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  • Tout Homère !...

    Les éditions Les Belles Lettres et Albin Michel, viennent de publier un volume intitulé Tout Homère qui comprend L'Iliade, avec une nouvelle traduction de Pierre Judet de La Combe, L'Odyssée et l'ensemble des textes attribués au plus célèbre des aèdes grecs. Superbe volume !

     

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    " Pour la première fois, l'intégralité des textes homériques se trouve réunie en un seul volume. Vous y trouverez les deux grands poèmes, l'Iliade, dans une nouvelle traduction donnée par Pierre Judet de La Combe, et l'Odyssée, dans la traduction désormais classique de Victor Bérard, mais également des textes qui, dans l'Antiquité, ont été attribués à Homère ou ont entretenu la légende de Troie.
    À ces textes viennent s'ajouter les textes épiques « contemporains » du moment homérique (VIIIe - Ve siècle avant notre ère) la plupart inédits, qui permettent de découvrir une facette inattendue d'un Homère divertissant. On lira aussi le « Cycle troyen », les Vies d'Homère, des extraits de commentaires anciens, et l'essentiel des sources littéraires antiques qui racontent la mythologie homérique.

    Une occasion unique d'embrasser la beauté de cette œuvre fondatrice et d'en mesurer toute sa modernité. "

                             

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  • Quand la guerre au chromosome Y est déclarée...

    Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque les délires du féminisme. Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et Contre le libéralisme (Rocher, 2019).

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    Alain de Benoist : « Dans la nouvelle guerre des sexes, l’homme est appelé à la rédemption en se défaisant de son identité… »

    Le féminisme d’autrefois luttait pour faire avancer les droits des femmes. L’actuel néoféminisme en vient maintenant à nier les notions mêmes de masculinité et de féminité. Comment expliquer ce glissement ?

    Il s’est produit en deux temps. Dans un premier temps, les féministes de tendance universaliste (celles qui conçoivent l’égalité comme synonyme de mêmeté) ont voulu montrer que les femmes étaient « des hommes comme les autres ». Il s’agissait, par exemple, de prouver qu’il n’y a pas de métier réservé par nature à l’un ou l’autre sexe, qu’il peut y avoir des femmes soldats, des femmes pilotes d’avion, etc. Pourquoi pas ? Mais évidemment, s’il n’y a plus de « métiers d’hommes », il n’y a plus que des métiers unisexes. Parallèlement, on a exigé la parité dans tous les domaines, en présupposant que les deux sexes ont, non seulement les mêmes capacités, mais aussi les mêmes appétences et les mêmes aspirations. Cette exigence s’est progressivement généralisée jusqu’à l’absurde – même s’il n’y a pas encore beaucoup d’éboueuses ou de sages-hommes ! Bien entendu, l’absence de parité n’est présentée comme choquante que là où elle s’exerce au bénéfice des hommes : que la magistrature soit féminisée à 66 % (plus de 86 % chez les 30-34 ans), le personnel de l’Éducation nationale à 68 % (82 % dans l’enseignement primaire) ne suscite pas la moindre protestation. Quand on regarde, aujourd’hui, un téléfilm policier, on a même du mal à imaginer qu’il y a aussi des hommes dans la police nationale !

    Les choses se sont aggravées avec la théorie du genre, qui nie que le sexe biologique soit un élément déterminant de la vie sexuelle, en fait une « construction sociale », et lui oppose la multiplicité des « genres ». L’idée générale est, ici, qu’à la naissance, tout le monde est plus ou moins transsexuel. Vous aurez noté l’importance du « trans » dans le discours LGBTQI+ : bien que les véritables transsexuels ne soient qu’une infime minorité, le recours à la vision « queer » du monde permet d’affirmer que tout est dans tout et inversement. Des enfants de quatre ou cinq ans se voient ainsi expliquer qu’ils peuvent choisir leur « genre » à leur gré.

    Les notions de masculinité et de féminité sont donc en effet niées, mais en même temps, sous l’influence du politiquement correct, on ne cesse de ressusciter le masculin pour le mettre en accusation. D’un côté, on affirme que le biologique ne détermine rien du tout, de l’autre que l’homme est par nature un violeur potentiel et que le patriarcat (la « culture du viol ») est en quelque sorte inscrit dans ses gènes. On conteste l’idée d’un « éternel féminin » mais on essentialise le mâle au motif qu’il n’a cessé, de tout temps, de se montrer agressif et « dominant ».

    On s’oriente alors vers une dévaluation générale de la masculinité ?

    Oui, on peut même dire que la guerre au chromosome Y est déclarée. Non seulement il faut traquer le « sexisme » jusque dans ses manifestations les plus anodines, puisqu’il y aurait continuité du « harcèlement » jusqu’au « féminicide », mais il faut tout faire pour que les hommes renoncent à leur virilité – ce qu’on appelle, désormais, la « masculinité toxique ». Hier, les femmes voulaient être « des hommes comme les autres », aujourd’hui, ce sont les hommes qui doivent apprendre à devenir « des femmes comme les autres ». La masculinité devient une condition pathologique. Nouveau mot d’ordre orwellien : l’homme est une femme (Dieu aussi, sans doute – lesbienne, de surcroît). Les hommes doivent donc se féminiser, cesser de « se comporter comme des hommes », ainsi qu’on le leur recommandait autrefois, laisser libre cours à leurs émotions (larmes et jérémiades sont recommandées), faire taire leur goût du risque et de l’aventure, se tourner vers les produits de beauté (le capitalisme et la société des pousseurs de Caddie™ y trouvent leur compte) et surtout – surtout – ne jamais considérer les femmes comme un objet de désir. Nouvelle version de la guerre des sexes, où l’ennemi est appelé à la rédemption en se défaisant de son identité.

    Les précieuses ridicules de l’écriture inclusive et les mères fouettardes du « girl power » exigent désormais des hommes qu’ils se rallient à l’« intersectionnalité » des luttes « décoloniales », qu’ils communient dans une vertueuse dévotion pour les « vainqueuses » du foot féminin, qu’ils militent pour l’« élargissement de la visibilité des sexualités alternatives » et se mobilisent contre la « précarité menstruelle », en attendant sans doute de se convertir à l’androgynat généralisé dans un monde transformé en gynécée régi par Big Mother, l’État thérapeutique prescripteur de conduites. Halte aux « cisgenres », place aux « non-binaires », aux « gender fluid » qui ont su s’extraire des stéréotypes de l’univers « hétérocentré » !

    Telle est la raison pour laquelle notre époque n’aime pas les héros, leur préférant les victimes. Voyez la façon dont, lors des cérémonies de la fin du centenaire de la Première Guerre mondiale, on s’est employé à « démilitariser » l’événement, en célébrant le « retour de la paix » pour ne pas avoir à parler de la victoire. Comme si les poilus voulaient seulement que les combats s’arrêtent sans se soucier de savoir qui finirait par gagner la guerre ! Certes, les classes populaires admirent spontanément l’héroïsme du colonel Beltrame ou celui des deux commandos marine tués au Mali, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. L’esprit du temps, lui, appelle plutôt à se reconnaître dans le travesti Bilal Hassani, « représentant de la France » à l’Eurovision et titulaire du « prix LGBTI » de l’année. Ce n’est pas tout à fait la même humanité.

    Vous parlez de dévaluation de l’héroïsme. Mais alors, comment expliquer au cinéma la vogue des « super-héros » ? Une forme de compensation ?

    Sans doute, mais là n’est pas l’essentiel. Il faut bien voir, en fait, que le super-héros n’est pas un héros à l’exponentielle, mais le contraire même du héros. Le héros est une figure tragique. C’est un homme qui a choisi d’avoir une vie glorieuse mais brève, plutôt qu’une vie confortable mais quelconque. Le héros est un homme qui sait qu’un jour ou l’autre, il devra donner sa vie. Rien de tel chez Iron Man, Superman, Spiderman et autres tristes productions de chez DC ou Marvel. Ce ne sont pas des héros parce qu’ils sont invincibles, qu’ils ne ressentent pas la moindre peur, qu’il n’y a rien de tragique en eux. Ce ne sont des surhommes que sous l’angle de la testostérone. Au sens propre, ce sont des « hommes augmentés », tels que se les représentent les tenants du « surhumanisme ». On est à mille lieues d’Achille ou de Siegfried.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 23 juin 2019)

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  • Être Achille ou Ulysse ?...

    Les éditions Bayard viennent de publier Être Achille ou Ulysse ?, le texte d'une conférence de Pierre Judet de la Combe. Helléniste, spécialiste de la tragédie grecque et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, Pierre Judet de La Combe est également l'auteur de L'avenir des anciens : oser lire les Grecs et les Latins (Albin Michel, 2016) et d'une biographie d'Homère (Folio, 2017).

     

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    " Dans cette petite conférence très vivante et pleine de fantaisie, Pierre Judet de La Combe présente deux personnalités bien différentes. Deux héros, deux destins, deux manières d'être, de vivre. Le premier est en colère, affronte ses ennemis, bouscule les dieux, les hommes et gagne. Sans méfiance aucune, il aime passionnément ses amis, souffre pour eux, et laisse un souvenir lumineux, mais il meurt. L'autre ruse, fuit, invente mille tours, se méfie de tout le monde, s'échappe toujours et parvient à revenir chez lui, mais à quel prix ? Faut-il choisir entre ces deux voies ? Une formidable réflexion sur ce que dit de nous la mythologie. "

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  • Achille, le héros tragique...

    Les éditions Ellipses ont récemment publié un essai historique d'Aurore Noirault consacré à Achille, le guerrier grec, héros de l'Iliade. L'auteur est professeur de Lettres classiques...

     

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    " Achille, ce guerrier grec, né d'une déesse et d'un mortel, plongé dans le Styx par sa mère afin de le rendre invulnérable, est encore connu de nos jours pour sa participation à la guerre de Troie, illustrée dans l'Iliade, l'épopée écrite par Homère au VIIIe siècle avant notre ère. Promis à une destinée fulgurante, bénéficiant de l'aide bienveillante des dieux, il mène derrière son bouclier de sanglants combats contre les Troyens, massacrant ses ennemis sans aucune pitié. Sa violence se déchaine surtout contre Hector, qui a tué Patrocle, son ami le plus cher, son autre lui-même. Pourtant, sous l'armure étincelante du guerrier quasi invincible, se dévoile au fil des pages une personnalité complexe, révélant tout le paradoxe du héros. Celui dont le nom est principalement associé à la cruauté, à la fureur et à la colère est aussi capable d'une grande humanité. Un trait mortel précipitera son destin funeste ; la flèche décochée par Pâris et guidée par Apollon l'atteindra au talon, seul endroit vulnérable de son corps. Cet ouvrage se propose de retracer la légende auréolée de gloire du divin Achille, en partant des textes antiques jusqu'aux représentations modernes. Modèle en sculpture et en peinture, héros tragique par excellence, il est également source d'inspiration musicale : sa force hors norme conduit un groupe comme Led Zeppelin à en faire une véritable star du rock. Le personnage d'Achille signe aussi le retour de l'Antiquité sur grand écran, attestant le renouveau du genre du péplum, comme pour répondre à l'aspiration profonde du guerrier d'atteindre à l'immortalité. "

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  • La ruse et la force...

    Les éditions Perrin viennent de publier un essai de Jean-Vincent Holeindre intitulé La ruse et la force - Une autre histoire de la stratégie. Docteur de l'EHESS, Jean-Vincent Holeindre est professeur de science politique à l'université de Poitiers et directeur scientifique de l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire (IRSEM). Il préside l'Association pour les études sur la guerre et la stratégie (AEGES).

     

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    " Au VIIIe siècle avant J.-C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l'Iliade et l'Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un soldat : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte. Cette opposition de la force et de la ruse structure dès l'origine l'histoire de la stratégie dans le monde occidental.
    Jusqu'à présent, la force a davantage attiré l'attention des historiens. La ruse apparaît rarement comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir et se présente comme l'apanage du faible ou de l'étranger. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n'est pas recevable, parce qu'il ne reflète pas la réalité historique et se fait l'écho d'un discours idéologique. Il s'agit donc d'en finir avec cette lecture stéréotypée afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, des guerres antiques aux mouvements terroristes du XXIe siècle. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie, dégagée des préjugés culturels et ethniques, qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force. "

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  • Penser la guerre au futur...

    Les presses de l'Université Laval au Québec ont récemment publié un ouvrage collectif, dirigé par Richard Garon et intitulé Penser la guerre au futur. Officier des Forces armées canadiennes, Richard Garon est docteur en sciences politiques et professeur associé à l'université de Laval.

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    " La fin de la guerre froide et les événements de septembre 2001 ont engendré un débat fondamental qui divise les études stratégiques. Certains auteurs avancent que la nature de la guerre s’est transformée, alors que d’autres affirment que sa conduite s’est adaptée aux nouvelles conditions sans modifier les caractéristiques essentielles de la guerre. La réflexion portant sur la conduite des futurs conflits traite presque exclusivement des développements technologiques. Malgré le niveau technologique avancé de notre société, est-ce que cet aspect change significativement la nature et la conduite de la guerre ? Lors d’un conflit armé, est-ce que les aspects technologiques éclipsent désormais les autres considérations comme la doctrine et l’aspect humain ? À titre d’exemple, est-ce que la guerre des robots permettrait d’éliminer l’erreur humaine ou les considérations politiques qui semblent affecter l’efficacité des forces armées depuis des générations ? Cet ouvrage répond à ces nombreuses questions qui auront des répercussions sur la guerre de demain. "

    Au sommaire :

    Chapitre 1  De quoi s’agit-il ? Guerre, conflit, intervention

    Chapitre 2 Prenez garde à la révolution dans les affaires militaires

    Chapitre 3  Du soldat antique au supersoldat de l’âge géopolitique posthéroïque, le modèle occidental de la guerre entre Achille et Iron man

    Chapitre 4 La guerre de l’information, concept polymorphe de la société de la connaissance

    Chapitre 5 La guerre comme principe du politique

    Chapitre 6 La gouvernance des alliances et du commandement

    Chapitre 7 Les drones du territoire à l’espace : la transformation de la machine de guerre américaine en chasseur technologique

    Chapitre 8 La part de l’homme

    Chapitre 9 Les leaders du futur au sein de la profession des armes

    Chapitre 10 L’humain, grand oublié du phénomène cyber ? Pistes de réflexion pour la cybersécurité

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