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13/10/2017

Hasta siempre, comandante Che Guevara...

« J'avais avec toi un compte d'admiration à régler et tu m'as aidé dans cette tâche. En effet, par-delà les idées qui furent les tiennes et pour lesquelles, dit-on, tu es mort, j'ai découvert, en écoutant la musique de ta vie, le rythme sourd d'une Passion. De toi on ne voulut voir que le guérillero, le révolutionnaire et le poster. Ici, je viens dire, sous ces masques, un autre homme - l'aventurier, le héros et le martyr - qui n'eut jamais qu'une unique soif, faute d'orgueil et d'humilité, la soif du sacrifice. »

Jean Cau, Une passion pour Che Guevara

 

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Gabriele Adinolfi, cueilli sur Geopolitika et consacré à l'emblématique et discuté Che Guevara.

Figure marquante de la mouvance nationaliste-révolutionnaire italienne, responsable du Centre d'étude Polaris et principal inspirateur du mouvement Casapound, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont certains ont déjà été traduits en français, comme Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008), Orchestre rouge (Avatar, 2013) et Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014).

Che Guevara_Ernesto.jpg

Hasta siempre, comandante Che Guevara

Le 8 octobre 1967, tombait dans une embuscade Ernesto Guevara dit le Che.

Blessé au ventre, il fut laissé à l’agonie jusqu'à ce que la mort le prenne dans les premières heures du jour suivant (1).

Depuis Che Guevara est devenu un mythe, une légende et, malheureusement, surtout un produit de merchandising.

Il se retrouve partout : imprimé sur les T-shirts de la bourgeoisie snob, sérigraphié en pin’s, tatoué sur les bras du milliardaire Maradona, imprimé sur les banderoles des groupes de supporter de club de football quand ils se prétendent « de gauche », etc.

Devenu l’emblème d'une transgression formelle, d'une nostalgie sage, il est assassiné chaque jour que Dieu fait par cette bourgeoisie décadente contre la domination de classe de laquelle il avait décidé, lui, comme un lion indompté, de rugir et de mourir

Il a été tué une première fois par la réaction qui armait les militaires boliviens.

Il l'a ensuite été une seconde fois, en devenant la référence d’une jeunesse « progressiste » avec laquelle la révolution du Che, n’a pourtant rien, mais vraiment rien, en commun.

Entre temps, à contre-courant, discrètement, avec délicatesse, chez beaucoup de ceux qui auraient dû le haïr a mûri une passion pour ce condottiere.

Aujourd'hui que les temps sont changés, dans le camp de l’ultra-droite, il est de bon ton de détester viscéralement le guérillero parce que on n’envisage pas de pouvoir faire autrement que de mépriser ce que « les autres » encensent. Si tu me dis a, je dis b, si je dis b, tu diras c... C’est une stupidité diffuse bien que compréhensible.

Pourtant, pour notre génération, pour ceux chez qui les passions étaient de la vie et non pas du virtuel, le Che fit une brèche dans nos coeurs. Il fit une brèche en inspirant à un des plus pointus et des plus brillants penseur de l'extrême-droite française, Jean Cau, le magnifique livre Une passion pour le Che. Un livre qui fut le préféré et le plus fut relu par Walter Spedicato durant son exil  (2). Notre camarade éprouvait d’ailleurs pour le Che une passion qui n’était pas inférieure à celle de Jean Cau.

Il avait fait une brèche immédiatement après son meurtre barbare dans le coeur du très fasciste animateur du cabaret Bagaglino qui produisit alors un 45 tours qui eut vraiment « une double face ». L’une se composait de Le légionnaire de Lucera (3) et l'autre d’Adieu au Che !

Il était expliqué sur la couverture, la raison qui avait poussée à rendre cet hommage à deux figures ainsi opposées en apparence : leur identité existentielle. Et le texte de la chanson dédiée à Guevara contenait des phrases qui voulaient tout dire : « Les gens comme toi ne crèvent pas dans un lit, ils ne meurent pas de vieillesse... » et encore « Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement, adieu Che ! ».

Le Bagaglino avait saisi la raison réelle, c'est-à-dire l'estime et la sympathie existentielle, qui poussaient tant d'ennemis politiques du Che, animés par le feu de l’idéal, à en être des admirateurs inconditionnels.

Dans les années qui suivirent, la passion hétérodoxe pour le Che fut alimentée par des motivations beaucoup moins valides.

Pour certains, qui éprouvaient un sentiment d'infériorité vis-à-vis de la gauche extrême, qui était alors médiatiquement et militairement dominante, et qui ressentaient une certaine culpabilité pour notre passé diabolisé, le poster du Che représentait une sorte de voie de sortie, une étape esthétiquement acceptable sur la route du reniement.

Pour d’autres, la motivation était toute différente. Pour eux le Che n'était pas communiste parce que sa vie niait le matérialisme en étant l’incarnation d'une éthique guerrière.

Or, ils se trompaient parce que le Che était bien communiste. Il avait combattu et il était mort en communiste, en donnant, certes, au communisme un sens divergent, souvent opposé à celui qu’adoptait l'immense majorité, en l’anoblissant.

Cependant, il était communiste, et cela en dépit d'une anecdote qu'on racontait à l'époque en Italie. Le Che, disait-on, quelques semaines avant être capturé avait refusé de donner un interview à un journaliste de L'Unita (le quotidien du PCI). « J’ai trois bonnes raisons pour ne pas vous l’accorder, aurait-il dit, parce que vous êtes journaliste, parce que vous êtes communiste, parce que vous êtes Italien ».

Même si l'anecdote était réelle, il fallait la comprendre autrement qu’il plaisait à certains, à l'époque, de l'entendre.

Le Che dans son combat pour la guerre révolutionnaire, pour l'affirmation titanesque d'une utopie latino-américaine, était en conflit avec les nomenclatures officielles du communisme.

Avec celle de Moscou - qui selon certaines versions aurait facilité son élimination - et même avec celle de la Chine, alors alliée objective de la politique étrangère des Etats-Unis.

Les communistes italiens, par tradition, étaient les chiens de garde du régime soviétique et c’était pour cela, probablement, que le Che les détestait.

Il est vrai aussi que le Che n'obtint pas de grands appuis des gauches mondiales quand il décida d'abandonner un tranquille fauteuil ministériel pour aller jouer son destin en Bolivie, en espérant y allumer le feu d'une révolution continentale.

Pour préparer l'entreprise il s'était adressé à de nombreux gouvernants et hommes politiques non alignés, parmi lesquels il y avait nombre d’anciens communistes.

Chez eux, il ne trouva aucun soutien alors que ce furent des anticommunistes convaincus qui l’écoutèrent et qui lui apportèrent un peu d’aide. Ainsi firent son compatriote, et adversaire politique, Peron qui se trouvait alors en exil en Espagne, le dictateur espagnol Francisco Franco et le président algérien Boumedienne. Pour le reste le ce fut le vide.

« Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement... ».

Le Bagaglino, animé de la sensibilité particulière des artistes, comprit la véritable raison qui avait fait du Che une figure chère à beaucoup de ses ennemis politiques, à tant d'admirateurs de Mussolini, de Pavolini, de Skorzeny. Son Che allait à la mort pratiquement tout seul, sans aucune autre perspective possible, au nom d'une passion, renonçant à vieillir riche et puissant dans un fauteuil ministériel.

Tout ceci fit pour nous, alors, du Che, un noble guerrier et un exemple.

Et pour moi, il est resté tel.

Pour comprendre l'esprit atypique, spartiate, du Che, voici quelques citations de ses paroles ou de ses écrits : « Il faut être dur sans jamais perdre la tendresse. » « Le vrai révolutionnaire est guidé un grand sentiment d’amour. » « La vraie révolution doit commencer à l’intérieur de nous. » « Le silence est une discussion continuée avec d’autres moyens.»

J’ajouterai à celles-ci, une autre, pour moi particulièrement significative, que je cite de mémoire et qui est plus ou moins ainsi : « La Révolution c’est transposer dans la vie de tous les jours les valeurs de la guérilla. »

Comme vous le voyez l'essentiel est dit.

Peu reste à ajouter, sinon que l’on peut apprécier un communiste décédé sans oublier qu’il l’était.

Nous sommes assez forts pour cela. Nous l’apprécions parce que dans un monde de somnambules nous aimons ceux qui rêvent !

« Hasta siempre, comandante Che Guevara ».

Gabriele Adinolfi (Geopolitika, 8 octobre 2017)

 

Notes :

1 - Si le Che tomba dans une embuscade le 8 octobre en essayant d'aider son camarde el Chino , il ne fut pas blessé au ventre mais au pied, et il n'agonisa pas mais fut assassiné le lendemain par le sergent Mario Teran d'une rafale de son uzi dans l'école de La Higuéra , il était 13h10. Comme il n'était pas mort , l'agent de la CIA Felix Ramon lui tira une balle dans le cœur.

2 - Walter Spedicato, membre de l’Organisation lutte du peuple puis de Troisième position. Poursuivi par la « justice » italienne, il décéda alors qu’il était exilé en France.

3 - Un chant du répertoire « d’extrême droite » sur un mercenaire parti combattre au Congo.

12/08/2017

Le beau Léon...

Les éditions belges Racine ont publié en fin d'année 2016 un Degrelle - 1906-1994, biographie signée par Arnaud de la Croix. Philosophe de formation, Arnaud de La Croix est enseignant à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et est l'auteur de plusieurs essais historiques dont Hitler et la franc-maçonnerie (Tallandier, 2014) et L'érotisme au Moyen-Age - Le corps, le désir, l'amour (Tallandier , 2003).

Sur le personnage, on peut également utilement consulter la biographie écrite par Francis Bergeron et publiée aux édition Pardès, dans la collection Qui suis-je ?.

 

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" Un tribun et un séducteur, un guerrier et un opportuniste, un menteur et un conteur, Degrelle est tout cela à la fois.

Cette première biographie complète explique comment un jeune catholique, doué pour l'écriture comme pour la parole, finit dans la peau du dernier grand chef nazi.

Arnaud de la Croix a mené une enquête approfondie sur l'attirance précoce de Léon Degrelle pour la poésie et son intérêt, dès l'adolescence, pour l'autoritarisme (D'Annunzio, Mussolini) comme pour le nationalisme (Maurras), et sur sa véritable fascination pour le Führer jusqu'à son exil en Espagne.

Il met également au jour nombre de détails inédits, fait la part des choses et décrit avec précision les relations de Degrelle avec des personnages hors du commun comme Monseigneur Picard, Hergé, l'abbé Wallez, le cardinal Van Roey, le roi Léopold III, Paul Van Zeeland ou Paul-Henri Spaak. Mais aussi Goebbels, Himmler et Hitler. "

29/07/2017

Les idées politiques d'Henry de Monfreid...

Les éditions du Lore viennent de publier un essai de Jean-Louis Lenclos intitulé Les idées politiques d'Henry de Monfreid. Une façon de redécouvrir sous un angle nouveau l’œuvre de l'auteur des Secrets de la Mer rouge , de La croisière du hachich ou de Mes vies d'aventure.

 

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" Cet ouvrage inédit présente le mémoire universitaire de droit soutenu par Jean-Louis Lenclos en octobre 1977, sous la direction du Professeur De Lacharrière, à l’université de Parix X- Nanterre.

Lorsqu’on consultait les proches d’Henry de Monfreid, ils répondaient invariablement : « il n’avait pas d’idées politiques, cela ne l’intéressait pas ; c’était un Aventurier ! »

Contrairement à divers fantasmes colportés, Henry de Monfreid ne fut à aucun moment cet individu louche, dénué de sens moral et de scrupules que recouvre habituellement ce terme d’aventurier.

En se penchant méticuleusement sur son œuvre littéraire prolifique, ce livre explore les idées politiques bien tranchées d’Henry de Monfreid.

Certaines de ses idées sont à rapprocher des penseurs traditionalistes tels que Louis de Bonald ou Joseph de Maistre, mais aussi Nietzsche par certains aspects.

Par ailleurs, Henry de Monfreid semble acquis à l’idée de hiérarchisation des races humaines. Plus surprenant, il vécut une extase quasi-religieuse en la présence de Mussolini…

Cette étude très bien documentée vous fera découvrir les grandes lignes politiques d’un homme qui considérait l’homme comme une créature foncièrement mauvaise et qui n’eut de cesse de s’affranchir des servitudes humaines. "

12/11/2016

Ses missions secrètes...

Les éditions du Nouveau Monde viennent de rééditer Mes missions secrètes, les mémoires d'Otto Skorzeny. Officier autrichien de la Waffen SS, en charge des opérations spéciales les plus sensibles avec son commando Friedenthal, Otto Skorzeny est bien connu notamment pour sa participation, en septembre 1943, à la libération de Mussolini, après la déposition de celui-ci par le roi Victor-emmanuel III. Cette figure charismatique poursuivra après la fin de la guerre une vie aventureuse de mercenaire au service de la lutte contre le communisme. On notera enfin que c'est Otto Skorzeny qui a inspiré le personnage du colonel Olrik à Edgar P. Jacobs, le créateur de Blake et Mortimer !...

 

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" Surnommé par ses biographes « l'homme le plus dangereux d’Europe », Otto Skorzeny fut un des hommes de main favoris d’Hitler et l’officier commando allemand le plus médaillé de la Seconde Guerre mondiale, pour ses actions d’éclat audacieuses. À son actif, le rapt de Mussolini détenu par les insurgés royalistes en 1943, ou encore son coup de main contre le régent hongrois Horthy qui s’apprêtait en 1944 à signer une paix séparée avec Staline. Il s’illustre également lors de la bataille des Ardennes avec un commando déguisé en soldats américains qui s’infiltre dans les rangs alliés et vole des tanks Sherman : la rumeur se répand d’un projet d’assassinat contre Eisenhower obligeant ce dernier à rester confiné dans ses quartiers pendant des semaines.

Jouissant d’un grand prestige auprès des officiers alliés, il est rapidement libéré après la guerre, sans doute parce qu’il accepte de coopérer avec la CIA. Il s’installe en Espagne où on lui prête de nombreuses activités : aide à l’évasion d’anciens nazis en Amérique du Sud, trafics en tous genres. "

21/05/2016

Le Duce en guerre !...

Les éditions Perrin viennent de publier un essai de Max Schiavon intitulé Mussolini - Un dictateur en guerre. Docteur en histoire, Max Schiavon a dirigé la recherche du Service historique de la Défense et collabore à la Nouvelle Revue d'Histoire. Spécialiste de l’histoire militaire contemporaine, il a publié récemment Le Front d’Orient 1915-1918.

 

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" Depuis son accession au pouvoir en 1922, Mussolini n'a eu de cesse de réclamer la révision des traités de paix consécutifs au premier conflit mondial. Lorsqu'en juin 1940 il déclare la guerre à la France, il est convaincu que l'Italie peut, en menant une guerre parallèle à celle de l'Allemagne, devenir à moindres frais la principale puissance du bassin méditerranéen. Le conflit se propageant, le Duce engage son armée sur plusieurs théâtres d'opération, alors qu'elle souffre pourtant de graves carences dont il est informé, mais qu'il minimise. Après quelques mois, les Italiens sont partout en difficulté. La guerre parallèle souhaitée se transforme en guerre subalterne subie, le sort de l'Italie et de son chef dépendant désormais entièrement des résultats allemands.

L'erreur majeure du dirigeant fasciste fut sans aucun doute d'avoir cru que la participation à la guerre d'Hitler aurait permis de placer l'Italie dans une position internationale en réalité bien trop élevée au regard des moyens dont disposait le pays. Le comportement de Mussolini comme chef de guerre, les choix qu'il a opérés, les directives stratégiques qu'il a données, ou non, son amateurisme, aussi, ne peuvent être compris qu'en étudiant son caractère, la nature exacte de son pouvoir, ses rapports avec l'armée et, surtout, l'idéologie qui l'anime. C'est ce à quoi s'emploie Max Schiavon dans ce livre novateur et original, nourri aux meilleures sources internationales. "

17/11/2015

La marche sur Rome, l'autre révolution d'octobre...

Les éditions Galliamard viennent de publier Soudain le fascisme - La marche sur Rome, l'autre révolution d'octobre, un essai d'Emilio Gentile. Historien italien, spécialiste du fascisme, Emilio Gentile a publié de nombreux ouvrages, dont La religion fasciste (Perrin, 2002), Qu'est-ce que le fascisme ? (Gallimard, 2004) ou L'apocalypse de la modernité (Aubier, 2011).

 

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" Il s’était rasé de près, avait dissimulé son crâne chauve sous une perruque, pris un tram et, en cette nuit du 24 au 25 octobre 1917, s’était rendu au Palais d’Hiver pour s’emparer du pouvoir. Lénine avait compris qu’il fallait saisir l’occasion favorable qui ne se représenterait pas. Cinq années plus tard presque jour pour jour, dans la soirée du 29 octobre 1922, Benito Mussolini, chauve et mal rasé, vêtu d’une chemise noire, monta dans un train, acclamé par la foule, pour se rendre à Rome et y prendre le pouvoir. Lui aussi avait pressenti qu’il fallait profiter du moment propice. Au terme d’une insurrection de deux jours qu’il avait lui-même baptisée «marche sur Rome», l’Italie n’eut pas seulement un gouvernement, mais une dictature.
Si les historiens conviennent qu’il y eut non une révolution bolchevique, mais un coup d’État, il n’en va pas de même pour la marche sur Rome. Comment se peut-il, pour reprendre des expressions de contemporains de l’événement, qu’«un opéra-bouffe», «une kermesse maladroite», «un rassemblement sans importance d’idiots utiles» ait donné naissance à l’un des régimes les plus tragiquement antidémocratiques et impérialistes du XXe siècle? Prenant pour fil conducteur du récit la confrontation entre l’homme d’action et l’occasion à saisir, c’est-à-dire le moment où la décision humaine intervient sur les circonstances pour fixer la voie à suivre, sans aucune garantie de succès, Emilio Gentile, dans une étude radicalement nouvelle, montre à l’œuvre un parti organisé comme une milice qui conquiert le gouvernement d’une démocratie parlementaire paralysée par ses renoncements. Le but de la conquête est affiché depuis le commencement : détruire l’État libéral et la démocratie, grâce à l’indifférence et à la passivité de la majorité de la population. La dictature fasciste débuta dès la marche sur Rome, puisqu’elle était l’inexorable conséquence de la nature même du parti. "