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23/07/2011

Décoloniser l'imaginaire ?...

"Révolution signifie une transformation radicale des institutions de la société. En ce sens je suis certes un révolutionnaire. Mais pour qu'il y ait une telle révolution, il faut que des changements profonds aient lieu dans l'organisation psycho-sociale de l'homme occidental, dans l'attitude à l'égard de la vie, bref dans son imaginaire. Il faut que l'idée que la seule finalité de la vie est de produire et consommer davantage - idée à la fois absurde et dégradante - soit abandonnée ; il faut que l'imaginaire capitaliste d'une pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle, d'une expansion illimitée soit abandonné."    Cornélius Castoriadis

 

Nous vous signalons la réédition aux éditions Parangon d'un ouvrage de Serge Latouche publié initialement en 2003 et intitulé Décoloniser l'imaginaire - La Pensée créative contre l'économie de l'absurde. Sociologue et philosophe, Serge Latouche est l'auteur qui, au travers de nombreux ouvrages, a donné de la visibilité à l'idée de décroissance en France. Il dirige la revue Entropia.

 

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"Promettre la richesse en produisant de la pauvreté est absurde. Le modèle occidental de développement est arrivé à un stade critique. Ses effets négatifs sur la plus grande partie de l'humanité et sur l'environnement sont évidents. Il est nécessaire de le freiner, de le ralentir, voire de l'arrêter avant que des luttes, des cataclysmes ou des guerres ne se déclenchent. Partout dans le monde apparaissent les îlots d'une nouvelle pensée créative qui aspire à une vie sociale et économique plus équilibrée et plus juste. Cette critique du développement bouscule nos certitudes et remet en question la pensée et la pratique économiques de l'Occident"

 

18/05/2011

Aux sources de la décroissance...

Les éditions Parangon/Vs viennent de publier le dixième numéro d'Entropia, la revue d'étude théorique et politique de la décroissance. Cette revue semestrielle, animée par Serge Latouche, s'intéresse cette fois-ci aux sources intellectuelles de la décroissance.

 

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L’intérêt croissant qui semble se manifester dans l’opinion pour l’idée de décroissance n’est pas dénué d’ambiguïtés, de contresens ou de mauvaise foi. C’est pourquoi il est nécessaire de revenir aux sources de cette idée dont les premiers germes parcourent les siècles, d’Épicure à François d’Assise et Thoreau. Toutefois, les textes rassemblés ici ne prétendent certainement pas à l’exhaustivité. Ils portent essentiellement sur un choix de dissidences, de dissonances et de ruptures advenues dans la pensée depuis la naissance de la civilisation thermo-industrielle. Par rapport aux diverses formes prises par l’idéologie dominante mythifiant le progrès et les bienfaits du « confort », une petite minorité de penseurs engagés contre une évolution suicidaire de la modernité n’a cessé de se manifester. Revisiter les sources de la décroissance, c’est aussi rendre hommage aux pionniers qui nous permettent aujourd’hui de poursuivre cette interminable quête du sens à donner à l’aventure humaine, décidément irréductible à l’extension sans limites de ses prédations.

 

Sommaire

Avis. Jean-Claude Besson-Girard ... 3 (lire en ligne)
La métaphore des sources. Jean-Claude Besson-Girard ... 5

Dissidences ... 13
Le luddisme et ses avatars. François Jarrige ... 15
William Morris,ou l’utopie réalisée. Serge Latouche ... 25
Le droit à la paresse contre le droit au travail. Arnaud du Crest ... 37
Socialismes et utopies, ressources de la décroissance. Michel Lepesant ... 45

Dissonances ... 57
Une subversion jubilatoire. Aurélien Cohen ... 59
Tombeau de Ludwig Boltzmann. Michel Guet ... 69
Le malentendu Giono. Édouard Schalchli ... 79
Au sortir de l’asphyxie des Trente glorieuses. Simon Charbonneau ... 92

Ruptures ... 99
De Günther Anders à l’obsolescence de la décroissance. Philippe Gruca ... 101
De Meadows à Mansholt : L’invention du « zégisme ». Timothée Duverger ... 114
Survivre… et Vivre ! : une critique de la science aux origines de l’écologie. Céline Pessis ... 124
Nicholas Georgescu-Roegen et le « message terrestre » de la décroissance. Jacques Grinevald ... 135

Hors champ ... 155
La précaution est-elle notre avenir ? Geneviève Decrop ... 157
Une fausse solution. Frédéric Durand ... 172
Réhabiliter la peur. Chantal Guillaume ... 188
Relocalisation : non suffisante, mais nécessaire. Jean Monestier ... 199
Une heure de plus dans le train. Yann Raison du Cleuziou ... 208

Notes de lecture ... 217

  

07/04/2011

Vers une société d'abondance frugale ?...

Principal penseur français de la décroissance, auteur notamment du Pari de la décroissance (Fayard, 2006) et de Sortir de la société de consommation (Les liens qui libèrent, 2010), Serge Latouche revient sur les controverses et les confusions que suscite cette notion dans un petit ouvrage intitulé Vers une société d'abondance frugale, publié aux éditions Mille et une nuit, dans la collection Les petits libres.

 

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"Les uns ne jurent que par elle quand les autres s’offensent que le mot soit prononcé. Que recouvre l’idée de décroissance, qui ne semble pas être la même pour les uns et les autres ? Surtout, elle charrie son lot de contresens et de controverses. Nombreux sont les opposants à cette idée, qui utilisent des arguments de plus ou moins mauvaise foi.
À droite comme à gauche, les critiques fusent : comment éliminer la misère dans nos contrées sans croissance ? Quel sens peut bien avoir la décroissance dans les pays du Sud ? Qui va soutenir un tel projet : les ouvriers, les classes moyennes ? Et si la croissance se résumait à la production de services ? À la valeur marchande ?
Serge Latouche liste toutes les interrogations, mêlant préoccupations réelles et idées fausses en circulation, pour leur apporter des réponses précises et argumentées qui mettent un terme aux inquiétudes fantasmagoriques qui l’entourent.
Non, la décroissance n’est pas synonyme de croissance zéro ; non, elle n’est pas technophobe. Ce n’est ni un projet antimoderne destiné à nous renvoyer vivre dans des cavernes, ni un programme visant à restaurer un ordre patriarcal communautaire, ni l’instrument qui ferait de nous des chômeurs.
S’il fallait le dire autrement, Serge Latouche parlerait de société d’abondance frugale : voilà la transition économique et politique qu’il nous propose."

 

09/01/2011

Prospérité sans croissance ?...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec l'économiste britannique Tim Jackson publié par le journal Le Monde dans son édition du 4 janvier 2011. Auteur d'un ouvrage intitulé Prospérité sans croissance - La transition vers une économie durable, publié chez De Boeck en 2010, il développe des idées hostile à l'idéologie de la consommation et de la productivité.

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"Notre modèle actuel de croissance crée des dommages irréversible sur l'environnement"
 
L'économiste britannique Tim Jackson critique la culture de la consommation et l'obsession de la productivité.

Professeur et chercheur à l'université du Surrey (Grande-Bretagne), Tim Jackson est un économiste atypique. En 2000, il devient le titulaire de la première chaire de développement durable créée au Royaume-Uni, à l'université de Surrey. Il y fonde aussi une unité de recherche croisant l'économie, la psychologie et la sociologie.

En 2004, nommé à la commission du développement durable créée par le gouvernement de Tony Blair, le chercheur dirige le travail du groupe " Redefining Prosperity " qui le conduit à écrire Prospérité sans croissance, livre publié en 2007 au Royaume-Uni, et deux ans plus tard en France (De Boeck). C'est l'un des ouvrages d'économie environnementale les plus marquants de ces dernières années. Alors que 2011 débute, M. Jackson livre son pronostic sur la croissance et sur les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel, qu'il critique largement.

La croissance peut-elle reprendre en 2011 ?

En ce qui concerne les économies occidentales, la réponse est probablement non. Les mécanismes destinés à maintenir la croissance ont fragilisé le système économique en développant un endettement toxique qui a conduit à l'effondrement des marchés financiers. Or les éléments de cette dynamique de crise restent à l'oeuvre aujourd'hui, car l'expansion monétaire illimitée est par nature instable. De surcroît, le prix du pétrole repart à la hausse.

L'autre aspect de la question est de savoir si l'on peut poursuivre la croissance sans dommages environnementaux irréversibles, sachant que nous vivons dans un monde fini. Pour y parvenir, il faudrait découpler la croissance de la production matérielle, créer de la valeur économique non dans les biens, mais dans les services : loisir, santé, éducation...



Est-ce la tendance suivie jusqu'à présent ?

Non. Les progrès d'efficacité énergétique restent inférieurs à l'expansion de l'économie. De même, les tendances en ce qui concerne la forêt, l'eau ou l'érosion des sols vont dans le mauvais sens. Depuis vingt ans, le discours officiel proclame que la technologie, en dématérialisant l'économie, va résoudre l'impact environnemental négatif de la croissance. Mais ce découplage ne se produit pas. Le niveau de technologie nécessaire pour y parvenir est irréaliste. Ce n'est pas très populaire de le dire, mais la technologie ne peut plus être considérée comme la solution à nos difficultés.



La croissance verte est-elle une piste crédible ?

Il est bien sûr utile d'investir dans une meilleure productivité des ressources et dans les technologies faiblement carbonées. Mais il n'empêche, on retombe toujours sur le même problème : -quelle croissance pouvons-nous atteindre grâce à ces technologies ? Si vous n'analysez pas en profondeur la dynamique du système, vous faites des hypothèses irréalistes sur l'efficacité de la technologie



Quelle solution proposez-vous ?

Notre culture repose sur un appétit continu pour la nouveauté, qui est le langage symbolique des objets. Nous avons encouragé systématiquement le comportement individualiste et matérialiste. Cette psychologie collective est indispensable au modèle actuel, car si les dépenses baissent, il s'écroule. Mais en récession, par exemple, il est à noter que les gens épargnent davantage spontanément, ce qui pénalise le système. Cette épargne supplémentaire - qui se traduit par une moindre consommation - prouve que le modèle économique actuel peut être en contradiction avec le comportement des gens. En fait, l'altruisme est aussi présent chez l'homme que l'individualisme. De même, la course à la nouveauté est en conflit avec le souhait de beaucoup de se satisfaire de l'existant. Dans ces conditions, pourquoi privilégier ce côté individualiste du consommateur, qui n'est qu'une part de la psyché humaine, et l'encourager systématiquement ?

Comment remodeler le système économique ?

Il faut suivre trois démarches. La première est d'admettre que l'expansion économique a ses limites. Nous savons que nos ressources ne sont pas infinies, nous connaissons et mesurons l'impact écologique de nos modes de vie, nous devons donc définir les règles d'une économie fonctionnant dans ce cadre.

La deuxième est de réguler le marché financier, et plus largement la façon dont nous envisageons l'investissement et le profit. Les capitalistes distribuent le profit comme ils le souhaitent. Mais il faudrait mesurer ce dernier autrement - pas seulement en termes financiers, mais aussi en prenant en compte le social et l'environnemental - et le ramener au bénéfice de la communauté.

Le troisième point vise à changer la logique sociale. Le gouvernement peut agir en modifiant la structure des incitations, en fournissant aux gens les moyens de s'épanouir autrement, d'une façon moins matérialiste.



Mais cela peut-il permettre de combattre le chômage ?

Le capitalisme actuel poursuit l'augmentation continue de la productivité du travail, si bien qu'on produit la même chose avec toujours moins de gens. Si vous acceptez cette idée que la hausse de la productivité est la clé du progrès économique, vous n'avez que deux options : l'une c'est d'avoir moins d'emplois dans l'économie, l'autre est d'en avoir autant, ce qui signifie toujours plus de croissance - qui se heurte aux limites des ressources et de l'environnement. Le choix est donc soit de conserver la croissance de la productivité et d'admettre par conséquent qu'il y aura moins de travail dans l'économie, ce qui signifie la mise en place de politiques de réduction du temps de travail ; soit opter pour la fin de la hausse de la productivité, et développer les services sociaux - éducation, aide sociale, maintien des espaces publics, rénovation des bâtiments, etc.

Ces activités sont naturellement intensives en travail : leur qualité ne s'améliore pas par une augmentation de la productivité, au contraire. Si l'on suit ce choix, il y aura certes une baisse des profits, et moins de productivité telle qu'elle est conventionnellement mesurée, mais plus d'emplois...

Propos recueillis par Hervé Kempf (Le Monde, 4 janvier 2011)

06/12/2010

Comment nous pourrions vivre...

Les éditions Le passager clandestin viennent de publier Comment nous pourrions vivre, un court essai de William Morris, le chef de file des préraphaélites et du mouvement Arts & Crafts, par ailleurs militant socialiste anglais et précurseur de la pensée de la décroissance. L'ouvrage est édité dans une collection dirigée par Serge Latouche.

 

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"C'est en 1884, soit six ans avant la parution de son célèbre Nouvelles de nulle part, que le socialiste révolutionnaire et architecte-décorateur, William Morris, prononce cette conférence.
Voici comment nous vivons et voilà comment nous pourrions vivre, écrit Morris, qui appelle à un sursaut collectif pour substituer la " coopération " à " l'état de guerre perpétuelle " inhérent au capitalisme, introduire la nature et l'art dans " ces conglomérats énormes, impossibles à gérer, qu'on appelle des villes ", et refuser, au nom de la joie et de la dignité, la fatalité des " existences mécaniques ".
Si le mot décroissance fait aujourd'hui polémique, ce texte révèle que l'idée, elle, ne date pas d'hier."

14/10/2010

Quelle économie pour demain ?...

La ville d'Alençon (Orne) organise cette année la 14e édition de La pensée en question, son cycle de conférence, qui aura cette anné pour thème l'avenir de l'économie. C'est dans ce cadre qu'Alain de Benoist participera aux côtés de l'ancien ministre Claude Allégre et de l'économiste Philippe Jurgensen, à une table ronde, animée par un journaliste d'Alternatives économiques, portant sur les rapports entre l'économie et l'environnement. 

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Être ou avoir ? Quelle économie pour demain ?

La France peut-elle encore soutenir une croissance forte et durable ?
Quels sont les moyens concrets de sortir de la crise ?
La décroissance est-elle une solution d’avenir ?
L’activité économique est-elle compatible avec la notion de Développement Durable ?
Autant de questions auxquelles tenteront de répondre les différents intervenants de la Pensée en question.

Moins abstrait, moins philosophique que les années précédentes, le thème de l’édition 2010 nous concerne tous. « La crise financière, économique et sociale a mis à mal le pays.
Aujourd’hui, tout le monde sait que les modèles économiques actuels ne sont plus viables.
La Pensée en question sera l’occasion de présenter des solutions nouvelles, concrètes et innovantes » annonce Maïté Vanmarque, chargée de l’organisation.

« Les conférences apporteront des éléments de réflexion dans un vrai souci pédagogique.

Notre ambition est de rendre l’événement accessible au plus grand nombre. » Le professeur, politologue et écrivain Paul Ariès, l’ingénieur agronome, économiste et homme politique Pierre Larrouturou, et le philosophe Christian Fauré seront quelques-uns des intervenants de l’édition 2010. « C’est une chance d’accueillir Paul Ariès car c’est l’intellectuel de référence du courant de la décroissance.

Pierre Larrouturou, qui sort un nouveau livre à l’automne, propose des solutions nouvelles qui ont été mises en place avec succès dans certaines entreprises. Le philosophe Christian Fauré exposera les idées défendues par l’association Ars industrialis, parmi lesquelles le refus du capitalisme et l’ouverture vers l’économie de la contribution. » Pour la première fois, une table ronde de clôture, animée par un journaliste du magazine Alternatives économiques, devrait réunir le journaliste, philosophe et politologue Alain de Benoist, l’économiste Philippe Jurgensen, et le géochimiste et ancien ministre Claude Allègre.

Cette table ronde sera consacrée aux rapports entre l’économie et l’environnement."

La Pensée en question, en septembre et octobre à la Halle aux Toiles – Entrée gratuite - Renseignements à la médiathèque au 02 33 82 46 00