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  • Les snipers de la semaine (5)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur Ring, Laurent Obertone (décidément excellent) fait coup double en dézinguant Drucker et Mélenchon !

    Mélenchon, carpette machine chez Drucker

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    - sur Valeurs actuelles, Roland Hureaux règle leur compte à Jacques Attali et à Luc Ferry sur la question des allocations familialles.

    Un contresens mortel

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  • Le déni du réel...

    Le livre du sociologue Hugues Lagrange, Le déni des cultures, publié au Seuil, a suscité un tollé chez les bonnes âmes de la bienpensance en osant bousculer les vérités enseignées par le catéchisme politiquement correct sur l'immigration et la délinquance. Nous reproduisons ici un article de la philosophe Chantal Delsol, publié par Valeurs actuelles, qui revient sur cette polémique.

     

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    Le déni du réel

    L’émotion souvent haineuse qu’a suscitée le livre d’Hugues Lagrange, le Déni des cultures (Éditions du Seuil), est en elle-même significative. Un tabou a été touché.

    Il y a des pans entiers de la réalité que l’on ne doit même pas nommer – faute de les faire exister ? Et bien des soi-disant penseurs disent clairement que la langue de bois représente une nécessité démocratique…

    En l’occurrence, la langue de bois veut que l’on ne nomme pas les cultures, qu’on ne les distingue pas, qu’on n’en fasse pas un facteur d’explication. Or voilà un auteur – un chercheur sérieux et pondéré, non un histrion – qui explique en partie les problèmes d’échec scolaire et de délinquance par des causes culturelles. On le voue aux gémonies. Il se fait insulter dans les médias. Pourtant, il produit des enquêtes chiffrées et argumentées après un long travail sur le terrain, il reste prudent toujours, il n’enrobe pas cela d’une opinion personnelle : bref, c’est un scientifique. Et naturellement il peut se tromper en tant que scientifique, mais dans ce cas, il faudrait lui opposer d’autres enquêtes et d’autres arguments : on l’injurie.

    On peut se demander pourquoi une société si fière de son multiculturalisme, de son côté black-blanc-beur, refuse avec hargne que soient étudiées les différentes cultures avec ce qu’elles recèlent de conséquences sur les comportements des individus. Ce qui ressemble à une grossière contradiction. En réalité, la diversité est considérée comme un avantage si l’on ne regarde que son côté folklorique : quelle fierté de voir une équipe de France multicolore – ce qui rassure notre réputation de pays accueillant. Mais tout ce que cela signifie en termes de manières de vivre, d’organisation familiale, d’éducation… surtout n’en pas parler ! Cela ferait ressortir des disparités profondes, et naturellement des hiérarchies sous-entendues (dans quelles familles sait-on éduquer à l’autonomie ?). Ce qui est insupportable à notre prétention égalitaire. Cela semblerait jeter sur l’une ou l’autre culture un opprobre moral : certaines manières de vivre fabriquent des délinquants… La république aime la diversité, à condition qu’elle ne se décline pas.

    Au fond, ce que l’on reproche à Hugues Lagrange, c’est de ne pas confirmer cette certitude imposée qui nous vient du marxisme : les malheurs de l’individu, et surtout ceux qui l’écartent de la société, sont le fruit exclusif de sa situation socioéconomique. Tout ce qui différencie un individu – en termes d’éducation, de réussite scolaire, de civilité – proviendrait de sa classe sociale et de son niveau de revenus. Ainsi, les plus pauvres devraient être mal élevés, et les plus riches, situés en haut de l’échelle sociale, en état de réussite morale et scolaire. (Quelle sale injure pour tant de familles dans la gêne qui jettent tous leurs soins, avec succès, dans l’entreprise éducative ! Quelle cécité devant certains enfants de la haute bourgeoisie qui se comportent comme des voyous !)

    Cette analyse des comportements par les causes exclusivement économiques a été abandonnée depuis longtemps : il s’agit d’un parti pris matérialiste, qui met l’argent au-dessus de tout et croit que tout arrive grâce à lui. Nous savons que bien d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Que certaines organisations familiales, que certaines éducations développent davantage la politesse, la violence, le sens du travail ou le machisme, il suffit d’un peu de bon sens pour le savoir – l’essentiel étant de ne pas proférer des généralités stéréotypées et de ne pas généraliser à partir de quelques cas… d’où l’importance de la sociologie. Dire que la culture n’existe pas et que l’individu se résume à son porte-monnaie et à sa position sociale, c’est valoriser l’avoir au détriment

    de l’être. Nous ne sommes pas seulement ce que nous possédons. Nous sommes, et surtout, caractérisés par des comportements, des habitudes, des humeurs, des rites, dont nous héritons en partie par transmission de longue date et qui nous enracinent dans un art de vivre singulier.

    Quant à voir sous ces analyses de la culture un a priori racialiste, ou raciste, c’est un amalgame qui ne grandit pas ses auteurs. Cela signifie que toute évocation d’une différence ressort au racisme. Toute affirmation concernant une culture est raciste. Dire : “tel groupe favorise la polygamie” ou “tel groupe favorise le machisme” serait raciste. Avancer ces affirmations serait “faire le jeu de Le Pen”, comme Simone de Beauvoir disait que dire la vérité sur l’Union soviétique était “faire le jeu de la droite”. Autrement dit, toute vérité qui risquerait de favoriser les arguments d’un adversaire serait à nier avec virulence. Dans ce manichéisme, c’est la réalité qui s’égare. Le but unique est de contrecarrer l’adversaire, mais, pour finir, on ne sait plus ce qui en fait un adversaire, puisque les affirmations sont triées non pas en fonction de leur vérité mais en fonction du bien ou du mal qu’elles procurent à l’adversaire. Ce devient un combat obscur, dominé par les émotions, et où la raison n’a plus sa place. La recherche non plus, évidemment. 

    Chantal Delsol (Valeurs actuelles, 4 novembre 2010)

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  • Libérez-vous de vos chaînes !

    La revue Rébellion publie son numéro 44 dans lequel on pourra lire trois entretiens importants avec Alain de Benoist, Michel Drac et Pierre Le Vigan

    La revue peut être commandée ici.

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    Au sommaire :

    Editorial : Travail salarié et capital, idéologie et praxis.

    Dossier : Au delà de la droite et de la gauche, l'alternative au système.

    Entretien avec Alain de Benoist : A l'aube d'un monde nouveau ?

    Entretien avec Michel Drac : la stratégie du choc.

    Entretien avec Pierre Le Vigan : Combattre pour une Nation Européenne ?

    Notre position : Des années décisives


    Société : Sécurité collective et responsabilité individuelle par Thibault Isabel.

    Histoire sociale : Mystiques, bandits et révolutionnaires. Petites histoires des hors-la-loi brésiliens

    Culture : Panait Istrati, le prince des vagabonds.

     


    Déjà disponible contre 3 euros à l'adresse postale :

    Rébellion c/o RSE BP 62124 31020 - Toulouse Cedex 2

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  • Réinventer la société de confiance

    Nous reproduisons ici un texte intéressant de la philosophe franco-italienne Michela Marzano, intitulé "Réinventer la société de confiance" et publié par le quotidien Le Monde le samedi 6 novembre 2010.

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    Réinventer la société de confiance

    Voilà quinze ans, dans un livre consacré à la "société de confiance", Alain Peyrefitte, pourtant ancien ministre du général de Gaulle, nous vantait les mérites des modèles anglo-saxons, affirmant notamment qu'ils permettaient à chacun de se dépasser constamment dans des "entreprises risquées mais rationnelles".

    Ces dernières années, les élites françaises ont cherché sans relâche à promouvoir ce modèle idéal de "confiance compétitive". Il fallait "être performant" et "ne jamais se soucier des autres". La confiance n'était plus synonyme que de "self estime". L'une des raisons du succès de Nicolas Sarkozy, en 2007, a été justement sa capacité à mobiliser les électeurs autour de l'idée de réussite personnelle.

    Le fameux "travailler plus pour gagner plus". Pour quel résultat ? La crise a mis à jour les contradictions d'un tel discours. Elle a montré les limites d'un volontarisme à outrance. Les manifestations récentes contre la réforme des retraites ne sont pas, on le sait, une simple protestation contre un allongement de quelques années de cotisation mais aussi le symptôme d'une grande déception et d'un grand désarroi. Peut-on se limiter à croire, comme un Claude Bébéar, que les citoyens ne seraient descendus en masse dans la rue que parce qu'ils "dénigrent le travail, se disent fatigués et aspirent aux congés et à la retraite" (Le Monde du 1er novembre) ?

    Une chose est sûre. La fatigue française est bien réelle. Mais elle n'est pas une propriété intrinsèque du "Français-paresseux-par-nature" comme voudraient le faire croire certaines élites, se berçant de telles niaiseries pour éviter de se remettre en cause. La fatigue actuelle est le résultat d'une longue suite de contes de fée et de mensonges auxquels les citoyens avaient fini par adhérer et dont ils découvrent depuis peu l'inanité.

    Ce peuple qui, depuis 1789 et 1848, n'avait cessé d'opposer aux puissants du monde le rire moqueur de Gavroche, s'était progressivement laissé convaincre par les sirènes d'un certain management. Il avait accepté l'idée qu'il suffisait de croire "en soi-même" et de ne jamais compter sur les autres pour réussir sa vie. La société se partageait entre les "winners" et les "loosers", entre ceux qui croyaient n'avoir besoin de rien, ni de personne, et ceux qui avaient la faiblesse de croire aux autres.

    La crise a eu le mérite de montrer qu'il ne suffit pas de "vouloir pour pouvoir" et que, sans coopération et solidarité, "notre monde peut être un enfer", comme le disait déjà Hannah Arendt. Tous les jours, dans les entreprises, ils sont des milliers à le vivre dans leur chair. Pas besoin d'aller chercher des exemples dramatiques chez France Télécom ou Renault.

    EXEMPLARITÉ

    Prenons ce salarié qui, à l'approche de la cinquantaine, et après s'être voué à son travail en essayant d'être toujours "flexible", se voit remercié car "trop coûteux". Ou ces seniors qui connaissent un véritable parcours du combattant, se traînant d'entretien en entretien, à la recherche d'un nouvel emploi. Qui dit que ces Français ne veulent pas travailler ? Qui croit qu'ils dénigrent le travail ? Ne voudraient-ils pas simplement une société plus juste ?

    Globalisation et mutation technologique poussent certes au changement. Mais elles ne poussent pas nécessairement aux dérives oligarchiques et au cynisme triomphant. Une société plus juste est toujours possible. Elle est même la condition du retour de la confiance en l'avenir. Elle passe par le refus de cette fausse "société de confiance" vantée par l'idéologie néolibérale moribonde.

    Il faut retrouver le chemin de la coopération et de la confiance mutuelle. Mais cette confiance-là ne se décrète pas. Pour qu'elle puisse surgir à nouveau dans ce pays et se développer, elle doit pouvoir s'appuyer sur des preuves tangibles. Pas de confiance sans fiabilité. Or, c'est là que le bât blesse. Tout ce qui manque à nos élites, aujourd'hui, c'est d'être fiable. On dira que ce propos est "populiste". L'accusation est commode. Jugeons sur actes. Les chefs d'entreprise, les politiques, les médias parlent d'exemplarité. Mais ce sont toujours, comme par hasard, les autres qui doivent être exemplaires. Pas ceux qui demandent des efforts. Pis. En France, un grand manager est désigné comme "courageux" lorsqu'il taille dans ses effectifs, tandis qu'il négocie âprement, et parfois en douce, ses stocks options et sa retraite chapeau.

    Le pouvoir politique n'est pas en reste. Les ministres sarkozystes susurrent à l'oreille des Français la petite musique des "sacrifices nécessaires et partagés" pendant qu'ils redonnent à Mme Bettencourt et à ses semblables des millions d'euros au titre du bouclier fiscal. On pourrait multiplier à l'envi les preuves de ce double discours. Comment s'étonner que les Français doutent de la fiabilité de ceux en qui ils sont censés placer leur confiance ? C'est là que réside, en profondeur, le malaise du pays.

    En a-t-il toujours été ainsi ? Les esprits cyniques tentent de s'en convaincre. Sans doute n'est-il pas aisé de demander à ceux qui nous gouvernent de ressembler aux vrais héros de l'Antiquité, toujours prêts à se sacrifier eux-mêmes avant de demander le sacrifice des autres. Mais il est des modèles plus réalistes. En 1940, les Anglais savaient bien qu'en leur proposant du "sang et des larmes", Churchill prendrait sa part de l'effort et qu'il n'irait pas se prélasser sur un yacht ou dans un paradis fiscal… A la même époque, les élites françaises de la "drôle de guerre" donnaient, elles, la triste image de pantins désabusés et insouciants, comme l'avait souligné Marc Bloch dans L'étrange défaite (Gallimard, 1990). En va-t-il si différemment aujourd'hui ?

    Cette crise étrange, qui frappe l'économie réelle mais épargne les profits de la finance, empêche probablement les plus fortunés de bien en saisir les enjeux. Les élites de cette "drôle de crise" sont un peu comme les élites de la "drôle de guerre". Elles se trompent de diagnostic. Souhaitons qu'elles sortent vite de leurs illusions pour reconquérir la confiance des Français et croire en un avenir commun.

    Michela Marzano, philosophe, professeur des universités à Paris-Descartes (Le Monde, 6 novembre 2010)

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  • Carnages !

    Dans son nouveau livre Carnages, le journaliste Pierre Péan dévoile les dessous de la guerre secrète qui se déroule dans la région africaine des Grands Lacs (Congo, Burundi, Rwanda, Ouganda), et qui, depuis près de vingt ans, a provoqué des millions de morts dans la plus grande indifférence. Une guerre dont l'enjeu est le contrôle des ressources d'une région particulièrement riche en minerais rares et qui voit les Etats-unis, et ses alliés la Grande-Bretagne et Israël, affronter la France pour l'éliminer du coeur stratégique de l'Afrique.

    Un livre que son auteur veut voir comme son grand oeuvre !

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    "Plus de 8 millions de morts ? Qui en parle ? Depuis la fin de la guerre froide, la région des Grands Lacs est devenue celle de la mort et du malheur dans une indifférence quasi générale. Avec 2 millions de Rwandais exterminés en 1994 à l'intérieur du Rwanda, plus de 6 millions de morts rwandais et congolais dans l'ex-Zaïre, des centaines de milliers de Soudanais tués, de nombreuses victimes ougandaises, plus de un demi-million de morts angolais, des millions de déplacés, quatre chefs d'Etat et des centaines de ministres et autres dirigeants assassinés, des dizaines de milliers de femmes violées, des pillages éhontés, cette zone a le triste privilège d'avoir subi plus de dommages que ceux additionnés de toutes les guerres intervenues de par le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les médias, dans leur très grande majorité, n'ont parlé, ne parlent et ne pleurent que les centaines de milliers de victimes tutsies du Rwanda, dénoncent les Hutus comme seuls responsables directs de ces boucheries, et les Français, qui les auraient aidés dans leur horrible besogne, faisant de François Mitterrand et d'Edouard Balladur des réincarnations d'Hitler, et des soldats français, celles de Waffen SS. Une version officielle, affichée non seulement par Paul Kagamé, l'actuel président du Rwanda, mais également par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le bras justicier de la communauté internationale, et par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la majorité des autres pays..."

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  • Récupérés par le système ?...

    Le Goncourt pour Michel Houellebecq et le Renaudot pour Virginie Despentes... Le système a-t-il montré, encore une fois, sa capacité à vampiriser toutes les formes de subversion ou de critique ? Nous reproduisons ici le point de vue de la chroniqueuse Ursula Michel.

     

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    « Les femmes sont plus faciles à choquer », « la prostitution, je trouve ça très bien. Ce n'est pas si mal payé, comme métier... », « la religion la plus con, c'est quand même l'islam ». La provocation, Michel Houellebecq l’a usée par tous les trous lors de ses premières années de médiatisation intensive. Choquer, subvertir, tel était son credo, autant dans les interviews, là où le personnage Houellebecq s’est construit, que dans ses romans, loupe vilement déformante de la basse nature humaine. Mais après plus de quinze ans de bons et loyaux services à la littérature, la reconnaissance de ses pairs, par l’entremise des prix et autres trophées, n’était toujours pas au rendez-vous. Alors avec La Carte et le territoire, apparaît un nouvel homme Houellebecq. Affable, consensuel, pas un mot plus haut que l’autre, le dépressif le plus connu du paf s’assagit dans les médias.

    Suivant une courbe sensiblement différente (elle n’est pas encore la bonne cliente des médias mainstream), mais aboutissant finalement à la même intronisation par les élites, la punk Despentes, autrefois connue comme l’auteur de Baise-moi, calme elle aussi le jeu. Apocalypse bébé, prix Renaudot de la cuvée 2010, oublie l’agressivité mordante de ses débuts pour se tourner vers une prose plus lisse, une homosexualité encore revendiquée mais embourgeoisée et une image médiatique plus conforme aux canons de la communication. Et ça paie. Qui aurait parié il y a dix ans sur ces deux « loosers » magnifiques à l’expression dévastatrice? Qui pouvait alors envisager Houellebecq et Despentes comme les parangons de la littérature française, adoubés par une élite poussiéreuse en costume trois-pièces?

    En 2009, Marc-Edouard Nabe, nominé cette année au Renaudot mais recalé, rapportait dans Le Vingt-Septième livre ce conseil de Houellebecq : «Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau ! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C'est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l'emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes !... Ça le complexe, ça l'humilie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr... »

    Conseil marketing que Nabe n’a guère suivi (d’où son ostracisation du microcosme littéraire parisien?) mais qui semble avoir porté ses fruits pour l’auteur d’Extension du domaine de la lutte et pour Despentes dans une moindre mesure (même si on l’a vu cette année en promo chez Ruquier ou Denisot). Renversement profond des codes de nomination des dignitaires du monde des Lettres ou vampirisation de la subversion par le système, force est de constater que l’année 2010 crée un précédent notable, du moins en apparence. Entre Makine (Un Testament français, 1995), Ruffin (Rouge Brésil 2001) ou Van Cauwelaert (Un Aller simple, 1994) pour Houellebecq et Picouly (L’Enfant léopard, 1999), Bouraoui (Mes Mauvaises pensées, 2005) ou Pennac (Chagrin d’école, 2007) pour Despentes, les choix des jurés font coexister des auteurs pour le moins hétérogènes. Mais avec Beigbeder l’année dernière (Renaudot), peut-être Franz-Olivier Giesbert (juré) et ses acolytes essaient-ils de rajeunir l’image du prix, quitte à récompenser tous azimuts, des ouvrages non méritants.

    Quant au Goncourt, trop souvent perçu comme un prix pour la grande Littérature, peut-être ont-ils voulu s’auréoler du (feu) parfum de scandale du trublion Houellebecq ? Dommage qu’il ait fallu attendre l’assagissement médiatique et littéraire des deux sales gosses Houellebecq et Despentes pour leur rendre hommage. Baise-moi et Plate-forme auraient bien mieux mérités d’entrer dans le panthéon que leur dernier rejeton.

    Ursula Michel (Darkplanneur, 9 novembre 2010)

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