Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/11/2016

Le temps sacré des cavernes...

Les éditions José Corti viennent de publier dans leur collection Biophilia un essai de Gwenn Rigal intitulé Le temps sacré des cavernes. L'ouvrage est abondamment illustré et comporte de nombreuses reproduction des dessins de la grotte de Lascaux. L'auteur est journaliste.

 

Rigal_Temps sacré des cavernes.jpg

" « Le Temps Sacré des Cavernes » est une synthèse claire et accessible de toutes les hypothèses proposées au fil du temps par la communauté scientifique pour répondre à la question de la signification de l’art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet, aucun autre livre ne remplissant un tel cahier des charges. D’ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l’auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, « Le Temps Sacré des Cavernes » accorde à chaque théorie une attention égale, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes.

La première partie présente l’artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l’auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son mode de vie, son équipement, ses relations sociales comme avec son environnement (animaux, éléments) et les traces qu’ils a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité.

La seconde partie, consacrée aux interprétations, propose au lecteur un travail d’analyse critique aussi exhaustif que possible : l’art pour l’art, zoocénose, culte de l’ours, magies d’envoûtement, de fertilité, de destruction et d’apaisement, zodiaque préhistorique, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, rites d’initiation, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra enfin se forger son intime conviction. "

Trump, Poutine : le retour des hommes en politique...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un extrait de l'entretien donné par Julien Rochedy à Christopher Lannes sur le Bréviaire des patriotes dans lequel il se livre à une analyse très lucide du système de professionnalisation de la politique et de son incapacité à faire émerger de grands dirigeants...

L'entretien intégral est disponible ici.

 

                          

 

 

29/11/2016

Le gouvernement du désir...

Les éditions Gallimard viennent de publier un nouvel essai d'Hervé Juvin intitulé Le gouvernement du désir. Économiste de formation, Hervé Juvin a publié des essais essentiels tels que Le renversement du monde (Gallimard, 2010), La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013) ou Le Mur de l'Ouest n'est pas tombé (Pierre-Guillaume de roux, 2015), qui font de lui un des penseurs les plus pertinents du moment.

 

Juvin_Gouvernement du désir.jpg

"Le désir est le nouveau pouvoir. Il gouverne nos vies. Son autorité à peu près insensible s'exerce partout. Du lit à la table et du corps aux songes, elle se nourrit du consentement qu'elle suscite et du contentement qu'elle assure. Il fallait analyser ce mode inédit de gouvernement. Provoquer et orienter le désir est le moyen de tenir l'individu, de le diriger et de disposer de lui, au plus intime et au plus profond. En apparence, ce système du désir nous tient plus étroitement qu'aucune idéologie, qu'aucune religion n'a pu le faire. Mais les promesses s'épuisent. Mais la déception délie ceux que leur désir des mêmes choses réunissait. Quand la croissance n'est plus là, quand le progrès n'est plus partagé par tous, le désir de richesse, de confort, de plaisir apparaît pour ce qu'il est : le simulacre du désir vital, celui du pouvoir sur soi, de la liberté politique, de la survie de la communauté. Nous vivons ce moment extraordinaire où il s'agit de se libérer de nos libérations, où l'instinct de survie appelle à la renaissance du désir politique et du choix de notre destin".

Une nouvelle lutte des classes en Occident ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Ivan Blot, cueilli sur le site Katehon et consacré à lutte qui sévit en Occident entre les "élites" dominantes et le petit peuple... Ancien député européen, président de l'association "Démocratie directe", Ivan Blot a notamment publié L'oligarchie au pouvoir (Economica, 2011), La démocratie directe (Economica, 2012),  Les faux prophètes (Apopsix, 2013), Nous les descendant d'Athéna (Apopsix, 2014) ou encore L'Homme défiguré (Apopsix, 2014).

Peuple.jpg

Une nouvelle lutte des classes en Occident

Pendant des années, la vie politique en Occident fut assez simple et se résumait principalement à un affrontement entre la droite et la gauche. Sociologiquement, la bourgeoisie et les personnes pourvues de fortune ou de revenus élevés étaient majoritairement de droite. Les personnes moins riches et notamment les ouvriers votaient à gauche.

Certes, la droite et la gauche n’étaient pas homogènes. En France, on avait essentiellement deux droites et deux gauches. A droite, il y avait la bourgeoisie libérale et atlantiste, d’une part, et les classes moyennes patriotes mais aussi attachées aux libertés, les gaullistes. A gauche, il y avait les socialistes et les radicaux, mélangeant des éléments de libéralisme et de socialisme étatique. Il y avait aussi l’extrême gauche dont la force majeure était le parti communiste français.

Ce paysage a été complètement bouleversé par trois phénomènes sociologiques majeurs, la globalisation de l’économie avec ses bénéficiaires et ses perdants, l’arrivée d’une immigration de masse de culture extra européenne, le développement d’une importante criminalité diversifiée lié à un déclin des valeurs et des institutions traditionnelles : la famille, l’église, les syndicats et partis politiques, le village du monde rural. Les institutions n’ont guère su s’adapter à la nouvelle situation et n’ont pas montré de force de résistance. Le tissu social s’est donc défait et déchiré. Il s’est défait parce que l’individualisme matérialiste et hédoniste est devenu une philosophie dominante. Il s’est déchiré car peu à peu les élites se sont coupées totalement du peuple, le dialogue devenant extrêmement difficile entre les deux nouvelles catégories montantes.

Cette opposition a conduit à l’affrontement entre deux conceptions du monde, celle des jouisseurs privilégiés ( les élites dominantes) et celle des souffrants déracinés. (le petit peuple). L’axe gauche droite s’est inversé et les élites défendent désormais des idées « de gauche » issues de mai 68.

1/ l’idéologie des jouisseurs privilégiés (les élites dominantes).

Reprenant le schéma des quatre causes aristotéliciennes amendé par Heidegger, nous allons tenter de définir l’essence de l’idéologie des jouisseurs privilégiés par quatre pôles complémentaires : la cause matérielle de cette nouvelle classe sociale est indiscutablement le nomadisme. On est dans le cadre d’une idéologie cosmopolite : les hommes doivent être interchangeables pour le profit du système économique et l’attachement à un territoire est considéré comme un obstacle du passé à éradiquer. Les nouvelles élites vont donc diffamer toute attitude patriotique au nom de l’égalitarisme, de la non-discrimination (sauf par l’argent), de l’antiracisme, de la liberté illimitée d’aller et de venir par-delà les frontières.

La cause formelle qui va déterminer l’orientation morale de la société est l’argent. L’argent est nomade, c’est le seul critère légitime de discrimination entre les hommes. L’argent va se retourner contre la famille. On est « childfree » (libre par rapport à la fonction parentale) car les enfants ne rapportent pas d’argent mais en coûtent. Le goût de l’argent va inciter à une criminalité croissante. Le sens de l’honneur et du sacrifice personnel est dévalorisé. Les vocations sacrificielles sont méprisées : le clergé et l’armée sont marginalisés car l’acquisition d’argent n’est pas au centre de leurs préoccupations. Le droit prend de l’importance car il convient de l’utiliser à des fins profitables. Le grand romancier russe Boulgakov choisit comme premier assistant du diable le juriste pervers qui transforme le mal en bien et vice versa. Le relativisme devient roi. Ce qui était autrefois considéré comme mal, la débauche illimitée, la désertion face à l’étranger, le mensonge utilisé par les commerçants comme par les politiques, deviennent des qualités : il faut « libérer » ses instincts de base gouvernés par le cerveau reptilien, il faut ne pas défendre sa patrie au nom du pacifisme et de l’amour de l’étranger, il faut masquer la vérité car elle n’est pas « politiquement correcte » et se méfier du peuple insuffisamment éclairé.

Du côté de la cause finale, qui donne du sens à l’existence, on va se contenter de l’utilitarisme, faisant de l’autre un objet à exploiter, on va promouvoir la consommation de masse. Comme l’homme vulgaire du marchand de Venise de Shakespeare, on veut « ce que beaucoup d’hommes désirent » et l’or passe avant tout. On va combattre toute forme de spiritualité organisée socialement, qui risquerait de dériver en institutions contraignantes. On fait cela au nom de belles idées comme « la laïcité » : Lénine avait vu là une idée géniale pour dissoudre la société « bourgeoise ». Mais c’est la bourgeoisie qui la première s’est écartée des valeurs de la religion au profit du nouveau Dieu : Mammon, l’argent !

Du côté de la cause efficiente, c’est-à-dire des hommes, l’idéologie des élites dominantes fait l’éloge de l’oligarchie, masquée sous le nom de la démocratie. Les oligarques considèrent que leurs privilèges de fortune ou de pouvoir sont justifiés par leurs mérites, comme le niais de Shakespeare dans le marchand de Venise. Le niais est suffisant et prétend à la fille du riche vénitien à cause de ses mérites. Il n’est pas question d’amour. Il n’est pas non plus question de se sacrifier à son pays. La première promotion de l’Ecole Nationale d’Administration s’appelait « France combattante ». Cela faisait allusion a combat de la libération face à l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, cet idéal n’est plus à la mode. Il faudrait plutôt parler de « carrière méritante ». Le mérite est révéré ce qui est l’aspect positif mais ce mérite a pour seul objectif la satisfaction de l’égo. Dostoïevski dans les frères Karamazov met en scène un personnage à la fois niais, intelligent et suffisant qui déclare :

"Les crétins ont été mis sur terre pour être pillés et utilisés par les gens intelligents."

C’est Rakitine, qui aujourd’hui aurait sans doute fait carrière de politicien dans les partis oligarchiques de droite ou de gauche.

On obtient ainsi un « monde » de significations qui a sa cohérence propre et est fermé à toute autre vision.

Le monde de l’idéologie des jouisseurs dominants :

L’argent

Utilitarisme de l’égo ← Idéologie des élites → oligarques

Nomadisme

Cette idéologie que l’on appelle souvent « le politiquement correct » permet aux dominants du moment de justifier leur domination et de dévaloriser les visions concurrentes. C’est la forme moderne du pharisaïsme auquel en son temps s’est heurté Jésus Christ.

2/ L’idéologie des souffrants déracinés

Les souffrants deviennent des dissidents face à l’idéologie des élites dominantes car leur souffrance leur fait voir l’évolution sociale d’une façon différente. Ils souffrent du déracinement provoqué par l’immigration, de l’insécurité face au crime mais aussi face au chômage. Ils souffrent de l’effondrement des valeurs traditionnelles qui donnaient du sens à leur existence. Dans le pire des cas, certains vont essayer de retrouver ce sens, dans une autre forme de crime : le terrorisme à prétexte religieux. Certains, de plus en plus nombreux, veulent résister au cancer social qui menace de submerger leur pays et leur civilisation : ce sont les résistants, qui souvent se regroupent dans les partis dit populistes et les associations identitaires.

La cause matérielle qui fait apparaitre l’idéologie des souffrants est le déracinement. Les gens ont quitté leurs villages pour beaucoup pour des raisons économiques et s’entassent dans des banlieues sans âme. Le village avait sa cohérence civilisatrice avec son église, son école, sa mairie, son château, ses petits commerces et exploitations agricoles, son monument aux morts et son cimetière. Ce monde humain a peu à peu disparu. Dans les banlieues sans âme ni religion se sont entassés des millions d’étrangers, à la culture étrangère aux traditions européennes. Ces populations déracinées sont tombées pour une part dans la délinquance ou la criminalité. Les Français d’origine ont entretemps perdu une partie de leur identité : on ne leur a pas enseigné l’histoire du pays ni appris à l’aimer.

La cause efficiente, les hommes est donc composée de victimes : victimes de la mondialisation et du chômage, victimes de l’insécurité, de la perte de l’environnement français habituel, victimes de l’immigration sur laquelle ils n’ont jamais été consultés. Ils s’aperçoivent que la démocratie a été confisquée : ils ne maitrisent plus rien et les puissants ne cessent de vouloir les culpabiliser. La culpabilisation est sociale (des pauvres types), morales (des racistes sans repentances), politiques (leurs choix sont diabolisés) culturelle (ils adhèrent à des valeurs du passé : la famille, leur condition d’homme ou de femme, leur nationalité, leur attachement à la morale des parents), économiques (ils ne sont pas « rentables » ou pas assez).

La cause finale est sentie confusément : les souffrants voudraient conserver leur être, leur identité et le monde nouveau leur oppose les seules valeurs de l’avoir, et veut leur imposer des principes dictatoriaux soit disant au nom des droits de l‘homme. Comme l’a bien vu le philosophe Schiller a propos de la révolution française, les principes servent à détruire les sentiments humains. Le marxisme est mort mais son moule d’origine, le jacobinisme révolutionnaire est toujours vivant avec tout son sectarisme. C’est au nom des principes de la révolution française que l’on impose au peuple le carcan du politiquement correct. La liberté a été dévoyée par la vanité. L’égalité par la férocité (la guillotine physique ou morale) et la fraternité par la vénalité (fraternité entre « frères » de partis sur le dos du peuple).

La cause formelle est alors l’esprit de résistance. Des clubs identitaires se forment, des partis populistes progressent de plus en plus. Certes, ils sont diabolisés, critiqués, calomniés. Ils ont aussi leurs défauts. Mais ils incarnent l’espoir d’un monde nouveau que les élites sont incapables de voir et de comprendre. Elles font appel à des experts pour tenter d’exorciser le mal. Mais ces experts, inconscients de leur rôle social de défense des jouisseurs privilégiés, ne sont que des charlatans.

On a alors le schéma suivant :

Esprit de résistance

Conservation de l’être ← Idéologie des souffrants → victimes du système

déracinement

 

3/ Un fossé se construit et le dialogue semble impossible

L’Occident est malade politiquement car ses bases sociologiques d’autrefois se sont effondrées. Il a produit lui-même cet effondrement, par sa pensée réductionniste ne voyant que le calcul économique et le droit, les deux alliés pour subordonner les souffrants et empêcher leur révolte. Mais les hommes ne sont pas que des « ressources humaines » (mot ignoble devenu courant dans les entreprises, évacuant le mot de « personnel » dans lequel il y avait encore des « personnes »). Les hommes ont une vie biologique, importante bien sûr, mais ils ont à la différence de l’animal une « existence » porteuse de sens. Or, l’existence de l’homme est tragique car il ne peut échapper à la mort. Mais il peut donner  à sa vie le sens d’une mission pour sa famille, sa patrie et son Dieu. Cela, l’idéologie des jouisseurs dominants ne permet pas de le comprendre. Les dirigeants sont desséchés et regardent les souffrants de haut. Leur intelligence se consacre à la technique, au calcul et au droit, non sans succès d’ailleurs. Mais le cœur leur manque. Marx l’avait prédit : la religion est le cœur d’un monde sans cœur. Le monde sans cœur est toujours là mais on lui a retiré son remède spirituel. Pas de cœur donc peu de courage, ce qui est dramatique dans un monde qui reste celui de la lutte, comme le nouveau terrorisme le montre.

La société est divisée et le dialogue semble impossible. Dans les milieux bourgeois, on ne doit même pas parler de Trump ou du Front National. La haine sociale l’interdit : on est bien en présence d’une nouvelle lutte des classes. Pour sortir de cette situation, il faudrait une politique et des idées qui rassemblent : historiquement, cela a existé, cela s’appelle le patriotisme. La Russie de Poutine s’est engagée sur ce chemin, après de cruelles épreuves. Hâtons-nous de faire de même car le temps presse !

Ivan Blot (Katehon, 26 novembre 2016)

28/11/2016

L'âge de bronze...

Les éditions Akileos viennent de rééditer les quatre premiers tomes de L'âge de bronze, la série en bande-dessinée d'Eric Shanower consacrée à la guerre de Troie... 

 

Shanower_Age de bronze.jpg

" » Je pars pour Troie  » Par ces simples mots, le pauvre vacher Pâris allume la mèche de ce qui va devenir l’un des plus célèbres conflits de tous les temps : la légendaire Guerre de Troie. Quand Pâris arrive dans la magnifique cité de Troie, il découvre un ancien secret du roi Priam. Dès lors, Pâris commence une aventure qui l’emmènera vers la plus belle femme du monde, Hélène de Sparte. La décision fatidique d’Hélène de renoncer à son foyer pour suivre Pâris apporte le malheur à des milliers de gens : son mari, Ménélas, abandonné sans raison ni explication ; le jeune roi Ulysse qui doit se préparer à des décennies de séparation avec sa femme et son nouveau-né ; et la prêtresse Thétis dont le fils, Achille, doit choisir entre une longue vie au foyer et une mort glorieuse en combattant devant Troie.

Inspiré des mythes et légendes des siècles passés, Un Millier de Navires présente à nouveau pour le vingt-et-unième siècle le prélude complet de la Guerre de Troie : chaque toucher sensuel, chaque coup violent, les rires et les pleurs, le désir et la traîtrise, toute une peinture de drame et d’action. Les dessins réalistes et documentés et les dialogues soignés d’Eric Shanower donnent une nouvelle vie à cette antique épopée. "

Quoi de neuf ?...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque l'actualité du moment...

Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

Richard Millet Liban 2.jpg

 

 

Quoi de neuf ?

On croyait la bobosphère aplatie par l’élection de Trump comme un quartier d’Alep aux mains des islamo-rebelles ; mais non : elle reste aux mains des narcisso-rebelles de Saint-Germain-des-Prés, et s’agite beaucoup, en ce moment ; et non seulement pour singer les bobos américains qui ne se résignent pas à l’élection de Trump (dont on n’a pas assez dit que son succès repose en grande partie sur le fait qu’il s’est attaqué à la presse, dont le pouvoir est répugnant : j’en sais quelque chose), mais aussi pour « faire bouger » la vie politique française en mobilisant cette chimère à l’allure de zombie qu’est le « peuple de gauche ».

            Ainsi a-t-on entendu une « créatrice » parisienne (i.e. une couturière) déclarer qu’elle ne créerait pas de robes pour Melania Trump, comme elle le faisait pour Michelle Obama : cet accès de pruderie politico-opportuniste, typique de la clique « culturelle », relève bien sûr de la déclaration d’intention, non de l’action, puisque Mme Trump n’a sans doute rien demandé à cette couturière.

            Je me rappelle ces ex-maoïstes demeurés purs et durs, après leur voyage en Chine, et reconvertis dans le soutien à Mitterrand, au début des années 1980, déclarer qu’ils boycotteraient tous les acteurs qui soutenaient la droite… Les bobos d’aujourd’hui, eux, signent une pétition appelant à faire cesser le « Hollande bashing », tenant que l’action de Hollande, depuis quatre ans, a été remarquable, quoique discrète, et que se livrer au dénigrement de ce pauvre homme est dangereux pour la « démocratie » – ces bobos oubliant qu’ils se sont livrés pendant cinq années à un « Sarkozy bashing » autrement féroce, et que Hollande est indéfendable parce qu’il déshonore la France non seulement par sa nullité politique, mais parce qu’il est inculte et laid, donc indigne de représenter ce pays, en tout cas de se présenter de nouveau à la présidentielle – encore qu’il y puisse y avoir quelque chose de littérairement touchant dans ce suicide public.

            C’est dire la profondeur du « débat politique », et les enjeux que les candidats de droite pourraient bouleverser, si Hollande ratait son suicide. C’est dire ce qu’est devenue une démocratie que nous sommes nombreux à combattre, tant il est difficile, par exemple, de voir le gauchisme culturel, au nom de la « démocratie » menacée,  embrigader Deneuve et Binoche, qui ont su représenter excellemment la France mais qui déchoient, à nos yeux, en signant une pétition aux côtés de domestiques du pouvoir culturel : Laure Adler, Mazarine Pingeot, Benjamin Biolay, Denis Podalydès, Jean-Michel Ribes…

            Hollande n’a été en fin de compte élu que pour faire voter la loi sur le mariage homosexuel et son cortège d’abominations para-conjugales. Il est vrai que Mme Belkacem l’a beaucoup aidé aussi dans le pilonnage de l’enseignement public, qui est devenu un Alep pédagogique, côté « rebelles », bien sûr. Mme Belkacem, qui va bientôt publier ses souvenirs d’enfance, chouchou, vient de clamer la colère que lui inspire la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle. Celui-ci se présente contre le système bi-partiste qui bloque la vie politique française (laquelle, selon nous, est bloquée pour bien d’autres raisons, au premier rang desquelles la nature délétère de la démocratie même) ; ses ennemis, à gauche et à droite, le disent sans expérience, alors qu’il en a plus que Hollande lorsque ce dernier était arrivé à l’Élysée ; outre son expérience de la banque et du ministère de l’économie, il a été secrétaire général de l’Élysée : poste qui lui a permis de voir de tout près ce que c’est que le pouvoir : rouages, intrigues, vanités… Il a donc plus de légitimité que la crypto-socialiste Nathalie K. M. qui déclarait ne pas se soucier de la déchéance de la nationalité, du burkini, etc., c’est-à-dire de l’essentiel (« c’est pas mon truc ! », disait-elle en un élégant français sans doute venu d’un atelier de  « création » post-littéraire agréé par les publishers de la rive gauche).

            S’étonnera-t-on que les mêmes bobos, qui soutenaient « Tarnac » et Nuit debout, se soient rassis au point de pleurnicher sur le destin de Hollande ? Ce serait oublier qu’ils sont stipendiés par le régime, avec lequel leurs liens sont devenus inextricables, et leur pouvoir toujours plus efficace, puisqu’ils savent passer des larmes à l’invective, et de l’insulte au bannissement. Trotski, Beria et Mao ont été de bons maîtres ; et leur progéniture peut jeter au visage de ma fille cadette que je suis un écrivain d’« extrême droite » ; l’extrême gauche a encore de beaux jours devant elle, aux pays des « droits de l’homme ».

 

            « – Quoi de neuf en littérature ? » me demandait, hier soir, un ami peintre que je n’avais pas revu depuis un an.

            « Rien : il ne se passe plus rien, sauf dans la Revue littéraire où, entre autres choses, nous démontrons que le Système ne produit presque plus rien d’authentique… Et c’est cet effort critique qui me vaut d’être traité de facho par la clique médiatico-littéraire », ai-je répondu.

            On comprend mieux que les bobos pleureurs continuent à s’acharner sur ceux qui résistent au chant d’amour et de mort socialo-libéral.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 20 novembre 2016)