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Métapo infos - Page 674

  • Le nouveau parapluie atomique iranien...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Caroline Galactéros cueilli sur Geopragma et consacré au traité militaro-commercial en cours de négociation entre l'Iran et la Chine. Docteur en science politique, Caroline Galactéros est l'auteur de  Manières du monde, manières de guerre (Nuvis, 2013) et de Vers un nouveau Yalta (Sigest, 2019). Elle a créé en 2017, avec Hervé Juvin, entre autres, Geopragma qui veut être un pôle français de géopolitique réaliste.

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    Le nouveau parapluie atomique iranien

    L’été fut chaud, prodigue en incendies dévastateurs de nos forêts, mais aussi en foyers savamment entretenus pour de futurs brasiers.

    L’officialisation tonitruante, le 15 septembre à la Maison Blanche, de l’alliance tactique conclue par Israël avec les Emirats arabes unis (EAU) et Bahreïn pourrait bien, le Gotha mondial n’étant pas à une indécence près, valoir à Donald Trump un Nobel de la Paix… Mais ce n’est pas le plus important. Car cet accord n’est pas un accord de paix. Il traduit la consolidation d’axes d’hostilité et de concurrence économico-militaro-idéologiques. Il s’inscrit dans un contexte hautement inflammable conjuguant l’affaiblissement aggravé de l’Europe sous les coups de boutoir turcs impunis en Méditerranée orientale, la poursuite des opérations en Syrie et en Libye, la déstabilisation du Liban et le chantage américain exercé sur Paris pour que la France boive le calice de la servitude jusqu’à la lie, et laisse tomber le pays du Cèdre en déniant au Hezbollah son rôle d’interlocuteur incontournable (que cela nous plaise ou non) dans l’équilibre politique libanais. Une façon efficace de nous décrédibiliser définitivement au Levant et de nous condamner à ne plus y servir à rien. Car, si le Hezbollah reste le rempart des communautés chrétiennes locales face à une emprise sunnite croissante, il est surtout, aux yeux de Washington, le prolongement de la capacité de nuisance Iranienne dans toute la région. Il s’agit donc de tarir son influence locale et régionale en s’attaquant aux avoirs économiques de certains leaders économiques du Hezbollah, et de démontrer que le Liban est un « Etat failli ».

    Derrière cette tragédie humaine et économique, c’est donc bien évidemment l’Iran qui est la cible ultime de Washington et de Tel-Aviv, et c’est avant tout le JCPOA (Accord sur le nucléaire iranien) qui a été le catalyseur de la conclusion de l’accord du 15 septembre. Le Liban, comme la Syrie, la Lybie, l’Irak ou le Yémen, ne sont que des espaces de manœuvre pour atteindre « l’effet final recherché » par les stratèges étatsuniens : affaiblir politiquement et financièrement le régime des Mollahs, pour le désolidariser de la population, couper les ressorts de la résilience patriotique, déstabiliser l’équilibre interne entre courants réformateur et conservateur, pousser le régime à la radicalisation puis à la faute. Et avoir enfin un prétexte pour frapper. Les salves de sanctions, les manœuvres au sein du Conseil de sécurité, les déclarations menaçantes du secrétaire d’Etat américain Pompeo et son intimidation ouverte de tous ceux, entreprises et pouvoirs européens, qui oseraient encore « travailler ou commercer avec l’Iran » ne laissent aucun doute sur sa détermination à poursuivre la diabolisation tous azimuts de la République islamique pour la pousser à la faute. Au point d’avoir fait du sanguinaire prince héritier saoudien MBS un parangon de démocratie et de modernité dans un assourdissant silence occidental et notamment français. Nous sommes dans une telle schizophrénie stratégique et diplomatique que l’on n’est plus même capables de réfléchir, moins encore de réagir. C’est l’histoire de la paille et de la poutre. Seul le Qatar, et Moscou avec prudence, semblent encore se ranger du côté de Téhéran sur qui pleuvent les sanctions unilatérales américaines (le 17 septembre contre 47 individus et entités iraniens pour détruire la capacité de nuisance cyber du régime) et désormais onusiennes, après la tragique activation le 20 septembre du mécanisme retors de « Snap Back » (piège destiné à en finir avec ce multilatéralisme récalcitrant et à neutraliser les droits de véto russe et chinois notamment sur la question de l’embargo sur les livraisons d’armes à Téhéran) qui vient de permettre la réimposition automatique de toutes les sanctions multilatérales contre l’Iran. La Russie grogne, la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne se désolent. Mais il est trop tard. Notre impuissance consentie et finalement notre indifférence sont manifestes. Vive donc l’unilatéralisme brutal !

    Mais il y a un os dans ce brouet insipide qui sent le soufre et la poudre : l’Iran n’est pas, n’est plus seul. Il y a certes l’axe tactique d’Astana, qui le lie à Moscou et Ankara en Syrie et a empêché depuis 2015 le démembrement du pays et à son abandon aux milices islamistes sous label Daech ou Al Qaeda avec notre complaisante et suicidaire bénédiction. En Libye, le jeu est plus complexe et l’alignement aléatoire. Washington y laisse bon gré mal gré agir Ankara contre l’Egypte, la Grèce, Chypre et même contre certains intérêts israéliens dans le gazoduc East-Med, car la Turquie joue ici utilement contre l’influence russe et gêne la convergence du « format d’Astana ». Mais, si Erdogan fait merveille en tant que nouveau proxy américain en Syrie et contre l’Allemagne grâce au chantage migratoire – qui fragilise la chancelière Merkel et fait espérer aux néocons qu’elle renoncera à l’achèvement de Nord Stream 2 – Washington ne parvient pas à contrôler tout à fait les ambitions néo-ottomanes de cet éminent membre de l’Otan qu’on laisse sans états d’âme menacer Paris en haute mer ou Berlin, mais qui s’appuie aussi sur la munificence qatarie pour s’opposer à Ryad et à la bascule actuelle des EAU et de Bahreïn sous contrôle américano-saoudo-israélien.

    Las ! L’Iran a désormais un nouvel « ami » officiel, un protecteur discret mais redoutable, infiniment plus gênant pour Washington que Moscou : Pékin ! La Chine en effet, engagée dans un jeu planétaire de consolidation de ses zones d’influence, de captation de nouvelles clientèles et de marchés, mais aussi de sécurisation de ses approvisionnements notamment énergétiques, vient de pousser un pion cardinal en volant au secours de la République islamique au moment où celle-ci se préparait à essuyer un désaveu au Conseil de sécurité de l’ONU de la part des Européens. Car le multilatéralisme est en miettes, la loi de la jungle plus implacable que jamais et le nombre de grands animaux type « mâles dominants » augmente dangereusement…

    Pékin a donc saisi l’occasion de la curée américaine sur Téhéran pour lancer une contre-offensive redoutable à la manœuvre américaine, plus puissante qu’un droit de véto…. en offrant à Téhéran (l’accord en cours de négociations a opportunément « fuité » en juillet ) 400 milliards de dollars d’aide et d’investissements (infrastructures, télécommunications et transports) assortis de la présence de militaires chinois sur le territoire iranien pour encadrer les projets financés par Pékin, contre une fourniture de pétrole à prix réduit pour les 25 prochaines années… et un droit de préemption sur les opportunités liées aux projets pétroliers iraniens. Cet accord, véritable « Game changer », n’a quasiment pas fait l’objet d’analyse ni de commentaire…

    Ses implications sont pourtant cardinales : à partir de maintenant, toute provocation militaire américaine orchestrée pour plonger le régime iranien dans une riposte qui lui serait fatale reviendra à défier directement Pékin… En attaquant Téhéran, Washington attaquera désormais Pékin et son fournisseur de pétrole pour 25 ans à prix doux. Pékin qui se paie d’ailleurs aussi le luxe de mener parallèlement des recherches avec Ryad pour l’exploitation d’uranium dans le sous-sol saoudien…. Manifeste intrusion sur les plates-bandes américaines et prolégomènes d’un équilibre stratégique renouvelé.

    Ainsi, il est en train de se passer quelque chose de très important au plan du rapport de force planétaire et des jeux d’alliances. Les grandes manœuvres vont bien au-delà du seul Moyen-Orient qui comme le reste du globe, est réduit au statut de terrain de jeu pour le pugilat cardinal qui oppose désormais, dans une « guerre hors limites » assumée, Washington à Pékin.

    Dans ce contexte, notre incapacité à désobéir et surtout à définir enfin les lignes simples d’une politique étrangère indépendante et cohérente, nous coupe les ailes, sape notre crédibilité résiduelle et nous rend parfaitement incapables de protéger les « cibles » américaines qui ne sont pourtant pas les nôtres et ne servent en rien nos intérêts nationaux, qu’ils soient économiques ou stratégiques. Il faut sortir, et très vite, de cet aveuglement.

    Caroline Galactéros (Geopragma, 21 septembre 2020)

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  • Les snipers de la semaine... (204)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur son site, l'Observatoire du journalisme pulvérise l'hypocrisie de l'Appel à la liberté d'expression publié par les médias du camp du Bien...

    90 médias « pour » la liberté ? Ubu roi de la presse

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    - sur Hashtable, H16 dézingue la la sur-réaction hystérique du gouvernement face à la crise sanitaire...

    Gestion de la crise : vite, faisons pire, mais plus prudemment

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    90 médias « pour » la liberté ? Ubu roi de la presse
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  • Feu sur la désinformation... (298)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Nicolas Faure.

    Au sommaire :

    • 1 : L’image de la semaine
      L’image de la semaine, c’est cette iconisation politico-médiatique de Ruth Bader Ginsburg, juge de la Cour suprême américaine récemment décédée.
    • 2 : Bobards médiatique et dictature sanitaire
      Alerte rouge sur la France ! L’atmosphère autour de l’épidémie de Covid-19 devient de plus en plus anxiogène, malgré plusieurs éléments positifs.
    • 3 : Revue de presse
    • 4 : L’émotion au service de l’immigration
      Les manipulations médiatiques battent leur plein sur la question migratoire. Plus que jamais, l’émotion semble mise au service de l’immigration.

     

                             

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  • Liberté d'inexpression...

    Les éditions du Toucan viennent de publier dans leur collection L'Artilleur un essai d'Anne-Sophie Chazaud intitulé Liberté d'inexpression. Philosophe et haut-fonctionnaire, Anne-Sophie Chazaud est chroniqueuse dans plusieurs revues comme Causeur ou L'Incorrect.

     

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    " Livres de François Hollande déchirés en public, pétition pour demander le départ d’un journaliste, blocage d’université pour empêcher une intellectuelle de débattre, loi sur les fake news… Quelques décennies à peine après mai 68 qui avait érigé l’« interdiction d’interdire » en slogan, la liberté d’expression, pilier indispensable des libertés fondamentales d’une démocratie en bonne santé, est devenue la cible d’attaques très préoccupantes en France.

    Anne-Sophie Chazaud montre que cette fragilisation tient à de nombreux facteurs qui, le plus souvent, loin de s’opposer, se complètent. Libéralisation et privatisation du marché de la censure, catéchisme bien-pensant devenu dominant, pudibonderie post-moderne selon le paradigme anglo-saxon de l’ « offense » victimaire, pression islamiste au besoin terroriste, intolérance du dogme néo-progressiste, rigidification de l’Histoire, groupes de pression identitaires ou sexuels, etc.

    Elle propose ici un démontage philosophique et juridique des outils de cette domination. "

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  • L’urbanisme, de Romulus à Le Corbusier...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien du Cercle Henri Lagrange avec Pierre le Vigan, réalisé en septembre 2020 et consacré à l'urbanisme.

    Urbaniste, collaborateur des revues Eléments, Krisis et Perspectives libres, Pierre Le Vigan a notamment publié Inventaire de la modernité avant liquidation (Avatar, 2007), Le Front du Cachalot (Dualpha, 2009), La banlieue contre la ville (La Barque d'Or, 2011), Écrire contre la modernité (La Barque d'Or, 2012), Soudain la postmodernité (La Barque d'or, 2015) et dernièrement Achever le nihilisme (Sigest, 2019).

     

     

                                             

     

    Au sommaire :

    00:00:23 - Différences entre "maçonnerie", "architecture" et "urbanisme"

    00:06:11 - Qu'est qu'une "cité"?

    00:09:01 - Qu’est-ce que le "synœcisme" ?

    00:10:11- La "Cité idéale" de Platon

    00:11:52 - Aristote

    00:13:12 - Qu'est-ce que le "pomerium"

    00:14:39 - Les murailles

    00:17:38 - Les utopies urbanistiques de la Renaissances

    00:20:35 - Impact de la révolution industrielle sur la ville

    00:24:26 - Le Paris d'Hausmann

    00:30:12 - Les utopies urbanistiques du XIXeme siècle

    00:32:43 - Les mouvements "culturaliste", "progressiste" et "naturaliste"

    00:39:08 - Le Corbusier

    00:45:08 - Le "Plan Voisin"

    00:49:30 - Bauhaus et l’avant-garde soviétique

    00:56:51 - Les "grands ensembles" en France

    01:04:59 - Le regard d'un urbaniste sur la banlieue

    01:11:18 - la conception contemporaine de la rue

    01:15:15 - Les mouvements "modernes" et "post-modernes"

    01:20:33 - Le mode de contrôle contemporain de la ville

    01:22:32 - Qu'est ce que la "smart city"?

    01:23:32 - La ville de demain

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  • Quand Evola lisait Le Travailleur de Jünger...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un essai de Julius Evola intitulé La Figure du Travailleur chez Ernst Jünger. Penseur essentiel du traditionalisme révolutionnaire, écrivain au style clair et puissant, Julius Evola est notamment l'auteur de Révolte contre le monde moderne (1934), Les Hommes au milieu des ruines (1953) et Chevaucher le tigre (1961).

     

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    " Dans cet essai inédit en français, Julius Evola présente et analyse l’œuvre maîtresse de la première période d’Ersnt Jünger, Le Travailleur (1932), où résonnait encore l’écho métallique des expériences du combattant de la Grande Guerre. À l’heure de la mobilisation totale, le Travailleur n’est pas le représentant d’une classe sociale ni l’ouvrier prolétarisé : c’est une « Figure », l’archétype d’un homme nouveau capable de tourner à son avantage tout ce que notre Âge de fer peut avoir de destructeur. Ce que Jünger propose aux plus lucides, aux anti-bourgeois authentiques, c’est la voie d’une ascèse, d’un héroïsme capable de les extraire de l’état de somnambulisme dans lequel l’univers de la technique et de la machine a plongé les hommes. Il entend ainsi affirmer la nécessité de la formation, avant tout intérieure, d’un nouveau type humain, davantage disposé à donner qu’à réclamer, afin de dépasser la crise qui secoue le monde moderne. Pour mieux chevaucher le tigre.

    Aristocrate de la pensée, Julius Evola (1898-1974) est tout ensemble le théoricien et l’exemple d’une éthique exigeante fondée sur une référence constante à la Tradition. "

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