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08/04/2017

Pour un droit des peuples à la continuité historique...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Bérénice Levet à Charlotte d'Ornellas, pour Boulevard Voltaire, à l'occasion de la sortie de son dernier essai Le crépuscule des idoles progressistes (Stock, 2017). Docteur en philosophie, Bérénice Levet est déjà l'auteur de La théorie du genre ou La vie rêvée des anges (Grasset, 2014).

 

                                  
                                   Bérénice Levet : "Nous devrions énoncer un... par bvoltaire

 

" Dans son dernier livre Le Crépuscule des idoles progressistes, Bérénice Levet dénonce la nouvelle anthropologie mise en place dans les années 70 et fondée sur un « alibi » : l’individu serait d’autant plus libre, original et créatif qu’il serait délié de tout héritage… Cette idéologie a débouché sur un désastre civilisationnel. Nous avons posé un éteignoir sur le processus d’humanisation, qui se fait par la transmission de l’héritage. Il y a un épuisement de ces idoles, mais l’hégémonie culturelle continue de leur appartenir.

Confrontés à un communautarisme islamique toujours plus véhément, nous aspirons, cependant, à nous souvenir de qui nous sommes. Et nous sommes les héritiers d’un génie français : la clé de la transmission est de donner à connaître, mais aussi à aimer, cet héritage."

22/09/2015

Sexe(s) et genre(s) ?...

Le numéro 41 de la revue Krisis, dirigée par Alain de Benoist, vient de paraître. Le thème retenu est celui du débat  autour du sexe et du genre... Avec ce numéro, la revue devrait prendre un rythme trimestrielle.

Vous pouvez la commander sur le nouveau site de la revue Krisis ou sur le site de la revue Eléments.

Bonne lecture !

 

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Très à la mode outre-Atlantique depuis les années 1970, la question du genre s’est réellement invitée dans les débats hexagonaux à partir de 2013, lorsque Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, voulut mettre en place son fameux « ABCD de l’égalité ». Il s’agissait pour elle d’expérimenter dans les écoles un programme de lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre. L’idée générale était d’éduquer à l’égalité et au respect entre les filles et les garçons.

Si personne ne songe évidemment à contester l’importance d’une meilleure entente entre les sexes, ou même d’une plus grande équité à l’égard des femmes, les critiques n’en ont pas moins rapidement fusé contre cette mesure ministérielle, y compris à gauche : Sylviane Agacinski et Michel Onfray, parmi beaucoup d’autres, se sont opposés à certains excès des « théories du genre ». La plupart des intellectuels qui critiquent ces théories acceptent tout à fait l’idée que nous suivons partiellement des codes de genre (masculins ou féminins), sous la pression du contexte socio-culturel dans lequel nous baignons. Mais cela n’implique pas que nous soyons hommes ou femmes par pur conditionnement social ; et la place de l’inné dans la prise en compte du phénomène humain devrait être au contraire réhabilitée.

Le public français n’a découvert les études de genre qu’assez tard et continue d’en avoir une connaissance approximative. Même le monde universitaire s’est montré plutôt indifférent, en comparaison de la déferlante des « gender studies » anglo-saxonnes. Qu’elle que soit l’opinion portée sur ce champ disciplinaire, une telle méconnaissance reste dommageable, dans la mesure où l’on ne peut cautionner ou réfuter avec intelligence que ce que l’on comprend. Les textes proposés dans ce numéro de Krisis tentent donc d’aborder avec nuance ces différentes problématiques, qui méritent bien sûr d’être traitées d’une manière précise et honnête, loin des emportements partisans de toute sorte.

Au sommaire de la revue :

Maurice Godelier / De la différence entre le masculin et le féminin et entre l’homme et la femme.

Nancy Huston / Hommes en désarroi.

Alain de Benoist / Les femmes selon Raymond Abellio.

Entretien avec Jean-Paul Mialet / Le déni des différences sexuelles et ses conséquences sociales.

David L’Epée / La performance de genre : une parodie sans modèle.

Yves Christen / Une guerre des sexes dans le cerveau.

Jacques Balthazard / L’orientation sexuelle est aussi une affaire de biologie.

Thibault Isabel / Le sexe exclut-il le genre ? Réflexion sur l’inné et l’acquis dans l’identité homosexuelle.

Yves Ferroul / Femmes et sexualités dans le bassin méditerranéen.

Entretien avec Agnès Giard / Le sexe au Japon.

Thibault Isabel / Le problème de la séparation des sexes à travers l’histoire. Hommes et femmes doivent-ils être complémentaires ou semblables ?

Michel Lhomme / L’androgyne.

Le texte : Mircea Eliade / Dieu-le-Père, Terre-Mère et hiérogamie cosmique. (1957)

Françoise Bonardel / La crise de l’identité culturelle européenne.

 

14/12/2014

Feu sur la désinformation... (26)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

Au sommaire :

  • 1 :  « Homos, la haine », documentaire propagande sur France 2.

  • 2 :  Le zapping d’I-Média.

  • 3 :  Haro sur Ménard.
  • 4 :  Le bobard de la semaine.
  • 5 :  Catherine Puiseux Kakpo, le nouveau kapo de TF1.

 

04/09/2014

« On a fabriqué des ghettos scolaires dans des ghettos sociaux »...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Jean-Paul Brighelli au Figaro à propos de la nomination symbolique de Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’Éducation nationale...

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« On a fabriqué des ghettos scolaires dans des ghettos sociaux »

LE FIGARO. - Après la révocation de Benoît Hamon quelques jours avant la rentrée, Najat Vallaud-Belkacem a été nommée ministre de l'Éducation nationale à la surprise générale. Que vous inspire ce choix?

JEAN-PAUL BRIGHELLI. - Vous connaissez la phrase de Beaumarchais: «Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint.» Il fallait un vrai connaisseur de l'Éducation nationale, et on a hérité d'une diplômée de Sciences Po spécialiste de questions sociétales. Ce gouvernement, qui n'a pas d'autonomie en matière de choix économiques depuis que Bercy commence et finit à Berlin, fait volontiers dans le sociétal. Par ailleurs, Najat Vallaud-Belkacem s'est beaucoup impliquée dans les ABCD de l'égalité. Elle est à ce titre un repoussoir pour une bonne partie de la droite et de la Manif pour tous. Elle ne pourra qu'accroître la popularité de l'extrême droite - une stratégie constante de Hollande depuis qu'il a compris qu'il perdrait à tout coup au deuxième tour de la présidentielle face à un candidat UMP. Comme tous les gens qui n'y connaissent rien, Najat Vallaud-Belkacem cédera donc aux sirènes de la mode: le tout-informatique - qu'elle a déjà annoncé - ou la suppression des classes prépas. Ce serpent de mer a valu à Peillon bien des déboires, mais c'est l'un des dadas de Geneviève Fioraso, dont la calamiteuse gestion du supérieur a fâché tous les universitaires. La ministre sera sous influence des syndicats les plus pédagogico-béats. Cela évitera de poser les questions qui fâchent: la refonte totale des programmes dans le sens d'une vraie transmission des savoirs, l'inutilité d'un bac totalement dévalué, la nécessité d'une vraie liberté donnée aux universités de recruter sur concours ou sur dossier.

Les questions de société ont-elles leur place à l'école?

Il y a bien plus urgent que d'inciter les élèves à commenter un tableau de Renoir représentant un garçon habillé en petite fille - comme c'était le cas de tous les enfants vers 1890. J'invite à voir ce grand moment pédagogique, qu'on peut découvrir sur Internet*. L'égalité, tout comme la laïcité, ne se décrète pas, elle ne se prêche pas: c'est un combat de chaque instant tout au long d'une vraie scolarité, qui passe en priorité par l'accession à une culture réelle, aux Lumières.

En cette rentrée, le débat se focalise de nouveau sur les rythmes scolaires. Ce sujet est-il vraiment à la hauteur des enjeux?

Vincent Peillon a lancé une grande refondation qui a accouché d'une souris - comme si les chronobiologistes avaient le fin mot de l'Éducation nationale. La réforme des rythmes scolaires est un gadget suggéré par des communes riches (Paris) et imposé à des communes pauvres. Tout ça pour recruter des dizaines de milliers d'«animateurs». On va rééditer le coup des emplois-jeunes de la fin des années 1990, qui ont vu tant de «grands frères» investir l'école. Il s'agit aussi de ne pas fâcher le Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles (SNUipp). Ce syndicat avait combattu, sous Xavier Darcos, la semaine de quatre jours, mais il n'entend pas revenir à une semaine de quatre jours et demi de cours - j'entends de vrais cours, pas d'initiation au macramé. Or, les enfants ont besoin de vraies connaissances en français - c'est la priorité, en maths, en histoire et en géographie. Il faut qu'à la question «qu'as-tu fait à l'école aujourd'hui?», ils donnent chaque jour une réponse claire en termes de savoirs engrangés - et non en termes de récréation prolongée.

Quelles sont les réelles causes de la crise de l'école?

Trente ans de gabegie idéologique - depuis la calamiteuse loi Jospin de 1989 et sa lubie pédagogiste de «l'élève au centre», acteur et constructeur de son propre savoir. Délires à vrai dire conformes aux critères fixés par le Conseil européen de Lisbonne, qui visent à produire 10 % de cadres, et à donner un «socle» de pauvres connaissances à une masse désormais taillable et corvéable à merci. En cela, les libertaires ont admirablement fait le jeu des libéraux qui rêvent d'un tiers-monde à portée de main.

Les institutions européennes ne sont-elles pas un bouc émissaire facile? Certains professeurs n'ont-ils pas défendu les thèses que vous dénoncez?

Ma génération n'a jamais refusé en bloc de transmettre ce qu'elle savait. Nombre d'enseignants sont vent debout contre ce qu'on tente de les obliger à faire. Il a suffi de quelques idéologues montés au pouvoir pour imposer ce désastre. L'engrenage a commencé avec la droite. Le collège unique, c'est Giscard d'Estaing et Haby. La gauche a continué. Le droit généralisé à l'expression de l'élève est dû à Jospin, l'entrisme des parents à l'école à Ségolène Royal. Leurs consignes sont appliquées par un corps d'inspecteurs dociles, en particulier dans le primaire, et par des formateurs convaincus (les IUFM, puis les ESPE). Ceux-ci ont obligé nombre d'enseignants à pratiquer des méthodes aberrantes - comme la méthode idéo-visuelle dans l'apprentissage de la lecture plutôt que les méthodes alphasyllabiques - et à renverser le rapport pédagogie/ transmission en faveur de la première. Sans même se rendre compte qu'ils précarisaient encore plus, sur le plan intellectuel comme sur le plan économique, les classes les plus défavorisées. Un pseudo-gauchisme culturel sert admirablement les intérêts de ceux qui ne veulent pas que les enfants les plus démunis pensent par eux-mêmes.

Il y a près de dix ans, dans «La Fabrique du crétin», vous écriviez: «L'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent.» Êtes-vous toujours aussi pessimiste?

Non seulement je le suis, mais mes pires craintes sont vérifiées. On a fabriqué des ghettos scolaires dans les ghettos sociaux. On a dévalué les examens, et on envoie dans le mur des études supérieures une génération entière à laquelle le savoir et le travail sont refusés.

Quelles sont les deux ou trois mesures qu'il serait urgent de prendre en cette rentrée?

Il faut cesser de travailler à vue en faisant de l'idéologie pour l'idéologie, consulter pour de bon les enseignants de terrain, instaurer la diffusion de ce qui marche, imposer le zéro tolérance en matière de discipline et utiliser intelligemment le colossal budget de l'Éducation, dépensé aujourd'hui dans des gadgets technologiques sans intérêt.

Le «tout-informatique», qui a fait la preuve de son inutilité quand ce n'est pas de sa nocivité, ne remplacera jamais des enseignants formés sur le terrain - par compagnonnage bien plus que par des cours de didactique in abstracto. Mais ce ministre et ce gouvernement sont bien incapables de prendre de telles décisions.

Jean-Paul Brighelli (Figarovox, 1er septembre 2014)

 

* http://www.cndp.fr/ABCD-de-l-egalite/fileadmin/user_upload/doc/fichepedagogique_madamecharpentieretsesenfantsparaugusterenoir.pdf

03/09/2014

Le féminisme veut-il encore dire quelque chose ?

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré au féminisme ...

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Le féminisme veut-il encore dire quelque chose ?

Après des années de lutte, quel bilan peut-on tirer du féminisme ?

Un bilan nécessairement contrasté, pour l’excellente raison que le féminisme, en soi, ne veut pas dire grand-chose. Il y a, en effet, toujours eu deux grandes tendances à l’intérieur du mouvement féministe. La première, que j’appelle le féminisme identitaire et différentialiste, cherche avant tout à défendre, promouvoir ou revaloriser le féminin par rapport à des valeurs masculines imposées par des siècles de « patriarcat ». Non seulement le féminin n’est pas nié, mais c’est au contraire son égale valeur avec le masculin qui est proclamée. Cette tendance a, certes, connu des excès, allant parfois jusqu’à tomber dans la misandrie (dans les années 1960, certaines féministes américaines aimaient à dire qu’« une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette » !). Au moins ne remettait-elle pas en cause la distinction entre les sexes. Je trouve ce féminisme plutôt sympathique. C’est à lui que l’on doit d’avoir réellement fait avancer la condition féminine.

La seconde tendance, qu’on peut appeler égalitaire et universaliste, est bien différente. Loin de chercher à revaloriser le féminin, elle considère que c’est, au contraire, la reconnaissance de la différence des sexes qui a permis au « patriarcat » de s’imposer. La différence étant ainsi tenue comme indissociable d’une domination, l’égalité est à l’inverse posée comme synonyme d’indifférenciation ou de mêmeté. On est, dès lors, dans un tout autre registre. Pour faire disparaître le « sexisme », il faudrait faire disparaître la distinction entre les sexes (tout comme, pour faire disparaître le racisme, il faudrait nier l’existence des races) – et surtout nier leur naturelle complémentarité. Dès lors, les femmes ne devraient plus concevoir leur identité sur le mode de l’appartenance (au sexe féminin), mais sur leurs droits en tant que sujets individuels abstraits. Comme l’a dit l’ultra-féministe Monique Wittig, « il s’agit de détruire le sexe pour accéder au statut d’homme universel » ! En d’autres termes, les femmes sont des hommes comme les autres ! C’est évidemment de cette seconde tendance qu’est née la théorie du genre.

Est-il forcément besoin d’être féministe pour être une vraie femme ?

Il faudrait déjà s’entendre sur ce qu’est une « vraie femme » ! Raymond Abellio distinguait trois grands types de femmes : les femmes « originelles » (les plus nombreuses), les femmes « viriles » et les femmes « ultimes ». Il interprétait le féminisme comme un mouvement de mobilisation des premières par les secondes. Ce qui est sûr, c’est qu’on peut être féministe au sens identitaire sans l’être au sens universaliste. La question se pose, d’ailleurs, de savoir si la seconde tendance évoquée plus haut peut encore être qualifiée de « féministe ». S’il n’y a plus d’hommes et de femmes, si le recours au « genre » permet de déconnecter le masculin et le féminin de leur sexe, on voit mal en quoi la théorie du genre peut encore être considérée comme « féministe ». Qu’est-ce en effet qu’un féminisme qui nie la réalité d’une spécificité féminine, c’est-à-dire de ce qui caractérise les femmes en tant que femmes ? Comment les femmes pourraient-elles rester femmes en se libérant du féminin ? Telles sont précisément les questions que n’ont pas hésité à poser les féministes les plus hostiles à l’idéologie du genre, telles Sylviane Agacinski ou Camille Froidevaux-Metterie.

Aujourd’hui, les Femen… Suffit-il de montrer ses seins pour faire avancer la cause féminine ?

Si tel était le cas, la condition féminine aurait, depuis quelques décennies, fait d’extraordinaires bonds en avant ! Mais dans le monde actuel, l’exhibition d’une paire de seins est d’une affligeante banalité. Même sur les plages, le monokini est passé de mode ! En exhibant des poitrines dans l’ensemble plutôt tristounettes, les Femen, venues d’Ukraine, ont naïvement imaginé qu’elles allaient faire impression. Elles ont seulement fait sourire. Disons qu’elles ont cru que, pour se faire entendre, il leur fallait recourir à ce que certains sociologues appellent la « nudité hostile », une nudité qui n’est plus conçue comme un moyen d’attirer, de séduire ou de provoquer le désir, mais comme un défi agressif, une sorte de proclamation à l’ennemi. Ce genre de pratique relève de cet exhibitionnisme pauvre à quoi se résume actuellement une grande partie de la sociabilité occidentale, laquelle consiste à user de son corps comme d’une marchandise. Les malheureuses Femen seront d’autant plus vite oubliées que tout le monde se fout de leurs nichons !

Mais ce serait aussi une erreur de croire qu’elles ont le soutien des féministes. Mis à part Caroline Fourest, notoirement tombée amoureuse d’Inna Shevchenko, la plupart des féministes ont très vite pris leurs distances vis-à-vis de ces exhibitionnistes, auxquelles elles ont reproché d’utiliser leur corps et de faire appel à une « politique de la télégénie » pour mobiliser l’attention médiatique, au risque de légitimer indirectement la reconnaissance des différences de sexes – en clair, de faire de leurs glandes mammaires un usage propre à conforter les « stéréotypes ». D’autres ont objecté aux activistes aux seins nus qu’au lieu d’affirmer la supériorité de la nudité, elles feraient mieux de défendre la liberté des femmes de s’habiller comme elles le veulent. Lisez, à ce propos, l’article de Mona Chollet paru dans Le Monde diplomatique de mars dernier, qui s’intitulait « Femen partout, féminisme nulle part ». Quant aux revendications proprement féministes des Femen, on les cherche encore !

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 17 août 2014)

14/05/2014

Les petits monstres...

Nous reproduisons ci-dessous la dernière Chronique d'une fin du monde sans importance, de Xavier Eman, publiée dans le numéro 151 de la revue Éléments, actuellement en kiosque, et cueillie sur l'excellent blog A moy que chault !...

 

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Les petits monstres

« Tu n'envisages tout de même pas de sortir avec nous habillé comme cela ? »

Noémie avait frémis de surprise et de colère en voyant apparaître Etham, son fils de 7 ans, qu'elle venait d'appeler pour la promenade familiale dominicale. Elle n'en croyait pas ses yeux et agitait la tête de gauche à droite dans une expression d'incompréhension et d'accablement mêlés. Pour un peu elle en aurait fait tomber son Télérama sur la moquette à boucles épaisses couleur « ventre de taupe » du salon. Dans l'encablure de la porte, stoppé net dans l'élan qui le conduisait aux bras de sa mère, le gamin était déjà aux bord des larmes. Vêtu d'une salopette, d'une chemise bleue à carreaux et d'une paire de baskets à scratch, Etham hésitait entre fureur et sanglots, tremblotant de tout son petit être frustré de l'affection attendue.

« Ha, ne commence pas à pleurer, je t'ai dit cent fois de ne pas prendre les affaires de ta sœur ! Remonte vite et va mettre la robe que Mum t'a préparé ! »

« Mum » c'était quand même moins plouc que « maman ». Bien sûr, cela restait encore assez largement hétéro-normé, encore confiné dans le dualisme périmé du père/mère, mais elle n'était toutefois pas mécontente d'avoir réussi à imposer ces anglicismes « Mum » et « Dad » qui lui semblaient moins agressivement archaïques.

« Dad » d'ailleurs, entra à son tour dans la pièce et interrogea du regard Noémie sur la raison de son courroux.

« Je te jure, ce projet parental finira par me rendre folle ! » s'exclama-t-elle pour toute réponse. André insista donc :

« Qu'est-ce qu'il a encore fait ? »

« Il voulait sortir avec une salopette de sa sœur ! Tu imagines ce qu'auraient dit les voisins s'ils avaient vu ça ? » hurla presque Noémie, comme terrorisée par la perspective.

Soucieux d'apaiser le trouble de sa compagne-partenaire, André engagea alors une stratégie de détournement en déclarant :

- « Oh, eux, ils n'ont pas grand chose à dire, hier encore j'ai surpris leur petite dernière en train de jouer avec un poupon dans le jardin. Elle s'amusait à le changer, tu imagines ! Dans le genre formatage domestico-sexué, on peut difficilement faire pire ! »

Mais l'argument ne porta qu'à moitié car l'aîné des voisins, lui, avait fait son coming-out il y a un peu plus d'un an et vivait depuis lors avec un immigré clandestin gabonais en attente d'une opération de changement de sexe, ce qui conférait à l'ensemble de la famille une inattaquable respectabilité et même une sorte d'autorité morale sur tout le quartier.

Noémie souffrait, sans vouloir jamais le formuler, de ne pas se sentir totalement au niveau de cette rude concurrence. Elle sentait bien, malgré ses efforts incessants, toutes les scléroses, les vétustés et les anachronismes qui encombraient encore son organisation familiale : Etham qui avait abandonné la gymnastique rythmique pour le football (« Dad » ayant cédé après des nuits entières de larmes et une dramaturgie digne d'une sorte de « Billy Elliot » inversé...), les grands-parents qui s'acharnaient à offrir des opuscules fascistes à leurs petits-enfants (Cendrillon,la Belle au bois dormant, le Prince Eric... toutes les saloperies occidentalo-machistes y passaient...) et elle-même qui, encore entravée par des vestiges de son éducation étriquée et obscurantiste, n'avait pas pu retenir un léger haut-le-coeur en assistant à la séance obligatoire de projection de la « Vie d'Adèle » organisée par l'école primaire de son fils. Le broutage de minou en gros plan au Ce2, à sa grande honte, elle avait encore quelques difficultés à intégrer toute la portée pédagogico-citoyenne de la chose...

Pourtant, elle avait fait de considérables progrès, grâce notamment à ses abonnements à Technikart et Libé, et sentait bien que, sans être arrivée à la totale plénitude de la libération de tous les carcans hérités, elle s'était largement avancée sur la voie de l'interchangeable et de l'indéfini, vers le monde merveilleux où chacun n'est déterminé que par ses désirs de l'instant.

Le plus dur finalement avait été de faire accepter par André le fait de se laisser sodomiser en levrette, à l'aide d'un godemichet-ceinture, afin de rompre définitivement avec l'oppression machiste de la pénétration hétérosexuelle unilatérale qui imprégnait leurs relations intimes depuis trop d'années. Dorénavant, il avait régulièrement les fesses douloureuses mais pouvait au moins regarder les voisins droit dans les yeux.

Xavier Eman (A moy que chault ! , 4 mai 2014)