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17/04/2014

Odin, Thor, Siegfried et compagnie...

Les éditions Imago viennent de rééditer le Dictionnaire de mythologie germanique de Claude Lecouteux. Professeur de civilisation du Moyen-âge à la Sorbonne, Claude Lecouteux s'est spécialisé dans les mythes, les contes et les légendes et a publié de nombreux essais comme Démons et Génies du terroir au Moyen Âge (Imago, 1995) ou Fées, Sorcières et Loups-garous au Moyen Âge (Imago, 2012).

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" Siegfried, Odin, la Lorelei, le Roi des Aulnes, autant de personnages mythiques bien connus. Pourtant, s'étendant de l'Allemagne à l'Islande, la mythologie germanique, et plus précisément germano-scandinave souvent victime de préjugés en raison de fâcheuses récupérations historiques , reste dans l'ensemble trop ignorée.
Du Moyen Âge à nos jours, s'appuyant notamment sur les Eddas, les Sagas, les légendes et les traditions populaires, ce dictionnaire nous invite à arpenter des espaces enchantés où foisonnent dieux, fées, elfes, lutins, revenants, nains et géants... Il nous décrit, par exemple, les cultes rendus aux sources et aux arbres, maints rituels magiques, nous conte l'éternelle errance du Chasseur maudit, l'étrange aventure de Peter Schlemihl et de nombreuses autres histoires fabuleuses.
Unique en son genre, oeuvre d'un éminent spécialiste, cet ouvrage nous dévoile ainsi toute la richesse et la poésie d'une des plus grandes cultures européennes. "

 

02/10/2011

Les Nibelungen !...

"Aujourd'hui, Les Nibelungen frappent toujours le spectateur  de stupeur par la stylisation grandiose et dépouillée d'une mise en scène conçue comme une liturgie tragique, qui [...] vise à une sorte d'intemporalité sacrale au moyen d'un archaïsme stylisé." Michel Marmin, Lang (Pardès, 2004)

 

La chaîne Arte diffuse lundi 3 octobre 2011 à 20 heures 40 les deux volets du film de Fritz Lang, Les Nibelungen, dans leur version restaurée  datant de 2010. Avec ce film, sorti initialement en 1924, Fritz lang a porté à l'écran la célèbre légende allemande, la  chanson des Nibelungen, qui a été aussi la source d'inspiration de Richard Wagner pour son Ring...

 

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"Le diptyque LES NIBELUNGEN sera présenté en version restaurée et colorée dans divers festivals ainsi que dans les salles. La première mondiale sera diffusée sur ARTE, chaîne culturelle européenne qui, depuis de nombreuses années, est très engagée dans le cinéma muet. La publication d’un DVD est également prévue. Eberhard Junkersdorf déclare être « très fier que la Fondation Murnau ait pu, à l’issue d’un long travail de restauration, rendre deux des plus importants films de Fritz Lang accessibles au public ».

Il a fallu plus de quatre ans aux équipes de la Fondation pour arriver à bonne fin. Les pellicules ont dû être récupérées à Montevideo, à Moscou, etc. Jamais encore un projet de ce genre n’avait eu une telle ampleur. « La nouvelle version de la Fondation Murnau donne une idée très précise de l’original, c’est une reconstitution fidèle. Pour la première fois, il a été possible de prendre en compte un matériau d’une extrême richesse réparti dans les archives des cinémathèques du monde entier – dix-huit copies d’époques ont été retrouvées » relate la restauratrice Anke Wilkening de la Fondation Murnau. Lors d’une précédente restauration, achevée dans les années 1980, cela n’avait pas encore été possible.

Beate Warkentien, de la Société des musiques de films muets « Europäische Filmphilharmonie », est d’avis que « la musique originale de Gottfried Huppertz, qu’il a composée à la demande de l’Ufa en étroite collaboration avec Fritz Lang et Thea von Harbou, compte parmi les œuvres clés de l’histoire allemande de la musique de films ». La reconstitution de la partition de Gottfried Huppertz (* 1887 Cologne, † 1937 Berlin) et le nouvel enregistrement de la musique originale du film ont été placés sous la responsabilité de la ZDF/ARTE et de l’Orchestre symphonique du Hessischer Rundfunk. Frank Strobel et Marco Jovic ont été chargés par l’Unité de programme Cinéma de la reconstitution et du calage de la musique en se fondant sur le manuscrit tel qu’il nous est parvenu.

Coproduit par la Fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau, le Hessischer Rundfunk et la ZDF, en collaboration avec ARTE, le film LES NIBELUNGEN (Allemagne 1924/2010) était présenté le 27 avril 2010 en première mondiale au public de l’Opéra allemand de Berlin. Pas moins de dix-sept institutions de neuf pays ont participé à sa restauration."

10/09/2011

Les héros ne sont pas fatigués !...

Nous reproduisons ci-dessous un texte d'Alain de Benoist, publié en novembre 1978 dans le Figaro magazine et consacré à l'idéal héroïque.

 

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LES HEROS NE SONT PAS FATIGUES

 

La guerre de 1914-1918 : vingt-et-un million de morts. La Seconde Guerre mondiale : au moins quarante millions. Les hécatombes peuvent inspirer des sentiments divers. Tout dépend des valeurs auxquelles on se réfère. Tous les hommes tombés à la guerre n’étaient certes pas des héros. Tous n'étaient pas partis au front pour « se faire une âme », comme dit Montherlant. Mais leur sacrifice collectif n’en est pas moins une leçon d’héroïsme. Les faits, après tout, prennent leur sens selon la perspective dans laquelle on les place. Et dans notre histoire, l'héroïsme, forme d'exemplarité poussée jusqu’à ses dernières limites, a pendant des siècles été constamment admiré. Qu'au pays de Voltaire, il y ait aussi des esprits hypercritiques pour en sourire, tant pis ! L'ironie est la forme française de l'impuissance.

Ce qui distingue le héros du marchand, disait Werner Sombart, c'est que le premier cherche toujours ce qu'il peut donner à la vie tandis que le second recherche ce qu'il peut en retirer. Le héros, cependant, retire lui aussi quelque chose de ses actes. Il en retire une certaine conformité à l'idée qu'il se fait de lui-même, en même temps qu'un agrandissement de soi. Chez le héros, le Moi de la conscience n'étouffe jamais complètement le Moi vital. Tout héros pense comme Goethe : au début était l'action. Les récits héroïques sont essentiellement dynamiques : jaillissements permanents d'expressions et d'images. Dans un monde toujours inapte à totalement satisfaire, l'acte d'héroïsme apparaît comme une révolte. Le héros, par ses actes, cherche à se donner une forme, à se donner une âme, à passer du statut d'individu à celui de personne. Soumis à la fatalité, il la défie pourtant. Et par cette contradiction, il se transfigure, se dépasse et s'atteint en même temps.

L'héroïsme n'est pas seulement un don de soi. La liberté pour mourir est aussi une liberté pour vivre – sous-tendue par les mêmes raisons. Ainsi que l'a remarqué Philippe Sellier (Le mythe du héros, Bordas, 1970), l'acte d'héroïsme traduit fondamentalement un « désir d'être dieu ». Il n'y a pas de transformation du monde qui ne repose d'abord sur un dépassement de soi. Le héros constitue un trait d'union incessant entre des dieux et des hommes qui se sont mutuellement conçus à leur image. Le héros n'est pas un homme-dieu, mais un demi-dieu, un homme divin : « le divin Achille », répète Homère. Tout homme qui se dépasse participe lui aussi de la divinité, devient porteur d'une étincelle divine. L'abondance des héros dans l'antiquité gréco-romaine et celto-germanique va de pair avec la multiplicité des dieux.

Achille, Hector, Enée, Léonidas, Goliath, Siegfried, Heraklès, Roland, Rodrigue, Arthur ou Lancelot : dans une certaine mesure, la vraie religion de l'Europe, c'est ce « culte des héros » évoqué par Carlyle au siècle dernier, dans un ouvrage (Les héros. Le culte des héros et l'héroïque dans l'histoire, 1840) qui s’employait à tracer une trajectoire depuis Odin jusqu'à Napoléon. L'histoire universelle, disait Carlyle, repose sur des « biographies de héros ». C'est que l'exemplarité de ses « travaux » fait du héros une figure populaire, une figure qui parle immédiatement à un peuple dont elle incarne les aspirations inconscientes et les sentiments collectifs. L'épopée antique, dont Georges Dumézil, élu tout récemment à l'Académie française, a montré toute l'importance dans le développement des cultures indo-européennes (Mythe et épopée, 3 vol., Gallimard, 1968-77), n'est rien d'autre que l'expression d'une structure mentale axée sur des valeurs héroïques.

On connaît la fraternité des anciens combattants. Seule l'adhésion aux valeurs héroïques permet d'éviter le moralisme totalitaire, car seule elle permet d'estimer l'adversaire par-delà ce qui peut séparer de lui. Il fut un temps où l'on ne se battait bien que contre ceux qu'on estimait : telle fut l'origine du duel. D'où la notion de « fraternel adversaire » : séparés par des idées ou des frontières, des hommes se reconnaissent lorsqu'ils adoptent le même style, se rallient aux mêmes valeurs. Un ennemi reste un frère quand il vit au même niveau que nous. Quand Achille tue Lycaon, il lui dit : Alla, philos !, « Meurs, ami ! » Ce sont les idéologies modernes, prenant le relais des anciennes religions dogmatiques, qui ont exigé qu'on haïsse l'adversaire. Comment aurait-on pu, sans cela, être pacifiste et se battre ? Pour combattre des hommes quand on se déclare « humaniste », il faut leur dénier leur humanité, les réduire au statut de « non-hommes » : dès lors, contre eux, tout est permis.

L'Europe a fait sien pendant des siècles le mot de Sénèque : « Vivre est le fait d'un guerrier ». Mais l'héroïsme déclenchait déjà les sarcasmes de Pascal et d'Augustin. Aujourd'hui, à nouveau, on semble ne plus croire aux « grands hommes » – quitte à se dire disciples de Marx, de Freud ou de Mao. Ce n'est d'ailleurs pas un mince paradoxe que le socialisme ait si souvent rencontré l'idéal héroïque, alors que l'esprit petit-bourgeois l'a toujours dédaigné : le désir de sécurité à tout prix a gommé l'esprit héroïque plus sûrement que les révolutions, qui l’ont au contraire entretenu.

Ce n'est probablement qu'une apparence. L'héroïsme répond à un besoin éternel de l'âme européenne (et de ce point de vue, l'hostilité moderne au héros dissimule d'évidence une hostilité plus générale à un système de valeurs spécifiquement européen). Bachelard rappelait que « l'imagination est toujours jeune ». Drieu La Rochelle et Romain Rolland, Saint-Exupéry et Malraux ont continué en ce siècle d'exalter la grandeur. Non, les héros ne sont pas fatigués, c'est le monde qui s'est provisoirement lassé d'eux. Les demi-dieux se sont réfugiés dans l’inconscient des peuples, dans l'imagination populaire. Ils attendent leur heure, sûrs de leur retour, comme les chevaliers d'Arthur dans les brumes d'Avalon – l'« île des pommes » de la légende celtique – ou ceux de Barberousse dans les forêts sauvages du Kyffhäuser. 

Alain de Benoist (Le Figaro Magazine, 10 novembre 1978)

 

24/01/2010

Tolkien et la Légende de Sigurd et Gudrún

Les éditions Christian Bourgois devraient faire paraître en mars La Légende de Sigurd et Gudrún,  la version réécrite par Tolkien, à partir des différentes sources, de la légende de Sigurd (Siegfried).

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19:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tolkien, sigurd, siegfried |  Facebook | Pin it! |