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14/04/2018

La décroissance pour renouer avec la nature ?...

Vous pouvez ci-dessous découvrir un entretien avec Alain de Benoist, réalisé le 11 avril 2018 par Edouard Chanot pour Radio Sputnik, dans lequel il évoque la réédition de son essai Décroissance ou toujours plus ? - Penser l'écologie jusqu'au bout (PG de Roux, 2018).

 

                                

03/04/2018

Décroissance ou toujours plus ?...

Les éditions Pierre-Guillaume de Roux publient cette semaine un essai d'Alain de Benoist intitulé Décroissance ou toujours plus ? - Penser l'écologie jusqu'au bout. Il s'agit d'une réédition de Demain la décroissance (E-dite, 2007), qui était devenu introuvable. Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle Ecole et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L'écriture runique et les origines de l'écriture (Yoran, 2017).

 

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" Une croissance matérielle infinie est-elle possible dans un monde fi ni ? La réponse devrait être évidente. Aux dérèglements climatiques et à la dégradation de l’environnement sous l’effet des pollutions de toutes sortes s’ajoute en effet l’épuisement des ressources naturelles qui, contrairement à ce que l’on a cru trop longtemps, ne sont ni gratuites ni inépuisables. En un siècle, l’homme a déjà consommé des stocks que la nature avait mis 300 millions d’années à constituer. Et l’on sait que si tous les habitants du globe consommaient autant que les Occidentaux, il faudrait quatre ou cinq planètes supplémentaires pour couvrir nos besoins en matières premières. Pourtant, les hommes politiques et la plupart des décideurs continuent à ne jurer que par la « croissance » et le « développement », alors même qu’ils se disent désireux de « relever les défis de l’écologie ». Cette attitude leur est dictée par l’idéologie du progrès et la conviction que l’économie est en dernière instance ce qui détermine la vie des peuples. Spontanément, ils croient que l’illimitation est naturelle : les désirs de l’homme sont illimités, la croissance doit être illimitée. Cette croyance s’exprime dans un mot d’ordre : toujours plus ! Comme si plus était toujours synonyme de mieux ! Les partisans de la décroissance savent que le « développement durable » (la « croissance verte ») et les énergies renouvelables ne peuvent au mieux que repousser les échéances, car on ne peut à la fois préserver les équilibres naturels et continuer d’adhérer à la logique du profit. On ne peut à la fois déplorer les effets et chérir les causes. Une rupture est nécessaire. Rupture avec la démesure, que les Grecs appelaient hybris. Rupture par rapport à l’omniprésence des valeurs marchandes. Rupture aussi dans notre rapport à la nature, qui n’est pas un objet appropriable ou un simple décor de notre existence, mais l’une des conditions systémiques de la vie. "

27/10/2015

Le temps d'Antigone...

Les éditions Xénia viennent de publier un nouvel essai d'Eric Werner intitulé Le temps d'Antigone. Penseur profond et subtil, Eric Werner est l'auteur de plusieurs essais importants comme L'avant-guerre civile (L'Age d'Homme, 1998 puis Xénia, 2015) L'après-démocratie (L'Age d'Homme, 2001), Douze voyants (Xénia, 2010) ou De l'extermination (Xénia, 2013) et de recueils de courtes chroniques comme Ne vous approchez pas des fenêtres (Xénia, 2008) et Le début de la fin et autres causeries crépusculaires (Xénia, 2012).

 

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" Or ce que dit Sophocle dans Antigone, comme du reste dans ses autres pièces, est en soi assez simple et assez clair. Le grand historien Werner Jaeger le résume en ces termes : « Les drames de Sophocle marquent l’apogée de la notion grecque de mesure, tenue pour l’une des valeurs les plus hautes de la vie humaine». Effectivement, tout comme Héraclite, Sophocle se pose en défenseur de la mesure (en grec, sôphrosunè), on pourrait aussi dire des limites, limites qu’il importe de respecter si l’on ne veut pas attirer sur soi le malheur. Il défend les limites, donc aussi met en garde contre l’hybris, qui est le contraire de la sôphrosunè. C’est le cas en particulier dans Antigone. "

13/07/2015

L'informe et le monstrueux comme variétés de l’hybris moderne...

Les éditions Gallimard viennent de rééditer dans leur collection de poche Folio un essai de Jean Clair initialement publié en 1983 et intitulé Considérations sur l’État des Beaux-Arts - Critique de la modernité. Conservateur des musées de France, Jean Clair est l'auteur d'essais sur l'art, mais est également un critique sombre et souvent mordant du monde qui l'entoure, comme dans son Journal atrabilaire (Folio, 2008) ou dans L'hiver de la culture (Flammarion, 2011).

 

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" Cet ouvrage, paru en 1983, est très vite devenu un classique contemporain, tant après lui nombre se sont engagés dans la brèche de cette première vraie critique de la modernité artistique.
Le constat demeure aujourd’hui encore lucide : depuis les années 1950 se sont multipliés aussi bien les musées d’art moderne que les écrits qui lui sont consacrés. Mais jamais on a aussi peu peint, jamais on a aussi mal peint. La pullulation d’objets hétéroclites qui ne ressortissent à l’«art» que par l’artifice du lieu qui les expose et du verbe qui les commente amène à poser la question : vivons-nous le temps d’un moderne tardif, au sens où l’on parle d’un gothique tardif ?
Quelles sont les causes de ce déclin? En transposant dans le domaine des formes le propos millénariste des Révolutions, la théorie de l’avant-garde a peu à peu fait entrer la création dans la terreur de l’Histoire. De ce point de vue, le primat de l’abstraction imposé après 1945 aux pays occidentaux n’est que la figure inverse de l’art d’État que le réalisme socialiste a imposé aux pays soviétiques. Elle a entraîné une crise des modèles : inverse de celle du néo-classicisme qui rejetait la perfection de l’art dans le passé, elle a projeté dans le futur une perfection désormais inaccessible dans le temps. Elle a aussi entraîné une perte du métier : le n’importe-quoi, le presque-rien, l'informe et le monstrueux comme variétés de l’hybris moderne redonnent à la querelle de l’art comme savoir-faire ou comme vouloir-faire une singulière actualité. "

13/02/2015

« Cette culture libertaire du libéralisme est une nouvelle forme d’esclavage »...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné à Philitt par Charles Robin. Essayiste, Charles Robin déploie ses travaux dans la lignée du philosophe Jean-Claude Michéa. Il a déjà publié plusieurs essais comme Le libéralisme comme volonté et représentation (The Book, 2013) et La Gauche du Capital (Krisis, 2014). Il est également un contributeur régulier des revues Rébellion, Éléments et Perspectives libres.

 

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« Cette culture libertaire du libéralisme est une nouvelle forme d’esclavage »

PHILITT : Vous rejetez les Lumières car vous voyez en elles l’origine du libéralisme. Cependant, les Lumières ont aussi été une source d’inspiration pour les premiers socialistes, notamment Rousseau et Montesquieu. N’est-ce pas paradoxal ?

Charles Robin : Résumer mon propos sur la philosophie des Lumières et ses liens avec le libéralisme à une position de « rejet » me semble relever, pour le moins, du raccourci philosophique ! Le fait est que le libéralisme, tel qu’il s’est formalisé au cours de l’histoire moderne (et, plus particulièrement, au XVIIIe siècle), s’appuie essentiellement sur cette vision de l’Homme – défendue à l’époque par la plupart des penseurs des Lumières – comme d’un individu rationnel, dont le sens et la finalité ultimes de l’existence se réduiraient à la recherche de l’intérêt. Je vous renvoie, à ce sujet, aux textes de Locke et de Hume (deux figures majeures des Lumières britanniques) qui, dans leurs traités d’anthropologie philosophique, s’accordent à voir dans l’homme « cette chose pensante, sensible au plaisir et à la douleur, apte au bonheur ou au malheur et portant de ce fait intérêt à soi ». Or, c’est de cette définition de l’homme comme être naturellement mu par son égoïsme que le libéralisme entend partir (définition supposée reposer sur l’ « expérience » et l’ « observation des faits ») pour concevoir un modèle de société rendant possible la coexistence pacifique des individus concurrents.

C’est là qu’interviennent les deux grandes instances de régulation, parallèles et conjointes, du système libéral : le Droit, censé garantir la liberté de tous les citoyens dans le cadre de la loi (je vous rappelle ici que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule que « la loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ») ; et le Marché, censé résoudre mécaniquement l’antinomie des intérêts particuliers par un phénomène providentiel d’ « harmonisation spontanée » (je vous renvoie, sur ce point, aux textes fameux d’Adam Smith sur les vertus de la « main invisible » du Marché). On voit donc ici en quoi la philosophie des Lumières, en s’appuyant sur une vision de l’Homme comme être foncièrement « libre », « égoïste » et « rationnel » – aptitudes qu’il ne s’agit, du reste, aucunement de nier ou de minimiser –, a fourni aux théoriciens du libéralisme le matériau anthropologique à partir duquel le modèle d’une société libérale, c’est-à-dire d’une société qui fait de l’égoïsme des individus le moteur unique de son fonctionnement, allait pouvoir prospérer jusqu’à nos jours. Quant à votre remarque sur Rousseau et son apport dans la constitution de la pensée socialiste, je ne peux que vous rejoindre, dans la mesure où je reconnais moins dans l’auteur de L’Essai sur les sciences et les arts un philosophe des Lumières qu’un philosophe contre les Lumières (ses lignes sur la liberté et sur le désir lui vaudraient probablement, aujourd’hui, les plus violentes accusations de « totalitarisme », voire de « fascisme », de la part des descendants intellectuels d’un libéral comme Voltaire, son pire ennemi).

PHILITT : Rousseau ne s’inscrit donc pas, selon vous, dans le mouvement des Lumières ?

Charles Robin : En effet, contrairement aux Lumières – qui n’envisageaient la problématique de la liberté que du point de vue de l’individu – Rousseau, quant à lui, voyait essentiellement dans cette dernière une aspiration collective et un projet commun (ce en quoi il représente, selon moi, le dernier penseur véritable du problème politique). Je ne m’étendrai pas ici sur sa notion politique centrale d’ « intérêt général », qui ne pourra que heurter la sensibilité individualiste de tout libéral authentique, qui n’admet, par définition, que le bien-fondé et la toute-puissance du « droit privé ». Daniel Cohn-Bendit n’est-il pas celui qui nous a rappelé, récemment, que la démocratie consistait dans « la défense des minorités contre la majorité » ? Lorsque de telles insolences dialectiques se retrouvent permises, on n’ose à peine imaginer le sort qu’aurait réservé notre intelligentsia libérale à ce pauvre Rousseau !

PHILITT : Selon vous, le libertarisme est, dès le départ, un élément constitutif du libéralisme. Mais peut-on vraiment mettre Proudhon, Bakounine et Kropotkine dans le même sac que Serge July et Daniel Cohn-Bendit  ?

Charles Robin :  Il convient d’abord de s’entendre sur le sens des mots. Par l’adjectif « libertaire », j’entends caractériser le discours qui érige la « liberté individuelle » et le « droit privé » au rang de norme politique, sociale et culturelle suprême, et qui, partant, fait de la contestation de toutes les structures et de toutes les normes symboliques et collectives existantes un idéal anthropologique et un impératif pratique. Or, ce qu’il me semble important de noter, c’est que dès lors qu’on redéfinit la liberté comme le droit offert à l’individu de satisfaire sa tendance – supposée naturelle et inévitable – à poursuivre son intérêt et son désir, il est clair que le but atteint n’est pas ce que Marx nommait, à son époque, la « liberté réelle ». C’est, au contraire, la soumission grandissante des individus aux exigences capitalistes de « libération pulsionnelle » et de « satisfaction libidinale », en vue d’une extension indéfinie des sphères de la consommation. Soit l’exact antithèse de la conception des sages grecs de l’Antiquité, qui voyaient dans la liberté cette capacité proprement humaine à la retenue et à la « maîtrise des passions » (ce que les philosophes grecs appelaient la sophrosyne : la tempérance, et qu’ils opposaient à l’hybris : la démesure). On est donc loin, selon ce critère, de ce que notre cher Rousseau appelait, dans ses Lettres écrites de la montagne, un « état libre », dans lequel, disait-il, la liberté de chaque individu est subordonnée à la liberté du groupe !

Philitt : C’est donc l’illusion de liberté de nos sociétés libérales que vous souhaitez dénoncer ?

Charles Robin : Oui, le philosophe Dany-Robert Dufour n’hésite d’ailleurs pas à parler, au sujet de cette culture « libertaire » du libéralisme, d’une nouvelle forme d’esclavage, en tant qu’elle fait de l’individu consentant (c’est-à-dire de celui qui a définitivement intériorisé l’idée que le droit et le désir devaient constituer l’unique moteur de tous ses agissements) le complice inconscient de sa propre servitude – celle de son souverain désir. Une servitude objective aux attentes du Marché vécue subjectivement comme une liberté et un droit (d’où l’urgence de réintroduire dans la réflexion philosophique le concept d’ « aliénation »), alors même qu’elle participe de la dépossession des sujets de leur dimension supra-matérielle, celle par laquelle nous pouvons accéder à la sphère, abstraite et immatérielle, du « don » et de la « gratuité » (vérifiable au fait, par exemple, qu’il puisse nous arriver d’agir sans rien attendre en retour). Difficile, dans ce contexte, de déceler une quelconque parenté philosophique entre un tel libéralisme libertaire (expression forgée par Michel Clouscard en 1973, pour lequel, au passage, Daniel Cohn-Bendit représentait déjà l’emblème incandescent), qui fait de l’atomisation des individus et de la promotion de l’idéologie du désir son armement idéologique privilégié, et le socialisme libertaire d’un Proudhon ou d’un Bakounine, qui voyaient dans le lien à autrui – le lien représentant, dans la doxa libérale, la marque caractéristique de la « dépendance » et de la « servitude » – la condition profonde de toute liberté réelle, puisqu’elle conditionne l’existence du groupe. Une idée que le NPA semble décidément avoir le plus grand mal à entendre…

PHILITT :  Vous faites du NPA l’un des plus grands promoteurs actuels du capitalisme. Or, il s’agit également d’un parti fortement influencé par Daniel Bensaïd, un grand disciple de l’École de Francfort, et où on trouve encore aujourd’hui des intellectuels comme Michael Löwy. Votre analyse ne gagnerait-elle pas à être plus nuancée ?

Charles Robin : Sans doute ! Mais, comme l’écrivait déjà Günther Anders, « s’il peut y avoir la moindre chance d’atteindre l’oreille de l’autre, ce n’est qu’en donnant le plus de tranchant possible à son propos ». On pourra toujours me reprocher certaines généralisations ou approximations – qui n’en fait pas ? Je réponds que toute théorisation est à ce prix. Or, au-delà des quelques exemples que vous me citez (auxquels, par ailleurs, je souscris en grande partie), je constate une tendance générale à l’œuvre dans le discours politique et « sociétal » du NPA, et des représentants de la « gauche libertaire » en général – dont, par exemple, le philosophe « hédoniste » Michel Onfray a longtemps fait partie –, que je tiens pour infiniment plus influente sur l’air du temps médiatique et le « débat public » (comme l’on doit dire de nos jours) que ne pourraient l’être les réflexions rigoureuses d’un théoricien du mouvement communiste révolutionnaire comme Daniel Bensaïd. Si je focalise mon attention critique sur le cas spécifique de cette « extrême gauche », c’est dans la mesure exacte où celle-ci symbolise, selon moi, le contresens idéologique moderne qui fait obstacle à toute approche pertinente (et, partant, à l’analyse qui en découle) de la question de la domination. En articulant sa lutte contre l’hégémonie capitaliste et l’injustice sociale à une disqualification systématique de toute notion de « norme », d’ « autorité » ou de « limite » (ces notions étant, bien entendu, à définir), l’extrême gauche s’interdit ainsi par avance de défendre les conditions symboliques et anthropologiques d’institution réelle d’une société juste et égalitaire, qui ne peut espérer s’édifier que sur la base d’un « monde commun » – ne serait-ce que celui des règles minimales de la morale commune et de la décence.

Pour le dire d’une manière simple, on ne peut à la fois s’élever contre la logique de marchandisation et de réification croissantes de l’existence humaine par le libéralisme triomphant (l’exploitation salariale, l’anéantissement des acquis sociaux, l’augmentation du coût de la vie) et encourager, dès que l’occasion s’en présente, la déliaison des individus de toutes les attaches symboliques, culturelles et morales qui empêchent, précisément, la réduction de l’existence humaine à la seule dimension matérielle du désir et de l’intérêt (comme l’œuvre radicale et cohérente du Marquis de Sade l’a brillamment illustré). Si l’on admet cette idée que le capitalisme ne peut espérer se maintenir qu’avec la participation des sujets qu’il englobe et asservit, on doit, du même coup, consentir à l’examen de ce qui, dans nos propres schémas d’action et de représentation, rend encore possible l’emprise sur notre économie, mais aussi sur nos vies, de la domination libérale. Ce qu’on appelle, communément, prendre le mal à sa racine. Et qu’aucun militant anticapitaliste authentique ne saurait, a priori, me reprocher !

Charles Robin, propos recueillis par Benjamin Fayet (Philitt, 1er février 2015)

19/08/2014

Guerre totale ?...

"Dès qu'un pays a décidé de faire la guerre, il met les forces armées, l'économie du pays et le peuple lui-même à la disposition du chef qui aura à conduire cette guerre. La politique doit servir le haut commandement ; le général en chef devient la seule force dirigeante." E. Ludendorff, La guerre totale

Avec La guerre totale, livre publié en 1935, le général Erich Ludendorff, vainqueur de Tannenberg et quasi-dictateur militaire de l'Allemagne, aux côtés du Maréchal Hindenburg, entre 1916 et 1918, se fait le théoricien d'un certaine hybris militariste, où la guerre devient presque une fin en soi. Les éditions Perrin viennent de rééditer en format poche dans la collection Tempus ce classique de la stratégie avec une copieuse préface de Benoît Lemay, qui a publié chez le même éditeur des biographies de Rommel et von Manstein.

 

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"Inversant la thèse de Clausewitz dans son ouvrage De la guerre, le général Ludendorff, adjoint de Hindenburg pendant la Grande Guerre et vainqueur de la bataille de Tannenberg, affirme que la politique, en cas de conflit, doit être entièrement subordonnée au militaire. Tout en inscrivant la " guerre totale " dans le cadre d'une dictature, il la définit par la mobilisation de tous les moyens de production du pays et par une stratégie largement offensive, quitte à frapper les civils.
Publié en 1935, cet essai rencontra d'emblée un succès important en Allemagne. Il apparaît aujourd'hui prophétique dans la mesure où Ludendorff émet des préconisations qui seront reprises par Hitler quelques années plus tard - à commencer par le concept de guerre totale qui devint, pour le malheur de l'humanité, la vulgate du régime nazi."