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06/12/2017

Imperium...

Nous reproduisons ci-dessous un très beau texte d'orientation de Gabriele Adinolfi consacré à l'Imperium comme réponse à la crise civilisationnelle et identitaire que nous vivons. Principal inspirateur du mouvement Casapound, et fondateur du projet européen Lansquenets, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont certains ont déjà été traduits en français, comme Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008), Orchestre rouge (Avatar, 2013) et Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014).

 

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Imperium

L’Imperium n’était pas seulement la source et l’attribut du commandement militaire, mais également une prérogative « axiale », comme l’épée, le faisceau, le sceptre, qui, en tant que telle, représentait l’axe du monde. Lequel fut originairement associé au Licteur, dans l’ancienne Rome monarchique, quand assumer la Royauté signifiait avant tout être Rex et Pontifex, et, par conséquent, servir de « pont » entre le monde visible et le monde invisible, et, surtout, de pôle de stabilité.

Celui qui était investi de l’Imperium, détenait un pouvoir lumineux qui, comme l’explique Mario Polia, résumant Julius Evola, « permet que choses et événements passent de la sphère du possible à celle de l’existence réelle, qu’il s’agisse de la victoire au combat ou de la fécondité, de la santé ou de la succession ordonnée des cycles saisonniers. »

De l’Imperium descendait l’« Auctoritas », étroitement liée à l’idée et à la fonction du verbe « augere » (augeo, es, auxi, auctum, augere), c’est-à-dire « augmenter » (richesse, santé, fécondité, etc.), d’où vient le nom « Auguste », qu’adopta Octave, lequel fut, pour l’historiographie, le fondateur de l’Empire.
Mais « auguste » fut à l’origine un adjectif, que l’on retrouve, par exemple, dans l’inscription « Rome, fondée sur d’augustes augures ».
En ce que nous avons ensuite défini comme étant la fondation de l’Empire, Auguste réalisa un acte d’une très grande portée, liant les traditions de l’Urbs à la nécessité d’assumer la centralité universelle. Quasiment inspiré par Janus aux deux faces, le fils adoptif de Jules César réussit à souder entre elles, de manière indissoluble, deux exigences différentes, mais l’une et l’autre en recherche d’un Centre. La réforme du Consulat – qui resta formellement en vigueur durant toute la durée de l’empire–, avec l’institution d’un Princeps qui était avant tout un Tribun aux pouvoirs étendus, répondait aux attentes romaines, tandis que d’autres, universelles, se voyaient satisfaites dès lors que ce Princeps devenait également le Divus assurant l’union sacrée d’un monde à la fois uni et diversifié, dans lequel toutes les coutumes, tous les dieux, et jusqu’à toutes les lois, jouissaient d’une pleine liberté, à partir du moment où ils ne contredisaient pas le Ius.
On notera en passant comment le Ius se relie au verbe « iubere » (iubeo, es, iussi, iussum iubere) qui, par rapport à « imperare », indique une autre acception du verbe « commander », celle d’ordonner, de disposer. Il s’agit ici de la sagesse normative qui vient de l’Imperium.

Telles sont les particularités et attributs de l’Empire romain, qui existaient historiquement avant lui, aussi bien à l’époque de la Monarchie qu’à celle de la République, et qui ont également marqué toutes les formes politiques qui, ensuite, se sont inspirées de lui, ce jusque dans l’attribution des titres (Kaiser et Czar proviennent directement de Caesar). Par ailleurs, ce sont des caractéristiques qui le différencient totalement du colonialisme et de l’impérialisme, lesquels affichent clairement la prétention de tout uniformiser, alors que l’Empire, par contre, garantit, défend et exalte les particularités.
Il le fait d’un point de vue religieux, culturel, moral ou encore social, vu que, dans les fondations mêmes de l’Empire, est enraciné le « Césarisme » (ou « Tribunat auguste »), lequel repose sur les liens tribuniciens existant entre la Tête et le Peuple, ainsi que sur la sauvegarde des plus faibles.

Partons de là pour répondre à deux exigences de notre époque, l’une externe et l’autre interne.
L’exigence externe consiste à trouver une voie de sortie historique à l’actuelle crise de civilisation et d’identité.
Par « voie de sortie historique », nous entendons que celle-ci doit obligatoirement être identifiée dans ce qui constitue la réalité de notre époque et de ses exigences. Les dynamiques actuellement à l’oeuvre sont en effet dominantes, quoique l’on puisse en penser, et ce n’est certainement pas en leur opposant une résistance passive ou un rappel nostalgique de ce qui était et n’est plus, mais en agissant pour imposer un « changement de signe » et de sens aux événements que l’on doit répondre à ceux-ci, dès lors qu’ils ne vont pas dans la bonne direction.
L’époque de la Gobalisation, du Mondialisme, de la confusion, du melting pot, de la transnationalité et de la « surnationalité » est inexorablement destinée à être également l’ère de l’impérialisme (où d’impérialismes reliés entre eux par des rapports d’unité et de concurrence tout en même temps) et à emporter chaque liberté, chaque identité et chaque différence, peut-être au nom même de l’exaltation de différences, que, cependant, on va homologuer en un édifice “idéal” fait d’un conformisme moral gélatineux, que cela soit dans le domaine des mœurs et des coutumes, ou dans celui de la rigidité éthique, de l’« ethos » et du comportement.
La seule alternative possible ? L’Empire.

Quand nous disons « l’Empire », nous ne parlons pas nécessairement d’une forme politique définie et précise, mais de la récupération de l’axialité impériale avec toutes ses prérogatives originelles, sans en exclure aucune.

Il n’y a pas moyen de poser une alternative au monstre bureaucratique et technocratique du fédéralisme uniformisateur, sinon en faisant référence à une
impulsion fondatrice et normative qui, au nom de l’Auctoritas et de l’Imperium, réponde aux exigences imposées par l’avènement inexorable de l’ère des espaces continentaux, du « Nomos » (ou ensemble des représentations culturelles) attaché à la situation actuelle et du « temps zéro », tout en garantissant et en exaltant toutes les spécificités de cette impulsion fondatrice.
Comment ?
Nous ne sommes pas nécessairement en train de proposer l’instauration d’un Empire proclamé comme tel, avec un Empereur en charge de notre avenir, mais plutôt la nécessité de suivre une ligne directrice à laquelle notre Fondation devrait se conformer, en vue de tracer, comme le fit Romulus, les limites d’un nouveau « Mundus » et d’instaurer un Ordre.
Pour se préparer à cette entreprise, il est suffisant de se relier à nouveau au fleuve karstique qui coule depuis 476 après J.-C., lorsque le dernier empereur romain, Romulus Augustule, céda le trône à Odoacre, que nous connaissons comme Roi des Hérules, mais qui était en fait le chef de la tribu germanique détenant le secret des Runes, dont il était l’Odowahkr, mot que l’on peut traduire à peu près correctement par le « grand maître ». A partir de ce moment-là, à partir de ce legs, l’Imperium se poursuivit discrètement dans ce qui allait devenir l’Axe gibelin, liant indissolublement entre elles Rome et l’Allemagne, son aïeule protohistorique, et assumant, sur un mode nouveau, moins visible mais non moins solide, toutes les valeurs impériales qui, de Constantinople à Saint-Pétersbourg, de Vienne à Berlin, en passant par le Paris napoléonien, s’exprimèrent au cours des siècles.

Assumer l’Axe impérial signifie donc connaître et reconnaître les liens préhistoriques et historiques entre les pôles européens concernés, de façon à pouvoir développer ceux-ci tout à la fois séparément et harmonieusement.
D’une telle connaissance et d’une telle reconnaissance, dérive la capacité de prendre une position correcte, en rejetant les disputes particularistes des récurrents chauvinismes boutiquiers, qui servent les intérêts de chaque impérialisme, mais certainement pas ceux de notre puissance, de notre unité, de nos autonomies et de nos libertés.
Une vision impériale et non impérialiste de l’Europe implique la capacité de rechercher sa puissance et d’en imaginer le développement à l’Est et au Sud, sans pour cela en perdre de vue le sens profond. Il faut partir de la conscience réelle des origines et de l’enracinement dans le Mythe, soit une démarche qui définit également les limites de l’identité et des affinités, reconnaît les contours de l’empathie et de l’antipathie, lesquels ne peuvent être arbitrairement déterminés sur la base des penchants d’un moi atomisé, mais seulement sur la base de ce qui est et devrait être.

En partant de là, on peut tracer le contour et développer les solutions pour sortir de la crise contemporaine. Ce n’est pas le lieu de rappeler ces solutions -que nous avons déjà présentées à plusieurs reprises dans le détail et dont la mise à jour serait ici fastidieuse- mais plutôt celui de mettre au point les principes fondamentaux.
Raisonner dans une optique impériale veut dire être centré sur un axe intérieur, qui doit rester toujours présent en nous, et, par conséquent, être animé de l’idée de la transcendance héroïque, mais pas seulement héroïque, de nos identités particulières, lesquelles se fondent sans se confondre, comme l’aurait dit Maître Eckhart. Elles le font par le haut, mais de là, à leur tour, elles nous forment, en faisant de nous des hommes, et non des individus dédiés à la consommation.
Si ceci constitue le fondement, et nous n’en voyons sincèrement pas d’autre qui ne soit pas prisonnier du Chaos, nous savons également qu’« optique impériale » signifie aussi qualités, autonomie, liberté et « corpus ».

Les qualités sont la marque de la personnalité. Toutes les identités, qu’elles soient sociales, culturelles, anthropologiques, claniques, tribales ou régionales, s’expriment en termes de qualités ou de prérogatives. Une logique impériale, contraire, de par sa nature, à l’uniformisation, garantit la défense de toutes les qualités particulières, et non seulement les garantit, mais aussi les exalte. Par conséquent, à ce niveau, le nationalisme comme le régionalisme deviennent compatibles, en plus d’être protégés. Ces qualités ne survivent évidemment pas dans l’acception plus diffuse qui en est donnée aujourd’hui, celle de la défense des privilèges économiques des uns par rapport aux autres, ou celle de la fuite en arrière dans l’Histoire, par peur de s’envoler, mais bien dans la confirmation régénérée qu’en donne la mentalité victorieuse de qui est sûr de soi, de ses Lares, de son devenir, un devenir qu’il écrit harmonieusement avec les autres tout en restant lui-même.
La vision impériale est, d’autre part, la seule qui puisse garantir l’unité nationale, en une époque où l’Etat-nation est défunt, parce qu’elle fait, de cette unité nationale aujourd’hui à la dérive, un élément qui, en étant enraciné plutôt qu’institutionnalisé, n’a pas besoin d’être recollé pour tenir debout, ni d’être reconstruit comme un golem à l’aide de « codes de la nationalité ». Entre autres, dans l’ère post-jacobine, les régions, si l’on entend par là celles qui ont un passé et des qualités propres, et non des districts administratifs, peuvent elles aussi cohabiter tranquillement avec l’idée de Nation, sans se sentir niées par celle-ci et sans devoir nécessairement la nier. La carte de l’Europe « Völkische », telle que l’on a pu la dessiner au siècle dernier, sur la base d’une vision fondée sur l’essence et sur la conscience plutôt que sur les règlements, devient aujourd’hui compatible, de manière imprévue, avec la défense de la nationalité et avec l’orgueil de s’appartenir à soi-même. Dans la conscience impériale, chacun peut être représenté et reconnu à différents niveaux, qui ne s’élident pas ni ne s’opposent. Régionale, nationale et impériale, sont des dimensions différentes, qui se complètent les unes et les autres, y compris à l’intérieur de chacun d’entre nous.

Une axialité intérieure permet de maintenir ensemble toutes les « verges du faisceau ». A ce niveau de conscience et de discipline, ne sert plus à rien le pullulement de codes, de règlements et d’interdictions qui se répètent sans cesse, dans la tentative impossible de maintenir ensemble les parties atomisées d’une civilisation en crise de sens.
La logique assurant la cohésion de chaque partie avec l’ensemble est la même que celle qui unissait entre eux les « cives » de l’Empire : « à maximum de liberté, maximum de responsabilité ». Ce qui, immanquablement, garantit l’autonomie. Autonomie signifie, littéralement, se donner soi-même une loi, chose qui serait délétère et ruineuse, destinée à provoquer l’anarchie, en l’absence d’une connaissance et d’une adhésion à des principes, à des valeurs, à des hiérarchies éthiques et spirituelles dont cette loi donne une représentation correcte.
Aujourd’hui pourtant, paradoxalement, sans autonomie, l’anarchie morale et l’injustice sont inévitables à tous les niveaux.
En une époque d’« homologation », c’est-à-dire lorsque les lois ne proviennent plus du « Ius » et ne visent pas avant tout à assurer le Droit, mais se sont transformées en Actes de réglementation tendant à l’uniformité, il est évident qu’elles présentent souvent un risque pour les identités, les libertés et même les économies et les propriétés, ce sans rien produire d’autre qu’une forme de vivre ensemble précaire, artificielle, névrotique et angoissée. On ne peut répondre à cela que de deux manières : en allant progressivement et inexorablement vers une ruine totale, ou bien en s’organisant soi-même, localement, en tant que classe et catégorie sociale.
L’idée impériale, non seulement conceptuellement, mais aussi historiquement, a favorisé, et ne pouvait pas ne pas favoriser, les autonomies pourvues de toutes leurs caractéristiques particulières : autonomies que l’impérialisme -en faisant violence au nom dont il est issu- entend au contraire réduire seulement à l’état de cellules uniformes, simples répliques d’un tout. L’idée impériale dicte en effet les orientations qui permettent de réaliser les organisations locales et catégorielles de façon organique et harmonisée, et non pas atomisée et atrophiée, comme c’est le cas dans le cadre de la Mondialisation. Dans ce domaine-là aussi, nous avons une série de propositions détaillées qui ont été exposées en d’autres lieux.

Enfin, le « Corpus ». La société organique, à laquelle l’idéal impérial est étroitement lié, n’est pas composée d’individus et de masses, ou d’individus-masses, ni de classes sociales accumulées de manière informe et tirant leur force propre uniquement d’éléments néfastes évoqués dans un esprit négatif, mais de la propension et de la capacité à faire corps, d’où procèdent les Corporations et le Corporatisme, dont la signification exacte est le contraire de celle communément admise et qui a été imposée comme telle par ses adversaires.

Etre soi, non comme une hypothèse que l’on construit à partir de soi -comme le suggèrent la théorie du genre et celle du code de la nationalité- mais bien plutôt comme une personnalité à la fois individuelle et étroitement connectée à son hérédité et à ses fonctions propres, interprétées non en un sens purement fonctionnel, mais comme parties d’une harmonie cosmique, voilà quelle est l’alternative à chaque forme de mercantilisme matérialiste réelle ou potentielle.
L’idéal impérial ne peut pas ne pas s’articuler avec l’Imperium, l’Auctoritas, les Qualités et l’Autonomie, d’où il résulte un corps social conforme au sens littéral de Societas, c’est-à-dire un ensemble d’alliés et de participants à une Communauté organique de destin.
Du haut en bas, des cercles de puissance à ceux de la production, du territorial au national, et jusqu’au continental, l’idéal impérial expose, propose et a la volonté d’imposer une alternative achevée et absolue.

Tracer le contour d’un programme politique et législatif sur la base de ces préliminaires ne suffit pas, parce que nous vivons à une époque de dissociation, de post-démocratie et d’entrelacement de pouvoir et d’anarchie.
Nous ne sommes plus au temps où la conquête de l’État donnait des pouvoirs qui permettaient de changer la société. Aujourd’hui, nous sommes dans une époque de pouvoirs confus et diffus, d’aires géographiques atomisées, d’individualismes sociaux qui s’étendent aux particularismes régionaux, d’égoïsmes de lobbies et économiques qui se mesurent aux pouvoirs forts en contournant les pouvoirs formels. Et, pour ceux qui ne jouent aucun rôle dans la société, c’est-à-dire pour la majorité, il reste les associations d’assistance et de consommateurs.
Pour agir dans cette réalité, on ne peut absolument pas attendre d’achever une ascension électorale, mais on doit au contraire travailler dans le quotidien, sans hésitation aucune. C’est ce qu’il faut faire, toujours et partout, à tout niveau, en vue d’ordonner et d’organiser celui-ci, afin de créer un pouvoir à la fois autonome et centré, apte à résister aux pouvoirs uniformisateurs et liberticides. Cela, on ne peut le faire qu’en se considérant comme des « Unités impériales » et en se comportant en conséquence. Si l’idée impériale a été correctement acquise et métabolisée, c’est ce que l’on pourra qualifier d’« Empire invisible » qui sera notre épine dorsale et notre étoile polaire, et nous permettra d’agir partout. En traçant le sillon et en le défendant avec le glaive.

Cela nous amène à traiter de la seconde exigence de notre époque : celle de notre forum intérieur. L’ère de l’homologation planétaire nuit aux libertés, les nie et les étouffe. Et elle le fait au nom de la liberté, voire au nom des libertés elles-mêmes.
La liberté sexuelle et du « genre », à laquelle s’ajoute celle de la génétique, en dépit des intentions proclamées, tendent à homologuer et à moraliser les transgressions qui, toutefois, se révèlent être codifiées plutôt que libres ; dans le même temps, en les poussant à nier les identités génétiques mêmes et en ouvrant un champ de possibilités infinies, leurs mentors entendent couper chaque racine et chaque lien avec ce qui relève du domaine de la profondeur, que cela soit dans le cas d’une personne singulière ou dans celui de la communauté tout entière. Les enfants du progressisme libéral, qui étaient entrés en scène avec le slogan « Il est interdit d’interdire ! », sont en train, au contraire, d’interdire tout ce qui a toujours été (de l’éros à la cigarette, de boire de l’alcool à manger du porc), pour imposer à la place un projet mutant.
Si l’on veut aller à l’essentiel, on se trouve là en face de la révolte de l’Utopie contre le Mythe, de la recherche, par l’informe tellurique, de sa revanche contre la Virilité olympienne et ce qu’elle représente, comme symbole et comme référence. Il s’agit là, pour le coup, d’un véritable « choc de civilisations » – le seul qui existe réellement – dont il faut absolument être conscient.
Et l’Empire, quant à lui, est l’axe du Mythe et de la Virilité olympienne.

« Le Mythe – nous rappelle Ernst Jünger dans Le Traité du Rebelle – n’est pas de l’histoire ancienne : il est une réalité intemporelle qui se répète dans l’Histoire ».
C’est de là que nous devons partir, afin de changer le signe qui est aujourd’hui celui de l’Histoire.

Toutefois, nous devons être conscients que nous vivons sous une dictature, et qu’il ne peut en être autrement dès lors que ceux qui mènent la danse cherchent de manière utopique à nier les lois du Cosmos.
« La majorité, continue Jünger, peut agir dans la légalité tout en produisant de l’illégalité. (…) Les injustices peuvent se révéler de plus en plus féroces et devenir de véritables délits à l’encontre de groupes déterminés ».
D’autre part, cette normalité présumée que l’on définit aujourd’hui comme « politiquement correcte », ne peut se tenir debout si elle n’identifie pas des « minorités différentes à persécuter : il va de soi que quiconque se distingue, d’un côté, par des qualités héréditaires, et, d’un autre, par le talent, ne pourra se soustraire à ce risque. »
Qui se bat pour le respect de certaines règles, ainsi que pour la justice et la vérité, ne peut donc ignorer s’être engagé dans une lutte inégale, non seulement en ce qui concerne les règles du jeu, mais aussi parce que l’on y triche continuellement.
Il est à la table de jeu et il ne peut pas ne pas perdre. Il peut faire des incursions rapides, fugitives et efficaces, mais ne peut tenir longtemps. Et s’il le fait, il doit savoir s’attendre à perdre la mise et, comme dans le If de Kipling, « recommencer du début une nouvelle fois, sans jamais faire cas de sa perte.
La première liberté et la première autonomie, le premier pouvoir et la première puissance, consistent, par conséquent, à quitter la table de jeu. Ne pas dépendre, moralement, économiquement ou psychologiquement des nécessités induites par l’action du Léviathan, et ne pas se laisser hypnotiser par ses peurs est le seul et immanquable préliminaire à un acte libératoire et de refondation.
La seule possibilité qu’ait le Rebelle impérial d’avoir l’avantage réside avant tout dans sa capacité à rester imperméable à toutes les flatteries et à toutes les menaces, de ne pas se perdre quand il se risque à des controverses, de ne pas se sentir attiré à parler la langue ou à accomplir les gestes de qui n’est pas comme lui.
Il doit, tel un personnage augustéen, savoir être dans ce monde sans être de ce monde.

Il lui faut, comme le suggère toujours Jünger, « faire retour à la forêt » ou, plus précisément et plus radicalement encore, réussir à être lui-même la forêt, ce alors qu’il est plongé au cœur de la ville.
On ne peut pas faire retour à la forêt, et encore moins être la forêt elle-même, si l’on n’a pas récupéré ce que l’on a de fier en soi, si ne sont pas redécouvertes les racines qui permettent au tronc de se dresser tout droit.
La première manifestation de l’Imperium – qui est une axialité intérieure avant tout autre chose- consiste justement à accepter que les choses se déroulent ainsi.

Et c’est la raison pour laquelle la réponse impériale, qui sera d’une nature profondément populaire, naîtra sous la forme d’une réponse élitaire, mais provenant d’une élite ouverte, généreuse, qui se donne.
Encore Jünger : « Il s’agira, par conséquent, d’élites aptes au combat pour une nouvelle liberté – un combat qui exige de grands sacrifices et également une
interprétation conforme à la dignité de ces élites. »
Celles-ci doivent par-dessus tout être conscientes que « si l’on ne se retourne pas vers le Mythe, on le rencontre de nouveau, le Mythe, quand le temps vacille sur ses fondations, sous le cauchemar d’un péril extrême. ».
Ernst Jünger nous appelle également à être toujours actifs et présents : « La devise du Rebelle est Hic et Nunc » – le Rebelle étant l’homme d’une action libre et indépendante. »
Hic et Nunc, ici et maintenant. Ces deux mots signifient Imperium et sont, si nous savons être à la hauteur, la garantie de notre liberté. Même si être libre, désormais, n’est plus un droit mais un devoir difficile, de moins en moins apprécié des gens, un engagement que nous devons assumer au moins par fidélité à nos aïeux et en pensant à nos descendants, à qui nous devons la restituer, la liberté, avec la dignité.

Imperium, Hic et Nunc : pour assurer l’avenir des nôtres, de nos nations, de nos régions, de notre Europe, et pour être libres, comme les hommes de la forêt et les cavaliers errants.

Gabriele Adinolfi (EurHope, 25 janvier 2017)

13/10/2017

Hasta siempre, comandante Che Guevara...

« J'avais avec toi un compte d'admiration à régler et tu m'as aidé dans cette tâche. En effet, par-delà les idées qui furent les tiennes et pour lesquelles, dit-on, tu es mort, j'ai découvert, en écoutant la musique de ta vie, le rythme sourd d'une Passion. De toi on ne voulut voir que le guérillero, le révolutionnaire et le poster. Ici, je viens dire, sous ces masques, un autre homme - l'aventurier, le héros et le martyr - qui n'eut jamais qu'une unique soif, faute d'orgueil et d'humilité, la soif du sacrifice. »

Jean Cau, Une passion pour Che Guevara

 

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Gabriele Adinolfi, cueilli sur Geopolitika et consacré à l'emblématique et discuté Che Guevara.

Figure marquante de la mouvance nationaliste-révolutionnaire italienne, responsable du Centre d'étude Polaris et principal inspirateur du mouvement Casapound, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont certains ont déjà été traduits en français, comme Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008), Orchestre rouge (Avatar, 2013) et Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014).

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Hasta siempre, comandante Che Guevara

Le 8 octobre 1967, tombait dans une embuscade Ernesto Guevara dit le Che.

Blessé au ventre, il fut laissé à l’agonie jusqu'à ce que la mort le prenne dans les premières heures du jour suivant (1).

Depuis Che Guevara est devenu un mythe, une légende et, malheureusement, surtout un produit de merchandising.

Il se retrouve partout : imprimé sur les T-shirts de la bourgeoisie snob, sérigraphié en pin’s, tatoué sur les bras du milliardaire Maradona, imprimé sur les banderoles des groupes de supporter de club de football quand ils se prétendent « de gauche », etc.

Devenu l’emblème d'une transgression formelle, d'une nostalgie sage, il est assassiné chaque jour que Dieu fait par cette bourgeoisie décadente contre la domination de classe de laquelle il avait décidé, lui, comme un lion indompté, de rugir et de mourir

Il a été tué une première fois par la réaction qui armait les militaires boliviens.

Il l'a ensuite été une seconde fois, en devenant la référence d’une jeunesse « progressiste » avec laquelle la révolution du Che, n’a pourtant rien, mais vraiment rien, en commun.

Entre temps, à contre-courant, discrètement, avec délicatesse, chez beaucoup de ceux qui auraient dû le haïr a mûri une passion pour ce condottiere.

Aujourd'hui que les temps sont changés, dans le camp de l’ultra-droite, il est de bon ton de détester viscéralement le guérillero parce que on n’envisage pas de pouvoir faire autrement que de mépriser ce que « les autres » encensent. Si tu me dis a, je dis b, si je dis b, tu diras c... C’est une stupidité diffuse bien que compréhensible.

Pourtant, pour notre génération, pour ceux chez qui les passions étaient de la vie et non pas du virtuel, le Che fit une brèche dans nos coeurs. Il fit une brèche en inspirant à un des plus pointus et des plus brillants penseur de l'extrême-droite française, Jean Cau, le magnifique livre Une passion pour le Che. Un livre qui fut le préféré et le plus fut relu par Walter Spedicato durant son exil  (2). Notre camarade éprouvait d’ailleurs pour le Che une passion qui n’était pas inférieure à celle de Jean Cau.

Il avait fait une brèche immédiatement après son meurtre barbare dans le coeur du très fasciste animateur du cabaret Bagaglino qui produisit alors un 45 tours qui eut vraiment « une double face ». L’une se composait de Le légionnaire de Lucera (3) et l'autre d’Adieu au Che !

Il était expliqué sur la couverture, la raison qui avait poussée à rendre cet hommage à deux figures ainsi opposées en apparence : leur identité existentielle. Et le texte de la chanson dédiée à Guevara contenait des phrases qui voulaient tout dire : « Les gens comme toi ne crèvent pas dans un lit, ils ne meurent pas de vieillesse... » et encore « Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement, adieu Che ! ».

Le Bagaglino avait saisi la raison réelle, c'est-à-dire l'estime et la sympathie existentielle, qui poussaient tant d'ennemis politiques du Che, animés par le feu de l’idéal, à en être des admirateurs inconditionnels.

Dans les années qui suivirent, la passion hétérodoxe pour le Che fut alimentée par des motivations beaucoup moins valides.

Pour certains, qui éprouvaient un sentiment d'infériorité vis-à-vis de la gauche extrême, qui était alors médiatiquement et militairement dominante, et qui ressentaient une certaine culpabilité pour notre passé diabolisé, le poster du Che représentait une sorte de voie de sortie, une étape esthétiquement acceptable sur la route du reniement.

Pour d’autres, la motivation était toute différente. Pour eux le Che n'était pas communiste parce que sa vie niait le matérialisme en étant l’incarnation d'une éthique guerrière.

Or, ils se trompaient parce que le Che était bien communiste. Il avait combattu et il était mort en communiste, en donnant, certes, au communisme un sens divergent, souvent opposé à celui qu’adoptait l'immense majorité, en l’anoblissant.

Cependant, il était communiste, et cela en dépit d'une anecdote qu'on racontait à l'époque en Italie. Le Che, disait-on, quelques semaines avant être capturé avait refusé de donner un interview à un journaliste de L'Unita (le quotidien du PCI). « J’ai trois bonnes raisons pour ne pas vous l’accorder, aurait-il dit, parce que vous êtes journaliste, parce que vous êtes communiste, parce que vous êtes Italien ».

Même si l'anecdote était réelle, il fallait la comprendre autrement qu’il plaisait à certains, à l'époque, de l'entendre.

Le Che dans son combat pour la guerre révolutionnaire, pour l'affirmation titanesque d'une utopie latino-américaine, était en conflit avec les nomenclatures officielles du communisme.

Avec celle de Moscou - qui selon certaines versions aurait facilité son élimination - et même avec celle de la Chine, alors alliée objective de la politique étrangère des Etats-Unis.

Les communistes italiens, par tradition, étaient les chiens de garde du régime soviétique et c’était pour cela, probablement, que le Che les détestait.

Il est vrai aussi que le Che n'obtint pas de grands appuis des gauches mondiales quand il décida d'abandonner un tranquille fauteuil ministériel pour aller jouer son destin en Bolivie, en espérant y allumer le feu d'une révolution continentale.

Pour préparer l'entreprise il s'était adressé à de nombreux gouvernants et hommes politiques non alignés, parmi lesquels il y avait nombre d’anciens communistes.

Chez eux, il ne trouva aucun soutien alors que ce furent des anticommunistes convaincus qui l’écoutèrent et qui lui apportèrent un peu d’aide. Ainsi firent son compatriote, et adversaire politique, Peron qui se trouvait alors en exil en Espagne, le dictateur espagnol Francisco Franco et le président algérien Boumedienne. Pour le reste le ce fut le vide.

« Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement... ».

Le Bagaglino, animé de la sensibilité particulière des artistes, comprit la véritable raison qui avait fait du Che une figure chère à beaucoup de ses ennemis politiques, à tant d'admirateurs de Mussolini, de Pavolini, de Skorzeny. Son Che allait à la mort pratiquement tout seul, sans aucune autre perspective possible, au nom d'une passion, renonçant à vieillir riche et puissant dans un fauteuil ministériel.

Tout ceci fit pour nous, alors, du Che, un noble guerrier et un exemple.

Et pour moi, il est resté tel.

Pour comprendre l'esprit atypique, spartiate, du Che, voici quelques citations de ses paroles ou de ses écrits : « Il faut être dur sans jamais perdre la tendresse. » « Le vrai révolutionnaire est guidé un grand sentiment d’amour. » « La vraie révolution doit commencer à l’intérieur de nous. » « Le silence est une discussion continuée avec d’autres moyens.»

J’ajouterai à celles-ci, une autre, pour moi particulièrement significative, que je cite de mémoire et qui est plus ou moins ainsi : « La Révolution c’est transposer dans la vie de tous les jours les valeurs de la guérilla. »

Comme vous le voyez l'essentiel est dit.

Peu reste à ajouter, sinon que l’on peut apprécier un communiste décédé sans oublier qu’il l’était.

Nous sommes assez forts pour cela. Nous l’apprécions parce que dans un monde de somnambules nous aimons ceux qui rêvent !

« Hasta siempre, comandante Che Guevara ».

Gabriele Adinolfi (Geopolitika, 8 octobre 2017)

 

Notes :

1 - Si le Che tomba dans une embuscade le 8 octobre en essayant d'aider son camarde el Chino , il ne fut pas blessé au ventre mais au pied, et il n'agonisa pas mais fut assassiné le lendemain par le sergent Mario Teran d'une rafale de son uzi dans l'école de La Higuéra , il était 13h10. Comme il n'était pas mort , l'agent de la CIA Felix Ramon lui tira une balle dans le cœur.

2 - Walter Spedicato, membre de l’Organisation lutte du peuple puis de Troisième position. Poursuivi par la « justice » italienne, il décéda alors qu’il était exilé en France.

3 - Un chant du répertoire « d’extrême droite » sur un mercenaire parti combattre au Congo.

03/12/2016

Terrorismes : histoire et actualité...

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Le treizième numéro hors-série de La Nouvelle Revue d'Histoire est en kiosque. Il est consacré à l'histoire à l'actualité des terrorismes

Au sommaire de ce numéro :

Comprendre le terrorisme et relever le défi par Philippe Conrad

Les "Assassins", le modèle originel du terrorisme par Philippe Conrad

1605. La conspiration des poudres par Evelyne Navarre

Le chariot piégé de la rue Saint-Nicaise par Martin Benoist

La "machine infernale" de Fieschi par Philippe Parroy

1858. Orsoni entend venger l'Italie vaincue par Christian Lépagnot

Le nihilisme russe ou la "table rase" par Philippe Parroy

Ravachol, les anarchistes et la république par Philippe Fraimbois

L'Oustacha croate de 1929 à 1945 par Philippe Conrad

Les pionniers du sionisme recourent à la terreur par Philippe Parroy

Le terrorisme, l'arme du FLN par Roger Vétillard

La nouvelle guerre de l'IRA par Evelyne Navarre

La Fraction Armée Rouge face à la République fédérale allemande par Martin benoist

L'Italie des "années de plomb" par Gabriele Adinolfi

L'ETA : du nationalisme au marxisme par Arnaud Imatz

Le terrorisme est-il consubstantiel à l'Islam par René Marchand

Le double financement du terrorisme islamiste par Jean-Paul Gourévitch

Le terrorisme islamiste en France. Histoire et perspectives par Yvan Blot

 

10/04/2015

Une autre conception de l'Europe...

Les éditions des Bouquins de Synthèse nationale viennent de publier L'Europe, un court essai de Gabriele Adinolfi.  Figure marquante de la mouvance nationaliste-révolutionnaire italienne, responsable du Centre d'étude Polaris et principal inspirateur du mouvement Casapound, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont quatre ont déjà été traduits en français : Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008), Orchestre rouge (Avatar, 2013) et Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014).

 

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" Gabriele Adinolfi nous expose dans ce petit livre de 80 pages, initialement édité en Italie, sa vision de l'Europe.

Partant du constat que dans le monde globalisé actuel les nations européennes ne peuvent plus, seules, avoir la force nécessaire pour faire face aux blocs (USA, Chine, Inde, pays émergents...), celles-ci risquent d'être amenées à disparaître de la compétition internationale.

Seule la création d'une Europe forte et unie, reposant sur la défense de ses identités nationales et régionales, peut inverser les choses. C'est ce à quoi Gabriele Adinolfi nous invite à réfléchir. "

 

28/03/2015

Retour sur les années de plomb en Italie...

Gabriele Adinolfi, responsable du Centre d'étude Polaris et principal inspirateur du mouvement Casapound, était reçu le 19 mars 2015 par Martial Bild, dans le journal de TV Libertés. Fondateur dans les années 70 du mouvement nationaliste révolutionnaire Terza Pozitione, il a évoqué, à l'occasion de la sortie de son livre Années de plomb, semelles de vent (Bouquins de Synthèse nationale, 2014), cette période particulièrement tragique de l'histoire récente de l'Italie...

 

06/12/2014

Années de plomb et semelles de vent...

Les éditions des Bouquins de Synthèse nationale viennent de publier Années de plomb et semelles de vent, les mémoires corsaires de Gabriele Adinolfi. Figure marquante de la mouvance nationaliste-révolutionnaire italienne, dont il est une des têtes pensantes, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont trois ont déjà été traduits en français Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008) et Orchestre rouge (Avatar, 2013).

 

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" Gabriele Adinolfi est une figure incontournable du néofascisme italien. Au cours de ce qu’il est convenu d’appeler « les années de plomb », c'est-à-dire les années 70, un véritable climat insurrectionnel régnait en Italie. Le pouvoir démocrate chrétien, lié à la maffia et aux intérêts américains, était englué dans une multitude de scandales. Les terroristes communistes des Brigades rouges multipliaient les actions violentes et pour beaucoup la nostalgie de la glorieuse époque mussolinienne commençait à se faire ressentir. Afin d’éviter leur chute les pourris au pouvoir imaginèrent de fomenter des attentats meurtriers et de les mettre sur le dos des organisations nationales-révolutionnaires. Le plus spectaculaire d’entre eux fit plus de 80 morts et 200 blessés le 2 août 1980 dans la gare de Bologne.

S’en suivit une vaque de répression inouïe contre les milieux néofasciste, en particulier contre le mouvement Terza posizione qu’animait entre autres Gabriele Adinolfi. Pourtant, jamais sa culpabilité, ni l’implication de son mouvement, furent prouvées. Trente cinq ans plus tard, plus aucune charge ne pèse contre eux. Il n’empêche que pour des dizaines de militants ce fut la prison ou l’exile. Ainsi Adinolfi passa près de vingt ans dans la clandestinité à Paris. C’est ce qu’il nous relate dans ce livre captivant, bourré de rebondissement, de rencontres inattendues et d’anecdotes truculentes.

Aujourd’hui l’auteur vit à Rome, il anime l’Institut Polaris et est l’un des inspirateurs de la Casapound, le mouvement qui se revendique fièrement du fascisme du XXIe siècle. Gabriele Adinolfi a gardé de nombreux contacts en France où il revient régulièrement. Ce livre est aussi une galerie de portraits des militants et responsables nationalistes français qu’il rencontra au cours de sa longue cavale. "