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yann vallerie

  • Non, il ne fallait pas se réjouir de la circonstance aggravante de racisme à Crépol !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue intéressant et radical de Yann Vallerie cueilli sur Breizh-Info et consacré au dernier rebondissement de l'affaire de Crépol...

     

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    Non, il ne fallait pas se réjouir de la circonstance aggravante de racisme à Crépol !

    Les juges d’instruction ont retenu la circonstance aggravante de racisme contre les quatorze mis en examen dans le meurtre de Thomas Perotto. Les victimes ont été visées, écrivent-ils, en raison de leur appartenance supposée à « la race blanche et à la nation française ». Dans le camp national, c’est l’allégresse. Enfin. Enfin ils reconnaissent. Enfin la justice applique aux nôtres ce qu’elle applique aux autres.

    Réjouissez-vous. Vous venez de ratifier le principe qui vous détruira.

    Ce que vous venez de valider

    Regardons froidement ce qui se joue. Un adolescent de seize ans a été poignardé au thorax et au flanc lors d’un bal de village. Il est mort dans la nuit. Trois autres personnes et un vigile ont été grièvement blessés, certains hospitalisés en urgence absolue. Voilà les faits. Ils suffisent. Un homicide volontaire est puni de trente ans de réclusion criminelle, la perpétuité en cas d’assassinat. Le droit dispose de tout l’arsenal nécessaire pour punir ce qui s’est passé à Crépol.

    Mais non. Il a fallu deux ans et huit mois d’instruction pour déterminer non pas ce qui a été fait, mais ce qui était pensé au moment où ça a été fait. Et vous applaudissez ce résultat. Vous venez d’entériner que la valeur d’une vie humaine dépend du contenu du cerveau de celui qui la supprime. Que le même couteau, dans le même thorax, tuant le même garçon, appelle des peines différentes selon les mots prononcés autour.

    C’est une monstruosité juridique. Et vous venez d’en réclamer l’application.

    Il y a dans une partie de notre camp un réflexe qui revient à chaque occasion, et qui est un aveu de défaite. On dissout une organisation d’extrême gauche : bien fait, ils dissolvaient aussi les nôtres. On poursuit un militant de gauche pour ses propos : parfait, ils poursuivaient les nôtres. On retient le racisme contre des agresseurs d’origine étrangère : enfin, ils le retenaient tout le temps contre les nôtres.

    Jamais l’idée de demander la suppression du dispositif. Toujours celle de réclamer qu’on nous l’applique aussi.

    C’est la psychologie du prisonnier qui ne demande plus la liberté mais une meilleure cellule. Qui a tellement intériorisé les barreaux qu’il ne conçoit plus la revendication que sous forme d’égalité de traitement dans l’enfermement.

    Et c’est un calcul stupide, en plus d’être une capitulation.

    Pourquoi vous perdrez à ce jeu

    Réfléchissez trente secondes à qui applique ces qualifications. Le parquet, hiérarchiquement soumis au garde des Sceaux. Les magistrats du siège, dont la sociologie et les inclinations syndicales ne sont un mystère pour personne. Les associations agréées habilitées à se constituer partie civile, dont la liste ne penche pas exactement de votre côté.

    Vous venez de confirmer la légitimité d’un outil qui sera manié, dans 95%des cas, contre vous. Vous avez obtenu une décision favorable dans un dossier — après deux ans et huit mois, contre l’avis du parquet, et grâce à l’obstination d’avocats et de parties civiles. Une victoire arrachée.

    Pendant ce temps, la même qualification tombe chaque semaine, sans débat, sans obstacle, sans deux ans d’instruction, contre des Français ordinaires pour une phrase de trop. Vous célébrez l’exception qui confirme le système. On vous a jeté un os pour que vous validiez la règle.

    Il existait une autre position. Elle est plus difficile à tenir, elle rapporte moins de likes, et elle est la seule cohérente.

    Supprimer du code pénal les circonstances aggravantes et atténuantes fondées sur le mobile.

    Pas les aménager. Pas les étendre. Les supprimer.

    Le droit pénal doit juger des actes, pas des pensées. Il doit établir ce qui a été commis, l’intention de le commettre — ce que les juristes appellent l’élément intentionnel, qui distingue le meurtre de l’homicide involontaire —, et rien de plus. Savoir si le meurtrier détestait la race de sa victime, sa religion, son orientation, ou simplement sa tête, n’a aucune pertinence pour mesurer le préjudice subi.

    Le mort est également mort. La famille est également détruite. Le corps social est également atteint.

    Prétendre le contraire, c’est affirmer qu’une vie humaine a une valeur variable selon ce qu’on pensait d’elle. Toute la construction juridique occidentale, depuis le droit romain jusqu’à la codification napoléonienne, reposait sur l’inverse.

    Le vrai basculement

    Il faut nommer précisément ce qui s’est produit.

    Le code pénal de 1810 était bref et sévère. Il définissait des actes, y attachait des peines, et laissait au juge une marge d’appréciation individualisée. Un meurtre était un meurtre.

    Le mouvement inverse s’est engagé à partir des années 1970 puis 1990, sous l’influence conjointe du droit international des droits de l’homme et du militantisme associatif. On a introduit le mobile discriminatoire, d’abord pour la race et la religion, puis pour l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le handicap, l’état de santé, la précarité sociale.

    Chaque extension procédait d’une bonne intention. Chacune a produit le même effet : déplacer l’objet du procès pénal de l’acte vers la personne.

    Aujourd’hui, un tribunal ne juge plus seulement ce que vous avez fait. Il juge qui vous êtes, ce que vous pensiez, quelles étaient vos fréquentations numériques — souvenons-nous que dans le dossier de Crépol, des enquêteurs ont épluché les environnements numériques des mis en cause à la recherche de liens avec des contenus radicaux.

    C’est un glissement vers le procès d’intention. Il est une menace pour tout le monde, à commencer par ceux dont les opinions déplaisent au pouvoir du moment.

    Ce qu’il faut proposer

    Voici la position à défendre, et elle est parfaitement articulable en droit :

    Un. Suppression pure et simple des circonstances aggravantes tenant au mobile. Le meurtre est puni comme meurtre, quelle que soit la raison pour laquelle il a été commis.

    Deux. Maintien des seules circonstances aggravantes objectives, qui décrivent des faits et non des pensées : la préméditation, l’usage d’une arme, la vulnérabilité de la victime, le nombre d’auteurs, la qualité de dépositaire de l’autorité publique. Ce sont des éléments matériels, constatables, contradictoirement débattables.

    Trois. Suppression symétrique de l’excuse de minorité automatique pour les seize-dix-huit ans. Un homicide commis à dix-sept ans reste un homicide.

    Quatre. Restauration de peines planchers pour les crimes de sang et les récidives.

    Cinq. Cohérence assumée : cela signifie renoncer à voir sanctionner plus lourdement ceux qui nous détestent. Une position se paie. Celle-ci a le mérite d’être défendable devant n’importe qui.

    Cette position vous privera d’un plaisir immédiat. Vous ne pourrez plus jubiler quand la qualification tombe sur ceux d’en face.

    Elle vous donnera autre chose : un discours que personne ne pourra retourner contre vous.

    Aujourd’hui, quand vous protestez contre les poursuites visant vos militants pour délit d’opinion, on vous répond que vous réclamiez la même chose pour Crépol. Et on a raison de vous le répondre. Vous avez validé le principe, vous ne pouvez plus contester ses applications.

    Demain, si vous demandez la suppression pure et simple du dispositif, vous serez inattaquables. Vous défendrez l’égalité réelle devant la loi pénale, celle qui ne dépend pas de la couleur, de la religion ou des opinions de personne. Ce que la République prétend faire depuis 1789 et qu’elle a cessé de faire.

    Une victoire à ce prix n’en est pas une

    Thomas Perotto avait seize ans. Il aimait le rugby. Il est mort sur le parking d’une salle des fêtes de la Drôme, poignardé au thorax.

    Cela suffit. Cela devrait suffire. Nul n’a besoin d’établir ce que ses agresseurs pensaient de sa couleur de peau pour que le crime soit intégralement puni.

    Réclamer cette qualification, c’était accepter que sa mort, seule, ne pesait pas assez lourd. C’était mendier un supplément de justice là où la justice ordinaire aurait dû suffire.

    Nous n’avons pas besoin d’un droit qui nous protège en tant que Blancs. Nous avons besoin qui nous protège en temps que citoyens, et qui punisse également ceux qui les tuent.

    C’est plus exigeant. C’est plus juste. Et cela n’a pas d’autre nom que la civilisation dont nous prétendons être les héritiers.

    Yann Vallerie (Breizh-Info, 25 juillet 2026)

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  • Les snipers de la semaine... (314)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur Breizh-Info, Yann Vallerie dézingue la Nouvelle France qui fêtait dans les rues, samedi dernier, la victoire du PSG...

    Ils rêvent d’une « Nouvelle France » : moi, je rêve que mes enfants n’aient pas à la subir

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    - La nécrologie d'Edgard Morin... à la manière de Marc-Edouard Nabe !

    Une nabonécrologie d'Edgard Morin

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  • Ne devenons pas ce que nous combattons : appel à la liberté d’esprit...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Yann Vallerie cueilli sur Breizh-Info consacré à la nécessité de ne pas reproduire à droite les travers de la gauche en matière de politiquement correct et de police de la pensée...

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    Ne devenons pas ce que nous combattons : appel à la liberté d’esprit

    Il y a, dans toute bataille d’idées, un piège auquel peu résistent : celui de se laisser façonner par l’adversaire au point d’en devenir le négatif exact. On croit le combattre, on lui ressemble. On le dénonce, on l’imite. Et l’on finit par penser comme lui, parler comme lui, anathématiser comme lui — simplement avec d’autres cibles. Cette mécanique-là travaille aujourd’hui en profondeur une partie de la droite française, et il faut avoir le courage de le dire, fût-ce au prix d’égratigner quelques susceptibilités amies.

    Pendant trois décennies, le camp conservateur, identitaire, enraciné — appelons-le comme on voudra — a livré un combat légitime et nécessaire contre l’hégémonie culturelle de gauche, contre la déconstruction systématique, contre la repentance permanente, contre l’effacement organisé de notre héritage. Ce combat était juste. Il l’est toujours. Mais à force de se mesurer à un adversaire dont la principale arme est l’excommunication, une fraction de ce camp a fini par adopter ses procédés. Le procès en sorcellerie, hier dénoncé à juste titre quand il visait nos amis, devient un instrument acceptable dès lors qu’il vise les nôtres. La pureté idéologique, hier moquée chez les militants progressistes, devient une exigence imposée à chaque commentateur, chaque candidat, chaque essayiste classé dans notre camp. Le moindre écart de pensée, la moindre nuance, la moindre tentative de penser par soi-même contre la doxa interne du moment, et c’est la curée.

    Le refus de l’anathème

    L’anathème est l’outil de ceux qui ne savent plus penser, ou qui n’osent plus. C’est plus simple de disqualifier que d’argumenter. Plus rapide de coller une étiquette que de comprendre une position. Plus confortable de hurler à la trahison que d’admettre qu’un compagnon de route soulève une objection qui mérite qu’on s’y arrête. La gauche radicale a fait de cette pratique son industrie : chacun se souvient des purges méthodiques, des silences imposés, des carrières brisées pour un mot, des amitiés rompues pour une signature. Nous l’avons combattue, à raison.

    Mais regardons-nous, honnêtement. Qu’un intellectuel, un journaliste, un militant exprime une réserve sur un sujet sensible — la guerre en Ukraine, la stratégie électorale du Rassemblement national, le bilan de telle ou telle figure médiatique, l’attitude à adopter face à Israël ou à la Russie, l’analyse de tel événement récent —, et le voilà aussitôt sommé de choisir son camp, accusé de tiédeur, soupçonné d’avoir vendu son âme, classé parmi les traîtres. Le débat, ce vieil exercice européen, devient impossible à l’intérieur même du camp qui se réclame de la civilisation européenne. C’est un paradoxe qui devrait nous alerter.

    Penser librement, c’est aussi penser seul

    L’autre symptôme, c’est le culte du gourou. Ils sont rares, ils sont influents, ils ont parfois du talent, souvent du courage médiatique, et leurs analyses peuvent être pertinentes. Mais une chose est de reconnaître la qualité d’un penseur ou la justesse d’un essayiste sur tel sujet précis, autre chose est de s’inféoder à sa parole comme à un évangile. Une partie du public conservateur a pris l’habitude de calquer son opinion sur les déclarations de quelques voix dominantes, de relayer mécaniquement leurs prises de position, de moduler ses propres jugements en fonction des leurs. C’est confortable. C’est aussi le contraire exact de ce que devrait être un esprit libre.

    Aimer un auteur, suivre attentivement un commentateur, partager les analyses d’un intellectuel : tout cela est légitime et même salutaire. Mais penser à sa place, jamais. L’homme libre est celui qui prend chez chacun ce qui lui semble juste, qui examine, qui pèse, qui doute, qui se trompe parfois, et qui assume ses propres conclusions — quitte à diverger de ceux qu’il admire. Le militantisme du suiveur, à droite comme à gauche, est une démission de l’intelligence. Et de la dignité.

    Les figures intellectuelles que nous admirons, justement, ont en commun une caractéristique : elles ont toutes, à un moment ou à un autre, contredit leur propre camp. Pasolini contre la gauche de son temps. Soljenitsyne contre l’Occident qui l’avait accueilli. Orwell contre les compagnons de route qui croyaient l’avoir enrôlé. Ce sont précisément ces désaccords assumés, ces refus de s’aligner par confort grégaire, qui font la grandeur d’un esprit. Imite-t-on Orwell en signant en chœur ce que signent tous les amis d’Orwell ? Non. On l’imite en gardant la tête froide quand le groupe s’échauffe.

    Le miroir et la dignité

    Il y a quelque chose de profondément triste à voir un camp qui s’est construit, pendant des décennies, sur le refus du conformisme imposé, devenir lui-même un fabricant de conformisme. Quelque chose de tragique à voir des hommes et des femmes intelligents reprendre, sans s’en apercevoir, les méthodes mêmes qui les ont longtemps fait souffrir : la dénonciation publique, l’ostracisme rapide, l’injure pour solde de tout débat, la lecture morale du moindre désaccord, le procès d’intention permanent. Devenir le miroir de ce qu’on combat, c’est lui donner raison rétrospectivement. C’est accepter, implicitement, que ses méthodes étaient les bonnes — il suffisait simplement de les retourner contre lui.

    Or notre force, si nous en avons une, ne peut pas résider là. Elle réside, ou elle devrait résider, dans la défense intransigeante de quelque chose que la gauche radicale a abandonné depuis longtemps : la liberté réelle de pensée, le goût du débat contradictoire, le respect de l’interlocuteur même quand on le combat, la conviction qu’une idée se réfute par une autre idée et non par une exclusion. Voilà ce qui fait, depuis des siècles, la singularité européenne : la dispute féconde, l’agora, l’amour de la nuance, la culture du contradicteur loyal. Nous prétendons défendre cette civilisation. Commençons par en pratiquer les vertus à l’intérieur de notre propre maison.

    L’honneur de l’homme libre

    Se comporter en homme libre, ce n’est pas refuser tout combat. C’est combattre sans cesser de penser. C’est tenir une ligne sans devenir un automate. C’est défendre des convictions tout en acceptant qu’un ami puisse en avoir de légèrement différentes, et qu’il reste un ami. C’est refuser de hurler avec les loups, même quand ces loups sont les nôtres. C’est accepter que le débat interne fasse parfois mal, parce qu’il est le prix de l’intelligence collective. C’est avoir le courage de dire à son propre camp, quand c’est nécessaire : ici, je ne suis pas d’accord, et voici pourquoi.

    C’est aussi, peut-être surtout, refuser cette posture victimaire qui s’est installée jusque dans nos propres rangs. Pleurer son sort, énumérer ses persécutions, comptabiliser ses censures sur les réseaux, exiger une reconnaissance que personne ne nous doit : tout cela appartient à la grammaire psychologique d’un camp qui n’est pas le nôtre. La dignité commence par le refus de quémander. La force, par le refus du gémissement. Nous avons longtemps incarné, à droite, une certaine idée du caractère : on encaisse, on tient debout, on rend coup pour coup sans se plaindre. Reprenons cette tenue. Elle nous va mieux que la complainte.

    Le pari du recul

    Ce texte ne plaira pas, et c’est peut-être un bon signe. Il ne propose ni mot d’ordre, ni nom à exclure, ni liste à dresser, ni adversaire à abattre. Il propose simplement une chose : du recul. Le pas de côté qui permet de regarder ce que nous sommes en train de devenir, et de nous demander si c’est bien ce que nous voulions être. Si la victoire que nous cherchons depuis si longtemps mérite vraiment d’être obtenue au prix de notre propre transformation en réplique inversée de ceux que nous combattons. Si la civilisation que nous prétendons défendre survit au procédé qui consisterait à la défendre par les méthodes de ses fossoyeurs.

    Penser. Douter. Discuter. Refuser l’anathème. Garder l’estime pour celui qui pense un peu différemment. Ne suivre aucun gourou aveuglément. Lire largement, y compris ceux d’en face. Ne céder ni à la pression du groupe ni à la facilité de l’injure. Cultiver le débat plutôt que la meute. Voilà, peut-être, le plus court chemin vers la victoire véritable — celle qui ne consiste pas à remplacer une tyrannie morale par une autre, mais à rétablir, enfin, l’espace dans lequel des hommes libres peuvent penser ensemble sans avoir à se ressembler.

    Ce sera plus difficile que de hurler avec le camp. Ce sera plus exigeant que de relayer le dernier mot d’ordre. Ce sera moins gratifiant, à court terme, que la pose tribunicienne. Mais c’est la seule voie qui permette, à la fin, de regarder son reflet sans en avoir honte. Et cela, aucune victoire électorale ne le remplace.

    Yann Vallerie (Breizh-Info, 19 mai 2026)

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  • Loyalisme et Unionisme en Irlande du Nord...

    Nous vous signalons la publication via Amazon d'un essai de Yann Vallerie intitulé Quis Separabit ? - Loyalisme et Unionisme en Irlande du Nord sur un sujet très rarement abordé en France. A lire !

    Yann Vallerie est rédacteur en chef de Breizh-Info.

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    " Lorsque l'on évoque l'Irlande du Nord en France, une seule image domine : celle de la lutte républicaine, de Bobby Sands, du Sinn Féin et de l'IRA. Le camp loyaliste et unioniste, qui représente pourtant près de la moitié de la population nord-irlandaise, reste largement ignoré, voire caricaturé. Cet ouvrage comble pour la première fois en langue française cette lacune majeure. De la bataille de la Boyne (1690) au Brexit et à la crise du Protocole nord-irlandais, en passant par le siège de Derry, la bataille de la Somme, le parlement de Stormont, les Troubles, les organisations paramilitaires et l'Accord du Vendredi saint, Quis Separabit retrace l'histoire complète du loyalisme et de l'unionisme en Irlande du Nord. Nourri d'extraits d'entretiens exclusifs avec Billy Hutchinson (leader historique du Progressive Unionist Party), Jamie Bryson (activiste loyaliste), Franck Portinari (ancien membre de l'UDA) et Bill Rolston (sociologue des murales nord-irlandaises), ce livre donne la parole à ceux que l'on n'entend jamais de ce côté de la Manche.

    Richement illustré de quatre cahiers photographiques, murales, figures du loyalisme, quartiers de Belfast, mémoire et musées, complété par une anthologie inédite des chansons loyalistes et un guide des quartiers loyalistes de Belfast, cet ouvrage est autant un essai historique qu'un compagnon de voyage pour quiconque souhaite comprendre l'autre Irlande du Nord."

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  • Les snipers de la semaine... (309)

    Bardem_No country.jpg

    Au sommaire cette semaine :

    sur Hashtable, H16 allume la justice et l'administration pénitentiaire qui ont transformé les prisons en moulins...

    Pénitentiaire français : « derrière les barreaux » devient une suggestion

    Prison_Evasions.jpg

    - sur Breizh-Info, Yann Vallerie dézingue notre société où la hiérarchie des valeurs a été remplacée par une hiérarchie de l’exposition...

    Entre Loana et Jospin, la France a choisi le spectacle

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  • Quentin, Lyon et la fracture française : la violence politique annonce la barbarie...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Yann Vallerie cueilli sur Breizh-Info et consacré à l'irrépressible montée de la barbarie dans notre société...

     

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    Quentin, Lyon et la fracture française : la violence politique annonce la barbarie

    Il y a des morts qui ne sont pas seulement des drames. Ce sont des symptômes.

    La mort tragique de Quentin a agi comme un révélateur brutal. Une génération découvre que la violence politique n’est plus une relique des années 70, ni une parenthèse marginale. Elle est là. Filmée. Partagée. Commentée. Justifiée.

    Il ne se passe plus une semaine sans qu’apparaissent sur les réseaux sociaux des vidéos où l’on voit des groupes s’acharner à coups de pied et de poing sur un homme déjà à terre. Les images circulent, alimentent la rage des uns, la satisfaction des autres, l’effroi silencieux du reste.

    Et chacun reste dans sa bulle.

    Nous vivons dans une civilisation fracturée. Non pas divisée — fracturée. Ce n’est plus un désaccord, c’est une incompatibilité croissante.

    Les réseaux sociaux n’informent plus : ils enferment. Ils construisent des univers parallèles. Chaque camp lit sa propre actualité, interprète les faits à travers son filtre, renforce ses certitudes. On ne confronte plus ses idées : on les consomme.

    Il y a désormais plusieurs réalités simultanées dans un même pays.

    Certains voient un climat d’agressions politiques unilatérales. D’autres ne voient que des “rixes” entre extrêmes. Certains parlent d’ultra-violence organisée. D’autres dénoncent la “récupération”.

    La vérité importe moins que l’appartenance.

    Quand les faits deviennent secondaires face à l’adhésion tribale, la société entre dans une zone dangereuse.

    Le symbole d’une époque

    Un détail pourrait sembler anecdotique : le MMA est aujourd’hui infiniment plus populaire chez les jeunes que la boxe anglaise.

    La boxe classique était un affrontement codifié, debout, avec des règles strictes. Le MMA, lui, autorise le combat au sol, l’étranglement, l’écrasement, la domination physique totale de l’adversaire.

    Ce n’est pas un jugement moral. C’est un symbole.

    Notre époque ne valorise plus la confrontation réglée. Elle valorise la neutralisation. La soumission. L’anéantissement de l’autre.

    La violence n’est plus une transgression. Elle devient un spectacle.

    Et quand la violence devient spectacle, elle devient contagieuse.

    L’impossibilité croissante du “vivre ensemble”

    Le mot est usé. Mais le problème demeure.

    Peut-on vivre ensemble lorsque les différences ne sont plus négociées, mais exacerbées ? Lorsque les identités deviennent des blocs étanches ? Lorsque chaque camp considère l’autre non comme un adversaire, mais comme une menace existentielle ?

    Nous sommes entrés dans une ère d’hyper-sensibilité identitaire et de radicalité émotionnelle.

    On ne discute plus : on accuse.
    On ne débat plus : on disqualifie.
    On ne tolère plus : on exclut.

    Les réseaux amplifient cette mécanique. Les algorithmes récompensent l’indignation, pas la nuance. La colère, pas la complexité. La dénonciation, pas la confrontation argumentée.

    Chaque jour, des milliers de personnes s’éveillent dans une réalité soigneusement calibrée pour conforter leur vision du monde.

    Comment s’étonner ensuite que l’incompréhension dégénère en violence?

    Une génération saturée

    Les jeunes générations grandissent dans un climat d’images permanentes : émeutes, affrontements, humiliations filmées, combats clandestins, “expositions” publiques d’adversaires.

    La frontière entre militantisme, hooliganisme et guérilla symbolique devient floue.

    Quand l’action politique s’exprime d’abord par l’intimidation physique, quand la rue redevient un théâtre de démonstration de force, la démocratie s’érode silencieusement.

    La violence ne surgit pas du néant. Elle est préparée, normalisée, légitimée par des discours qui transforment l’adversaire en ennemi absolu.

    Le risque d’une escalade

    La guerre civile ne commence jamais par une déclaration officielle. Elle commence par des ruptures successives : sociales, culturelles, informationnelles.

    Elle commence quand des groupes ne partagent plus aucun récit commun.
    Quand ils ne reconnaissent plus les mêmes autorités.
    Quand ils ne reconnaissent plus les mêmes faits.

    Nous n’y sommes pas encore.

    Mais nous avançons sur une pente dangereuse.

    La mort d’un jeune homme, les vidéos de lynchages politiques, les discours de justification implicite ou de relativisation sont autant de signaux faibles qui, additionnés, dessinent un paysage inquiétant.

    Une société qui ne sait plus réguler ses conflits par la parole finit toujours par les régler autrement.

    Retrouver le sens du réel

    La barbarie ne vient pas seulement de la rue. Elle vient du refus du réel.

    Refus de voir la fragmentation.
    Refus de reconnaître l’exaspération mutuelle.
    Refus d’admettre que l’accumulation des haines nourrit une dynamique autonome.

    Si chacun continue à vivre dans sa bulle, à considérer l’autre comme irrécupérable, à alimenter la radicalité comme un carburant identitaire, alors oui, l’escalade deviendra probable.

    Le vivre ensemble n’est pas un slogan. C’est une discipline.

    Et aujourd’hui, cette discipline s’effondre.

    La question n’est pas de savoir qui a commencé. La question est de savoir si quelqu’un veut encore arrêter.

    Parce qu’une civilisation ne meurt pas seulement d’attaques extérieures. Elle peut aussi se dissoudre dans ses propres fractures.

    La barbarie ne surgit pas toujours avec fracas. Elle s’installe d’abord dans les esprits.

    Et c’est là qu’elle devient irréversible.

    Yann Vallerie (Breizh-Info, 16 février 2026)

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