Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/11/2009

La guerre civile européenne

Publié d'abord en 2007, chez Stock, sous le titre A feu et à sang - De la guerre civile européenne, l'essai d'Enzo Traverso reparait en poche, dans la collection Pluriel, sous le titre 1914-1945 - La guerre civile européenne. Il mérite d'être lu en contrepoint du célèbre ouvrage d'Ernst Nolte, La guerre civile européenne 1917-1945

Comme l'indique l'auteur  dans son introduction : "Ce livre n'ignore pas les victimes [...] mais il se penche surtout sur les acteurs de la violence, ceux qui la font et qui, lorsqu'ils la subissent, l'assument comme conséquence prévisible de leurs choix. Il s'agit, en d'autres termes, de rééquilibrer la perspective historique en redonnant visibilité aux acteurs des guerres et des révolutions, aux vainqueurs comme aux vaincus. Occultés par une mémoire publique du XXe siècle vu comme temps des totalitarismes et des génocides – une mémoire dont la « religion civile » de l'Holocauste constitue à plusieurs égards le paradigme -, ils ont connu une éclipse, emportant avec eux quelques clefs d'intelligibilité du siècle écoulé. [...]. Les vaincus de la guerre civile européenne sont de tous bords : ils s'appellent Rosa Luxemburg, Antonio Gramsci, Manuel Azaña, Léon Trotski, Walter Benjamin, mais aussi Ernst Jünger ou Carl Schmitt. C'est pourquoi leurs idées occupent une grande place dans cette ouvrage, en faisant l'objet de réflexions et d'analyses critiques, au-delà des sympathies et des antipathies qui me rapprochent ou m'éloignent des uns et des autres."

Guerre civile européenne.jpg
"La première moitié du XXe siècle, de 1914 à 1945, fut une époque de guerres, de destructions et de révolutions qui mit l'Europe à feu et à sang. Pour Enzo Traverso, la notion de " guerre civile européenne " permet de rendre compte de cette terrible combinaison de guerre totale sans lois ni limites, de guerres civiles locales (URSS 1917-1923, Espagne 1936-1939, Résistance 1939-1945) et de génocides, qui vit aussi l'affrontement de visions opposées du monde. L'ouvrage analyse ainsi les positions de ces intellectuels de l'entre-deux-guerres qui, à partir d'un égal rejet du monde en l'état, optèrent soit pour le communisme, soit pour la révolution conservatrice. Il revient sur le combat des militants et résistants antifascistes, sans pour autant esquiver la question des liens avec le stalinisme ou celle de l'aveuglement face au génocide. Ce livre, paru en 1re édition chez Stock sous le titre A feu et à sang, s'inscrit ainsi contre une relecture de cette période de l'histoire qui, sous couvert d'une critique des horreurs du totalitarisme, tend à rejeter les acteurs, fascistes ou antifascistes, dans le purgatoire indistinct des idéologies, comme si, derrière les victimes, aujourd'hui célébrées, tous les chats du passé étaient gris."

18:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : traverso, nolte |  Facebook | Pin it! |

29/11/2009

Orwell, écrivain et prophète politique ?...

Le Magazine Littéraire du mois de décembre consacre son dossier à Georges Orwell. On y trouve notamment des articles de François Taillandier, Sébastien Lapaque et Frédéric Rouvillois ainsi qu'un excellent entretien avec Jean-Claude Michéa. A lire, donc !

Orwell.jpg

25/11/2009

La CIA en France

Une note de lecture d'Alain de Benoist, publiée dans le numéro 128 de la revue Eléments (printemps 2008) sur le livre de Frédéric Charpier intitulé La CIA en France. 60 ans d'ingérence dans les affaires françaises (Seuil, 2008). A lire, pour comprendre que nous sommes décidément un pays sous influence...

CIA.jpg
 

"Depuis sa création, en 1947, la CIA n'a cessé d'intervenir en France. Elle y a trouvé, dans tous les milieux, des relais complaisants qui, sous prétexte d' « atlantisme » ou de défense des « valeurs occidentales », n'ont cessé de ravitailler les agences américaines en informations ou en ragots. Excellent journaliste d'investigation, Frédéric Charpier présente dans ce livre les pièces du dossier. Il rappelle comment la CIA a financé Force ouvrière et la SFIO, la revue Preuves et le Congrès pour la liberté de la culture, sans oublier une foule d'associations et d'officines qui constituaient autant de pièces sur son échiquier. Il raconte aussi comment le général de Gaulle sut en partie mettre fin à la "docilité» dont avait fait montre la IV· République à l'égard de Washington, comment les services américains traquèrent à Paris l'un de leurs ex-agents, Philip Agee, et comment ils menèrent campagne contre Régis Debray. L'Institut d'histoire sociale (Est et Ouest) et les « réseaux Albertini » ne sont évidemment pas oubliés, pas plus que les réseaux du type « stay­behind »créés au début de la guerre froide (l'organisation Gladio) ou les zozos qui foisonnaient aussi dans ce milieu (l'inénarrable Suzanne Labin). Pour la période la plus récente, Charpier évoque l'UNI la Fondation Héritage et les amis de Norman Podhoretz. Il signale aussi que, depuis le 11 septembre 2001, « pas moins de seize agences américaines tournent à plein régime à Paris», Désormais concurrencée par la NSA, la CIA continue à s'employer au quadrillage policier planétaire. Bien d'autresnoms auraient certainement pu être cités. "

A.B.

18:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charpier, alain de benoist, cia |  Facebook | Pin it! |

24/11/2009

La pensée prise à la glu

Une courte recension de l'ouvrage de Baudoin de Bodinat intitulé La vie sur terre. Réflexion sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes (Editions de l'Encyclopédie des nuisances, 2008), publiée par Alain de Benoist dans le numéro 132 d'Eléments (juillet-septembre 2009).

Bodinat.jpg
 

"Parus en 1996 et 1999, les deux tomes du livre de Baudouin de Bodinat intitulé La vie sur Terre, et sous-titré Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes, avaient fait grand bruit dans le petit cercle de ceux qui attachent encore quelque importance à la pensée critique. De même qu'il y a des films-cultes, on pourrait même parler de livre-culte. Sa réédition en un seul volume lui vaudra, espérons-le, un nouveau public. Écrit dans un style absolument superbe, nourri d'observations subtiles, il décrit le temps crépusculaire qui est le nôtre: le temps de la vie mutilée. De Baudouin de Bodinat, on ne sait rien. Il marche dans la rue, il regarde par sa fenêtre, il s'assied sur une chaise. Il médite sur le temps qui passe, il note tout et rien. Mais tout ce qu'il dit sonne juste. Ainsi quand il constate l'inimaginable dénuement spirituel des êtres: « Je ne parle pas de ce que les choses ont changé, mais de ce qu'elles ont disparu; de ce que la raison marchande a détruit entièrement notre monde pour s'installer à la place [. .. ] Il n'y a plus sur la Terre aucun vestige de ce que nous étions hier ». La nature dévastée, l'« économie totale» est devenue notre seconde nature, et nous y sommes séquestrés. Rien n'existe plus qu'en raison de ses artifices et de ses procédés. Même l'ambiance musicale que l'on entend partout attire la pensée et la prend à sa glu : «J'en ai tiré cette idée que la sonorisation générale à quoi la vie sociale est soumise équivaut objectivement à une interdiction de penser". Ainsi s'égrènent, au sein des sociétés de masse, les théorèmes de la solitude. «C'est ainsi que la société organisée veut ses individus: faibles et velléitaires, lâches, ne pouvant pas songer à se passer d'elle ; sans plus le moindre sentiment de leur dignité naturelle». Lisez d'urgence Baudouin de Bodinat. Il est minuit passé."

A.B.

22/11/2009

L'actualité littéraire sans œillère !

Le nouveau numéro du Magazine des livres, bimestriel d'actualité littéraire dirigé par Joseph Vebret, est en kiosque. Très éclectique et agréable à lire, car servie par des plumes de qualité (celle de Joseph Vebret mais aussi celles de Christopher Gérard, de Frédéric Saenen, de Pierre Gilieth ou d'Arnaud Bordes), cette revue mérite d'évidence d'être soutenue !

mdl20.jpg
On peut aussi consulter avec intérêt le site de la revue http://www.magazinedeslivres.com/ , qui, outre de nombreux textes et liens, comprend aussi un espace "Céline".

18/11/2009

Le Monde, Alain de Benoist et la décroissance

Le journal Le Monde, dans son numéro daté du dimanche 15 novembre 2009, consacrait une page à la progression de l'idée de décroissance dans l'opinion. "La crise relance le thème de la décroissance" indiquait le titre, que complétait le sous-titre "Une partie de la droite , de la gauche et des verts réfléchissent aux voies d'une « autre croissance »".

Si l'article principal recensait les points de vue des verts et de la gauche sur le sujet, un deuxième article, intitulé "A l'extrême droite, on refuse aussi « les dérives productivistes et mercantiles»" évoquait les positions du Bloc identitaires sur cette question ainsi que le travail de réflexion d'Alain de Benoist, et notamment son livre Demain la décroissance, publié en 2007 chez E/dite.

Principe : quand on ne peut pas éviter de citer Alain de Benoist, il convient de le ranger dans la catégorie extensible et dévalorisante de l' « extrême droite ».

Décroissance.jpg

"[...] Penseur de la nouvelle droite, Alain de Benoist écrivait, en 1994 dans sa revue Eléments : "L'écologie signe la fin de l'idéologie du progrès." Elle est "ordonnée au "conservatisme des valeurs", comme à la préservation du milieu naturel". Fin 2008, M. de Benoist consacrait un livre, Demain la décroissance (éd. E/dite, 2007), au sujet. Il expliquait, dans un entretien à Novopress : "La thématique de la décroissance (...) a pour socle le refus de la démesure, le refus d'une évolution qui fait prédominer l'intérêt pour les choses inanimées sur les choses vivantes (...) et qui finit par transformer les êtres humains eux-mêmes en objets. C'est un refus de la marchandisation du monde.""

(Le Monde du 15 novembre 2009, Abel Mestre et Caroline Monnot)

.