
Au sommaire cette semaine :
- sur Hashtable, H16 dézingue notre société dystopique, digne de l'Universe 25 de James Calhoun...

- sur le site de Causeur, Jean-Paul Brighelli rafale la décivilisation accélérée...

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Au sommaire cette semaine :
- sur Hashtable, H16 dézingue notre société dystopique, digne de l'Universe 25 de James Calhoun...

- sur le site de Causeur, Jean-Paul Brighelli rafale la décivilisation accélérée...

Les éditions de Flore viennent de publier un roman posthume de Maxime Tandonnet intitulé Le ministère de l'ordre moral, avec une préface d'Arnaud Teyssier.
Haut fonctionnaire, Maxime Tandonnet, récemment décédé, a donné un témoignage lucide et éclairant de cette expérience dans Au cœur du volcan (Flammarion, 2014). Il a également publié des biographies d'André Tardieu (Perrin, 2019), de Georges Bidault (Perrin, 2022) et de Michel Poniatowski (Perrin, 2025).

"La dystopie, ou contre-utopie, décrit une utopie à l’envers, un monde où le rêve de perfection, de bonheur, de rationalité, d’émancipation et d’égalité s’effondre sur lui-même et se transforme en cauchemar. Un univers où tout s’inverse, jusqu’aux mots qui servent à désigner les choses, les valeurs et les institutions. En cela, Le Ministère de l’ordre moral de Maxime Tandonnet s’insère parfaitement dans cette tradition illustrée par George Orwell, tout en y apportant, c’est son originalité, une connaissance intime des ressorts du pouvoir, des arcanes profondes de l’État républicain et des toutes dernières dérives de la civilisation contemporaine."
Les éditions La Découverte viennent de publier un nouvel essai de Matthew B. Crawford intitulé Prendre la route - Une philosophie de la conduite. Philosophe, devenu réparateur de moto après avoir travaillé dans un think tank, Matthew B. Crawford a tiré de son expérience d'un retour au concret deux essais Éloge du carburateur (La Découverte, 2010) et Contact (La Découverte, 2016).
On peut lire un long entretien avec cet auteur dans la revue Éléments (n°169, décembre 2017).

" Y a-t-il un rapport entre l'amour de la mécanique et l'esprit civique ? Entre le plaisir du risque calculé au volant et les ressorts profonds de notre humanité ? Après avoir chanté dans Eloge du carburateur les beautés de la moto, notre philosophe-mécanicien se penche sur l'avenir de la conduite automobile, les secrets du tuning ou de la glisse sous accélération et les mystères du couplage cognitif et sensorimoteur entre le cerveau, le corps humain et les humeurs subtiles de l'arbre à cames et du moteur à combustion interne.
Mêlant les péripéties autobiographiques cocasses de son interminable bricolage d'une VW Coccinelle de 1975 et les réflexions de la philosophie analytique sur la morale des accidents de circulation, passant de l'exploration des sous-cultures automobiles les plus baroques - courses hors-piste dans le désert et derbys de démolition - à l'étude du pilotage de minivoitures par des rats de laboratoire, il offre un plaidoyer en faveur des plaisirs libertaires et des vertus citoyennes de l'art de conduire.
L'histoire technologique, économique et sociale de l'automobile débouche aujourd'hui sur une disjonction de plus en plus grande entre l'être humain et ses prothèses mécaniques. A l'horizon des voitures sans chauffeur et de l'automatisation généralisée, l'auteur dénonce une dystopie régressive qui risque de se traduire par une atrophie de nos facultés créatives et une érosion de notre économie de l'attention.
Au nom du " toujours plus de sécurité ", la déqualification progressive des conducteurs expose en fait les usagers de l'automobile à de nouveaux dangers tout en les dépossédant d'un ensemble d'aptitudes et de responsabilités cruciales. Le choix entre conduire et être conduit, faire et se laisser faire, est aussi en dernière analyse un choix entre autogouvernement républicain et aliénation bureaucratique. "
Les éditions Lux viennent de publier un essai de George Woodcock intitulé Orwell, à sa guise - La vie et l’œuvre d'un esprit libre. Journaliste, poète, éditeur, historien et critique littéraire canadien, de tendance anarchiste, George Woodcock a fait partie des proches de George Orwell.

" George Woodcock, critique littéraire, historien et anarchiste, a eu un accès privilégié à la complexe histoire personnelle de George Orwell, dont il fut un ami proche. Rassemblant souvenirs, lettres et divers témoignages, cette biographie situe l’œuvre d’Orwell dans son contexte personnel, politique et littéraire. Elle offre une perspective à la fois intimiste et documentée sur la vie et les écrits de cet esprit libre, ne faisant l’impasse sur aucun des paradoxes qui habitent l’une et l’autre.
Alors que George Orwell est remis au goût du jour tant à gauche qu’à droite, et que prolifèrent les fake news, la novlangue et de nouvelles formes de contrôle technoscientifiques, cette biographie littéraire – la seule à avoir été écrite de première main – arrive à point nommé. Par l’élégance de son écriture et l’accès privilégié qu’il offre à son sujet, Woodcock brosse ici un portrait inédit de celui qui fut bien plus que l’auteur de la dystopie 1984.
La version originale de ce livre, The Crystal Spirit. A Study of George Orwell, a reçu le Prix littéraire du gouverneur général en 1966. "
Les éditions Vendémiaires publient cette semaine sous la plume de Jean-Pierre Andrevon une Anthologie des dystopies. Jean-Pierre Andrevon est auteur de romans de science-fiction et critique cinématographique.

" Dictatures totalitaires, règne des écrans, apocalypses nucléaires, rébellion des machines, catastrophes climatiques, famines poussant à l’anthropophagie, abrutissement des masses par le consumérisme ou par le jeu, eugénisme, clonage… Depuis plus de cent ans, la dystopie s’est montrée d’une inventivité fascinante dans l’imagination de futurs malheureux. Grimaçante antinomie de l’utopie, le genre a obtenu ses lettres de noblesse avec des classiques reconnus comme Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ou Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, avant de conquérir l’espace littéraire, cinématographique et télévisuel. Car nul mieux que lui n’a su dévoiler et exacerber les angoisses de notre présent face aux bouleversements de la modernité. Tous les dilemmes que pose l’intelligence artificielle n’ont-ils pas déjà été anticipés par Philip K. Dick et Blade Runner (Ridley Scott) ? Ceux soulevés par la vidéosurveillance et le fichage des citoyens par 1984 de George Orwell et Black Mirror ? Quant à la série des Mad Max de George Miller, n’annonce-t-elle pas les risques que fait courir à notre société une pénurie des énergies fossiles ?
Cette anthologie sans équivalent s’attache à couvrir toutes les facettes de ce genre protéiforme et omniprésent. Sous la plume alerte de l’écrivain de science-fiction qu’est Jean-Pierre Andrevon, ce sont des centaines de futurs potentiels qui se révèlent, au travers d’œuvres incontournables ou méconnues. Autant de récits qui interrogent les frontières morales et politiques de l’humanité et son rapport aux limites environnementales de notre planète. "
Les éditions Calmann-Lévy viennent de publier un nouveau roman d'Erik L'Homme intitulé Un peu de nuit en plein jour. Connu comme l'auteur de plusieurs séries de qualité dans les collections de littérature de jeunesse, voyageur méditatif, grand marcheur et esprit libre, Erik L'Homme a marqué ses lecteurs adultes avec un premier roman, Déchirer les ombres (Calmann-Lévy, 2018).

" « Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, cette sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège. »
Ce pourrait être le monde de demain. Paris est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais
organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la « cogne»,
ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre
Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.
Bijou littéraire, Un peu de nuit en plein jour parle de notre monde qui s’abîme, de la part de sauvagerie en l’homme, de l’inéluctabilité des destins. "