ait pas de malentendu sur le propos de l’auteur. Il n’est pas dans la nostalgie d’une Canebière provençale et d’un Quai de Rive-Neuve où César et Escartefigue jouaient à la pétanque (un mythe, ça aussi). Il regrette la ville de son enfance (et de la mienne), où tous les gosses allaient en classe et à la cantine sans se soucier du hallal ou du casher, et draguaient les cagoles de toutes origines sans penser qu’elles étaient « impures ».
    Responsabilité écrasante des politiques, qui durant trois décennies ont systématiquement favorisé ceux qu’ils considéraient comme les plus faibles. Marseille a été le laboratoire de la discrimination positive, et aujourd’hui encore, les réflexes des politiciens qui financent des associations siphonneuses de subventions sont les mêmes. « On a substitué à la laïcité et à l’assimilation volontaire, qui naguère faisait autorité, le communautarisme et le droit à la différence ». « Cacophonie identitaire » et « défrancisation », « désassimilation ».
    Comment en est-on arrivé là ? L’auteur dénonce avec force la substitution, à des savoirs patiemment instillés, du « péril de cette époque insignifiante gavée de distractions massives : le vide, le vertige du vide ». Je faisais il y a peu la même analyse, à partir du livre de Lipovetsky.
    D’où la fuite de tous ceux qui, « dès qu’ils ont quatre sous, désertent la ville et s’installent à la campagne ». Vers Saint-Maximin, Cassis, ou autour d’Aix — ou plus loin : des milliers de Juifs par exemple ont fait leur Alya et sont partis en Israël, et les Corses se réinstallent dans les villages de leurs parents. Mais « dans ces conditions, des quartiers entiers de Marseille risquent de se ghettoïser. » Ma foi, c’est déjà fait.
    Et si la ville n’a pas explosé, c’est qu’il y règne un « ordre narcotique » auquel veillent les trafiquants, peu soucieux de voir s’instaurer un désordre peu propice au petit commerce du shit — une activité parallèle qui génère chaque année des dizaines de millions d’euros. L’Etat en tout cas n’existe plus déjà dans 7 arrondissements sur 16, où les gangs, narco-trafiquants infiltrés de djihadistes potentiels, font régner l’ordre — c’est-à-dire le désordre des institutions. Quant à l’école, « elle a sombré ». Effectivement, les truands ne voient pas d’un bon œil que certains leur échappent en tentant de s’instruire. D’ailleurs, ceux qui y parviennent sont les premiers à « quitter Marseille ».
    Les solutions existent — à commencer par un coup de balai sur cette classe politique phocéenne corrompue jusqu’aux os, qui entretient un système mafieux en attendant qu’il explose. La candidature d’Arnaud Montebourg en Mr Propre, évoquée par D’Arrigo, me paraît improbable : il n’y a ici que des coups à prendre. L’arrivée aux commandes de Musulmans modérés est plus probable : le Soumission de Houellebecq commencera ici.
    Et pour que les bonnes âmes qui croient que ce blog est islamophobe cessent de douter, je recopie, pour finir, une anecdote significative — mais le livre en est bourré, et Marseille en fournit tous les jours.
    « À la Castellane, la cité de Zinedine Zidane, les policiers sont appelés de nuit par une mère affolée. Sa fillette de 10 ans est tombée par mégarde du deuxième étage et elle a les deux jambes brisées. Il faut la soigner de toute urgence et la conduire à l’hôpital. L’ambulance des marins-pompiers et la voiture de police qui l’escorte sont arrêtées par le chouf [le guetteur, pour les caves qui ne connaissent pas l’argot des cités] douanier à l’entrée de la cité. Lui, il s’en moque que la gamine meure ou pas. Il va parlementer une demi-heure avec les policiers et les pompiers et les obliger à abandonner leurs véhicules pour se rendre à pied au chevet de la blessée. « Je rongeais mon frein, raconte un jeune flic qui participait au sauvetage, je me disais dans mon for intérieur, ce n’est pas possible, ces salauds, il faut les mater une fois pour toutes, j’enrageais de voir un petit caïd de banlieue jouir avec arrogance de son pouvoir en nous maintenant à la porte. Ce qu’il voulait signifier, ce petit con, c’était très clair : les patrons, ici, c’est nous. Et vous, les keufs, vous n’avez rien à faire ici… » »
    À bon entendeur…

    Jean-Paul Brighelli (Bonnet d'âne, 30 août 2015)

     

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  • Lutte contre le terrorisme islamique : une guerre de civilisation ?...

    Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré aux déclarations claironnantes et incohérentes de Manuel Valls sur la guerre de civilisation...

     

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    « Choc des “civilisations” ? Entre grande farce et immense malentendu… »

    À propos de la lutte contre le terrorisme islamiste, Manuel Valls évoquait récemment un « choc de civilisations ». Que voulait-il dire par là ? Le Premier ministre serait-il devenu un disciple de Samuel Huntington ?

    Le 28 juin, sur France Inter, Manuel Valls a en effet déclaré que la lutte contre le terrorisme islamiste correspond à une « guerre de civilisation ». Civilisation au singulier ou au pluriel ? Il y a en fait trois hypothèses. La première est qu’aux yeux du Premier ministre, l’État islamique représente une « civilisation ». Écartons-la d’emblée, tant elle est absurde. Deuxième hypothèse : Valls s’aligne en effet sur Huntington. Dans son livre paru en 1996, où il prenait acte de l’effondrement du système soviétique, celui-ci soutenait que les guerres à venir ne seraient plus idéologiques comme à l’époque de la guerre froide, mais religieuses comme au temps des croisades. Ce serait des guerres entre grandes « aires culturelles ».

    Comme vous le savez, les critiques contre cette thèse n’ont pas cessé de s’accumuler. En ramenant les conflits actuels à des enjeux culturels et religieux, elle fait bon marché de leurs dimensions économiques et politiques. En traitant les civilisations comme des « blocs », elle oblitère les divergences d’intérêt entre les Européens et les Américains, tout comme elle dissimule l’opposition entre chiites et sunnites, qui seule permet de comprendre ce qui se passe actuellement au Proche-Orient. Elle nourrit en fait une vision binaire que les néoconservateurs américains se sont empressés de reprendre à leur compte, et que George Bush n’a pas hésité à alléguer pour faire la guerre en Irak. Mais en ce cas, comment Manuel Valls peut-il prétendre en même temps qu’il ne prône « nullement une guerre entre l’islam et l’Occident » ? Et comment peut-il dire qu’il veut en finir avec le djihadisme alors que son gouvernement vend des armes à l’Arabie saoudite et au Qatar, qui le subventionnent dans le monde entier ? Incohérence ?

    Reste la troisième hypothèse. C’est celle que l’entourage du Premier ministre s’est efforcé d’accréditer : « Ce n’est pas une guerre de civilisations au pluriel. C’est une guerre entre la civilisation humaine et la barbarie », a ainsi déclaré Bernard Cazeneuve. La « civilisation » renverrait à des « valeurs universelles partagées par tout le monde ». Le problème, c’est qu’il n’y a pas de « civilisation humaine », et que les valeurs « universellement partagées » sont tout aussi mythiques. On tombe alors de Charybde en Scylla.

    Pourquoi cela ?

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la « civilisation » est un terme qui appartient au vocabulaire des temps modernes : on n’en trouve aucune trace dans l’Antiquité ni au Moyen Âge. Et c’est un terme fortement ethnocentré. C’est ce que constatait Jacques Bainville quand il écrivait : « Le mot de civilisation, dont nos ancêtres se passaient fort bien, peut-être parce qu’ils avaient la chose, s’est répandu au XIXe siècle sous l’influence d’idées nouvelles. La conception du progrès indéfini, apparue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, concourut à convaincre l’espèce humaine qu’elle était entrée dans une ère nouvelle, celle de la civilisation absolue […] La civilisation, c’était donc le degré de développement et de perfectionnement auquel les nations européennes étaient parvenues au XIXe siècle […] La civilisation, c’était en somme l’Europe elle-même, c’était un brevet que se décernait le monde européen. » C’est au nom de cette civilisation-là que l’Occident, au cours de son histoire, n’a cessé de vouloir convertir le reste du monde à ses valeurs propres, en les posant à tort comme « universelles », ce qui revenait à considérer que toutes les autres cultures du monde n’étaient qu’inculture, arriération ou barbarie.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 16 août 2015)

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  • S'opposer au multiculturalisme va-t-il devenir illégal ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Mathieu Bock-Côté, cueilli sur Figarovox et consacré à l'interdiction progressive de toute contestation du "modèle" multiculturel...

     

     

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    Multiculturalisme : quand s'y opposer deviendra illégal

    Au mois de juin dernier, le gouvernement du Québec, dirigé par le Parti libéral de Philippe Couillard (fédéraliste) présentait le projet de loi 59 (PL 59), visant officiellement à lutter contre les «discours haineux». On l'aura compris, il s'agissait, plus particulièrement, de lutter contre «l'islamophobie», qui contaminerait apparemment de grands pans de l'opinion publique. Le projet de loi est ces jours-ci examiné en commission parlementaire et suscite une inquiétude de plus en plus marquée, surtout, on s'en doute, chez ceux qui refusent l'aplaventrisme devant l'idéologie multiculturaliste. Ses partisans, quant à eux, brandissent l'étendard d'une société vraiment inclusive.

    Pour l'essentiel, le PL 59 accorderait aux individus le droit de porter plainte non plus seulement en leur nom propre, s'ils se sentent diffamés, mais au nom d'une communauté qu'ils croiraient victime de propos haineux, sans qu'on ne sache comment définir les propos en question. La Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ), qui est un peu l'équivalent québécois de la défunte HALDE, serait alors responsable d'enquêter pour identifier les contrevenants. Elle pourrait non seulement punir ceux qui s'en rendraient coupables en en leur distribuant des amendes salées, mais établir un registre public des délinquants et censurer les publications qui accueillent un tel discours. La CDPDJ détiendra pratiquement le pouvoir de censurer les médias qui ne se soumettent pas à sa vision.

    La question est vite venue: qu'est-ce qu'un propos haineux? Et qui aura le droit de les définir? Ne risque-t-on pas de donner un pouvoir immense aux radicaux de chaque communauté qui prennent la moindre critique pour une injure? La présence en commission de l'imam Salam Elmenyawi a laissé deviner la suite des choses: il a expliqué qu'on devrait interdire de rire des religions en général et de l'islam en particulier. Samira Laouni, une autre figure reconnue de l'islamisme montréalais, a plaidé quant à elle pour qu'il ne soit plus possible de soutenir qu'une religion entre en contradiction avec les exigences de la société démocratique. Autrement dit, on ne pourra plus se questionner sur la responsabilité de l'islam dans sa difficile intégration aux sociétés occidentales. Chose certaine, ce sont de tels esprits qui s'empareront de cette loi pour faire régner la leur. On devine le sort qu'ils réserveraient à un essayiste décomplexé ou à un journal irrévérencieux: ils le traîneraient devant les tribunaux.

    Certains soutiennent que dans sa forme actuelle, le projet de loi 59 ne va pas jusque-là. Mais nous n'avons aucune raison de les croire. Chose certaine, il conduit naturellement à une société de plus en plus frileuse intellectuellement. Surtout, il illustre bien la tendance contemporaine à imposer des balises de plus en plus étroites à la liberté d'expression au nom du vivre-ensemble diversitaire. La thèse est la suivante et nous vient de la «philosophie de la reconnaissance»: pour assurer la bonne entente entre les communautés, il faut éviter de froisser leurs sensibilités, et de heurter ce qu'elles tiennent respectivement pour sacré. Il y a non plus seulement un droit fondamental à croire ce qu'on croit, mais à obliger les autres à respecter ses croyances. On voudra les blinder juridiquement. L'amour de l'autre devient obligatoire. L'esprit critique n'est plus le bienvenu.

    Le projet de loi 59 accorderait ainsi un pouvoir démesuré aux lobbies identitaires voulant définir eux-mêmes ce qu'on a le droit de dire ou non à leur sujet. En quelque sorte, ils parviendraient à inscrire dans le droit leur définition du blasphème et le récit qu'ils proposent de leur propre domination. Cette proposition, on le sait, est portée depuis longtemps par l'Organisation de la coopération islamique. Mais on s'en doute, elle pourrait aisément être récupérée par n'importe quel groupe identitaire voulant se blinder contre la critique ou simplement, contre l'humour abrasif. Le sacré des uns doit devenir celui des autres.

    Une telle proposition fait écho à la volonté souvent exprimée par la CDPDJ d'interdire l'appel public à la discrimination. Derrière ses apparences vertueuses, on paverait ainsi le chemin à un resserrement sans précédent de la liberté d'expression. On voit jusqu'où peut aller cette loi dès qu'il est question des nombreuses réformes sociétales qui prétendent chaque fois abolir une discrimination. Ceux qui s'opposeront à de telles réformes tomberont-ils sous le coup de la loi? Seront-ils accusés de collaborer à un ordre discriminatoire et de chercher à le perpétuer? À tout le moins, c'est un puissant dispositif inhibiteur qui s'installera au cœur de l'espace public.

    Derrière cela, on veut interdire la contestation politique et idéologique du multiculturalisme d'État. Le système médiatique a depuis un bon moment psychiatrisé la dissidence en contexte diversitaire en la définissant par une série de phobies qu'il faudrait refouler dans les marges de la vie publique. De la xénophobie jusqu'à l'europhobie, en passant par l'homophobie et la transphobie, le désaccord est présenté à la manière d'un dérèglement mental contradictoire avec les exigences élémentaires de la raison. Il faudrait les rééduquer. L'école, d'ailleurs, devra moins transmettre une culture marquée par l'intolérance qu'inculquer les nouvelles vertus d'ouverture. On fabriquera un nouveau peuple.

    Ceux qui ne communient pas à la révélation diversitaire étaient déjà disqualifiés moralement. On veut désormais les criminaliser, en faire des ennemis publics à combattre par tous les moyens nécessaires. Il va sans dire qu'un tel projet de loi n'a rien de spécifique au Québec. Dans toutes les sociétés occidentales, aujourd'hui, l'idéologie de la diversité entend redéfinir à sa manière les termes du débat public, en définissant ce qui est acceptable et ce qui n'est pas. Elle veut définir les limites du dicibles, et en finir avec ses contradicteurs, d'autant qu'ils sont de plus en plus nombreux.

    C'est tout un dispositif qui se déploie pour censurer les adversaires du nouveau régime multiculturaliste, qui ne tolère plus qu'on remette en question ses fondements. On ne sera pas exagérément surpris. Pour le dire avec Raymond Aron, «un régime nouveau est toujours impatient d'affermir son autorité en détruisant les fondements du régime ancien». Le multiculturalisme d'État s'impose en diabolisant la société contre laquelle il se construit. Ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette vision de l'histoire seront considérés comme des ennemis à éradiquer, comme les fantômes d'un vilain passé venant hanter notre présent émancipé. Et ceux qui lui rappellent son autoritarisme seront persécutés légalement.

    Mathieu Bock-Côté (Le Figaro, 27 août 2015)

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