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26/01/2016

A propos des Lumières...

Nous vous signalons la parution du nouveau numéro de la revue Nouvelle Ecole (n°65, année 2016), dirigée par Alain de Benoist, dont le thème central est celui des Lumières. La revue est disponible sur le site de la revue Krisis. Les parisiens pourront également la trouver à la Librairie Facta.

 

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Au sommaire :

Attraction, sympathie et «doux commerce» dans la pensée des Lumières (Eric Maulin)

Les Lumières contre la guerre civile (Marc Muller)

L'historiographie des guerres de Vendée (Jean-Joël Brégeon)

L'héritage intellectuel de la Contre-Révolution (Pierre de Meuse)

Rousseau contre les Lumières (Alain de Benoist)

La doctrine kantienne de la peine de mort (Francis Moury)

Max Stirner, critique de la religion et des Lumières (Tanguy L'Aminot)

et aussi

Versailles, la grande synthèse de la culture occidentale (Yves Branca)

Homère dans la baltique (Felice Vinci)

Les royaumes thraces - au-delà des légendes (Valeria Fol)

Deux livres d'Alexander Jacob (Jean Haudry)

18/06/2013

Théologie de l'histoire et crise de civilisation...

Les éditions du Cerf viennent de publier Théologie de l'histoire et crise de civilisation, un recueil de textes de Juan Donoso Cortès. Homme politique et figure espagnole de la pensée contre-révolutonnaire du XIXème siècle, Juan Donoso Cortès est un des auteurs qui a fortement influencé Carl Schmitt et auquel ce dernier a consacré plusieurs articles et conférences...

 

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" Sur la longue liste des réprouvés de la littérature européenne, le nom de Juan Donoso Cortès figure en bonne place. Les motifs profonds de la terrible haine dont il est l'objet sont au-delà de l'hostilité propre à la lutte politique. Ils ont un rapport avec l'idiosyncrasie de la personne et sont de nature métaphysique. Redécouvrir le principe religieux, dénoncer l'impasse du progressisme, proclamer que toute grande question politique et humaine suppose et enveloppe une grande question théologique, professer qu'une société perd tôt ou tard sa culture après avoir perdu sa religion, affirmer que notre crise de civilisation a pour cause le rejet du catholicisme, ne sont-ce pas d'impardonnables forfaits aux yeux de tant d'idéologues sectaires ?

A l'heure où le monde postmoderne semble accepter le déclin inéluctable des prophéties sécularisées, la critique donosienne de l'individualisme, du collectivisme, de l'économisme et du grand mortier mondialiste n'a jamais été autant d'actualité. "

24/01/2013

Contre-Révolution ?...

Les éditions du CNRS publient dans leur collection de poche Biblis un ouvrage collectif, sous la direction de Jean Tulard, intitulé La Contre-révolution - Origine, histoire, postérité. Spécialiste incontesté de l'époque napoléonienne, Jean Tulard est aussi un amateur passionné de cinéma et a dirigé la publication d'un monumental Guide des films chez Robert Laffont dans la collection Bouquins.

 

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"On a beaucoup étudié la Révolution, moins la Contre- Révolution. Or la Révolution trouve en face d’elle des adversaires de plus en plus nombreux au fur et à mesure de sa radicalisation. Car la Contre-Révolution ne s’incarne pas que dans les Chouans. Diverse dans son inspiration, ses objectifs, ses assises sociales, sa presse, sa localisation géographique, ses réseaux, ses complots, ses combats, elle n’est pas facile à saisir dans toutes ses ramifications et dans sa durée.

Jean Tulard a pourtant relevé le défi, aidé de spécialistes incontestés. Ainsi sont disséqués les origines, les composantes, les doctrines, les actes et la postérité de la nébuleuse contre-révolutionnaire."

16/08/2011

"Maurras : une victime de l'inculture contemporaine..."

Nous reproduisons ci-dessous un entretien paru dans Flash magazine et reproduit sur le site Voxnr, dans lequel Alain de Benoist répond aux questions de Christian Bouchet sur Charles Maurras.

 

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Christian Bouchet : Vous avez écrit sur Charles Maurras, vous êtes connu comme possédant dans votre bibliothèque un rayon de Maurassiana que nombre d’Universités vous envieraient, vous êtes-vous jamais considéré comme maurrassien ou, a minima, comme influencé par sa pensée ?

Alain de Benoist : Non, jamais. À l’âge de seize ans, j’ai fréquenté pendant quelques mois un cercle d’Action française. Ce que j’y ai entendu ne m’a pas convaincu. Par la suite, j’ai du lire cinq ou six cents livres de et sur Maurras – j’ai même publié une bibliographie maurrassienne de près de deux cent cinquante pages –, sans que cela fasse de moi un disciple du maître de Martigues. La pensée de Maurras est à la fois l’héritière de l’école contre-révolutionnaire et du positivisme d’Auguste Comte ; or, je ne suis ni un positiviste ni un contre-révolutionnaire. Maurras était convaincu qu’aucune forme de souveraineté politique ne pouvait s’étendre au-delà de la nation ; je suis un Européen convaincu. Maurras pensait que la solution des problèmes de la France impliquait un retour à la monarchie. Qui peut encore croire cela aujourd’hui dans notre pays – exception faite peut-être des immigrés marocains qui sont généralement de grands admirateurs de leur roi ? Que l’état général de la société soit aujourd’hui le même dans tous les pays occidentaux, qu’ils soient des républiques ou des monarchies, montre que Maurras surestimait nettement les mérites de l’institution.

Idéalisant l’Ancien Régime, Maurras n’a pas vu comment la monarchie française, désireuse de liquider l’ancien ordre féodal, a constamment promu la bourgeoise au détriment de l’aristocratie, ni comment elle s’est employée à mettre en œuvre un processus de centralisation politique et de rationalisation administrative que la Révolution, comment l’avaient bien vu Tocqueville, Renan ou Sorel, a seulement accélérée et aggravée. Hostile à la Révolution, il se réclamait du nationalisme, sans réaliser que c’est seulement à partir de 1789 que le mot « nation » prend un sens politique : « Vive la nation ! » est à l’origine un cri de guerre contre le roi.

Je suis tout aussi en désaccord avec le classicisme de Maurras (probable compensation de son romantisme intérieur), qui débouche souvent sur une apologie implicite du rationalisme, avec sa critique de la démocratie, que je trouve bien conventionnelle, et bien sûr avec sa germanophobie (les Allemands n’étaient pour lui que des « candidats à l’humanité » !). Lui qui admirait tant les « quarante rois qui ont fait la France » aurait dû se souvenir que les dynasties mérovingienne, carolingienne et capétienne étaient toutes d’origine germanique, et que le nom même de la France lui vient d’un conquérant germain.

Cela dit, n’ayant jamais été maurrassien, je ne m’en sens que plus libre pour affirmer l’importance de Charles Maurras dans l’histoire des idées. Maurras est certes resté aveugle sur bien des choses – il n’a aucun regard sociologique, ignore tout des doctrines économiques et, de façon générale, ne sait analyser aucun des facteurs à l’œuvre dans les dynamiques sociales –, mais son œuvre n’en est pas moins imposante, et même incontournable. Il représente en outre l’exemple rare d’un homme qui sut être à la fois un théoricien politique et un journaliste de haut niveau, tout en ayant aussi une production poétique et littéraire considérable, et en animant un mouvement politique qui a perduré pendant plus d’un siècle. Il y a enfin chez lui un héroïsme intellectuel auquel je suis sensible. Le problème, c’est que les gens de gauche se sentiraient déshonorés de lire Maurras, et que les gens de droite préfèrent regarder la télévision. Condamné par l’Église de 1926 à 1939, désavoué par son Prince, prisonnier de son public, victime de lui-même, Maurras est aujourd’hui l’un de ceux, innombrables, qui font les frais de l’inculture contemporaine. Moi qui n’ai jamais partagé ses idées, je trouve que c’est un scandale.

Christian Bouchet : Les héritiers politiques de Maurras relèvent, en quasi-totalité, de la butte-témoin idéologique et de l’engagement muséal. Comment se fait-il, alors que Maurras a eu quelques continuateurs brillants, que ceux-ci n’aient pas su actualiser sa pensée pour le XXIème siècle ?

Alain de Benoist : Il est difficile d’actualiser au XXIème siècle la pensée d’un homme qui, à bien des égards, était déjà dépassé au XXème. Maurras est avant tout un homme de la fin du XIXème siècle. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la plupart des meilleurs analystes du maurrassisme estiment que la période de l’Action française la plus intéressante est celle de ses débuts. À l’époque où L’Action française n’était encore qu’une petite « revue grise », l’AF n’hésitait pas à professer des idées fédéralistes et socialisantes, ainsi que le faisait au même moment le jeune Barrès dans La Cocarde, et même à lancer des appels à la classe ouvrière. Maurras allait jusqu’à écrire : « Otez la démocratie, un communisme non égalitaire peut prendre des développements utiles » ! Mais l’AF s’est condamnée elle-même en 1914, en se ralliant au système au nom de l’« union sacrée » – erreur que Georges Sorel n’a pas commise. Après la Première Guerre mondiale, où elle paya d’ailleurs un lourd tribut, elle devient une ligue qui va devenir de plus en plus captive d’un public conservateur et réactionnaire.

Il est arrivé aux maurrassiens ce qui arrive à tous ceux qui se réfèrent à un seul maître, surtout quand celui-ci est l’homme d’un système (en l’occurrence le royalisme, dont il prétendait démontrer la nécessité à la façon d’un théorème). Victimes de leur dévotion pour le vieux Maurras qui-avait-tout-prévu et qui-ne-s’est-jamais trompé, ils ont été incapables de mesurer les limites de sa pensée, condition indispensable pour la renouveler. L’Action française, qui a été affectée durant toute son existence par d’innombrables scissions, est aujourd’hui en phase terminale. L’historiographie dont elle fait l’objet – et ce n’est sans doute pas une coïncidence – se porte au contraire plutôt bien. Je pense ici surtout à la série de colloques internationaux sur Maurras et l’Action française organisés à l’initiative d’Olivier Dard, de l’Université de Metz. La lecture des actes de ces colloques est absolument passionnante parce qu’elle nous apprend beaucoup de choses que l’on ignorait encore hier.

Christian Bouchet : Pensez-vous qu’un maurrassisme républicain soit possible et puisse être d’actualité ? Et tout particulièrement dans le champ des relations internationales ?

Alain de Benoist : Un « maurrassisme républicain » ? Un dévot d’Action française parlerait d’oxymore ! je n’y crois guère moi non plus, à moins de faire de cette formule un synonyme de ce qu’on appelle aujourd’hui le souverainisme – le thème de « la France seule » pouvant éventuellement servir de point de passage. Mais alors, ce sont les limites de ce souverainisme qu’il faudrait souligner. Les critiques des souverainistes sont souvent justes, mais ce qu’ils proposent relève du restaurationnisme. Un seul exemple : c’est très bien de dénoncer la « mondialisation libérale », mais si c’est pour en revenir au bon vieux capitalisme patrimonial, en s’imaginant qu’il cesse d’être un système d’exploitation dès lors que son action s’inscrit dans le cadre national, à mon avis, cela ne vaut pas la peine. Et puis, n’oublions quand même pas ce que Maurras écrivait dans L’Action française du 10 juin 1912 : « Ni implicitement ni explicitement, nous n’acceptons le principe de la souveraineté nationale, puisque c’est au contraire à ce principe-là que nous avons opposé le principe de la souveraineté du salut public, ou du bien public, ou du bien général » !

(Entretien paru dans Flash magazine n°71)

06/08/2010

Portraits fidèles et lectures sans entraves...

Philippe Baillet, traducteur d'italien, spécialiste d'Evola et collaborateur de nombreuses revues, a rassemblé, dans un volume intitulé Pour la contre-révolution blanche - Portraits fidèles et lectures sans entraves, publié chez Akribéia, un ensemble d'article de fond qu'il avait publié au début des années 90 dans Le Choc du Mois (première formule).

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"« Les idées ont des conséquences. » Sur la base de cet axiome souvent repris par la pensée conservatrice américaine — dont la radicalisation fait ici l’objet d’une longue étude —, on a cherché, à travers une série de portraits fidèles (Barruel, Donoso Cortés, Boris Souvarine, Henri Rollin, Ernst Kantorowicz, Antonin Artaud) et d’études prenant appui sur des lectures sans entraves ni jugements préconstruits (livres de Samuel Huntington, George L. Mosse, Friedrich Nietzsche, Augusto Del Noce, etc.), à fourbir des armes intellectuelles sûres. Elles doivent servir à tous ceux qui sont appelés à prendre part sous différentes formes — dans des mouvements politiques, associations culturelles, maisons d’édition, revues ou simplement dans leur entourage — au grand combat de demain, à la guerre civilisationnelle qui s’annonce déjà par tant de signes tangibles.
Pour autant, il n’est pas question d’honorer un savoir prétendument neutre qui n’est en fait que le cache-sexe du paradigme dominant de la modernité mondialisée parvenue au terme de son cycle désastreux. Il s’agit de répondre efficacement aux méthodes de diffamation des manipulateurs médiatiques ou « savants », qui pratiquent encore et toujours à l’encontre des seuls ennemis authentiques du Système, accusés de répandre la haine, des « rites d’exécration » et des « malédictions collectives à la mode du xxe siècle réputé civilisé » (Jules Monnerot).
Conscient que les mots ont une âme et qu’il ne faut donc pas reprendre le vocabulaire de l’ennemi, persuadé que notre seule chance de survie réside dans l’apparition d’un nouveau type humain lors des conflits civilisationnels et raciaux à venir, l’auteur appelle de ses vœux une contre-révolution blanche."