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eric zemmour

  • Le marinisme : solution ou impasse pour la France ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, cueilli sur Breizh-Info, qui dénonce les insuffisances idéologiques du populisme de Marine Le Pen...

     

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    Délepéniser la droite : pourquoi le marinisme enferme le peuple qu’il prétend défendre

    À Barjols, en Provence, le marché avait ce matin-là cette paix dont les grandes villes ont perdu jusqu’au souvenir. Il n’y avait point d’ostentation, point de tumulte inutile, point de ces cris métalliques qui transforment désormais tant de lieux publics en salles d’attente de gare. Les allées sentaient le fruit mûr, la tomate encore tiède, le fromage sec, la charcuterie honnête et la poussière blonde des villages du Midi. On regardait, on tâtait, on soupesait. Un homme examinait des courgettes avec la gravité d’un expert en monnaies anciennes. Une femme, panier au bras, demandait si les abricots tiendraient jusqu’au soir. Plus loin, un boucher levait une pièce de viande vers la lumière, et deux vieillards, les mains croisées derrière le dos, jugeaient de sa couleur avec cette science muette qui se transmet moins par les livres que par les dimanches.

    Je me suis arrêté là, sans hâte, dans cette douceur encore habitable. Ce qui me frappait n’était pas seulement la beauté du lieu, ni même cette Provence qui sait encore mêler la pierre, l’ombre et l’olivier comme d’autres accordent trois notes justes. C’était la paix des visages. Non une paix abstraite, décrétée par brochure ministérielle, subventionnée par comité Théodule, affichée sur panneaux municipaux avec des mots anglais et des sourires réglementaires. Une paix plus ancienne, plus modeste, presque animale. Les gens se reconnaissaient sans avoir à se connaître. Ils appartenaient au même monde de gestes, d’accents, de pudeurs, de lenteurs et d’évidences. Ils formaient cette communauté tacite que les sociologues, lorsqu’ils n’ont pas entièrement perdu le sens du réel, appellent confiance.

    Voilà ce que les grands prêtres de la société diversitaire ne comprennent pas. La paix n’est pas d’abord un règlement intérieur. Elle naît souvent d’une continuité. Elle procède d’une familiarité longue, d’une ressemblance de mœurs, de paysages, de souvenirs, de façons de se tenir devant un étal, de saluer le voisin, de marchander sans vilenie, de laisser passer une vieille dame, de ne pas faire de son existence une revendication permanente. Les peuples n’ont pas besoin de doctorats pour savoir cela. Ils le sentent dans leurs os. Ils savent que l’hétérogénéité imposée, lorsqu’elle devient massive, rapide et arrogante, ne produit pas mécaniquement de la richesse humaine, mais souvent du soupçon, du retrait, de la fatigue et, au bout du compte, cette guerre froide civile qui fait de chaque rue un petit traité de sociologie appliquée.

    C’est pourquoi ces régions votent comme elles votent. Non par mauvais cœur. Non par cette méchanceté provinciale que leur prêtent les journaux de la capitale. Elles votent pour être protégées. Elles votent pour que le marché du matin demeure le marché du matin, et non l’antichambre bariolée d’un pays qui se défait. Elles votent pour que les enfants puissent hériter d’autre chose qu’un discours sur la diversité. Elles votent pour que leur monde ne soit pas dissous au nom d’une idéologie qui leur explique, d’un ton de surveillant général, qu’ils doivent se réjouir de disparaître.

    C’est dans ce décor que je lus sur X le mot de Thomas Ferrier : « Délepéniser la droite ! » La formule a d’abord quelque chose de barbare, comme un terme de clinique politique inventé entre deux réunions. Elle est pourtant juste. Il faut délepéniser la droite française. Non pour revenir à la droite honteuse, gestionnaire, notabiliaire, qui parfumait ses renoncements d’eau bénite gaulliste ou libérale. Non pour livrer le pays aux conservateurs de salon qui ne conservent jamais rien, sinon leurs fauteuils. Il faut délepéniser la droite parce que Marine Le Pen enferme le peuple de droite dans un piège terrible : celui d’un populisme qui, au fond, ne porte pas jusqu’au bout les aspirations profondes du peuple qui vote pour lui.

    Le paradoxe est cruel. Des millions de Français déposent leur bulletin RN dans l’urne afin de défendre une continuité charnelle, une sécurité concrète, une identité menacée, une manière française ou européenne d’habiter le monde. Ils pensent voter pour la protection de leur pays réel. Ils pensent voter pour la possibilité de dire encore « nous » sans demander pardon. Ils pensent voter pour une frontière, pour une école, pour une autorité, pour une mémoire. Ils pensent voter contre la grande entreprise de substitution anthropologique qui avance sous les mots sucrés d’ouverture, d’inclusion et de vivre-ensemble. Or, au sommet de ce mouvement, Marine Le Pen demeure prisonnière d’une idéologie républicaine molle, télévisuelle, presque centriste, où l’on ne défend jamais l’identité qu’à condition de la dissoudre aussitôt dans la liberté religieuse, le pouvoir d’achat, la souveraineté administrative et la laïcité de préfecture.

    Ses récentes déclarations sur l’islam en donnent une illustration parfaite. Marine Le Pen rappelle qu’elle fut attaquée par Éric Zemmour pour avoir dit que « l’islam était compatible avec la République ». Elle ajoute qu’elle s’attaque à « l’idéologie totalitaire islamiste » et qu’elle demeurera le défenseur de la liberté religieuse. On reconnaît là le vieux distinguo de la classe politique française, islam paisible d’un côté, islamisme dévoyé de l’autre, comme si l’affaire relevait seulement d’une mauvaise utilisation du mode d’emploi. La formule rassure les plateaux. Elle apaise les éditorialistes. Elle permet de paraître ferme sans cesser d’être fréquentable.

    Elle ne répond pourtant pas à la question que se posent les Français. Les Français ne demandent pas d’abord si l’islam peut entrer dans un tableau Excel de compatibilité républicaine. Ils se demandent si une civilisation issue d’une histoire chrétienne, gréco-latine, rurale, monarchique, communale, révolutionnaire et nationale peut absorber indéfiniment une religion-civilisation qui porte avec elle d’autres mœurs, d’autres réflexes juridiques, d’autres rapports entre le sacré et le politique, d’autres conceptions de la femme, de la famille, de la pudeur, du blasphème, de l’apostasie et de l’espace public. Ils ne demandent pas que les musulmans soient voués aux gémonies. Ils demandent que l’on cesse de leur mentir. Il faut distinguer les personnes, qui relèvent du droit commun, et un corpus religieux lorsqu’il prétend façonner la cité.

    Éric Zemmour, dans sa réponse, a vu le nœud de l’affaire. Il a demandé à Marine Le Pen de choisir. Si l’islam est compatible avec la République, pourquoi vouloir interdire le voile dans l’espace public ? Si le voile n’est qu’une prescription religieuse parmi d’autres, pourquoi le tenir pour un problème politique ? Toute la contradiction lepéniste tient dans cette oscillation. Elle veut combattre les effets visibles d’un phénomène dont elle refuse de nommer la racine. Elle veut rassurer les Français inquiets sans rompre avec le catéchisme de la République abstraite. Elle veut incarner la rupture tout en parlant la langue de ceux qui ont organisé l’impuissance.

    C’est en cela qu’elle devient un mystère. La fille de Jean-Marie Le Pen semble avoir hérité du nom, de la rente électorale, d’une partie de la clientèle politique, d’un appareil, d’un réflexe populaire, et pourtant non de la substance doctrinale qui permettait de comprendre la question vitale : un peuple n’est pas seulement une addition de citoyens soumis à la même administration. Un peuple est une forme historique. Il a une chair, une mémoire, des limites, des antipathies légitimes, des fidélités, des héritages, une nature propre au sens ancien du terme. La République, lorsqu’elle nie cette nature, n’est plus le cadre du peuple. Elle devient la machine qui le remplace.

    On touche ici à la grande erreur du lepénisme mariniste. Il a cru qu’il suffisait de dédiaboliser le nom pour accéder au pouvoir. Il fallait arrondir les angles, gommer les aspérités, donner des gages, sacrifier les mots dangereux, parler social, parler protection, parler pouvoir d’achat, se dire ni droite ni gauche, expulser les fantômes du père, rassurer les fonctionnaires, cajoler les retraités, promettre l’ordre sans effrayer les studios. La manœuvre a réussi électoralement. Elle a échoué historiquement. Car on peut conquérir des voix en édulcorant une pensée. On ne sauve pas un peuple avec une pensée édulcorée.

    Les études politologiques ont d’ailleurs bien montré cette inflexion : le programme économique de Marine Le Pen a longtemps porté une forte coloration redistributive, presque social-populiste. On y trouvait la retraite, les prix, les salaires, les protections, l’État consolateur, le refus du libéralisme, le vieux soupçon contre l’entreprise, la grande musique du pouvoir d’achat. Tout cela n’est pas illégitime en soi. Les gens modestes ont le droit de vivre. Les Français ordinaires ne sont pas des variables d’ajustement pour cabinets de conseil. Cependant une droite qui ne parle plus que comme une gauche sociale avec des frontières finit par se tromper d’âme. Elle croit flatter le peuple. Elle oublie que le peuple de droite ne veut pas seulement être subventionné. Il veut être continué.

    Cette confusion éclaire aussi la question européenne. Marine Le Pen s’est longtemps enfermée dans un souverainisme défensif, jaloux, parfois rabougri, hostile à toute idée d’identité européenne, comme si l’Europe n’était qu’un piège bruxellois. Il y a certes beaucoup à dire contre Bruxelles, sa bureaucratie, son juridisme, son hybris réglementaire, sa soumission intermittente aux puissances extérieures. Les Bretons savent ce qu’il advient des pêcheurs quand les administrations lointaines prétendent mieux connaître la mer que ceux qui la travaillent. Toutefois confondre l’Union européenne et l’Europe est une erreur de géographe débutant. L’Europe précède Bruxelles comme la mer précède le port de plaisance.

    La droite française devra sortir de ce provincialisme national. Elle devra comprendre que le destin des Français, des Italiens, des Espagnols, des Polonais, des Hongrois, des Grecs ou des Croates se joue dans une même épreuve de civilisation. Spengler avait ses duretés, ses excès et ses ombres, mais il avait compris que les civilisations meurent lorsqu’elles ne savent plus se concevoir comme des formes. La droite française, si elle veut survivre à autre chose qu’aux prochaines législatives, devra penser la France dans l’Europe et l’Europe comme demeure commune des peuples européens. Non l’Europe supranationale des commissaires, non l’Europe dissolvante des traités illisibles, mais l’Europe-puissance, l’Europe-civilisation, l’Europe qui sait que les nations sont ses membres et non ses ennemies.

    Le récent épisode du règlement européen « Retour » montre à quel point les contradictions deviennent visibles. Lorsque le Parlement européen durcit les règles permettant d’accélérer les expulsions et d’envisager des centres de retour hors de l’Union, Marine Le Pen y voit d’abord une atteinte à la souveraineté des États. On comprend l’argument en droit. Il n’est pas absurde. Il rappelle que l’Union ne doit pas absorber toutes les compétences. Toutefois le peuple qui vote pour elle ne raisonne pas ainsi. Il ne se demande pas si l’expulsion est nationale, confédérale, européenne ou intergouvernementale. Il demande que les clandestins soient effectivement éloignés. Il préfère une expulsion européenne réelle à une souveraineté française impuissante. Là encore, Marine Le Pen défend le contenant au moment où ses électeurs attendent le contenu.

    Jordan Bardella apparaît, pour cette raison, comme un symptôme intéressant. Il n’est pas certain qu’il ait une doctrine, même si ses lectures de jeune homme sont de bon augure car ils a eu la chance de croiser de bons mentors. Il n’est pas certain qu’il ait cette épaisseur qui distingue l’homme politique du bon élève médiatique. Il est encore enveloppé de communication, de prudence, de sourires réglés, de cette jeunesse qui plaît aux magazines parce qu’elle leur donne l’illusion d’avoir compris l’avenir. Pourtant il semble plus libre que Marine Le Pen à l’égard de certains dogmes hérités. Son rapport à l’union des droites, aux conservateurs européens, à la question économique, à l’idée d’une architecture continentale, indique peut-être la sortie d’un vieux logiciel mariniste. Là où Marine Le Pen conserve la méfiance du vieux « ni droite ni gauche », Bardella paraît comprendre que la droite ne gagnera qu’en cessant d’avoir peur d’être la droite.

    Rien n’est joué. Le dauphin peut devenir un poisson rouge dans un aquarium de sondages. La politique française a déjà produit trop de mirages pour que l’on s’enflamme au premier reflet. Bardella pourrait n’être qu’un produit de transition, un visage plus lisse posé sur les mêmes incertitudes, une manière de changer la vitrine sans changer l’arrière-boutique. Il faudra voir s’il comprend que la question n’est pas de parler plus « business » devant les patrons, plus « social » devant les ouvriers, plus « identité » devant les militants, plus « République » devant les journalistes. La question est de produire une doctrine cohérente, capable de dire au pays ce que la droite veut préserver, ce qu’elle veut transmettre, ce qu’elle veut restaurer et ce qu’elle accepte enfin de combattre.

    Délepéniser la droite ne signifie donc pas haïr Marine Le Pen. Elle a eu sa fonction. Elle a porté, souvent avec courage, un mouvement que tout le système voulait maintenir hors du champ admissible. Elle a donné à des millions de Français le droit minimal de se compter. Elle a tenu face aux insultes, aux procès en illégitimité, aux crachats médiatiques, à cette morgue qui fait de la classe parlante française l’une des plus antipathiques d’Europe. Il serait injuste de l’effacer. Il serait pourtant dangereux de s’y arrêter.

    Car Marine Le Pen appartient désormais à un passé qui a du mal à passer. Elle est le visage d’une transition, non l’instrument d’une fondation. Elle a incarné le moment où le peuple disait non. Il faut maintenant un moment où le peuple dise oui : oui à sa durée, oui à son identité, oui à une Europe des peuples charnels, oui à une autorité qui protège, oui à une politique qui ne confonde pas l’administration de la colère et l’organisation d’un avenir. La préservation de l’identité française et européenne doit devenir prioritaire sur la conservation d’une idéologie républicaine qui, à force de nier les conditions de son existence, porte en elle-même sa propre condamnation à mort.

    Je repensais au marché de Barjols en quittant les allées. Rien n’y ressemblait à un manifeste. Personne ne parlait de doctrine, de souveraineté, de règlement européen ou d’islam compatible. Les gens achetaient des melons, discutaient du prix des œufs, cherchaient une ombre, souriaient à une connaissance. C’est pourtant là que tout se comprend. La politique n’est pas d’abord dans les congrès. Elle est dans cette paix fragile que les peuples veulent transmettre parce qu’ils savent, sans avoir besoin de le formuler, qu’elle peut disparaître.

    La droite française sera digne de ce peuple lorsqu’elle cessera de lui vendre seulement une protestation. Il lui faut un langage de protection et de grandeur, de proximité et d’horizon, de racines et de puissance. Elle devra sortir du nom de Le Pen comme on sort d’une maison trop basse où l’on a pourtant passé des années décisives. On ne renie pas l’abri. On le quitte parce qu’il empêche de grandir. Le marché de Barjols continuait de bruire derrière moi. Il y avait là plus de France réelle que dans cent discours. Encore faut-il qu’un parti, un jour, ose la regarder en face.

    Balbino Katz, Chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 27 juin 2026)

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  • Les hooligans du néant

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Julien Dir, cueilli sur Breizh-Info et consacré aux rivalités destructrices au sein du "camp national"...

     

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    Partisans du RN contre Fans de Reconquête: les hooligans du néant

    Ah, quelle farce. Chaque jour qui passe, les réseaux sociaux nous offrent le spectacle pathétique d’une guerre de tranchées entre groupies du RN et ultras de Reconquête, incapables de penser autrement que par les voix ou agissements de leurs chefs/élus respectifs. On s’insulte, on s’excommunie, on brandit des captures d’écran comme autant de trophées de chasse numérique. Pendant ce temps-là, la Bretagne, la France, l’Europe continuent de se déliter, l’immigration de prospérer, et l’État de se soumettre à toutes les idéologies mondialisées. Mais les “patriotes”, eux, préfèrent se déchirer dans un concours de pureté stérile.

    Des bulles qui tournent en rond

    Les partisans de Zemmour accusent les électeurs du RN de trahison, de compromission, de mollesse. Ceux de Marine et Bardella répliquent en expliquant que Reconquête les “plombe électoralement”. Les uns se prennent pour des stratèges, les autres pour des résistants. En réalité, ils ne sont que les otages d’une société de bulles : bulles médiatiques, bulles virtuelles, bulles narcissiques. Chacun vit enfermé dans son aquarium numérique, persuadé de représenter le “vrai peuple” alors qu’il ne fait que s’adresser à son reflet.

    C’est la victoire du marketing sur les idées. Les uns se rassurent en jouant aux gaullistes de province, terroir et saucisson, les autres se grisent d’une radicalité de plateau télé. Mais au fond, ces guerres de boutique ne servent qu’à gonfler les egos de leurs chefs respectifs, qui se nourrissent de cette rivalité pour exister.

    Les angles morts des uns et des autres

    Les pro-RN hurlent que Reconquête leur “vole des points”. Jamais ils ne se demandent pourquoi tant d’électeurs sont lassés par les ambiguïtés sociétales d’un parti qui flirte parfois avec la gauche progressiste sur des sujets décisifs. À force de se travestir en parti de gouvernement respectable, à force de n’être qu’un RPR des années 90 et de refuser d’appeler à descendre dans la rue, le RN finit par singer ses adversaires.

    À l’inverse, les pro-Zemmour ne comprennent pas que nombre de Français, fatigués, précarisés, veulent avant tout être rassurés. Peu leur importe la hauteur des discours ou la radicalité des propositions : ils se tournent vers Marine Le Pen et Bardella parce qu’ils apparaissent comme plus “proches du peuple”. Illusion ? Sans doute. Mais les illusions font partie du réel, et les ignorer, c’est se condamner à ne jamais gagner.

    Le panier de crabes

    Ces querelles intestines ne sont pas seulement ridicules, elles sont révélatrices : la politique est un tas de lisier où chacun patauge avec un rictus de haine. On se déteste, on se jalouse, on se fantasme en gladiateur d’Internet, alors qu’au fond, on partage les mêmes constats sociaux, les mêmes angoisses démographiques, la même colère contre la dépossession de notre pays.

    Et comble du cynisme : ceux qui s’invectivent comme des chiens enragés sur les réseaux ignorent que dans la réalité, nombre de cadres du RN et de Reconquête sont copains comme cochons. On se vouvoie à l’antenne et on s’engueule pour le spectacle, puis on se tape dans le dos hors caméra. La guerre des supporters n’est qu’un théâtre d’ombres pour amuser la galerie.

    Voilà le fond du problème : les vrais perdants, ce sont les militants, les sympathisants, les fans. Comme des hooligans sans stade, ils gueulent, ils insultent, ils s’écharpent… mais ils ne construisent rien. Ils vivent par procuration, attendant que leur chef providentiel conquière le pouvoir à leur place. Ils se passionnent pour des joutes virtuelles, plutôt que d’agir concrètement, de s’organiser localement, de prendre leur destin en main.

    Ils ne voient pas que ce qui les divise n’est rien face à ce qui devrait les unir : la défense d’un peuple, d’une civilisation, d’une identité. Mais la politique moderne est devenue un spectacle, et comme tout spectacle, elle a besoin de son lot de supporters décérébrés pour exister.

    Réveillez-vous

    Alors oui, il est temps de secouer le cocotier. Droite nationale, droite identitaire, droite radicale : arrêtez de jouer aux hooligans du néant. Cessez d’être les groupies hystériques de leaders qui ne voient en vous qu’une masse de clics et de voix interchangeables.

    Le véritable combat n’est pas sur Twitter ni sur TikTok. Il est dans la rue, dans les associations, dans les familles, dans les villages et les quartiers où se joue l’avenir. Le choix est simple : continuer à se haïr au nom de querelles d’appareil, ou bâtir une force populaire réelle, qui dépasse les boutiques partisanes et les petites vanités.

    Parce que sinon vous finirez tous par ressembler à ce que vous prétendez combattre : des spectateurs passifs, consommateurs d’illusions, prisonniers de la société du spectacle. Et dans ce cas-là, vous ne mériterez même plus de parler de “patrie”. Qui aura disparu depuis bien longtemps…

    Julien Dir (Breizh-Info, 1er octobre 2025)

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  • Mémoires identitaires...

    Les éditions Via Romana viennent de publier les Mémoires identitaires de Jean-Yves Le Gallou.

    Ancien haut-fonctionnaire, président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou a, notamment, publié La tyrannie médiatique (Via Romana, 2013),  Immigration : la catastrophe - Que faire ? (Via Romana, 2016), Européen d'abord - Essai sur la préférence de civilisation (Via Romana, 2018) et Manuel de lutte contre la diabolisation (La Nouvelle Librairie, 2020).

    L'ouvrage est d'ores et déjà disponible sur le site des éditions Via Romana.

     

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    " La vie de Jean-Yves Le Gallou témoigne de soixante ans d’engagements pour l’identité et la liberté d’expression. Énarque dissident, haut-fonctionnaire à Beauvau, élu politique, lanceur d’alerte et théoricien de la préférence nationale, il nous livre la somme de ses souvenirs et réflexions à contre-courant de 1954 et son entrée à l’École « républicaine » à 2024 et la débâcle des « valeurs républicaines ».
       De la guerre culturelle de mai 68 à la révolution woke, de Pompidou-Giscard à la Nouvelle Droite, des fraudes de la gauche à l’émergence du Front national, de la manipulation de Carpentras aux dessous de l’« affaire du détail » ou de la scission de Bruno Mégret en 1998, c’est le théâtre de la vie politique, économique, judiciaire, idéologique et sociétale que décrypte Jean-Yves Le Gallou à l’appui de son expérience et de portraits de ses contemporains capitaux : Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Marcellin, Michel Poniatowski, Jean-Marie Le Pen, Jean-Pierre et Marie-France Stirbois, Bruno Gollnisch, Bruno Mégret, Philippe de Villiers, Marine Le Pen, Marion Maréchal, Eric Zemmour et ceux de ses compagnons de route : Alain de Benoist, Guillaume Faye, Dominique Venner, Yvan Blot, Bernard Lugan…
       D’une lucidité revigorante, ces Mémoires identitaires échappent à la nostalgie et tirent un fil d’Ariane d’espérance entre les générations pour la défense et illustration des patries charnelles et spirituelles. "

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  • Feu sur la désinformation... (486) : Musk - Trump, une "dream team" contre les médias ?

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou et Lucas Chancerelle.

     

                                               

    Au sommaire cette semaine :

    L'image de la semaine : les prodiges technologiques d’Elon Musk avec le lancement d’une fusée innovante et des robots du futur. 

    Dossier du jour : la présidentielle américaine avec Donald Trump qui bénéficie d’une dynamique favorable avec son allié Elon Musk.

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    Pastilles de l’info :

    1) Affaire Depardieu : manipulation de Complément d’enquête

    2) Doliprane : vente d’un fleuron français aux américains

    3) Zemmour adapte le suicide français pour Canal+

    4) Emily in Kaboul

    5) Les bobo-boomers aiment l’immigration !

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    Portrait piquant (en partenariat avec l’OJIM) : Glenn Greenwald, un journaliste lanceur d'alerte américain courageux...

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  • Quelques heures avec eux...

    Les éditions Auda Isarn viennent de publier Une heure avec..., un recueil des entretiens menés par Pierre Gillieth, pour la revue Réflechir & Agir notamment, avec une brochette particulièrement variée d'auteurs et de personnalités.

    Collaborateur de différents magazines, Pierre Gillieth a publié plusieurs livres, dont des romans comme Les Dioscures (Auda Isarn, 2002), Ombre (Auda Isarn, 2007) ou Western électrique (Auda Isarn, 2020), et des essais comme La France d'Alphonse Boudard (Xénia, 2011) ou L’Épuration ou la fin du monde (Auda Isarn, 2020).

     

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    Voici réunis en recueil les principaux entretiens recueillis par Pierre Gillieth depuis plus de 30 ans, parus dans différents magazines (Le Magazine des Livres, Réfléchir&Agir, etc.). On y trouvera écrivains, artistes, dessinateurs, journalistes, archéologues, musiciens de styles et opinions très diversifiés, et même le fondateur de l’ETA basque !

    A.D.G. – Adolf – Brigitte Bardot – Alain de Benoist – Arnaud Bordes – Jérôme Bourbon – Jean-Paul Bourre – Jean-Louis Brunaux – Didier Carette – Chard – Jean-Louis Costes – Michel Déon – Patrick Eudeline – Bruno Favrit – Floc’h – Edmond Fraysse – Camille Galic – Pierric Guittaut – Philippe d’Hugues – Île de France – In Memoriam – John King – Konk – Francis Lacassin – Bruno Lafourcade – Brigitte Lahaie – Edouard Limonov – Jean-Louis Loubet Del Bayle – Jean Mabire – Julen Madariaga – Jack Marchal – Thierry Marignac – Michel Marmin – Jacques Martin – David Miège – Michel Mohrt – Papacito – Jean-Bernard Pouy – Pierre Robin – Sylvain Roussillon – Guy Sajer – Jacques Terpant – Jean Tulard – Varg Vikernes – Dominique Zardi – Eric Zemmour

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  • Jérôme Sainte-Marie : “ La bourgeoisie est de moins en moins nationale ! ”

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné le 18 juin 2023 (avant les émeutes) par Jérôme Sainte-Marie à Livre noir dans lequel il livre ses analyses chiffrées sur l'état de l'opinion, les forces et faiblesses de Marine Le Pen, Eric Zemmour, LR et Macron. Et l'opposition entre bloc populaire et bloc élitaire, en répondant aux critiques sur cette théorie.

    Politologue et sondeur reconnu, Jérôme Sainte-Marie  est l'auteur de Bloc populaire - Une subversion électorale inachevée ( Cerf, 2021) et de Bloc contre bloc - La dynamique du Macronisme (Cerf, 2019).

     

                                             

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