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21/11/2017

La revue de presse d'un esprit libre... (37)

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La revue de presse de Pierre Bérard

Au sommaire :

Sur Métamag un riche entretien entre Thibault Isabel (rédacteur en chef de Krisis) et Michel Lhomme à propos de Proudhon :

 
Pourquoi assistons-nous tous passivement à la dérive suicidaire de nos sociétés ? On détruit tout : structures économiques, diversité culturelle, lien social, sans jamais rien reconstruire. Anselm Jappe propose dans son dernier livre « La société autophage : capitalisme, démesure et autodestruction » (La Découverte, septembre 2017) une critique radicale de l’ordre capitaliste. Mais peut-on détruire le capitalisme sans nous détruire nous même ? :
 
 
Pour le nouveau numéro des « Idées à l’endroit » (sur Tv-Libertés), Alain de Benoist s’est entouré d’invités de choix pour débattre de la souveraineté : le politologue Guillaume Bernard, le philosophe Guilhem Golfin (auteur d’un essai intitulé « Souveraineté et Désordre politique ») et le journaliste-essayiste Aristide Leucate. Un échange de haute tenue où sont fouillées les notions de souverain, souveraineté et souverainisme :
 
 
Parution d’un livre d'Aristide Leucate consacré à Carl Schmitt dans la collection « Qui suis-je » aux éditions Pardès. Y sont présentées la vie, l’oeuvre et la pensée d’un juriste talentueux qui a pensé le droit en termes politiques et théologiques et bâti la géopolitique des grands espaces :
 
 
Sur le site de Philitt, une réflexion sur le Katechon selon Carl Schmitt. Que représente la figure du katechon (le retardateur) évoquée par l’apôtre Paul dans sa seconde épitre aux 
Thessaloniciens ? Dans « Le Nomos de la Terre » (Puf) Schmitt, dernier penseur catholique à s’être penché sur cette question, répond que « la foi en une force qui retient la fin du monde jette le seul pont qui mène de la paralysie eschatologique de tout devenir humain jusqu’à une puissance historique aussi imposante que celle de l’Empire chrétien des rois germaniques ». Ainsi la figure duale du katechon s’inscrirait dans les deux ordres distincts de l’imperium et du sacerdotium dévolus respectivement à l’Empereur allemand et au Pape formant une authentique communauté dans la Respublica Chritiana sur laquelle le mal se propageant dans le monde finirait toujours par buter :
 
 
Céline Jouin, Maître de conférences en philosophie à l’Université de Caen-Basse-Normandie, propose une réflexion sur le thème de « Carl Schmitt, penseur de l’empire ou de l’impérialisme ? »
 
 
« Guerre et Polémologie dans la pensée de Julien Freund » tel est le titre d’un Master de Sécurité Défense (117 pages) soutenu par Jean-Baptiste Pitiot dont on peut consulter le contenu ici :
 
 
Dans ce long et très intéressant  entretien  avec Baptiste Rappin, auteur de « Au régal du Management. Le Banquet des simulacres », mis en ligne le 17 novembre, les animateurs de l’émission, Charles de Meyer, Juan Asensio et Rémi Soulié) discutent avec le jeune philosophe, disciple de Jean-François Mattei, des thèses qu’il présente dans son livre. Exercice brillant sur une pensée qui s’inscrit dans la dissidence armée d’un logos, c’est à dire d’une parole métaphysique puisant dans les origines helléniques du discours et de la raison contre « les sectateurs de l’utile » (Nietzsche) qui promeuvent l’homme comme moyen et non plus comme fin. Le management qui repose sur le mythe d’un univers entièrement pacifié par la « gouvernance » est un nouveau messianisme antipolitique :
 
 
Régis Debray revient dans une interview sur son dernier livre « Le nouveau pouvoir » (Cerf) où il analyse en quelques formules définitive la victoire d’Emmanuel Macron et sa signification. Il concède que « les décadences sont des moments féconds, créatif » mais ce qui l’embarrasse c’est la victoire absolue d’homo économicus. Pour les gallo-ricains que nous sommes devenus « l’envie d’être milliardaire est légitime, comme l’envie d’être un héros il y a cent ans ou d’être un saint il y a mille ans ». Il ajoute : « aujourd’hui nous avons perdu la conscience de porter une histoire collective… Nous n’avons plus de mythe porteur ». D’où s’ensuit sa conclusion : « le vivre-ensemble, comme on dit, c’est pour une communauté imaginaire… C’est la fin de l’utopie européenne : celle qu’un marché commun peut faire un imaginaire commun ». Certes, Macron tente de catalyser pour rassembler, mais il n’y a plus de peuple derrière lui et son milieu, dominé par la finance et l’économie, s’alimente d’une idéologie individualiste qui a oublié le tragique de l’histoire :
 
 
Dans un entretien avec RT France (chaîne russe) Olivier Berruyer réagit à la décision de Twitter d’interdire à tous les comptes liés à RT et à Sputnik de faire de la publicité sur son réseau. Signe évident d’une reprise en main d’internet. Berruyer cite également Google et Facebook qui jouent un rôle actif dans la diffusion ou la non diffusion de ce qui doit arriver jusqu’aux oreilles des citoyens. Il est assez cocasse de voir RT boycotté ainsi, sous prétexte d’avoir voulu influencer les élections présidentielles américaines, comme si les États Unis se privaient d’en faire autant avec une remarquable efficacité. Ce délire anti-russe est devenu en occident une obsession qui tourne à l’hystérie quand on nous explique que la défaite de Clinton contre Trump, c’est la Russie et ses manigances, que le Brexit comme la Catalogne c’est encore la Russie et que l’affaire Ramadan ce pourrait bien être un coup de Poutine pour déstabiliser Edwy Plenel ( Une du Monde du 17 novembre sur 5 colonnes). Comme quoi le « complotisme » n’est pas réservé aux seules officines nauséeuses des « populistes » : 
 
 
Elise Blaise et Jean-Yves Le Gallou présente le Conseil d’État sur Tv-Libertés et il apparait que ses membres ne sont pas majoritairement des « sages » mais des idéologues forcenés de la cause immigrationniste : 
 
 
La fondation Polémia met en ligne un article publié par Giulio Meotti dans Il Foglio sur le défi existentiel que représente l’explosion démographique de l’Afrique et ses conséquences pour l’Europe et sa civilisation. Au cours des années 2015 et 2016, 2,5 millions de migrants se sont installés en Europe dont la plupart étaient Africains. Dans le même temps y naissaient 5,1 millions d’enfants dont une bonne part était issue de l’immigration africaine. Cette évolution conjuguée à la « peste blanche » qui frappe les populations autochtones laisse prévoir un devenir sombre à des peuples qui ont abdiqué de leur vouloir-vivre. Comme l’écrit Meotti pour ceux qui se refusent à comprendre : « It’s demography, stupid ! »  :
 
 
L’émission du 17 novembre 2017 d’I-Média présentée par Jean-Yves Le Gallou et Hervé Grandchamp poursuit sa tâche : faire toutes les semaines la critique argumentée des médias. Elle aborde successivement l’affaire des manifestations musulmanes illégales de Clichy. Elle dissèque ensuite Médiamétrie à la fois juge et partie. Dans la séquence des tweets l'un montre à quel point la presse est enchaînée à la pub (et aux subventions publiques). Enfin la dernière rubrique s’intitule : « Pologne, tout le monde il est nazi ! », une excellente évaluation de la manipulation des faits par les chiens de garde de l’Agence France Presse que tout bon plumitif se doit de relayer. La nouvelle brute étant que 60 000 patriotes polonais avaient défilé dans les rues de Varsovie afin de célébrer la journée de l’indépendance dans une marée de drapeaux nationaux. Comme la tournure du gouvernement polonais est radicalement opposée aux obligations qu’aimerait lui imposer la Commission  européenne, il fallait bien que la presse mainstream diabolise cette manifestation populaire en l’identifiant au nazisme. Pour qui connait l’histoire récente de la Pologne, une telle identification est contre nature. Il s’agissait de diaboliser le patriotisme polonais. La diabolisation nous dit Le Gallou en conclusion, voilà l’ennemi, la clef de voûte d’un politiquement correct de plus en plus tyrannique et qui se dresse devant les incrédules comme une nouvelle bigoterie. Le mot de Voltaire est plus que jamais d’actualité « écrasons l’infâme ! »  :
 
 
Petit portrait récapitulatif de Patrick Cohen en propagandiste de choc. Contempteur farouche de tous ceux qui osent penser en dehors des clous, il en dresse la liste avec minutie. il a longtemps été l’un des patrons de la matinale de France-inter où affichant sa mine bonhomme il pouvait pratiquer ses talents d’inquisiteur et de censeur en toute impunité. Après le mercato de juin il sévit désormais sur un chaîne privée et y déploie la même ardeur de cénobite retranché derrière les certitudes d’une pensée hémiplégique. Sans le succès espéré puisque Europe 1 a perdu 10% de son audience depuis qu’il y sévit :
 
 
Adepte de la provocation, l’écrivain Richard Millet propose de troquer comme «personnalité préférée des Français » le porc, animal tutélaire de nos campagnes et totem gaulois par excellence,  contre Omar Sy, sympathique bouffon fabriqué par ce qu’il appelle « le capitalisme mondialisé ». Provocation salutaire qui n’a bien sûr aucune chance de recevoir un écho positif, sauf peut-être à la XVII chambre correctionnelle qui, c’est bien connu, n’apprécie l’humour que lorsqu’il est manié par des rebelles de confort :
 
 
Pierre Guillaume de Roux éditeur indépendant et courageux invité par Tv-Libertés. Sa maison d’édition est un lieu de débats et d’échanges sans exclusive et authentiquement libre :
 
 
Hervé Juvin était l’invité du Cercle Aristote en décembre 2016 pour y traiter de son dernier livre « Le gouvernement du désir » (le débat, Gallimard) qui traite de la révolution anthropologique majeure intervenue durant ces trente dernières années. En effet nos sociétés sont désormais gouvernées par le désir des choses qui s’achètent et qui se vendent. Addiction qui, nous dit-il, est en train de s’épuiser laissant la place au désir de ce qui ne se vend ni ne s’achète : le désir de politique, le désir de survivre en faisant un nous en commun et de reconquérir les biens immatériels laissés en jachère :
 
 
Le même Hervé Juvin sur Tv-Libertés s’en prend très justement aux conséquences mortifères des ravages de l’agriculture industrielle :
 
 
Pour aller plus loin on peut se référer aux travaux de Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer » (Seuil, collection anthropocène, 2015) et « Nourrir l’Europe en temps de crise » (Babel, 2017) qui formulent une bonne introduction à la collapsologie (étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement). Pour ces auteurs « l’individualisme est un luxe que seule une société richissime en énergie peut se payer. Selon eux la meilleure manière de résister à l’effondrement consiste à reconstruire des pratiques collectives « que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées ». Tout cela suppose une relocalisation et de petites communautés très homogènes quant à leur culture, leur style de vie et à leurs objectifs. On en trouvera un bref résumé ici : 
 
 
Et une bonne bibliographie ici :
 
 
Paul Jorion s’interresse également à cette problématique comme le montre son dernier livre « À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ?» (Fayard)  :
 
 
Xavier Rauffer fait le point sur les attentats en France. Première chose, pour lui les « revenants ne seront pas aussi nombreux que l’on a pu l’estimer (7 ou 8 depuis le début de l’année). Ceux qui passent les filtres sont le plus souvent traumatisée par leur expérience dans les zones de guerre syro-irakienne. Enfin la réorganisation des services mise sur pied par le nouveau pouvoir serait des plus performantes. Aucun nouveau Bataclan n’est susceptible d’arriver, à moins d’être pris en main par des services étrangers: 
 
 
Afin de casser son image de président des riches, Emmanuel Macron relance un énième plan banlieue. Or depuis 37 ans l’État a injecté près de 100 milliards d’euros dans ce gouffre abyssal. Sans résultat probant. Jordan Bardella élu du FN de Seine Saint-Denis est l’invité de Elise Blaise pour son émission « Hebdo Politique » pour faire le point. Il entend regarder la réalité en face  sans outrager le sens commun :
 
 
La revue Rébellion propose un texte de Charles Robin intitulé « La fabrique de l’aliénation ». Charles Robin, jeune philosophe montpelliérain, disciple de Jean-Claude Michéa, a collationné l’état de ses recherches dans deux livres parus aux éditions Krisis : «La gauche du capital, libéralisme et idéologie du marché » (2014) et « Itinéraire d’un gauchiste repenti, pour un anticapitalisme intégral » (2017). Dans le texte précité il s’en prend au dogme libéral du progrès :
 
 
Le samedi 11 novembre France culture proposait une excellente émission à propos de Guy Debord et de La Société du Spectacle. Décryptage et dépassement d’une œuvre dont le classicisme revendiqué tranche avec l’esprit révolutionnaire. « Il faut lire ce livre, déclarait son auteur, en considérant qu’il a été sciemment écrit dans l’intention de nuire à la société spectaculaire » :
 
 
Éric Zemmour célèbre « le bonheur des nations homogènes » sises dorénavant à l’est de l’Europe et seulement là :
 
 
Wauquiez général d’une armée morte selon Éric Zemmour. À propos de Laurent Wauquiez Patrick Buisson déclarait récemment dans les colonnes de Marianne que « son corpus est assez mince » et qu’il avait un doute sur la rénovation partidaire à laquelle le futur chef des Républicains entend se livrer. Dans un entretien à Valeurs Actuelles sur l’état de la droite paru le 16 novembre, il enfonce le clou. Pourquoi la droite et le FN se montrent ils incapables de faire émerger une véritable opposition ? « Parce que l’une et l’autre se dérobent au bon diagnostique. L’élection de 2017 aura mis à bas leurs vieux schémas. La droite et le FN ont fait la démonstration, chacun à leur tour, de leur incapacité à reconquérir ou à conquérir le pouvoir sur la base de leurs seules forces ». 
Les désillusions  s’annoncent cruelles pour l’une comme pour l’autre. L’une engluée dans « l’incantation rituelle du rassemblement » de la droite et du centre, c’est à dire dans le syndrome Chirac qui consiste à marier les contraires dans un grand magma sans substance idéologique. Quant au FN, faute d’avoir su construire une offre politique crédible, il « est resté ce qu’il a toujours été : le meilleur allié du système, son assurance vie ». Aussi propose-t-il ce qu’il croit être la seule configuration possible pour gagner : l’alliance d’une droite conservatrice débarrassée de ses élites orléanistes c’est à dire libérale, et du vote populiste incarné par le FN  :
 
 
Zemmour encore qui en veut décidément au demi-habile Laurent Wauquiez qui se serait coupé les deux bras en imaginant que le monde politique fonctionne en 2017 comme il fonctionnait en 2007. Prêtant au futur président des Républicains (un ancien normalien) cette phrase célèbre : « Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux » , il poursuit : «Wauquiez est un des derniers hommes politiques vivants à savoir que ce vers est d’Alfred de Musset. Mais Laurent  Wauquiez est aussi le dernier homme politique à comprendre que cette phrase célèbre pourrait bien résumer son destin politique. Avant même qu’il ne prenne la présidence des républicains, le parti se désagrège sous ses yeux » :
 
 
France d’en haut et France d’en bas. Dans cette tribune du Figaro Maxime Tandonnet rappelle que la fracture qui s’est emparée de la société française depuis de nombreuses années ne fait que se creuser. Jusqu’à l’étincelle qui mettra le feu aux poudres ? Ce phénomène n’est pas propre à la France. Dans toute l’Europe, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest le schisme travaille en profondeur les sociétés. Et, il s’aggrave. Il oppose des élites libérales-libertaires condescendantes et totalement déconnectées du réel d’une part, et les classes populaires et moyennes en insécurité culturelle d’autre part. Ces dernières dénoncent l’impuissance d'un pouvoir qui a abandonné la puissance de l'État aux seules lois du marché. Or ces classes sont largement majoritaires :
 
 
Dans le bilan des six premiers mois de la présidence Macron, Christophe Guilluy, en réponse à L'Express (15 novembre 2017), décèle des éléments de continuité, entre autre le fait que la mondialisation poursuit ses ravages (externalisation de l’industrie vers des pays à bas coûts et avènement du tertiaire concentré dans les coeurs palpitants des grandes métropoles y fixant l’emploi et les richesses, tandis que dans la France périphérique le processus de désertification du travail se poursuit et que la classe moyenne s'y défroque rapidement). Mais phénomène nouveau, l’argent public se raréfiant, les retraités et les fonctionnaires encore protégés qui avaient massivement accordé leur soutien à Emmanuel Macron qui s’en prend désormais à leur niveau de vie. Bref la France d’en haut est en train de scier la branche sur laquelle elle est assise et qui lui assurait la garantie d’un barrage efficace contre le vote « populiste ».
 
Jacques Julliard entonne le requiem de la gauche. Une gauche qui a successivement abandonné trois de ces thème d’élection, l’école tout d’abord abandonnée aux amis du désastre « pédagogiste » , la laïcité ensuite laissée en jachère aux Islamo-gauchistes et finalement le peuple lui même plaqué en rase campagne et métamorphosé en une bande de Dupont Lajoie assoiffée de ratonnades : 
 
 
L’hégémonie américaine est en berne selon Daniel Lazare qui explique que par delà l’hystérie de Washington au sujet de la Russie, de la Syrie et de la Corée du Nord, l’hégémonie américaine est en décomposition ce qui la rend dangereuse. L’État profond parviendra-t-il à retenir Trump l'impulsif, et à permettre la reconfiguration du monde en un nouvel ordre multipolaire ? :
 
 
Victor Orban, premier ministre hongrois, dénonce le « réseau Soros » qu’il accuse de promouvoir une Europe métissée et d’encourager pour ce faire l’immigration massive (première référence). Notons par ailleurs que Soros vient de doter sa fondation « Open society », aux activités foisonnantes dans le monde des médias, de 18 milliards de dollars supplémentaires (seconde référence) :
 
 
 
Serafin Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe à la Complutence de Madrid et ancien directeur du Centre culturel hispanique du Caire, publie aux éditions de L’Artilleur une somme de 708 pages consacrée à « al Andalus, l’invention d’un mythe ». Le traduction française est préfacée par Arnaud Imatz qui revient sur les procédés de la manipulation du passé appliquée de manière générale à l’histoire de l’Espagne, longtemps victime de la légende noire diffusée par ses adversaires depuis l’époque des Lumières. Compte rendu de Philippe Conrad ci-dessous. On notera également l’excellente critique sur cette somme érudite dans Le Figaro du 26 octobre signée de Paul-François Paoli et de Remi Brague. Rappelons que le professeur Brague est un spécialiste de la philosophie arabe médiévale. Ils signalent la galéjade qui consiste à vanter le niveau culturel atteint par al Andalus : l’arc outrepassé qui lui est attribué est attesté dès 269 chez les Wisigoths d’Espagne, les romains et les byzantins, le patio des demeures sévillanes date de la Renaissance tandis que les mots d’origine arabe ne représentent que 0,5 du lexique espagnol, et aucun ne concerne la vie intellectuelle ou spirituelle. Quant au fameux vivre ensemble des trois religions du livre, elle n’est pas le paradis perdu de la tolérance que les sots s’imaginent puisque elle ne fut qu’un sorte d'apartheid médiéval avec son lot de dhimmitude frappant les juifs et les chrétiens. L’idéalisation d’al Andalus repose sur un mélange d’ignorance et d’idéologie unissant le victimaire et l’exotisme et servant de compensation à des peuples dont la situation présente est bien peu enviable.
 
 
À lire également sur le même livre l’entretien que Daoud Boughezala a conduit avec Serafin Fanjul pour le site Causeur. Il traite en première partie du séparatisme catalan et basque et rétablit, en tant qu’historien des vérités bien oublié (première référence). Il aborde ensuite al Andalus, démolissant un à un les différents mythe élaborés pour rendre possible un multiculturalisme   de l’image défigurée
 
 
 
Michel Drac dans une nouvelle vidéo  fait une synthèse  du livre de David Thomson « Les revenants. Ils étaient partis faire le jihad, ils sont de retour en France »( Seuil, décembre 2016). Et, secondairement du livre de Xavier Crettiez et Bilel Aibine « Soldats de Dieu. Paroles de djihadistes incarcérés » paru aux éditions de L’aube, septembre 2017. Exposé lumineux comme l’auteur en fait régulièrement :
 
 
Dans une autre vidéo mise en ligne le 12 novembre Michel Drac essayant de dégager les lignes de force de l’actualité récente analyse les risques de désagrégation des États Unis d’Amérique dus à la guerre sourde qui oppose deux clans au sein du capitalisme américain. Autre thème abordé par Drac, celui qui oppose à l’intérieur de l’Union européenne les tenants de l’Europe de l’Est et ceux de l’Ouest pour des raisons de choix géopolitique qui se doublent de raisons sociétales, mais aussi la cassure entre Europe du Nord et Europe méditerranéenne qui s’explique par l’excédant commercial gigantesque de l’Allemagne alors que le Portugal, l’Espagne et surtout l’Italie comme la Grèce s’effondrent car ils fonctionnent avec une monnaie « allemande » beaucoup trop forte pour leur économie paient d’une certaine façon par leur stagnation, voire leur récession, l’avantage compétitif germanique. Ajouté à cela pointe la possibilité d’un brexit sans accord. Londres qui pesait d’un poids certain en faveur des sanctions envers la Russie, Merkel lui emboitait le pas mais dorénavant isolée, pourra-t-elle résister aux exigences pressantes du patronat allemand qui entend bien reprendre ses affaires avec un marché russe prometteur ? Par la suite il étudie brièvement les problèmes inhérents à l’OTAN qui est en train de perdre la Turquie, puis la prolifération étatique avec la question de la Catalogne. Il conclue sur une stratégie de régression sociale qui serait préparée par le gouvernement technocratique de Macron. Tout cela amène Drac à prévoir un retournement conjoncturel majeur dans les années qui viennent. Et de s’interroger, la stratégie de la tension serait-elle à l’ordre du jour en Europe ? :
 
 
À propos du livre de Jean-Yves Frétigné consacré à Antonio Gramsci, une bonne présentation radio :
 
 
Éric Branca qui a publié récemment chez Perrin « L’ami américain, Washington contre de Gaulle, 1940-1969 » revient sur cette véritable somme dans un entretien  avec Jean-François Fiorina. « Rien ne nous séparera jamais des États Unis » déclarait Emmanuel Macron le 14 juillet, mais le mot amitié a-t-il pour autant le même sens des deux côtés de l’Atlantique ? Branca démontre en s’appuyant sur les archives déclassifiées des services secrets américains que tel n’est pas le cas dès lors qu’un chef d’État comme de Gaulle se refuse à confondre amitié et vassalité. 
 
 
À « ceux qui ne sont rien » (Macron), aux « sans dent » (Hollande), à la multitude des losers que la  France start-up nation abandonne sur le bord du chemin un film est consacré. « Sans adieu » est le récit poignant des derniers lambeaux d’une paysannerie qui fut des siècles durant la matrice de nos pays. Balade sans pathos dans la misère d’une France qui s’étiole (le Forez) dans l’indifférence générale. Cette France là se cramponne à ses traditions et refuse de se plier aux règles souvent illusoire d’une modernité que chacun sait pourtant sans avenir :
 
 
Fabrice Balanche, chercheur sur le monde arabe et l’islam, a du s’exiler aux États Unis. Il travaille désormais pour le Washington Institute for Near East Policy et déplore dans un entretien percutant paru le 29 janvier 2017 que les postes universitaires de sa spécialité soient accaparés par une minorité idéologique casée sous la houlette du vigilant Laurent Fabius. Cette situation est d’autant plus déplorable que toutes les expertises de Fabrice Balanche au sujet de la Syrie se sont révélés justes, contrairement au parti pris par Fabius et Hollande. Un autre universitaire, Frederic Pichon, avait tenté d’avertir dans son livre « Syrie. Pourquoi l’occident s’est trompé » (Le Rocher). C’était en mai 2014 ! Mais notre diplomatie à la remorque des États Unis avait perduré dans ses erreurs, pour les résultats que l’on constate aujourd'hui :
 
 
À l’issu de la révolution orange du Maïdan qui ne fut qu’un putsch réalisé avec l’appui décisif des États Unis d’Amérique et de ses alliés de l’Union Européenne, quelle est la situation présente en Ukraine ? Réponse de Xavier Moreau sur la site Stratpol :
 
 
Dans sa lettre dominicale « Antipresse » Slobodan Despot rappelle que Arte a diffusé récemment un documentaire fort bien fait sur la baisse du quotient intellectuel dans plusieurs pays occidentaux, dont la France. Le documentaire attribue cet effondrement aux perturbateurs endocriniens en négligeant d’autres facteurs possibles. Titre de l’information révélée par l’Antipresse : « Et si l’avenir appartenait aux imbéciles ? » Une anticipation qui peut paraitre généreuse quand on regarde objectivement l’état de nos sociétés… :
 
 
Dans le Journal du MAUSS Adrien Jahier propose un entretien avec Aurélien Berlan autour de son livre « La fabrique des derniers hommes. Retour sur sur le présent avec Tönnies, Simmel et Weber » (La découverte, 2012). Un livre qui s’inscrit dans la critique du progrès réellement existant, c’est à dire dans l’évolution du capitalisme, comme ceux de Jean-Claude Michéa et de Christopher Lasch :
 
 

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10/11/2017

Afrique, le cauchemar démographique...

Les éditions L'Æncre, diffusée par Francephi, viennent de publier Afrique : le cauchemar démographique, les actes du colloque organisé le 21 mai 2015 par l’Institut de Géopolitique des Populations, présidé par Yves-Marie Laulan. On trouvera notamment dans cette ouvrage des textes de Bernard Lugan, de Jean-Paul Gourévitch ou encore d'Aristide Leucate...

 

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" Hier l’Afrique fascinait, aujourd’hui elle effraie, moins pour ce qu’elle est que ce pour ce qu’elle pourrait devenir. Car voici qu’en ce début du XXIe siècle, un nouveau péril terrifiant vient assombrir encore davantage l’avenir de ce malheureux continent que l’on pourrait croire décidément voué au malheur.

C’est une explosion démographique à venir, inouïe, sans précédent dans l’histoire du monde. Ce phénomène, selon les prévisions des Nations unies, pourrait porter la population africaine au chiffre véritablement hallucinant de 4,2 milliards de personnes, soit autour de 47 % de la population mondiale prévue pour la fin de ce siècle. En 2100, un homme sur deux sur la planète vivrait en Afrique !

Cela alors que l’Afrique n’est, de toute évidence, nullement préparée à affronter ce prodigieux défi démographique. En conséquence, l’Afrique, naguère sous-peuplée, va-t-elle devenir un continent maudit, surpeuplé et affamé, livré à tous les déchirements que la misère extrême peut engendrer. Sans compter que son déversoir naturel serait inévitablement une Europe d’abord réticente, puis un jour peut-être, hostile.

Les migrations d’aujourd’hui qui font couler tant d’encre ne seraient alors qu’un mince ruisselet par rapport au tsunami démographique monstrueux qui pourrait venir des côtes de l’Afrique. Que faire ? "

Intervenants :

Général Lamina Cissé, ancien ministre, ancien représentant des Nations unies
Denis Garnier, président de Démographie responsable
Jean-Paul Gourévitch, consultant international sur l’Afrique et les migrations
Yves-Marie Laulan, économiste et démographe, président de l’Institut de Géopolitique des Populations
Bernard Lugan, spécialiste de l’Afrique
Aristide Leucate, docteur en droit, diplômé de l’Académie internationale de droit (Tunis), membre de Partenariat Eurafrique
Bernard Moisy, ESCP, agrégé hors classe d’économie et de gestion
Philippe de Parseval, auteur de La Dérive du continent africain
Philippe Randa, Écrivain, éditeur

13/07/2017

Michèle Tribalat et les chiffres de l’immigration...

Le 4 juillet 2017, Martial Bild recevait, sur TV libertés, Michèle Tribalat, le célèbre démographe, ancien directeur de recherche à l’INED,  à l'occasion de la réédition de son essai Assimilation : la fin du modèle français (Toucan, 2017). Celle-ci dénonce l’aveuglement volontaire de l’intelligentsia sur le phénomène de l’immigration en France en s'appuyant sur des faits et des analyses indiscutables...

 

                               

11/07/2017

Algérie : une catastrophe annoncée...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bernard Lugan, cueilli sur Polémia et consacré à la situation catastrophique de l'Algérie, dont l'effondrement pourrait avoir des répercussions dramatiques pour notre pays... Historien, spécialiste de l'Afrique, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire de l'Afrique du Nord (Rocher, 2016) et Algérie - L'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2017).

 

 

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Algérie : une catastrophe annoncée

Les perspectives apparaissent bien sombres pour l’Algérie : même si le prix du pétrole remontait, les maux profonds et structurels dont souffre le pays ne disparaîtraient pas pour autant.

La crise que traverse aujourd’hui l’Algérie est plus grave que celle de 1986, quand l’effondrement du prix du pétrole avait failli emporter le pays.

En trente ans, rien n’a été fait pour diversifier l’économie et la nomenklatura a continué à se servir. Mais alors qu’en 1986 les réserves pétrolières algériennes étaient encore immenses, aujourd’hui les nappes sont en voie d’épuisement ; quant au FRR (Fonds de régulation des recettes), la réserve ultime de l’État, comme il n’est plus alimenté par les recettes pétrolières, il sera prochainement épuisé. La politique d’assistanat d’État ne pourra alors plus être suivie et, dans ces conditions, comment calmer la fureur de la rue ? Or, si le pays explosait, la Méditerranée occidentale serait embrasée ainsi que tout le Maghreb et le Sahel. Sans parler des conséquences migratoires pour la France.

Le réveil du jihadisme

Durant la décennie noire 1991, l’Algérie fut le théâtre d’une sauvage et sanglante lutte armée. Depuis le début de l’année 2016, l’intensification des actions armées traduit une volonté des jihadistes d’opérer un retour en force en Algérie, cible privilégiée d’Aqmi en Afrique du Nord. Si la bombe sociale algérienne n’a pas encore explosé, c’est grâce à la manne pétrolière qui permet à l’État de subventionner pour 70 milliards de dollars par an la consommation des “classes défavorisées”. Les subventions (essence, électricité, logement, transports, produits alimentaires de base, etc.), totalisent ainsi entre 25 % et 30 % du PIB. À ces sommes, il convient d’ajouter 20 % du budget de l’État qui sont consacrés au clientélisme. Avec 6 % de toutes les dotations ministérielles, le budget du ministère des Anciens Combattants est ainsi supérieur à ceux de l’Agriculture (5 %) et de la Justice (2 %).

Plus généralement, une partie de la population algérienne est en voie de clochardisation, ce qui constitue une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment. Le chômage des jeunes atteint au minimum 35 % avec pour résultat l’émigration de la jeunesse et des diplômés. À ce jour, sans espoir dans leur pays, près de deux millions d’Algériens nés en Algérie ont ainsi émigré, dont une partie importante de cadres formés dans les universités durant les décennies soixante-dix et quatre-vingt. Sur ce total, en 2014, 1 460 000 s’étaient installés en France (Algeria-Watch, 21 septembre 2014) ; depuis, le mouvement a connu une amplification.

La folle démographie

Depuis 2000, parallèlement à la réislamisation de la société, nous assistons à la reprise de la natalité alors que, durant les deux décennies précédentes, un effort de contrôle des naissances avait été fait.

Au mois de janvier 2017, l’Algérie comptait 41,2 millions d’habitants avec un taux d’accroissement annuel de 2,15 % et un excédent annuel de 858 000 habitants. Le chiffre des naissances vivantes (enfant nés vivants) illustre d’une manière éloquente cette évolution : en 2000 l’Algérie comptait 589 000 naissantes vivantes ; en 2012, elles étaient 978 000 et en 2015, 1 040 000. Comment nourrir ces bouches supplémentaires alors que l’Algérie consacre déjà le quart de ses recettes tirées des hydrocarbures à l’importation de produits alimentaires de base – dont elle était exportatrice avant 1962 ?

Hydrocarbures en crise

Le pétrole et le gaz assurent bon an mal an entre 95 et 97 % des exportations et environ 75 % des recettes budgétaires de l’Algérie, troisième producteur africain de pétrole. Or, la production de pétrole baisse et le pays n’aurait encore, selon certaines sources, que pour deux à trois décennies de réserves. Le 1er juin 2014, le Premier ministre algérien, M. Abdelmalek Sellal, déclara devant l’Assemblée populaire nationale (APN) : « D’ici 2030, l’Algérie ne sera plus en mesure d’exporter les hydrocarbures, sinon en petites quantités seulement. […] D’ici 2030, nos réserves couvriront nos besoins internes seulement. »

Aux tensions sociales s’ajoutent les problèmes ethniques qui prennent de plus en plus d’ampleur dans la région du Mzab entre Mozabites et Arabes. Le pays est également fracturé entre idéologie arabiste et berbérisme. Les Kabyles n’ont ainsi pas renoncé à lutter contre l’arabisation forcée qu’ils subissent depuis 1962, certains allant même jusqu’à parler de politique d’effacement de l’identité berbère. L’Algérie est en pleine incertitude avec un président qui n’aurait plus que quelques instants de lucidité par jour. Plusieurs clans sont prêts à s’affronter pour s’emparer ou pour conserver le pouvoir. Parmi eux, quelle est encore la force de l’armée ? Quel rôle Saïd Bouteflika pourrait-il jouer dans un proche avenir ? Le clan présidentiel réussira-t-il à imposer un successeur garantissant sa survie ? La rue viendra-t-elle perturber la succession présidentielle ? Voilà autant de questions qui demeurent en suspens et qui conditionnent l’avenir à court et à moyen terme de l’Algérie.

Les perspectives algériennes sont donc sombres car, même si le prix du pétrole remontait, les maux profonds et structurels dont souffre le pays ne disparaîtraient pas pour autant. Ils découlent de l’artificialité de l’Algérie, des mensonges de sa fausse histoire et de l’imposture de ses mythes fondateurs. Rien ne pourra donc être entrepris en Algérie sans une volonté de fonder la nation algérienne, ce qui passe par la prise en compte de ses réalités géographiques, ethniques et historiques. À défaut, ses composants se replieront sur la segmentarisation, ce qui ouvrirait une voie royale aux islamistes.

Bernard Lugan (Polémia, 30 juin 2017)

28/04/2017

Le « développement » peut-il arrêter la migration africaine vers l’Europe ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de l'africaniste Bernard Lugan, cueilli sur Breizh info et consacré à la migration massive des Africains vers l'Europe. Historien, spécialiste de l'Afrique, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire de l'Afrique du Nord (Rocher, 2016) et Algérie - L'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2017).

 

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Le « développement » n’arrêtera pas la migration africaine vers l’Europe

On ne ment ni à la géographie, ni à la démographie. La première montre que l’Afrique est l’arrière-cour de l’Europe ; la seconde enseigne qu’un trop plein démographique se déverse automatiquement dans un vide démographique.

Face à cette double réalité, confrontés à une migration de masse qu’ils refusent de nommer, les dirigeants européens s’accrochent au mythe du « développement » postulé être un ralentisseur migratoire.

Or, comme je l’ai expliqué dans mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique », le développement est une illusion. Pour trois raisons principales :

1)      A supposer qu’il ait une efficacité, le « développement » ne pourrait avoir que des effets à très long terme ; or, il y a urgence.

2)      Tout a déjà été tenté en ce domaine. En vain, car, dans les Afriques, la démographie est plus forte que la croissance. Un exemple : depuis 1960, la production agricole y a augmenté de 45%, mais la démographie de 110%…

3)      Comme la croissance économique africaine (entre 1,4% et 1,6% en 2016), est inférieure à la croissance démographique (4%), comment, dans ces conditions prétendre « développer » un continent qui, d’ici à 2030, verra sa population passer de 1,2 milliard à 1,7milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an ?

Ce n’est donc pas de « développement » dont l’Afrique a besoin, mais d’une natalité raisonnable. A défaut, des dizaines de millions d’Africains continueront à rêver de venir s’installer en Europe où, par hédonisme, les femmes n’enfantent plus, où les hommes ont honte de leur virilité, où les vieillards sont désormais majoritaires et où les animaux de compagnie ont remplacé les enfants.

Explication.

Vu d’outre-Méditerranée, l’Europe est une terre à prendre. D’autant plus facilement que les migrations continentales sont facilitées en Afrique de l’Ouest par le passeport CEDEAO qui permet d’entrer librement au Niger, et de là en Libye. Une fois arrivés  dans l’espace Schengen, toute liberté est ensuite donnée aux migrants de circuler en Europe avec à peu près autant de chances de se voir expulsés que de gagner au loto.

La cause de ces migrations de grande ampleur est l’envolée démographique. Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double en effet tous les 18-20 ans. Au Niger, pays désertique où le taux de fécondité est de 7 enfants par femme, la population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050. En Somalie, le taux de reproduction est de 6,4 enfants par femme et en RDC, il est de 6,1.

Le phénomène ne touche pas que l’Afrique sud-saharienne. Ainsi, en Algérie le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2014, il a rebondi à 3,03.

Résultat de cette démographie devenue folle, en 2100, avec entre 3,4 et 3,6 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale dont les trois quarts au sud du Sahara. Le phénomène de déversement de la population africaine en Europe est inscrit dans ces chiffres car, localement, comme il sera impossible de nourrir et de donner du  travail à ces centaines de millions de jeunes africains, ces derniers n’auront d’autre issue que l’émigration.

D’autant plus que, contrairement à ce qu’affirment les tenants de la « méthode Coué », la situation économique de l’Afrique est de plus en plus mauvaise. La baisse du prix du pétrole et de presque toutes les matières premières a en effet eu des conséquences catastrophiques pour des pays tirant entre 75 et 98% de leurs recettes de ces productions. Phénomène aggravant, quand les cours étaient hauts, ces pays pensèrent que la manne était éternelle et ils dépensèrent alors sans compter. Résultat, aujourd’hui, ils se trouvent face à des échéances qui ne sont plus couvertes. Les voilà donc contraints de s’endetter pour continuer à financer des projets non soldés ou tout simplement pour acheter la paix sociale et éviter la révolution. A peine sortis de la mortelle spirale de l’endettement des années 1980-1990, ils y ont donc replongé.

Début 2017, la croissance économique dans les 45 pays de l’Afrique sud-saharienne a atteint son plus bas niveau depuis l’année 1999, passant de 5,1% en 2014 à 3,5% en 2015, pour atteindre entre 1,4% et 1,6% en 2016 (FMI, 24 octobre 2016). Les deux géants économiques de l’Afrique sud-saharienne sont quant à eux dans une situation préoccupante. En 2016, le Nigeria est ainsi entré en récession avec une croissance négative de -1,8%. Quant à la RSA, avec une croissance d’à peine 0,1%, elle échappe de justesse à la récession.

Résultat :

– 850 millions d’Africains sur une population totale de 1,2 milliard vivent dans la pauvreté et des dizaines de millions d’entre eux ne survivent que par l’assistanat. En 2015, l’APD (Aide pour le développement) pour toute Afrique a ainsi augmenté de 6,9%, soit 131,6 milliards de dollars.

– 150 millions sont à la limite supérieure de la pauvreté,

– 50 millions arrivent à subvenir à leurs besoins élémentaires,

– 20 à 30 millions constituent en quelque sorte la « bourgeoisie » et une poignée, à l’image des Black Diamonds sud-africains vit dans l’opulence.

Voilà pourquoi le « développement » tenté depuis les années 1960 n’est qu’un mythe, qu’une illusion, qu’un mirage et qu’un mensonge. Parce que rien ne pourra être entrepris sans une ferme et impérative politique de maîtrise de la démographie.

Bernard Lugan (Breizh infos, 23 avril 2017)

02/11/2016

Migrants et démographie : l’hiver vient de Calais...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Gabriel Robin, secrétaire général du Collectif Culture, Libertés et Création, cueilli sur le site de Politic Région et consacré au démantèlement de la «jungle» de Calais...

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Le Premier ministre Manuel Valls avec des migrants, dans un centre d'accueil et d'orientation (CAO) à Epernay (Marne)

 

Migrants et démographie : l’hiver vient de Calais

Jacques Attali a prévenu : « Il faut faire plus encore pour expliquer aux migrants qu’ils ont intérêt à rester en France et à être Français. (…) Dans les 15 ans qui viennent, nous avons absolument intérêt à accueillir les talents venus d’ailleurs. C’est la seule façon de payer nos retraites ». Puis de conclure : « Les futures grandes migrations seront africaines ». La vérité sort de la bouche des idéologues de la mondialisation. Jacques Attali décrit exactement ce que sera notre avenir en appelant de ses vœux une submersion démographique du continent européen par le Sud du monde. Il n’est d’ailleurs pas le seul à travailler en ce sens, puisque plusieurs rapports rendus par les Nations unies conseillent aux Européens d’ouvrir en grand leurs frontières nationales et extérieures. Les propos de celui qui murmura à l’oreille d’au moins deux présidents, François Mitterrand et Nicolas Sarkozy, ne sont pas caricaturaux et correspondent donc très précisément à la pensée dominante dans certains cercles, abusivement qualifiés de libéraux car ils n’appartiennent qu’à une version dévoyée de cette pensée politique. D’abord, l’économisme. La principale raison avancée pour attirer des millions d’individus est qu’ils pourraient « payer nos retraites ». Réduire le problème migratoire à son impact sur l’économie est une faute historique. Le danger majeur que fait peser l’immigration de peuplement tient bien dans son caractère dissolvant. La France y perdrait son âme, sa culture, ses institutions, sa permanence et tout ce qui a pu faire d’un pays de taille modeste un géant mondial. Ce raisonnement vaut d’ailleurs pour l’ensemble des pays européens. En outre, l’affirmation de Jacques Attali est aussi biaisée que mensongère. Les travaux de Jean-Paul Gourévitch ont notamment prouvé que l’immigration a été un boulet de l’économie française depuis trente ans, coûtant beaucoup plus qu’elle n’a rapporté de la même façon que l’aventure coloniale fut un tonneau des Danaïdes. En 2012, le susnommé Gourévitch estimait par exemple que le coût net de l’immigration pouvait s’évaluer à 17,4 milliards d’euros pour la France : 5,551 milliards pour l’immigration régulière, 3,209 milliards pour l’immigration irrégulière, sans oublier les investissements de l’Etat et des collectivités territoriales dont la rentabilité est nulle (l’aide au développement ne réduit en rien la pression migratoire, les politiques d’intégration difficilement quantifiables tardent pour le moins à faire la démonstration de leur utilité) pour 8,652 milliards. Ces chiffres ont été publiés dans plusieurs monographies sur les migrations établies tous les ans en collaboration avec l’association des Contribuables Associés.
 
Certains reprochent même à Jean-Paul Gourévitch de sous estimer le coût réel de l’immigration. C’est le cas de Pierre Milloz, énarque et inspecteur général honoraire, et d’André Posokhow, qui avancent le chiffre de … 84 milliards d’euros par an. Tout cela conduit à réévaluer fortement les déclarations politiques de Jacques Attali et de tous les défenseurs de l’immigration massive, tentant de justifier par des manœuvres dilatoires leurs délires qui ne trouvent plus d’écho auprès de la population, consciente des difficultés identitaires et sécuritaires posées par ce phénomène. Pour mieux vendre l’immigration aux Français, ils essayent par tous les moyens de trouver des arguments « rationnels » régulièrement contredits par des examens rigoureux, cachés par des médias ignares ou aux ordres. Si les sources chiffrées sur l’immigrations sont difficiles à trouver, les estimations de l’INSEE étant sujettes à caution ou présentant des manques, on pourra au moins s’accorder sur quelques points : chaque année le solde de l’immigration (les entrants étant pour la plupart des extra-européens sous diplômés et les sortants étant généralement des jeunes diplômés autochtones) est très largement positif, les coûts annexes sont colossaux et les coups portés à l’unité nationale sont considérables. Jacques Attali est dans le vrai quand il annonce que les migrations africaines vont s’intensifier mais il est dans le faux sur tous les autres plans. D’un point de vue économique, l’immigration n’apporte rien à la France, au contraire serait-on tentés de dire. Quant au reste, c’est pire…
 
Le lundi 24 octobre 2016 restera gravé dans l’histoire de France comme le jour du démantèlement de la jungle de Calais. « Cachez ce sein que je ne saurais voir » pourrait être le leitmotiv du gouvernement qui préfère disperser les migrants, les cacher sous le tapis de nos villages, plutôt que de les expulser comme il se devrait. Pariant que les clandestins seront moins visibles une fois réparties à travers la France, l’exécutif se trompe une fois de plus. Chaque camp sera une bombe potentielle appelée à faire des petits. Les ruraux et les urbains ne le supporteront pas. Autrefois, médias et politiques parvenaient, bon gré mal gré, à fabriquer le consentement des Français. Pour cela, ils avaient recours aux arguments de Jacques Attali mais aussi à des images censées provoquer un choc émotionnel. Il est bien évidemment plus difficile de s’opposer à l’installation d’un clandestin fuyant la guerre que de refuser un clandestin venu pour des raisons économiques et sociales, ou anciennement prisonnier de droit commun dans son pays d’origine. La réalité n’est jamais évoquée dans les grands médias. Elle tend pourtant à prouver que les sans-frontièristes mentent sans vergogne, ce que peuvent illustrer très concrètement des exemples facilement vérifiables : 96 % des déboutés du droit d’asile restent en France selon la Cour des Comptes (les pays d’origine auxquels nous versons des aides refusant de délivrer des laissez passer), plus d’un tiers au moins des « migrants » syriens en Allemagne posséderaient de faux papiers selon de ministre de l’Intérieur de Bavière, à peine 1 % des personnes vivant dans la jungle de Calais viendraient de Syrie, les « migrants » sont ultra-majoritairement des célibataires… Pas vraiment le profil des « nouveaux Montaigne » chéris par Francis Huster.  En fait d’ingénieurs, d’avocats et de médecins, ces « migrants » seraient plutôt les violeurs du nouvel an de Cologne ! Constater cela vous ferait presque basculer dans l’inhumanité pour les associations subventionnées qui travaillent à l’invasion de la France, générant toutes sortes de trafics comme celui des faux certificats psychiatriques qui permettent à des clandestins de squatter en creusant le trou de la Sécurité sociale (1). Emmanuel Macron disait récemment à propos des vagues ininterrompues de « migrants » qui échouent sur nos côtes, sans le prouver le moins du monde, comme il se doit : « C’est d’abord notre dignité et c’est aussi une opportunité économique car ce sont des femmes et des hommes qui ont aussi des qualifications remarquables ». Les artificiers et les chimistes probablement. Les autres… Il était rejoint de près par Pierre Moscovici qui affirmait que « l’afflux de migrants » avait « un impact positif sur la croissance économique européenne ». Les commerçants de Calais en jugeront. Les Allemands aussi qui connaissent pour la première fois depuis 2013 une hausse du chômage directement causée par le flot de migrants, qui ne parviennent pas à s’intégrer sur le marché de l’emploi. Cette hausse se poursuivra jusqu’en 2020, a minima. Le cout, réparti sur plusieurs années, sera de 96 milliards d’euros (officiellement) pour les contribuables allemands. Un sacré investissement. Les arrivées d’immigrés légaux ne diminuent pas non plus, ici comme ailleurs. Ils sont environ 250.000 à s’installer en France tous les ans, ce qui ne serait « pas trop » pour Alain Juppé, le François Hollande de la droiche. À la lecture de cet exposé préliminaire, vous me poserez donc la question suivante : pourquoi les faire venir, les répartir dans les plus petits recoins de France et de Navarre, alors que leur impact sera forcément destructeur ? Simplement parce que les Etats européens abandonnent face à la poussée démographique du Sud. Il faut imaginer que les migrants sont un fleuve qui grossit sans s’arrêter, un mouvement naturel qui grandit à mesure que la démographie africaine ne diminue pas et que le chaos institutionnel endémique du continent ne semble pas trouver d’issue positive avant plusieurs décennies. Une seule solution : restaurer des frontières redevenues des barrières étanches.
 
Bien sûr, les oppositions seront vives. Au premier rang, les nervis que sont les militants dits « no borders ». L’élite est incarnée par Jacques Attali ou George Soros. Au bas de l’échelle, une nébuleuse d’associations gauchistes comme France Terre d’Asile … de fous à ciel ouvert. Les plus radicaux ne cachent pas leur véritable programme. On pouvait lire sur une banderole installée à La Chapelle-sur-Vire (Manche) en l’honneur du nouveau camp de « migrants » : « Métissons-nous. Le blanc est sale. » Un racisme anti-blanc assumé qui ne trouvera pas Sos Racisme sur son chemin… À l’identique, des clandestins ragaillardis hurlaient récemment dans Paris qu’ils n’aimaient pas les Français. Personne n’a jugé bon les expulser. Les médias officiels se dévouent pour leur apporter toute l’aide dont ils auraient besoin. De glissements sémantiques en glissements sémantiques, les clandestins sont devenus des « migrants puis des « réfugiés » avant que RTL ne se décide à les rebaptiser « résidents ». Dans le même ordre d'idées, France Info décrivait des « migrants » avec leurs baluchons quand les photos les montrent en possession de valises neuves… Bref, tout est bon pour tromper le gogo, ce Français simplex qui doit s’effacer le plus rapidement possible pour faire place au sang neuf qui revivifiera une France rance et moribonde. Les Nations unies, vénérable institution transnationale, ne sont pas en reste, programmant des migrations de remplacement sur 50 ans pour nos vieux pays (2). Je n’invente rien. Le plan est officiel, connu, consultable en ligne : « Le déclin de la population est inévitable, en l’absence de migration de remplacement », « Les nombres d’immigrants nécessaires pour éviter un déclin de la population totale sont beaucoup plus grands que ceux qui ont été envisagés dans les projections » ou « Les niveaux d’immigration nécessaires pour éviter le vieillissement de la population sont beaucoup de fois plus élevés que ceux qui sont nécessaires pour éviter le déclin de la population ». Délirant, le rapport recommande au Japon, dans un de ses scénarios, de faire venir 524 millions de « migrants » d’ici à l’année 2050 et 674 millions à l’Union européenne ! Les cerveaux des Nations unies n’envisagent pas un seul instant que la démographie du Sud puisse être en cause, jouant avec les lentes constructions humaines que sont les nations à la manière d’un enfant déplaçant des playmobils d’un bout à l’autre d’un tapis. Plus responsable, la Chine avait compris que sa natalité la conduisait vers des drames insurmontables, instaurant pour y faire face la politique de l’enfant unique au prix d’efforts considérables. Magyd Cherfi, Toulousain bien connu du groupe Zebda qui n’a jamais fait mystère de ses idées d’extrême gauche, répondait à un journaliste de L’Obs qui l’interrogeait sur l’hypothèse de l’absence d’un candidat de gauche au second tour des élections présidentielles de 2017 : « Alors, cette fois, je ne vote pas. Vous voulez le Front National ? J’ai envie de dire chiche. J’ai cinquante balais. Je suis fatigué de répéter depuis trente ans que le Front National n’est pas une solution. Oui, il se trouve qu’on est là, immigrés, Maghrébins, musulmans, enfants d'immigrés. Et de plus en plus nombreux. C'est vrai. L'islam va devenir la première religion de France. A terme. Il faut accepter cette évidence. Moi, je dis : faites avec. Il faut plus de mosquées. Seront-elles à la solde de je ne sais quel Daech ? Non. Elles seront dirigées par des citoyens dignes de ce nom, musulmans et patriotes. C'est mon pari. »
 
N’est-ce pas là l’expression du mépris le plus absolu pour la France qu’il prétend aimer ? J’aurais pu mettre cette déclaration sur le compte de la licence littéraire d’un auteur si je ne le connaissais pas si bien. Ces gens là, lui et tous ceux que j’ai fréquentés pendant ma scolarité toulousaine, donneurs de leçons dans les MJC et les collèges où ils entendaient rééduquer la jeunesse, ont participé à la destruction du pays. Il faut le dire. C’est un constat objectif. Je ne peux pas me résigner à voir la France couverte de mosquées de part en part. Car, n’en doutez pas : elles ne pourront pas être uniquement dirigées par des « patriotes ». Dans ses Cahiers de Prison, le penseur marxiste italien Antonio Gramsci avait parfaitement décrit ces moments particuliers où les sociétés humaines se trouvent devant un virage difficile à négocier :  « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien (ordre) meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés. » Notre génération doit prendre le pouvoir et faire surgir un nouvel ordre, fondé sur le respect des identités des peuples, de leurs institutions et de leurs cultures respectives. Il n’y a que deux alternatives : la résignation qui entrainera la disparition de la France historique ou la détermination à la préserver, qui n’ira pas sans son lot d’épreuves. L’heure est grave. Durant cette phase d’interrègne où surgissent les monstres, l’extrémisme politique en étant une facette à laquelle je ne crois pas appartenir, nous devrons nous préparer. Avant tout en rompant avec les vieux réflexes stériles qui nous rendent politiquement impuissants. Les Français doivent redevenir responsables et protéger toutes leurs libertés, sans compter sur des fantasmes d'un passé idéalisé. Il leur sera aussi nécessaire de comprendre la place centrale qu’ils occupent en Europe et en Occident. C’est ici, et pas ailleurs, que naitra le sursaut.
 
Gabriel Robin (Politic Région, 25 octobre 2016)
 

Notes :

1-http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/migrants-desequilibr...

2-http://www.un.org/esa/population/publications/migration/e...