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13/09/2018

Il était une fois la Suède...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Richard Dessens , cueilli sur EuroLibertés et consacré à la percée électorale du Parti démocrate suédois, opposé à l'immigration. Docteur en droit et professeur en classes préparatoires, Richard Dessens a notamment publié La démocratie travestie par les mots (L'Æncre, 2010), Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse (Dualpha, 2017) et La démocratie interdite (Dualpha, 2018).

 

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Il était une fois la Suède

Élections législatives en Suède dimanche 9 septembre. Depuis plusieurs jours la Grande Presse Officielle française et européenne fait régner un climat d’angoisse : le SD (Parti Démocrate suédois), « d’origine néo-nazi » (car cette fois-ci la grande presse démocratique se lâche sans complexe) peut devenir le premier parti de Suède avec 25 % des voix (ce qui lui ferait doubler ses voix. Du jamais vu !). Il faut bien créer du buzz ! Le « spectre de l’extrême droite » comme l’écrivent certains médias sans vergogne et en toute objectivité, agite les peurs.

Encore une fois, mais la manœuvre médiatique est maintenant éculée. À chaque élection en Europe, les médias annoncent un « raz de marée populiste » (voire maintenant néo-nazi : on passe à la vitesse supérieure) en surestimant les intentions de votes dans le seul but de pousser un grand ouf de soulagement lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes alarmistes des médias. Et de minimiser alors le score obtenu en se félicitant du « sursaut démocratique » et de la sagesse des peuples européens qui n’ont pas voté à 80 % pour les Populistes/néo-nazis !!!

Encore une fois, après les angoisses alarmistes et l’agitation du chiffon rouge, ce sont maintenant les commentateurs et politologues toujours objectifs qui se succèdent pour « analyser » le vote suédois… avec la plus grande sidération. La Suède est le berceau de la social-démocratie, un exemple révéré en Europe, le chômage est au plus bas, la croissance à 3 %. Comment peut-on alors voter pour des populistes dans ces conditions, le vote populiste étant réservé aux malheureux semi-analphabètes, chômeurs, aigris et apeurés des pays à problèmes économiques et d’emploi. La réponse de la spécialiste du jour fuse alors : « C’est un vote irrationnel ». Irrationnel car quand on vit dans un pays qui va bien économiquement on ne vote pas pour des populistes ! Il faut être un grand spécialiste diplômé Bac + 8 pour faire de telles analyses. Les mêmes d’ailleurs à chaque élection avec la variante pour les pays en difficulté : « C’est normal de voter populiste quand on est pauvre et peu éduqué. »

D’autant que pas plus en Suède que dans le reste de l’Europe, il n’existe des problèmes d’insécurité et d’immigration massive. C’est un fantasme dirait M. Macron (souvenons-nous du splendide « il n’y a pas de crise migratoire en Europe »). Alors on brandit les chiffres officiels de l’immigration… en baisse et d’ampleur minime, en laissant de côté les masses d’immigration sauvage qui déferlent à jet continu sur l’Europe. Mais que l’on tait même si les moyens de dénombrer ces migrants existent et sont connus. Alors les « envoyés spéciaux » ironisent à grand renfort d’images soigneusement sélectionnées sur la prétendue « insécurité » invoquée par le SD et expliquant que la délinquance est en baisse en Suède et que les migrants ne posent aucun problème (cf BFM TV). Voilà, le tour est joué et l’information, objective et non tendancieuse. Comme d’habitude.

Ceci étant on pourrait « objectivement » saluer la performance du SD (Sverigedemokraterna dirigé par Jimmie Akesson) qui malgré la réprobation de l’Europe bien-pensante passe de 12,9 à 17,6 % c’est-à-dire la plus grande progression en Suède avec près de 5 % de voix gagnées en quatre ans et 62 députés au Parlement suédois. Le Parti social-démocrate au pouvoir réalise son score le plus bas depuis un siècle (28,4 %). La presse suédoise constate, atterrée, que : « Le fait est que la Suède compte désormais un parti qui a ses racines dans le nazisme […] Aujourd’hui, environ un cinquième de la population de l’un des pays les plus prospères du monde a choisi de voter pour ce parti. C’est aussi incompréhensible qu’indiscutable ». Le gouvernement a quinze jours pour se former dans des conditions plus incertaines qui pourraient laisser présager peut-être à terme une participation du SD.

Mais ce qui inquiète le plus notre grande presse officielle, c’est que la Suède, championne et exemple ressassé du bonheur social-démocrate – même si la Suède détient curieusement le record de suicides par habitant – est depuis un siècle une référence pour les démocraties européennes. Tant que les populistes triomphaient dans des pays de l’ex-Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, République tchèque) on pouvait expliquer ce vote de détresse. Avec l’Italie, ce n’était plus la même chose et la surprise difficile à admettre. Mais l’Italie frivole et championne des combinaisons improbables s’est contentée de quelques remarques condescendantes.

Avec la Suède on touche au cœur du réacteur et le risque de contagion à des pays « sérieux » devient de plus en plus vif. D’autant que les manifestations anti-immigration se multiplient en Allemagne même si les médias tentent de minimiser leur portée. L’AfD (populistes allemands) vient de remporter elle aussi un succès spectaculaire en Allemagne.

Décidément, la France s’en tire bien grâce à Emmanuel Macron, dernier rempart de l’intelligence européenne capable de procéder à la destruction du Parti « populiste » français rien qu’en le mettant en faillite financière. C’est vrai que M. Macron s’y connaît en finance. Quel talent. Tant pis, ou tant mieux, pour les Français.

Richard Dessens (EuroLibertés, 11 septembre 2018)

21/08/2018

En finir avec la russophobie pavlovienne...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Joachim Imad cueilli sur Figaro vox et consacré à la russophobie maladive qui sévit en Occident. Dernier épisode en date : utilisant les "analyses" d'une officine de  désinformation, EU Disinfo Lab,  partiellement financée par les réseaux Soros,  nos russophobes obsessionnels ont voulu voir la main de Moscou dans le fort retentissement de l'affaire Benalla sur les réseaux sociaux. Une affirmation tellement grotesque que même les Décodeurs du journal Le Monde ont tenu à la démonter...

 

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«Bots russes» dans l'affaire Benalla : en finir avec la russophobie pavlovienne

Dans «The Manchurian Candidate», chef-d'œuvre du réalisateur américain John Frankenheimer sorti en 1962, des experts soviétiques élaborent une machination sournoise pour déstabiliser les États-Unis et y faire triompher l'idéologie communiste. Ceux-ci prennent en otage Raymond Shaw, un soldat américain combattant en Corée, et recourent à l'hypnose et aux drogues afin de le conditionner et de l'inciter à assassiner le président américain. Ce film est profondément révélateur de la paranoïa anti-russe qui sévit alors dans une Amérique tout juste sortie de l'épisode de la chasse aux sorcières sous le sénateur McCarthy.

Malgré le tournant historique de la fin de la guerre froide, les angoisses liées à la Russie persistent et l'époque tend à se prendre pour une autre. Dans le discours dominant, la Russie est ainsi très souvent présentée comme une puissance tentaculaire, toujours encline à conspirer contre des démocraties occidentales fragiles et fatiguées. La question des prétendues ingérences de Moscou se pose continuellement et les accusations sont légion: soutien à Donald Trump, contribution à la victoire du Brexit et à la montée des velléités indépendantistes en Catalogne, interférence dans la campagne présidentielle française en défaveur d'Emmanuel Macron, etc. À la suite de la publication d'une étude par l'ONG EU DisinfoLab, l'emballement autour de l'affaire Benalla a même été cette semaine imputé à l'activisme numérique de la Russie et d'une «sphère russophile» désireuse de gonfler artificiellement la polémique. Toutes les turpitudes qui frappent les élites occidentales et l'ordre néolibéral seraient ainsi la conséquence de manœuvres russes particulièrement sournoises.

Il ne s'agit pas évidemment d'être naïf et de nier l'existence de réseaux d'influences russes en Europe ou aux États-Unis. Cela serait d'autant plus absurde que toutes les grandes puissances s'appuient sur leur soft power pour défendre leurs intérêts vitaux à l'étranger et recourent pour cela à des procédés divers. Le problème n'est pas là.

Il réside tout d'abord dans le fait que les accusations pavloviennes envers la Russie sont souvent malhonnêtes. La capacité d'influence de la Russie, et plus largement sa puissance, sont en permanence surévaluées par les élites occidentales. Celles-ci font fi de toutes les limites de la Russie: budget militaire près de dix fois inférieur à celui de l'OTAN, déclin démographique, économie insuffisamment diversifiée et trop dépendante des hydrocarbures, etc. La Russie n'a ni les ambitions impérialistes qu'on lui prête trop souvent, ni les moyens de ces ambitions. Elle pratique plutôt une politique de défense de ses intérêts dans son voisinage et se veut une puissance d'équilibre dans l'ordre international actuel. D'autres pays vont par ailleurs bien plus loin qu'elle dans l'ingérence à l'étranger, dès lors qu'ils jugent que la direction prise par tel ou tel gouvernement est contraire à leurs intérêts, et ne reculent devant rien, pas même devant le droit international. Les exemples de l'invasion de l'Irak et du renversement de Kadhafi en Libye l'ont bien montré. Mais la force du deux poids deux mesures est telle que les élites occidentales sont plus enclines à fermer les yeux sur certains pays que sur la Russie.

Si l'on s'arrête par exemple sur la dernière campagne présidentielle américaine, il est raisonnable de penser que la Russie avait intérêt à ce que Donald Trump l'emporte. Son projet d'approfondir et de pacifier les relations russo-américaines contrastait drastiquement avec l'hostilité manifestée par Hillary Clinton à l'encontre de Moscou. Certains réseaux russes ont certes œuvré en faveur de la victoire du candidat républicain mais cela n'a eu qu'une incidence infime sur le résultat final. Rien qui justifiait en tout cas le poids politico-médiatique que l'affaire a pris. Comme le note le chercheur François-Bernard Huyghe, la seule conséquence de la diffusion de supposées «fake news» anti-Clinton a été de conforter dans leur intention de vote des électeurs qui étaient de toute manière déjà en rupture avec l'establishment américain et la candidate démocrate.

Dans le cas de l'affaire Benalla, les réactions de certains hommes politiques accusant la Russie, à l'image du groupe de centre droit «Agir», ont été tellement virulentes que EU DisinfoLab, l'ONG belge à l'origine de l'affaire, a tenu dans une étude définitive à nuancer ses conclusions initiales et à expliquer qu'il n'y avait pas de preuve d'une ingérence organisée.

Dans des situations si confuses, la stratégie d'accuser le Kremlin de tous les maux qui minent les «démocraties libérales» est extrêmement dangereuse. Cette propension vise souvent, par le recours à une grille d'analyse du réel bien commode, à absoudre les élites de leurs torts et à éviter que l'on s'interroge sur les conséquences des choix politiques faits par celles-ci au cours des dernières années. Le Brexit découle par exemple de problèmes très profonds et inhérents à la société britannique et à la structure de l'Union européenne: paupérisation de la classe moyenne et mécontentement face aux inégalités, insécurité culturelle et désarroi face à l'immigration, volonté de retrouver une indépendance politique dans une nation construite autour de la souveraineté du Parlement, etc. L'expliquer à travers le prisme des manœuvres russes, c'est faire preuve d'une malhonnêteté confondante.

Cette russophobie primaire pose enfin un dernier problème majeur dès lors qu'elle justifie que l'on s'attaque à nouveau à une liberté d'expression déjà fortement fragilisée en France depuis quarante ans. La proposition de loi sur les fausses nouvelles prévoit par exemple, dans son troisième article, de permettre au Conseil supérieur de l'audiovisuel de sanctionner, notamment à coups de retraits de licences, les médias étrangers qui pratiquent la «désinformation». Il est évident que cette mesure n'a pas pour cible al-Jazeera mais bien RT et Radio Sputnik, c'est-à-dire des médias subventionnés par le Kremlin avec qui Emmanuel Macron a un contentieux personnel. Le président français les accuse en effet d'avoir comploté afin d'enrayer son ascension au pouvoir. Ainsi, à cause d'une paranoïa anti-russe et au nom d'un concept de «fake news» aux contours extrêmement flous, c'est à l'édifice permettant le débat démocratique et l'exercice des libertés fondamentales que l'on s'attaque. Alors même que le réel ne se laisse jamais saisir à travers un angle unique, des désaccords sur des faits et sur leur interprétation servent de prétexte au pouvoir en place pour incriminer une vision du monde ou pour disqualifier un adversaire idéologique. La politique est ainsi réduite à une lutte entre le camp du vrai, le fameux «cercle de la raison» d'Alain Minc, et des foules manipulées, par Moscou et plus largement par les populistes, et coupables de mal voter.

Ce dernier point est fondamental car la russophobie presque systématique qui se manifeste aujourd'hui en Occident nous raconte ce qu'est devenue la politique: un affrontement manichéen entre l'humanité et ses ennemis. Parer la Russie des attributs du mal dans sa forme chimiquement pure revient à nier à la fois l'essence de la politique et le fait que la tension entre le bien et le mal se manifeste de façon universelle. C'est peut-être d'ailleurs le penseur russe, Alexandre Soljenitsyne, qui retranscrit le mieux les dangers de cette dérive dans son œuvre L'archipel du Goulag: «Peu à peu, j'ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les États ni les classes ni les partis, mais qu'elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l'humanité.»

Ceux qui nient la complexité du monde, par inquiétude sincère sur l'avenir du libéralisme dans leurs sociétés ou par incapacité à supporter le fait que la Russie se soit relevée de la dislocation de l'URSS, ne servent donc pas le débat démocratique qu'ils prétendent aimer. Ils l'empêchent et contribuent par conséquent à rendre le réel plus obscur.

En 1991, le conseiller diplomatique de Gorbatchev, Gueorgui Arbatov avait mis en garde les Occidentaux avec la prédiction suivante: «Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi!». Arbatov s'est trompé. L'ennemi russe est encore là. Le complotisme l'est aussi, et pas toujours là où on l'attend.

Joachim Imad (Figaro Vox, 9 août 2018)

08/07/2018

Feu sur la désinformation... (192)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

Au sommaire :

  • 1 : Délinquant tué à Nantes, novlangue dans les quartiers
    Aboubakar Fofana, le délinquant tué par la police à Nantes met le feu aux banlieues Nantaises. C’est le retour de la novlangue sur les « quartiers » où la police tue.
  • 2 : Le Zapping d’I-Média 
    Evasion de Redoine Faïd, l’homme est présenté comme braqueur. On pourrait presque y trouver une référence aux films d’Audiard, un voleur au grand cœur qui a réussi une « évasion spectaculaire ». Mais les médias ont omis de préciser que Redoine Faïd est présumé coupable du meurtre d’Aurélie Fouquet policière de 26 ans.

  • 3: Gay pride : le rose vous va si bien
    Gay Pride, le Lobby LGBT défile dans les rues de Paris. Difficile d’émettre une critique quand tous les médias célèbrent la fête et le combat homosexualiste.
  • 4 : Les tweets de la semaine
    Le média « Les décodeurs du Monde » pris la main dans le sac. Le média qui se veut parangon de vérité médiatique a qualifié l’attentat du 1er octobre de la gare Saint-Charles de « Faits divers ».
  • 5: RT dans le viseur du CSA et de la Loi sur les fake-news
    L’assemblée nationale a finalement adopté la loi contre les fake news. Le média russe RT est directement visé alors que le CSA vient de le mettre en demeure.

 

                               

18/06/2018

La vérité avec garantie du gouvernement ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de François-Bernard Huyghe, cueilli sur son site Huyghe.fr et consacré aux dernières annonces gouvernementales concernant la lutte contre les "fausses nouvelles". Spécialiste de la guerre de l'information, François Bernard Huyghe, auteur de nombreux livres, a récemment publié La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2015) et Fake news - La grande peur (VA Press, 2018).

françois-bernard huyghe, fausses nouvelles, fake news, désinformation

L’État garant de la vérité

En Indonésie, l’honnêteté de l’élection présidentielle de 2019 sera garantie par une fatwa des grands oulémas condamnant théologiquement la désinformation et une loi prévoit jusqu’à six ans de prison pour fausses nouvelle. Moins que les dix ans infligés au blogueur Ahmed Mansoor aux Émirats Unis pour fake news. Au Vietnam, dix mille employés patrouillent sur le Net pour faire la chasse aux « visions erronées ».... On voit que la vérité est en de bonnes mains.

Ce serait de l’amalgame que de rapprocher tout cela de la future loi « relative à la lutte contre la manipulation de l’information » en discussion à l’Assemblée Nationale au moment où nous écrivons. Et en même temps, cette loi apparaît dans un contexte de panique, où l’on soutient que les résultats du Brexit, de l’élection de Trump ou du referendum catalan ont été faussés par des fakes en ligne. Comme si toutes les autres élections jusqu’en 2016 avaient ignoré la démagogie, le mensonge, les ingérences idéologiques étrangères (public diplomacy disait-on pendant la guerre froide), les rumeurs sur la sexualité des politiciens et leurs comptes cachés, etc. Comme si un tweet disant que le pape soutenait Trump avait une force rhétorique supérieure à des centaines d’heures d’antenne et à des milliers de journaux qui le démentaient, en riaient et appelaient à un vote de raison. Et comme si les réseaux sociaux dont on disait au moment du printemps arabe qu’ils allaient partout instaurer la démocratie en donnant la parole au peuple, devenaient l’écosystème du mensonge contagieux et le champ de manœuvres des services secrets, russes et antilibéraux, apparemment plus efficaces qu’à l’époque où un quart de l’humanité adhérait au marxisme léninisme.

La lutte contre les fausses nouvelles (au sens de récit ou représentation d’événements imaginaires) ne peut se faire que de deux manières : en les rendant inaccessibles ou en les réfutant. La première -s’attaquer au message- se prête à de nombreuses dérives liberticides : que l’État décide ce qui est avéré ou ce qui ne l’est pas, ou a fortioti ce qui est vraisemblable ou non comme dans la présente loi, voilà qui peut gêner. D’autant que, si l’on prend des cas récents de l’affaire Cahuzac à l’affaire Théo, des affirmations d’abord jugées infondées et idéologiquement suspectes (Cahuzac est coupable, les policiers sont innocents) peuvent se trouver vérifiées quelques mois plus tard. Gare au premier « faux positif » que produira la loi.

La seconde méthode - s’en prendre à la croyance- a, au contraire, tout pour plaire a priori. L’auteur de ces lignes qui a créé un site de fact checking en 2004, ne va pas protester contre l’idée de confronter les sources, de déceler les trucages et les contradictions. Voire d’éduquer les écoliers à vérifier ce qu’ils apprennent sur les réseaux sociaux.
Simplement, il existe environ 150 dispositifs de fact-checking, certains lancés par des médias « classiques », d’autres par des ONG, certains par les Gafa. Sans oublier la vigilance des internautes eux-mêmes pour qui il n’y a rien de plus gratifiant que de découvrir une photo truquée. La probabilité qu’une fausse nouvelle (document visuel truqué, fausse déclaration, sources inventées..) survive plus d’une heure est très faible. Alors, d’où vient cette petite gêne quand, dans une conférence de presse, la ministre de la Culture annonce le lancement d’une plateforme commune de décryptage des fausses nouvelles des médias du service public ? La vérité avec garantie du gouvernement, est-ce si bonne idée ?

François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 5 juin 2018)

 

10/06/2018

Les snipers de la semaine... (165)

 

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Au sommaire cette semaine :

- sur Vu du droit, Régis de Castelnau allume les bien-pensants qui pleurnichent sur les djihadistes "français" internés en Irak...

« Droit au retour » des djihadistes ? Quelle obligation?

 

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- sur son site, l'Observatoire du journalisme dézingue les médias du système qui se sont empressés d'annoncer la mort du journaliste Arkadi Babtchenko et de l'attribuer sans preuve (et pour cause !) aux services russes...

Les aventures d’Arkadi Babtchenko au pays de la presse (dite) sérieuse

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 - sur son blog, Pierre Jourde explose la baudruche Edouard Louis...

Louis le maigre

bien-pensance,djihadisme,fake news,bobard,désinformation

 

Feu sur la désinformation... (188)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

Au sommaire :

  • 1 : Loi sur les fake news : Orwell entre à l’assemblée
    La loi sur les fake news entre à l’assemblée nationale. Après avoir été applaudie par le presse en janvier dernier, elle est aujourd’hui très critiquée par les éditorialistes.
  • 2 : Le Zapping d’I-Média 
    Jeudi 1er juin RMC recevait Cédric Hérrou dans l’émission les Grandes Gueules. Pour l’agriculteur, passeur de migrants « il faut comprendre le terrorisme, comprendre c’est excuser » Pour Cédric Herrou, le terrorisme se construit avec la « précarité, avec la pauvreté, avec le racisme ».

  • 3: Affaire Mamoudou : Bercoff accusé de complotisme
    Affaire Mamoudou, le journaliste André Bercoff a-t-il dérapé ? Pour avoir douté de la version officielle des faits, le journaliste est critiqué et taxé de complotisme. La curiosité des journalistes est-elle devenue un vilain défaut ?
  • 4 : Les tweets de la semaine
    Le compte YouTube d’Egalité et Réconciliation fermé pour « incitation à la haine raciale ». Après 3 avertissements en 3 mois, YouTube a décidé de fermée unilatéralement le compte de la chaine d’Alain Soral. En décembre dernier Facebook avait déjà supprimé la page d’Alain Soral ainsi que celle d’ER. Les GAFA de plus en plus actifs dans la censure ?
  • 5 : Nyssen, grande rééducatrice du petit peuple
    Françoise Nyssen, ministre de la culture, présente la réforme de l’audiovisuel aux journalistes. Il faut reconquérir une jeunesse qui délaisse la « télévision de papa ». Une reconquête qui passe par la rééducation du peuple et l’exil du mal blanc de plus de 50 ans.