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antifascisme

  • Edwy Plenel, le croisé sur la muraille du camp du Bien...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, cueilli sur Breizh-Info et consacré à Edwy Plenel...

     

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    Edwy Plenel, le croisé sur la muraille : 40 ans à combattre un phénomène qu’il refuse de comprendre

    Me voici de nouveau dans un train qui traverse cette Bretagne sèche comme un paillasson, sur laquelle quelques gouttes sont tombées ces derniers jours sans parvenir à rendre aux campagnes leur verdure. La température, du moins, a notablement baissé, et le voyage, naguère transformé par la canicule en une sorte de cuisson ferroviaire, est enfin supportable. Je regarde défiler des champs couleur de paille où toute trace de vert semble avoir disparu, tandis que, pour tromper la longueur du parcours, je me plonge dans un entretien d’Edwy Plenel avec Nonna Mayer. Mediapart est un admirable thermomètre : thermomètre du désarroi de la gauche, de ses haines recuites, de ses pulsions et de cette fièvre morale qui lui fait prendre ses alarmes pour les mouvements du monde. Le paysage passe derrière la vitre, les arguments se succèdent dans mes écouteurs, et c’est alors que me vient cette pensée importune, presque inconvenante : à quoi reconnaît-on qu’une vie fut utile, et comment un homme découvre-t-il, au soir de la sienne, qu’il l’a peut-être consacrée à combattre en vain ?

    La pensée est cruelle. Il ne signifie pas qu’Edwy Plenel n’ait rien accompli, ni que son existence professionnelle puisse être ramenée à une longue gesticulation sans effet. Il a dirigé la rédaction du Monde, fondé Mediapart, révélé ou contribué à révéler plusieurs affaires d’État, fait tomber des ministres et imposé dans la presse française un modèle économique dont beaucoup prédisaient l’échec. Peu de journalistes peuvent se flatter d’avoir exercé une influence comparable sur la vie publique. L’inutilité dont je parle est plus profonde et, à certains égards, plus tragique : elle tient à l’échec de l’œuvre à laquelle il aura subordonné toutes les autres, cette lutte opiniâtre contre l’extrême droite qui devait empêcher son retour et qui l’aura accompagné depuis ses années de jeunesse jusqu’au seuil de la vieillesse.

    Selon l’excellente biographie que lui a consacrée l’OJIM, Plenel est né en 1952. Il appartient à cette génération pour laquelle l’engagement politique ne fut pas une humeur passagère, encore moins un accessoire de carrière, mais une religion séculière avec ses Écritures, ses martyrs, ses hérésies et son eschatologie. Élevé entre la Martinique et Alger, fils d’un universitaire anticolonialiste, il entra très jeune dans la mouvance trotskiste. Sous le pseudonyme de Krasny, « rouge » en russe, il écrivait dès 1969 dans la presse militante avant de rejoindre Rouge, l’organe de la Ligue communiste révolutionnaire. On ne se débarrasse jamais tout à fait de la religion de ses vingt ans. Il abandonna la carte, non le catéchisme ; quitta l’organisation, non la disposition intérieure qui ordonnait le monde entre émancipateurs et oppresseurs, dominés et dominants, antifascistes et fascistes.

    Son entrée au Monde, en 1980, lui permit de transposer cette ferveur dans un métier qui convenait admirablement à son tempérament. Il avait le goût du secret, de l’archive dérobée, de l’informateur que l’on retrouve dans un café obscur et du dossier que l’on ouvre sur une table en baissant la voix. Ses relations dans la police, la justice et les administrations nourrirent ses enquêtes. L’affaire des Irlandais de Vincennes, le Rainbow Warrior, les turpitudes de la présidence Mitterrand et les écoutes de l’Élysée contribuèrent à faire de lui un personnage presque romanesque : l’enquêteur que le pouvoir surveille parce qu’il en sait trop. Sa moustache elle-même finit par prendre l’allure d’un paraphe, puis d’un emblème.

    Il connut pourtant les revers, les emballements et les accusations aventureuses, comme dans l’affaire dite du scandale de Panama. Le livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, La Face cachée du Monde, ébrécha plus tard la statue en dénonçant les mœurs d’un journal qui aurait glissé du contre-pouvoir à l’abus de pouvoir. Plenel dut quitter Le Monde, non sans fracas ni rancœur. Il aurait pu disparaître dans les colloques, écrire des souvenirs et devenir l’un de ces anciens maîtres de la presse dont on sollicite les sentences les soirs d’élection. Il fonda au contraire Mediapart en 2008 et remporta une seconde victoire, plus éclatante encore que la première.

    Les affaires Bettencourt et Cahuzac établirent la réputation du nouveau journal. La seconde demeure un morceau de bravoure journalistique : un ministre du Budget chargé de poursuivre la fraude fiscale dut reconnaître qu’il possédait lui-même un compte dissimulé à l’étranger. On ne saurait dénier à Plenel cette réussite sans verser dans la mauvaise foi. Seulement, derrière le journal d’investigation se fortifiait un magistère moral, puis une citadelle idéologique. Mediapartdevint peu à peu le vaisseau amiral d’une gauche qui ne se contentait plus de défendre les immigrés et les minorités, mais voyait dans la dissolution des appartenances historiques la condition même de l’émancipation.

    Edwy Plenel n’est pas seulement un militant. Il est un croisé, et tout croisé a besoin d’une Jérusalem. La sienne n’existe pas encore. C’est la cité future, la société enfin affranchie des héritages, des frontières intérieures, des fidélités charnelles et des vieilles continuités. Les hommes n’y seraient plus déterminés par leur naissance, leur peuple ou leur religion ; ils ne seraient que des individus égaux, disponibles pour une fraternité universelle. Aux murailles de cette Jérusalem assiégée se pressent, dans son imaginaire, les forces identitaires, les nostalgiques de la nation, les réactionnaires, les catholiques rétifs, les électeurs du Rassemblement national et tous ceux que le lexique journalistique permet de ranger dans les « droites extrêmes ».

    Carl Schmitt observait que le politique commence par la distinction de l’ami et de l’ennemi. Plenel n’aurait sans doute que mépris pour le juriste allemand, cependant il illustre parfaitement cette proposition. L’extrême droite n’est pas chez lui un adversaire dont on examine les arguments, les transformations et les assises sociales ; elle est l’ennemi substantiel, le principe maléfique dont les manifestations particulières importent moins que la permanence. Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Éric Zemmour, les électeurs populaires du Nord, les bourgeois catholiques de l’Ouest parisien, CNews, les réseaux sociaux, les « masculinistes » : les figures changent, l’essence demeure. Le vocabulaire de l’analyse cède alors subrepticement la place à celui de la démonologie.

    L’entretien avec Nonna Mayer en fournit un témoignage presque parfait. Le décor lui-même n’a pas été choisi au hasard : le Musée de la Libération de Paris. Plenel ouvre la conversation avec Bertolt Brecht et le « ventre fécond » d’où peut surgir ce que la traduction française a nommé la « bête immonde ». À quelques mois de l’élection présidentielle, il entend établir une « résonance » entre l’effondrement de 1940 et la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Les précautions sont dites, les époques ne sont pas les mêmes, l’histoire ne se répète pas, puis aussitôt congédiées. Vichy, la Collaboration, les années trente et la défaite reviennent comme les décors usagés d’un théâtre dont on refuse de changer la machinerie.

    Nonna Mayer ne saurait être soupçonnée de complaisance envers le Rassemblement national. Engagée à gauche, spécialiste depuis plusieurs décennies de ses électorats, elle considère la priorité nationale comme une rupture avec l’égalité des droits. Elle conserve néanmoins une qualité devenue rare dans les sciences sociales militantes : la probité devant les données. Ses convictions ne disparaissent pas lorsqu’elle examine les chiffres, toutefois elle ne contraint pas toujours ceux-ci à réciter le bréviaire. À plusieurs reprises, on la sent ramener son interlocuteur à la complexité des faits, comme une institutrice indulgente corrigerait les emportements d’un élève brillant.

    Plenel veut retrouver Vichy derrière le bulletin de vote ; Nonna Mayer lui répond que les premiers électeurs du Front national ne songeaient ni à Vichy ni à l’antisémitisme. Elle rappelle le rejet de la gauche arrivée au pouvoir, puis la conquête progressive d’une partie des classes populaires déçues par cette même gauche. Plenel évoque une ascension devenue « irrésistible » ; la sociologue insiste sur son caractère encore résistible. Il redoute une répétition de 1940 ; elle observe que la France n’est ni occupée ni vaincue, que des contre-pouvoirs subsistent et qu’une comparaison trop mécanique ne saurait tenir lieu de démonstration. Il cherche la récidive historique, elle décrit une recomposition électorale.

    L’écart devient plus instructif encore lorsque Nonna Mayer désigne les faiblesses du Rassemblement national. Elle distingue la ligne plus libérale de Jordan Bardella de celle, socialement plus ambiguë, de Marine Le Pen ; sépare l’électorat catholique et masculin d’Éric Zemmour de celui du RN ; constate la stratégie de normalisation du parti et reconnaît que le mot « fascisme » n’éclaire plus suffisamment sa nature présente. Le mouvement qu’elle étudie a évolué. Plenel l’entend, puis ramène chaque nuance vers la catastrophe annoncée : les divisions existaient aussi dans les années trente, le grotesque de Trump rappelle celui d’Arturo Ui, les institutions françaises pourraient offrir à une présidence lepéniste tous les leviers du pouvoir. À chaque issue ouverte par la sociologue, le croisé replace une herse.

    Une question manque pourtant durant ce long entretien. Elle est si vaste qu’on finit par n’entendre qu’elle : pourquoi ? Pourquoi des millions de Français, dont beaucoup votaient naguère communiste ou socialiste, se sont-ils détournés de la gauche ? Pourquoi l’ouvrier, le petit employé, l’artisan, l’aide-soignante et le retraité modeste n’accordent-ils plus aucun crédit à ceux qui prétendent parler en leur nom ? Pourquoi l’immigration, que les élites décrivaient comme une heureuse diversification de la société française, est-elle devenue une inquiétude électorale centrale ? Pourquoi les campagnes, les périphéries urbaines et les anciennes régions industrielles ont-elles cessé de croire que l’effacement des frontières et l’intensification des flux humains serviraient leurs intérêts ?

    Plenel pose parfois la question, sans jamais consentir à s’exposer à la réponse. L’immigration ne peut être pour lui qu’un « cheval de Troie » permettant d’attaquer l’égalité. L’attachement identitaire ne saurait procéder d’une expérience vécue, d’un bouleversement démographique visible, d’un sentiment de dépossession culturelle ou d’une inquiétude relative à la sécurité ; il doit nécessairement dissimuler une passion plus honteuse. Le citoyen qui parle de frontières pense en réalité à la hiérarchie des races. Celui qui redoute de devenir étranger dans sa propre ville rêve obscurément de Vichy. Celui qui demande que la nationalité crée des droits et des devoirs particuliers menace l’idéal égalitaire. Le diagnostic précède l’auscultation et dispense d’écouter le malade.

    C’est ici que se trouve peut-être la cause profonde de l’échec. La gauche marxiste avait promis l’émancipation des travailleurs ; la gauche antiraciste lui a peu à peu substitué celle des minorités. Elle a délaissé l’atelier pour l’université, le salaire pour l’identité, l’exploitation pour la discrimination, la souveraineté populaire pour la protection juridique de catégories particulières. L’homme enraciné, inscrit dans un métier, une commune, une nation et une histoire, devint suspect parce que ces appartenances étaient autant de limites opposées à l’individu abstrait. La mondialisation économique détruisait son emploi pendant que le progressisme culturel lui expliquait que ses réticences procédaient d’une tare morale. On lui ôtait le monde sous les pieds, puis on le réprimandait parce qu’il avait le vertige.

    Nonna Mayer apporte elle-même plusieurs pièces à ce procès involontaire. Elle reconnaît que le Rassemblement national possède un programme identifiable et des candidats clairement désignés, tandis que la gauche ne sait plus où elle va. Elle constate que Jean-Luc Mélenchon est désormais perçu, dans certaines enquêtes, comme plus dangereux pour la démocratie que Marine Le Pen. Elle relève la brutalité de sa stratégie et son incapacité à tendre la main aux autres composantes de la gauche. Plus embarrassant encore, ses données montrent que l’adhésion à plusieurs préjugés antisémites a progressé chez les sympathisants de La France insoumise au point d’égaler, selon l’indicateur large qu’elle emploie, celle observée chez les sympathisants du RN. Elle nuance aussitôt, examine les effets du diplôme, de la religion et de la composition sociologique, refuse les conclusions faciles. Cette honnêteté scientifique l’honore d’autant plus qu’elle fragilise le récit dans lequel l’antisémitisme marcherait toujours du même côté de la rue.

    Plenel paraît alors désarçonné par les rudesses de la France insoumise. Il en partage l’horizon multiculturel, l’attention aux minorités et une bonne part du lexique, sans pouvoir tout à fait souscrire à la violence mélenchonienne, aux ambiguïtés apparues depuis le 7 octobre ni à la logique d’un appareil lancé dans la conquête du pouvoir. Le vieux trotskiste reconnaît la machine, peut-être trop bien. Il voudrait l’union des gauches contre l’ennemi principal, mais découvre que l’antifascisme n’est plus une discipline assez puissante pour contenir les ambitions, les clientèles et les passions concurrentes. Jérusalem se divise entre ses défenseurs pendant que les assiégeants gagnent du terrain.

    Rien de cela ne conduit Plenel à examiner l’axiome central de son existence. L’échec ne peut provenir de l’idéal ; il vient nécessairement de ce que cet idéal n’a pas été défendu avec assez de vigueur. Si l’extrême droite progresse, c’est que les médias l’ont banalisée, que les gouvernants ont repris ses mots, que Sarkozy a créé un ministère de l’Identité nationale, que Hollande a envisagé la déchéance de nationalité, que Macron a déçu ses électeurs, que CNews a déplacé les bornes du dicible, que les réseaux sociaux diffusent le « grand remplacement », que la droite traditionnelle envisage une alliance. Chaque explication contient sa part de vérité. Leur addition soigneusement ordonnée permet surtout de ne jamais envisager que les Français aient pu voir, juger et choisir par eux-mêmes.

    On songe au roi Canut devant la marée. La légende moderne en a fait un souverain assez vain pour commander aux flots de se retirer ; les récits anciens disent au contraire qu’il voulut démontrer à ses courtisans l’impuissance des rois devant les forces naturelles. Edwy Plenel ressemble moins au Canut historique qu’à la caricature que la postérité en a tirée. Depuis quarante ans, il intime à la vague identitaire de redescendre. Elle se retire parfois entre deux scrutins, revient plus haute à l’élection suivante, gagne une grève, une usine fermée, une sous-préfecture oubliée, une rue où les commerces ont changé de langue. Le journaliste accuse le vent, les digues, les guetteurs et les cartographes. Jamais il ne se demande si la lune n’exerce pas sur les sociétés une attraction que les éditoriaux ne peuvent abolir.

    Cette force n’a rien de mystérieux. Les sociétés humaines veulent persévérer dans leur être. Elles supportent les échanges, les métissages et même de profondes transformations tant qu’elles conservent le sentiment de demeurer le sujet de leur propre histoire. Elles se rebiffent lorsqu’on leur enseigne que cette continuité serait coupable, que leur passé se résumerait à une suite de crimes et que leur avenir exigerait leur propre indifférenciation. Un peuple peut accepter beaucoup de sacrifices ; il consent rarement de bon cœur à devenir superflu chez lui. Ce mouvement de conservation n’est pas un programme politique complet, encore moins une garantie de sagesse, mais il constitue une puissance élémentaire que l’antiracisme institutionnel aura sottement confondue avec une pathologie.

    Le plus émouvant, dans cet entretien, tient peut-être à l’incapacité de Plenel à reconnaître la tragédie qui s’y joue. Retiré de la présidence de Mediapart, désormais plus libre de regarder derrière lui, il revient encore au même ennemi, au même musée, aux mêmes années noires et aux mêmes citations de Brecht. Il dispose enfin du temps nécessaire pour dresser le bilan, cependant ce bilan demeure impossible, car il faudrait admettre que l’adversaire n’a pas seulement survécu : il s’est transformé, élargi, rajeuni et installé au cœur des classes que la gauche prétendait représenter. La bête qu’il croyait avoir tenue hors des murs approche du pouvoir par les urnes, non à la faveur d’une armée d’occupation.

    À la fin de l’émission, Plenel cite Walter Benjamin. Il évoque les passagers d’un train qui, comprenant que le convoi court à la catastrophe, tirent ensemble le signal d’alarme. L’image me fit relever les yeux vers la vitre. Mon propre train poursuivait tranquillement sa route entre les champs bretons, et je songeai que Plenel avait peut-être passé sa vie à tirer un signal d’alarme dans un convoi qui n’allait pas où il le croyait. À force d’annoncer le même précipice, il n’avait pas vu que les voyageurs avaient changé de train, précisément parce qu’ils ne voulaient plus aller vers la destination qu’il leur assignait.

    Une vie n’est jamais tout à fait inutile lorsqu’elle laisse derrière elle des journaux, des enquêtes, des livres et des institutions. L’œuvre politique d’Edwy Plenel porte néanmoins la marque d’un échec monumental : il aura consacré son existence à conjurer un phénomène qu’il se refusait à comprendre, et ce refus aura peut-être contribué à le fortifier. Le croisé est toujours sur la muraille, la moustache au vent, récitant Brecht devant les étendards qui se rapprochent. Il ne lui reste qu’une question à poser, la seule qu’il évite depuis quarante ans : si l’ennemi est devenu le peuple, lequel des deux s’est trompé de chemin ?

    Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 23 août 2026)

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  • L’antifascisme, l’autre nom de la collaboration de classes...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Eric Delcroix, cueilli sur Polémia et consacré à l'antifascisme, désormais brandi comme un étendard par LFI...

    Juriste et ancien avocat, Eric Delcroix a publié notamment Le Théâtre de Satan- Décadence du droit, partialité des juges (L'Æncre, 2002), Manifeste libertin - Essai révolutionnaire contre l'ordre moral antiraciste (L'Æncre, 2005) et Droit, conscience et sentiments (Akribeia, 2020).

     

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    L’antifascisme, l’autre nom de la collaboration de classes

    Quentin, l’antifascisme et les fantasmes

    Le lynchage à mort du jeune Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, par des nervis antifascistes, apparemment issus de l’organisation légalement dissoute La Jeune Garde, a été l’occasion d’une efflorescence de sottises convenues. Ainsi, Le Figaro, dans sa livraison du lundi 16 février, a prêté ses colonnes à l’expert en sécurité intérieure Éric Delbecque qui a écrit : « L’antifascisme, vidé de son ancrage démocratique, devient une posture identitaire qui reproduit très exactement et hypocritement ce qu’elle prétend conjurer. »

    Éric Delbecque, comme quasi tout le monde, et d’abord les incorrigibles intellectuels du pays de Sartre, voit dans un fascisme fantasmé non ce qu’il fut mais l’hypostase du mal en soi, du mal ontologique. Michel Foucault dénonçait le « fascisme incrusté dans notre comportement », la nature elle-même étant pour lui fasciste. Mais on aurait pu espérer qu’un expert tel cet Éric Delbecque veille à penser ses textes pour ne pas faire fi de l’histoire la plus élémentaire, il est vrai contingentée dans le périmètre de la bienséance…

    Eh bien non, l’antifascisme formel n’a jamais eu d’« ancrage démocratique », s’agissant d’une initiative de Staline, entérinée par le VIIe congrès du Komintern à l’été 1935. Il ne s’agissait pas d’être simplement contre le fascisme et de s’opposer à Mussolini, mais d’opérer un renversement stratégique essentiel, suspendant hors d’URSS la doctrine des fronts classe contre classe, au profit de celle des fronts populaires. Doctrine innovante visant à nouer des alliances avec les partis bourgeois, car les communistes étaient combattus avec succès par des mouvements nationalistes, violences contre violences, y compris par la guerre (Espagne). Ainsi les communistes eurent-ils en Europe ce qu’ils voyaient comme une collaboration de classes avec ceux que le maître de la propagande soviétique d’alors, Willi Münzenberg (1889-1940), appelait « les idiots utiles ».

    Vous me direz que le mot fascisme a changé de perception au fil du temps et qu’effectivement il désigne le Mal et que plus rien ne le rapproche de la collaboration de classes qui a prévalu dans les démocraties occidentales jusqu’en 1945. Certes, les antifas de la gauche radicale prétendent être les ennemis du capitalisme, mais nonobstant l’antifascisme demeure une mouvance de collaboration de classes. D’ailleurs, ils s’attaquent systématiquement aux mouvements nationalistes, même groupusculaires et les plus éloignés du pouvoir, jamais aux capitalistes ni aux partis bourgeois de gouvernement.

    Collaboration de classes après la chute de l’URSS

    Pour le communiste dissident italien Amadeo Bordiga (1889-1970), l’antifascisme était une création bourgeoise ; aussi est-ce dans son entourage que sera publié Auschwitz ou le grand alibi (1960), ouvrage qui n’était pas révisionniste mais visait à maintenir le matérialisme historique de Marx contre les interprétations idéalistes et moralisatrices de l’histoire. Toutefois, cette manière de voir les choses ouvrira la voie au révisionnisme historique au sein de l’ultragauche, en France, au soutien de Robert Faurisson, avec notamment Pierre Guillaume.

    Mais les prétendus héritiers du marxisme, non rattachables à la pensée de Bordiga, sans renoncer au langage anticapitaliste qui demeure mais à l’état de mantra, se sont maintenus dans l’orthodoxie antifasciste. Avec le temps, ils ont même abandonné la cause du prolétariat définie par le matérialisme dialectique, s’abandonnant effectivement à l’idéalisme moralisateur du soutien aux causes victimaires de la convergence des luttes (« intersectionnalités »).

    Le prolétaire, caricaturé comme le Beauf franchouillard selon Cabu, est rejeté dans la France périphérique, remplacé par les minorités, à savoir les immigrés, les racisés, les homosexuels, les transsexuels et autres LGBTQ+. Tout ceci justifie les réformes sociétales, la gauche radicale s’imaginant s’opposer là-dessus au capitalisme, alors que celui-ci ne voit que des avantages à l’anomie qui permet de transformer l’individu narcissique en consommateur captif, libéré des « aliénations » sociales non quantifiables et comptabilisables. Aujourd’hui, les idiots utiles, ce sont les antifas, utiles au capitalisme et à fronts renversés !

    Et cela aboutit à des situations, bien paradoxales pour qui ne parle pas le langage approprié pour se croire héritier légitime du marxisme. Jean-Claude Michéa observe que, en somme et tout naturellement, on voit sans étonnement le milliardaire cosmopolite George Soros et le militant passeur d’immigrants français Cédric Hérou communier dans la même cause, contre les frontières nationales : « No Border ! ». Et Michéa d’écrire :

    Comme je l’écrivais dans Impasse Adam Smith, une vie moderne accomplie (c’est-à-dire du capitalisme développé) doit, en toute logique, se réduire à une série de ruptures et de déménagements (…) C’est ce qui explique que le « migrant » soit devenu la figure rédemptrice centrale de toutes les constructions idéologiques de la gauche libérale. Et ce, au lieu et place de l’archaïque prolétaire, toujours suspect de ne pas être indifférent à sa communauté d’origine…

    Et de citer Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, qui disait : « Le Capital ne connaît ni patrie, ni frontières, ni couleur, ni races, ni âges, ni sexes. »

    On notera en aparté que c’est là l’expression de ce qui fonde chez nous la loi Pleven dite antiraciste de 1972, première expression française du nouvel ordre moral antidiscriminatoire mondialiste fondé sur la convention de New York de 1965.

    Les antifascistes, soi-disant héritiers du marxisme, sont les partisans, avec les capitalistes, de cet ordre moral, fondé sur les impératifs libéraux formulés par l’économiste américain Gary Becker en 1957. Une forte base pour l’antiracisme capitaliste qui lui a donné des instruments juridiques contraignants, comme précisément les lois dites antiracistes. Ces lois ne donnent guère de licence au sujet de droit quant aux discriminations naturelles et ne lui autorisent guère que celles liées à la chance et à l’argent. Mais ces lois ne répriment pas la provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence de classe. Et Michéa s’en amuse :

    Et de fait, pourrait-on sérieusement imaginer la Ligue des droits de l’homme… exiger subitement l’abolition immédiate des privilèges économiques de la grande bourgeoisie ou porter plainte contre l’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme ?

    Il a bien compris que sociologues de gauche et économistes de droite ne représentent que les deux faces académiquement « opposées » du ruban de Möbius libéral.

    De fait, Marx a marqué et marque encore les esprits, mais son égalitarisme n’aura pas su détruire la Bourse et c’est ce dont on peut prendre acte.

    L’avenir de la collaboration de classes

    Mai 68 fut un phénomène extraordinaire, en ce qu’il a été, par ses suites et sa postérité, une mutation permissive ; j’entends là non pas simplement quant à la révolution sexuelle, mais quant aux noces progressistes du socialisme post-marxiste et du capitalisme ploutocratique, c’est-à-dire anglo-saxon. Les révolutionnaires gauchistes soixante-huitards, fils spirituels des sociologues de gauche, se sont parfaitement intégrés à la société capitaliste, verbalement honnie, et dans laquelle nombre d’entre eux ont fait des carrières flatteuses. Tel le ruban de Möbius, la surface est réversible…

    Les militants de LFI partagent le même antifascisme d’alibi que les capitalistes auxquels ils prétendent s’opposer. Raphaël Arnault, bobo lyonnais et chef fondateur de la Jeune Garde, peuplée de Français de souche préférant passionnément la précarité des idées à leur essence, est évidemment dans la même logique antifasciste qu’il proclame bien haut.

    Le 16 février au soir, sur un plateau de télévision, Michel-Édouard Leclerc, emblème de la société de consommation, forcément ami des antifascistes et autres idiots utiles, a pu dire sa sympathie pour Jean-Luc Mélenchon, critiqué comme héraut de la Jeune Garde. Les jeunes bourgeois français antifas d’aujourd’hui feront sûrement, comme leurs prédécesseurs de 1968, de beaux parcours si notre société ne s’effondre pas trop vite. Dans vingt ans, peut-être retrouverons-nous un Raphaël Arnault DRH dans une grande entreprise, pourquoi pas dans le Groupe E.Leclerc ? Il pourra y traquer les syndicalistes de la CGT, ce conservatoire de la lutte des classes. Ou peut-être le retrouvera-t-on successeur de Daniel Cohn-Bendit, coqueluche des médias aux mains du grand capital ?

    Tant pis pour les esprits critiques contre le capitalisme cosmopolite, tels les nationalistes : eux se heurteront toujours à l’antifascisme inoxydable, de Soros à Cédric Hérou. Ils sont fascistes alibis selon les nouveaux standards et eux seuls sont détestables en refusant d’être réduits à l’état d’homo œconomicus.

    Eric Delcroix (Polémia, 25 février 2026)

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  • Élections : la guerre des mondes...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean Montalte, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à la fracture béante qui traverse le peule français et que les résultats des élections ont désormais mise en pleine lumière...

     

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    Élections : la guerre des mondes

    C’est étrange tout ce qui gît au fond d’un esprit, ces vestiges d’une vie intérieure étouffée. On a beau remuer, atteindre le fond, on ne parvient qu’à sabouler des entités résiduelles, des scories, d’étriqués souvenirs, des images mal montées, en somme un film amateur tourné avec les moyens du bord. Il n’est pas dit que vivre à la surface de soi-même soit une fatalité. Et pourtant, tout le monde est pris au piège. Plus personne ne vit. Les zombies sont légion, armée de démons anti-dopés au salariat, à l’administration, aux bons de réduction, aux réseaux sociaux, au lithium portatif et protubérant et, cerise sur le gâteau, au théâtre antifasciste, enfin à tous ces expédients inventés par l’homme pour se désolidariser de sa propre vie, pour se délester de cette tâche écrasante : être au monde.

    Vous en avez de bonnes, me direz-vous, être au monde est une formule de philosophe éculée, lessivée, essorée. Nous avons inventé, depuis lors, tant de mondes alternatifs, tant de carburants psychiques pour schizophrènes, qu’être au monde ne peut plus se faire qu’à la condition de se démultiplier sans cesse, de fragmenter son esprit en autant de particules infimes.

    David Lapoujade, dans son livre L’Altération des mondes, consacré à Philip K. Dick, produit une exégèse de cet exégète de soi-même, de ce paranoïaque superbe, de ce génie schizoïde, et établit ceci : l’œuvre de Dick met en scène une guerre des mondes, une guerre des psychismes d’une intensité inouïe dans la littérature. « La SF pense par mondes. Créer des mondes nouveaux, avec des lois physiques, des conditions de vie, des formes vivantes, des organisations politiques différentes, créer des mondes parallèles et inventer des passages entre eux, multiplier les mondes, telle est l’activité essentielle de la SF. Guerre des mondes, meilleur ou pire des mondes, fins du monde sont les thèmes récurrents. […] Dick répond bien à l’impératif SF de créer des mondes, mais ses mondes ont en effet la particularité de s’effondrer très vite, comme s’ils n’avaient pas suffisamment d’assise pour tenir debout par eux-mêmes ou comme s’ils manquaient de réalité. Ses mondes sont instables, susceptibles d’être altérés, renversés à la faveur d’un événement qui en perce et en dissipe la réalité. »

    Don Delillo a cette formule impeccable, dans son roman Zéro K : « Tout le monde veut posséder la fin du monde. » Vous, moi, Macron, tout le monde aspire à la dissolution, à s’en rendre maître plus encore. En attendant la fin du monde – les buccinateurs de la scène finale sont dans l’attente fiévreuse du signal –, nous assistons, pour le moment, à une guerre des mondes et, en effet, à une guerre des psychismes. D’un bord à l’autre de l’échiquier politique, des Français sont devenus des extra-terrestres pour d’autres Français. La France est aujourd’hui divisée entre entité-mondes étrangères et hostiles, autant qu’on peut l’être. Je note, en passant, un paradoxe savoureux : la victoire du RN aux élections européennes, parti qui refuse le clivage gauche-droite, a ressuscité ce clivage en l’exacerbant. Et la haine hystérique qui se nourrit de ce clivage – clivage dont je ne discute pas le bien-fondé ici – n’a jamais été aussi forte.

    Ce que beaucoup de Français désirent, c’est qu’on leur rende ce monde commun qui était le leur avant l’ensauvagement, la brutalité des mœurs importées d’autres continents géographiques, ethniques et spirituels. Qu’on leur rende cette douceur de vivre longtemps associée à ce pays de cocagne. Qu’ils puissent se rendre à une fête de village, en famille, pour jouir des bons moments de la vie, sans avoir à craindre la visite d’individus nuisibles et carnassiers, dont le seul ressort psychique est la violence. Qu’on cesse d’excuser les pourritures qui les agressent, avec la complicité d’une extrême gauche, cette autre entité-monde, imperméable à la réalité et à la morale, tout simplement. Les abrutis qui nous rejouent la comédie de l’antifascisme feignent d’ignorer cette réalité : les Français n’ont aucune envie de restaurer un quelconque fascisme, ils veulent juste vivre en paix et ne plus être martyrisés. En quoi devraient-ils culpabiliser pour avoir formulé un souhait auquel tout le monde devrait se rallier ? Les Français refusent la spoliation systématique de leur être-au-monde et c’est la raison pour laquelle l’anti-France – dénomination désormais revendiquée par les nervis les plus excités de l’extrême gauche – se bat, non pas contre le fascisme mais contre les Français et leur être-au-monde. Raison pour laquelle ils ont vandalisé le local d’une association catholique dans le secteur d’Ainay à Lyon, lors d’une manifestation prétendument antifasciste. Ils s’attaquent, au fond, à une anthropologie, une culture, une spiritualité, qui leur sont étrangères. La haine est de leur côté et personne ne s’y trompe ou presque. S’ils déploient autant de violence, ne serait-ce pas pour cette raison : comme dans les romans de Philip K. Dick, leur monde factice est en train de s’effondrer ? C’est une hypothèse que je soumets à ces zombies d’une époque révolue.

    Dantec : « Je voudrais dire aux bouffons et aux bouffonnes : votre monde, il est déjà mort. » L’auteur des Racines du mal a écrit dans son Journal métaphysique et polémique : « Nous vivons sur les ruines du futur. » C’est sur les ruines de leur idéologie anti-France que nous élèverons notre glorieux avenir.

    Jean Montalte (Site de la revue Éléments, 19 juin 2024)

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  • Violence des antifas : sortir de la prison mentale...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une utile mise au point de Thaïs d'Escufon consacrée aux violences des milices antifas.

    Porte-parole talentueuse et courageuse du mouvement Génération identitaire, Thaïs d'Escufon développe désormais avec brio une activité de publiciste sur les réseaux sociaux.

     

                                            

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  • Vers un "front républicain" des traîtres et des cocus !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Eman, cueilli sur son blog A moy que chault ! et consacré au retour du "front républicain" contre Marine Le Pen.

    Animateur du site Paris Vox, rédacteur en chef de la revue Livr'arbitres et collaborateur de la revue Éléments, Xavier Eman est l'auteur de deux recueils de chroniques intitulés Une fin du monde sans importance (Krisis, 2016 et la Nouvelle Librairie, 2019), d'un polar, Terminus pour le Hussard (Auda Isarn, 2019) et, dernièrement, d'Hécatombe - Pensées éparses pour un monde en miettes (La Nouvelle Librairie, 2021).

     

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    Vers un "front républicain" des traîtres et des cocus

    A peine les deux protagonistes du second tour connus, alors même que le dépouillement des votes n’était pas terminé, le premier réflexe de la quasi-totalité des candidats éliminés a été, dans un bel ensemble, d’appeler à « faire barrage à l’extrême droite » en votant pour Emmanuel Macron le 24 avril. S’il fallait encore une preuve de l’affolement apeuré qui s’empare du système des copains et des coquins à la perspective de l’élection d’un président patriote, celle-ci suffirait amplement.

    C’est le communiste Roussel qui s’est précipité le premier pour exhorter ses faibles troupes à voter pour l’homme de la retraite à 65 ans. Le reste de la « gauche » a ensuite défilé pour entonner le même refrain, le petit doigt sur la couture du pantalon, auxiliaires empressés de l’homme du capital. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, s’il n’a pas appelé directement à voter Macron, a invité ses partisans à « ne pas donner une seule voix à Mme Le Pen ». Seule Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, n’a pas donné de consigne de vote, renvoyant dos à dos les deux candidats.

    Les « damnés de la terre » vont donc apporter massivement leurs scrutins à l’enfant de Rothschild et de McKinsey, au grand casseur social, à l’éborgneur de Gilets jaunes, au démolisseur des services publics… Si la situation de notre pays n’était pas si tragique, on en rirait volontiers.

    Alors que nous commémorons le fameux « 21 avril 2002 » (fameux à plus d’un titre), c’est donc reparti pour un tour, la momie « front républicain » est sortie de son tombeau et on s’apprête à agiter de nouveau les bannières mitées de « l’antifascisme de salon ». « No pasarán ! », va-t-on hurler dans les rues, comme les grands ancêtres en 1936 à Barcelone, et, espérons-le, avec la même efficacité. Rien ne semble avoir changé, tout est prêt pour deux semaines de propagande intensive à base de « valeurs républicaines », d’« heures les plus sombres » et de « dangers de l’extrémisme ». Les Français sont-ils toujours dupes ? On peut, hélas ! le craindre, tant le battage médiatique est imposant et permanent, mais on peut aussi espérer que la dégradation de leurs conditions de vie et le progressif effacement de la France à laquelle ils restent attachés leur fassent enfin choisir une véritable alternative. Nous le saurons dans deux semaines cruciales pour l’avenir du pays.

    Quoi qu’il en soit, une fois encore, face aux périls qui menacent la France et les travailleurs français, la gauche dite « radicale » s’est déshonorée et a démontré qu’elle n’est qu’une désolante supercherie qui a définitivement abandonné le combat social au profit de ses lubies sociétales et de ses passions xénophiles et immigrationnistes. Quant à la droite « libérale » – en tout cas aux débris qui en restent –, elle a été égale à elle-même : ridicule et lâche. 

    Xavier Eman (A moy que chault !, 12 avril 2022)

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  • Démasqués !...

    Les éditions Ring viennent de publier une enquête d'Andy Ngô intitulée Démasqués - Infiltré au cœur du programme antifa de destruction de la démocratie. Andy Ngô est journaliste pour plusieurs grand médias américains d'orientation conservatrice.

     

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    " En 2020, dans le sillage de la mort de Georges Floyd, de violentes émeutes éclatent dans les grandes villes américaines. Aux manettes : le mouvement antifa. Visages masqués, entièrement vêtus de noir, les émeutiers mettent les villes à sac, laissant derrière eux un champ de ruines. Par-delà les dégâts matériels, leur violence fera aussi des morts.

    À Seattle, les militants antifas annexent le quartier de Capitole Hill, aussitôt proclamé " zone autonome libertaire " et soumis à une organisation raciale, Noirs et Blancs séparés. La zone est interdite à la police, cernée de barrages et de checkpoints. N'y sont admis que les sympathisants du mouvement. La population, prise en otage, subira des jours durant les effets concrets de leur idéologie. Là encore, les destructions sont massives. Là encore, il y a des morts.
    Andy Ngo, journaliste américain spécialiste de cette mouvance d'extrême gauche, a infiltré la zone autonome de Capitole Hill. Ses conclusions sont sans appel : la violence des " antifascistes ", loin d'être spontanée, est au service d'un agenda politique.

    Comment ce mouvement, créé en 1932 par le Parti Communiste allemand, s'est-il implanté aux États-Unis, où il bénéficie de la sympathie des médias et de figures politiques issues des rangs démocrates ? Est-il si spontané qu'il le prétend ? Le journaliste, lui-même agressé physiquement et harcelé au point d'avoir dû quitter les USA, décrit au contraire une organisation méthodique et totalitaire : profilage et surveillance des recrues, endoctrinement, formation à la violence physique et à la technique des " black blocks ", lynchage et intimidation de ceux qui n'adhèrent pas à leur idéologie. Leur objectif : mettre à bas l'État-nation, la police et la propriété. En un mot, instaurer le droit du plus fort. "

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