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julius evola

  • Sacha Guitry, le magnifique...

    Le cinquante-troisième numéro de la revue Livr'arbitres, dirigée par Patrick Wagner et Xavier Eman, est en vente, avec un dossier consacré à Sacha Guitry et un autre à la littérature fantastique...

    La revue peut être commandée sur son site :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

     

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    Au sommaire de ce numéro :

    Éditorial

    Plaisirs solittéraires

    Coups de téléphone

    Marc Alpozzo

    Coups de cœur

    Etienne-Alexandre Beauregard

    Jean Berthier

    Robert Brasillach

    J.-M.-A Paroutaud

    Coups de projecteur

    Stéphane Barsacq

    Max Chaleil

    Julien Green

    Claude Kayat

    Jean-René van der Plaetsen

    Coups de bambou

    Vincent Berthelier

    Coups de gueule

    Agriculture  

    Portrait

    Sacha Guitry

    Julius Evola

    Jean-Pierre Martinet

    Pierre Jourde

    Dossier

    Petite anthologie de la littérature fantastique (Maupassant, Rosny, Machen, Meyrink, Ewers, Hodgson, Ashton Smith, Barjavel, King, Brussolo, Danielewski)

    Entretien

    Samuel Fitoussi

    Frank Leprévost

    Jérôme Leroy

    Jean Rouaud

    Sylvain Roussillon

    Domaine étranger

    Iris Murdoch

    Histoire-panorama

    Le chanoine Groult et 1837

    Les deux Occidents de Bock-Côté

    Carrefour de la poésie

    Peinture en prose

    Poème en prose

    Poème en musique

    Jeux de mots

    In Memoriam Jean Berteault

    Cinéma

    Les Orgueilleux

    Bande dessinée

    Les piliers de la Terre

    Vagabondage

    Entre Vosges du Nord et Palatinat

     

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  • La rébellion spirituelle : Dominique Venner et Julius Evola contre le monde moderne...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Carlos N. Mancini, cueilli sur le site de Terre & Peuple et consacré à la mise en parallèle des rébellions spirituelles de Julius Evola et de Dominique Venner.

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    La rébellion spirituelle : Dominique Venner et Julius Evola contre le monde moderne

    Dominique Venner, penseur français, et Julius Evola, qui n’a plus besoin d’être présenté à nos lecteurs, partagent une vision radicale : la rébellion n’est pas seulement un acte politique, mais une affirmation existentielle et spirituelle face à un monde en déclin. À travers leurs écrits, ces deux penseurs défient la modernité, la soumission et le déterminisme historique, et proposent un retour aux principes transcendants qui donnent un sens à la lutte humaine.

    Exister, c’est résister

    Dominique Venner, dans son ouvrage Le Samouraï d’Occident, propose une vision profondément combative de l’existence : « Exister, c’est lutter contre ce qui me nie ». Pour Venner, la vie n’est pas un état passif, mais un acte continu de défi face aux forces qui cherchent à annuler l’essence de l’individu. Se rebeller, dans ce sens, n’est ni un geste impulsif ni une simple réaction ; c’est rester debout face au néant, s’accrocher à une norme supérieure qui transcende les contingences du moment. Ce principe trouve un écho dans la pensée de Julius Evola, qui, dans « Révolte contre le monde moderne », introduit la figure de « l’homme différencié ». Cet homme ne se définit pas par les circonstances qui l’entourent, mais par son opposition consciente et délibérée à la médiocrité et au vide de l’époque contemporaine. Sa résistance ne naît pas d’un caprice ou d’une rébellion adolescente, mais d’une nécessité ontologique : affirmer son être comme une réalité inébranlable, enracinée dans l’éternel et l’absolu.

    Pour Venner comme pour Evola, la rébellion acquiert une dimension qui dépasse le simple aspect pratique ou utilitaire. Il ne s’agit pas d’un simple rejet du statu quo ou d’un combat pour des objectifs matériels ou immédiats. C’est, en réalité, une posture existentielle qui vise à restaurer un ordre perdu, un idéal que le monde moderne a défiguré sous le poids de la banalité et du relativisme. Pour eux, résister est un acte de fidélité à une vérité supérieure, une manière de préserver l’étincelle du sacré en un temps de décadence. Ainsi, l’existence devient une forme de combat, et le rebelle, le gardien de ce qui demeure face à l’avancée implacable de l’éphémère.

    Contre l’histoire écrite

    Ni Dominique Venner ni Julius Evola ne se soumettent aux interprétations qui conçoivent l’histoire comme un processus linéaire ou un mécanisme inéluctable. Venner, avec son approche viscérale et combative, rejette catégoriquement les théories déterministes de penseurs comme Karl Marx, qui réduit l’existence humaine à un rouage des forces économiques, ou Francis Fukuyama, avec sa proclamation de la « fin de l’histoire » comme triomphe passif du libéralisme. Pour Venner, de telles visions dépouillent l’homme de son statut d'agent/d'acteur, le condamnant à n’être qu’un simple spectateur d’un scénario déjà écrit. Il propose au contraire une existence active et volontariste, où l’individu ne se limite pas à accepter le cours des événements, mais le façonne par sa propre détermination, s’affirmant face aux courants qui veulent dissoudre son identité et son but.

    Julius Evola, quant à lui, pousse cette critique encore plus loin dans Les hommes au milieu des ruines. Il ne s’oppose pas seulement aux récits linéaires de progrès ou de décadence, mais remet également en question les conceptions cycliques de l’histoire, comme celles proposées par Oswald Spengler. Bien que Spengler décrit l’essor et la chute des civilisations comme un rythme organique et inévitable, Evola voit dans cette perspective une forme de passivité résignée, qu’il considère inacceptable. Pour lui, le déclin n’est pas un destin auquel l’homme doit se soumettre avec fatalisme ; c’est un défi à relever. «L’homme authentique», dans la vision d’Evola, s’élève avec une volonté souveraine, non comme simple produit de son temps, mais comme un être capable de le transcender.

    Depuis cette position élevée, ancrée dans des principes métaphysiques et éternels, il défie la décadence non par nostalgie ou désespoir, mais avec une force intérieure qui cherche à réaffirmer un ordre supérieur face au chaos et à la dissolution du monde moderne. Ainsi, Venner et Evola transforment la résistance historique en un acte de création, un refus radical d’être prisonnier d’une narration imposée.

    La tradition comme boussole

    Pour Dominique Venner, la figure d’Antigone transcende le cadre de la tragédie grecque et s’érige en symbole éternel de la rébellion légitime. Dans son interprétation, Antigone ne se rebelle pas par caprice ou pour une cause personnelle égoïste, mais agit par une loyauté inébranlable envers une tradition sacrée qu’elle estime supérieure aux lois humaines.

    Face à la tyrannie de Créon, qui représente le pouvoir arbitraire et l’imposition d’une autorité dépourvue de racines transcendantes, Antigone incarne la résistance fondée sur un ordre plus élevé : les lois non écrites des dieux, qui pour Venner symbolisent une continuité spirituelle et morale que l’homme moderne a oubliée. Cette vision fait de la tradition une boussole, un phare qui guide l’individu au milieu de la confusion et du déracinement, lui offrant un sens profond dans sa lutte contre les forces qui menacent de le dépouiller de son essence.

    Julius Evola, dans une perspective similaire mais avec son approche métaphysique caractéristique, approfondit encore cette idée. Pour lui, la Tradition — écrite avec une majuscule pour la distinguer des simples coutumes passagères — n’est pas un ensemble d’habitudes héritées ni une relique du passé conservée par nostalgie. Dans La tradition et les traditions, Evola soutient que la Tradition est un ordre cosmique, une structure éternelle qui relie l’homme à des principes universels et transcendants. Il ne s’agit pas d’une répétition mécanique de pratiques obsolètes, mais d’un cadre vivant qui légitime l’action humaine en l’alignant sur une réalité supérieure. Depuis cette perspective, la résistance n’est ni un acte arbitraire ni une réaction viscérale face aux injustices du moment ; elle n’acquiert sens et autorité qu’en s’appuyant sur ces principes éternels qui transcendent les contingences historiques.

    Antigone, en privilégiant les lois divines sur l’édit humain de Créon, devient l’archétype de cet idéal : son défi n’est pas une simple désobéissance, mais une affirmation d’un ordre sacré qui dépasse et juge les prétentions du pouvoir terrestre. Pour Venner et Evola, la tradition n’est donc pas un poids qui attache au passé, mais une force libératrice qui oriente la rébellion vers un but supérieur, la transformant en un acte de restauration cosmique face à la tyrannie et au chaos.

    Des mots qui libèrent

    Dominique Venner accorde aux mots un rôle central dans la lutte pour la liberté intérieure et l’autonomie de l’individu. Pour lui, ils ne sont pas de simples outils de communication, mais des armes puissantes capables de briser les chaînes de l’oppression, qu’elles soient imposées par des structures extérieures ou par la tyrannie des idées dominantes. Dans sa pensée, des mots bien choisis et prononcés avec conviction ont le pouvoir de défier la narration imposée, de rendre à l’homme le contrôle de son propre destin. Venner trouve l’inspiration chez des figures comme Friedrich Nietzsche, dont la prose acérée et provocatrice démantèle les certitudes de la morale conventionnelle, et Alexandre Soljenitsyne, qui par son témoignage littéraire a mis à nu les mensonges du totalitarisme soviétique.

    Pour Venner, ces auteurs incarnent l’acte de se définir soi-même par le langage, un geste qui libère non seulement l’individu des entraves extérieures, mais l’élève aussi au-dessus de la médiocrité et du conformisme de son époque. Les mots, dans ce sens, deviennent un moyen de résistance active, un outil pour revendiquer la souveraineté sur son propre être face à un monde qui cherche à le faire taire ou à le soumettre.

    Julius Evola, dans Chevaucher le tigre, partage cette révérence pour le pouvoir du langage, bien qu’il l’intègre dans sa vision plus large de l’autonomie spirituelle. Pour Evola, l’homme moderne vit au milieu des ruines, entouré par une civilisation qui s’effondre sous le poids de la manipulation, du matérialisme et de la perte de sens.

    Dans ce contexte, le langage et les symboles émergent comme des bastions de résistance, des outils essentiels pour que «l’homme différencié» préserve son intégrité et son essence inconquise. Evola soutient que la manipulation moderne — qu’elle passe par la propagande, la culture de masse ou la dégradation de la pensée — opère précisément en privant l’individu de sa capacité à nommer et comprendre le monde par lui-même.

    En retrouvant l’usage conscient des mots et des symboles, l’homme peut contrer cette dissolution, affirmant son indépendance face aux forces qui tentent de le réduire à un rouage passif.

    Dans la vision d’Evola, le langage ne reflète pas seulement la réalité, il la façonne : c’est un acte créateur qui permet à l’individu de rester ferme, comme un cavalier qui maîtrise la bête du chaos, dans un monde qui s’enfonce dans la confusion et la décadence. Ainsi, pour Venner et Evola, les mots transcendent leur fonction pratique et deviennent un véhicule de libération, un moyen d’affirmer la volonté et l’identité face à l’oppression et à la ruine.

    Lutter sans capituler

    Dominique Venner, avec son intensité caractéristique, proclame une maxime qui condense sa vision de l’existence : «Face aux revers, ne te demande jamais si la lutte est inutile». Dans ces mots résonne une éthique guerrière qui dépasse les calculs pragmatiques et rejette les doutes qui paralysent l’esprit.

    Pour Venner, la lutte ne se mesure pas par son résultat immédiat ni ne se soumet à l’analyse froide de l’utilité ; sa valeur réside dans l’acte même de résister, dans la décision de rester ferme face à l’adversité, peu importe à quel point elle paraît écrasante.

    Cette posture trouve un profond écho dans La Métaphysique de la guerre de Julius Evola, où l’action acquiert une dimension quasiment sacrée. Pour Evola, le combat — qu’il soit physique, spirituel ou intellectuel — ne se justifie pas par la certitude de la victoire, mais par sa capacité à refléter une dignité intrinsèque, une noblesse qui se manifeste dans le refus absolu de se soumettre aux forces de la décadence ou du chaos.

    Venner et Evola élèvent tous deux la résistance à un plan qui transcende le contingent et le matériel. Pour eux, agir ne dépend pas de la promesse d’un triomphe tangible ni de l’approbation d’un monde qui, selon eux, a perdu le cap. La lutte, même lorsqu’elle semble vouée à l’échec dans une perspective extérieure, devient un témoignage d’honneur, un geste qui affirme l’essence de l’être face à la tentation de capituler.

    Cette approche aristocratique — au sens d’une élévation de l’âme au-dessus des préoccupations ordinaires — imprègne leurs écrits d’un mépris pour la mentalité utilitariste qui domine la modernité. La reddition, pour eux, n’est pas seulement une défaite pratique, mais une trahison des principes qui donnent sens à l’existence. Ainsi, la lutte sans capitulation se transforme en un acte d’affirmation suprême: un défi lancé au destin, une déclaration que l’homme, en résistant, préserve son humanité et sa connexion à quelque chose d’éternel, au-delà des ombres passagères de l’histoire. Dans cet ethos, Venner et Evola voient la résistance non comme un moyen vers une fin, mais comme une fin en soi, une forme de vie qui incarne la grandeur face à la médiocrité et à la décomposition.

    L’histoire comme poésie

    Dominique Venner conçoit l’histoire non comme une simple succession de faits froids ou un dossier poussiéreux plein de données factuelles, mais comme une fusion de «connaissance et poésie». Pour lui, l’histoire est un art vivant, une narration qui entrelace la rigueur de l’intelligence et la beauté de l’imagination, permettant à l’homme de retrouver la mémoire de ce qui fut et, ainsi, de donner sens au chaos du présent.

    Dans cette vision, le passé n’est pas un poids mort ni un simple registre d’événements ; c’est une source d’inspiration, un réservoir d’expériences et de leçons qui, contemplées avec des yeux poétiques, offrent à l’individu et à la communauté une boussole pour naviguer dans les tempêtes de leur temps. Venner préconise de «voler au passé» non pas dans un sens nostalgique ou escapiste, mais comme un acte créatif : saisir les fragments lumineux de l’histoire — ses héros, ses mythes, ses moments de grandeur — et les projeter vers l’avenir comme des phares qui éclairent le chemin vers une existence plus pleine et plus consciente.

    Julius Evola, bien que moins sensible à la lyrique de Venner, partage cette révérence pour le passé, mais l’aborde sous un angle plus métaphysique et combatif. Dans Révolte contre le monde moderne, Evola ne voit pas l’histoire comme une simple chronique, mais comme un champ de bataille où se livre une lutte éternelle entre la Tradition — toujours avec une majuscule, comprise comme un ordre cosmique et éternel — et les forces de la décadence qui érodent cet ordre.

    Pour lui, les civilisations anciennes ne sont pas seulement des reliques d’un temps perdu, mais des modèles vivants de régénération spirituelle, des exemples de la manière dont l’homme peut s’aligner sur des principes transcendants pour surmonter la médiocrité et la dissolution de la modernité. Bien que son ton soit plus analytique que poétique, son approche résonne avec l’idée de Venner d’extraire du passé une force vitale : les cultures de l’Antiquité, avec leurs structures hiérarchiques, leurs valeurs sacrées et leur connexion à l’éternel, deviennent des miroirs dans lesquels l’homme contemporain peut se regarder pour redécouvrir son potentiel de grandeur.

    Ainsi, tandis que Venner tisse l’histoire avec des fils de poésie pour inspirer, Evola la dissèque avec la précision d’un philosophe guerrier, cherchant en elle les clés d’une restauration spirituelle. Tous deux, à leur manière, conviennent que le passé n’est pas un but, mais un moyen : un écho puissant qui, s’il est entendu attentivement, illumine l’avenir et donne sens à la lutte du présent.

    Un legs contre la décadence

    En résumé, Dominique Venner et Julius Evola articulent une rébellion spirituelle qui se dresse comme un rempart face aux assauts de la modernité, défiant ses fondements avec une force qui transcende le politique et le temporel. Cette rébellion repose sur trois piliers fondamentaux.

    Premièrement, un rejet catégorique du déterminisme historique — qu’il s’agisse du matérialisme de Marx, du fatalisme cyclique de Spengler ou du triomphalisme libéral de Fukuyama — qui réduit l’homme à un spectateur impuissant d’un scénario déjà écrit. À la place, ces penseurs proposent une vision volontariste de l’existence, où l’individu revendique sa capacité à façonner son destin par des actes de résistance consciente.

    Deuxièmement, un engagement passionné pour la tradition comme source de légitimité : non comme un attachement aveugle à l’ancien, mais comme une connexion vivante à un ordre éternel qui donne sens et autorité à la lutte face à l’arbitraire du présent. Pour Venner, cette tradition s’exprime dans la mémoire poétique des peuples ; pour Evola, dans un cadre cosmique qui relie l’homme au transcendant.

    Troisièmement, une défense inébranlable de l’action désintéressée, une éthique guerrière qui méprise l’obsession moderne pour l’utilité et le succès immédiat, et qui trouve sa valeur dans la dignité intrinsèque du geste rebelle, même lorsque le monde le condamne à l’échec apparent.

    Face aux « tyrannies masquées » du présent — ces formes subtiles d’oppression qui se cachent derrière la façade du progrès, de l’égalité creuse ou de la consommation anesthésiante —, le message de Venner et Evola résonne avec une clarté implacable : la vraie liberté ne se conquiert pas dans les promesses éphémères de la modernité, ni dans la soumission à ses dogmes déguisés en libération. Elle naît, au contraire, d’une fidélité inébranlable à l’éternel, à ces principes intemporels qui transcendent les modes et les ruines d’un monde en déclin.

    Leur héritage n’est pas une simple critique, mais un appel à l’action, un défi pour que l’homme se lève, retrouve sa souveraineté spirituelle et s’affirme comme gardien d’un ordre supérieur face au vide qui avance. En ce sens, Venner et Evola ne se contentent pas de diagnostiquer la maladie de leur époque : ils offrent un antidote, une vision de l’homme comme rebelle et créateur, capable de transformer la lutte contre la décadence en un acte d’affirmation suprême.

    Carlos N. Mancini (Site de Terre et Peuple, 6 avril 2026)

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  • Etoile du matin...

    Les éditions Ars Magna viennent de publier un essai d'Alexandre Douguine  intitulé Evola - Étoile du matin.

    Théoricien politique influent, un moment proche d'Edouard Limonov, Alexandre Douguine est la figure principale du mouvement eurasiste en Russie. Outre L'appel de l'Eurasie (Avatar, 2013), le texte d'une longue conversation entre lui et Alain de Benoist, plusieurs  de ses ouvrages ou recueils de ses textes sont déjà traduits en français comme La Quatrième théorie politique (Ars Magna, 2012), Pour une théorie du monde multipolaire (Ars Magna, 2013), Le Front de la Tradition (Ars Magna, 2017), Les mystères de l'Eurasie (Ars Magna, 2018), Le retour des Grands Temps (Ars Magna, 2019), Conspirologie (Ars Magna, 2022), Théorie hyperboréenne (Ars Magna, 2023), Martin Heidegger - Philosophie d'un autre commencement (Ars Magna, 2024) ou Les fondamentaux de la géopolitique (Ars Magna, 2024).

     

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    " Dans ce livre, Alexandre Douguine aborde et étudie profondément toutes les œuvres de Julius Evola, en les considérant comme des bases pour animer ses cours universitaires. Au-delà d’une perspective philosophiquement objective, il le fait également à partir d’une perspective russe, ce qui tranche avec les lectures habituelles du Baron. En découlent, en plus de développements apportés aux thématiques évoliennes, des interprétations surprenantes, ainsi que des critiques et des observations, plus particulièrement sur certaines considérations d’Evola concernant la Russie et les Slaves.

    Cet ouvrage sera une occasion de réflexions enrichissantes pour tous les évoliens et tous les eurasistes."

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  • Le fascisme vu de droite...

    Les éditions Lif viennent de rééditer un essai de Julius Evola intitulé Le fascisme vu de droite. A la suite de celui-ci, on trouve un long texte du même auteur intitulé Notes sur le Troisième Reich.

    Penseur essentiel du traditionalisme révolutionnaire, écrivain au style clair et puissant, Julius Evola est notamment l'auteur de Révolte contre le monde moderne (1934), Les Hommes au milieu des ruines (1953) et Chevaucher le tigre (1961).

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    " Dans cet essai — dont l’édition originale italienne remonte à l’année 1964 —, le contenu doctrinal du fascisme italien est étudié du point de vue d’une Droite authentique, traditionaliste et contre- révolutionnaire, loin des idéalisations et de la « mythologisation » propres aux nostalgiques, mais sans aucune concession au dénigrement systématique du conformisme antifasciste.
    L’auteur juge le fascisme italien à la lumière des principes de la « grande tradition politique européenne », telle qu’elle exista avant la Révolution française et l’apparition des idéologies. En cela, Le Fascisme vu de droite est un cas unique et original au sein de l’historiographie contemporaine.
    Les Notes sur le Troisième Reich, qui forment la deuxième partie de l’ouvrage, appliquent la même grille de lecture au national-socialisme. Sur des points comme les institutions nazies, la politique du régime hitlérien à l’égard de la paysannerie, l’antichristianisme des nationaux-socialistes et leur «révolution culturelle », Julius Evola, qui fut le témoin privilégié de certaines initiatives du Troisième Reich, apporte une information de première main."

     

     

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  • Carl Schmitt...

    Nous vous signalons la parution du nouveau numéro de la revue Nouvelle Ecole (n°75, année 2026), dirigée par Alain de Benoist, avec un dossier consacré à Carl Schmitt.

    La revue est disponible sur le site de la revue Éléments.

     

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    Au sommaire :

    Le couple ami-ennemi. Réflexions critiques sur le critère du politique selon Carl Schmitt. (Alain de Benoist)

    « Les Buribunken ». Un essai méconnu du jeune Carl Schmitt. (José Ignacio Vásquez Márquez)

    Recension du livre de Lucien Romier, « Explication de notre temps » (1925). (Carl Schmitt) suivie d’un texte de Sophie Cossäus.

    Document / « Politique » (1936). (Carl Schmitt)

    Un monument schmittien : « Le Nomos de la Terre ». (Martin Motte)

    Modernité de Hobbes. À propos du « Léviathan » (1938). (Julius Evola)

    Constitution et droit constitutionnel chez Carl Schmitt. (Agostino Carrino)

    Document / Une lettre de Carl Schmitt à Jean-Pierre Faye.

    Neutralisations et dépolitisation selon Carl Schmitt. (Mariam Zovinar)

    Document / Extraits de la correspondance Norberto Bobbio – Carl Schmitt.

    Carl Schmitt dans la Chine contemporaine. (Daniele Perra)

    Carl Schmitt en Chine. (Flora Sapio)

    Carl Schmitt, le « katechon » et l’Eurasie. (Massimo Maraviglia)

    Joseph de Maistre et Carl Schmitt. (Graeme Garrard)

    Carl Schmitt en visiteur espagnol : la maison d’Ors, père et fils. (Michel Lhomme)

    Carl Schmitt et le « choc des civilisations » de Samuel Huntington. (Joseph W. Bendersky)

    Les relations de Reinhart Koselleck avec Carl Schmitt. (Niklas Olsen)

    Terra manet. Carl Schmitt et la composante tellurique. (Jerónimo Molina)

    Carl Schmitt en langue française. (Alain de Benoist)

    268 Bibliographie N. E.

    Henri Bosco ou la demeure des songes. (Raphaël Juan)

    Trotsky. (Ernst Jünger)

    Heidegger, médecin de la modernité. (Jean-Marie Legrand)

    Penser la technique (et le marché) avec Karl Polanyi. (Nadjib Abdelkader et Jérôme Maucourant)

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  • Entretien avec Andrea Scarabelli : la vie aventureuse de Julius Evola...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Andrea Scarabelli à la revue Rébellion à propos de La vie aventureuse de Julius Evola, la biographie de l'auteur de Révolte contre le monde moderne dont il est l'auteur et qui a été traduite en français en 2025 aux éditions Ars Magna.

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    Entretien avec Andrea Scarabelli : la vie aventureuse de Julius Evola

    Bonjour Andrea. Merci de prendre un peu de votre temps pour notre revue Rébellion. C’est pour nous l’occasion de vous féliciter : votre récente biographie de Julius Evola est excellente et fait déjà autorité ! Pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours, professionnel et humain ?

    Bonjour à vous, et merci pour cet entretien ! J’ai étudié la philosophie à l’université de Milan : dans les cloîtres, entre deux cours, j’ai commencé à découvrir des auteurs tels que Evola (qui donna d’ailleurs une série de cours dans cette même université au début des années quarante), René Guénon et Guido De Giorgio. À vrai dire, j’ai découvert leurs œuvres par le biais de l’histoire de la philosophie. J’ai toujours été quelque peu allergique à la politique, surtout celle des groupes et cercles constitués. À la rigueur, je porte un certain intérêt à la métapolitique, mais c’est un autre sujet. Un an avant d’obtenir mon diplôme, j’ai commencé à travailler pour les éditions Bietti, auprès desquelles je fus introduit par Gianfranco de Turris, ami de Julius Evola et président de la Fondation dédiée au philosophe. Des années durant, patiemment, de Turris m’apprit à préparer de nouvelles éditions, à rédiger des notes, à faire des bibliographies ou à rechercher des textes rares à proposer aux éditeurs.

    Avec Bietti, en 2011, nous avons lancé une collection dont le nom pour le moins « guénonien » était l’Archeometro, ainsi qu’une revue : Antarès, perspectives antimodernes. Toutes deux existent encore, après presque quinze ans d’activité ! Les années suivantes, j’ai contribué à plusieurs collaborations du GRECE Italia, de la Fondation Julius Evola – dont je suis l’actuel vice-secrétaire –, et j’ai noué des relations avec divers groupes de même sensibilité dans toute l’Italie et au-delà. Je contribue aussi à plusieurs journaux, certains en ligne et d’autres imprimés.

    En bref, et puisque l’histoire d’un homme se résume à ses accomplissements, je pourrais me décrire comme suit : une cinquantaine de livres édités, sept traduits et un écrit, trois cents textes comprenant des articles et des essais, ainsi qu’un nombre incalculable de conférences et de présentations de livres ! Prodiges de l’insomnie…

    Pourquoi teniez-vous tant à écrire Vita avventurosa di Julius Evola ? Il s’agissait d’un chantier colossal qui a demandé presque dix ans de travail. Quelle était votre intention première en écrivant ce livre ?

    J’ai écrit ce livre pour la simple raison qu’il était l’un des derniers éléments manquants au domaine des « études évoliennes ». Toutes les œuvres du philosophe ont paru, bien éditées, dans la série Œuvres de Julius Evola des Edizioni Mediterranee ; plusieurs études approfondies reprenant les divers thèmes abordés par le philosophe – politique, histoire des religions, philosophie, art… – ont été publiées, et la revue Studi Evoliani, créée en 1999, produit encore chaque année de nouveaux numéros monographiques.

    Seule manquait une biographie – et je l’ai écrite. Grâce à d’heureuses coïncidences, et à un réseau de collaborateurs qui m’ont grandement aidé par les conseils et les éléments complémentaires qu’ils m’ont fourni (tous sont remerciés dans le livre), j’ai pu m’essayer à l’écriture de cette biographie. Le résultat me semble bon, bien qu’il reste quelques lacunes à combler. En outre, dans les mois qui ont suivi sa parution, j’ai fait bon nombre de nouvelles découvertes. Elles viendront s’ajouter à ce que j’ai déjà écrit pour la nouvelle édition de Vita avventurosa… Mes recherches n’ont pas cessé à la sortie du livre. J’ai déjà une centaine de pages d’ajouts supplémentaires !

    Entrons dans le vif du sujet : parlons maintenant d’Evola. Votre livre ne retrace pas seulement la vie du penseur italien, mais œuvre également à déconstruire un certain nombre de mythes et rumeurs qui persistent à son sujet. Un premier point, assez étonnant, est peut-être son titre de « baron »…

    Oui, il ne l’était pas vraiment. Son nom ne figure pas dans l’Almanach de Gotha, qui est une encyclopédie des familles nobles d’Europe. Il a lui-même répandu cette rumeur, au début comme une farce d’artiste, puis comme un moyen de s’accréditer auprès de certains cercles révolutionnaires-conservateurs autrichiens et Allemands, tous composés d’aristocrates. En France, Adriano Scianca souligna également ce point lorsqu’il chroniqua mon livre pour Éléments (dans un texte daté du 27 mai 2024 et intitulé « Julius Evola par-delà les masques »).

    Ce fait – en vérité déjà largement connu des milieux traditionalistes bien avant la sortie de Vita avventurosa – en étonna plus d’un, provoquant toutes sortes de réactions. Eh bien, maintenant que ce n’est plus un secret, voilà qui ne nous dispense en rien de lire sa trentaine d’ouvrages !

    Autre mythe : sa supposée misogynie et son style de vie, que d’aucuns qualifient d’ascétique. En fait, tous les témoignages que vous avez recueillis tendent à démontrer le contraire. Pourriez-vous nous parler de son rapport aux femmes ? Dans quelle mesure influença-t-il son œuvre ? 

    Le mode de vie de Julius Evola n’avait rien d’ascétique. C’était, comme on dit, un « homme du monde », et il ne s’en cacha jamais. Dans les années trente, il signa une dizaine d’articles dépeignant les boîtes de nuit des capitales européennes qu’il fréquentait en tant qu’ « envoyé spécial » de certains journaux.

    Quant à sa misogynie, elle existait bien dans une certaine mesure mais, comme l’écrivit Sandro Consolato dans son excellent Le tre soluzioni di Julius Evola (Arŷa, Gênes 2020), elle était sans rapport avec les études traditionnelles. Du reste, et pour en revenir à sa biographie, j’ai découvert au fil de mes recherches de nombreux témoignages attestant d’un Evola plutôt empathique à l’égard de la gente féminine. Bien souvent, ses plaisanteries sur les femmes n’étaient qu’un bon moyen de scandaliser ses interlocuteurs – chose qu’il aimait faire, assez ironiquement, pour épater les bourgeois. Un grand spécialiste autrichien d’Evola, Hans Thomas Hakl, écrivit dans la La Cittadella : « Je suis persuadé qu’Evola recelait une part féminine bien cachée. Mais il lutta de toutes ses forces pour l’écraser. Voilà qui pourrait expliquer en grande partie son cynisme à l’égard des femmes ».

    Concernant les rapports homme/femme, Evola avait pour ainsi dire une approche différentialiste, ce qui le conduisit à écrire dans Métaphysique du sexe : « se demander si la “femme” est supérieure ou inférieure à l’“homme” est aussi vain que se demander si l’eau est supérieure ou inférieure au feu ». Ce livre, l’un des plus traduits à l’étranger, ne se fonde d’ailleurs pas que sur de pures spéculations, mais sur ses propres expériences relatives à la magie sexuelle.

    Au début du siècle dernier, Evola s’impliqua dans certains mouvements d’avant-garde (essentiellement le Dadaïsme), un engagement qu’il ne renia jamais. Que pouvez-vous nous dire de cette période de sa vie ?

    Evola, lorsqu’il approcha ces milieux d’avant-garde, passa tout d’abord par le Futurisme, comme beaucoup de ses contemporains – à l’époque, c’était une sorte de passage obligé. On l’a dit « élève de Giacomo Balla », mais c’est assez exagéré : il fréquentait l’atelier du peintre futuriste, où – entre maintes lectures philosophiques, essentiellement nietzschéennes – il découvrit l’occultisme grâce au peintre Ginna. Il s’éloigna ensuite de ce milieu, estimant le Futurisme un peu trop « moderne » à son goût, et se tourna vers le Dadaïsme de Tristan Tzara, qu’il développa à sa façon, dans une perspective plus métaphysique – comme nous l’avons dit, il étudiait déjà la philosophie à l’époque – et sans grand rapport avec ce que faisaient les autres artistes qui l’entouraient.

    Dernièrement, cette période de sa vie a fait couler beaucoup d’encre. Plusieurs expositions furent organisées : la plus importante ayant eu lieu au MART de Rovereto, grâce aux efforts de Vittorio Sgarbi [n.d.t., Très célèbre critique d’art italien, ancien député, et personnage haut en couleur].

    Les liens qui unissent Evola aux Fascismes européens ont aussi fait couler beaucoup d’encre. Votre livre est très éclairant sur ce point. Qu’en est-il vraiment ?

    Répondre à cette question exigerait sans doute deux ou trois livres de plus ! Disons qu’Evola fut très proche du Fascisme. Il chercha à l’intégrer à sa pensée, et en donna une lecture « métaphysique », souvent peu conforme à la Realpolitik des cercles dirigeants – c’est d’ailleurs ce qui explique la surveillance constante qu’exerça sur lui l’OVRA, la police politique fasciste. N’oublions pas que le Fascisme italien se constituait d’une mosaïque de mouvements divergents, entretenant bien souvent des rapports très conflictuels. Il faut aussi resituer ce phénomène dans le temps : il y eut un Fascisme de 1922, très différent de celui des années trente ou quarante. En bon monarchiste qu’il fut et resta toujours, Evola n’avait que peu de sympathie pour le premier Fascisme, et encore moins pour le dernier (la République sociale italienne).

    Ceci dit, il ne percevait pas tous les Fascismes européens de la même façon. Dans le monde germanique, c’est de la « révolution conservatrice » allemande et autrichienne, souvent antihitlérienne, qu’il se sentit le plus proche, tandis qu’il considéra toujours avec un certain détachement aristocratique le National-socialisme « officiel ». En revanche, il fut clairement ébloui par Corneliu Zelea Codreanu, le chef charismatique de la Garde de fer, qu’il rencontra en mars 1938 à Bucarest. Durant leurs longs échanges, il ne fut pas question de politique… mais de métaphysique et de haute ascèse. Evola fut très marqué par cette rencontre, qui se déroula d’ailleurs lieu en des jours fatidiques : quelques semaines plus tard, le Capitaine fut arrêté pour la dernière fois, puis mourut dans des circonstances assez mystérieuses.

    Parlons un peu de l’hostilité d’Evola à l’égard de l’Eglise et, plus généralement, du christianisme. On tenta parfois de la relativiser, arguant qu’il était revenu sur les opinions exprimées dans Impérialisme païen, qu’il avait finalement consenti à réévaluer le rôle de l’Eglise Catholique. Quel est votre avis sur le sujet ?

    Evola ne fut jamais chrétien, ni même catholique. Il est vrai qu’il « renia » Impérialisme païen après la Seconde Guerre mondiale, mais seulement parce que ce livre avait été écrit à hâte à un moment critique, durant la polémique sur le Fascisme, l’impérialisme et le christianisme, lancée par le pythagoricien Arturo Reghini dans la seconde moitié des années vingt. La presse fasciste se mit à le boycotter, à l’instigation des catholiques, et lui, en réponse aux critiques du bloc « guelfe », rassembla ses articles – des textes déjà écrits, mais laissés de côté – dans ce pamphlet. Pas de conversion, donc. Personnellement, je ne suis pas de l’avis d’Evola : Impérialisme païen est un texte lucide et éclairant, et non pas seulement le fruit d’une « situation donnée ».

    Un autre mythe, que balaie également votre livre, tend à faire d’Evola un « planqué », un intellectuel prêchant la guerre pour mieux la fuir. Au contraire, vous montrez qu’il tenta d’aller au front, aussi bien en Ethiopie que lors de la Seconde Guerre mondiale. Que fit-il durant ces conflits ?

    Il tenta de s’enrôler, comme indiqué dans votre question, mais une série d’obstacles administratifs l’empêcha d’aller au front. Tout ceci, bien sûr, est documenté dans le livre. Pour partir en guerre, en 1942, il alla jusqu’à demander une carte de membre du Parti, ce dont il se serait bien passé, mais se heurta aux jeux du pouvoir.

    Puisqu’il ne pouvait combattre au sein de l’armée, il choisit de lutter au moyen de la presse, comme il l’écrivit le 17 novembre 1936 dans Diorama Filosofico, saluant ceux qui avaient « le privilège, tant convoité par chacun de nous, de passer par l’épreuve des armes ». Mais le philosophe évoquait une autre tranchée, bien loin du champ de bataille, et écrivait : « Reprenons là où nous en étions, sans douter que notre propre combat culturel a, à lui seul, toute son importance ».

    Quel fut votre plus grand étonnement au fil de ces longues recherches ? 

    La singularité du passé qui s’ouvrit sous mes yeux, qui se matérialisa lettre après lettre, document après document. Au cours de ces recherches, qui m’ont prises plusieurs années, j’ai parcouru la moitié de l’Italie et visité bon nombre de lieux décrits dans des articles et reportages il y a près d’un siècle. Un long périple qui, après un temps donné, devait fatalement ramener au présent. Et croyez-moi, revenir n’est pas toujours chose aisée – Nietzsche le disait déjà dans la deuxième de ses Unzeitgemässe Betrachtungen.

    Votre ouvrage doit nécessairement paraître à l’étranger. Des traductions sont-elles prévues ? 

    Bien sûr ! Je viens de m’entendre avec Ars Magna pour l’édition française, avec Prav Publishing pour l’édition anglaise, et je suis en cours de négociation pour la traduction russe.

    Quels ouvrages d’Evola conseilleriez-vous à ceux ou celles qui souhaiteraient aborder son œuvre ?

    Je recommanderais de lire tout d’abord Le Chemin du Cinabre, qui donne un aperçu de ses ouvrages. Le lecteur y trouvera différentes pistes, puis choisira celle qui lui convient le mieux : l’art ou la politique, les études du Moyen Âge ou la philosophie, l’histoire des religions ou les approches magiques, l’Orient ou l’Occident. Ensuite, pour saisir Evola dans sa globalité, dans sa raison d’être pourrait-on dire, il faut lire Chevaucher le tigre, dont le sous-titre ne saurait être plus adapté à la phase historique que nous vivons : Orientations existentielles pour une époque de dissolution.

    Andrea Scarabelli, propos recueillis par Maxence Smaniotto (Site de la Rébellion, 14 décembre 2025).

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