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08/01/2018

Les feux de la Saint-Sylvestre...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque les incendies de véhicule à l'occasion de la nuit du Nouvel An...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet a publié cet automne aux éditions Léo Scheer un roman intitulé La nouvelle Dolorès. Il devrait prochainement publier son journal, de l'année 1971 à l'année 1994.

 

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Les feux de la Saint-Sylvestre

La France est le seul pays moderne, doté de lois souveraines et d’ambitions internationales, dans lequel la progéniture d’immigrés extra-européens incendie des voitures, à l’occasion de la Saint-Sylvestre – rebaptisée, ou plutôt (dirai-je pour éviter la référence chrétienne) renommée « réveillon du nouvel an ». Les mêmes néo-Français en brûlent également, quoique en des proportions moindres, à l’occasion du 14 juillet – ces deux dates étant symboliques d’une haine de la France qui serait une haine de soi si ces individus se considéraient comme français – ce qu’ils sont pourtant juridiquement : de là l’origine du feu.

Plus de 1000 véhicules ont été incendiés avant-hier sans que personne s’en émeuve, à commencer par les médias qui ont ordre de ne jamais présenter de façon négative les dérives de l’immigration (laquelle n’est peut-être tout entière qu’une dérive). On se contente de donner le nombre de véhicules et d’arrestations, comme on l’a fait pour le nombre de chrétiens assassinés par des musulmans, il y a quelques jours, au Pakistan et en Égypte ; et puis on passe à autre chose, c’est-à-dire à rien, ce néant pouvant prendre par exemple un visage anonyme dans la mort d’une douzaine de personnes, en un incendie à New York, lequel a suscité plus d’intérêt que la mort de 15 personnes, à Bombay, ce qui se passe aux États-Unis ayant, on le sait, plus de valeur que ce qui a lieu en Inde ou ailleurs.

Incendier des voitures est un rite dont nul homme politique ne s’avisera cependant de tirer des conclusions : cette nuit barbare n’est pas un paradoxal écho de la Saint-Jean ; elle est un élément de la guerre civile en cours en un pays où le Droit est l’objet d’une incantation d’autant plus hyperbolique que les lois sont bafouées, ou réinterprétées en faveur des « minorités visibles », donc intouchables, car jouissant du statut « incontournable » de « victimes ».

Que le petit-bourgeois universel (qui inclut les bobos, rappelons-le) ripaille pendant que les voitures brûlent dans toute la France, c’est là non plus un signe de classe mais celui d’un temps qui a vu s’effondrer toute valeur verticale. Ce sont aussi les « dommages collatéraux » liés à l’immigration de masse et à la faillite du système éducatif, diront certains. Mais non, vous exagérez ! L’Éducation nationale fonctionne bien et veille à la pureté politique : des parents d’élèves ne viennent-ils pas de  s’indigner d’une comptine dans laquelle on évoquait un petit Chinois à travers ses « stéréotypes », et ne l’ont-ils pas vigoureusement dénoncée ? Voilà, bêlent-ils, un dommage collatéral dû à l’ancien monde. Mangez et dormez tranquillement, Mesdames et Messieurs (formule d’ailleurs suspecte de stéréotype, puisqu’elle ne prend pas en compte les déviances sexuelles à présent normées) : nous veillons, pendant que les incendies de voitures entretiennent la flamme de ces victimes que sont les délinquants ordinaires – en vérité des guerilleros qui brûlent des automobiles, faute de pouvoir (encore) brûler des chrétiens et des juifs.

La guerre, vraiment ? Mais oui : comment qualifier ces incendies autrement que comme des faits de guerre civile, au sein de l’incessante lutte communautariste de tous contre tous, au sein d’un système qui invite à ne pas s’assimiler et donc à immigrer dans la langue et les coutumes d’origine, par conséquent à réfuter à la communauté de base, celle qui a fait la France en sa prééminence culturelle, qui est judéo-chrétienne ? La France n’est plus qu’un grand incendie, qu’il soit manifeste, comme dans les banlieues prétendues « difficiles », ou bien couvant sous la cendre qui recouvre la tradition.

Ainsi le capitalisme mondialisé convoque-t-il la doxa de la nouvelle histoire de l’espace-France, puissamment relativiste et post-nationale, pour éradiquer toute tentation nostalgique au profit d’une présentification béatifique, dans laquelle immigrés haineux et post-français incultes communient dans cette forme d’incendie général qu’est la haine de tous contre tous, sous l’œil du veau d’or consumériste, en un territoire qui n’est plus qu’une friche civilisationnelle et spirituelle.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 2 janvier 2018)

28/12/2012

Florange sacrifié sur l'autel du mondialisme ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Drac, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à la capitulation du gouvernement dans l'affaire de l'acierie de Florange. Michel Drac est l'animateur du site Scriptoblog et est l'auteur de plusieurs essais comme Crise ou coup d'état ? (Le Retour aux sources, 2009) ou Crise économique ou crise du sens ? (Le retour aux sources, 2010).

 

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Florange sacrifié : au profit de qui ?

Lors du débat récent sur le site sidérurgique de Florange, nous avons assisté à l’opposition médiatique de deux discours simplistes : d’un côté, les partisans du maintien de l’activité ont jugé le site conforme aux normes de rentabilité exigées par le marché ; en face, leurs adversaires ont soutenu la thèse inverse. Opposition frontale, argumentaires fragiles : les médias ne nous ont offert que très peu d’informations approfondies. Quid des processus sur site ? Leurs inducteurs de coûts ? L’analyse de la valeur de leurs outputs ? On n’en saura rien, ou presque.

Mais sans doute n’était-ce pas vraiment de technique qu’il était question.

Débat médiatique, rideau de fumée. L’agressivité des échanges révélait un non-dit : la véritable interrogation porte souterrainement sur le cadre conceptuel de l’analyse et non sur ses conclusions. Un véritable débat oppose ceux qui jugent Florange dans le cadre conceptuel défini par le libre-échange inéquitable, les marchés financiers dérégulés et le monétarisme laxiste contemporain, à ceux qui raisonnent hors de ce cadre.

Allons à l’essentiel : énoncer que le critère de décision principal relatif à la continuation de l’exploitation à Florange est la rentabilité du site, du point de vue des actionnaires et selon les normes des marchés financiers, c’est affirmer que ce site existe en premier lieu pour rémunérer le capital nomade et spéculatif. On pourrait très bien opposer à ce point de vue actionnarial un point de vue productif : dans cette optique, le site de Florange existerait d’abord pour répondre aux besoins en acier de l’économie physique.

Ici, un tel renversement de perspective est d’ailleurs très plaidable. La sidérurgie n’est pas une activité en déclin. On n’a jamais produit autant d’acier dans le monde : 1,4 milliards de tonnes par an. Et ce n’est pas fini. Nous allons vers de grands bouleversements dans la métallurgie : de nombreux minerais vont être éteints à l’extraction primaire dans les décennies qui viennent. Une des pistes envisageables pour des substituts acceptables réside dans le développement d’alliages à base de fer mimant les propriétés des métaux non ferreux. C’est dire si la sidérurgie de haute technicité est un métier d’avenir. La rentabilité de court terme offerte au capital spéculatif ? Mais il s’agit de la robustesse future des économies européennes !

Bien sûr, un tel débat est interdit. Montebourg prononce le mot de « nationalisation », et déjà montent au créneau les défenseurs de l’économie globalisée. Où l’on verra un BHL trancher la question, lui qui n’a probablement jamais vu fonctionner un laminoir, mais a, en revanche, très bien compris que dans l’intérêt d’une hyperclasse globalisée parasitaire et prédatrice, il ne doit pas tolérer le pourtant nécessaire débat sur le cadre conceptuel de la décision économique.

Michel Drac (Boulevard Voltaire, 26 décembre 2012)

 

 

 

12/06/2012

Petite histoire de la voiture piégée...

Les éditions La Découverte réédite en format poche Petite histoire de la voiture piégée, un ouvrage de l'ethnologue américain Mike Davis. Ce personnage atypique, qui a débuté sa vie professionnelle comme ouvrier dans des abattoirs, est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux folies urbaines du capitalisme mondialisé, comme City of Quartz (La Découverté, 2006) ou Le stade Dubaï du capitalisme (Les prairies ordinaires, 2007).

 

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"Un matin de septembre 1920, à New York, un anarchiste italien du nom de Mario Buda gare à l'angle de Wall Street un véhicule bourré d'explosifs. Il a inventé la première voiture piégée. Cet événement fondateur est le point de départ d'un récit qui nous mène jusqu'à l'Irak contemporain, en passant par les attentats sionistes contre les Britanniques en Palestine en 1947, par les attentats de l'IRA en Grande-Bretagne et ceux des Tigres tamouls au Sri Lanka.
Arme furtive, spectaculaire, bon marché, simple d'utilisation, aveuglément meurtrière, sûre et anonyme, la voiture piégée s'impose notamment comme l'arme idéale pour des groupuscules marginaux auxquels elle fournit une force de frappe sans rapport avec leur poids politique. Autant de caractéristiques qui font de ce « bombardier du pauvre » la base fondamentale du terrorisme moderne, « une arme intrinsèquement fasciste qui assure à ceux qui l'emploient un bain de sang de victimes innocentes »."