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08/02/2016

“Sociologie critique”, grands principes et grands sentiments...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur le site du nouvel Économiste et consacré à l'alliance passés entre certains milliardaires rapaces et d'anciens militants trotskistes pour saper les bases de l’État-nation...

 

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“Sociologie critique”, grands principes et grands sentiments

Imaginons qu’un chercheur proche de la droite libérale ou nationale fasse financer une étude par un oligarque ami de Poutine – en prime, un peu filou. Qu’est ce qu’il prendrait ! On entend d’ici le tollé des journalistes-procureurs sur l’affreuse compromission… Le retour des collabos. Une pétition indignée dénoncerait l’étude “qui ne passe pas”… Une manif’ peut-être…

Prenons à l’inverse un chercheur partisan de la gauche radicale, hostile à la “société de classes”. De ceux qui excusent tout malfaiteur ou terroriste, sanguinaire djihadi ou migrant-violeur, comme “victime de l’exclusion et du racisme”. Quelle chance il a, ce “sociologue critique” ! Car lui peut toucher des subventions de fort glauques requins de la finance, et dans un silence de cathédrale, encore.

Désignons d’abord le requin, puis voyons qui il “aide” et pourquoi. Voici M. George Soros, capitaliste “de gauche”, déjà condamné et re-condamné par la justice française ; enfin, débouté par la Cour européenne des droits de l’homme, suite à sa condamnation pour une arnaque visant la Société Générale.

Est-il calmé ? Non. En décembre dernier, le ‘New York Times’ – qui est loin du brûlot anticapitaliste – s’indigne : alors que “les inégalités sont les plus criantes depuis un siècle”, des milliardaires ont, pour “fuir l’impôt”, monté à leur seul profit un indécent système d’évasion fiscale. Passons les détails : sous le titre “A Private Tax System Saves Billions For The Wealthiest”, l’“ésotérique combine” est révélée par le ‘New York Times’ du 30 décembre dernier.

Parmi ces ploutocrates, "the liberal billionnaire George Soros" dont le NYT, choqué, souligne qu’il “appelle publiquement à taxer les plus riches, tout en s’enrichissant plus encore par l’évasion fiscale”.

Rappel : M. Soros possède 24 milliards de dollars – peu taxés, car il a liquidé son hedge fund (terme qui, pour l’opinion, pue l’arnaque à cent mètres), pour un aimable “family office”. On a compris que, passant du hedge fund à l’émouvant “bureau familial”, M. Soros évite encore bien des taxes.

Autre truc lui permettant de “fuir l’impôt”, la philanthropie : M. Soros investit quelques décimales de ses milliards dans des fondations “humanitaires”. Cela fait moins vampire et plus père Noël, donc permet aux médias de le présenter comme “investisseur et philanthrope”, non comme “ploutocrate”. M. Soros se disant “de gauche”, ses fondations font dans les grandes causes comme l’injustice et le racisme.

C’est ainsi qu’en 2009 (M. Soros est déjà condamné par la justice française), sa fondation Open Society Justice Initiative finance une étude sur les contrôles d’identité “au faciès” de notre police nationale. Dans le jargon de la “sociologie critique”, cela donne “Les stéréotypes et préjugés visant les minorités visibles”. Il s’agit en fait d’intimider la police – à la joie de voyous, voire de terroristes, parmi lesquels le Berrichon n’abonde certes pas. Car bien sûr et sans nuances, l’étude conclut en taxant de racisme exacerbé une police brutale et réac.

Or qui réalise cette étude, pour la filiale “justice” de l’Open Society Institute de M. Soros ? Deux chercheurs-militants du CESDIP [Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales, ndlr], un libertaire centre de recherche français, notre Vatican de la culture de l’excuse, notre Mecque de la “sociologie critique”. Un centre dont, depuis deux décennies au moins, les positions publiques sont constamment alignées sur celles de la gauche militante la plus extrême, entre trotskisme et anarchisme Des chercheurs et un centre que la subvention d’un prévaricateur condamné n’a pas semblé gêner plus que ça.
Ainsi se rejoignent deux forces libertaires : des milliardaires et d’ex-militants désormais proches du mercenariat œuvrent ensemble à fragiliser l’État-nation, en l’occurrence français, seul rempart contre les anarchies conjuguées de Wall Street et des quartiers hors contrôle.

Une idée : durant la révolution culturelle, la direction du Parti communiste chinois se trouva jadis bien gênée. Les gardes rouges s’affirmaient en effet plus à gauche que le PC – ce qui, pour un marxiste-léniniste, est impossible. Pour riposter, la propagande du PC ajouta alors toujours à l’idéogramme “garde rouge”, les signes “de-gauche-en-apparence-mais-de-droite-en-réalité”. Peut-être faudrait-il réhabiliter cet habile logogramme, pour les centres de recherche naguère de gauche et désormais voués à servir M. Soros & consorts ?

02/05/2013

Europe Mad Max demain ?...

Les éditions Favre viennent de publier Europe Mad Max demain ? - Retour à la défense citoyenne, un essai de Bernard Wicht.

Enseignant la stratégie à l'université, Bernard Wicht est l'auteur de plusieurs essais importants dans ce domaine, notamment  L’idée de milice et le modèle suisse dans la pensée de Machiavel (L’Age d’Homme, 1995), L’OTAN attaque (Georg, 1999), Guerre et hégémonie (Georg, 2002) et Une nouvelle Guerre de Trente Ans (Le Polémarque 2011). Il a aussi contribué à Gagner une guerre aujourd'hui (Economica, 2013), ouvrage collectif dirigé par le colonel Stéphane Chalmin.

 

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" De nos jours, on peut se demander si des organisations sans territoire, mais dotées d’une réelle puissance financière et militaire, ne sont pas en train de supplanter l’État-nation ou, tout au moins, de le concurrencer de manière décisive: d’un côté, les diverses formes de groupes armés (des guérillas aux réseaux terroristes sans tête, en passant par les mafias ou les diasporas militairement organisées), de l’autre, les sociétés militaires privées (SMP). Si, dans ces conditions, l’ordre politique de l’État se délite, où se situe la participation des citoyens à la gestion des affaires communes ? Le retour de l’initiative individuelle via le web ne s’inscrit pas dans une logique de citoyenneté, mais dans une logique de «cause», celle nécessaire pour se battre. "

31/10/2012

Vers un « système des dépouilles » à la française ?...

Sur Realpolitik.tv,  Hervé Juvin dénonce la mise en place en France du « spoil system », une pratique américaine contraire aux traditions des états-nations européens.

 


Hervé Juvin : vers un "spoil system" à la... par realpolitiktv

04/07/2011

Les apprentis illusionistes et la guerre...

Vous pouvez lire ci-dessous un article d'Alain Kermarec publié initialement sur Polémia et consacré à l'entreprise de dissolution des Etats-nations européens...

 

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Les apprentis illusionistes et la guerre

DSK était le candidat idéal de l’illusion centre-gauche-droite modérée: directeur du FMI, il aurait su protéger les français devant les attaques financières qui secouent l’Europe. Homme de gauche, il aurait eu de la compassion pour les plus démunis, les laisses pour compte du désengagement de l’Etat, de la dissolution de l’appareil productif dans la globalisation accélérée des marches. Technicien habile de la finance transnationale, soutenu par l’ensemble de la classe politique et médiatique bien pensante, sa candidature et sa victoire étaient annoncées. L’opinion libérée d’un choix moral trop lourd, les français pouvait vaquer à leurs occupations dans l’espoir que « les choses » tiendraient encore le temps d’un quinquennat DSK. Cet espoir est aujourd’hui dissipé. La gauche, choquée pour le compte, cherche encore ses mots pour tenter de surmonter la fracassante perte d’une illusion qui justifiait sa présence sur la scène de l’imaginaire politique. [Note de Métapo infos : les derniers rebondissements en date ne remettent pas en cause cette analyse. Quelles que soient les suites de l'affaire, Dominique Strauss-Kahn a perdu son statu de candidat crédible...] Exit la gauche... qui, de toute façon, n’existait plus depuis que Mitterrand réussi admirablement sa double mission de la priver de toute substance vivante et d’installer une nouvelle pyramide du pouvoir en sol français ...

Faute d’une base électorale fidélisée, faute d’une véritable volonté de perpétuer le sens fondamental de l’action gaulliste, la droite conventionnelle chiraquienne autour de Dominique de Villepin entretient un discours flou et attentiste. Sœur Anne...

Le reste des composantes politiques a volé en éclat. Une myriade de second rôles sans présence ni registre se dispute les dernières répliques d’un théâtre de l’absurde. Par la force de l’attraction hypnotique du vide, ils convergent vers un centre ou l’illusion esthétique d’une juste mesure consensuelle pourrait se trouver. Ils rêvent d’une politia modérée, harmonique, libérale, éclairée et, bien sûr, européenne ! Il faudra plus d’une décennie à ces seconds rôles pour recoller les morceaux ou assembler une mosaïque cohérente. D’autant qu’ils font tous, qu’ils en soient ou non conscients, l’impasse sur le réel. Un réel qui échappe a leurs acuité mentale, un réel qui semble dépasser les bornes de leurs observations, un réel dont ils se détournent par lâcheté, aveuglement, ambition personnelle, naïveté ou courte vue morbide.

De quel réel s’agit-il ? Celui de l’objet même de toute pensée politique digne de ce nom : l’aménagement souverain d’un destin et d’une identité humaine, individuelle et collective, historiquement inscrite dans son contexte culturel, économique et géographique. Aucun, parmi ces apprentis illusionnistes, ne fait sérieusement référence à ce destin, à cette identité encore moins à son contexte historique et géographique. La réalité humaine ne semble pas les intéresser. Faut-il donc faire pour eux l’état des lieux de ce contexte culturel, économique et géographique hors duquel aucun destin humain n’est envisageable ? De quelle stupeur sont-ils donc frappés? N’ont-ils donc pas encore saisi que c’est d’une guerre dont il s’agit ? Une guerre dont l’enjeu n’est autre que la destruction irréversible des fondements sociologiques, psychologiques et économiques de leur état nation?

Guerre culturelle: dissociation du réel ; promotion de la pulsion comme nouvelle valeur culturelle-marchande ; schize de l’appareil psychique des citoyens

Depuis les années 60 cette guerre n’a de cesse de promouvoir la pulsion en ultime espace libérateur. L’artillerie médiatique structurée par des puissances financières transnationales (radio, télé, journaux, ainsi que les groupes liés aux activités culturelles et éducatives) ordonnent les grandes campagnes de libération de la pulsion. Le pulsionnel agissant en deçà du seuil de la conscience raisonnée, il devient aisé de manipuler le contexte culturel et d’extraire toute forme de résistance, toute forme de conscience de soi constructive ancrée dans l’appropriation du réel. Le résultat de cette guerre est aujourd’hui visible dans la destruction de la cellule familiale, le saccage de l’éducation, la confusion et la disparition progressive des genres, la promotion d’une homosexualité régnante, la généralisation de la pornographie, des drogues ainsi que l’éradication de tout repère identitaire fiable. Les atteintes portées à la construction d’une conscience de soi solide sont d’autant plus désastreuses qu’elles privent la vie culturelle de toute forme de temporalité historique et de destin. Car un destin individuel et collectif se construit, en conscience, par un dialogue créatif entre raison et réalité ; entre les instances individuelles et collectives de l’identité humaine, et jamais dans l’illusion stérile de la pulsion narcissique-hédoniste promue en mode de vie...

Guerre économique: avènement de l’économie du casino

La destruction d’un état nation passe également par la destruction de son appareil productif, sans lequel aucun destin souverain n’est possible. Le démantèlement de cet appareil productif constitue d’une part un appauvrissement considérable des ressources nationales et d’autre part, il déchire le tissue et le lien social. Nous avons, d’un côté, la création d’une classe croissante de citoyens paupérisés, marginalisés, désactivés, désespérés et humiliés. Le désengagement de l’état vis à vis des laissés pour compte de la mondialisation rend leur situation encore plus précaire et insupportable. Qui s’en inquiète ? D’un autre côté, nous assistons à la création d’une super classe d’élite transnationale associée aux institutions mondialisantes et leurs atouts industriels qui imposent aux populations locales les règles du jeu de la nouvelle économie : celle du casino transnational et de l’endettement local. Le destin brisé et l’effondrement de grands pays européens, Grèce, Espagne, Italie, Portugal, Irlande, devraient pourtant alerter toute conscience éveillée. Silence étrange de la sphère politico-médiatique …

Guerre géographique: dissolution des territoires par abolition des frontières géographiques, déplacement et brassage des populations, désappropriation de tout patrimoine économique et cultuel, instauration d’un état de guerre permanent.

Depuis une décennie, la stratégie mondialiste, satisfaite de la désagrégation quasi complète des états-nations européens, a amorcé son ultime stratégie : guerre militaire et destruction des territoires. Iraq, Afghanistan, Yémen, Libye, bientôt Syrie, Pakistan, avec l’Iran en ligne de mire. La doctrine du « Grand Chessboard » de Brezinski (1), principal instructeur du Président Obama (2), est appliquée à la lettre. Que la France ait engagé, sans consultation de l’opinion française, son appareil militaire dans l’engrenage libyen bafoue tout concept de souveraineté nationale, constitue un acte anti-démocratique lugubre et indique clairement que le gouvernement français, serviteur zélé de la doctrine Brezinski, n’a que faire ni de la vie ni du destin du peuple français !

Que la conscience politico-médiatique doite- centre-gauche-verte ni ne s’alarme devant le caractère illégal du conflit libyen ni ne se mobilise pour désengager leur pays d’une politique qui les mène tout droit à une faillite économique accompagnée d’une guerre militaire de grande ampleur a de quoi sidérer !

Nous vivons aujourd’hui la période historique la plus cruciale de notre pays. Nous nous trouvons face à une alternative radicale : choix d’une action politique centrée sur la nécessaire réappropriation d’une identité liée à un destin économique, culturel et géographique clairement revendiqué, ou complète dissolution dans la refonte géopolitique militaire globale souhaitée par les élites de l’Ordre Mondial. La doctrine Breszinski ne nous laisse d’autres choix. Le temps presse…

Alain Kermarec (Polémia, 21 juin 2011)

Notes :

1) Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard : American primacy and its geostrategic impertives

2) Webster G.Tarpley, Obama a post modern coup. Tarpley.net