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06/07/2017

Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre..

 Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Eman, cueilli sur son blog A moy que chault ! et consacré à la sidération extatique provoquée par l'élection d'Emmanuel Macron...

Collaborateur de la revue Éléments, il a récemment publié un recueil de ses chroniques intitulé Une fin du monde sans importance (Krisis, 2016).

 

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Jupiter rend fous ceux qu'il veut perdre...

La Macronite, ce syndrome psycho-pathologique délirant qui, pour le coup, « dépasse les clivages partisans », « annule la dichotomie droite/gauche » et produit sans discrimination des malades de tous milieux et de toutes origines, ne doit pas être pris à la légère, bien au contraire. On pourrait simplement s'en agacer, en être profondément navré et passer à autre chose en se disant qu'il s'agit juste là d'un énième accès d'enthousiasme débilo-béat gaullo-napoléonien dont sont friands les français et qui leur donne des poussées de fièvre quasiment à chaque nouvelle élection... Il y aurait aujourd'hui la Macronite comme il y a eu hier la Sarkozyte... Hélas, ce n'est pas si bénin. Le mal est bien plus grave et plus profond. Tout d'abord parce qu'il touche ceux qui, jusque là, faisaient justement profession de « distance », de « mesure », de réticence aux « emballements  médiatiques » et de défiance vis à vis des « manipulations communicationnelles »... Or, dorénavant, il suffit de lire et de tendre l'oreille pour se rendre compte que même les plus habituellement sceptiques d'entre eux sont touchés par les miasmes macronolâtres... L'ahurissement est général, absolu. Pas un qui ne concède « l'habilité » de l'homme ou honore, même à demis mots, « la stature » du commis bancaire au physique avantageux d'acteur de série B américaine... On parle, sans rire et même sans rougir, de « retour à la verticalité » et de « restauration de la fonction présidentielle »... Quand on ne l'a pas directement rejoint, on affirme « respecter » un adversaire « à la hauteur duquel il va falloir s'élever ».... Concernant un homme qui n'a encore rigoureusement rien fait à part de l'agitation médiatique, c'est tout-à-fait stupéfiant, sidérant même. Oublié le ministre de l'économie du gouvernement le plus catastrophique de la Ve République, l'homme de Rotschild et des lobbys pharmaceutiques, le vendeur d'aéroports aux chinois, le dément hurleur de fin de meeting, le négateur de la culture française, le gérontophile bisexuel... Place à l'homme qui a serré la main de Donald Trump sans se tordre de douleur et se mettre en position foetale, l'homme qui a invité Poutine sans lui cracher à la gueule dans les couloirs de Versailles, le mec qui est trop beau et trop conquérant sur sa photo officiel, le grand stratège, le visionnaire, l'astre du renouveau, le grand marabout ! Et tout le monde de courir avec enthousiasme et avidité au secours de la victoire du Kennedy que l'on n'attendait plus ! Et si « l'imprévu dans l'histoire », c'était Macron ? Ceux qui n'osent pas encore le dire le pensent déjà à moitié... Rien que ça ! Le pire – et c'est en ça que le mal est bien plus tragique qu'on pourrait le penser – est qu'il n'y a pas que de l'opportunisme, de la veulerie ou de la naïveté dans ces attitudes, il y a aussi la révélation d'un profond désespoir, d'une complète déshérence... La vague Marine transformée en clapotis de sentine boueuse, les aspirations révolutionnaires reléguées au rang de pièces de musées pour adolescents attardés, les perspectives sont tellement bouchées, pour ne pas dire totalement nulles, qu'on se raccroche désormais, avec frénésie, à tout ce qu'on peut et, bien sûr, surtout à n'importe quoi... On cherche fiévreusement des « signes », des « lueurs », des « éléments positifs » comme des affamés traquent la noix de coco sur une île déserte... Le ministre de l'Education évoque son intention d'envoyer « Les fables de la Fontaine » aux élèves de CM2 qui peineront a en décrypter le titre et s'épuiseront à en comprendre les trois premières lignes ? C'est le retour des « Hussards noirs de la République », la refondation d'une « école de l'excellence » et l'aube d'une méritocratie « rénovée » ! Le président de « La France arc-en-ciel » met un léger bémol à l'entrain immigrationniste en soulignant qu'il ne faut pas confondre réfugiés politiques et immigrés économiques ? C'est Poitiers 2017 ! Jeanne d'Arc lui chuchote à l'oreille ! On va voir ce que l'on va voir, et même si on ne voit rien, on continue à applaudir !

La fin du CDI, le détricotage du Code du travail, les atteintes au SMIC, le retrait du patrimoine actionnarial du calcul de l'ISF, le démantèlement des services publics, l'immigration-islamisation, les pesticides, les  vaccins obligatoires... ? Oh, mais ne nous embêtez donc pas avec ces questions de basse intendance ! La justice sociale et le socialisme, l'écologie, l'identité, c'est très bien dans les colloques et les discussions de fin de soirée autour d'un bon cognac, là on parle de choses sérieuses ! De la vraie vie ! Du pognon, des sicav de bon papa, de l'espoir de chacun de se retrouver un jour dans le camp des profiteurs, on ne reviendra pas en arrière, y'a les vainqueurs et les vaincus, c'est comme ça... En fait Macron, c'est Fillon en mieux, le libéralisme sans le côté ringard, étriqué, l'argent décomplexé, plus glamour, version internationale plutôt que provinciale, l'ambition cleptomane sans les poussiéreux vestiges cathos-famille-mes couilles...

Puisqu'il n'y a plus rien à espérer, plus rien à envisager, à construire, à croire, autant serrer les rangs derrière celui qui rendra l'ultime effondrement plus cotonneux, plus confortable économiquement, celui qui permettra de prolonger un peu ce bien être matériel qui est au fond la seule chose à laquelle on soit véritablement attaché, celui qui permettra – peut-être- de continuer à grapiller quelques miettes... L'obsession du portefeuille a gagné, et finalement cela arrange presque tout le monde.

Xavier Eman (A moy que chault !, 2 juillet 2017)

29/04/2017

Faire sécession avec Julien Rochedy... (2)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Julien Rochedy à Christopher Lannes sur TV Libertés, à la veille du premier tour des élections présidentielles, dans lequel il commente l'actualité politique mais réfléchit également à la constitution d'un socle doctrinal rénové pour la droite...

 

                      

 

Au sommaire :

Partie 1 :

– Macron, Fillon, Marine Le Pen, Mélenchon, Asselineau… carnet de campagne.
– Trump et la Syrie, la victoire des néocons ?

Partie 2 : Réflexion sur les leçons de l’Histoire.

Partie 3 : réponse aux questions des spectateurs.

21/03/2017

Vous aimez la mondialisation ? Votez Macron !...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque l'élection présidentielle à venir , qui semble devoir marquer un véritable tournant historique... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist vient de publier Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017) et Ce que penser veut dire (Rocher, 2017).

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Présidentielle - « Vous aimez la mondialisation ? Votez Macron ! »

La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est maintenant connue. Cette échéance électorale, qui aura été d’un cru inédit, a déjà provoqué une foule de commentaires, notamment sur Boulevard Voltaire. Quels sont les vôtres ?

Je ne m’intéresse pas aux commentaires, toujours superficiels et ennuyeux quand ils se bornent à dire pourquoi l’on aime ou non tel ou tel candidat, mais seulement aux analyses, qui permettent de comprendre le sens de ce que l’on voit. Quand vous dites que cette élection, qui fut effectivement riche en coups de théâtre et en rebondissements, aura été d’un cru inédit, vous êtes encore en dessous de la réalité. Non seulement elle ne ressemble à aucune autre, mais elle marque un véritable tournant historique, car elle va de pair avec une totale restructuration du paysage politique, du fait de l’effondrement programmé des deux grands partis de gouvernement qui ont eu le monopole de l’« alternance » en France depuis plus de quarante ans – mais qui se trouvent maintenant l’un et l’autre menacés de ne pas passer le cap du premier tour.

Les primaires, que la classe politique a commis l’imprudence d’emprunter au système politique américain, ont joué un rôle d’accélérateur en provoquant des fractures et en révélant des haines inexpiables qui sont en passe de désagréger les deux ex-grands partis. Elles ont vu deux candidats atypiques, François Fillon et le « frondeur » Benoît Hamon, l’emporter au détriment des favoris (Sarkozy et Juppé, Valls et Montebourg). Coincé entre Mélenchon et Macron, Hamon est incapable de rassembler son camp. Il en va de même de Fillon, coincé de manière symétrique entre Marine Le Pen et Macron. Résultat : les plus libéraux des dirigeants du PS partent par pleines charrettes rejoindre la start-up de l’ectoplasme macronien, et il en va de même des centristes qui ne se reconnaissent pas plus dans le programme de Fillon que Valls et Hollande ne se reconnaissent dans celui de Hamon.

On assiste donc à une nouvelle polarisation, qui ne se situe plus sur l’axe horizontal gauche-droite, mais sur l’axe vertical « ceux d’en bas » contre « ceux d’en haut » : le peuple contre les oligarques. C’est le schéma populiste par excellence, qui s’est déjà imposé dans plusieurs autres pays : la montée de SYRIZA a tué le PASOK, l’élection présidentielle autrichienne a opposé un populiste et un écologiste, le Brexit a créé un clivage transversal chez les conservateurs comme chez les travaillistes, le parti social-démocrate hollandais vient de s’effondrer, etc. La France est aujourd’hui en passe de rejoindre ce schéma. C’est la fin de la Ve République telle que nous l’avons connue.

Le phénomène Macron, que personne n’avait prévu, a aujourd’hui visiblement l’appui des principaux médias. Quel sens faut-il lui donner ? Et quid de l’étonnant ralliement de François Bayrou ?

Macron est en train de réaliser un regroupement qui peut paraître surréaliste – d’Alain Madelin à Robert Hue –, mais qui ne doit pas surprendre. Prenant acte du gouffre qui s’est creusé entre le peuple et la classe dirigeante, il veut rassembler les élites mondialisées de droite et de gauche tout comme Marine Le Pen cherche à rassembler à la base les « patriotes » de gauche et de droite, à commencer par ceux qui appartiennent aux couches populaires et à la fraction des classes moyennes qui se sent aujourd’hui menacée de déclassement (et sans lesquelles il n’y a pas de majorité possible). L’usage que fait Macron du mot « progressiste » est, à cet égard, révélateur. Son ambition, à terme, est de créer un grand parti progressiste où se rassembleront, face à la « menace populiste », les tenants de tous bords de la mondialisation heureuse, de la soumission aux marchés financiers, des flux migratoires sans fin et du libéralisme hors-sol.

Qu’est allé faire François Bayrou dans cette galère ? Mystère. Bayrou, depuis sa jeunesse, est un grand lecteur de Barrès, de Simone Weil et, surtout, de Péguy. C’est à ce titre qu’il était intervenu, en janvier 2014, au colloque sur « L’actualité de la pensée politique de Charles Péguy », dont les actes viennent de paraître chez Privat. Il y expliquait ce qu’il devait à l’auteur de L’Argent : « Il invite à ne pas hésiter à affronter les puissants, quelle que soit la puissance des puissants […] Chez les péguystes authentiques existe une propension, parfois excessive – je parle également pour moi –, à ne pas hésiter à braver les convenances, les interdits du conformisme […] Dans le péguysme, tel que je le vis, prévaut cette volonté de conserver cette ligne de conduite fondée sur l’engagement au service de ce qu’on ressent comme étant l’essentiel […] Cela amène naturellement à une attitude de vie dont l’une des composantes essentielles est l’intransigeance […] Le péguysme c’est, au nom de ce que l’on croit être essentiel, une absolue insoumission. » Aujourd’hui, Bayrou a rallié l’hologramme créé de toutes pièces qu’il dénonçait encore il y a quelques semaines comme un outil au service des « plus gros intérêts financiers ». Il s’est trahi lui-même. Bayrou chez Macron, c’est Péguy au CAC 40, Mère Teresa dans la Waffen-SS ou Nabilla au Collège de France !

Un pronostic sur le second tour ?

François Fillon ayant à mon avis peu de chances de se qualifier pour le second tour (son programme patronal séduit surtout les retraités), celui-ci devrait normalement opposer Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pour l’heure, c’est en tout cas le scénario le plus probable. Quant au résultat final, je ne m’aventurerai pas à le prédire. Je dirai seulement que, dans cette hypothèse, Marine Le Pen n’a de chances de l’emporter qu’à la condition de faire comprendre au plus grand nombre que ce second tour ne sera pas un vote pour ou contre le Front national, mais un référendum sur la mondialisation. Vous aimez la mondialisation ? Vous en voulez encore plus ? Votez Macron !

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 18 mars 2017)

 

19/03/2017

Feu sur la désinformation... (129)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

Au sommaire :

  • 1 : Conditionnement anti-FN dans les médias
    Mensonge et diabolisation : le Front National fait les frais d’une campagne de dénigrement. En 2017, les médias s’appliquent à conditionner les électeurs, pour l’information objective on repassera !
  • 2 : Le zapping d’I-média
    Le journaliste Franz-Olivier Giesbert qualifie le quotidien « Le Monde » de journal incompréhensible. Il est tiraillé entre la ligne Macron, définie par les propriétaires (Xavier Niel, Pierre Berger) et une rédaction qui roule pour Benoît Hamon.

    France info s’essaie à l’information et diffuse une séquence d’astrologie sur le candidat des Républicains François Fillon.

  • 3 : Caricature de Macron, circulez y’a pas de banquier
    Caricature de Macron en banquier ; la sanction médiatique est unanime. Le dessin est antisémite et fait référence aux « heures les plus sombres de notre histoire ». Mieux, dans le
    Huffington Post, Fabrice d’Almeida ira jusqu’à affirmer que cette caricature vient sûrement des plus zélés du camp Fillon c'est-à-dire de la Manif Pour Tous. C’est le point Godwin de la semaine.
  • 4 : Les tweets de la semaine
    Sondage sur le site du Figaro ; quand les internautes répondent « oui » à la question : Etes-vous favorable à la sortie de l’euro, le Figaro modifie sa question en « Craignez-vous les conséquences d’une sortie de l’euro », et tant pis pour ceux qui se sont exprimés.
    Novlangue dans le Nouvel Obs à propos des soutiens sulfureux de François Fillon. Charlotte d’Ornellas propose une autre définition du mot « sulfureux » : « de droite, régulièrement en désaccord avec la rédaction du Nouvel Obs ».
  • 5 : Sevran : décryptage de la contre-enquête du Bondy Blog
    Femmes interdites dans un bar PMU à Sevran, le Bondy Blog publie une contre-enquête. Pour le journal des banlieues, il n’y pas de ségrégation. En fait, la contre-enquête est biaisée et incomplète.

 

                                  

12/03/2017

Feu sur la désinformation... (128)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

Au sommaire :

  • 1 : Trocadéro - Fillon : victoire par K-O
    Fillon va-t-il laisser la place à Juppé ? Les media n’en démordent pas… Le candidat des républicains est isolé et les 40 000 militants place du Trocadéro ne leur font toujours pas voir la réalité.
    Sur le plateau de France 2, le soir de la manifestation, alors que François Fillon démontre avec force le soutien de la base militante, Laurent Delahousse interroge à nouveau le candidat des républicains sur la possibilité du retrait de sa candidature.
  • 2 : Le zapping d’I-média
    RCF fait dans le point Godwin : Rudy Blanchard l’animateur d’une émission musicale sur la radio chrétienne déclarera à propos du Front national : « faites attention, avant d’être bleues marines, les chemises étaient marron »…

    Dans 28 Minutes sur Arte, quand, Julie Graziani parle de trisomie 21, et dénonce une discrimination, évoquant même un « racisme chromosomique », la réaction des journalistes est unanime : vous ne pouvez pas dire cela.

  • 3 : Fillon, Macron, Temps de paroles dans les médias
    Débat présidentiel : Le CSA tire la sonnette d’alarme sur le déséquilibre du temps de parole. Le temps à l’antenne toujours compté de manière quantitative et non qualitative : alors que Marine Le Pen et François Fillon occupent leur temps d’antenne à se défendre contre les attaques médiatiques, aucune affaire n’est publiée sur le candidat d’En Marche, qui peut exposer tranquillement son « programme ».
  • 4 : Les tweets de la semaine
    « Athènes va (enfin) accueillir sa première mosquée », c’est le titre d’un article du Figaro. Le titre neutre pour ce type d’information devrait être : « une mosquée va être construite à Athènes ». Entre le mot « accueillir » et « Enfin » le Figaro prouve son manque d’objectivité.
  • 5 : Troadec : dans la famille des coupables, je demande le fils
    Meurtre de la famille Troadec à Orveaux, Quand la police soupçonne le fils Sébastien, la presse le désigne comme coupable. Les médias vont passer au peigne fin la vie de Sébastien. Il faut prouver sa culpabilité : casier judiciaires, amis réseaux sociaux, tout est interrogé. Dans cette histoire morbide, les médias n’ont qu’un désir : Trouver un nouveau Dupont de Ligonès.

                          

03/12/2016

L'islam, la liberté d'expression et le débat politique : Eric Zemmour se livre sur TV Libertés...

Vous pouvez découvrir ci-dessous le long entretien donné par Eric Zemmour à TV Libertés. Interrogé par Martial Bild, le journaliste et écrivain évoque 3 thèmes essentiels : le grand défi de l’Islam, la liberté d’expression et le débat politique actuel.