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Métapo infos - Page 535

  • Docteur Molière et Mister Diafoirus...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de François Bousquet, cueilli sur le site de la revue Eléments et consacré aux descendants du docteur Diafoirus, qui occupent le devant de la scène depuis le début de la crise sanitaire. Journaliste et essayiste, rédacteur en chef de la revue Éléments, François Bousquet a notamment publié Putain de saint Foucauld - Archéologie d'un fétiche (Pierre-Guillaume de Roux, 2015), La droite buissonnière (Rocher, 2017) et Courage ! - Manuel de guérilla culturelle (La Nouvelle Librairie, 2019).

     

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    Biopolitique du coronavirus (6). Docteur Molière et Mister Diafoirus

    – Quoi de neuf ?
    « Molièrrre », répondait inlassablement Sacha Guitry, de sa voix de velours. Molière toujours recommencé. On aurait pu croire notre gloire nationale dépassée par les progrès de la science, renvoyée dans d’obscurs âges médicaux quand la secte des médicastres formait une redoutable bande de fossoyeurs – en plus chers et plus verbeux. Il n’en est rien. La médecine coronavirale sous tutelle publique confine toujours comme au bon vieux temps de la peste, elle interdit toujours de voir la dépouille des défunts comme au temps du choléra et elle dépêche aux cas désespérés Michel Cymes, la coqueluche des Ehpad, pour annoncer aux derniers résidents qu’ils ne survivront pas à ses blagues. Mais pas de panique, les vieux, y’aura des masques pour la prochaine épidémie !

    Le coup est rude pour Hippocrate. Il y a à peine trois mois, la médecine rêvait en grand, une nouvelle ère s’ouvrait, l’homme augmenté, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle. Aux dernières nouvelles, seuls les respirateurs sont artificiels. La médecine, qui avait avantageusement remplacé les curés, du moins avait-elle fini par s’en convaincre, avait oublié l’essentiel : il faut quelqu’un pour administrer les derniers sacrements – en débranchant les malades. La voici donc de nouveau aussi désarmée, aussi hébétée, aussi impuissante, qu’au temps de Molière. Bien sûr, elle ne dit plus aux malheureux : « Souffrez, on s’occupe du reste ! », elle a ajouté une pincée de paracétamol. Prenez du Doliprane en somme, et on s’occupera du reste !

    Pharmafoirus en digne héritier

    On peine à déceler sous les traits des bureaucrates du ministère de la Santé et des barbons sortis de cet Ehpad qu’est l’Académie de médecine, tous choisis par Macron en personne, des avatars, même lointains, du docteur Diafoirus. C’est pourtant lui qui régente notre santé. Son champ de rayonnement s’est même considérablement élargi, si bien qu’il faudrait l’appeler Pharmafoirus. Comme son ancêtre, Pharmafoirus s’est fait une spécialité de soigner des maladies qui n’existent pas, selon la forte doctrine et parole du docteur Knock. Là où Diafoirus assommait de noms latins les dupes qu’il dénichait, il vous abreuve de molécules aux formules alambiquées. Là où son ancêtre multipliait les lavements purgatifs en vous enfonçant dans les fesses des seringues anatomiquement monstrueuses, grosses comme des pompes à vélo rustiques, lui vous vaccine des shoots fixés à l’alu. Là où il faisait des saignées à en crever, il intube jusqu’à l’asphyxie.

    La peste soit de Didier Raoult

    Pharmafoirus n’a pas de visage, rien que des masques successifs (quelle ironie à l’heure où il ne parvient pas en fabriquer en quantité suffisante). S’il y en a deux à épingler, bien grimaçants, farcis de morgue, dans le musée des horreurs médicales, c’est le couple infernal Agnès Buzyn-Yves Lévy. La survaccination précoce en France, c’est elle. Le lobbying vaccinal, c’est lui. La multiplication des conflits d’intérêt, c’est eux. La demande d’assouplissement des règles sur les conflits d’intérêt, c’est elle. Le Raoult bashing, c’est eux aussi, c’est eux d’abord – et Didier Raoult ne s’est pas privé de le rappeler, quand les « fondamentalistes de l’Inserm », alors dirigé par Yves Lévy, ont voulu mettre en coupe réglée les Instituts hospitalo-universitaires (IHU), dont le sien. Tout cela a été dit et redit.

    C’est la « génération Sida », pour parler comme l’infectiologue marseillais, la maladie des élites culturelles, pas des Gilets jaunes, comme on s’en doute, plus Téléthon que Sidaction, mais chut ! Pierre Bergé pouvait dauber autant que son argent le lui autorisait les priorités philanthropiques des ploucs, l’inverse n’est pas possible. Dont acte.

    Cette génération, ce n’est pas seulement Yves Lévy, c’est aussi Jean-François Delfraissy, à la tête du Conseil scientifique de l’Élysée et Françoise Barré-Sinoussi, à la tête du CARE (Comité analyse recherche et expertise) – encore un pseudopode inutile fraîchement créé par l’exécutif, qui vient redoubler les avis du Conseil scientifique (pour une affaire d’ego sûrement). Clemenceau recommandait de nommer des commissions pour enterrer les problèmes. Nous, on fait mieux : on crée des problèmes en multipliant les commissions.

    Génération Sida

    Au passage, quel linguiste charitable viendra couper le robinet d’eau tiède de ce vocabulaire psychologisant, compassionnel, anglicisé de surcroît, trempé dans les sucreries des niaiseries cucumanitaires. Quoi de plus saugrenu que le CARE ! L’État français n’est pas une ONG, que diable ! Et pourquoi lancer aussi prématurément (et triomphalement) une opération Résilience, alors qu’on vient à peine d’entrer dans la phase épidémique – et pas post-traumatique, que l’on sache. De quoi le Covid-19 serait-il résilient à ce stade, sinon de l’incurie et de l’incompétence de l’exécutif ? Tous ces kilotonnes de sollicitude recyclés par la novlangue des communicants finissent par ne plus rien dire à force de tout dire. Fatalité du macronisme né d’un coup de force médiatique, sa gestion de crise porte la marque de la communication dont il procède. Or, cette communication de crise a été conçue pour gérer les infidélités de Monsieur et la couleur des robes de Madame, pas pour affronter des pandémies. La gestion devient alors gesticulation.

    Revenons à cette génération dorée et tapis rouge, cliniquement parlant. Elle cherche un vaccin contre le Sida depuis bientôt 40 ans comme d’autres cherchaient l’or des Incas. La quête de cet Eldorado a englouti des milliards. À ce niveau de gabegie, la recherche ne se résume plus qu’à la recherche de financement pour financer le financement de la recherche de financement.

    Cocoricovid

    L’avenir dira si Raoult et ses équipes se sont trompés. Il suffira de comparer les niveaux de pénétration épidémique à Marseille et dans le reste de la France. Les déclarations du professeur auront en tout cas permis de donner un fantastique coup de pied dans la termitière médicale, et accessoirement de mettre le dépistage à l’ordre du jour en France. On s’étonne d’ailleurs que ce dépistage, dont la quasi-obligation est placardée dans tous les cabinets médicaux de France, ait pu faire l’objet d’un tel tir de barrage. Raoult ? Allez savoir !

    Curieux pays. On tient enfin une pointure internationale, il faut qu’on lui savonne la planche. Les Marseillais, enorgueillis et retrouvant les accents tarasconnais de Tartarin, croient rejouer gagnant le Classico, mais le vrai match, c’est celui qui oppose les élites, certes parisiennes, et le peuple. Ce dernier se tient prêt à lancer des Cococorico, Cocoricovid, en faisant une belle quenelle au Système. Raoult est son champion, n’a-t-il pas eu droit à un tweet décoiffant de Trump, le plus grand performer artistique du moment, qui soit dit en passant ressemble de plus en plus à Michou.

    Les fans de Raoult l’ont comparé au druide Panoramix. C’est flatteur. La vérité, c’est qu’on ne sait pas si Raoult est Panoramix ou Amnésix, le druide chargé de guérir Panoramix dans Le Combat des chefs, après qu’un lancer supersonique de menhir, œuvre de cette godiche d’Obélix, l’eut heurté (Amnésix aussi du reste) : génial tout court ou génial mais fou ? Pasteur ou Pastis ? Ou les deux peut-être.

    À son actif, il soigne les maladies sans traitement connu comme on devrait les traiter : empiriquement, à tâtons, en bricolant, en se trompant, comme les pionniers, comme les aventuriers.

    – Ouh là là, objectent ses détracteurs ! Vous n’y pensez pas ! Et la méthodologie ? Et le protocole thérapeutique ? Et le code de la route ?

    Oh les gars, il ne part pas en vacances, le Raoult, il conduit une ambulance à 180 km/heure dans un système hospitalier embouteillé par les malades.

    – Pfuit, populiste va !

    C’est ce qu’un chef de service, la cruche du jour, lui a reproché (du « populisme médical »). Il a été entendu. Pharmafoirus a donc décidé – très officiellement, très hippocratiquement et très méthodiquement – de tester l’hydroxychloroquine sur des souris pendant six mois, puis sur des lapins blancs en période de reproduction, puis sur Agnès Buzin, avant de délibérer aux voix entre le comité Théodule, j’ai nommé le Conseil scientifique, et le comité Théophraste, j’ai nommé le CARE et l’ego de Madame Barré-Sinoussi. Et quand il y aura 100 000 morts, on administrera enfin la chloroquine, mais aux survivants. La belle affaire !

    L’anti-discours de la méthode

    Franchement, la méthode, on s’en fout, comme du protocole. Il n’y a pas de méthode qui tienne ici. Feu le professeur Lucien Israël, un sacré bonhomme et une sacrée pointure, disait des protocoles thérapeutiques que c’était le sommet de la médiocrité médicale. Raoult ne dit pas autre chose, la truculence en plus. Le « paradigme du parachute » et la « méthode de Tom » racontés par lui, c’est du Jean Yanne. Ils devraient être enseignés dans tous les amphis de médecine. Leur irréfutabilité jetterait Karl Popper dans la perplexité.

    La vérité, c’est que la plupart des grandes choses qui ont changé le cour de l’histoire ont été faites sans protocole. Mieux et plus encore : elles n’ont été rendues possible que parce qu’il s’est trouvé quelqu’un qui a jeté par la fenêtre ce putain de protocole. Comment comprendre autrement « la lettre tue, l’Esprit vivifie », règle de vie ? Le protocole, c’est fait pour les cons, pour les docteurs de la loi, pour les pharisiens, pour Adolf Eichmann. Eichmann suivait le protocole à la lettre. Amen !

    Quand on sait d’ailleurs comment fonctionnent les comités de lecture « indépendant »… Les joyeux lurons qui ont publié le canular sur la culture du viol dans les jardins publics chez les chiens sont intarissables sur le niveau intellectuel de ces revues savantes. Mention spéciale dans leur papier aux discriminations contre la gent canine queer, même pas relevé par les membres du jury. À ce niveau d’« hénaurmité », la méthodologie rappelle furieusement la scolastique et la syllogistique brocardées par Rabelais. Alfred Jarry et le Docteur Faustroll ne sont pas loin. Il y a toute une littérature savante consacrée au sujet depuis l’étude pionnière de John Ioannidis, « Pourquoi la plupart des résultats de recherche publiés sont faux » (Stanford University, 2005). Les « Monsanto papers » ont révélé combien la FDA, la Food and Drug Administration, la principale agence américaine, était gangrenée jusqu’à l’os.

    Lisez l’excellent blog « Anthropo-logiques » de Jean-Dominique Michel, anthropologue médical suisse, parfait connaisseur des arcanes du monde médical. Lui parle de « corruption systémique », c’est-à-dire que la corruption est endogène au système de santé, elle en est même la signature génétique. Médecins, industriels, agences publiques, la relation est devenue incestueuse, au point d’accoucher elle aussi de monstruosités : les scandales sanitaires (Mediator, Dépakine, Vioxx, crise des opioïdes, etc.) Crime organisé, a pu dire le chercheur Peter Gøtzsche, cofondateur de la plus grande veille mondiale sur Big Pharma. Alors, après le crime en col blanc, le crime en blouse blanche ?

    La faillite d’un système

    C’est tout un système qui a fait faillite, privé et public dans le plus parfait mélange des genres – les labos, le ministère de la Santé, les agences sanitaires gouvernementales, les mandarins de la Faculté de médecine. Ah, ces mandarins ! Ouvrez Les Morticoles (1894) de Léon Daudet. C’est Molière à 250 ans de distance, une fable outrancière, swiftienne, contre les toquades médicales, très proche, la comparaison surprendra, de la Némésis médicale (1975) d’Ivan Illich.

    Et encore ni Léon Daudet ni Molière ne connaissaient le médecin fonctionnaire, le rond-de-cuir de la santé, le technocrate médical qui gèrent le coronavirus avec des tableaux Excel en télétravail. Le directeur de l’Agence régionale de Santé du Grand Est (évidemment nommé par l’État, à la tête d’une région sans autre existence qu’administrative) faisait les deux. Christophe Lannelongue de son nom. Il faut encadrer ce patronyme et le signaler à l’attention de la postérité. Auto-confiné à Paris, ce haut fonctionnaire pilotait depuis sa cuisine, chocolat chaud à la main, la réponse de l’État à l’offensive du Covid dans le Haut-Rhin, tout en déclarant, début avril, toujours depuis sa cuisine parisienne, à des journalistes de L’Est républicain interloqués, qu’il était hors de question, pandémie ou pas, d’interrompre la suppression de postes et de lits au CHRU de Nancy, alors qu’on en cherchait désespérément ! Macron l’a limogé, quand bien même il ne faisait qu’appliquer scrupuleusement la feuille de route présidentielle.

    De Max Weber à Michel Crozier, une sociologie plutôt conservatrice a montré comment dans les univers impersonnels et déshumanisés se développait parfois une « personnalité bureaucratique », généralement étriquée, vouée à élargir sans arrêt son périmètre de pouvoir. Le lebensraum du fonctionnaire et de son coup de tampon ! C’est fou ce que le pouvoir de donner un coup de tampon confère de pouvoir à celui qui tient le tampon. La délivrance des homologations pour fabriquer des masques ou faire des tests nous en a fourni un aperçu. Combien de laboratoires ont-ils couru après une autorisation administrative qui n’est peut-être toujours pas arrivée ?

    Mais ce n’est rien à côté de l’administration centrale. Du haut du ministère de la Santé, forte de son jacobinisme criminel, elle a fusionné les organismes comme on a fusionné les régions et les communes, avec une règle de calcul, des préjugés technocratiques et une méconnaissance totale des réalités du terrain. En est sortie une super-usine à gaz (les seules qu’on fabrique encore en France). Voici en deux mots l’histoire de l’Agence nationale de santé publique, créée en 2016, sur la base d’un rapport lui-même issu de rapports eux-mêmes issus de rapports qui ressemblent à tous les autres rapports qu’on peut lire dans d’autres rapports, les uns et les autres baptisés, par ironie on suppose, rapports d’activités, alors que l’activité principale se résume à rédiger des rapports. Inévitablement, cette Agence nationale qui a tout refondu a englouti l’organisme qui gérait les stocks stratégiques de médicaments et matériel. Zou, à la trappe.

    En rupture de stock

    On fera valoir que cette notion de stock est désormais une hérésie comptable appartenant à l’ancien temps. À l’heure de la mondialisation et des flux tendus, le meilleur des stocks, c’est l’absence de stocks, fussent-ils stratégiques. Si du reste il n’y a plus de stocks stratégiques, on en induit, comme on nous a appris à le faire à l’école, qu’il n’y a plus de stratégie du tout.

    Tout cela n’a d’ailleurs pas empêché l’État de préempter les stocks d’hydroxychloroquine – subitement les réserves stratégiques reprenaient tout leur sens –  pour les formes sévères de Covid alors qu’il apparaît que la molécule est inefficace quand elle est prise en phase de détresse respiratoire. Pour une fois, miracle, nulle pénurie à l’horizon. Aïe ! On a donc décidé d’en créer une, sur-le-champ, en asséchant les stocks de la molécule (et pendant ce temps-là, le groupe « français » Sanofi, fabricant de ladite molécule, a choisi de la distribuer gratuitement un peu partout dans le monde, 100 millions de doses quand même). En rupture de stock, ce pourrait être le titre de la tragi-comédie nationale qui tient l’affiche depuis deux mois. En rupture de masques, en rupture de tests, en rupture de soignants, en rupture de lits, en rupture d’imagination, en rupture de chefs. Régis Debray nous a récemment rappelé un des derniers mots de Malraux à qui on demandait peu de temps avant sa mort ce qui caractérisait notre âge : « L’absence de décision », répondit-il laconiquement, pour une fois. Que dirait-il aujourd’hui ? Des comités, des commissions, des instances consultatives à n’en plus finir. Toujours repousser la prise de décision, toujours les atermoiements. Personne ne veut choisir, on préfère en déléguer le soin à la « méthode ». La méthode, c’est indifféremment les protocoles, les procédures, les normes, les lois, les règles. Pour le reste, la procrastination préside à l’absence de décision. Ici aussi, le décisionnisme schmittien – on le redit, l’essence du politique, ce qui fonde sa souveraineté – a été battu en brèche par le normativisme, car il y a un normativisme médical, pas seulement juridique. Cette faillite de la décision est générale, elle affecte autant le savant que le politique, pour parler comme Max Weber, chacun dans son registre respectif. Plus encore peut-être en France où, tradition jacobine et saint-simonienne oblige, l’administration des choses depuis Paris s’est substituée au gouvernement des hommes depuis chez eux. Ce qui veut dire, en bon français, qu’on est vraiment dans la merde…

    François Bousquet (Éléments, 24 avril 2020)

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  • Confinez-vous avec : ... L'Antéchrist, de Friedrich Nietzsche !

    Avec la crise du coronavirus, les maisons d'édition reportent la publication de leurs nouveautés à des jours meilleurs. Cette période sera donc l'occasion de vous signaler, au gré de l'inspiration du moment, des ouvrages, disponibles sur les sites de librairie en ligne (ceux dont l'activité se poursuit...), qui méritent d'être découverts ou "redécouverts".

    On peut trouver aux éditions Gallimard, dans la collection de poche Folio, un essai de Friedrich Nietzsche intitulé L'Antéchrist. Plus de cent ans après sa mort, l'auteur de Ainsi Parlait Zarathoustra et de Par-delà bien et mal, qui a appelé à surmonter la "mort de Dieu " et le "règne du dernier homme", reste d'une profonde actualité.

     

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    " «Rien ne sert d'embellir et de farder le christianisme : il a livré une lutte à mort à ce type supérieur d'humanité, il a jeté l'anathème sur tous les instincts élémentaires de ce type. À partir de ces instincts, il a su distiller le mal, susciter le méchant : l'homme fort étant par définition celui que l'on réprouve, le «réprouvé». Le christianisme a pris le parti de tout ce qui est bas, vil, manqué, il a fait un idéal de l'opposition à l'instinct de conservation de la vie forte. Même aux natures les mieux armées intellectuellement, il a perverti la raison, en leur enseignant à ressentir les valeurs suprêmes de l'esprit comme entachées de péché, induisant en erreur, comme des tentations. Exemple le plus lamentable : la perversion de Pascal, qui croyait à la perversion de sa raison par le péché originel, alors qu'elle n'était pervertie que par son christianisme !»
    Friedrich Nietzsche. "

     

     

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  • On ne voit qu'une solution, c'est la dissolution !...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique mordante et réjouissante de la France de Campagnol, par Christian Combaz, consacrée à la crise du coronavirus et à la manière dont elle est ressentie par les Français d'en-bas. A déguster !

    Romancier et journaliste, Christian Combaz est notamment l'auteur de Gens de Campagnol (Flammarion, 2012), de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos (Le retour aux sources, 2018) et de La France de Campagnol (La Nouvelle Librairie, 2020).

     

                                        

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  • Confinez-vous avec : ... En attendant le roi du monde, d'Olivier Maulin !

    Avec la crise du coronavirus, les maisons d'édition reportent la publication de leurs nouveautés à des jours meilleurs. Cette période sera donc l'occasion de vous signaler, au gré de l'inspiration du moment, des ouvrages, disponibles sur les sites de librairie en ligne (ceux dont l'activité se poursuit...), qui méritent d'être découverts ou "redécouverts".

    On peut trouver publié aux éditions L'Esprit des péninsules et réédité chez Pocket, un roman d'Olivier Maulin intitulé En attendant le roi du monde. Anar de droite, tendance Rabelais, critique littéraire à Valeurs actuelles, alsacien et roi de Montmartre, Olivier Maulin est l'auteur de plusieurs romans truculents et païens, comme Les évangiles du lac (L'esprit des péninsules, 2008), Petit monarque et catacombes (L'esprit des péninsules, 2009), Les Lumières du ciel (Balland, 2011),  Le Bocage à la nage (Balland, 2013), Gueule de bois (Denoël, 2014) ou La fête est finie (Denoël, 2016), mais aussi d'un recueil d'articles polémiques revigorant, Le populisme ou la mort (Via Romana, 2019).

     

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    " Pour convaincre Romain de venir vivre avec elle au Portugal, Ana n'a pas eu à insister beaucoup. Car à 29 ans, sans grandes ambitions, c'est avec plaisir qu'il abandonne ses petits boulots parisiens pour une nouvelle ville, une nouvelle langue, de nouvelles rencontres... Rapidement, Romain se lie d'amitié avec Lucien, un grutier français. Un drôle de type, ce Lucien, qui se prétend chaman et vit son métier comme un sacerdoce. Romain lui doit d'ailleurs la révélation de sa propre vocation de grutier, un travail enfin stable, et sans doute un peu plus... Car en montant dans le bus pour Lisbonne, Romain savait qu'il partait en voyage, seulement il ignorait la vraie destination. "

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  • Des lions menés par des ânes...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Ghislain de Castelbajac cueilli sur Geopragma et consacré au fiasco français dans la gestion de la crise sanitaire. Ancien chargé de mission au SGDN, conseil en stratégie, Ghislain de Castelbajac est membre fondateur de Geopragma.

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    Des lions menés par des ânes*

    Lorsque le coup de tonnerre éclate, il est trop tard pour se boucher les oreilles.

    Sun Tzu

    Imaginez un pays multimillénaire, au système de santé envié du monde entier, au réseau diplomatique parmi les plus vastes au monde, aux réseaux d’agents de renseignement, aux échanges de coopération de police, de santé, d’aide humanitaire sans doute les plus efficaces et les plus respectés au monde. Exportant ses ingénieurs et chercheurs à travers la planète. Membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies, possédant la dissuasion nucléaire.

    Vous avez reconnu la France.

    Alors comment en est-on arrivé là ? Comment un gouvernement acculé et apeuré a-t-il sciemment menti aux français sur les masques et les tests ? Comment des hauts responsables de la santé, notamment Mme Fontanel, conseiller santé à l’Elysée et Mme Buzyn, ministre de la santé, ont-elles déserté en pleine déclaration de guerre, alors que la bombarde virale s’implantait au sein de nos troupes ?

    Comment la France a choisi de confiner l’ensemble de sa population depuis le 17 mars 2020, dans l’urgence, sans préparation, sans plan de sortie…et sans armes ?

    Le 6 mai 2013, une note du Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) propose un plan de réforme de l’utilisation des masques de protection à l’usage des travailleurs. Cette note s’inscrit dans le cadre d’une réforme de l’emploi des stocks de masques FFP2 et chirurgicaux, qui étaient en 2011 de plus d’un milliard six-cents millions sur le territoire national, faisant de la France le plus grand stockeur de masques au monde.

    La note du SGDSN, validée par son secrétaire général de l’époque, M. Francis Delon, indique que les masques FFP2 sont peu susceptibles d’être utilisés au quotidien par le grand public car ils sont inconfortables. Il indique également que les masques chirurgicaux, plus légers, devraient être mis à disposition des travailleurs car ils sont plus faciles à porter, à manipuler. L’ère est au transfert de responsabilité et de stockage des masques de l’Etat, vers les entreprises, pour économiser la somme faramineuse de … 10 millions d’Euros.

    Aucune orientation stratégique dans cette note. Aucune mise en garde sur le danger de voir disparaitre les stocks stratégiques de masques. Pire : aucune recommandation de mettre en place un plan d’action visant à obliger les entreprises à justement se constituer des stocks en contrepartie, alors que le SGDSN met en musique depuis longtemps les plans Vigipirate, PCA (plans de continuité d’activité) etc.

    La doctrine est transmise au cabinet du premier ministre, dont dépend le SGDSN, qui tranche sur le sujet avec le ministère de la santé de l’époque, dirigée par la ministre socialiste Mme Marisol Touraine.

    Le stock stratégique de masques français est donc petit à petit écoulé, sans renouvellement. Les entreprises n’ont de leur côté aucune injonction ni règlementation, pourtant si fournie en matière de sécurité du travail avec ses idéogrammes abscons affichés près de la machine à café et ses normes ubuesques qui font vivre tant de consultants et d’inspecteurs du travail. Pendant que le stock de masques se vide, la France inaugure en grande-pompe à Wuhan (R.P. Chine), un laboratoire classé « P4 », censé abriter de la recherche sur les virus. Ce projet de coopération (à sens unique) entre la France et la Chine fut initié à grands renforts d’annonces dithyrambiques pour la Chine communiste par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. C’était aussi l’époque où l’UMP, parti de la majorité sous la présidence Sarkozy, reconnut le parti communiste chinois comme unique partenaire officiel en Chine.

    La création de ce laboratoire fit l’objet d’un long roman franco-chinois. Nos services de renseignement ayant assez rapidement flairé l’entourloupe derrière une façade de laboratoire de recherche, cachant en réalité une unité bactériologique dépendant directement de l’organe le plus haut du parti communiste chinois, via l’académie des sciences qui eut à sa tête comme vice-président Jiang Mianheng, le fils de l’ancien président chinois Jiang Zhemin, massacreur des manifestants de la place Tian’anmen. Les fortes réserves de nos services furent assez rapidement corroborées lorsque le cabinet d’architectes lyonnais qui aurait dû construire le laboratoire fut remplacé au pied levé par un cabinet dépendant directement des commandes de l’armée chinoise.

    On connait la suite : le laboratoire P4 de Wuhan fut inauguré par les autorités chinoises, adossées des autorités françaises, dont la délégation comptait un certain M. Levy en tant que directeur des INSERM, mari d’Agnès Buzyn, notre ancienne ministre de la santé.

    Les recherches du laboratoire de Wuhan furent rapidement orientées vers les coronavirus : Le Pr Shi Zhengli, une virologue travaillant depuis longtemps sur les virus ayant pour origine les chauves-souris, publia quatre rapports depuis 2010 mettant en lumière ses travaux sur la transmission, via la protéine S (protéine de base du virus du SIDA) et le récepteur ACE2, des chauves-souris aux humains. Son article le plus connu, paru dans la revue Nature en 2013, isola trois virus pouvant se propager directement de la chauve-souris à l’homme. En novembre 2015, elle publia avec d’autres scientifiques dans Nature la possibilité de travaux sur un coronavirus « synthétique », modifié en laboratoire [1], et réalisa des tests sur des souris et des primates.

    Ses travaux eurent un certain impact dans la communauté scientifique, à tel point que l’institut Pasteur, par la voix du Pr. Samuel Wain-Hobson s’inquiéta du danger.

    Mais les Etats-Unis sont en retour soupçonnés par les autorités chinoises : également très actifs dans la recherche offensive et défensive bactériologique, les Etats-Unis ont eu à faire face en août 2019 a une fuite provenant du laboratoire de Fort Detrick (Maryland)…

    La faute revient de toute façon à la Chine communiste et à sa volonté première de tenter de masquer l’épidémie en faisant taire les lanceurs d’alertes, en écartant Taïwan, et en corrompant de manière éhontée l’OMS après y avoir placée une marionnette sino-compatible à sa tête.

    Si la Chine fit peut-être une erreur de manipulation, elle commit de toute façon une faute impardonnable en mentant au monde entier sur l’origine, la nature, et l’étendue du virus. La récente perte de sang-froid, si peu confucéenne, de hauts responsables chinois, dont l’ambassadeur de Chine en France et le retour à une rhétorique marquant les pires heures de la révolution culturelle, amène à penser que Pékin commence à sentir le vent de l’Histoire tourner et craint des procès en class action (déjà un lancé au Texas), des marques de boycotts spontanées des populations en Afrique, Asie ou ailleurs.

    Depuis l’épidémie du SARS-1 en 2003, dont le COVID-19 est sans doute une chimère crée en laboratoire, ou peut-être tout simplement le résultat du laxisme des autorités chinoises face à la prolifération des risques dans les marchés d’animaux vivants, de nombreux scientifiques et personnalités alarment l’humanité de la probabilité d’une pandémie qui changerait radicalement la manière dont elle devra vivre.

    Mais le plus remarquable est la convergence de vues des « solutions » à mettre en place selon certaines de ces personnalités, à la résorption des telles pandémies : de Bill Gates à Jacques Attali en passant par Gordon Brown et de nombreux médias, tous convergent vers la création d’un gouvernement mondial et le déploiement du traçage des populations…à la chinoise, et pas seulement via des applications plus ou moins sur base du bénévolat : le traçage numérique implanté par les vaccins, notamment via l’alliance GAVI – ID2020-Vaccine Alliance, sur le colorant à point quantique permettant le traçage des populations et la délivrance de « certificats digitaux » est déjà en test dans certains pays, comme le Bangladesh [2].

    Selon Jacques Attali « l’Histoire nous apprend que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur ». En effet, la peur donnerait des ailes, celle de la soumission liberticide de chacun…pour le bien commun.

    En France, certains citoyens voient le monde d’après passer par un « Nuremberg de la santé ». Si l’expression est forte, il est probable que de nombreux procès seront intentés par ceux qui s’estimèrent dupés, meurtris ou ruinés par l’inconséquence de certaines politiques publiques, et notamment par la pénurie de masques en France, encore renforcée durant cette crise par de suicidaires comportements administratifs exigeant de lourdes procédures d’appels d’offres.

    Ce monde d’après ne passerait donc plus par les élites technocratiques en place, mais bien par un lien charnel avec une élite éprise de bon sens et d’action de terrain.

    Si les français aiment les rois et les princes, ils ne les acceptent que thaumaturges ou guerriers, tant ils abhorrent les petits marquis, les scapins et les valets de coteries. Il n’est donc pas étonnant de voir la popularité du Professeur Raoult émerger aussi fortement auprès des français, ou celle du général de Villiers lors de son éviction.

    La France du bon sens, celle du rond-point et des métiers dits « invisibles » reprendrait-elle la main sur celle d’une mondialisation snobinarde et condescendante où seules les capitales mondiales comptent ?

    Nous ferons le pari que, même ruinés, même « sauvés » par des hélicoptères à fausse monnaie, même prêts à tous les sacrifices, les français, lions parmi les lions, n’accepteront plus les ânes qui les gouvernent.

    Ghislain de Castelbajac (Geopragma, 19 avril 2020)

     

    Notes :

    *Phrase attribuée à Winston Churchill en évoquant les soldats français et leurs généraux

    [1] A SARS-like cluster of circulating bat coronaviruses shows potential for human emergence, “Nature” 9th November 2015

    [2] ID2020 Alliance launches digital ID program with Government of Bangladesh and Gavi, announces new partners at annual summit – 19 Septembre 2019 – Source: ID2020 Alliance

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  • Confinez-vous avec : ... Le Silmarillion, de J.R.R. Tolkien !

    Avec la crise du coronavirus, les maisons d'édition reportent la publication de leurs nouveautés à des jours meilleurs. Cette période sera donc l'occasion de vous signaler, au gré de l'inspiration du moment, des ouvrages, disponibles sur les sites de librairie en ligne (ceux dont l'activité se poursuit...), qui méritent d'être découverts ou "redécouverts".

    On peut trouver aux éditions Pocket, le récit écrit par J.R.R. Tolkien des origines de la Terre du Milieu intitulé Le Silmarillion. Philologue, spécialiste des langues nordiques, J.R.R. Tolkien (1892-1973) est le créateur d'un vaste univers mythologique, inspiré par le légendaire européen, dans lequel s'inscrit Le Seigneur des Anneaux, son œuvre la plus célèbre.

     

    Tolkien_Le Silmarillion.jpg

    " Les Premiers Jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des Elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d'apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d'Angband. Les Elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l'Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore. "

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