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Métapo infos - Page 1154

  • Comment la Commission européenne favorise le chaos migratoire...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alexis Théas, juriste et universitaire, cueilli sur le Figaro Vox et consacré à la politique destructrice menée par la Commission de Bruxelles sur la question de la crise migratoire.

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    Comment la Commission européenne favorise le chaos migratoire

    «Au total trois millions de personnes supplémentaires devraient arriver dans l'Union européenne» de 2015 à 2017, révèle aujourd'hui la Commission européenne, dans son rapport de prévisions économiques. Selon elle, l'impact de cette arrivée devrait être «faible mais positif». Les mots utilisés sont ambigus. Chaque année, depuis vingt ans, le chiffre des entrées de nouveaux migrants publié par Eurostat fait état de bien plus d'un million de ressortissants non communautaires qui s'installent dans l'Union européenne: 1.455.953 en 2010, 1.399.934 en 2011, 1.170.665 en 2012. La nouvelle annonce de Bruxelles semble ainsi paradoxale. Les arrivées massives de migrants clandestins en Europe, en plus du flux habituel, sans aucun précédent historique, étant évaluées à un million en 2015, (250 000 pour le seul mois d'octobre) comment une baisse globale de l'immigration pourrait-elle se concevoir pour les années 2015, 2016 et 2017? La clef du mystère réside probablement dans le mot «supplémentaire». Les trois millions de migrants «supplémentaires» en trois ans annoncés par le rapport publié ce jour, sont probablement à comprendre comme «en supplément» du flux habituel, normal. Dès lors, on observerait, à compter de 2015, un quasi doublement du flux migratoire sur l'Europe qui avoisinerait, dans cette hypothèse, deux à deux millions et demi chaque année en incluant toutes les formes d'immigration: des chiffres considérables.

    Le plus surprenant est le ton sur lequel cette annonce est faite: comme un événement banal, sans grande conséquence, sinon qu'il serait plutôt positif pour l'économie européenne... La Commission a fait de l'accélération de l'immigration sur le continent européen l'un de ses objectifs depuis longtemps. Le 3 juin 2003, delà, dans une communication sur l'immigration, l'intégration et l'emploi, elle déclarait «les flux d'immigration vont continuer à s'accroître et seront plus que jamais nécessaires.» La Commission se déclarait attachée au droit d'asile, à l'accueil en Europe des victimes de persécutions qu'elle a favorisé à travers de nombreux règlements et directives. Pourtant, jusqu'alors, Bruxelles tenait un discours équilibré, souhaitant une hausse de l'immigration régulière et un respect scrupuleux du droit d'asile, mais acceptant le principe de la lutte implacable contre l'immigration clandestine.

    En 2015, un spectaculaire basculement idéologique est intervenu. Depuis l'été 2015, le verrou a sauté. Les distinctions classiques se sont effacées. Tout est désormais confondu: immigration légale destinée au travail ou à une vie familiale, réfugiés fuyant les persécutions, et immigration illégale, par voie maritime, aérienne, routière, qui jusqu'alors devait être farouchement combattue. Les flux de personnes sont désormais englobés sous le vocable de «migrants» et considérés sans nuance comme un bienfait que l'Europe doit accepter sinon favoriser, pour des raisons multiples, démographiques, économiques, civilisationnelles - favoriser la diversité - morales et humanitaires. Les barrières ont été levées. Sous l'impulsion de la Commission, l'Europe a renoncé à contrôler ses frontières, à reconduire dans leur pays d'origine les migrants clandestins. «Il est temps de faire preuve d'humanité et de dignité» a proclamé le président de la Commission M. Juncker le 9 septembre 2015 devant le Parlement européen, en plaine harmonie avec la chancelière allemande Mme Merkel, en appelant à une large ouverture de l'Europe. Un gigantesque appel d'air a été ainsi déclenché, dont nul ne voit quand et comment il pourrait prendre fin ou se ralentir.

    Pourquoi cette soudaine conversion de l'Europe officielle, jusqu'alors prudente, à un accueil désormais massif et inconditionnel? Il faut y voir d'abord un aveu d'impuissance. Puisque ces événements nous échappent, feignons de nous en féliciter! En outre, la presse, les médias, les lobbies humanitaires, certains milieux patronaux, exercent une pression constante sur les hauts responsables européens et les bureaux pour les convaincre du devoir d'ouverture généralisé et de sa nécessité sur le plan économique et démographique.

    L'ouverture inconditionnelle fait désormais partie d'une stratégie de la Commission. Quand M. Juncker exigeait des Européens qu'ils se répartissent les migrants par quotas, il était dans une logique de pouvoir. La Commission est en quête d'un nouveau rôle, absolument décisif, s'attribuant un pouvoir colossal, sans équivalent historique, celui de plate-forme de répartition des populations sur tout le continent. Alors que le marché unique est achevé, elle tente ainsi de se replacer au cœur du processus de décision européen.

    Enfin, à long terme, dans une Europe en crise, l'acceptation voire l'encouragement de mouvements considérables de populations vers le vieux continent sont vécus comme un levier de relance du rêve européen: puisque les passions nationales ne s'effacent pas d'elles-mêmes, les flux migratoires massifs, grâce à l'arrivée de nouvelles cultures, nouveaux modes de vie en Europe, vont contribuer peu à peu à l'effacement des vieux réflexes nationaux au profit d'un homme nouveau, vierge, propice à l'émergence d'une culture européenne multiple et fondée sur la diversité. Dans le même texte du 3 juin 2003, la Commission en appelait à «un engagement clair à promouvoir des sociétés pluralistes.

    Les Palais bruxellois sont à des années-lumières des enjeux concrets engendrés par la hausse brutale de l'immigration en Europe: la prolifération partout sur le continent des squats et bidonvilles, à l'image de la Jungle de Calais, le drame des banlieues ghettoïsés, les taux de chômage gigantesques d'une partie de la population issue de l'immigration, les coûts sociaux comme l'aide médicale d'Etat (AME) d'un milliard d'euros par an en France pour les migrants clandestins, les phénomènes de désintégration, de chaos, de repli identitaire et religieux, les risques de violences liées aux difficultés de l'intégration dans le contexte de flux migratoire que les sociétés européennes sont dans l'incapacité absolue d'intégrer, surtout sur leur marché du travail.

    Face à la perspective d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, des vives tensions qui ont frappé l'Europe centrale et orientale, en particulier la Hongrie, la Slovénie, l'Autriche, la construction de barrière de fils de fer barbelé entre les Etats, le recours aux armée pour contenir les migrants, les soubresauts incohérents, erratiques et inquiétants de l'Allemagne, la montée fulgurante du racisme et du vote d'extrême droite dans toute l'Europe, la Commission pourrait s'inquiéter du spectacle tragique et affligeant de cette Europe politique en pleine implosion sous l'impact des migrations qu'elle ne cesse d'encourager. Ce n'est pas du tout le cas. Elle est aujourd'hui dans la stratégie du pire. La Commission pense consciemment ou inconsciemment tirer son épingle du jeu d'une Europe en plein chaos, dont les gouvernements nationaux sont totalement désemparés, se voyant ainsi en ultime recours sur les ruines du vieux continent. Le pari est risqué...

    Alexis Théas (Figaro Vox, 6 novembre 2015)

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  • Le fascisme comme contre-culture...

    Les Presses universitaires de Rennes viennent de publier un essai de Robert Belot intitulé Lucien Rebatet - Le fascisme comme contre-culture. Historien et universitaire, Robert Belot est l'auteur d'une biographie de l'auteur des Décombres, Lucien Rebatet - Un itinéraire fasciste (Seuil, 1994), et on lui doit également la publication des Dialogues de vaincus (Berg, 1999) entre Pierre-Antoine Cousteau et Lucien Rebatet.

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    " L'attribution du prix Nobel de littérature 2014 a fait resurgir les fantômes des années noires de l’histoire française. Patrick Modiano a été le premier écrivain à explorer les tabous de notre mémoire et à s’introduire dans l’imaginaire des collabos. Dans Place de l’Étoile, dès 1968, il évoque ainsi Céline et Rebatet, le maître et le disciple, deux prophètes de «l’ordre nouveau» nazi fondé sur le rejet de la culture des Lumières. Les historiens se sont ensuite emparés du dossier qui a suscité des débats animés. Parmi les sujets encore discutés et disputés: la nature du régime de Vichy, les enjeux de la collaboration et l’existence d’un fascisme tricolore.

    Ce livre se propose de réexaminer cette question à travers la biographie d’une des plus éminentes figures de la collaboration: Lucien Rebatet (1902-1972). Critique d’art renommé, signature emblématique de l’hebdomadaire fasciste Je suis partout, il est l’auteur du best-seller de l’Occupation avec Les Décombres, pamphlet torrentiel célébrant la défaite comme la promesse d’une Europe «libérée» de la démocratie et du judéo-christianisme. Condamné à mort à la Libération, puis gracié, c’est en prison qu’il tente de devenir le «véritable» écrivain qu’il rêvait d’être depuis toujours en publiant chez Gallimard un puissant et talentueux roman autobiographique, Les Deux Étendards. Rebatet en attendait un effet de rédemption littéraire et de relativisation de son engagement politique.

    Comme chez d’autres écrivains collabos, on observe aujourd’hui une tendance de la mémoire à opposer et à rendre inconciliables l’engagement et l’œuvre. Comme si la culture pouvait immuniser contre le pire. Le point de vue de ce livre est différent, il défend l’idée que c’est en récusant cette vision binaire de l’itinéraire politico-littéraire de Rebatet que l’on peut accéder à la matrice originelle de son engagement: une vision crépusculaire de l’homme qui s’inscrit parfaitement dans l’idéologie pessimiste et agonique des fascismes européens. Or, cette conception n’a pu trouver audience en France autrement que sous la forme d’une contre-culture minoritaire, que ce soit sous la République ou sous Vichy, impuissante à ébranler les fondements de l’identité républicaine française. "

     

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  • "Le multiculturalisme est à la société ce que la partouze est à l’amour"...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien (en trois courtes parties) donné par Oskar Freysinger à Charlotte d'Ornellas, pour Boulevard Voltaire. Conseiller d'état du Valais et membre dirigeant de l'UDC suisse, Oskar Freysinger est l'auteur d'un essai intitulé De la frontière (Xénia, 2013).

     

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  • Histoire d'Ukraine...

    Les éditions Yoran Embanner viennent de publier un ouvrage de Luc et Tina Pauwels intitulé Histoire d'Ukraine. Essayiste et historien, Luc Pauwels, est le fondateur de la revue d'idées flamande Tekos, inspirée par la nouvelle droite française et la révolution conservatrice allemande...

     

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    " Toute l’histoire passionnante de l’Ukraine est contenue dans le nom de ce pays: littéralement Ukraine veut dire “le territoire à la frontière”. 
    Loin d’être marginal, l’Ukraine est un pays d’avenir. Elle a le potentiel pour devenir un des états de référence sur notre continent, avec une surface supérieure à celle de la France et plus d’habitants que l’Espagne et le Portugal réunis.
    Déjà au IXème siècle, l’Ukraine était la matrice de la première grande civilisation slave et le berceau de l’état russe. Pourtant, elle a, elle-même connu un développement lent et difficile, marqué par de longs siècles d’occupations et de guerres avec des voisins avides : des Huns aux Polonais, des Mongols aux Habsbourgs, de l’empire ottoman au Reich allemand et l’Union soviétique…                                   

    Cette histoire mise à jour jusqu'en 2015, aidera à comprendre pourquoi et comment cette nation millénaire se retrouve au centre d’un énorme conflit. "

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  • Ils avaient raison !...

    Le 21 novembre à 14 heures à l'Espace Cap 15, à Paris, la Fondation Polemia organise le 1er forum de la dissidence, placé sous le patronage des dissidents Jean Raspail, Edward Snowden et Alexandre Soljenitsyne.

    Parmi les intervenants, vous pourrez retrouver Béatrice Bourges, Renaud Camus, Philippe Christelle, Gabrielle Cluzel, Michel Geoffroy, Thibaud Gibelin, Jean-Yves Le Gallou, Robert Ménard, Charlotte d'Ornellas, Damien Rieu, Gabriel Robin et Julien Rochedy, ainsi que des représentants de la #Génération2013...

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  • Les « migrants » et le lobby « artistocrate »...

    Nous reproduisons ci-dessous une excellente analyse de l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique consacré  à l'action médiatique du lobby « artistocrate »...

     

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    Les « migrants » et le lobby « artistocrate »

    Après la tragédie, la farce. Des mythes fondateurs et panthéonisés, dans l’imaginaire collectif français, de ces intellectuels prenant la défense des faibles et des opprimés contre le système et la foule, cette chevalerie de la plume dont les modèles furent Voltaire et Zola, on est tombés à la simagrée parodique et répétitive dont l’appel de Calais et ses 800 signataires représentent la plus accomplie des dénaturations. Dans ces grands modèles d’origine, rappelons en effet que l’intellectuel est d’abord isolé, fort de son seul prestige, en dissidence d’avec le pouvoir monarchique et l’Église quand il s’agit de Voltaire ; d’avec le pouvoir juridique et l’Armée, quand il s’agit de Zola. Enfin, ces derniers défendent des membres de la communauté nationale « stigmatisés » en raison de leurs spécificités religieuses (protestantisme, libre-pensée, judaïsme) et victimes d’injustice de la part de cet État qu’ils interpellent. Au terme de la dégradation de la geste initiale, non seulement il ne reste plus grand chose d’une pareille configuration mais celle-ci s’est carrément inversée. L’ « Appel des 800 » est une occurrence exemplaire du phénomène, qui joue une dissonance si flagrante d’avec la mélodie consacrée qu’il mérite d’être étudié comme symptôme.

    De Voltaire à Balasko

    D’abord, considérons en qualité de quoi accusent nos nouveaux Zola. L’« artistocrate » pose très spontanément en haute conscience de la nation, mais avons-nous bien sur l’estrade en question de grands écrivains ou de profonds philosophes qui soient à la fois studieux, instruits et doués d’une autorité intellectuelle remarquable ? Dans les 800 signataires, y a-t-il seulement une personnalité qui représente symboliquement un demi-Voltaire ? Quel est d’ailleurs le rapport de cette masse avec, à proprement dit, le métier de la réflexion, de la critique éclairée ou des spéculations métaphysiques ? Tous ces signataires ont partie liée avec le champ culturel au sens large, certes, mais tout de même, on brade à peu de frais la notion d’autorité morale ! En quoi des auteurs de bandes dessinées comme Joan Sfar ou Enki Bilal, des slammeurs comme Abd-Al Malik, des chanteurs de variétés comme Cali ou des actrices comme Josiane Balasko et Emmanuelle Béart disposeraient-ils d’une légitimité particulière à poser en sages, en guides, en éveilleurs du peuple ? Christine Angot a-t-elle un rapport véritable avec Goethe ? Ces « artistes », qui ne sont qu’exceptionnellement des « intellectuels », ne sont par ailleurs « artistes » qu’au sens galvaudé que donne à ce terme la société de divertissement. Difficile d’associer de simples vedettes, des amuseurs, des comiques (Sophia Aram), des rimailleurs, au prestige consacré par toute une civilisation à un Van Gogh ou un Dante, à Beethoven ou Hegel…

    Le médium et le message

    Le « grand intellectuel isolé », dans la dernière version du mythe, se trouve ainsi désormais être une foule de 800 personnes composée essentiellement d’intermittents du spectacle… Et cette foule s’exprime sur un support particulier : Libération. Or, sans aller jusqu’à affirmer avec le célèbre philosophe des médias Marshal McLuan que « Le message, c’est le médium », le support n’en reste pas moins une part non négligeable de la communication elle-même. Il se trouve précisément, comme l’a déjà exposé l’OJIM, que le quotidien mao en chute libre s’est recyclé depuis quinze ans dans l’antifascisme d’opérette le plus caricatural (rappelons-nous de l’absurde couverture sur Clément Méric, exposé comme un véritable Jean Moulin du XXIe siècle le lendemain de son décès et avant même la moindre enquête). Ainsi, le journal n’en finit-il pas de publier pétitions et manifestes pour tenter de rallumer la flamme, comme un vieux gauchiste nostalgique rabâcherait sans cesse le souvenir de sa première manif’ en espérant retrouver par là l’illusoire ressort d’une insurrection historique. Dans le contexte particulier de cette rentrée 2015, alors que Le Monde a déjà publié le manifeste grotesque d’Édouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie déclarant lutter contre les intellectuels néo-réacs qui occupent le champ médiatique, Libé, pour ne pas être en reste, a publié cet appel dans une optique assez similaire de reconquête idéologique et en attaquant les mêmes intellectuels. À la compassion pour les migrants ne se mêle donc pas moins la compassion pour le journal Libération lui-même et, d’une manière générale, la pitié qu’inspire à toute une classe médiatico-culturelle son hégémonie perdue.

    Cibles indirectes

    « (Aux côtés de Romain Goupil), le cinéaste Nicolas Philibert ajoute: “Il y a un sentiment collectif de ras-le-bol face au mutisme des politiques et à la montée d’une pensée réactionnaire disséminée par une demi-douzaine d’intellectuels médiatiques”. Dans leur viseur, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Éric Zemmour ou Michel Houellebecq, en couverture des hebdomadaires et invités régulièrement à la télévision », lit-on sur le site du Figaro dans le cadre d’un entretien du journaliste avec les initiateurs de l’appel. Où l’on voit à quel point on s’éloigne du modèle mythique voltairo-zolien, puisque les adversaires directs et indirects de la tribune ne sont pas un pouvoir constitué mais précisément des intellectuels ou écrivains tels que ne peuvent globalement prétendre l’être les signataires, et des intellectuels justement isolés et dissidents. Nous ne nous trouvons donc pas dans la configuration de l’intellectuel isolé face aux passions de la foule mais dans celle d’une foule arguant fallacieusement d’une autorité morale pour s’en prendre à des intellectuels isolés et cela selon un ratio de deux-cents contre un !

    Soutien de l’État

    Enfin, autre distorsion fondamentale, ces animateurs du spectacle culturel qui s’en prennent à des intellectuels se trouvent être immédiatement soutenus par l’État ! À peine l’appel est-il publié que le ministre de l’Intérieur débarque à Calais : « Ces artistes “manifestent une préoccupation que j’entends et que je partage”, a réagi Bernard Cazeneuve. “Ils sont la voix d’une France mobilisée, solidaire, généreuse, d’une France qui refuse le repli sur soi et le rejet”, a ajouté le ministre de l’Intérieur. » Tout de même, voilà qui ne ressemble guère à l’attitude chevaleresque et héroïque que nous évoquions en préambule, mais paraît au contraire se résumer à un trivial échange de bons procédés entre un pouvoir désavoué d’un côté, et des privilégiés discrédités de l’autre… Quel risque prennent des gens qui sont à la fois du bon côté de la pyramide sociale, du bon côté de l’idéologie dominante, du bon côté du pouvoir politique et du bon côté du levier du chantage moral ? L’aura automatique de « Zola ressuscités » que prétendraient leur allouer de vieux réflexes que personne ne prend le temps de réévaluer n’est-il pas outrageusement usurpée ? Pendant que l’État échoue à protéger les frontières du pays et à défendre la population de la déferlante migratoire, des saltimbanques déguisés en Voltaire s’insurgent quant aux conditions d’accueil faites à ceux qui ont violé les frontières, transformant la faiblesse en générosité, et surtout, soustrayant aux administrés français leur statut de victimes, quand ils le sont de l’incompétence de leur gouvernement, pour l’allouer exclusivement aux migrants. Les migrants devenant même, davantage que des bombardements qui les auraient fait fuir, victimes de la frilosité des Français, les victimes initiales devenant en un tour de passe rhétorique des coupables n’étant plus en mesure de demander les comptes qu’ils auraient été en droit de demander à leur gouvernement… C’est pourquoi, structurellement, cet « Appel de Calais », ressemble surtout, en définitive, à une opération de com’ du gouvernement socialiste réalisée grâce au lobby « artistocrate », et par l’entremise de Libération, feuille officielle de la gauche libérale au pouvoir.

    « L’Appel » dans le texte

    L’« Appel des 800 » n’est donc qu’une opération de com réalisée par le gouvernement socialiste grâce au lobby « artistocrate ». Intéressons-nous désormais au fond, c’est-à-dire au texte du manifeste proprement dit. D’abord, on nous explique que les associations sur place tentent désespérément d’alerter l’opinion publique sur les « épouvantables conditions de vie réservées aux migrants et aux réfugiés de la jungle de Calais. » Nul ne contestera, certes, que les conditions dans lesquelles vivent les « migrants » sont bien des conditions épouvantables. En revanche, l’adjectif « réservées » est tout de même pour le moins intriguant. Si ces conditions ont été « réservées » aux migrants, alors cela signifie que la population française, consciente, concertée et active dans cette histoire, aurait décidé de « réserver » pareilles conditions, plutôt que d’autres, aux foules débarquées sur son territoire. Ce qui est bien sûr absolument faux, mais qui permet insidieusement et dès le début du texte d’accuser le Français de base en faisant porter sur ses épaules la responsabilité d’une situation dont, non seulement, il n’est nullement responsable (à la limite, ses ministres, par une politique extérieure inconsidérée), mais surtout, dont il peut être le premier à souffrir, notamment quand il a le malheur d’habiter Calais, et non les premiers arrondissements parisiens où logent la plupart des signataires philanthropes.

    Si le « Camp du Bien » existe, alors tout est permis !

    Les migrants sont décrits comme « laissés à eux-mêmes » et la même expression est employée au sujet de leurs enfants. Par quoi on peut remarquer comment les artistocrates vendent mal leurs migrants à la population, puisqu’il est maladroit de vouloir démontrer à celle-ci qu’elle aurait une obligation morale de prendre en charge des gens qui, eux-mêmes, ne prennent pas en charge leurs propres enfants. Et… qui violent leurs femmes. Voilà qui donne envie de s’enrichir d’une telle présence… On parle de « violences policières presque routinières », ce qui est une attaque contre la police non étayée, plutôt perfide, et l’on s’étonne que le gouvernement n’ait pas réagi à cette phrase pour, au moins, défendre sa police. En outre, est-il judicieux de se mettre à dos les policiers quand, par ailleurs, il est patent qu’on les réclame, ne serait-ce que pour éviter qu’au sein de cette population laissée à elle-même les femmes se fassent violer ? Enfin, il est question de « ratonnades organisées par des militants d’extrême-droite », alors même qu’on n’a pas retrouvé les auteurs des faits évoqués et qu’il est donc impossible de savoir s’il s’agit de militants politiques ou simplement d’habitants violents et/ou désespérés. La probité, l’honnêteté intellectuelle, la cohérence, lorsqu’on appartient au Camp du Bien : c’est évident qu’on n’en a rien à faire.

    L’ennemi : Les réacs

    Enfin, après des formules lyriques et rhétoriques d’adolescent fumant son premier pétard (« Jusqu’à quand allons-nous nous taire ? » – Parce que vous n’êtes pas en train de parler, peut-être ? « La spirale du pire est amorcée »), sont désignés les véritables cibles du texte, les auteurs de ces « discours réactionnaires ou fascisants (qui) ne cessent depuis des années de diviser les gens ». Bien sûr, avant que Zemmour ne passe à la télé, les racailles de banlieue, tous les week-ends, après s’être rendues dans le Marais chercher leurs amis juifs ou homosexuels, s’empressaient d’aller aider les mamies « de souche » à traverser aux carrefours encombrés, tout en jurant sur le Coran qu’il ne fallait pas toucher à la République. Et puis les réacs sont arrivés et leurs propos nauséabonds ont transformé la réalité ! Très révélatrice, cette croyance du politiquement correct que le réel n’est que le discours qu’on en propose… Mais on trouve ensuite, dans le texte, un autre ennemi embusqué derrière les réacs, et cet ennemi, ce n’est ni plus ni moins que la Nation. La Nation injuste d’ériger des frontières, de faire profiter ses citoyens d’avantages dont sont exclus ceux qui ne lui appartiennent pas et qui, on l’imagine, devrait par conséquent disparaître.

    Chacun son indigence

    Revenant à la ligne à chaque phrase afin de suggérer l’intensité de ses battements de cœur, l’auteur du manifeste écrit donc : « Cette mise en concurrence des indigences est ignoble. / Elle nous habitue à l’idée qu’il y aurait des misères défendables et d’autres non. / Elle sape les fondements des valeurs constitutives de la France. / Elle nie notre humanité commune. / Elle nous prépare au pire. » Là, le délire est complet. Il ne s’agit pas de dire qu’il y aurait des misères défendables et d’autres non, simplement qu’il y a des misères dont l’État est directement responsable : celles qui touchent ses administrés, et d’autres, dont il n’est pas directement responsable, ou alors il faut lui donner les compétences d’administrer toute la population de la planète ! Et l’on apprend donc que les « fondements des valeurs constitutives » (quelle redondance) de la France seraient de refuser que la France en question puisse justement se constituer en Etat ! Ce qui relève d’une incapacité assez effrayante à penser à la fois la dimension universaliste de la France et sa réalité politique, comme si l’une devait annuler l’autre, parce que rien ne pourrait jamais exister que sur le même plan et en fonction de logiques binaires ! Pour les mêmes raisons, notre « humanité commune » serait soi-disant niée dès lors qu’il existerait des nations, et comme si les deux notions étaient contradictoires. L’indigence intellectuelle des auteurs du manifeste, même avec le soutien de plusieurs états et l’aide de cent associations, paraît quant à elle, en tout cas, inexorable.

    L’absent : le peuple de Calais

    Comme l’OJIM l’avait déjà fait remarquer l’an dernier, dans cette affaire calaisienne, il y a un acteur fondamental qui est purement et simplement nié tant par les médias, hier, que par les artistocrates, aujourd’hui : le peuple de Calais. Et ce sont bien ces dessinateurs, ces slammeurs et ces humoristes parisiens, qui mettent les misères en concurrence et désarment de leurs droits de citoyens français, de leurs droits à être défendus aux frontières et sur leur propre territoire, les habitants de Calais, au prétexte que, comparée à celle de foules errantes en exil, leur misère serait très relative. On déconstruit ainsi le droit positif au nom de grandes bouffées sentimentales abstraites. Aussi, si l’on évoque les trois agressions dont ont été victimes les migrants, on n’évoque pas, en revanche, celles, nombreuses, qu’ont dû subir les Calaisiens, sans compter les vols et la dévastation de leur environnement. On n’expose pas non plus comment les migrants eux-mêmes se partagent les terres calaisiennes en zones tribales et se livrent ensuite à des affrontements afin de maintenir leur emprise sur les terres qu’ils ont pourtant violées. Et si l’égoïsme ou la frilosité des Calaisiens en particulier et des Français en général est sans cesse insinuée, la bêtise et la sauvagerie manifestes des migrants sont rarement notées par des bourgeois qui n’adorent véritablement que leur propre générosité supposée, telle que la leur renvoie à leurs yeux et par leurs journaux le concept immaculé des « migrants ». En somme, cette séquence est à ajouter à la liste des coups de pression, d’intimidation, de transes et d’incantations soudaines à quoi se livre une classe médiatico-politique paniquée de voir vaciller son pouvoir, et qui aujourd’hui plus que jamais, révèle ses imbrications secrètes et se serre les coudes, du rappeur parvenu jusqu’au premier ministre.

    OJIM (Observatoire des journalistes et de l'information médiatique, 3 et 4 novembre 2015)

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