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18/01/2018

Polémique pour une autre fois...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque la polémique autour de l'annonce par les éditions Gallimard de la publications des pamphlets de Céline dans la bibliothèque de La Pléiade...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet a publié cet automne aux éditions Léo Scheer un roman intitulé La nouvelle Dolorès. Il devrait prochainement publier son journal de l'année 1971 à l'année 1994.

 

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Polémique pour une autre fois

Après plusieurs semaines d’une polémique qui a agité quelques arrondissements de Paris, M. Gallimard vient de « suspendre » la republication des pamphlets de Céline. L’argument « scientifique » de l’éditeur et la caution de Pierre Assouline ne l’ont pas emporté sur le concert d’opinions diverses, néanmoins attendues, car déjà énoncées maintes fois, et qui donnent l’impression d’un ballet sans paroles ni musique ni rien, puisque la non-republication des pamphlets par l’éditeur « historique » de Céline ne règle rien.

On peut imaginer que la « polémique » incitera ceux qui n’ont pas encore lu ces textes à acheter, via Amazon, l’édition québécoise, ou à les lire en PDF – les plus curieux se procurant d’illicites reprints. Sur la question des pamphlets, j’ai, pour ma part, toujours été de l’avis de Sollers : il faut les republier ; ils font partie de l’œuvre, tout comme les écrits politiques de Bernanos, Gide, Drieu, Montherlant, Camus, Sartre...

Pour le reste, cette « polémique » ne constitue pas, comme on l’a dit, une « affaire » Céline : celle-ci a eu lieu en 1945 ; ou bien Céline est une affaire à lui tout seul. Craindre que la réédition, dans l’austère collection des Cahiers de la NRF, à côté des articles d’avant-guerre de Blanchot et du Journal inutile de Morand, de textes qu’on trouve aisément relève donc d’un accès de vertu : je ne sache pas que la republication, il y a trois ans, des Décombres de Rebatet ait nourri l’antisémitisme en France. L’antisémitisme « culturel » est mort en 1945. Celui qui a récemment vu le jour est le fait d’une population  musulmane radicalisée et/ou délinquante, qui agit au nom du cliché du « juif riche » ou encore du « sioniste » qui opprime, même à distance, le peuple palestinien, et qu’il faut donc punir. Ceux qui ont tué Ilan Halimi, plus tard Sarah Halimi, et qui ont incendié une épicerie cacher, à Créteil, la semaine dernière, n’avaient pas lu Bagatelles pour un massacre. Savent-ils même lire ? Cet antisémitisme-là est là un des non-dits majeurs du gauchisme officiel, dont l’alliance objective avec l’islam sunnite suscite un « bloquage » majeur de la vie politique, en France et en Europe.

Redouter, plus largement, que les pamphlets de Céline ne corrompent la jeunesse, c’est supposer à cette dernière une capacité à lire qu’elle n’a plus. Car Céline n’est pas un écrivain facile, et nullement à la portée de ceux qui, voyous islamistes de banlieue ou petits-bourgeois connectés, ont bénéficié l’enseignement de l’ignorance qui est, selon Michéa, le propre de l’Education nationale. Un état de fait pieusement réfuté, à l’occasion du cinquantenaire de Mai 68, par un magazine officiel qui voit, dans les 50 années qui se sont écoulées, un remarquable progrès de l’enseignement public : ne sommes-nous pas arrivé à 79% de bacheliers, c’est-à-dire un progrès de 20% ? En vérité il faut, en cette matière comme en toutes les autres, inverser le discours : il ne reste plus que 20%, environ, d’élèves à peu près capables de lire et d’écrire correctement le français, et de se représenter l’histoire de France autrement que par le filtre relativiste et mondialiste du néo-historicisme.

Pendant que les intellectuels bataillaient, je songeais à la façon dont Daniel Barenboim avait, il y a une dizaine d’années, suscité une vive polémique en dirigeant pour la première fois du Wagner en Israël. La question de l’œuvre, de la possibilité d’une œuvre, jusque dans ses excès, ses errements, ses apories, est donc légitimement posée de façon passionnée ou prudente ; mais c’est peut-être la dernière fois qu’elle se posera, en une ère qui voit disparaître peu à peu la possibilité psychologique de connaître Wagner et de lire Céline. La jeunesse contemporaine n’a plus rien à faire de Wagner, de Céline, d’Aragon, de Ravel, de Giono, de Boulez, ou de Soljenitsyne : elle ne sait rien, et ne veut qu’être connectée à elle-même, c’est-à-dire au néant.

Le problème n’est donc pas d’empêcher les jeunes gens de lire les pamphlets de Céline (et je n’userai pas de l’argument spécieux, entendu dans quelques bouches qui avancent que, comme pour Harry Potter, mieux vaudrait que les jeunes lussent ces pamphlets que rien du tout) ; le problème est, brame la presse officielle, de « désintoxiquer les ados du téléphone portable ». Question en effet primordiale, et à la désintoxication du « portable », ajoutons celle du cannabis, du gauchisme culturel, du consumérisme, de la télévision, de la mondialisation. Est-ce possible ? Par quel exorcisme ? Et pour quelles valeurs autres que les fariboles « républicaines » et onusiennes ? Oui, comment retrouver le réel ?

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 13 janvier 2018)

19/04/2011

Pierre Drieu la Rochelle...

Nous vous signalons la parution, sous la plume de Jacques Cantier, aux éditions Perrin, de Pierre Drieu la Rochelle, une biographie de l'inoubliable auteur de Gilles ou de L'homme à cheval. En espérant que celui qui a rêvé d'"amalgamer dans un même mouvement la force révolutionnaire de la contestation sociale et la puissance de l'instinct national " ne soit pas, un fois de plus, caricaturé...

 

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"A l'appui d'archives nouvelles, la biographie retrace la parcours complexe de l'écrivain dont les textes parlent autant de littérature que de politique. L'essai aide à comprendre le cheminement d'un romancier français marqué pour toujours par le conflit de la Première Guerre mondiale. En 1934, il se déclare fasciste et en 1945, il se suicide plutôt que d'affronter les tribunaux de la Libération."

 

09/02/2011

La traversée de la ténèbre hivernale...

Les éditions Heligoland publient le deuxième numéro (n°2, hiver 2010-2011) de la revue Figures de proues, sous-titrée Cahiers de recherche sur l'héritage littéraire, culturel et l'imaginaire européen et dirigée par Pierre Bagnuls.On trouvera, notamment, dans cette livraison, une longue analyse du roman de Jack London, Le loup des mers, ainsi qu'une sélection de textes fondateurs.

Il est possible de commander ce numéro ou, mieux encore, de s'abonner sur le site de la revue : Figures de proues.

 

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Au sommaire :

Editorial

• La traversée de la ténèbre hivernale – des lumières dans la nuit solsticiale

 

Les Sources Vives

• Plaidoyer pour le Chant profond

• La tradition de la culture personnelle par Jean-Louis Harouel

• La poésie populaire en Europe par Edouard Schuré

 

Essai Culture Littérature Poésie Mémoire

• Quand deux phares se lancent des signaux par-delà la nuit des temps

 

Textes fondateurs

• Décembre par Ernst Jünger

• Une amitié incomparable par Alphonse de Châteaubriant

• L’ami par Saint-Exupéry, Barrès, Brasillach, Drieu La Rochelle

• Amitié d’astres par Friedrich Nietzsche

• L’ami dans l’Edda poétique – extraits du Havamal

• L’amitié par Abel Bonnard

• Traité de l’amitié par Marcus Tullius Cicero

• Sur le grand nombre d’amis par Plutarque

 

Livres Libres et Recensions

• Voyage vers le Nord

• Demeures de l’esprit – Danemark, Norvège

• Culture Guides – Scandinavie

 

Analyse d’oeuvre

• Le Loup des mers de Jack London – une réflexion philosophique sur l’homme

07/02/2011

Les frères séparés...

Les éditions de la Table ronde viennent de rééditer, dans la collection de poche La petite vermillon, l'essai de Maurizio Serra intitulé Les frères séparés - Drieu la Rochelle, Aragon, Malraux face à l'histoire. Ce diplomate italien, qui est déjà l'auteur de Marinetti et la révolution futuriste (L'Herne, 2008), doit prochainement publier une biographie de Malaparte.

 

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"Il existe une vaste littérature, en France et dans le monde entier, sur l'œuvre, l'action politique et l'héritage de Drieu la Rochelle, d'Aragon et de Malraux. Mais aucune étude connue, qui se propose d'analyser leurs itinéraires croisés d'un point de vue chronologique et thématique à la fois, sur fond des «guerres civiles» européennes de leur temps. C'est le pari tenté par Maurizio Serra. Il a relu ce moment capital de «l'idéologie française» du vingtième siècle, où s'affrontent révolution et anarchie, communisme et fascisme, surréalisme et décadence, Résistance et Collaboration, patriotisme et «parti de l'étranger», gaullisme et internationalisme à travers le destin extraordinaire de trois intellectuels «furieusement» engagés. Trois hommes unis et lacérés par leurs contradictions, leurs passions, leurs démons intérieurs.
Paru en Italie en 2006, Les frères séparés a été entièrement revu par l'auteur pour cette version française."