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21/02/2017

La France ciblée...

Les éditions Vendémiaire viennent de publier une étude historique de Gregor Mathias intitulée La France ciblée - Terrorisme et contre-terrorisme pendant la guerre d'Algérie. L'auteur évoque un sujet méconnu et occulté, celui de la "guerre d'Algérie" en France, qui a été peu traité, sinon d'un point de vue algérien, par Ali Haroun, dans La 7e wilaya (Seuil, 1986), ou sous la forme du récit, par Raymond Muelle dans l'excellent Sept ans de guerre en France (Presses de la Cité, 1994). Une lecture qui vient utilement éclairer la situation présente, même si, à l'époque, la communauté algérienne en France ne comptait qu'à peine 500 000 personnes...

Docteur en histoire, chercheur associé au Centre Roland Mousnier (Paris IV Sorbonne), spécialiste des relations internationales et de la guerre d’Algérie, Gregor Mathias a écrit plusieurs ouvrages sur les conflits récents en Centrafrique, au Mali et en Syrie, en s’intéressant plus particulièrement au phénomène du terrorisme djihadiste.

 

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" Novembre 1954 : l’insurrection éclate en Algérie. Rapidement, le conflit gagne la métropole, où le FLN met en place une administration clandestine au fonctionnement efficace. Une véritable guerre l’oppose alors à son concurrent direct, le MNA.

Très vite, des frontières invisibles apparaissent, au sein des agglomérations françaises, entre les quartiers et les rues que les ouvriers algériens appartenant à l’un ou l’autre camp ne peuvent franchir sans risquer leur vie. Depuis ses bastions, le FLN mène en outre des attaques contre des cafés et des hôtels, organise des attentats à la bombe, mitraille des policiers et des commissariats. À Paris, Lyon ou Marseille, des agents d’élite mettent en place des unités chargées d’infiltrer et de démanteler l’organisation clandestine, en s’appuyant notamment sur des harkis et des réseaux d’informateurs.

Tous les moyens, légaux et illégaux, ont été utilisés des deux côtés, faisant de l’immigration algérienne en France métropolitaine un véritable champ de bataille où tombèrent plus de 4 000 victimes. Les dessous d’une guerre secrète qui s’est déroulée, pendant huit ans, sur le territoire français. "

                               

18/01/2013

Algérie : un état des lieux...

Les éditions Calmann-Lévy viennent de publier Algérie : le vrai état des lieux, une enquête de Frédéric Pons. Journaliste à Valeurs actuelles, spécialiste des questions de défense, Frédéric Pons est l'auteur de nombreux livres consacrés aux conflits dans lesquels les armées françaises ont été engagées au cours des trente dernières années, comme Mourir pour le Liban (Presses de la cité, 2006) ou Opérations extèrieures (Presses de la cité, 2009).

 

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"« Qu’avons-nous fait de ces cinquante ans ? » Telle est la question que se posent les Algériens maintenant que s’éloignent les célébrations de l’indépendance. « Du bricolage », répondent la plupart d’entre eux, surtout les jeunes qui n’ont en général pour perspective d’avenir que le chômage ou des petits trafics, faute d’obtenir un visa pour l’eldorado européen.
    Preuves et témoignages à l’appui, Frédéric Pons explique pourquoi le pays s’est enfoncé dans le marasme. Il montre comment une caste militaro-affairiste met l’économie en coupe réglée et se maintient au pouvoir, recourant à des manipulations qui ont culminé pendant la terrible guerre civile des années quatre-vingt-dix, aux cicatrices encore à vif. 
   Nourrie d’une connaissance approfondie du terrain, d’observations précises, de documents implacables, cette enquête menée sans tabous révèle le vrai bilan de cinquante ans d’indépendance. Marquée par une réelle empathie pour la terre algérienne, elle nous donne aussi des raisons d’espérer un nouveau départ pour ce pays magnifique."

20/10/2012

La coupe de la repentance déborde !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bernard Lugan, cueilli sur son blog et consacré au dernier acte de "repentance" en date du président de la République, François Hollande...

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Après l'esclavage, le 17 octobre 1961... La coupe de la repentance déborde
 
En reconnaissant la responsabilité de l’Etat et en rendant hommage aux « victimes » de la manifestation interdite du 17 octobre 1961 [1], François Hollande s’est comporté en militant sectaire, non en président de tous les Français. D’autant plus que, pour les historiens de métier, les prétendus « massacres » du 17 octobre 1961 constituent un tel exemple de manipulation qu’ils sont étudiés comme un cas exemplaire de fabrication d’un mythe ; comme Timisoara en Roumanie, comme les « couveuses » au Koweit ou encore comme les « armes de destruction massive » en Irak !!!
 
Tout repose en effet sur des chiffres gonflés ou manipulés et sur des cadavres inventés. Dans une inflation du nombre des morts, les amis du FLN algérien et les porteurs de valises communistes ont ainsi joué sur les dates, additionnant aux 3 morts avérés du 17 octobre ceux des jours précédents ainsi que les décès postérieurs. Pour eux, tout Nord Africain mort de mort violente durant le mois d’octobre 1961 est forcément une victime de la répression policière…même les victimes des accidents de la circulation.
 
Il est possible d’affirmer cela sans crainte d’être démenti car :
 
- En 1998, le Premier ministre de l’époque, le socialiste Lionel Jospin, constitua une commission présidée par le conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern qu’il chargea de faire la lumière sur ces évènements. Fondé sur l’ouverture d’archives jusque là fermées, le rapport remis par cette commission fit litière des accusations portées contre la police française [2]. Or, ce rapport consultable sur le net n’a visiblement pas été lu par François Hollande.
 
- En 1999, Jean-Paul Brunet, universitaire spécialiste de la période, publia un livre extrêmement documenté qui démontait la thèse du « massacre » du 17 octobre (Brunet, J-P., Police contre FLN. Le drame d’octobre 1961.Paris).
 
- En 2003, le même Jean-Paul Brunet publia un nouveau livre (Charonne, lumière sur une tragédie.Paris) dans lequel il démontrait que le prétendu « rapport de police » faisant état de 140 morts le 17 octobre, document qui sert de point de départ à J.L Einaudi, auteur du livre sur lequel repose toute la manipulation (Octobre 1961, un massacre à Paris), n’a jamais existé.
Reprenant la liste des morts donnée par Einaudi, il montre également que la majorité des décès remonte à des dates antérieures au 17 octobre et il prouve que ce dernier a manipulé les chiffres, additionnant les cadavres non identifiés reçus à l’Institut Médico Légal au nombre des disparus et même (!!!) à celui des Algériens transférés administrativement en Algérie après qu’ils eurent été arrêtés le 17 octobre. Il montre enfin qu’Einaudi a compté plusieurs fois les mêmes individus dont il orthographie différemment les noms…
Monsieur Hollande pouvait-il ignorer tout cela ? Si oui, la nullité ou l’aveuglement militant de ses conseillers laisse pantois.
 
Quel est donc le vrai bilan de cette manifestation ?
 
- Le 17 octobre 1961, alors que se déroulait dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal (la Morgue), n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA » (NA= Nord Africain dans la terminologie de l’époque).
- Le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, il n’y eut qu’une seule victime dans le périmètre de la manifestation et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ?
- En dehors du périmètre de la manifestation, « seuls » 2 morts furent à déplorer, Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune tué par balle et étranglé, gisant dans une camionnette, également à Puteaux. Rien ne permet de dire qu’ils furent tués par les forces de l’ordre.
 
Le 18 octobre, à 04 heures du matin, le bilan qui parvint à Maurice Legay le directeur général de la police parisienne fut donc de 3 morts. Nous sommes donc loin des dizaines de morts et de « noyés » auxquels l’actuel occupant de l’Elysée a rendu hommage !!!
 
Certes, nous dit-on, mais les cadavres ont été déposés à la morgue les jours suivants. Faux, car ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’Institut Médico Légal de Paris puisque, entre le 18 et le 21 octobre, « seuls » 4 cadavres de « NA » furent admis à la Morgue :
- Le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
- Le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
- Le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.
 
Nous voilà donc bien loin des 100, 200 ou même 300 morts « victimes de la répression » avancés par certains et pour lesquels M. François Hollande a reconnu la responsabilité de la France !!!
D’autant plus que le « Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961 » [3], nous apprend que du 1° au 30 octobre 1961, sur les 90 corps de « NA » entrés à l’Institut Médico Légal, la plupart étaient des victimes du FLN.
 
Plus encore, pour toute l’année 1961, 308 cadavres de « N.A » entrèrent à l’IML, la plupart ayant péri dans la guerre inexpiable que le FLN menait contre ses opposants partisans de l’Algérie française ou du MNA de Messali Hadj. Ainsi, au mois d’octobre 1961, sur les 34 cadavres de « N.A » retirés de la Seine ou de la Marne, notamment aux barrages de Suresnes et de Bezons puis conduits à l’IML, la quasi totalité étaient des harkis, des partisans de la France ou des membres du MNA, une des méthodes d’assassinat du FLN consistant à noyer ses opposants. La police française n’est pour rien dans ces noyades.
 
François Hollande devra donc rendre compte au tribunal de l’Histoire car il a couvert de son autorité un mensonge, une manipulation, un montage grossier qui va être utilisé contre la France par ceux que son ministre de l’Intérieur a qualifiés d’ «ennemis de l’intérieur ».
 
 
Bernard Lugan (Le blog officiel de Bernard Lugan, 17 octobre 2012)
 
 
Notes :
 
[1] Voir à ce sujet le dossier spécial de l’Afrique réelle, novembre 2011 intitulé « Pour en finir avec le mythe du « massacre » des Algériens à Paris le 17 octobre 1961».
 
 
[2] « Rapport sur les archives de la Préfecture de police relatives à la manifestation organisée par le FLN le 17 octobre 1961 ». Rapport établi à la demande du Premier ministre, M. Lionel Jospin et remis au mois de janvier 1998 par M. Dieudonné Mandelkern président de section au Conseil d’Etat, président ; M. André Wiehn, Inspecteur général de l’administration ; Mme Mireille Jean, Conservateur aux Archives nationales ; M. Werner Gagneron, Inspecteur de l’administration. En ligne.
 
 
[3] Voir l’Afrique réelle, novembre 2011.
Pour en savoir plus :
- Brunet, J-P., (2002) « Enquête sur la nuit du 17 octobre 1961 ». Les Collections de l’Histoire, hors série n°15, mars 2002.
- Brunet, J-P., (2008) « Sur la méthodologie et la déontologie de l’historien. Retour sur le 17 octobre 1961 ». Commentaire, vol 31, n°122, été 2008.
- Brunet, J-P., (2011) « Combien y a-t-il eu de morts lors du drame du 17 octobre 1961 ? ». Atlantico, 17 octobre 2011.

23/06/2012

Une tragédie gaullienne ?...

Les éditions Michalon viennent de publier Chronologie d'une tragédie gaullienne - Algérie 13 mai 1958 - 5 juillet 1962, un ouvrage d'Henri-Christian Giraud consacrée au conflit algérien sous le régime gaulliste. Ancien journaliste au Figaro, Henri-Christian Giraud  a consacré de nombreuses études historiques au général De Gaulle et a aussi publié un excellent récit de la révolution hongroise de 1956, Le printemps en octobre (édition du Rocher, 2006).

 

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"L'internationalisation du conflit algérien étant déjà très avancée lors de son arrivée au pouvoir en 1958, de Gaulle s'emploie à refaire de la guerre d'Algérie un problème intérieur et à lui trouver une «solution française». Pour obtenir le soutien des Américains, il n'hésiteras pas à mettre en balance l'appartenance de la France à l'Alliance atlantique. Ce qui n'empêchera pas l'ONU, que de Gaulle appelait le «Machin», d'infliger, en décembre 1960, une cuisante défaite diplomatique au chef de l'État français qui avait fait de la question algérienne une affaire personnelle. De plus, en choisissant - après avoir affirmé le contraire - de privilégier, dans la précipitation, la voie de l'indépendance et le seul choix du FLN comme interlocuteur, de Gaulle referme brutalement le piège sur les pieds-noirs et les musulmans fidèles à la France, condamnant les uns à l'exode et les autres au massacre.  Une «solution française» , qui, cinquante ans après, continue de susciter un profond malaise. Jour après jour, au long de ces quatre années terribles, voici les dates-clés - officielles ou cachées - de cette triple tragédie.
Une chronologie très fouillée, enrichie d'archives internationales inédites notamment américaines particulièrement éclairantes."

18/04/2012

Un massacre oublié...

Le cinquantième anniversaire de la fin du conflit algérien nous vaut une riche actualité éditoriale sur ce thème. Dans le flot des nouveautés ou des rééditions, on notera Oran 5 juillet 1962, l'enquête documentée de Guillaume Zeller, publiée aux éditions Tallandier, qui relate le massacre, à Oran, de plusieurs centaines de Français, hommes, femmes et enfants, par les Algériens, qui fêtent dans le sang leur indépendance, ainsi que la coupable inaction de l'armée française...

 

Oran juillet 1962.gif

"5 juillet 1962 : l'Algérie est officiellement indépendante.
Mais à Oran, la liesse et les défilés de voitures chargés de musulmans vont se transformer en un véritable massacre. Il suffira d'un coup de feu, encore sujet à polémiques (a-t-il été tiré par l'OAS ou par le FLN ?), pour que la chasse aux pieds-noirs s'ouvre dans toute la ville. On égorge, on tue au revolver ou à la mitraillette, on pénètre dans les magasins et les appartements. Ce massacre fera plusieurs centaines de morts et de disparus chez les civils européens, le bilan reste inconnu chez les musulmans.
Après huit années de conflit, d'attentats, de tueries et de pressions psychologiques intenses menées par l'OAS, l'heure est venue de la vengeance. Ceux qui ne meurent pas lynchés sont conduits dans des centres d'exécutions de masse. Les 18 000 soldats français, cantonnés dans la ville, attendront de longues heures avant de recevoir enfin l'ordre d'intervenir. Lorsqu'ils sortent enfin de leurs casernes, les cadavres jonchent la ville...
Le massacre du 5 juillet aurait fait près de 700 victimes, dont plusieurs centaines de disparus qui n'ont jamais été recherchés. Aujourd'hui, leurs familles n'espèrent plus mais souffrent toujours. 50 ans après ce drame, Guillaume Zeller livre enfin le récit inédit, impartial et précis des événements, en s'appuyant sur des témoignages exclusifs de survivants, de leurs familles, de témoins, et sur des archives inédites, en particulier celles de l'ambassade de France en Algérie.
Il révèle tous les tenants et les aboutissants de cette tragédie méconnue."