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krisis - Page 2

  • Religion ?... Monothéisme ?... Polythéisme ?...

    La revue Krisis d'Alain de Benoist sort coup sur coup deux numéros consacrés au fait religieux. Intitulés respectivement Monothéisme ? / Polythéisme ? (n°36) et Religion ? (n°37), ces deux numéros, forts de 200 pages, sont d'une grande richesse. On pourra notamment lire des entretiens avec Michel Maffesoli et Tariq Ramadan ainsi que des articles de Philippe Forget, d'Emile Poulat et de Pierre Le Vigan. Deux numéros à ne pas manquer qu'il est possible de commander sur le site des de la revue Éléments.

     

     

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    Au sommaire du N°36 :

    Jean Soler : Pourquoi le monothéisme ?

    Thibault Isabel : Dieu, l’Un et le Multiple. Réflexion sur les deux formes fondamentales de religion

    • Entretien avec François Flahault : La conception de l’homme et de la société chez les chrétiens et chez les païens

    • Document : Walter F. Otto / La sacralisation de la nature dans le polythéisme hellénique (1929)

    Geneviève Béduneau : Païens et chrétiens. La question du désenchantement du monde

    Frédéric Dufoing : Christianisme et écologie. Retour sur les critiques écologistes du christianisme et la réappropriation chrétienne du débat sur l’environnement

    • Entretien avec Michel Maffesoli : Vers un nouveau polythéisme des valeurs

    • Entretien avec Philippe Simonnot : La vie économique des religions

    Thibault Isabel : La philosophie religieuse de Maître Xun. Culture, spiritualité et pensée cosmogonique au temps de Confucius

    • Document : Louis Ménard / Le sacerdoce en Grèce ancienne (1863)

    • Le texte : Kostas Axelos / Héraclite et le Divin

     

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    Au sommaire du N°37 :

    Emile Poulat : Laïcité, qu’est-ce à dire ?

    • Débat : Philippe Forget : Laïcité et souveraineté civique

    • Débat : Thibault Isabel : Plaidoyer contre l’intolérance laïque. Penser la pluralité dans un monde en perpétuelle recomposition

    • Entretien avec Tariq Ramadan : Considérations sur l’islam, la religion et la société moderne

    • Entretien avec Raphaël Liogier : La mondialisation du religieux

    Paul Masquelier : La religion comme facteur de développement historique. Retour sur la pensée de Jacob Burckhardt

    Geneviève Béduneau : Vivante orthodoxie. L’opposition entre essentialisme et existentialisme au sein de la chrétienté

    • Entretien avec Bernard Hort : Le bien, le mal et le monde. Réponses d’un auteur croyant à certaines attaques contre le christianisme

    • Document : William James : La valeur psychologique de la religion (1902)

    • Document : Carl Gustav Jung : La religion comme réalité psychique (1959)

    Julie Higaki : Péguy, « athée » de quels dieux ? Entre unité et pluralité, altérité et communion

    Pierre Le Vigan : Walter Benjamin et le fait religieux

    • Le texte : Bertrand Russell : Qu’est-ce qu’un agnostique ? (1953)

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  • Le malaise est dans l'homme...

    Après la publication de ses carnets, Le Front du Cachalot (Dualpha, 2009) et La Tyrannie de la transparence (L'AEncre, 2011), Pierre Le Vigan revient avec un essai publié aux éditions Avatar et intitulé Le malaise est dans l'homme - Psychopathologie et souffrances psychiques de l'homme moderne. L'essai est préfacé par Thibault Isabel, jeune philosophe, spécialisé dans l'anthropologie culturelle et l'histoire des mentalités, dont les lecteurs de la revue Krisis connaissent la signature.

     

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    Psychopathologie et souffrances psychiques de l’homme moderne

    Les souffrances psychiques ne sont pas des maladies. Mais elles peuvent y mener. La condition de l’homme étant tragique, ouverte, risquée, la fragilité de l’homme est inhérente à son être-au-monde. Toutefois, si le malaise est dans l’homme depuis toujours, le monde moderne et hypermoderne lui donne des formes nouvelles.

    Les sociétés traditionnelles fonctionnaient sur la base d’un modèle d’intégration sociale, au demeurant inégalitaire, où chacun néanmoins avait sa place, y compris le fou. Les sociétés modernes ont fonctionné sur le mode du refoulement et de la névrose. La société du travail ne voulait pas connaître les états d’âme, ni même les âmes d’ailleurs. La société hypermoderne combine les exigences du travail et celles de l’autonomie : il faut être productif, il faut être performant, mais aussi « positif ». Il faut donner sa force de travail, mais aussi assumer un certain savoir-être, et non simplement apporter son savoir-faire.

    La mobilisation de l’homme dans l’hypercapitalisme est donc totale mais elle n’est plus une mobilisation sous une forme guerrière qui était celle du « soldat du travail ». C’est une mobilisation pour plus de mobilité, plus de fluidité, plus de liquidité. L’hypercompétitivité et la lutte de tous contre tous tendent à devenir la règle. Le consumérisme et le narcissisme tout comme le désir mimétique en sont les conséquences. Tout ce qui relève des projets à long terme, individuels ou collectifs, en sort évidemment dévalorisé. Cela ne va pas sans de nouvelles formes de malaises intimes, psychiques, qui atteignent l’homme et le reconfigurent. Ce livre, qui s’essaie à en dresser le portrait, est ainsi un court traité de psychopathologie de l’homme moderne pour mieux comprendre notre monde.

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  • Des intellectuels en révolte contre le système ?

    Nous reproduisons ci-dessous un texte d'Andrea Massari, cueilli sur le site de Polémia, dans lequel il dresse un panorama des intellectuels en révolte contre le système. Les tireurs sont en position... Feu sur le quartier général !

     

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    La révolte des intellectuels contre le système

    La dissidence des intellectuels a précédé la chute de l’Union soviétique. La révolte des intellectuels contemporains pourrait bien annoncer la chute de l’empire cosmopolite. Certes, les oligarques du Système sont puissants : ils possèdent l’argent et contrôlent les médias classiques. Mais le pouvoir de ces oligarques est triplement menacé : par la révolte populiste, par la révolte numérique mais aussi par la révolte des intellectuels. Philosophes, anthropologues, économistes, géopoliticiens, géographes et sociologues sont de plus en plus nombreux à contester le désordre établi. A l’écart d’une actualité hollywoodienne, Andrea Massari nous propose de prendre un peu de hauteur… Explications.

    Les philosophes à la quête du sens

    Dans les années 1950, la majorité des philosophes étaient marxistes ; ils sont devenus droits-de-l’hommistes dans les années 1970/1980. Aujourd’hui, beaucoup de philosophes sont des critiques acerbes de la modernité et portent souvent la parole d’un retour à la tradition. C’est le cas de Jean-François Mattéi, auteur de La Barbarie intérieure et du Procès de l’Europe. C’est le cas de Philippe Nemo, auteur de La Régression intellectuelle de la France. Chantal Delsol dénonce, elle, L’Age du renoncement. Et avec une grande rage littéraire l’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde. Un pamphlet philosophique éloigné de toute bien-pensance et frappé du sceau de la radicalité.

    Le grand retour des frontières

    Dans la novlangue contemporaine le mot frontières était devenu tabou : on n’en parlait pas, si ce n’est pour les… supprimer. Régis Debray a brisé le tabou en publiant un Eloge des frontières. L’éloge des frontières, c’est aussi le fil rouge du livre fulgurant d’Hervé Juvin : Le Renversement du monde. L’économiste et anthropologue rejoint ainsi le philosophe. L’un et l’autre chez Gallimard.

    La réhabilitation du protectionnisme

    Face à la grande menace industrielle, le vieux gaulliste Jean-Marcel Jeanneney avait publié, en 1978, Pour un nouveau protectionnisme. En forme de chant de cygne car depuis la fin des années 1970, c’est le libre-échange qui donne le tempo. Parvenant même à faire censurer le Prix Nobel Maurice Allais. Cette époque de censure est révolue : des économistes osent aujourd’hui s’afficher protectionnistes : Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau ont rejoint Gérard Dussouy, théoricien de la mondialité, et Alain Chauvet (Un autre monde : Protectionnisme contre prédation).

    Sociologues et géographes portent un regard critique sur l’immigration

    Le géographe Christophe Guilluy a jeté un pavé dans la mare avec ses Fractures françaises. Il y montre l’ampleur des fractures ethniques. Fractures ethniques qui ne sont pas forcément sociales : car on est plus riche (monétairement parlant, en tout cas) en Seine-Saint–Denis que dans la Creuse. De son côté, Malika Sorel tient Le langage de vérité [sur] Immigration, Intégration. Dans les mêmes perspectives que Michèle Tribalat (de l’INED) dans Les Yeux grands fermés (L’Immigration en France) ou Hugues Lagrange dans Le déni des cultures.

    Le grand retour de la géopolitique

    Chaque année le festival de géopolitique de Grenoble, organisé par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, marque le retour des intellectuels vers les préoccupations de puissance : Aymeric Chauprade, auteur de Chronique du choc des civilisations, peut y croiser Pascal Boniface, auteur de Atlas du monde global et pourfendeur des Intellectuels faussaires. Hors champ, on ne saurait oublier le général Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre et critique des guerres américaines. Ni Alain Soral, qui ne veut pas seulement Comprendre l’empire mais le combattre. Ni Christian Harbulot, théoricien de la guerre économique. Ni François-Bernard Huyghe, lumineux médiologue.

    Le dévoilement de l’art « contemporain »

    L’art « contemporain » a plus… d’un siècle. Il est plus que… centenaire ! Il est né dans les années 1890 et trône dans les musées depuis l’Urinoir de Duchamp en 1917 ! Mais les critiques de l’art « contemporain » sont de plus en plus nombreuses et acerbes. Jean-Philippe Domecq annonce que « l’art du contemporain est terminé ». Ces Artistes sans art sont aussi critiqués par Jean Clair, académicien et ancien directeur du Musée Picasso, dans L’hiver de la culture et Dialogue avec les morts. Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros (L’art caché), de Christine Sourgins (Les mirages de l’art contemporain), de Jean-Louis Harouel (La grande falsification de l’art contemporain) ou d’Alain Paucard (Manuel de résistance à l’art contemporain).

    La dénonciation des oligarchies

    Il y a dix ans, les « oligarques » désignaient des dirigeants russes plus ou moins mafieux qui s’enrichissaient sur les ruines de l’ex-Union soviétique. Aujourd’hui, la critique des oligarchies a franchi le mur de l’ex-« rideau de fer ». Apôtre de la démocratie directe, Yvan Blot publie L’Oligarchie au pouvoir. Il se trouve en compagnie d’Alain Cotta dénonçant Le Règne des oligarchies et d’Hervé Kempf qui publie, au Seuil, L’Oligarchie, ça suffit, vive la démocratie. Et le libéral Vincent Bénard, directeur de l’Institut Hayek, dénonce les « oligarchismes ». Un point de vue que reprend d’une autre manière, l’anthropologue Paul Jorion dans Le Capitalisme à l’agonie. Ainsi cinq auteurs, partant de cinq points de vue différents, convergent dans la même critique. A la place des oligarques on s’inquiéterait !

    Les neurosciences contre la télévision et les pédagogies nouvelles

    Des milliers d’études scientifiques ont établi la malfaisance de la télévision sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires) et le développement intellectuel en particulier des jeunes enfants. Avec TV lobotomie Michel Desmurget en fait un point sans concession, frappant au cœur l’instrument central de contrôle des esprits.

    Les neurosciences offrent aussi des arguments décisifs contre les pédagogies dites « nouvelles » dont les ravages dans l’éducation sont constamment dénoncés, notamment par Laurent Lafforgue, médaille Fields.

    Un bouillonnement fécond

    Ce qui est frappant dans ce nouveau paysage intellectuel, c’est la diversité de ceux qui le composent. Il y a les établis et les marginaux : ceux qui ont pignon sur rue chez Gallimard et au Seuil, et ceux qui publient leurs livres à la limite de l’autoédition. Qu’importe, les uns et les autres rencontrent le succès grâce à Amazon notamment.

    Il y a ceux qui viennent des rives de la gauche et du marxisme et ceux qui s’assument réactionnaires. Il y a des libéraux lucides et des lecteurs de Krisis. Il y a des catholiques, des laïcs et des panthéistes. Il y a ceux qui sortent de trente ans de bien-pensance et ceux qui luttent depuis trente ans contre la bien-pensance. Il y a aussi tous ceux qui viennent de nulle part mais qui respectent les faits.

    Le pouvoir des oligarques et l’ordre politiquement correct (mondialiste, « antiraciste », libre-échangiste, en rupture avec les traditions) sont placés sous un triple feu : les mouvements populistes, la blogosphère dissidente et les intellectuels en rupture. Gageons que les événements qui viennent les feront converger !

    Andrea Massari (Polémia, 5 juillet 2011)

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  • Chaos ?...

    "Par opposition au Kosmos, ordonné et d'essence divine, les Anciens Grecs nommaient « Chaos » un état de l'univers dépourvu de forme et indifférencié, où rien n'est déterminable ni concevable. pour la pensée grecque, le Kosmos nait de «la mise en forme » du Chaos. Toujours susceptible de reprendre le dessus, le Chaos n'est donc pas un état antérieur mais un état intérieur. Il perdure à l'intérieur du Kosmos."

    Jean-Sylvestre Mongrenier, Dictionnaire géopolitique de la défense européenne

     

     

    Le numéro 35 de la revue Krisis, dirigée par Alain de Benoist, vient de paraître. Le thème retenu est celui du chaos... Le sommaire est, comme toujours, particulièrement riche.

    Le numéro est disponible à la commande sur le site de la revue Eléments ou sur le site des Amis d'Alain de Benoist.

    Bonne lecture !

     

     

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    Au sommaire :

    • Jean-François Gautier / « Khaos », l’impensable fondamental

    • Pierre Le Vigan / Empédocle et la systémique du chaos

    • Document : Jaime Semprun / L’abîme se repeuple (extraits)

    • Alain de Benoist / Multitude ou chaos ? Sur les thèses de Michael Hardt et Antonio Negri

    • Eric Werner / Jusqu’où ne pas aller trop loin : sur l’avant-guerre civile

    • Entretien avec Alain Bauer / Chaos, insécurité et décèlement précoce des menaces

    • Document : Georges Sorel / La violence révolutionnaire : de la paix sociale au chaos régénérateur (1908)

    • Michel Drac / Le chaos monétaire

    • Entretien avec Philippe Simonnot / L’étalon-or pour sortir du chaos monétaire ?

    • Jean-François Gautier / De « Khaos » à « Chaos »

    • Jean-Louis Harouel / Le chaos du modernisme artistique

    • Entretien avec Bernard Lugan / L’Afrique noire est-elle vouée au chaos ?

    • Le texte : Martin Heidegger / Critique de la volonté de puissance. À propos du nihilisme

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  • Peppermint et idéologie...

    Nous reproduisons ci-dessous un texte de Jure Vujic, cueilli sur le site de Voxnr. Avocat et diplomate de nationalité croate, Jure Vujic est l'auteur de nombreux essais. Il a publié un texte ("Vers une nouvelle « épistémé » des guerres contemporaines") dans le dernier numéro de la revue Krisis consacré à la guerre.

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    Peppermint et idéologie
    Pourquoi les idéologies du XXème siècle , les „grands récits fondateurs“ de la modernité ont ils tour á tour disparu? N'est il pas le propre de toute idéologie en tant que forme de sotériologie moderne, de se dissoudre inéluctablement dans le consensuel et le modérantisme ambiant ? Les idéologies sont elle vouées à un mécanisme soluble irréversible ? En réfléchissant sur cette question, il m'est venu à l'esprit une ancienne lecture qui durant mes années estudiantines, m'avait fait beaucoup rire et qui traitait sous le titre ironique de : „Le communisme est il soluble dans l'alcool“ du „désenchantement“ de l'idéologie communiste. Bien sur à l'époque de la guerre froide, les blagues vaseuses et cyniques de quelques dissidents prenaient l'allure de vitriol sur la langue de bois des bureaucrates des ex-pays de l'Est . Pourtant cet humour incisif non seulement libérateur mais subversif : pour l'oppresseur, me faisait réfléchir sur la portée d'un tel éclat de rire de la victime, qui rendait compte de la vulnérabilité substantielle d'une idéologie totalitaire qui avaient fait depuis la révolution bolchévique des millions d'émules et d'exaltés ( souvenons-nous de Mai 68). A la chute du mur du Berlin et le démontage des régimes communistes qui semblaient tomber comme des châteaux de cartes, j'avais compris que lorsque une idéologie ne subsiste qu'à l'état somnambulique dogmatique et de mécanisme répressif, sans s'ancrer dans le mental et l'imaginaire collectif elle est vouée à se dissoudre et disparaitre.

    HETERONOMIE ET MODERNITE GAZEUSE

    La seule idéologie dominante du capitalisme néolibéral subsiste toujours et se métamorphose tour à tour durant les époques différentes car elle porte en elle les ressorts pragmatiques et flexibles nécessaires pour générer une raison d'être, une motivation d'engagement certes illusoire et purement matérielle , mais vivante et actuelle. Les idéologies de la modernité sont solubles dans l'occidentisme mercantile et global, car loin de se „résoudre“ , elles continuent de subsister à l'état gazeux pour citer H.Michaux ou liquide comme l'affirme le philosophe Zygmund Bauman , á l'état réactif, grégaire ou voir pour les plus radicales á l'état paléo-nostalgique. Cette faiblesse résulte de l'hétéronomie qui est consubstantielle á toute idéologie, car elle se définit de manière agonale et négative. Le propre de l'idéologie capitaliste néolibérale est de faire miroiter l'illusion d'une société démocratique et autonome. Le projet holiste et hétéronome totalitaire est celui d'une une société dont les règles, normes, conventions lui viennent d’une puissance extérieure à elle-même, sur laquelle elle n’a plus de prise. C’est typiquement le cas des sociétés totalitaires, religieuses, dont tous les aspects de la vie (les rapports sociaux, économiques, hiérarchiques, etc.) sont organisés en fonction d’un Texte sacré fondateur, d'un dogme idéologique ne pouvant être profondément questionné. Cette absence d'organicité et de crispation exotérique a été longtemps critiqué par Julius Evola qui parlait de la fonction „anagogique“ de l'Etat traditionnel , un Etat dont la capacité „attractive“ reposait sur l'adhésion volontaire et spontané du peuple et qui dont la légitimité ne lui était pas imposée par la contrainte de l'extérieur. L'idéologie de la démocratie de marché contemporaine, diffuse le miroir aux alouettes d'une société autonome et neutre, ou sous le voile fallacieux de l'intersubjectivité, le „conversationnel“ habermasien, le débatisme, tout est remis en question, discuté et approuvé par les „citoyens de bases“.

    REASON TO BELIEVE“: L'IDEOLOGIE DU MARCHE

    Dans le „Nouvel esprit du capitalisme“ L. Boltanski et A. Chiapello (1999) développent la thèse que le capitalisme et par conséquent l'idéologie de marché dominant ne peut durablement fonctionner sous le seul fouet de la seule contrainte et même par les seuls intermédiaires des stimulants monétaires. Afin de se régénérer, il faut qu'il offre des raisons plus substantielles de l'accepter et même de s'y engager. Comme dirait la chanson „a reason to believe“, une nouvelle „raison de croire“ , un nouveau motif d'engagement ( illusoire et trompeur) pour la société. Max Weber parlait d'un certain esprit du capitalisme ancré dans une éthique protestante et insistait sur les raisons individuelles de l'esprit du capitalisme. Boltanski et Chiapello eux, avancent l'idée que les personnes ont besoin de puissantes rasions morales pour se rallier au capitalisme, et si ces raisons sont absentes il faut alors les inventer. La thèse de l'adhésion passive aux valeurs eschatologiques émancipatrices du marché est largement répandue par la manipulation mentale médiatiques qui permettent d'arracher cette adhésion aux groupes sociaux les plus touchés par la discrimination sociale et économique du système libéral. Le capitalisme contemporain ne se contente point de l'indifférence normative, et a besoins de ses ennemis et de ses détracteurs, de ceux qui s'opposent á lui pour trouver le points d'appui moraux et psychologiques qui lui manquent. Et c'est la raison pour laquelle les solutions binaires et l'opposition idéologique“ d'une société fermée“ á la „société ouverte“ globale me semble fausse et purement réthorique, tout comme est veine l'option „réac“ du „retour au terroir“ face aux regroupements régionaux et continentaux contemporains. C'est ce que les idéologies totalitaires n'avaient pas compris, et croyaient en les vertus de la seule contrainte et de la répression. La chute en chaine des régimes dictatoriaux et autoritaires dans le monde arabe sont un exemple frappant de cette vulnérabilité idéologique. Ces régimes tombent tour à tour car les peuples arabes appauvris et humiliés ne croient plus à l'idéologie officielle qu'elle soit religieuse ou révolutionnaire arabiste dans le cas de la Lybie.

    C'est donc en répondant à la critique que le capitalisme va construire sa légitimité. L'esprit du capitalisme fournit à chaque époque des ressources pour apaiser l'inquiétude suscitée, et c'est cette dimension excitante qui rend séduisant l'engagement dans le processus d'accumulation qui suppose une certaine autonomie inidviduelle et sociale. Nous somme ici au cœur de la théorie de la „grande transformation“ de Karl P. Polanyi, et la théorie schumpeterienne qui explique le processus regénérateur du capitalisme dans le cycle de la destruction créatrice. La critique sociale qui dénonce la standardisation et la marchandisation généralisée et la critique artistique qui développe des exigences alternatives d'authenticité et de libération créatrice, alimentent tous deux l'esprit du capitalisme qui en jouant tour a tour un registre contre l'autre lui permet de mieux rebondir en „se refaisant une jeunesse“. Selon le philosophe Cornélius Castoriadis, la démocratie et le capitalisme sont les deux significations imaginaires sociales essentielles de notre temps. La démocratie renvoie au projet d’autonomie individuelle et collective ; le capitalisme, à celui du tout-économique. Ce sont deux créations humaines qui se sont construites, au long des derniers siècles, en Occident (la première, pour le meilleur ; la seconde, pour le pire). Ces deux projets cohabitent. Mais, contrairement à la propagande politico-médiatique et pseudo-intellectuelle quotidienne, cette cohabitation entre la Démocratie et le Marché n’est pas « heureuse », elle est intrinsèquement conflictuelle. Ce que l'on appelle l'occidentisme, c'est bien la „soft-idéologie“ dominante du capitalisme fluide et consensualiste qui s'appuie sur les ressorts mentaux et psychologiques d'une société désœuvrée. C'est la convergence entre l'évasif, le solvant, la surface et la profondeur. Comme dirait Karl F. Naumann la part „orgiastique et hiliastique“ se situe dans le „tout économique“, le „tout festif“ et onirique.

    DU „TOUT ECONOMIQUE“ AU „TOUT FESTIF“

    Et c'est pourquoi le capitalisme est soluble dans la cité de la joie permanente, la société de spectacle ( Guy Debord) qui entretient l'illusion des bienfaits ludiques de la société de consommation. L’ère du tout-économique et du tout festif conduit pourtant l’humanité à la catastrophe. Catastrophe sociale, avec l’explosion des inégalités et de la pauvreté de moins en moins relative et de plus en plus réelle ; catastrophe économique, avec la domination de multinationales privées puissantes, dominatrices et incontrôlables par les Etats (quand ils n’en sont pas tout simplement les complices) ; catastrophe spirituelle culturelle, avec l’uniformisation mondiale des sociétés sur le modèle consumériste, donc conformiste ; et bien sûr catastrophe écologique, avec la destruction des ressources naturelles d’une planète. Encore faudrait-il réfléchir sur la capacité d'adaptation du capitalisme néolibéral au phénomène de la convergence des catastrophes. Mais ce n’est pas tout, le capitalisme contemporain, tout comme la démocratie, nécessite l’existence d’un type d’individu spécifique, l’homo œconomicus calculateur et rationnel ( aujourd'hui c'est l'homo numericus, des réseaux ), doté de l’„ esprit du capitalisme“ cher à Max Weber. Cet individu émerge dès lors que la religion autorise et justifie les pratiques usurières, et dès lors que la richesse commence à remplacer la noblesse

    DEVENIR PETILLANT ET CONSERVATISME HUILEUX

    Le capitalisme est un solvant remarquable pour tout les idéologies solubles et gazeuses qui n'ont plus de prise sur le mental et l'imaginaire collectif, et c'est pourquoi l'idéologie de marché, qui s'appuie sur les besoins matériels et économiques individuels les plus bas, sont toute comme l'huile et l'alcool, et me paraissent insolubles car elle se perpétuent par la force de l'inertie, tout comme la solution du „pain et des jeux“, potion magique intemporelle. La seule idéologie ( à supposer qu'elle soit une idéologie au sens strict du terme) aujourd'hui qui vaille la peine de défendre, serait celle qui prônerait l'idée d' une auto-limitation et une autonomie des individus (tout est possible , projet révolutionnaire permanent), et qui soit à la fois garante d'une certain tradition collective historique et institutionnelle, porteuse d'avenir. Sur le cadavres des idéologies moderne, fumeuses et gazeuses, il n'y a plus rien à espérer.- Céline disait à juste titre „qu'il ne faut pas espérer que la merde vienne à sentir bon“. Quant aux idéologies du „peppermint“ solubles, consommables et consommées par l'histoire. et ressassées par les passéistes, elles s'évaporent comme du „Perrier“ à la surface d'elles-mêmes. Il reste à espérer l'avènement d'une idéologie du „devenir“ qui pétille comme un rafraichissant mais qui n'a pas le goût de l'alcool , qui ne se laisse pas diluer dans la marée d'huile du conservatisme et du systémisme étroit et qui ne se laisse pas ronger par le solvant glacé de l'idéologie globale dominante. Une idéologie qui n'en est pas une.
     
    Jure Vujic (Voxnr, 28 février 2011)
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  • Pourquoi le capitalisme appauvrit-il les peuples ?...

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    Sur Radio Courtoisie, le prochain Libre Journal des enjeux actuels dirigé par  aura lieu le mardi 15 février 2011, de 21h30 à 23 h 00, et aura pour thèmes : "Pourquoi le capitalisme appauvrit-il les peuples?, Actualité de Spengler, L'homme est-il un animal? ". Arnaud Guyot-Jeannin, l'animateur de l'émission, aura pour invités : Alain de Benoist (Philosophe, directeur des revues Krisis et Nouvelle Ecole, éditorialiste et rédacteur permanent à la revue Eléments) et Pascal-Manuel Heu (Historien du cinéma). L'émission sera rediffusée le jeudi 17 février à la même heure.

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