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guerre - Page 73

  • L'infanterie attaque !...

    Les éditions Le Polémarque, dirigée par Laurent Schang, viennent du publier L'infanterie attaque, un ouvrage d'Erwin Rommel, écrit d'après son expèrience de jeune officier pendant le premier conflit mondial. Si on connaissait les carnet du Maréchal Rommel, écrits pendant la deuxième guerre mondiale et publiés sous le titre La guerre sans haine, son premier livre était resté inédit en France. Une belle intiative, donc, des éditions du Polémarque, qui devrait séduire les lecteurs intéressés par la chose militaire !... On notera, qui plus est, que le livre bénéficie d'une préface du Colonel Michel Goya, spécialiste de l'histoire militaire et de la première guerre mondiale, mais aussi animateur de l'excellent blog La voie de l'épée. Alors, vorwärts !...  

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    Avant le Maréchal commandant l’Afrikakorps, le « Renard du désert » célébré par ses adversaires, il y eut un Erwin Rommel jeune officier d’infanterie, bientôt versé dans les troupes de montagne à la faveur des combats de la Première Guerre mondiale. De cette guerre qu’il fit du premier au dernier jour, le futur vainqueur de Gazala, alors instructeur à l’Académie de Guerre de Potsdam, tira la matière d’un livre unique en son genre, ses mémoires se doublant d’un manuel tactique agrémenté de nombreux croquis. De son baptême du feu en Lorraine à l’offensive dans la chaîne des Carpates avec l’Alpenkorps, des coups de main dans les forêts d’Argonne à la bataille de Caporetto, nous suivons un Rommel déjà adepte du mouvement et de la vitesse. « Il est midi passé quand nous approchons de Varennes. La mairie est en feu, vision terrible et pourtant superbe. » Autant d’actions d’éclat récompensées en 1917 par l’attribution de la très prestigieuse décoration « Pour le Mérite ».

    Édité en Allemagne en 1937, traduit à quelques exemplaires pour l’E.M.I.A., L’infanterie attaque. Enseignements et expérience vécue n’avait encore jamais été publié en langue française.

    Avec une préface du colonel Michel Goya, une note du traducteur, le colonel (ER) Marc Allorant, 1 carte, 9 gravures et 72 plans.

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  • La démocratie et la guerre au XXIème siècle...

    Les éditions Hermann ont publié au mois de février 2012 un ouvrage collectif dirigé par Jean-Vincent Holeindre et  Geoffroy Murat et intitulé La démocratie et la guerre au XXIème siècle - De la paix démocratique aux guerres irrégulières. A consulter...

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    Au début du XXIe siècle, la guerre est à la fois absente et omniprésente dans les démocraties occidentales. Si la plupart des pays démocratiques ne vivent plus dans l’horizon de la guerre, les nouvelles formes de violence armée, comme le terrorisme et les conflits asymétriques en Afghanistan et en Irak, occupent l’espace médiatique et les discours politiques.
    Le but de ce livre est de faire le point sur les relations complexes qu’entretiennent la démocratie et la guerre dans la politique internationale au XXIe siècle. Peut-on dire, après Kant, que la démocratie est un régime politique facteur de paix ? Quels sont les effets de la guerre sur la politique intérieure en démocratie ? À l’âge des guerres irrégulières, comment les stratégies militaires des États démocratiques évoluent-elles ?
    Telles sont les principales questions posées dans un ouvrage qui réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes français et étrangers, qu’ils soient philosophes et historiens, politistes et spécialistes de la guerre. Ce que met au jour l’étude des conflits actuels, c’est non seulement la part d’ombre des politiques démocratiques, mais aussi les mutations de la démocratie, confrontées à une mondialisation qui redistribue les cartes de la puissance.

    Avec les contributions de Jean Baechler, Pierre Manent, Michael Doyle, Pierre Hassner, Stéphane Audoin-Rouzeau, Gilles Bataillon, Alberto Valencia, Olivier Chopin, Ran Halévi, Bastien Irondelle, lieutenant colonel Jérôme de Lespinois, colonel Benoît Durieux, Gérard Chaliand, Azar Gat et Dario Battistella.

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  • La guerre à venir...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Claude Bourrinet, cueilli sur Voxnr et consacré à la guerre qui vient...

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    La guerre à venir et la civilisation
     
    Les périodes qui précèdent les grands conflits, ceux auxquels le XXe siècle nous a habitués, qui ne laissent espérer presque aucun refuge, sont des moments étranges, où la vie semble continuer comme toujours, et, où, tout en sachant, l’on ne prend pas conscience de l’arrivée imminente de l’orage, comme s’il était relégué dans quelque création romanesque, à l’état de fiction, entre un Jules Vernes et un Pierre Benoît. A cette singulière cécité lucide s’allie, dans une improbable promiscuité, une aussi délirante confiance en soi, qui s’incarne dans le mirage de la guerre fraîche et joyeuse, la sensation de se trouver dans une vacance de l’Histoire. Comme le faisait remarquer Céline, la malédiction de l’homme, c’est qu’il n’a pas assez d’imagination pour penser son propre cadavre. Ou peut-être en a-t-il trop, pour ne pas saisir la pesanteur rude du réel, qui ne laisse aucune concession.

    Si, en 14, les chapeaux melons et les ombrelles ont pu faire bon ménage avec le gaz moutarde et la grande tranchée sanglante du désastre, si, en 39, les congés payés et le music hall ont croisé la ruée des panzers et les stukas, en attendant mieux, de nos jours, ce sont les embouteillages estivaux, l’odeur huileuse des plages, la rumeur olympique et des tripatouillages de tweeter qui entortillent, agrémenté des inévitables publicités tapageuses, cet objet visible et invisible à la fois, aussi cousu de gros fil qu’une série américaine, mais qui, comme un refoulé, ne doit pas, ne veut pas être vu, pensé, accepté. La parade festive et rieuse sur un volcan donne encore l’illusion que même la catastrophe appartient au scénario haletant du parc d’attraction planétaire.
    Or, le grand conflit mondial, le troisième, peut-être le dernier, a débuté dès les années 90. Les guerres du Golfe, le dépeçage de la Yougoslavie, les diverses « révolutions colorées », les attaques destructrices de l’Afghanistan, de la Libye, l’instrumentalisation du terrorisme, la mise au pas des « alliés » par l’hyperpuissance américaine (laquelle, jusqu’à maintenant, n’a jamais reçu en retour les désastres qu’elle avait prodigués aux autres), l’aide décisive des grandes monarchies pétrolières et de la Turquie, les menaces apocalyptiques d’Israël, l’agression présente contre la Syrie, les bruits de bottes qui se font de plus en plus audibles au Proche et au Moyen Orient, les tentatives de résistance des pays qui sont sur la liste noire, et en particulier de la Russie, qui joue son destin, sa survie, ne laissent guère de doute sur la trame historique qui est en train de se jouer actuellement, et qui est aussi fatale qu’une tragédie grecque. La guerre est inévitable, elle vient, elle est déjà là.
    Depuis la fin du service militaire, la mort sur le champ de bataille paraît une hypothèse surréaliste, comme un archaïsme qu’on ne voit plus qu’au cinéma. La guerre n’est plus, dans les pays développés, qu’un service technique assuré par des professionnels, comme la plomberie ou la gestion de centrales nucléaires. Le citoyen, ou plutôt le consommateur, est en droit, puisqu’il paye des impôts, d’être protégé. D’ailleurs, il bénéficie aussi du sérieux des services spéciaux, de même que des caméras de surveillance et des brigades d’investigation cybernétiques. Les dégâts humains et matériels, Dieu merci, ne sont à déplorer que sur un terrain qui est assez lointain, à quelques heures de charter, pour ne devenir qu’un spectacle inoffensif, assez sublime, si la clarté des explosions et l’esthétisme de la mort habitent de façon assez convaincante les écrans, pour meubler des existences qui, au fond, se noient dans un ennui infini. Les catastrophes n’arrivent qu’aux autres, et tant mieux si ce sont des pauvres, des Arabes ou des « terroristes ».

    Une question lancinante hante pourtant toute intelligence, si tant est qu’une telle chose soit possible dans un temps de vacarme frivole et de silence pétrifiant (car toute propagande est médusante) : qu’auraient fait les populations si elles avaient connu les désastres et les souffrances incroyables qui allaient survenir à la suite de leur coup de folie ? Et pas seulement les pertes humaines et matérielles, les dizaines de millions de morts et de blessés , les vies brisées, les familles endeuillées, les villes rasées, les œuvres d’art détruites, les territoires dévastés, mais aussi des habitudes de vie, des relations humaines fondées sur une certaine confiance, une courtoisie et une civilité humblement et tenacement construites pendant des siècles, et soudainement volatilisées comme des obus et des bombes. Que signifièrent alors l’existence humaine, une fois que les hommes furent devenus des instruments de la mort universelle, et que la seule appréhension rendue possible fut la défiance et la violence ?

    Qu’on ne s’y trompe pas : la guerre contemporaine mondiale ne peut être que totale. La mobilisation est sa règle, et ce ne sont pas l’ivresse des soldes et les stupidités télévisuelles qui empêcheront que ne nous reviennent, d’une façon ou d’une autre, les germes de mort que nous auront semés. Car si les missiles ne parviennent pas jusqu’ici, dans cette France qui semble dorénavant oubliée par l’Histoire, hypothèse qui semble pourtant exclue si, comme on le pressent, la dynamique de destruction atteint un point de non retour, il est certain que la civilisation va encore une fois se réduire comme peau de chagrin. Tout phénomène économique, social et politique, voire guerrier, depuis l’avènement universel de la modernité, se traduit autant par une emprise extérieure, sur les corps et les objets, que sur une maîtrise complète des esprits et des cœurs. Mais ce qui est encore pire, c’est, en raison de la logique rationaliste, technoscientifique, et marchande de ce que l’on pourrait appelé l’américanisme – lequel ne se réduit pas à l’Amérique-, tout ce qui, au fond de notre être, rendait le monde intéressant, ouvert, sensible et porté vers le beau, c’est-à-dire vivable, se recroquevillera, de contractera encore une fois, en ce semblant de nature humaine, grotesque, caricatural, qui est une sorte d’hybridation entre le chien de Pavlov et ces robots japonais que les journalistes nous vantent avec gourmandise.

    Le problème n'est donc plus de savoir si nous serons ravalés à quelque chose comme l'esclavage, ou l'état de vassal : nous le sommes déjà, même si les habitudes de consommation et l'abject amour du plaisir vulgaire et des vacances (de la vacance intellectuelle) nous voilent la vérité. Le problème est de savoir, désormais, s'il est encore possible de sauver une parcelle de civilisation, à savoir la possibilité, pour l'individu, de savourer gratuitement le monde, de se délecter de sa beauté, et de se vouer à la vie inimitable et singulière d'un amant du bonheur, qui, comme un véritable amant, ne peut déléguer un bonheur par définition unique. Non seulement parce que le monde risque d'être fort laid après la déflagration mondiale, et que la ruine de la deuxième guerre mondiale risque de paraître bénigne par rapport à celle qui s'annonce, mais aussi parce que les cerveaux et les cœurs, par la vertu et la magie de la barbarie contemporaine, ne sont plus réduits qu'à se porter vers tout ce qui est bas et grossier, directement consommable par des estomacs endurcis par le martèlement stupide et bestial de la publicité et de la propagande. Le meilleur des mondes se profile, c'est-à-dire un univers où nous seront enfin débarrassés, libérés, de la tâche ô combien compliquée d’être vraiment vivants.
     
    Claude Bourrinet (Voxnr, 16 juillet 2012)
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  • Les snipers de la semaine... (46)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur Atlantico, Stéphane Courtois dézingue le député UMP Thierry Solère pour sa méconnaissance crasse de la période de l'Occupation...

    Comment peut-on être assez ignorant pour croire encore que les “collabos” venaient tous de l’extrême-droite et les résistants de la gauche ?

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    Marcel Déat, figure socialiste de la Collaboration

    - sur Valeurs actuelles, David Victoroff flingue le gouvernement Potemkine de Jean-Marc Ayrault, qui essaie péniblement de cacher que le vrai pouvoir se situe à Bruxelles...

    Gouvernement Potemkine

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  • La triple guerre...

    Vous pouvez visionner ci-dessous une excellente chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 29 juin 2012 et consacrée à la guerre en Syrie...

     


    Eric Zemmour : "La triple guerre" par rtl-fr

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  • Les grandes funérailles d'une poignée de morts...

    Nous reproduisons ci-dessous un excellent point de vue de Jean-Dominique Merchet, cueilli sur Ria Novosti et consacré à la capacité de notre pays à supporter la mort de ses soldats au combat. Directeur-adjoint de la rédaction de Marianne, responsable du blog Secret Défense,  Jean-Dominique Merchet est l'auteur de nombreux ouvrages sur les questions militaires et collabore à la revue Guerres & Histoire.

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    Les grandes funérailles d'une poignée de morts

    Samedi 9 juin 2012: quatre militaires français sont tués en Afghanistan. A peine la nouvelle connue, la Présidence de la République prend les choses en main et François Hollande annonce lui-même qu’un « hommage national » aura lieu cinq jours plus tard aux Invalides (Paris). N’est-ce pas un peu exagéré?

    Certes, il s’agissait des « premiers morts » d’un chef de l’Etat tout récemment élu, qui ne fait que suivre l’exemple de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, d’ailleurs présent à la cérémonie religieuse, militaire et politique – qui s’est tenue avec toute la pompe dont un vieux pays comme la France est capable. Mais au-delà de l’émotion et des considérations politiques (la France était à la veille du second tour des élections législatives…), cette cérémonie pose des questions essentielles : quatre morts à la guerre sont-ils devenus à ce point hors du commun qu’il faille aussitôt déployer ce que le poète Charles Péguy nommait « l’appareil des grandes funérailles » ? Les démocraties modernes ne peuvent-elles plus supporter l’idée que leurs soldats meurent à la guerre ? Est-ce là le signe d’un affaiblissement politique qui minerait, à terme, la capacité de nos pays à peser sur les affaires du monde ?

    Pour tenter d’y répondre, quelques chiffres et un peu d’histoire. En moins de onze ans de présence militaire en Afghanistan, l’armée française a perdu 87 hommes, dont certains par accident. Elle compte environ 700 blessés, dont plusieurs dizaines très grièvement, sans compter les blessures psychologiques, impossibles, pour l’heure, à estimer sérieusement. Sur la durée de la guerre, cela fait moins d’un mort toutes les six semaines… Certes, les opérations ne se sont vraiment durcies qu’à partir de 2008 et plus de la moitié des pertes ont eu lieu au cours des deux dernières années (45 sur 87). Sur cette seule période, on en reste quand même à un mort tous les seize jours.

    La France est un pays qui a perdu 1,3 millions de ses soldats au cours de la Première guerre mondiale (1914-18), comme en témoignent les Monuments aux morts dans toutes les villes et villages du pays. C’est 900 hommes tués tous les jours pendant quatre ans ! Et que dire des pertes immenses de l’Armée soviétique durant la Grande Guerre Patriotique (1941-45) ? Si l’on estime les pertes démographiques totales de l’URSS à près de 27 millions, le général Alexandre Kiriline, qui s’en tient aux seuls militaires, avance le chiffre d’«environ 8,8 à 8,9 millions de personnes tués, dont 2,5 millions de prisonniers de guerre et 6,4 millions de tués sur le champ de bataille ». Soit 4500 tués chaque jour au Front pendant quatre ans ! Ces chiffres donnent littéralement le vertige.

    Toutes les guerres ne donnent pas lieu à de tels massacres : au Vietnam, les Américains ont perdu 58.000 hommes et les Français en Algérie (1954-1962) environ 25.000, dont 15.000 au combat. Soit, quand même, douze quotidiennement. Un jour de la guerre d’Algérie équivaut donc à un semestre en Afghanistan : où étaient alors les hommages nationaux et les interventions solennelles du président de la République ?

    Nos sociétés ont-elles si radicalement changées en un demi-siècle ? Le colonel Michel Goya, chercheur à l’Ecole militaire, considère que « la résilience politique aux pertes est de plus en plus faible », mais il la distingue de « celle de l’ensemble de la nation, en général plus forte ». La classe dirigeante, politique et médiatique, encaisse donc plus mal les morts à la guerre que le pays dans ses profondeurs, qui sait bien, notamment pour en avoir payé de longue date le prix fort, qu’il n’y a pas de guerre sans mort ! L’on voit, certes, quelques familles de soldats tués s’en prendre à l’armée devant la justice, mais ce n’est là qu’une façon moderne, pour elles, de tenter de faire leur deuil avec l’aide intéressée de quelques avocats médiatiques.

    Deux choses essentielles ont pourtant changé la donne. Depuis 50 ans, c’est-à-dire la fin de la guerre d’Algérie, aucun jeune Français n’a été obligé de partir à la guerre. Depuis cette date, seuls les volontaires et les professionnels se battent et risquent leur vie. Autre nouveauté, tout aussi radicale au regard de l’histoire française : depuis 20 ans, plus aucune armée étrangère ne menace le territoire national, alors que depuis la Révolution française (Valmy, 1792), la Nation vivait dans l’idée d’une invasion possible en provenance de l’Est. Et l’on pourrait remonter jusqu’à Attila, battu en 451, aux Champs catalauniques, là où l’on se battait encore en 1918…

    Depuis 20 ans, donc, les militaires français sont envoyés combattre loin des frontières du pays (Guerre du Golfe, Balkans, Afrique, Afghanistan, Libye). D’où la gêne des politiques : ces guerres sont-elles suffisamment légitimes, même si elles sont légales au regard du droit international, pour que de jeunes Français y perdent la vie ? Dans le cas de l’Afghanistan, l’opinion publique en doute fortement. Tous les sondages traduisent le fait que les Français ne souhaitent pas la poursuite de cette guerre. Nicolas Sarkozy puis François Hollande l’avaient d’ailleurs parfaitement compris en accélérant le calendrier de retrait des troupes, l’un d’un an, l’autre de deux.

    « Pour qui meurt-on ? » se demandait en 1999, le général français Emmanuel de Richoufftz dans un livre de réflexion sur le sens de la guerre. En effet ! C’est la question que se posent les citoyens – dont les militaires - et c’est aux dirigeants politiques, visiblement embarrassés, de leur fournir une réponse. Pourquoi nos soldats tombent-ils en Afghanistan ? Les réponses fournies ne sont guère plus convaincantes que celles qui l’étaient, aux Soviétiques, au temps de leur intervention en Afghanistan. Certes, la guerre d’alors fut beaucoup plus meurtrière et les Afghantsy n’étaient pas tous volontaires ! En dix ans, l’armée soviétique a perdu (au moins) 15 400 hommes sur le terrain. En une décennie également, la coalition occidentale en aura perdu, elle, 3050, soit cinq fois moins.

    Pour quel résultat ? C’est parce que les dirigeants d’aujourd’hui, et notamment les Français, gauche et droite confondues, peinent à répondre sur le fond qu’ils en font sans doute un peu trop sur la forme. D’où « l’appareil des grandes funérailles » déployé dans la cour, grandiose et austère, des Invalides.

    Jean-Dominique Merchet (Ria Novosti, 19 juin 2012)

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