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20/01/2018

Quand Nietzsche et Wagner s'écrivaient...

Les éditions Kimé viennent de publier la correspondance échangée entre Friedrich Nietzsche et Richard Wagner entre 1868 et 1878, de la première rencontre entre le jeune penseur et le compositeur à l'époque de leur rupture intellectuelle brutale. L'ouvrage est présenté par le philosophe Pierre Héber-Suffrin.

 

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" Nietzsche et Wagner dans leur intimité ! Compte tenu de l'importance des personnages, la chose suffirait déjà amplement à mériter notre attention. Mais il y a bien plus pour mériter notre attention dans cette correspondance. Bien plus, car on assiste ici à la naissance de la philosophie de Nietzsche cherchant alors un modèle de sagesse chez Wagner censé ressusciter les tragiques grecs. Bien plus encore, car en voyant ici Wagner travailler à son rêve de Bayreuth et, plus profondément, à son ambitieux projet de renaissance de la civilisation allemande et en voyant ici le jeune Nietzsche tenter d'oeuvrer à ce double projet au côté de Wagner, son aîné de 31 ans, ce qu'on voit, à sa source, c'est le projet, plus ambitieux encore, de refondation de la civilisation humaine tout entière que Zarathoustra viendra chanter bien des années plus tard.
Bien plus enfin, car on peut aussi à la lecture de ces lettres comprendre pourquoi les sentiments chaleureux dont elles témoignent devaient se transformer en farouche hostilité : on accepte mal de s'être laissé longtemps fasciner, subjuguer - fût-ce par le plus charmeur des artistes - quand on s'appelle Nietzsche. " 

22/06/2016

Le wagnérisme dans tous ses états...

Les presses de la Sorbonne nouvelle viennent de publier un ouvrage collectif dirigé par Cécile Leblanc et Danièle Pistone et intitulé Le wagnérisme dans tous ses états 1913 - 2013. Cécile Leblanc est agrégée de Lettres classiques, et a participé à la rédaction du Dictionnaire de Wagner et du wagnérisme (Acte sud, 2009) ; quant à Danièle Pistone, elle est musicologue et a notamment publié un Wagner et Paris (Champion, 1980).

 

 

"De l’admiration éperdue au rejet viscéral, aucun artiste du XIXe siècle n’a suscité autant de passions extrêmes que Wagner, au point de faire naître une mouvance aux esthétiques parfois contradictoires, le wagnérisme. Pourtant, dès le premier quart du vingtième siècle, en France, les haines exacerbées, comme les adulations excessives, s’apaisent avec l’entrée des œuvres du maître au répertoire des maisons françaises d’opéra. Est-ce le début d’une normalisation des relations entre Wagner, les artistes et le public et, par conséquent, le crépuscule du « vieux dieu » ? N’est-ce pas, au contraire, le début d’un wagnérisme apaisé et créateur ? Les contributions réunies dans cet ouvrage s’interrogent sur la permanence du wagnérisme et sa « prodigieuse fécondation » (le mot est de Proust) de toutes les formes d’art du XXe siècle, de l’opéra à la danse, les arts plastiques et le cinéma. Leurs auteurs ont eu pour ambition de montrer nombre d’aspects de la présence récurrente de ce créateur dont les œuvres se sont imposées, entre 1913 et 2013, comme le laboratoire de formes artistiques parmi les plus novatrices."

04/11/2013

1943 : la chute de Mussolini...

La Nouvelle Revue d'Histoire est en kiosque (n° 69, novembre - décembre 2013).

Le dossier central est consacré à la chute de Mussolini. On peut y lire, notamment,  des articles de Philippe Conrad ("Le bilan du Ventennio nero"), de Guillaume Livet ("Le débarquement de Sicile"), de Thierry Buron ("8 septembre 1943 : un armistice humiliant" ; "1943, l'année fatale pour l'Europe"), de Martin Benoist ("Otto Skorzeny enlève Mussolini" ; "La Decima Flottiglia MAS"), de Jean-Emmanuel Dorcines ("La mort de Mussolini") et de Philippe d'Hugues ("Robert Brasillach et la fin du fascisme").

Hors dossier, on pourra lire, en particulier, un entretien avec l'historien du droit Jean-Louis Harouel ("Regard sur le christianisme") ainsi que des articles d'Emma Demeester ("Alphonse de Lamartine, un romantique en politique"), de Jean-François Gautier ("Richard Wagner et la France"), de Beata de Robien ("Eleanor Roosevelt, une femme d'influence sous influence"), de Péroncel-Hugoz ("Farouk, un monarque diffamé") d'Aude de Kerros et Christine Sourgins ("La prise de pouvoir de l'art dit "contemporain") et de Philippe d'Hugues ("Raoul Girardet, un historien français").

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06/11/2012

Sa vie...

Les éditions Perrin viennent de publier Ma vie, les mémoires de Richard Wagner. Un livre indispensable pour tous les admirateurs du maître de Bayreuth et de sa musique...

 

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"Première édition française critique et fidèle au texte original « Artiste moderne par excellence » (Thomas Mann), Richard Wagner fut écrivain autant que compositeur. Non seulement, comme aucun autre avant lui, il fut l'auteur exclusif de tous les textes de ses opéras, ainsi que d'une littérature théorique, mais il a aussi pris soin de se raconter lui-même. Comme le Nietzsche de Ecce Homo, il aurait pu intituler son autobiographie : « Pourquoi je suis un destin ». L'homme Wagner construit la légende, dans un mélange surprenant de mythe et de réalité, de poésie et de trivialité, d'une vie proprement romanesque.
Dans Ma vie, Wagner cherche autant à se justifier qu'à bâtir une image pour la postérité. La rédaction de ses mémoires, souvent interrompue par diverses péripéties, prendra un temps considérable. C'est que, tout au long de cette écriture, il aura fallu ménager lecteurs et réputation : la relation adultère avec Cosima, épouse de son ami von Bülow ; les liaisons successives ; la vie dispendieuse et l'épineux passé révolutionnaire de l'artiste, devenu chantre de la monarchie bavaroise...À la mort de Wagner, en 1883, Cosima durcit le secret qui devait entourer Ma vie : elle exige de leurs amis qu'ils lui retournent leurs exemplaires et en détruit la plupart. Même le roi Louis II dut se défaire de ses volumes.
C'est en 1963 seulement que paraîtra en allemand une édition critique fiable, mais le texte français devait encore rester, jusqu'à aujourd'hui, tronqué de tout ce qui avait gêné le culte wagnérien. C'est pourquoi la présente édition est un événement, que le bicentenaire de la naissance du compositeur rend plus que jamais nécessaire. Et si Wagner nous invite tout à la fois à l'admiration et à la méfiance, il fallait qu'il puisse le faire dans l'intégrité de sa parole et à la mesure de sa complexité."

02/10/2011

Les Nibelungen !...

"Aujourd'hui, Les Nibelungen frappent toujours le spectateur  de stupeur par la stylisation grandiose et dépouillée d'une mise en scène conçue comme une liturgie tragique, qui [...] vise à une sorte d'intemporalité sacrale au moyen d'un archaïsme stylisé." Michel Marmin, Lang (Pardès, 2004)

 

La chaîne Arte diffuse lundi 3 octobre 2011 à 20 heures 40 les deux volets du film de Fritz Lang, Les Nibelungen, dans leur version restaurée  datant de 2010. Avec ce film, sorti initialement en 1924, Fritz lang a porté à l'écran la célèbre légende allemande, la  chanson des Nibelungen, qui a été aussi la source d'inspiration de Richard Wagner pour son Ring...

 

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"Le diptyque LES NIBELUNGEN sera présenté en version restaurée et colorée dans divers festivals ainsi que dans les salles. La première mondiale sera diffusée sur ARTE, chaîne culturelle européenne qui, depuis de nombreuses années, est très engagée dans le cinéma muet. La publication d’un DVD est également prévue. Eberhard Junkersdorf déclare être « très fier que la Fondation Murnau ait pu, à l’issue d’un long travail de restauration, rendre deux des plus importants films de Fritz Lang accessibles au public ».

Il a fallu plus de quatre ans aux équipes de la Fondation pour arriver à bonne fin. Les pellicules ont dû être récupérées à Montevideo, à Moscou, etc. Jamais encore un projet de ce genre n’avait eu une telle ampleur. « La nouvelle version de la Fondation Murnau donne une idée très précise de l’original, c’est une reconstitution fidèle. Pour la première fois, il a été possible de prendre en compte un matériau d’une extrême richesse réparti dans les archives des cinémathèques du monde entier – dix-huit copies d’époques ont été retrouvées » relate la restauratrice Anke Wilkening de la Fondation Murnau. Lors d’une précédente restauration, achevée dans les années 1980, cela n’avait pas encore été possible.

Beate Warkentien, de la Société des musiques de films muets « Europäische Filmphilharmonie », est d’avis que « la musique originale de Gottfried Huppertz, qu’il a composée à la demande de l’Ufa en étroite collaboration avec Fritz Lang et Thea von Harbou, compte parmi les œuvres clés de l’histoire allemande de la musique de films ». La reconstitution de la partition de Gottfried Huppertz (* 1887 Cologne, † 1937 Berlin) et le nouvel enregistrement de la musique originale du film ont été placés sous la responsabilité de la ZDF/ARTE et de l’Orchestre symphonique du Hessischer Rundfunk. Frank Strobel et Marco Jovic ont été chargés par l’Unité de programme Cinéma de la reconstitution et du calage de la musique en se fondant sur le manuscrit tel qu’il nous est parvenu.

Coproduit par la Fondation Friedrich-Wilhelm-Murnau, le Hessischer Rundfunk et la ZDF, en collaboration avec ARTE, le film LES NIBELUNGEN (Allemagne 1924/2010) était présenté le 27 avril 2010 en première mondiale au public de l’Opéra allemand de Berlin. Pas moins de dix-sept institutions de neuf pays ont participé à sa restauration."