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Points de vue - Page 382

  • Les législatives sans le peuple...

    Nous reproduisons ci-dessous une analyse d'Andrea Massari et de Michel geoffroy, cueillie sur Polémia et consacrée aux leçons qu'il est possible de tirer des élections législatives...

     

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    Les législatives sans le peuple

    1-Une abstention record

    Au deuxième tour de l’élection législative, le 17 juin 2012, 47,60% des électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. C’est un record absolu sous la Ve République. Plus de la moitié des moins de 44 ans se sont abstenus, tout comme la majorité des employés et des ouvriers. Illustration du désintérêt pour l’élection : durant l’entre-deux-tours, les couvertures des magazines (Le Nouvel Observateur, L’Express, Marianne) titraient, non sur l’enjeu du scrutin, mais sur la guerre des concubines présidentielles (« La première femme contre la première dame », selon France Dimanche).

    2-Une assemblée à la représentativité douteuse

    Avec 16,5% des inscrits au premier tour le Parti socialiste a la majorité absolue. Avec 2% à l’élection présidentielle, les écologistes disposent de 18 élus. Avec 18% à l’élection présidentielle, le Front national dispose de 2 élus.

    On notera, en contrepoint, que les minorités ethniques disposent au titre de la « diversité » de 10 députés et de 3 ministres.

    Précisons que la circonscription de Marine Le Pen avait été redéfinie par le gouvernement Fillon pour rendre la victoire de la gauche plus facile (avec l’ancien découpage Marine Le Pen aurait été élue avec 53% des suffrages !)

    Marine Le Pen (18% à la présidentielle), Jean-Luc Mélenchon (11%), François Bayrou (9%) sont exclus de l’assemblée nationale : soit trois personnalités représentatives de 38% des électeurs.

    3- La stratégie centriste de Fillon, Copé, Juppé a démobilisé les électeurs UMP

    Avec la « stratégie Buisson », celle d’un langage à droite toute, Nicolas Sarkozy est parvenu à rassembler 48,5% suffrages, le 6 mai 2012. A contrario, la mollesse de la campagne législative Copé/Fillon a accentué la démobilisation naturelle de l’électorat. L’UMP ne retrouve que 44% des suffrages, soit 4,5 points de moins qu’à la présidentielle.

    Les reports du FN vers l’UMP ont été découragés par les déclarations politiquement correctes des Juppé, Dati, Jouanno (tous non candidats), NKM et autres Copé.

    A contrario, les médias ont beaucoup glosé sur la défaite des élus UMP de la droite populaire, sans voir que beaucoup d’entre eux partaient de situations très défavorables ; pourtant, dans leurs circonscriptions, Jean-Paul Garraud, Brigitte Barèges ou Bernard Carayon, quoique battus, limitent les pertes par rapport à la moyenne nationale.

    4- L’union à droite, cela marche : le populiste Bompard élu à Orange

    L’élection de Jacques Bompard à Orange a été très largement passée sous silence par les médias. Or Bompard a été particulièrement bien élu, obtenant près de 59% des suffrages. Parti de 22% au premier tour, il a réuni sur son nom la quasi-totalité des 40% de suffrages dispersés sur le Front national, l’UMP et les candidats divers droites. Ce brillant résultat est le fruit d’une fidélité sans faille à ses convictions politiques, d’un travail de terrain constant et d’une habile stratégie électorale. C’est dans ce contexte, propre au Comtat Venaissin, que Marion Le Pen a été élue à Carpentras avec l’aide de l’équipe de campagne de son suppléant intelligemment choisi parmi la Ligue du Sud de Bompard.

    5-Les reports UMP/FN ont existé et le Front national est donc entré dans un processus de normalisation politique

    Là où le FN était fort, il a bénéficié de bons reports de l’UMP : notamment à Hénin-Beaumont dès le premier tour ; dans le Gard pour Gilbert Collard qui a même bénéficié, au deuxième tour, d’un « vote utile » en sa faveur ; et aussi dans les Bouches-du-Rhône où deux candidats FN ont atteint 49% : des chiffres insuffisants pour gagner mais néanmoins très significatifs, puisque supérieurs aux résultats obtenus en 1988 et 1997. De même Florian Philippot a bénéficié de bons reports UMP en Lorraine.

    Le Front national est donc bien entré dans un processus de normalisation politique, au grand dam de la gauche et de l’oligarchie.

    Cela tient à la fois à la personne et à l’action de Marine Le Pen, mais aussi au fait que la situation générale de notre pays et de l’Europe confirme les analyses de la droite identitaire. Le discours d’ostracisme vis-à-vis du Front national est donc de moins en moins audible, dans un pays de plus en plus en crise. Le Front de gauche, malgré un soutien systématique de l’oligarchie médiatique, a d’ailleurs été incapable de supplanter le Front national, en particulier à cause de sa position sur l’immigration.

    6-La partialité médiatique a une fois de plus biaisé l’élection en faveur des médiagogues

    Il y a une grande différence entre un référendum et une élection représentative. A un référendum les électeurs votent pour des idées et des projets. A une élection représentative les électeurs votent aussi en fonction des images des candidats. Ainsi certains candidats – NKM par exemple – sont angélisés. D’autres sont diabolisés, comme le furent Christian Vanneste (éliminé dès le premier tour), Nadine Morano ou Jean-Paul Garraud. Et l’opinion est, volens nolens, influencée par les personnalités les plus présentes dans les médias qui sont précisément celles qui tiennent le discours le plus convenu et le plus politiquement correct.

    7-Hollande : des pouvoirs réduits, une légitimité faible

    Les médias ont glosé sur les pouvoirs rassemblés par Hollande : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, la majorité du Sénat, la majorité des collectivités territoriales.

    Mais ces pouvoirs sont limités par ceux des organisations internationales : l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce, l’OTAN. Sa marge de manœuvre est dérisoire.

    En interne ses pouvoirs sont limités par les organes juridictionnels : sait-on, par exemple, que depuis 40 ans, 90% des lois et décrets sur l’immigration ne sont pas le fait des députés mais celui du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel, de la Cour de justice européenne, de la Cour européenne des droits de l’homme ?

    Hollande a été choisi (à défaut de DSK, indisponible) comme gérant d’apparence des intérêts de la superclasse mondiale. Sa marge de manœuvre est faible. De retour de la conférence du Bilderberg (où il a séjourné, en Virginie, du 29 mai au 3 juin), Erik Israélewicz, directeur du Monde (dont Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est l’actionnaire de référence), fixe la feuille de route présidentielle : dans des éditoriaux à l’arrogance mal dissimulée, le patron du Monde dit au président de la République ce qu’il doit faire, sur l’euro, l’Europe, la Grèce, le redressement des comptes publics et même comment il doit recadrer sa concubine…

    8-Hollande, une légitimité fragile

    Or Hollande, malgré les discours euphoriques de médias versatiles, a une légitimité faible : il n’a obtenu que 48,64% des votants du deuxième tour, davantage par rejet de Nicolas Sarkozy que par adhésion. Et il n’a obtenu la majorité des suffrages exprimés que par le vote des minorités ethniques dont les représentants les plus agités ont fêté la victoire en agitant des drapeaux étrangers.

    Aux législatives, on l’a dit, et là aussi malgré la mobilisation du vote ethnique en sa faveur, le Parti socialiste n’a rassemblé que 16,1% des suffrages.

    Jamais sous la Ve République la coupure entre le pays légal et le pays réel n’a donc été aussi profonde ; l’usure du système politique français, de moins en moins représentatif, est manifeste et le clivage gauche/droite recouvre donc de plus en plus un clivage identitaire, ce qui va contribuer à radicaliser le débat politique.

    Sur le plan du style, la « présidence normale » et son gouvernement se sont coulés dans la continuité de l’hyperréactivité émotionnelle, les morts de militaires et de gendarmes et les blessures de policier servant cyniquement de carburant électoral. C’est une stratégie médiatique efficace à court terme mais dangereuse dans la durée.

    Bon courage, M. Hollande

    Michel Geoffroy et Andrea Massari (Polémia, 19 juin 2012) 

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  • Indéniables fondamentaux...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur le site du Nouvel Économiste et consacré à la lutte résolue que doit mener le nouveau gouvernement contre les bandes poly-criminelles issues des cités de banlieue. 

     

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    Indéniables fondamentaux

    On le sait depuis l’aube de la pensée grecque : l’initial est toujours le plus fort. Ce que fait initialement l’homme (seul ou coalisé) détermine invariablement la suite des événements en cause. En matière de sécurité, les premiers gestes et décisions du nouveau gouvernement seront ainsi lourds de conséquences pour le quinquennat débutant. Ce pourquoi il paraît utile de rappeler ici quelques indéniables fondamentaux.

    Pour sa sécurité intérieure, un pays connaît d’usage un seul vrai, un seul grand problème à la fois. Et aussi bien sûr maints tracas adjacents mais finalement supportables – si l’on veut, l’équivalent médical de la grosse fracture d’un côté et de la crise d’urticaire, de l’autre.

    Le grand problème sécuritaire que connaît aujourd’hui la France est celui des bandes criminelles. Pas question ici bien sûr d’anodins groupes d’ados, s’agrégeant pour mieux s’adapter à l’univers adulte et à la société – mais d’individus durablement coalisés en gangs criminels et partageant entre eux les tâches et le butin (ce qui est la définition même du crime organisé, selon la convention mondiale de Palerme, en 2000).

    Un efficace baromètre permet de mesurer l’activité de ces gangs : le comptage des vols à main armée et des règlements de comptes entre malfaiteurs. Pour dix raisons trop longues à détailler ici, le “braquage” est en effet l’activité reine du Milieu et sa mesure expose la tonicité et la toxicité de l’entreprise criminelle en un lieu donné. Par ailleurs, tout gang étant toujours et partout à base territoriale, les règlements de compte et autres “guerres” révèlent l’agressivité des bandes, les conquêtes des uns et les déroutes des autres, etc.

    Or les comptages les plus récents le montrent : la situation de la France n’est pas bonne et va même en empirant – ce qui impose de réfléchir puis d’agir.

    Mettre en France les bandes hors d’état de nuire dans le respect exigeant des normes du droit, permettrait donc à un ministre de l’Intérieur de réaliser d’énormes gains transversaux dans divers domaines criminels :

    - vols à main armée,

    - règlements de comptes,

    - vols avec violence,

    - trafics locaux de stupéfiants (deals de porte cochère),

    - rackets et squats dans les cités et les quartiers,

    - émeutes et incendies de véhicules.

    En même temps, le ciblage de ces gangs poly-criminels soulagerait grandement la population des quartiers où ils sévissent. Rappelons que la France métropolitaine compte environ 700 “zones urbaines sensibles” ZUS, qui comptent quelque 4,5 millions d’habitants.

    Tout ce qui précède peut naturellement s’établir et se prouver :

    - Dans un article du 4 octobre 2011, Le Monde, qui n’est pas exactement un brûlot sécuritaire, écrit que la construction d’un commissariat dans la ZUS de Clichy sous Bois – Montfermeil (93) “a été plébiscitée par les habitants”, las des exactions des bandits.

    - Le 30 décembre 2011, Le Figaro révélait (“les incroyables comptes d’un dealer”), qu’une seule petite bande d’une seule cité marseillaise gagnait 100 000 euros mensuels à vendre du cannabis – 1,2 millions d’euros annuels nets d’impôt. Extrapolons a minima qu’il n’y ait, par cité “sensible”, qu’une seule bande sur un seul point de vente, vendant seulement du haschisch : 600 millions d’euros viennent ainsi chaque année polluer et corrompre l’économie légitime.

    - Chez nos voisins, maintenant : lors des émeutes britanniques de l’été 2011 (Londres, Bristol, Manchester, Liverpool, Birmingham, 5 morts, des quartiers entiers pillés et incendiés), 73% des 4 000 vandales arrêtés étaient des récidivistes – donc le plus souvent, des bandits.

    Mais il y a plus précieux encore pour un gouvernement de gauche : toute lutte résolue contre les gangs profite d’abord aux jeunes gens issus des minorités et de l’immigration, grands gagnants in fine d’un retour à l’ordre dans les ZUS.

    L’exemple probant est ici celui de la ville de New York.

    Rappelons que voici vingt ans, dans cette vaste métropole, la criminalité constatée (par des instances indépendantes et contrôlées) était abominable (31 homicides pour 100 000 habitants) ; et qu’elle est aujourd’hui parmi les plus basses du continent (6/100 000 homicides).

    Entre 1990 et 2010, la criminalité générale, toutes infractions jointes, s’est effondrée à New York de – 80 % ; les crimes liés à la toxicomanie, de – 90%.

    Or à qui profite cette superbe embellie ? Aux jeunes afro-américains de 15/25 ans. Plus de guerres de gangs (dont ils étaient surtout les victimes), donc pour eux, 75% de risques d’assassinat en moins. Le renseignement criminel et le décèlement précoce des jeunes à risque ont aussi joué : 70% d’incarcérations en moins. En 2010, les prisons de New York comptent 10 000 détenus de moins qu’en 1990 !

    Pourquoi ces succès ? A New York, la rengaine misérabiliste a été délaissée et le pragmatisme et l’efficacité, privilégiés. Comme ils le font encore en France, des Diafoirus-sociologues américains affirmaient que la pauvreté, les inégalités, le chômage et le racisme étaient à l’origine du crime. Et que la criminalité disparaîtrait quand ces graves handicaps sociaux seraient résorbés. Doublement faux : hélas pour les new-yorkais, la pauvreté, les inégalités sociales, la ségrégation et la toxicomanie n’ont que trop peu régressé de 1990 à 2012. Or cependant, la criminalité s’est effondrée. Au point qu’aujourd’hui le grand criminologue Franklin Zimring, de la fort progressiste université de Californie à Berkeley, n’hésite pas à affirmer que “la plupart des formes de criminalité peuvent être éradiquées sans changements sociaux structurels ou coûteux”.

    Que notre nouveau ministre de l’Intérieur dédaigne ainsi les radotages d’une sénile “culture de l’excuse” et il sera dans la bonne voie. Qu’il parvienne – là sera sans doute le moins aisé – à convaincre ses collègues de la justice et de la “politique de la ville” d’emprunter ce cours criminologique nouveau et la paix sociale sera au rendez-vous. Un succès que des millions d’électeurs français attendent et espèrent.

    Xavier Raufer (Le Nouvel Économiste, 28 mai 2012)

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  • La campagne de Russie (partie 4)...

    Napoléon doit maintenant abandonner Moscou et battre en retraite pour sauver son armée...

    Pierre Le Vigan nous donne ici la quatrième et dernière partie de sa chronique consacrée à la campagne de Russie à l'occasion de la sortie du livre de Curtis CateLa campagne de Russie, en format poche dans la collection Texto, et, surtout, à l'occasion du deux centième anniversaire de cet événement...

    Première partie

    Deuxième partie

    Troisième partie

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  • La décadence en marche ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Gilles Cosson, cueilli sur Valeurs actuelles et consacré aux symptômes de la décadence de l'Occident...

     

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    La décadence en marche ?

    Nous sommes en l’an 363 de notre ère. L’empereur Julien, dit l’Apostat, entre en guerre. La pensée grecque qu’il incarne se rebelle devant la menace que représente Sapor II, le despote régnant sur la Perse.Sous la férule impitoyable de ce dernier, règnent l’arbitraire et la terreur là où Rome, digne héritière d’Athènes, donne la priorité à la loi. Le but des hostilités est de prendre la capitale, Ctésiphon, pour obliger le tyran à se soumettre à un pouvoir qui se sent investi d’une mission civilisatrice : apporter les splendeurs de la philosophie hellénique à une population plongée dans la servitude et l’obscurantisme.En ces temps de déclin, les alliés de Rome sont devenus peu sûrs, l’armée peine à recruter, les habitudes de luxe poussent à une dépense sans frein, la situation financière est tendue, les moeurs sont relâchées, la foule pense à ses plaisirs, l’intégrisme chrétien menace la cohésion d’un empire habitué à honorer des dieux aussi multiples que ses peuples…Cela ne vous rappelle rien ? Sautons d’un coup d’aile dix-sept siècles et demi. Les frontières de l’esprit grec, indépendant et critique, ont été déplacées au-delà de l’Atlantique et l’antique esprit de soumission oriental a envahi les bords de la Méditerranée, à l’exception notable de l’Europe ; mais la plus grande puissance du moment, les États-Unis, a entrepris, elle aussi, de renverser un dictateur sanguinaire, Saddam Hussein, pour apporter les lumières de la démocratie au peuple irakien opprimé… Bagdad, à vingt kilomètres de Ctésiphon – étonnante proximité – , a été prise sans coup férir ; pourtant la poudrière régionale est plus menaçante que jamais.À l’image des supplétifs de l’empire latin, les alliés musulmans de l’Occident – Pakistanais, Égyptiens et autres – ne le sont plus que de nom. Le Pentagone recrute des mercenaires venus du sud du Rio Grande auxquels on promet la nationalité américaine à l’issue de leur engagement, à l’instar des légionnaires barbares faits citoyens romains après vingt-cinq ans de service. La Réserve fédérale fait marcher sans discontinuer la planche à dollars pour financer un déficit budgétaire abyssal, tel Julien frappant une monnaie d’argent appauvrie pour payer ses troupes.Les religions traditionnelles sont aussi délaissées que les dieux de l’Olympe autrefois, mais le fondamentalisme pentecôtiste ou musulman demande à la science d’oublier la théorie de l’évolution, telle l’Église des premiers temps exigeant que le Soleil tourne autour de la Terre.L’homogénéité des populations s’est beaucoup amoindrie et l’on parle l’espagnol en Californie comme hier le grec à Alexandrie. La permissivité sexuelle est devenue un article de foi à Washington comme jadis à Byzance, les juristes à la solde du plus offrant pèsent sur les décisions de justice à l’instar des rhéteurs d’autrefois, le culte du travail n’est plus ce qu’il était, l’autorité de l’État est contestée, l’individualisme fait des ravages, le pays se fracture entre factions viscéralement opposées, tout compromis devient un exploit… Voulez-vous d’autres exemples ? Bienvenue dans l’ère de la décadence !

    Gilles Cosson (Valeurs actuelles, 14 juin 2012)

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  • La campagne de Russie (partie 3)...

    Napoléon s'est emparé de Moscou, mais contrairement à ses attentes le Tsar ne lui adresse aucune offre de paix...

    Pierre Le Vigan nous donne ici la troisième partie de sa chronique consacrée à la campagne de Russie à l'occasion de la sortie du livre de Curtis CateLa campagne de Russie, en format poche dans la collection Texto, et, surtout, à l'occasion du deux centième anniversaire de cet événement...

    Première partie

    Deuxième partie

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  • Hollande, la France et l'Amérique...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Claude Bourrinet, cueilli sur Voxnr et consacré à cette étrange politique d'"amitié" franco-américaine qui justifie tous les renoncements...

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    Hollande, la France et l'Amérique
     
    François Hollande, le 6 juin dernier, n’a pas manqué de louer les Etats-Unis d’Amérique, et leur rôle dans la « Libération » de notre pays. Le débarquement sur les plages de Normandie est pour lui le symbole d’un partage de valeurs entre les deux nations, qui nous lie indéfectiblement. Les Français auraient-ils tant décliné, qu’ils seraient devenus incapables d’analyser leur histoire avec lucidité, sans être brouillés par les effluves toxiques de l’idéologie ? Pourtant, les faits donnent brutalement tort à la rhétorique complaisante, pour peu qu’on se penche sur eux sans idées préconçues.

    Aussi bien, Hollande, avant de s’abandonner au lyrisme, aurait-il dû se souvenir des paroles de Mitterrand, qui déclarait, dans les derniers mois de son existence, à Georges Marc Benamou : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans morts. […] Oui, ils sont très durs, les Américains, ils sont voraces, ils veulent le pouvoir sans partage sur le monde. »

    Voilà qui a le mérite, tardif, de la clarté. L’ancien président, malgré tout atlantiste, comme le fut toujours le parti socialiste, avait tout fait pour placer la France sous le giron américain. Il est des scrupules et des franchises que hâte l’imminence de la mort…
    Mais avant de s’interroger sur la réalité d’une « Libération » qui est loin d’en être une, peut-être est-il besoin de rappeler quelles étaient les relations qu’entretenaient nos « libérateurs » avec le régime de Vichy et, parallèlement, avec le général de Gaulle et la Résistance intérieure.

    Le moins que l’on puisse dire est que le gouvernement du maréchal Pétain a longtemps été préféré à la France Libre. Les diplomates du States Department (ministère des Affaires étrangères), ou les influents Cordell Hull et Summer Welles, n’ont eu de cesse que de dénigrer de Gaulle. Franklin Roosevelt, par exemple, a pensé que Weygand livrerait sans combat l’Afrique du Nord à l’armée américaine. Même lorsque le pro allemand Darlan prend le pouvoir, le crédit dont bénéficie Pétain ne change pas ces dispositions favorables. Du reste, l’entrée en guerre des Etats-Unis, le 7 décembre 41, ne change rien à l’affaire. Tout sera fait pour écarter de Gaulle. Cette attitude hostile est, par ailleurs, confortée par le socialiste Jean Monnet, « père de l’Europe », comme l’on sait. Un signe indubitable de cette politique pro vichyste a été la nomination, comme ambassadeur auprès de Pétain, de l’amiral William Daniel Leahy, et ce jusqu’en mai 42. Pourtant, les US sont en guerre contre l’Allemagne, dont le gouvernement français, collaborationniste, souhaite la victoire. Quant au remplaçant de l’amiral, son adjoint Tucck, il n’aura aucun mot sur la déportation des Juifs, hormis une simple protestation, en août 42, contre le fait que l’on sépare les enfants des parents. Eût-il fallu que les premiers suivissent les seconds ?

    Quand, le 8 novembre 43, les Alliés débarquent en Afrique du Nord, à Alger, à Oran, sur les côtes du Maroc, les Français de la France combattante, à Londres, en sont les derniers informés. En tout cas n’étaient-ils nullement impliqués dans l’opération « Torch ». Les Américains, maîtres du jeu, choisissent le général Giraud, soutenu par Churchill. Dans le même temps, au grand dam du général de Gaulle, ils négocient avec Darlan. Le 19 novembre, tous les réseaux de Résistance soutiennent de Gaulle. Pour faire connaître son indignation, celui-ci est obligé d’emprunter, faute de la BBC, la radio de Brazaville et celle de Beyrouth.

    Les combats qui suivent le 6 juin sont aussi significatifs. Rappelons, avant tout, certains chiffres, qui ne manquent pas d’étonner les esprits trop conditionnés par la propagande. Car si l’on comptabilise les victimes de la deuxième guerre mondiale, le bilan est remarquablement loquace : l’Union soviétique, autrement dit la Russie éternelle, comme disait le général, a donné à la « Guerre patriotique » environ 21 000 000 morts, soit 13 600 000 civils, et entre 8 800 000 et 10 700 000 soldats. L’Allemagne a perdu 3 810 000 militaires, et 5 318 000 civils. Quant au Royaume uni, il a subi 450 000 pertes, les USA 418 000 (fronts atlantique et pacifique confondus), et la France … 541 000, dont 238 000 civils.

    Il convient de rappeler que les bombardements alliés des villes françaises ont été très meurtriers, et parfois dénués d’intérêt militaire. Tel est le cas, entre autres, de la destruction du Havre. Du 5 septembre 44 au 10 septembre, malgré la présence de la population, la ville a été rasée. On déplore des milliers de morts innocents. Il n’y avait aucun objectif militaire.

    Et que dire des vagues destructrices et terroristes qui ont anéanti Hambourg, Dresde, Berlin etc. ? Ces cités n’abritaient parfois que des enfants, des femmes, des vieillards et des prisonniers de guerre. Guernica, à côté, n’est qu’un travail d’amateur. Pourtant, on ne cite, dans les écoles, que la ville martyre basque. Du reste, l’Amérique a perdu tout crédit moral à partir des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, dont, en France, la commémoration est pour le moins discrète.

    Les Français doivent aussi absolument savoir qu’ils ont été tenus soigneusement à l’écart de l’opération « Overlord ». En fait, les Alliés envisageaient d’organiser le même système d’occupation qui avait transformé l’Italie en protectorat (l’A.M.G.O.T. , Allied Military Government of Occupied Territories). Dans le même temps, ils voulaient émettre leur propre monnaie, acte régalien dont on sait combien il est le signe et la preuve de l’indépendance nationale.

    Toutes ces tensions entre la France combattante et les « libérateurs » anglo-saxons expliquent pourquoi de Gaulle esquissa assez vite un rapprochement avec la Russie (et subsidiairement avec le parti communiste français).

    Les acquis sociaux du C.N.R. seront, du reste, mis en cause par les « traités » libéraux européens sous impulsion américaine, dans l’Acte unique, à Maastricht, a Amsterdam, à Nice..., en même temps que gaullistes et communistes perdaient de leur influence.
    Pourquoi les USA ont-ils été de façon si tenace hostiles au chef de la France libre ?
    La véritable raison réside non dans la personne du général, réputé autoritaire et conservateur, voire fasciste (sans doute Weygand, Darlan, Giraud l’étaient-ils moins…), mais dans la crainte d’une France indépendante et soucieuse de sauvegarder la place qui a toujours été la sienne ; ce que n’allait pas cesser de rappeler, à partir de 1958, le premier président de la cinquième République.

    Pour comprendre l’attitude profonde des USA vis-à-vis de la France et de l’Europe, il faut la mettre en regard avec le déclin du vieux continent, accéléré à partir de la première guerre mondiale, une « guerre civile », selon le mot du maréchal Lyautey. L’armistice n’a pas empêché une perte de puissance, économique, démographique, culturelle, des nations victorieuses, et un endettement colossal, qui les mit sous la dépendance des banquiers yankees. La doctrine de Wilson, en outre, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fut un instrument de démembrement de l’Europe, et instilla les germes d’une guerre à venir. Cette idéologie est celle que l’on invoquera pour la décolonisation, contre les vieux pays européens. Déjà, en 41, la « Charte de l’Atlantique » entre Roosevelt et Churchill, l’évoque, contre la volonté du vieux lion. Au fond, les USA ont repris, lors des deux guerres mondiales, en partie du moins, la conception britannique formulée par Marlborough, à l’occasion de la guerre de succession d’Espagne : diviser les nations du continent européen, et n’intervenir qu’indirectement, par l’argent ou les armes.

    La méfiance américaine par rapport à de Gaulle avait donc un fondement plus large que des questions d’homme. C’était une logique géopolitique. Le désir de se substituer à la vieille Europe est un rêve du Nouveau Monde. Une France rétablie dans ses prérogatives était un obstacle à cette volonté hégémonique.

    Pour illustrer cette entreprise conquérante, rien ne semble plus adéquat que l’accord Blum-Byrnes, le 28 mais 46. Moyennant la liquidation d’une partie de la dette française envers les Etats-Unis, et contre un prêt avantageux, on sait que le leader socialiste a ouvert les salles de cinéma de notre pays à la déferlante hollywoodienne, et à l’imaginaire de l’american way of life, qui ne nous a guère quitté, et qui est le signe ostentatoire de la colonisation des esprits, sinon des corps.

    Déjà, en 44, à Bretton Woods, la suprématie du dollar avait été entérinée. En 47, les accords du GATT sont signés, fondant les bases de ce qui allait devenir le mondialisme libéral. Aussi, les Etats-Unis, épargnés par la guerre, deviennent-ils les maîtres d’une partie du globe.

    L’Union européenne, qui devait rétablir un certain équilibre, n’a fait qu’accélérer ce processus de vassalisation. Pour Delors, la France et l’Europe n’ont plus pour vocation que de s’intégrer aux organismes sous obédience américaine. Hors de là, point de salut. Hollande ne fait qu’appliquer cette politique. Outre celle, libérale, poursuivie par tous les gouvernements, quels qu’ils soient, il n’a pas remis en cause, à Camp David et à Chicago, l’appartenance de l’armée française à l’OTAN, ni le lancement, dirigé contre la Russie, du bouclier antimissile « européen ». Malgré une inflexion apparente, en Afghanistan (mais à relativiser) et un voyage énigmatique de Rocard à Téhéran, il n’a pas changé d’un iota la position agressive du Quai d’Orsay vis-à-vis de l’Iran, de la Russie, de la Syrie, après avoir, du reste, appuyé la guerre néocolonialiste menée en Libye. Il partage de même, avec Sarkozy, la même faveur par rapport à l’Etat sioniste.
    Aussi n’est-il pas étonnant que Nicholas Dungan, l’ex-patron de la French American Foudation, ait pu rassurer les dirigeants américains, en rappelant au Think Tank Atlantic Council que le nouveau président avait été, comme Moscovici, un ancien participant au programme des Jeunes leaders de la F.A.F.
     
    Claude Bourrinet (Voxnr, 13 juin 2012)
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