Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2017

Au régal du Management...

Les éditions Ovadia ont récemment publié un essai de Baptiste Rappin intitulé Au régal du Management - Le Banquet des simulacres. Maître de Conférences en philosophie à l'Université de Lorraine, Baptiste Rappin vient de publier un remarquable article consacré à la révolution managériale dans le dernier numéro de la revue Éléments.

 

Rappin_Au régal du Management.jpg

" Quel pan de notre vie, aujourd'hui, ne se trouve pas aux prises avec le management ? Qui pourrait bien se targuer d'échapper à cette lame de fond qui bouleverse en profondeur les structures mentales de nos sociétés avancées ? Force est pourtant de constater le flou conceptuel qui entoure le management : son arrivée dans le langage courant a en effet pour corollaire d'en masquer le sens, y compris aux premiers intéressés, les managers et les managés. De ce point de vue, il s'avère expédient de reprendre la réflexion à la racine : le management est un projet technoscientifique, dont les soubassements sont théologiques mais la portée anthropologique et politique. Que se passe-t-il alors quand le management pénètre des sphères qui lui étaient initialement étrangères ? Qu'arrive-t-il aux institutions quand l'optimisation du fonctionnement devient leur raison d'être? Quels rapports le management entretient-il au Vrai (et à l'Université), au Bien (et à l'État) et au Beau (et à l'Art) ? Tels sont les enjeux de cet ouvrage qui, par le détour de la philosophie, n'hésite pas à hisser la réflexion sur le management à son véritable niveau : celui de la civilisation et de l'identité européennes en butte au nihilisme de Technique. "

12/09/2017

Méditation sur la technique...

Les éditions Allia viennent de publier un recueil de textes de José Ortega y Gasset intitulé Méditation sur la technique. Penseur espagnol de la première moitié du XXe siècle, José Ortega y Gasset est notamment l'auteur de La révolte des masses (1929).

Ortega y Gasset_Méditations sur la technique.jpg

" « L'homme, qu’il le veuille ou non, doit se faire lui-même, s’auto-fabriquer. Cette dernière expression n’est pas tout à fait inopportune. Elle met en exergue que l’homme, à la racine même de son essence, joue avant tout le rôle de technicien. Pour lui, vivre revient d’abord à s’efforcer à rendre présent ce qui ne l’est pas encore ; à savoir, lui, lui-même, profitant pour cela de ce qu’il y a ; en somme, il est production.»
Qu’est-ce que la technique ? Pour répondre à cette question, Ortega Y Gasset revient à ce qui, fondamentalement, s’impose à tout homme : la nécessité de vivre. Plus que de survivre, le but de l'homme est le bien-être et c'est pour l'atteindre qu'il développe un répertoire de techniques (le feu, l'agriculture, la chasse). Au contraire de l'animal, il parvient à produire ce qui n'existe pas dans la nature. C'est ainsi qu'il se démarque de l'état naturel et démontre sa capacité à se détacher des stricts besoins vitaux.
Là réside aussi la particularité de l’homme, qui pourvoit à son bien-être tout en créant ses besoins. Ce à quoi répond la technique.
Par une succession de raisonnements limpides et de points de vue originaux, le philosophe madrilène, admiré de Mario Vargas Llosa, en vient à évoquer une "crise des désirs" engendrée par la technique et la soif de bien-être.
Plus de doute, l’homme est un animal pour lequel seul le superflu est nécessaire. Superflu offert par la technique – on ne saurait être plus actuel. "

15/02/2017

L'homme et la terre...

« Klages, avec l’aspect d’un pasteur protestant et un tempérament de condottiere, débordant, explosif, volubile et prophétique, est l’homme le plus réalisé que j’ai rencontré jusqu’à présent. » Cioran

Les éditions RN viennent de publier un court essai de Ludwig Klages intitulé L'homme et la terre. L'ouvrage est présenté par Gilbert Merlio. Philosophe vitaliste, marqué par Nietzsche, "extrêmement influent dans le domaine germanique, maître notamment de Cioran et inventeur de la graphologie, Ludwig Klages (1872-1956) a produit une œuvre originale critiquant notamment l’hyper-intellectualisation du monde et la domination de la technique."

 

Klages_L'homme et la terre.jpg

" Le texte fondateur de l’écologie allemande et au-delà européenne enfin disponible en français. Bref mais incisif, plus que jamais d’actualité, l’écrit du brillant philosophe Ludwig Klages avait paru en 1913 et fut redécouvert par les Verts allemands dans les années 1980. Implacable vis à vis du concept de progrès (« le progrès n’est rien moins que la destruction de la vie »), il prophétise les destructions des paysages, la pollution environnementale ou encore l’exploitation des ressources naturelles dans un texte bouillonnant de vie. L’un des tout premiers manifestes du genre, ce texte qui s’abreuve aux sources de la rationalité rigoureuse comme à celles du romantisme allemand est une lecture obligatoire d’aujourd’hui pour penser l’écologie. "

30/01/2017

Français, si vous saviez...

Les éditions Gallimard viennent de rééditer Français, si vous saviez, un recueil d'articles de Georges Bernanos, parus entre 1945 et 1948, qui prolongent la critique de la civilisation moderne développée dans La France contre les robots.  Journaliste, polémiste et romancier, Georges Bernanos est notamment l'auteur de Sous le soleil de Satan (1926) et de La Grande Peur des bien-pensants...

 

Bernanos_Français si vous saviez.jpg

"«Les gouvernements prétendent convaincre les peuples qu'ils sont ingouvernables et, pour les rendre gouvernables, ils ne songent qu'à renforcer la puissance, déjà énorme, de l'État. Mais ce n'est pas l'État qu'ils renforcent, c'est l'administration, qui deviendra bientôt cette équipe de techniciens tout-puissants, incontrôlables, irresponsables, instrument nécessaire de la prochaine, de la très prochaine dictature universelle. Il n'est d'État que dans un pays libre. Un pays libre est un pays qui compte une certaine proportion d'hommes libres. C'est ce nombre plus ou moins grand d'hommes libres qui fait la légitimité, la dignité, l'honneur de l'État. [...] L'État n'est rien s'il n'a son compte d'hommes libres capables non seulement de le servir, mais de le penser, de se faire de lui une idée juste et claire, acceptable par tous. Il faut donc refaire des hommes libres.
Français, ô Français, si vous saviez ce que le monde attend de vous !»"

26/12/2016

L'homme et la technique...

Les éditions RN viennent de rééditer l'essai d'Oswald Spengler intitulé L'homme et la technique, avec une présentation de son biographe, Gilbert Merlio, et une préface de Michel Onfray. Figure essentielle de la Révolution conservatrice allemande, historien et philosophe, Oswald Spengler est, en particulier, l'auteur du Déclin de l'Occident, fresque historico-philosophique, qui a eu un très fort retentissement en Europe lors de sa publication au début des années 20.

 

Spengler_l'homme et la technique.jpg

 

" Paru en 1931, juste avant la mort de Spengler, ce petit livre était probablement une première approche à un livre d’envergure beaucoup plus grande que ne nous ne connaîtrons jamais. Anticipant de manière prémonitoire tout ce que l’Occident (que Spengler appelle « culture Faustienne ») devait connaître de crises au cours du XXe siècle (contestations contre le mode de vie consumériste et productiviste, décolonisation, vide spirituel et sentiment d’enfermement dans la vie moderne, crises écologiques), Spengler, avec son style parfois polémique mais toujours vivifiant, propose une réflexion sur la technique en tant que consubstantielle à l’homme, « grand carnassier ». Convoquant archéologie, histoire des civilisations et surtout son intuition phénoménale, Spengler, non idéologue, non politique, non dogmatique mais fin analyste pétri de stoïcisme, propose un texte à lire, pour ce qu’il garde d’actualité et d’acuité.

Essayiste virulent, disciple de Nietzsche et de Schopenhauer, analyste polémique aux intuitions géniales, Oswald Spengler (1880-1936) est l’auteur d’une œuvre éminemment originale sur les cultures et civilisations humaines. "

02/11/2016

Quand le monde s'est fait nombre...

Les éditions Stock viennent de publier un nouvel essai d'Olivier Rey intitulé Quand le monde s'est fait nombre. Mathématicien et philosophe, chercheur au CNRS et enseignant en faculté, Olivier Rey est notamment l'auteur de Une folle solitude - Le fantasme de l'homme auto-construit (Seuil, 2006) et de Une question de taille (Stock, 2014), deux essais consacrés à la question du progrès et de la technique dans nos sociétés.

 

Quand le monde_Rey.jpg

" La statistique est aujourd’hui un fait social total : elle règne sur la société, régente les institutions et domine la politique. Un vêtement de courbes, d’indices, de graphiques, de taux recouvre l’ensemble de la vie. L’éducation disparaît derrière les enquêtes PISA, l’université derrière le classement de Shanghai, les chômeurs derrière la courbe du chômage… La statistique devait refléter l’état du monde, le monde est devenu un reflet de la statistique. "