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  • La fin de l'universalisme et le retour des frontières...

    Les éditions L'Artilleur viennent de oublier un essai de Jean-Baptiste Noé intitulé Un monde qui avance sans nous - La fin de l'universalisme et le retour des frontières. Rédacteur en chef de la revue Conflits, Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique et professeur d’économie et de géopolitique.

     

     

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    " L’époque universaliste, celle où l’Occident pensait imposer sa vision et sa puissance au reste du monde, est révolue. La fin de l’universalisme marque le renouveau des frontières, qu’elles soient politiques, culturelles, sociales, économiques.

    Dans cet essai, Jean-Baptiste Noé conduit le lecteur dans les lieux marquants de la nouvelle mondialisation pour comprendre comment se recompose le monde. Asymétrie de la guerre, déploiement de l’intelligence artificielle, retour de l’archaïsme, autant de murs et de frontières à nouveaux dressés pour dessiner une nouvelle carte du monde.
    Cet essai repose sur de nombreuses études de cas, il suit les routes de la fin de l’universalisme qui, partout sur la planète, font émerger un nouveau monde."

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  • Le réveil des identités...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous l'entretien donné par Jean-Baptiste Noé au Libre Média, média d'information québecois, à l'occasion de la sortie de son essai Le déclin d'un monde - Géopolitique des affrontements et des rivalités en 2023 (L'Artilleur, 2022), dans lequel il prédit l’effondrement de l’universalisme et le retour des identités sur la scène internationale. Il plaide pour le retour du réalisme dans un contexte de «brouillard médiatique». Historien, Jean-Baptiste Noé est  rédacteur en chef de la revue Conflits.

     

                                               

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  • L'universalisme, ou le danger d'une morale hypertrophiée...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une nouvelle vidéo d'Ego Non dans laquelle il évoque un pan de la pensée d'Arnold Gehlen au travers de son essai récemment traduit, Morale et hypermorale (La Nouvelle Librairie, 2023).

    Figure de proue de l'anthropologie philosophique, Arnold Gehlen, dont la réflexion porte sur l'homme en tant qu'"animal inachevé" (Nietzsche) mais "ouvert au monde", est considéré comme un des intellectuels conservateurs les plus importants  du XXème siècle. Son œuvre a été traduite très tardivement en français et donc largement ignorée de ce côté-ci du Rhin. Après la publication de deux recueils de textes intitulés Anthropologie et psychologie sociale (PUF, 1990) et Essais d'anthropologie philosophique (Maison des sciences de l'homme, 2010), les éditions Gallimard ont publié son maître-ouvrage L'Homme - Sa nature et sa position dans le monde en 2021, quatre-vingts ans après sa sortie en Allemagne.

     

                                           

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  • La fin de l’universalisme...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Baptiste Noé cueilli sur l'Institut des Libertés et consacré à la fin de la domination de l'idéologie universaliste dans le monde. Jean-Baptiste Noé est directeur de la revue Conflits.

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    La fin de l’universalisme

    L’Europe a cru à l’universalisme. Elle a cru que les frontières culturelles, religieuses, humaines, politiques étaient des chimères que l’on pouvait effacer. Elle a cru qu’en dehors de l’Europe les autres étaient d’autres soi-même, avec les mêmes volontés, les mêmes passions, les mêmes objectifs. D’autres soi-même qui aspiraient, dans leurs désirs secrets, à devenir comme les Européens. Elle a cru que l’on pouvait exporter les valeurs et les idées, qu’il suffisait pour cela de coloniser, autrefois, de normaliser, aujourd’hui, si besoin au moyen d’une guerre.

    Peindre le monde à son image

    L’universalisme n’était pas exempt d’ambiguïté. En voyant dans l’autre un être encore à l’état de nature, qu’il fallait « développer » pour le transformer en homme complet et abouti, la pensée universaliste était porteuse de guerres et de drames. La première période coloniale (1880-1960) fut une tentative d’exportation des valeurs universelles. Puis, en dépit de l’échec de celle-ci, les Occidentaux continuèrent de vouloir peindre le monde à leur image. Ce fut la grande époque des objectifs de développement, d’une colonisation intellectuelle à laquelle des élites se prêtèrent, flattée d’entrer dans le monde occidental et d’être invités dans les colloques mondiaux. La modernisation devait suivre la voie de l’occidentalisation. Il y eut un premier accroc en 1979 quand les mollahs iraniens affirmèrent vouloir moderniser leur pays sans l’occidentaliser. Un accident de l’histoire probablement, qui se prolongea avec Kadhafi et Saddam Hussein. Mais la démocratie, qui n’était plus seulement un régime politique mais une idéologie politique, devait être la plus forte. L’universalisme, si doucereux et sirupeux dans son langage, provoqua des guerres sanglantes dont les blessures n’ont pas encore fini d’abîmer le monde. Yougoslavie (1991-2001), Afghanistan (2001-2021), Irak (2003), Syrie et Libye (2011-) pour les principales. La démocratie devait être exportée à coups de bombes et ainsi remodeler le visage et les peuples de ces pays. La planification politique à l’échelle internationale échoua. Ces pays rejetèrent l’Occident et ses valeurs universelles. Simultanément, d’anciens empires abattus se réveillèrent en voulant peser sur la scène du monde : Russie, Chine, Inde ; eux-aussi avec la modernité technologique mais sans les valeurs occidentales.

    Dans l’espace occidental même, l’universalisme était rejeté au profit d’un retour à l’indigénisme ; l’Amérique latine et l’Afrique en furent les laboratoires. L’Afrique, qui devait avancer à marche forcée à coups d’élections, de démocratie et d’aides publiques au développement connait un émiettement sans précédent. En Europe même, l’assimilation et l’intégration des populations extra-européennes devient de plus en plus complexes ; loin de vouloir adopter les modes de vie européens elles souhaitent conserver leurs cultures et leurs spécificités. L’universalisme est mis en échec à l’intérieur même de l’Europe. Ainsi, nous avons un monde de plus en plus uni par la mondialisation, de plus en plus technologisé et connecté mais également de plus en plus émietté et diversifié parce que l’universalisme a échoué.

    Accélérer quand on échoue

    Le propre d’une idéologie est de ne pas reconnaitre son échec et de ne jamais déposer les armes : quand elle échoue, elle accélère. La fin de l’universalisme signifie donc l’accélération de sa défense, d’où les interventions passives ou actives en Syrie et en Libye, alors que l’échec de l’Irak était patent. D’où le refus de voir le monde tel qu’il est, de penser les empires renaissant, de comprendre les motivations et les idéologies qui sous tendent les actions des autres pays et des autres peuples. Reconnaitre l’échec de l’universalisme, c’est reconnaitre l’échec de près de deux siècles de politique mondiale.

    Pourtant, cette fin de l’universalisme est une bonne nouvelle. Parce qu’il est un sentimentalisme et un idéalisme, il a conduit à la guerre, il a bouleversé des régions, il a affaibli l’Europe. En posant systématiquement le débat sur le terrain des valeurs et de la morale il a empêché toute entente et toute conciliation. L’universalisme est une rupture intellectuelle avec la vision classique de l’homme et des relations entre les nations, fondée sur la nature humaine et les rapports de forces. La fin de l’universalisme n’est pas le fait des idéalistes qui auraient reconnu leur échec, il est le fait des autres peuples qui l’ont rejeté parce que contraire à leurs cultures et à leurs intérêts. Parce qu’il est né en Europe et qu’il a été exporté dans les zones tenues par les Occidentaux, l’Europe est aux premières loges de sa disparition. Les guerres extérieures et intérieures qu’elle connait désormais signent la fin de l’universalisme, même si beaucoup ne veulent pas le reconnaitre. Le projet même de l’Union européenne, fondée sur la dissolution des nations dans une bureaucratie impériale, est un échec, les nations, notamment l’Allemagne, reprenant leurs intérêts de puissance. le nouveau siècle débuté est donc en rupture avec les deux siècles passés du fait de cette disparition de l’universalisme.

    L’école des réalistes

    Pour la France et l’Europe, une autre voie était possible. Loin de l’adhésion systématique à l’universalisme, l’école française d’économie politique puis l’école de géographie ont proposé une étude réaliste des échanges entre les nations. La vision mondiale portée par François Guizot, Frédéric Bastiat ou encore Alexis de Tocqueville est en opposition avec la pensée des idéalistes, notamment dans leur opposition à la colonisation. Durant la période coloniale, le maréchal Lyautey su tenir compte des différences culturelles des peuples et s’appuyer sur les spécificités du Maroc pour assurer son développement économique sans porter atteinte à son identité historique.

    L’école française de géographie, initiée par Paul Vidal de la Blache, a ancré ses recherches dans l’étude première du terrain géographique et de l’occupation humaine ; une étude réaliste et critique qui n’a jamais cessé d’exister en dépit de la prééminence du courant idéaliste.

    La fin du monopole du dollar, la mise en place d’une zone monétaire chinoise, le combat contre les normes juridiques américaines, la volonté chez certain de bâtir un empire islamique, le rejet des cultures européennes pour la redécouverte des cultures locales sont autant de manifestation de la fin de l’universalisme. Nous revenons ainsi au début du XIXe siècle, quand le monde comptait plusieurs empires et que l’Europe ne l’avait pas encore conquis, mais avec la technologie et la modernité technique du XXIe siècle. La fin de l’universalisme n’est donc pas un retour en arrière mais une continuation de l’histoire.

    Jean-Baptiste Noé (Institut des Libertés, 29 avril 2022)

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  • La voie du corporatisme ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Franck Buleux cueilli sur Métainfos.fr et consacré à la réforme des retraites. Enseignant, diplômé en histoire, en droit, en sciences politiques, Franck Buleux est l'auteur de plusieurs essais dont L'unité normande (L'Harmattan, 2015) et L'Europe des peuples face à l'Union européenne (L'Æncre, 2017).

     

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    La voie du corporatisme

    Dans la réforme des retraites, il est question d’universalité.

    Bien entendu, l’universalité en France ne concerne que les personnes résidentes en France, ce qui n’est déjà pas si mal. On se demande parfois à quoi sert le critère de nationalité, mais c’est un autre débat.

    Le critère d’universalité implique l’ensemble des personnes, comme le système d’indemnisation des frais de santé, mis à part, il est vrai, le système dit de droit local, qui concerne l’Alsace et la Moselle, soit trois départements du Grand Est.

    Ce système universel permet à toute personne de bénéficier de la prise en charge de leurs frais de santé au seul titre de leur résidence stable et régulière en France.

    En matière d’assurance vieillesse (lire « retraite »), il a été mis en place des systèmes différents au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. On peut s’interroger sur les deux systèmes de répartition et de capitalisation. Il est simplement nécessaire de rappeler, contrairement à ce qui se dit ou s’écrit ici et là, que la répartition n’offre aucun droit puisque les cotisations sociales de l’année en cours permettent de régler les prestations de cette même année. Il s’agit, purement et simplement, d’un système de solidarité intergénérationnel, sans pérennité garantie. Il n’y a donc aucun « droit acquis » en la matière.

    À partir de ce système, inauguré le 14 mars 1941 par le régime de Vichy et repris par le Conseil national de la Résistance (CNR), l’après-guerre a vu l’éclatement des régimes. Chaque régime (quarante-deux) gère ses propres cotisations et verse les prestations dues aux personnes concernées.

    La dérive apparaît, non pas dans la différenciation des régimes, mais dans leurs choix subjectifs. On peut, en effet, s’étonner du choix de certains régimes spécifiques. Le régime de la SNCF existait déjà avant 1945, sans doute existait-il un certain corporatisme dès 1909, date de l’entrée en vigueur du régime dit « spécial ». On le voit, rien n’est simple, et le plus souvent la date de 1945 ne sert qu’à sacraliser, qu’à sanctuariser des règles antérieures, du moins pour leurs principes. Il est nécessaire de le rappeler, les prestations sociales, même si elles ont été généralisées, ne sont pas nées à la Libération.

    Le mot « corporatisme » employé il y a quelques lignes semble être un « gros mot », c’est-à-dire un mot qui ne doit pas être utilisé. Une corporation est un ensemble de personnes qui exercent la même profession, généralement regroupées dans une association et bénéficiant, comme ce fut le cas aussi bien dans l’Antiquité romaine que sous l’Ancien Régime, d’un ensemble de monopoles et de privilèges. Nous y voilà… « privilèges », c’est-à-dire un droit collectif reconnu par la loi en échange de services : protection d’une profession (numerus clausus) contre la concurrence abusive, voire déloyale, obligation à l’engagement militaire des nobles sous l’Ancien Régime en contrepartie du non-paiement de l’impôt… Un privilège peut donc être octroyé en contrepartie d’une obligation liée à la solidarité nationale comme l’ouverture de services publics tous les jours calendaires.

    Vouloir à tout prix l’universalité des systèmes, c’est méconnaître les particularités, nier les particularismes. Que représente l’universalité face aux métiers ? En 1884, les syndicats professionnels ont obtenu l’abrogation de la loi Le Chapelier de 1791 visant à l’interdiction du régime général d’exercice collectif des métiers ouvriers, c’est-à-dire des corporations.

    Les syndicats sont, pour la plupart d’entre eux, des confédérations, c’est-à-dire qu’ils représentent des fédérations représentant de nombreux métiers. Pourquoi ? Parce que les exigences des métiers sont différentes, les besoins des salariés aussi. Pourquoi ne pas les prendre clairement en compte ?

    Deux systèmes me semblent abusifs : l’universalisme qui ne correspond en rien aux particularismes et l’individualisme qui ne revêt un intérêt qu’en cas de reconnaissance d’un préjudice direct et personnel par un tribunal compétent. Au-delà de l’universalisme et de l’individualisme, il existe le corporatisme, qui peut préserver des droits issus des particularités des métiers. Un « privilège », du latin privilegium (« loi concernant un particulier »), est à l’origine une disposition juridique conférant un statut particulier, statut lié à une situation.

    La réforme des retraites nous est présentée comme une ode à l’égalité absolue, pour ne pas dire l’égalitarisme. La République en marche (LREM) comme la plupart des mouvements de droite libérale (la majorité des Républicains) se servent de ce concept pour s’appuyer sur cette réforme libérale. Mais ce n’est pas de libéralisme (système universel et impersonnel) dont nous avons besoin mais de conservatisme, au sens premier du terme. La conservation de notre identité, c’est aussi la préservation de nos métiers, le respect de nos spécificités face à un universalisme niveleur.

    Non, il n’y a pas trop de régimes spéciaux, mais il n’y en a pas assez. Le statut des cheminots, longtemps profession réservoir des forces de gauche (voir les liens entre le PCF et la SNCF en 1947 lorsque les communistes ont quitté le gouvernement et l’explosion concomitante des émeutes sociales), est l’arbre qui cache la forêt. Qu’il faille refonder les règles concernant les cheminots, pourquoi pas ? Mais la question essentielle, globale est la mise en place de systèmes liés aux métiers, bref un système corporatiste. Recentrer les métiers (réserver la vente de pain aux artisans boulangers), octroyer des privilèges à certaines professions (le droit de stationner gratuitement en faveur des commerçants ayant pignon sur rue), conserver les trimestres sans cotisations aux mères de famille dans le cadre de la promotion de la natalité (qu’en sera-t-il dans un système dit « à points » puisque, par définition, s’il n’y a pas de revenus, il n’y a pas de points…) Qui évoque cette carence liée au nombre d’enfants ? (https://metainfos.fr/2019/12/24/noel-maternite-le-combat-oublie/ ) moins que nos dirigeants aient déjà décidé que l’immigration et la robotisation ne remplaceront, à court terme, les travailleurs nationaux ? C’est une optique, mais les députés LREM devraient nous le confirmer.

    Confier l’expression populaire au législatif est une hérésie, compte-tenu de l’augmentation de l’expression du pouvoir exécutif avec, notamment, la mise en place par le président Chirac du quinquennat. Nous y reviendrons lors d’une prochaine chronique. Hérésie aussi quand on voit le nombre de Français qui ne s’expriment pas lors des élections législatives, dont l’existence ne sert qu’à valider le choix présidentiel du mois précédent : sans compter les bulletins blancs et nuls, plus de 51 % des Français inscrits ne se sont pas déplacés en juin 2017 pour participer à l’éclatante victoire sans appel (sic) des inconnus ou des recyclés (le plus souvent du PS) d’En marche ! Face à cette désaffection, un Conseil national des métiers serait le bienvenu qui permettrait de mobiliser les branches d’activités et le monde du travail.

    Il est temps de revenir à une société utilitariste. La notion de corporatisme n’est pas surannée, elle représente l’essence de la nation, celle des intérêts (au sens positif) professionnels, intérêts qui permettent aussi de lier les employeurs et les salariés, hors lutte de classes.

    Oui, le corporatisme est une option d’avenir. Il serait temps d’y réfléchir.

    Franck Buleux (Métainfos, 5 janvier 2019)

     

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  • Qui est vraiment le Pape François ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de l'essayiste Guillaume Faye, cueilli sur son site J'ai tout compris et consacré au pape François...

     

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    Qui est vraiment le Pape François ?

    Le Pape François avait habitué le monde, au nom de la charité chrétienne, à approuver et encourager l’accueil de tous les ”migrants” notamment musulmans, colonisateurs de l’Europe. Jamais aucun de ses prédécesseurs n’avait osé se risquer à un tel exercice. Sur l’île de Lampedusa il s’était livré à des démonstrations ridicules d’empathie envers les migrants clandestins, en culpabilisant les Européens injustement accusés d’égoïsme. Mais là, il est allé encore plus loin dans l’ordre symbolique et politique de la provocation.

    Le Pape préfère les musulmans aux chrétiens d’Orient persécutés

    Il a d’abord commencé, à Rome, se prenant pour le Christ en personne, par laver les pieds devant les caméras TV de migrants clandestins africains et arabes. L’image a fait le tour du monde et le message était clair : venez, vous êtes nos maîtres et nous sommes à vos pieds. Ensuite, il a notoirement négligé la défense des chrétiens d’Orient persécutés par l’islam au profit de l’accueil des immigrés clandestins musulmans.

    Revenant de l’île de Lesbos, en Grèce, où débarquent les clandestins venus de Turquie, le 17 avril, il a ramené à Rome trois familles syriennes musulmanes, dont toutes les femmes étaient voilées dans l’avion pontifical. Il les a préférées à des familles chrétiennes, alors même que ces dernières fuyaient les persécutions islamiques. Peu lui importe.

    Et le Pape s’est justifié en ces termes jésuitiques d’une parfaite mauvaise foi : «  je n’ai pas choisi entre musulmans et chrétiens. Ces trois familles avaient des documents prêts, en règle. Il y avait, dans une première liste deux familles chrétiennes, mais elles n’avaient pas les papiers en règle. Ce n’est donc pas un privilège ». Il y a quelque chose de cyniquement glacial dans cette argutie ridicule qui se réfère aux ”papiers en règle”. Et le Pape à ajouté, en parlant des douze musulmans qu’il a ramené à Rome dans son avion : « ces douze sont tous des enfants de Dieu et je privilégie les enfants de Dieu ». Mensonge : il n’a pas privilégié les ”enfants de Dieu”, mais les musulmans par rapport aux chrétiens syriens persécutés.

    Le Pape, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, a aussi fait pression sur Matteo Renzi, le Premier ministre italien, pour que l’Italie refuse de créer des centres fermés pour les déboutés du droit d’asile, les faux réfugiés. (1) Ces derniers seront donc libres de rester et de se répandre sur le Continent. Les prises de position du Pape risquent, en Europe, de lui attirer l’hostilité de très nombreux catholiques. Ce qui n’est pas une bonne chose pour une Église qui est déjà en mauvaise posture.

    Apitoyer et culpabiliser les Européens

    Ce Pape, jésuite sud-américain, défend en réalité une idéologie de rupture, anti-européenne, anti-romaine. Apitoyer et culpabiliser les opinions catholiques et européennes sur les ”migrants” est son principal objectif. Il a déclaré : « nous sommes tous des migrants », genre de formule passe–partout, typique du jargon gauchiste journalistique. D’ailleurs, comme par hasard, celui qui a le plus félicité le Pape pour ses positions est Jean–Luc Mélenchon…

    Il lance des signaux aux lourdes conséquences internationales : une porte ouverte à l’invasion musulmane recommandée par le Pape lui-même, c’est un vrai ”miracle d’Allah ” ! Pour le Pape, l’Europe est la « patrie des droits humains » et non pas celle d’un peuple et d’une civilisation. Il milite pour une Europe ouverte à toute immigration. D’ailleurs, dans sa carrière ecclésiastique en Amérique latine, il s’était déjà signalé par une exigence de liberté d’immigration en Amérique du Nord. L’idée de pays d’origine ethniquement européenne ne lui plait pas.

    Déjà, il avait déclaré, à propos d’un naufrage d’une embarcation de clandestins au large de la Sicile, juste après avoir été accueillir des ”réfugiés” africains à Lampedusa : « je ne peux pas évoquer les nombreuses victimes de ce énième naufrage. La parole qui me vient en tête est la honte. […] Demandons pardon pour tant d’indifférence. Il y a une anesthésie au cœur de l’Occident ». On croit rêver. Ces déclarations papales sont non seulement injustes mais perverses et mensongères : qui sauve des flots et accueille ces clandestins ? Les Européens. Qui sont les passeurs avides qui les jettent sur des embarcations de fortune ? Leurs coreligionnaires africains et arabes. Les paroles du Pape sont honteuses.

    Quelle est l’idéologie du Pape ?

    Le Pape François adhère à l’idéologie cosmopolite, ”sansfrontièriste”, très présente dans le clergé sud-américain influencé depuis les années 60 par le trotskisme. C’était la doctrine de la ”théologie de la libération”. Il a récemment prononcé cette formule convenue et stupide  :« les barrières créent des divisions et, tôt ou tard, des conflits ». La réalité est exactement l’inverse : ce sont les mélanges de populations qui génèrent les conflits et ce sont les frontières étanches et les homogénéités ethniques qui garantissent la paix. De même, sur le plan économique, le Pape François a développé des idées marxistes éculées, apparues dans les milieux catholiques d’extrême gauche à la fin des années 60. Ce ”cathogauchisme” est toujours très actif dans les milieux politiques, syndicaux, médiatiques mais aussi dans le clergé. Ce courant ”cathogauchiste” est aussi islamophile.  Et, pour la première fois, un Pape appartient à ce courant… Tout se tient.

    En bon jésuite, le Pape François manœuvre, par exemple en faisant des ouvertures aux traditionnalistes tout en acceptant la communion pour les divorcés remariés ! Un grand écart qui ne gêne pas ce calculateur ; au risque de créer une très grave crise schismatique au sein même de l’Église.

    Très prétentieux, avide de médiatisation, proche par le cynisme des papes florentins du XVIe siècle, excellent communicant, il se construit une posture de Saint qui séduit les naïfs. Se prenant pour Saint François d’Assise, dont il a repris le nom, il adopte une posture de faux pauvre (simulacre) en refusant d’habiter les appartements pontificaux. Cette humilité de façade sonne mal chez ce donneur de leçons et professeur de morale autoritaire. On note aussi chez lui un côté excessif, infantile, provocateur, dans beaucoup de ses propos et de ses actes. Comme une tentation de fanatisme. Au début, ça étonne, ça excite les journalistes. Mais au bout d’un moment, on finit par comprendre que son discours est pauvre et répétitif.

    Sur le plan théologique, le Pape François appartient à cette école jésuitique qui ”politise” et désacralise la religion catholique. L’universalisme catholique, uniquement valable sur le plan spirituel (tous les humains fils du même Dieu, éligibles aux mêmes sacrements), est transformé en cosmopolitisme politique : abolition des frontières, libres migrations, mélange des peuples. Le problème, c’est que ce cosmopolitisme est biaisé. Car il est exclusivement dirigé, de manière suicidaire, contre la civilisation et l’ethnicité européennes. Tout cela pose un problème très grave qui peut provoquer un schisme au sein du catholicisme.

    Guillaume Faye (J'ai tout compris, 22 avril 2016)

    (1) De janvier à mars 2016, 20.000 clandestins ont débarqué en Italie du Sud. Ce sont des Nigérians, des Gambiens et des Sénégalais ; aucun n’est réfugié du Moyen-Orient.

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