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  • Les patriotes… de l’étranger !

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de David Engels cueilli sur le site de Politique magazine et consacré au nécessaire refus de la vassalisation de l'Europe...

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    Les patriotes… de l’étranger

    Il m’arrive de plus en plus souvent de refermer mon ordinateur avec un sentiment de lassitude. Dès que je critique la politique américaine, me voilà immédiatement soupçonné d’être un « agent secret du Kremlin » ; si j’exprime des réserves à l’égard de la Russie, je me fais dénoncer comme un « atlantiste » ; et à cette opposition commence d’ailleurs à s’ajouter une troisième puissance, la Chine, tandis que, dans certaines régions d’Europe, la Turquie apparaît lentement mais sûrement comme un pôle de référence… et je vous fais grâce d’Israël… Il ne s’agit plus de discuter d’un problème concret, d’examiner les intérêts de son propre pays ou de son continent, mais de choisir un protecteur, un camp, presque un suzerain : tout est réduit désormais à une discussion stérile sur l’adhésion à des « camps » dont aucun n’est dirigé par l’Europe.

    Le plus frappant, c’est que cette logique traverse aujourd’hui tous les courants politiques. À gauche comme à droite, parmi les souverainistes comme parmi les européistes, nombreux sont ceux qui semblent persuadés que l’avenir de leur nation dépendra avant tout de l’appui d’une puissance extra-européenne. Certains voient dans les États-Unis le seul rempart contre la Russie ; d’autres placent leurs espoirs dans Moscou pour contrebalancer l’influence américaine ; d’autres encore regardent vers Pékin ou vers Ankara. Même des gouvernements réputés farouchement patriotes, tel celui de Viktor Orbán (qu’il repose en paix), s’efforcent d’entretenir simultanément des relations privilégiées avec plusieurs de ces grands pôles de puissance. Et l’on en vient à ce paradoxe singulier : celui qui refuse de choisir un empire et pense avant tout à la civilisation européenne est souvent présenté comme un traître à sa nation, tandis que celui qui fonde explicitement la stratégie de son pays sur le soutien d’une puissance étrangère continue à se proclamer patriote.

    Depuis des siècles, les Européens peinent à penser leur destin à l’échelle de leur propre civilisation

    Mais est-ce vraiment tellement nouveau ? Ce parochialisme ne constitue-t-il pas plutôt une constante de l’histoire européenne ? Depuis des siècles, les Européens peinent à penser leur destin à l’échelle de leur propre civilisation et tendent à impliquer des puissances extérieures dans leurs luttes intérieures, ce qui n’est pas sans rappeler les cités grecques qui faisaient déjà appel aux Perses ou aux Romains contre leurs rivales.

    Le cas le plus emblématique et qui devrait le plus nous faire penser demeure sans doute celui de la guerre de Trente Ans. Chacun des protagonistes croyait défendre ses intérêts particuliers ; chacun estimait que l’appui d’une puissance étrangère lui permettrait d’obtenir un avantage décisif sur ses voisins. Les princes protestants accueillirent avec enthousiasme l’intervention suédoise ; les Habsbourg sollicitèrent l’aide de leurs cousins espagnols ; et bien évidemment ces patrons extérieurs, comme par exemple la France de Richelieu, n’agissaient pas du tout par sympathie idéologique mais par pur calcul politique afin d’affaiblir durablement le Saint-Empire. Tous ces petits princes et ducs allemands pensaient agir en « patriotes » et agir pour l’intérêt de leur petite parcelle de terre ; et tous contribuèrent pourtant à détruire l’équilibre politique de l’Europe centrale. L’Allemagne sortit exsangue d’un conflit dont les véritables bénéficiaires furent précisément les puissances périphériques appelées à arbitrer les querelles européennes.

    Hélas, cette incapacité à dépasser les rivalités internes constitue peut-être l’une des caractéristiques les plus désagréables de l’histoire politique européenne. Là où d’autres grandes civilisations ont progressivement appris à distinguer leurs conflits intérieurs de leurs intérêts géopolitiques fondamentaux, les Européens continuent souvent à considérer leurs voisins comme leurs principaux adversaires. Pour un patriote polonais, la menace première demeure fréquemment l’Allemagne et la Russie ; pour un patriote français, l’Allemagne ou parfois le Royaume-Uni ; pour un patriote allemand, la France ou la Pologne ; pour un Hongrois, Bruxelles ou Bucarest ; et ainsi de suite. Dans ce contexte, l’alliance avec une puissance extérieure apparaît presque naturellement comme le moyen de rétablir un équilibre favorable.

    Réapprendre à agir comme les composantes d’une même civilisation

    Pourtant, cette logique est profondément anachronique. Car le monde dans lequel évoluent aujourd’hui les nations européennes n’est plus celui des XVIIe, XVIIIe ou XIXe siècles. Les véritables pôles de puissance se situent désormais à une tout autre échelle et en dehors de notre continent. Les États-Unis, la Chine, la Russie, demain peut-être l’Inde et la Turquie, raisonnent comme des vrais empires civilisationnels dominés uniquement par leur propre raison d’État. Aucun stratège américain ne construit son analyse autour d’une véritable sympathie individuelle dans le contexte de l’antagonisme séculaire entre Français et Allemands ; aucun responsable chinois ne se demande s’il convient de durablement favoriser Varsovie contre Budapest ou Madrid contre Rome. Tous observent avant tout l’Europe comme un ensemble qu’il faut à tout prix fragmenter et dont ils cherchent à orienter l’évolution dans le sens de leurs propres intérêts en se servant consciemment de nos différents idéologiques et politiques afin de faire avancer leurs intérêts.

    Bien évidemment, toute grande puissance agit conformément à sa propre logique, et l’on peut déjà relire dans l’Arthashâstra de Kautilya la théorie selon laquelle il faut affaiblir son voisin et s’allier avec le voisin de son voisin. Les États-Unis souhaitent conserver un partenaire économiquement prospère mais politiquement dépendant ; la Russie préfère avoir face à elle un voisin divisé plutôt qu’une puissance continentale capable de lui faire contrepoids ; la Chine voit avant tout dans l’Europe un immense marché ; la Turquie poursuit ses propres ambitions régionales de retour sur les Balkans, etc. Rien de tout cela n’est exceptionnel. La Russie supporte aujourd’hui les milieux conservateurs en Europe ? On peut être sûr que, demain, si ces même milieux devenaient porteurs d’un vrai patriotisme européen, la Russie investirait dans le soutien des oppositions de gauche, tout comme François Ier, qui soutenait les Turcs contre Charles Quint tout en ayant promis de partir en croisade contre l’Islam, ou comme Richelieu, qui persécutait les protestants en France tout en les soutenant en Allemagne.

    Dans ce contexte, le « patriotisme » national cherchant désespérément un appui à l’extérieur cesse d’être une affirmation d’indépendance civilisationnelle pour devenir une forme de dépendance choisie : pour devenir le chef dans la cour des petits, l’on se place sous la tutelle de l’un des garçons de la cour des grands, sans réaliser que c’est exactement ce que font tous les autres également. Mais la véritable opposition aujourd’hui n’est pas celle qui séparerait les conservateurs des progressistes, ni celle qui divise les nationalistes et les mondialistes ; c’est celle qui oppose ceux qui continuent à penser exclusivement à l’échelle de leur État-nation à ceux qui comprennent que les nations européennes ne pourront préserver durablement leur liberté qu’en réapprenant à agir ensemble comme les composantes d’une même civilisation.

    Une des dernières fenêtres d’opportunité

    Il ne s’agit évidemment pas de ressusciter l’Union européenne telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. L’Europe bureaucratique de Bruxelles, construite sur un universalisme abstrait, une technocratie désincarnée et la négation progressive des identités nationales, ne saurait constituer une réponse satisfaisante à la crise civilisationnelle que nous vivons, elle en est plutôt un symptôme. L’Europe dont nous avons besoin devrait être tout autre : une Europe consciente de son héritage grec, romain, païen et chrétien, respectueuse de la diversité historique de ses peuples, prête à défendre son identité civilisationnelle contre tout ennemi extérieur et intérieur, et fondée sur le principe de subsidiarité et de coopération entre des nations demeurant pleinement elles-mêmes.

    Paradoxalement, ceux qui prétendent aujourd’hui défendre avec le plus de vigueur l’État-nation sont souvent ceux qui contribuent le plus à le fragiliser, puisqu’ils l’enferment dans une solitude géopolitique désormais insoutenable tout en décrédibilisant durablement patriotisme et conservatisme dans les yeux de ceux qui ne veulent pas détricoter les acquis de l’idée européenne. À l’inverse, c’est peut-être en acceptant de replacer la nation dans le cadre plus vaste de la civilisation européenne qu’il sera encore possible d’en assurer la pérennité. Renforcer la France par une alliance avec la Russie afin d’affronter une Allemagne soutenue par les États-Unis, ce n’est pas un acte de patriotisme, mais de suicide géopolitique. En revanche, s’arranger entre voisins européens afin d’éviter, après le grand remplacement, la grande vassalisation, est le seul véritable acte de patriotisme qui a encore un sens à mes yeux.

    Nous disposons sans doute d’une des dernières fenêtres d’opportunité pour accomplir cette mutation. Les États-Unis semblent se détourner progressivement des affaires européennes ; la Russie demeure affaiblie par ses difficultés économiques et militaires ; la Chine, malgré son ascension, reste encore géographiquement éloignée de notre continent. Mais cette configuration exceptionnelle ne durera probablement pas, d’autant plus que la migration de masse, le retard technologique, la crise démographique, la haine des wokes pour notre identité et le déclin infrastructurel vont bientôt nous affaiblir durablement. Dans une décennie, les rapports de force auront donc changé encore plus à notre détriment, et les marges de manœuvre européennes risquent d’être beaucoup plus étroites.

    Refuser de choisir entre Washington, Moscou, Pékin, Ankara, Tel Aviv ou Dubaï ne signifie pas vouloir l’isolement de nos nations ; cela signifie au contraire vouloir leur éviter de devenir les provinces périphériques d’empires étrangers et de se concentrer sur la vraie lutte qui importe, celle contre les élites européistes et en faveur de nouvelles élites patriotiques. Ainsi, dans le monde qui s’annonce, l’alternative n’est plus entre l’Europe et les nations, mais entre une Europe capable de redevenir une puissance civilisationnelle et des nations progressivement réduites à chercher leur salut sous la protection d’autrui.

    David Engels (Politique magazine, 15 septembre 2026)

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  • Moscou: le retour du terrorisme islamiste ? L'avis de Xavier Raufer...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Xavier Raufer au Figaro pour évoquer l'attentat de Moscou et le retour de la menace islamiste.

    Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014), Le crime mondialisé (Cerf, 2019) et, tout récemment, Jeffrey Epstein - L'âme damnée de la IIIe culture (Cerf, 2023).

     

                                                 

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  • Notre Russie...

    La revue Éléments publie cette semaine son deuxième numéro hors-série consacré à la Russie. Il qui propose une anthologie des textes les plus marquants qui lui ont été consacré dans le magazine depuis 50 ans.

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    Notre Russie
    Une histoire incorrecte
    Hors-série n°2

    Au sommaire du numéro :

    Éditorial
    Le retour du rideau de fer
    Par Alain de Benoist
    Éléments n° 196, mai 2022

    Débat
    La question qui dérange : le salut passera-t-il par la Russie soviétique ?
    Débat Jean Mabire - François Dirksen
    Éléments n° 26, printemps 1978

    Communisme
    Pourquoi nous sommes anticommunistes
    Par Alain de Benoist
    Éléments n° 57-58, mars 1986

    Misère de la kremlinologie : l’énigme soviétique
    Par Robert de Herte
    Éléments n° 57-58, mars 1986

    L’urbanisme soviétique : modèle ou catastrophe ?
    Par Michel de Sablet
    Éléments n° 28-29, mars 1979

    Sciences
    Quand l’URSS planifiait le surhomme : la face cachée de l’eugénisme russe
    Par Charles Champetier
    Éléments n° 92, juillet 1998

    Histoire
    Dominique Venner : une histoire de l’Armée rouge
    Par Philippe Conrad
    Éléments n° 39, juin 1981

    Sovietic Park : les 50 ans du musée militaire de Moscou
    Par Laurent Schang
    Éléments n° 158, janvier 2016

    Octobre 1917, une révolution inconnue
    Par Olivier François
    Éléments n° 159, mars 2016

    La Troisième Rome : la longue mémoire païenne de la Russie
    Par Pierre Vial
    Éléments n° 57-58, mars 1986

    Russie, l’histoire ouverte
    Par Alain de Benoist
    Éléments n° 74, printemps 1992

    Portrait
    Qui es-tu Poutine ? Par Alexandre Douguine
    Propos recueillis par Alain de Benoist
    Éléments n° 163, décembre 2016

    Héléna Perroud : « La notion de repentance est totalement étrangère à Poutine »
    Propos recueillis par Slobodan Despot et Alain Lefebvre
    Éléments n° 171, avril 2018

    Les vérités de Gérard Depardieu : « Il y a une russophobie terrifiante »
    Propos recueillis par François Bousquet
    Éléments n°195, avril 2022

    Qui est Alexandre Douguine ? Anatomie d’une pensée radicale et complexe
    Par Charles Castet
    Éléments n° 192, octobre-novembre 2021

    Cinéma et littérature
    Cinéma stalinien : quand la propagande avait du génie
    Par Pierre Gripari
    Études et Recherches n° 1, novembre 1974

    Vie, mort et résurrection d’un géant : Léon Tolstoï
    Par François Bousquet
    Éléments n° 137, octobre 2010

    Nicolas Gogol : le petit russien devenu grand
    Par François Bousquet
    Éléments n° 140, juillet-septembre 2011

    Jeune littérature russe : les bâtards de Staline et de Limonov
    Par Pascal Eysseric
    Éléments n° 163, novembre 2016

    Edouard Limonov : la rock star du national-bolchevisme
    Propos recueillis par François Bousquet et David L’Épée
    Éléments n° 179, août 2019

    Portrait d’un enragé : Zakhar Prilepine
    Par Slobodan Despot
    Éléments n° 163, décembre 2016

    Rendez-vous avec Zakhar Prilepine : le poète russe préfère les soldats du Donbass
    Propos recueillis par Michel Thibault
    Éléments n° 163, décembre 2016

    Esprit des lieux
    Objectif Sakhaline : la sentinelle de l’extrême Est de l’Empire russe
    Par Pierre Vial
    Éléments n° 39, été 1981

    Voyage en Katastroïka : en route pour Kiev
    Par Armand Grabois
    Éléments n° 163, décembre 2016

    Reconquête
    Au cœur de la maison russe : réflexions au pied de mon poêle
    Par Slobodan Despot
    Éléments n° 192, septembre 2021

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  • Quand Henri Béraud visitait Moscou...

    Les éditions Auda Isarn viennent de rééditer Ce que j'ai vu à Moscou, un grand reportage d'Henri Béraud en Russie bolchévique qui montre, en 1925, la réalité du régime derrière le voile de la propagande.

    Journaliste et grand reporter, romancier, polémiste, l'écrivain lyonnais Henri Béraud (1885-1958) a été un des journalistes les plus célèbres et lus de son temps. Il a obtenu le prix Goncourt pour son Martyre de l'obèse et est également l'auteur du cycle de Sabolas (Le Bois du templier pendu, Les lurons de Sabolas, Ciel de suie), chronique romanesque à travers les siècles d'un petit village du Lyonnais et des lignées familiales qui le composent.

     

     

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    " Après la révolte irlandaise ou la révolution fasciste italienne, Henri Béraud part en septembre 1925, pour le compte du Journal, en URSS. Dans une langue toujours parfaite, notre flâneur salarié conte 1001 scènes de la vie moscovite auxquelles assiste, des nepmen si peu socialistes aux gens du peuple qui se baignent nus dans la Moskova, des orchestres tsiganes qui, dans les restaurants, font « tomber des larmes de leurs violons » aux personnels des hôtels espionnant les étrangers pour le compte du Guépéou.

    Sil va voir la momie de Lénine, Béraud s'entretient avec le puissant Kamenev, pas encore purgé, essaie de rencontrer Trotsky, déjà écarté et invisible. Plus drôle, il assiste à un ahurissant soviet surréaliste réunissant à la fois des peintres et des cochers !

    Tout le talent de Béraud est là, dans ces « choses vues avec un œil amusé mais acerbe, qui démonte le mirage Potemkine du communisme naissant. D'ailleurs, les communistes ne lui pardonneront pas ce livre à la Libération quand, s'ajoutant à l'épisode Salengro, cela lui vaut une peine d'une incroyable dureté au regard de son attitude sous l'Occupation. "

     

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  • Henri Béraud, version reporter...

    Les éditions Séguier publient, sous la direction de Cédric Meletta, une anthologie des reportages d'Henri Béraud écrits entre 1919 et 1933 intitulée Henri Béraud, version reporter, . Écrivain, Henri Béraud (1885-1958)  est également l'auteur de nombreux romans et notamment du cycle de Sabolas (Le Bois du templier pendu, Les lurons de Sabolas, Ciel de suie), histoire à travers les siècles d'un petit village du Lyonnais et des lignées familiales qui le composent.

    Béraud_Henri Béraud, version reporter.jpg

    " Pendant l’entre-deux-guerres, il fut l’une des figures de l’Âge d’or du grand-reportage – l’un des plus lus, l’un des plus célèbres, et peut-être le plus talentueux d’une génération où se côtoient Kessel, Londres, Morand, Cendrars et Simenon. Il commence sa carrière de journaliste avec des convictions fermement ancrées à gauche. Ses articles sont publiés dans Le Canard enchaîné, Le Journal, L’Œuvre, Paris-Soir, et surtout Le Petit Parisien. C’est avant tout un enquêteur de terrain, un pèlerin de l’info qui arpente sans relâche le continent pour prendre le pouls du monde partout où il bat. Mais c’est aussi un authentique écrivain, un escrimeur du style récompensé d’un double prix Goncourt en 1922. Ainsi, dans ses reportages, avec des mots simples qui parlent à tous, un sens acéré de la formule et un don inné pour la polémique, le journaliste raconte, décortique et fait vivre à ses lecteurs les événements dont il est le témoin.

    Dans les années 1930, Béraud s’éloigne de ses convictions humanistes pour se rapprocher de l’extrême droite nationaliste et antisémite. Le tournant décisif sera l’affaire Stavisky, en 1934, qui marquera la rupture définitive avec Le Canard enchaîné. Viendront la guerre, une compromission avec le régime de Vichy, une condamnation à mort à la Libération avant la grâce accordée par de Gaulle. Et enfin la disparition, en 1958 – avant l’oubli.

    La fin de ce parcours aura ainsi occulté l’homme, l’écrivain et le journaliste que Béraud fut aussi dans la première partie de sa carrière. Cette anthologie, qui réunit une sélection de ses meilleurs reportages publiés entre 1919 et 1933, propose de le redécouvrir. De Madrid à Londres, de Rome à Moscou en passant par le puzzle politique de l’Europe centrale, les articles de Béraud nous font sillonner le continent, et sous sa plume vive, mordante, nous assistons presque « en temps réel » à la guerre d’indépendance irlandaise, à la construction de l’Union soviétique et de la Turquie kémaliste, à la marche fasciste sur la capitale italienne, à la montée du nazisme en Allemagne…

    Relire le Béraud « première période », ce n’est pas réhabiliter l’homme. C’est se replonger dans les remous d’une Europe en crise vue à travers le prisme de l’un de ses plus fins observateurs pour mieux comprendre les dangers qu’elle partage avec la nôtre.

    La direction de cette anthologie a été confiée à Cédric Meletta, spécialiste de la période, qui signe une longue préface et un appareil de notes complet qui permettent de resituer la trajectoire de Béraud et ses articles dans leur contexte historique, et d’en décrypter les enjeux. "

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  • Paris-Moscou : Aller simple contre le féminisme...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un essai tonique de Yannick Jaffré intitulé Paris-Moscou - Aller simple contre le féminisme. Professeur agrégé de philosophie, Yannick Jaffré est déjà l'auteur d'un essai intitulé Vladimir Bonaparte Poutine - Essai sur la naissance des républiques (Perspectives libres, 2014).

     

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    " Connaissez-vous la « Journée internationale de la femme », qui se tient chaque 8 mars ? En Russie, c’est une date marquée d’une croix blanche sur l’agenda. Elle donne lieu à une célébration sensuelle de la différence sexuelle, alors qu’elle n’est plus en France qu’une terne commémoration de l’égalité. Les femmes seraient-elles désormais à l’Est, et les féministes à l’Ouest ? À cette question de géographie érotique, Yannick Jaffré répond par un essai enlevé qui mêle anecdotes, analyses historiques, sociologiques, philosophiques et charges polémiques au sabre clair. Pour quelles raisons, la Russie reste-t-elle sourde aux injonctions néo-féministes tandis qu’à l’Ouest les femmes cèdent au mouvement puritain « #BalanceTonPorc » ? Comment des systèmes de lois comparables s’entrelacent-ils ici et là-bas à des mœurs diamétralement opposées ? Russophone et russophile, l’auteur traverse allègrement la frontière culturelle franco-russe et brosse avec ironie un portrait mordant, à Paris et Moscou, des deux ordres amoureux. Un livre jouissif. "

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