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25/09/2018

Ces démocraties illibérales plébiscitées par le peuple...

Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°174, octobre-novembre 2018) est en kiosque !

A côté du dossier consacré aux nouvelles démocraties illibérales, on retrouvera l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés, des entretiens, notamment avec Laurent Obertone et Eric Zemmour, les chroniques de Xavier Eman, d'Hervé Juvin, d'Olivier François, de Ludovic Maubreuil, de Fabien Niezgoda, de Laurent Schang et d'Yves Christen et l'anti-manuel de philosophie de Jean-François Gautier...

Bonne lecture !

Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

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Éditorial           

La fin des classes moyennes, par Alain de Benoist

Agenda, actualités

L’entretien

Laurent Obertone enterre le vivre-ensemble, propos recueillis par François Bousquet et Pascal Esseyric

Cartouches

Le regard d’Olivier François : Le jeu de massacre d'Anne Hansen

Une fin du monde sans importance, par Xavier Eman

Le carnet géopolitique d’Hervé Juvin : Tout est normal, tout change

Nimier inactuel, donc plus actuel que jamais ! , par Michel Marmin

Je me souviens... de Sergio Leone , par Ludovic Maubreuil

Champs de bataille : Voir Teutoburg et mourir, par Laurent Schang

Guerre aux démolisseurs, par Fabien Niezgoda

Bestiaires : L'homme est-il un animal domestique, par Yves Christen

Sciences

Le combat des idées

Eric Zemmour, pourquoi la France, propos recueillis par François Bousquet

Mathieu Bock-Côté : Justin Trudeau, le laborantin du progressisme mondialisé, propos recueillis par Alain de Benoist

Emmanuel Caméléon, par Christian Combaz

Christian Combaz, la révolte de la France de Campagnol, par François Bousquet

Combattre au Moyen-Age, par Fabien Niezgoda

D'estoc et de taille, rencontre avec Jean-Paul Conraud, propos recueillis par Fabien Niezgoda

Fabrice Grimal : la jeunesse française face à la révolution, propos recueillis par David L’Épée

L'impuissance de Galileo, le GPS européen, par Hector Burnouf

L'énigme brésilienne Jair Bolsonao, par Nicolas Dolo

Le Brésil sous la coupe de l'«État profond» américain, par Nicolas Dolo

1789, une contre-révolution sexuelle, par David L’Épée

Pierre Madelin, au-delà de l'anticapitalisme, par Falk van Gaver

Le récit secret de Christopher Gérard, par François Bousquet

La victoire de la boue, par Patrice Jean

La poésie de Georgette LeBlanc, par Erik L'Homme

Dans l'atelier de Pierre Lamalattie, propos recueillis par Thomas Hennetier

Dossier

Les nouvelles démocraties illibérales

La société illibérale et ses ennemis, par Alain de Benoist

Viktor Orban, l'illibéralisme au pays du «goulash», par Yann Caspar

L'essence anti-démocratique du libéralisme, par Jean-Louis Bernard

Le retour du protectionnisme, par Guillaume Travers

L'imposture du national-libéralisme, par David L’Épée

Panorama

L’œil de Slobodan Despot

Les espaces à reconquérir, par Slobodan Despot

Philo : Un problème peut-il être mystérieux ?, par Jean-François Gautier

L’esprit des lieux : Glen Coe, terre sauvage, par Fabien Niezgoda

C’était dans Éléments : Pour en finir avec la civilisation occidentale, par Guillaume Faye

Éphémérides

 

13/08/2018

Une époque absolument épique !...

Vous pouvez ci-dessous découvrir un entretien avec Slobodan despot, réalisé fin juillet 2018 par Edouard Chanot pour Radio Sputnik, dans lequel il évoque l'actualité avec son œil de romancier... Editeur et essayiste, Slobodan Despot a publié deux romans, Le miel (Gallimard, 2014) et Le rayon bleu (Gallimard, 2017).

 

 

                                   

03/06/2018

Tour d'horizon... (147)

jean-yves camus,dominique venner,slobodan despot,jan palach,sacrifice,mort volontaire

 

Au sommaire cette semaine :

- sur le site Fragments sur les temps présents, Jean-Yves Camus livre une analyse très juste de la mort de Dominique Venner...

Dominique Venner et la mort

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- sur Antipresse, Slobodan Despot rend hommage à la figure de Jan Palach...

Mémoire de Jan Palach, une Antigone de notre temps

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15/04/2018

Tour d'horizon... (144)

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Au sommaire cette semaine

- Serge Latouche répond aux questions de la revue d'inspiration pasolinienne Accatone...

« La révolution, ce n’est pas la prise du palais d’hiver, c’est un changement de mentalité, un changement d’imaginaire »

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-sur Antipresse, Slobodan Despot interroge le Saker, Suisse d’origine russe, établi en Floride, qui possède une connaissance approfondie des trois mondes, la Russie, l’Europe et l’Empire atlantique, à propos des menaces américaines contre la Russie à propos de la Syrie...

La course à l’apocalypse de l’Empire américain devenu fou

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22/01/2018

Demain, tous cons ?...

Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°170, février-mars 2018) est disponible en kiosque.

A côté du dossier consacré à la baisse du QI dans les pays occidentaux, on retrouvera l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés, de nombreux entretiens, les chroniques de Xavier Eman, d'Olivier François, de Ludovic Maubreuil, de Laurent Schang et d'Yves Christen et l'anti-manuel de philosophie de Jean-François Gautier...

Bonne lecture !

Vous pouvez commander ce numéro ou vous abonner sur le site de la revue : http://www.revue-elements.com.

 

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Éditorial

 

La passion neutre, par Alain de Benoist

 

Agenda, actualités

 

L’entretien

 

Antoine Compagnon : Pourquoi la littérature ?

 

Cartouches

 

Le regard d’Olivier François : Le retour de Boris Savinkov

 

Une fin du monde sans importance par Xavier Eman

 

Cinéma : La gueule de Johnny

 

Musique : Magma, la musique en fusion

 

Champs de bataille : Sur la route de Kolin

 

Bestiaires par Yves Christen

 

Sciences

 

Le combat des idées

 

Terrorisme : Débat entre Alain Bauer et Hervé Juvin

Généalogie de la racaille
Gabrielle Cluzel et Ingrid Riocreux : les délires du féminisme
La judiciarisation du harcèlement
Philippe Barthelet décrypte l’écriture inclusive
Attention féminisme méchant !
Au loup !
La Chine plaide pour une écologie des civilisations
Hannah Arendt contre le réductionnisme sociologique
A la rencontre d'Hannah Arendt
Quoi de neuf ? Carl Schmitt !

Robert Redeker : Vérités sur la mort à l'heure du transhumanisme

Les hommes du commun à l'ouvrage

Voir, aimer et sentir avec Michel Déon

 

Dossier
Demain, tous crétins ?
Pourquoi le QI baisse
Entretien avec Richard Lynn
Inventaire à la Prévert du con
Les Mirages de l'intelligence artificielle : entretien avec Cédric Sauviat et Marie David
Nietzsche et la prophétie du dernier homme
Panorama
L’œil de Slobodan Despot
Série télé : Billions ton univers impitoyable
Philo : D'où vient la souveraineté ?
L’esprit des lieux : L'hommage parisien à Marcel Aymé
C’était dans Éléments : Le droit des animaux en question
Éphémérides

28/12/2017

Services publics...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Eric Werner, cueilli dans le n°108 d'Antipresse, lettre d'information de Slobodan Despot, dont la nouvelle formule sera disponible en début d'année 2018. L'auteur évoque la dégradation de la qualité des services publics qui va de concert avec l'augmentation de leur coût...

Auteur de plusieurs essais essentiels comme L'avant-guerre civile (L'Age d'Homme, 1998 puis Xénia, 2015) ou De l'extermination (Thaël, 1993 puis Xénia, 2013) Eric Werner vient de publier dernièrement Un air de guerre (Xénia, 2017).

 

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Services publics

Que veut réellement l’État au XXIe siècle? Pour qui roule-t-il? Et pourquoi rafle-t-il toujours plus d’impôts pour fournir toujours moins de prestations?

Dans la dernière décennie du siècle précédent, l’État décida de se réorganiser pour faire des économies. C’est son développement même qui l’y contraignait. Il devait également faire face à de nouvelles dépenses (à l’international en particulier). Or, pour y parvenir il lui fallait impérativement réduire ses dépenses en certains secteurs. Il aurait pu également, c’est vrai, augmenter les impôts. Ce qu’il fit, d’ailleurs. Mais sa marge de manœuvre en la matière était limitée: trop d’impôt, comme on le sait, tue l’impôt. Il s’employa donc surtout à réduire certaines dépenses.

On cessa par exemple de considérer que la poste, le téléphone et les chemins de fer étaient des services publics, et qu’à ce titre l’État se devait de veiller à combler la différence entre ce qu’ils coûtaient et ce qu’ils rapportaient. La poste, le téléphone et les chemins de fer devinrent ainsi des entreprises comme les autres, assujetties comme les autres à des critères de profit et de rentabilité. Elles devaient au minimum équilibrer leurs comptes, au mieux dégager une plus-value. Autrefois l’argent allait de l’État aux services publics, maintenant c’était le contraire: il allait de la poste, du téléphone et des chemins de fer à l’État.

Les personnels furent ainsi invités à travailler plus pour gagner moins. Les cadences augmentèrent, à l’image de ce qui se passait au même moment dans le secteur privé. Les personnels s’adaptèrent, ils n’avaient pas le choix. Certains tombèrent malades, d’autres se suicidèrent. Quant aux anciens usagers, rebaptisés clients, ils furent invités à mettre la main au porte-monnaie. Les tarifs explosèrent, ce que les nouveaux managers (on fait ici référence au «New public management», un courant de pensée issu du néolibéralisme) justifièrent en invoquant la «vérité des coûts». Cela nous a coûté tant, cela vous sera facturé tant. Plus, comme il se doit, un petit bénéfice pour nous permettre «d’investir», autrement dit de récompenser l’État actionnaire en lui versant un dividende. Là encore, les gens s’adaptèrent.

On a évoqué plus haut la pression fiscale. Normalement, elle aurait dû diminuer, puisque l’État avait renoncé à combler la différence entre ce que coûtaient les services publics et ce qu’ils rapportaient. Mais l’État ne l’entendait évidemment pas de cette oreille. Non seulement les impôts ne diminuèrent pas, mais ils continuèrent régulièrement d’augmenter. Les individus se virent ainsi confrontés à une double hausse: celle des tarifs des services publics, d’une part, de leur feuille d’impôt de l’autre. Les gens acceptèrent.

Parallèlement, comme on pouvait s’y attendre, on assista à une baisse de la qualité des services fournis. Prenons l’exemple du téléphone. Les technologies ont évidemment beaucoup évolué depuis une trentaine d’années. Tout le monde ou presque dispose aujourd’hui d’un téléphone cellulaire, le plus souvent également d’un smartphone, etc. Le téléphone offre ainsi beaucoup plus de possibilités qu’il n’en offrait il y a une trentaine d’années. Mais tout, en même temps, est devenu beaucoup plus fragile (pour ne pas dire chaotique). C’est le cas même avec le téléphone fixe. Pour réduire ses coûts, l’opérateur Swisscom vient, on le sait, de renoncer à l’ancienne technologie analogique, pour lui en substituer une autre, articulée à Internet. La conséquence en est que le téléphone tombe assez souvent maintenant en panne, ce qui n’était pas le cas autrefois. La péjoration est évidente.

Mais on en voit aussi la cause. L’ancienne technologie donnait pleine et entière satisfaction. Mais elle coûtait trop cher aux yeux de l’opérateur. Celui-ci lui en a donc substitué une autre moins coûteuse, mais aussi plus fragile. Le résultat est là. On ne se demande plus si quelque chose fonctionne ou non, mais si les technologies qu’on utilise contribuent ou non à accroître le bénéfice de l’entreprise. A terme, il est probable que le téléphone fixe sera purement et simplement supprimé. Il rapporte en effet beaucoup moins aux opérateurs que le téléphone portable. Il sera alors temps de dresser un bilan, et pour cela de comparer le champ de ruine ainsi créé à l’excellent réseau téléphonique des années 70 et 80 du siècle passé, réseau auquel 90 % des gens étaient alors raccordés. L’ancien appareil à cadran manuel était simple, rudimentaire, mais au moins fonctionnait-il.

On parle aujourd’hui beaucoup du train: trains en retard, supprimés, immobilisés, etc. Les dysfonctionnements aujourd’hui observés sont systémiques. Ils tiennent fondamentalement au fait que les autorités encouragent les gens à habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail, et donc à prendre de plus en plus le train. Or les infrastructures n’ont pas suivi. D’où les dysfonctionnements actuels. L’actuel réseau ferroviaire est saturé. On pourrait être tenté d’incriminer l’incompétence des responsables, leur imprévoyance, etc. Mais on pourrait aussi dire qu’ils ont toujours su très bien ce qu’ils faisaient. Créer des infrastructures coûte cher.

Cela interpelle sur ce qu’est aujourd’hui l’État. Sur ce qu’il est et sur ce qu’il veut. L’État ment, disait Nietzsche. «Il ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: «Moi, l’État, je suis le Peuple». [1] L’État n’est évidemment en rien le Peuple. Il est l’État. Quoi qu’il dise ou prétende, il ne se soucie en rien non plus du Peuple. De quoi alors se soucie-t-il? De lui-même, tiens donc. De lui-même et de rien d’autre. Il est à lui-même sa propre fin. Tout ce qu’il fait et entreprend, il le fait d’abord pour lui-même. Nietzsche encore: «L’État ment dans toutes ses langues du bien et du mal; et dans tout ce qu’il dit, il ment – et tout ce qu’il a, il l’a volé. Tout en lui est faux; il mord avec des dents volées». Ce qui se passe aujourd’hui est donc normal, on ne peut plus normal. Le «New public management» n’a rien inventé. Il met simplement en forme, juste en forme, ce qui est la manière normale et habituelle d’agir de l’État.

Voilà ce que les gens devraient se dire quand, par exemple, pauvres pendulaires en attente d’un train qui ne vient pas, ils gèlent sur un quai de gare en consultant leurs mails professionnels.

Encore une fois, ce qui frappe, c’est la résignation générale. Les gens avalent tout, acceptent tout. Ils croient aussi tout ce que l'État leur raconte. On pourrait se demander pourquoi: pourquoi une telle propension à la résignation? La lassitude est peut-être une explication. Peut-être aussi l’absence de perspective. L’inculture empêche de porter une appréciation articulée sur ce qui est acceptable ou inacceptable. On manque de points de comparaison. N’oublions pas non plus la peur. Les gens ont peur des autorités. Et donc se taisent. C’est aussi une explication possible.

Eric Werner (Antipresse n°108, 24 décembre 2017)

NOTE

  1. Ainsi parlait Zarathoustra, I, «De la Nouvelle Idole» (Œuvres complètes, t. II, Bouquins, Robert Laffont, 1993, p. 320).