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31/10/2011

L'animal est-il une personne ?...

Les éditions Flammarion viennent de rééditer dans la collection de poche Champs l'essai d'Yves Christen intitulé L'animal est-il une personne ?. Biologiste, chercheur dans le domaine de l'immunologie, Yves Christen, déjà auteur de plusieurs ouvrages sur les animaux, dont Le peuple léopard (Michalon, 2000), apporte ici une pièce importante au débat sur la place à donner à l'animal dans notre société. On notera qu'Alain de Benoist a signé une réponse à cet ouvrage avec son essai Des animaux et des hommes (Alexipharmaque, 2010).

 

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"Longtemps nous avons considéré les animaux comme ceux que la nature avait privés des qualités que nous, les humains, possédons : l'aptitude à raisonner, apprendre, communiquer, s'adapter, décoder, transmettre, enseigner, progresser... Les travaux scientifiques ont pulvérisé cette idée reçue et, depuis la dernière décennie, ils nous surprennent encore plus. Qui sont vraiment les animaux ? On les savait joueurs, blagueurs, rieurs, féroces parfois ; on les découvre tricheurs, menteurs, trompeurs, mais aussi aimants, mélancoliques ou encore émotifs, stratèges, sensibles aux intentions d'autrui, capables de respecter une morale ou d'élaborer une culture. La très grande ingéniosité des tests et l'extraordinaire diversité des observations scientifiques (éthologie, génétique, psychologie, zoologie, primatologie, neurosciences) nous révèlent les facettes de l'intelligence et de l'identité animales, et prouvent l'absurdité qu'il y a à réduire les compétences de la bête à la seule force de son instinct. Car en dépit des caractéristiques qui fondent l'homogénéité de son espèce, chaque animal est un individu à part entière, un être social unique, complexe, et par là même un sujet de droit. Des singes aux léopards, des éléphants aux antilopes, des baleines aux dauphins, l'auteur nous propose une approche de l'altérité qui apporte beaucoup au débat sur l'exploitation et la manipulation animales. Un plaidoyer fort documenté en faveur de la personne animale."

Chérie, j'ai rétrécie le peuple !...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Christophe Guilluy publiée sur le site Les influences. Christophe Guilluy est l'auteur d'un essai intitulé Fractures françaises (Bourin, 2010), qui a bousculé quelques dogmes de la bien-pensance.

 

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Chérie, j'ai rétrécie le peuple

Dans l’espace médiatique et politique, certains think tanks pèsent plus que d’autres. C’est le cas, dans la période récente, de la fondation progressiste Terra nova et de l’Institut Montaigne. Si l’un est classé à gauche et l’autre plutôt à droite, les deux sont libéraux et donc en phase avec les choix économiques de la classe dirigeante ce qui n’est pas vraiment surprenant puisque, de gauche ou de droite, ces laboratoires d’idées sont financés par les mêmes donateurs, pour l’essentiel, on retrouve des entreprises du CAC 40.

Le problème est que ces cercles de réflexions ne se contentent pas de faire la promotion du libre-échangisme. Ils produisent aussi de « la représentation sociale ». Et, force est de constater, que, en la matière, ils ont été plutôt efficaces. Les analyses sociales de la fondation Terra Nova ont ainsi très largement été adoptées par le parti socialiste. L’idée que la gauche devrait se concentrer sur un nouvel électorat constitué par des couches supérieures et les minorités, en abandonnant au passage la classe ouvrière, imprègne déjà le PS d’en haut. De la même manière, l’institut Montaigne contribue à imposer l’idée que l’avenir des classes populaires et de la jeunesse se joue désormais en banlieue. L’ennui est que l’essentiel des classes populaires et de la jeunesse populaire ne vit pas sur ces territoires. De gauche à droite, les think tanks libéraux diffusent ainsi une vision très restrictive des classes populaires. Le problème est que cette représentation est désormais adoptée par une majorité des classes dirigeantes.

L’invisibilité des classes populaires majoritaires à l’écart des grandes métropoles

Il faut dire que l’idée d’une société divisée entre des classes supérieures et moyennes et des catégories populaires issues de l’immigration a un grand mérite : elle permet de mettre en avant des catégories sociales en phase avec la mondialisation. Cette sociologie est d’ailleurs précisément celle des grandes métropoles c’est-à-dire des territoires qui ont le plus bénéficié de la mondialisation. Dans cette représentation, les catégories populaires, pourtant majoritaire, et qui vivent à l’écart des métropoles dans des espaces périurbains, ruraux et industriels, disparaissent, avec elles, la question sociale. Cette dernière laisse alors la place à une question sociétale, celle de la place des minorités ; soit une thématique bien peu subversive pour les tenants du libre-échange mondialisé.

Exit la question sociale, exit aussi la recomposition sociale sans précédent à laquelle on assiste avec l‘implosion de la classe moyenne et l’émergence d’une nouvelle classe populaire. S’il n’existe pas de conscience de classe, l’employé du lotissement pavillonnaire, l’ouvrier rural, l’indépendant, le chômeur du bassin minier mais aussi le petit paysan se reconnaissent dans une perception commune de la mondialisation et de ses effets. Cet ensemble forme désormais un ensemble socio-culturel cohérent et définit les contours d’une nouvelle « classe populaire ». Une classe populaire qui s’abstient beaucoup pour les élections, à l’exception notable des Présidentielles.

Christophe Guilluy (Les infuences, 22 octobre 2012)

30/10/2011

Tour d'horizon... (16)

 

 

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Au sommaire :

- sur le site de Marianne, Pierre Conesa dénonce la pseudo-menace de la bombe iranienne que les Etats-Unis agitent périodiquement pour effrayer les Occidentaux...

La menace nucléaire iranienne : "Une escroquerie intellectuelle"

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- sur Enquêtes&débats, Christopher Lings revient sur le phénomène des Indignés et y voit une première étape, certes imparfaite, dans la révolte contre le système...

L'indignation n'est que le commencement

 

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A propos de l'affaire Omar Raddad...

Vous pouvez visionner ci-dessous un entretien de Robert Ménard avec Guy Hugnet, auteur de Affaire Raddad - Le vrai coupable (Archipel, 2011), à propos du traitement de cette affaire par le milieu médiatique. Eclairant... L'entretien a été réalisé pour la revue Médias.

 


OMAR M'A TUER : Radiographie d'un aveuglement... par revue-medias

29/10/2011

Dans la tête de Richard Wagner...

Les éditions Fayard viennent de publier une énorme étude de Christopher Looten consacrée à Richard Wagner et intitulée Dans la tête de Richard Wagner - Archéologie d'un génie. Christopher Looten, compositeur et théoricien de la musique, a puisé dans les milliers de pages d'écrits du maître de Bayreuth pour présenter sa pensée et ses sources d'inspiration. Indispensable pour tous les wagnériens !

 

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"Richard Wagner avait une opinion sur tout : de la mode à l’atome, en passant par la tragédie grecque, Schiller ou Darwin. Il vénérait Goethe et admirait Balzac, trouvait les vêtements des Allemandes indécents et vantait la nudité grecque. Shakespeare était à ses yeux le plus grand poète allemand et il se voyait lui-même comme le successeur d’Eschyle. 
Rarement lus, les dix volumes des Œuvres en prose où Wagner expose ses opinions demeuraient jusqu’à aujourd’hui un domaine inexploré. Christophe Looten en a extrait les pensées du compositeur pour nous les offrir dans une nouvelle traduction. Les cent dix sujets de cette autobiographie intellectuelle sont enrichis de commentaires, de nombreuses citations du Journal de Cosima, ainsi que de passages de lettres inédites en français. 
Il nous restitue une image fidèle d’un aspect encore méconnu du compositeur : l’homme de culture, le lecteur, le bibliophile, exemple même de l’artiste génial de la fin du XIXe siècle. 
Ce voyage dans l’esprit d’un des plus grands génies de la musique nous fait entrer dans le monde de Richard Wagner. Guidés par l’un de ses meilleurs connaisseurs, nous allons à la rencontre d’un homme dont la musique exerce toujours une fascination incomparable."

Avant la tempête...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue cueilli sur le site de l'agence de presse russe RIA Novosti et signé par Hugo Natowicz, journaliste français installé à Moscou, dont le blog Impressions de Russie mérite d'être visité.

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Avant la tempête

En 2007, le journal espagnol El Pais publiait un supplément week-end consacré au "miracle islandais". Le ton du journal était empreint d'une grande bienveillance: économie, société, l'Islande était à la pointe de l'humanité. Je me rappelle surtout d'un trait d'esprit du journaliste qui mettait en opposition, classements à l'appui, ce petit paradis avec la lie de l'Europe: la Russie. Un pays miné par la grisaille, la déprime et la vodka. Ces lignes, ce ton, m'avaient indigné, même si je ne pouvais deviner le krach qu'allait connaître le "miracle islandais", et bien d'autres miracles tout aussi illusoires, comme celui de l'Espagne ou encore des "tigres baltes".

Le temps passant, c'est désormais l'ensemble du "miracle européen" qui est au bord du gouffre. A mesure que le système sur lequel s'est érigée la prospérité de l'après-guerre se fissure, la crise nous renvoie à une question essentielle: sur quoi repose réellement la richesse des nations? N'étant pas économiste, je ne cherche nullement à dresser ici une analyse technique de la situation mondiale dans ce domaine. Toujours est-il qu'une rencontre fortuite m'a poussé à y réfléchir.

La scène se passait dans un café du centre de Moscou. Je liai la conversation avec mon voisin de table, un homme d'affaires russophone originaire des républiques baltes qui s'était reconverti dans la vente d'or. Je lui fis remarquer que les affaires devaient bien marcher dernièrement. Après avoir évoqué la ruée vers l'or actuelle des épargnants, il fit une remarque assez juste, que je résumerai comme suit: "L'or est indépendant de toutes les magouilles d'un marché dont la valeur ne repose sur rien et s'écroulera prochainement. Vous autres Européens allez particulièrement souffrir. Vos dirigeants ont fait le choix de former des générations de nantis qui ont perdu tout contact avec la réalité, le concret. En Russie, les gens ont connu un défaut de paiement il y a 13 ans, et n'ont pas encore confiance dans le système financier. Ils auront moins de mal à prendre une bêche, un râteau et à aller cultiver le jardin de leur datcha".

Cette vision un peu apocalyptique de notre futur proche possède néanmoins une part de vérité. J'ai toujours considéré qu'en France, l'attachement aux bienfaits octroyés par l'Etat-providence avait atteint un niveau pervers, bridant le développement de la société. Gâtés par un système fondé sur des privilèges en tous genres, les Français donnent souvent l'impression de s'agripper à leurs acquis au point d'en perdre toute initiative. Retraite, chômage, allocations, et j'en passe: la prospérité est une manne qui rappelle à de nombreux égards une drogue dure. Une drogue qui a dans une large mesure précipité les gouvernements dans la spirale de la dette. Les graves problèmes de l'économie mondiale risquent de malmener l'édifice social de l'Europe, et de ramener ses citoyens vers une dure réalité.  

Retard salvateur?
C'est un fait: l'équilibre actuel des pays occidentaux, caractérisé par une économie réelle déconnectée d'un système financier devenu fou, ne peut durer ad vitam aeternam. Une partie importante de la prospérité actuelle est fondée sur un leurre: le crédit, unissant un club de pays s'empruntant les uns aux autres. La crise aidant, il se pourrait fort bien qu'un ou plusieurs maillons lâchent. Et que la corne d'abondance de cet argent "fictif" tarisse. Il est symptomatique de constater que la Russie, pour de multiples raisons historiques, reste en marge de la mondialisation. Une circonstance qui pourrait s'avérer cruciale, à l'heure où différents économistes sérieux augurent un krach historique dans un avenir proche.

Suite au défaut de paiement de 1998, qui provoquait une ruée vers les banques et la ruine de nombreux épargnants, la Russie a dû remonter la pente en s'astreignant à la plus grande austérité. Riche de ses matières premières, le pays bénéficie d'un vaste excédent commercial. Refusant de vivre au-dessus de ses moyens et de recourir à l'endettement à outrance, la Russie affiche certes un "retard" sur l'Occident en termes de progrès et de bien-être social. La contrepartie, c'est qu'elle a largement échappé au piège d'une financiarisation à outrance de son économie. Cause ou conséquence? L'attachement des Russes aux bienfaits de la société moderne reste moins important qu'à l'ouest de l'Europe.

Je citerai à nouveau le cinéaste russe Andreï Konchalovski, qui évoque mieux que quiconque le "retard salvateur" qu'affiche la Russie au sein du monde moderne: "Huxley a dit que l’Ouest allait vers la crise en Rolls Royce, et les Russes en tramway. Et comme nous sommes en tramway, il nous reste quelques valeurs du XIXe siècle : l’amour pour le théâtre, pour les livres, on lit, on se dispute, on discute du sens de la vie. Il y a belle lurette qu’on ne parle plus de ces choses en Europe! Au temps de Herzen ou de Dostoïevski on n’en parlait déjà plus! On ne parle que d’argent. Mais en Russie il reste un besoin pour les choses spirituelles, qui ne pénètre pas partout de façon homogène dans la société, mais reste très fort. Et c’est précisément parce que nous sommes en retard que nous sommes forts".

Si les risques sont grands pour l'économie occidentale sur le court terme, c'est aussi l'ensemble du système politique et moral que celle-ci soutenait qui pourrait s'effondrer. Les forces de l'histoire menacent, comme elles l'ont fait avec l'empire romain et d'autres, une architecture qui il y a peu semblait indestructible. La crise pourrait alors pousser l'homme à regarder en face sa condition, et à adopter un nouveau paradigme de pensée.

Dans cette vaste réorganisation, la Russie, "forte" de son retard, pourrait constituer un important réservoir d'inspiration pour l'avenir.

Hugo Natowicz (RIA Novosti, 21 octobre 2011)