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Métapo infos - Page 610

  • Le succès d'une imposture...

    Les éditions de L'Observatoire viennent de publier un essai de Julia de Funès intitulé Développement (im)personnel - Le succès d'une imposture. Docteur en philosophie et titulaire d'un DESS en Ressources humaines, Julia de Funès est notamment l'auteure de Socrate au pays des process (Flammarion, 2017) et, avec Nicolas Bouzou, de La Comédie (in)humaine (Éditions de l'Observatoire, 2018).

     

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    « Comment se "développer" quand on est sans cesse "enveloppé" par des coachs ? Comment le développement serait-il "personnel" quand guides et manuels s'adressent à chacun comme à tout autre ? La philosophe Julia de Funès fustige avec délectation les impostures d'une certaine psychologie positive. "L'authenticité en 5 leçons", "La confiance en soi : mode d'emploi", "Les 10 recettes du bonheur"... Les librairies sont envahies d'ouvrages qui n'en finissent pas d'exalter l'empire de l'épanouissement personnel.
    Les coachs, nouveaux vigiles du bien-être, promettent eux aussi sérénité, réussite et joie. A les écouter, il n'y aurait plus de "malaise dans la civilisation", mais une osmose radieuse. Nous voici propulsés dans la "pensée positive" qui positive plus qu'elle ne pense ! C'est le non-esprit du temps. Pourquoi le développement personnel, nouvel opium du peuple, rencontre-t-il un tel engouement ? Sur quels ressorts psychologiques et philosophiques prend-il appui ? L'accomplissement de soi ne serait-il pas à rechercher ailleurs que dans ces (im)postures intellectuelles et comportementales ? Pour lutter contre la niaiserie facile et démagogique des charlatans du "moi", Julia de Funès propose quelques pépites de grands penseurs.
    Si la philosophie, âgée de 3000 ans, est toujours là, c'est qu'en cultivant le point d'interrogation, elle développe l'intelligence de l'homme, fait voler en éclats les clichés et les lourdeurs du balisé, et permet à chacun de mieux affirmer sa pensée et vivre sa liberté. L'esprit n'est jamais mort, la réflexion ne rend pas les armes, une libération est toujours possible ! »

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  • Les pièges de la société numérique...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Renaud Vignes, cueilli sur L'Inactuelle et consacré à la naissance de l'homo festivus numericus. Renaud Vignes est docteur en sciences économiques et maître de conférences à l’IUT d’Aix-en-Provence.Il est aussi l'auteur d'un essai, L’impasse - Étude sur les contradictions fondamentales du capitalisme moderneet les voies pour les dépasser (CitizenLab, 2018).

     

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    Renaud Vignes: “Les pièges de la société numérique”

    Cette génération que l’on appelle les « digital natives » ou la « e-génération », celle que Michel Serres surnomme « Petite poucette » parce que leurs pouces s’agitent en permanence sur leur smartphone, est née avec téléphone ou tablette numérique en main et des écrans devant les yeux. C’est une espèce en voie de mutation, une mutation dirigée par une sélection artificielle : celle où technologies numériques et humaines sont entrées en symbiose. Homo festivus devient homo festivus numericus.

    L’indifférence aux autres.

    Celui-ci baigne dans les flux de la réalité numérique. Il est indifférent aux autres, ce qui explique son désintérêt pour la chose publique. Il vit dans l’instant et se contente de satisfactions écologiques, d’engagements parcellaires, pour la théorie du genre ou les animaux. Bref, une atomisation du sens civique. Cette dictature du vide se contente d’une offre pressante de produits non indispensables. Le symbole de ces temps narcissiques est le selfie. Tout comme le légendaire Narcisse, festivus numericus est fasciné par son image et informe en temps réel le monde entier de ce qu’il fait. Dorénavant la vie sociale de festivus numericus se passe sur son téléphone portable.

    Des signes (like, flamme, cœur…) permettent d’établir une typologie de ses nouvelles relations sociales. C’est le baromètre de la popularité, de l’intégration. Dès le réveil, toute son attention est concentrée sur le développement de cette popularité. Les comportementalistes ont théorisé, il y a déjà longtemps, comment conditionner les êtres humains en s’appuyant sur différentes méthodes de stimulation. S’appuyant sur le puissant besoin d’appartenance de festivus numericus, ces applications jouent sur tous les leviers pour capter son attention. Comme on aide un enfant à lire, à écrire, à être poli, le développement d’une nouvelle science va l’aider à se concentrer sur ce qui est intéressant pour lui.

    La « captologie ».

    Cela s’appelle la « captologie » et elle s’est érigée en discipline scientifique. Au carrefour de nombreuses disciplines, ce nouveau champ de recherche est en train de prendre forme autour de la notion d’économie de l’attention. Au sein du Persuasive Tech Lab [1] se développent les recherches les plus avancées dans ce domaine. C’est-à-dire l’étude des technologies numériques comme outil d’influence sur nos comportements. Ce domaine de recherche explore les liens entre les techniques de persuasion en général et les technologies numériques. Cela est devenu une science, qui repose sur les travaux des comportementalistes. Notre cerveau évolue chaque jour, car il est plastique. Plus nous le sollicitons, plus il devient avare d’informations, d’interactions et de stimuli. Un peu comme l’estomac qui grossit quand nous mangeons trop et qui demande encore plus de nourriture pour être rassasié. Cela inclut la conception, la recherche et l’analyse fonctionnelle d’outils numériques créés dans le but de changer les attitudes et comportements des individus. Le terme de « captologie » a été inventé en 1996 par le Dr. Fogg dans ce laboratoire. Il publie en 2003 un ouvrage [2] dans lequel il souligne que la technologie n’est pas seulement un outil, mais également un media et un acteur social.

    La captologie a aussi pour ambition d’aider festivus numericus à mieux vivre. Cela peut sembler surprenant : pourtant on estime que, dans l’Union Européenne, 30% des couples se sont rencontrés sur Internet (70% pour les couples homosexuels). De véritables outils de gestion de la vie de famille et de la parentalité sont aujourd’hui disponibles. Des applications mobiles proposent par exemple d’aider à développer l’« intelligence émotionnelle » au sein d’un couple.

    La détection anticipée des désirs.

    Le potentiel de festivus numericus est la clé du système technocapitaliste. Ce qui intéresse celui-ci c’est de détecter automatiquement des potentialités, des goûts, des désirs, bien mieux que nous-mêmes ou nos proches. Les techniques de profilage nous disent ce que nous devons faire. Dans le domaine militaire et sécuritaire, c’est l’exécution par drones armés ou les arrestations préventives de potentiels combattants ou terroristes. Dans le domaine commercial, il ne s’agit plus tant de satisfaire la demande que de l’anticiper. Il devient de plus en plus rare, pour l’individu, d’être exposé à des choses qui n’ont pas été prévues pour lui, de faire l’expérience d’un espace public commun.

    Les citoyens ne sont plus identifiés en fonction de catégories socialement éprouvées dans lesquelles ils pouvaient se reconnaître, à travers lesquelles ils pouvaient faire valoir des intérêts collectifs ; ils le sont selon des profils de consommation. Nous intéressons les plateformes, comme Google, Amazon, ou Facebook, en tant qu’émetteurs de signaux utilisables. Ceux-ci n’ont individuellement que peu de sens, ne résultent pas la plupart du temps d’intentions particulières, mais s’apparentent plutôt aux traces que laissent les animaux. Celles-ci alimentent des algorithmes qui repèrent, au sein de ces masses gigantesques de données, des corrélations statistiquement significatives, qui servent à produire des modèles de comportements.

    Il ne nous reste plus rien à dire car tout est toujours déjà « pré-dit ». Les données parlent d’elles-mêmes. Ce qui intéresse les plateformes de commerce en ligne, par exemple, c’est de court-circuiter les processus à travers lesquels nous construisons et révisons nos choix de consommation, pour se brancher directement sur nos pulsions à venir, et produire ainsi du passage à l’acte d’achat, si possible en minimisant notre libre-arbitre.

    L’abandon des catégories générales au profit du profilage individuel conduit à l’hyper-individualisation, à une disparition du sujet, dans la mesure où, quelles que soient ses capacités d’entendement, de volonté, d’énonciation, celles-ci ne sont plus requises. L’automatisation fait passer directement des pulsions de l’individu à l’action ; ses désirs le précèdent.

    Renaud Vignes (L'Inactuelle, 16 septembre 2019)

     

    Notes:

    [1] http://captology.stanford.edu/

    [2] B. J. Fogg, Persuasive technology: using computers to change what we think and do, The Morgan Kaufmann series in interactive technologies (Amsterdam ; Boston: Morgan Kaufmann Publishers, 2003).

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  • Tour d'horizon... (171)

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    Au sommaire :

    - sur la Lettre de Comes Communication, Bruno Racouchot interroge Frédéric Pierucci sur l'affaire Alstom et l'extraordinaire complexité des jeux d'influence mis en œuvre par les autorités américaines s'approprier cette entreprise...

    Alstom, ou l'influence entre violence physique et prédation financière

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    - Cinéphiles, présenté par Olivier François, nous propose un entretien sur le cinéma avec le chanteur et compositeur Bertrand Burgalat...

    Cinéphiles #07 : Bertrand Burgalat

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  • Feu sur la désinformation... (247)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous, dans son nouveau format, un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours de Nicolas Faure.

    Au sommaire :

    • 1 : Macron et l’immigration : l’arnaque ?
      Le président de la République a provoqué une tempête médiatique et politique en évoquant les problèmes posés par l’immigration. Les retournements de veste ont été nombreux chez les journalistes engagés à gauche.
    • 2 : Revue de presse
      Faillite journalistique au New York Times, condamnation d’Eric Zemmour, propagande éhontée et même… Jean-Marie Bigard… Il y en aura pour tous les goûts dans la revue de presse de la semaine !
    • 3 : Snowden, lanceur d’alertes venu du froid
      Edward Snowden est un des lanceurs d’alertes les plus connus au monde puisque cet ancien membre de la NSA a révélé des scandales d’espionnages massifs des populations occidentales. Il a donné un entretien à France Inter cette semaine, nous analyserons ses propos sur la Russie et la loi Avia.
    • 4 : Renaissance(s), exposition artistique et médiatique
      Enfin, nous verrons si une exposition artistique sans art contemporain passionne les médias puisque Jean-Yves Le Gallou reviendra sur le traitement médiatique de la prochaine exposition de l’Institut Iliade.

     

                                       

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  • Ne perdons pas notre latin !...

    Les éditions Les Belles Lettres ont publié récemment un essai de Robert Delord intitulé Mordicus - Ne perdons pas notre latin ! . L'auteur est professeur de Lettres classiques et enseigne le latin depuis plus de quinze ans. Il préside également l'association "Arrêtes ton char !" , consacrée aux langues et cultures de l'antiquité aujourd'hui, dont le site mérite le détour...

     

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    " Mordicus : mordre le latin à belles dents, le latin qui se joue en classe pour offrir aux adolescents des armes intellectuelles.

    Mordicus : montrer les dents, en se battant, patiemment et ardemment, contre les préjugés, contre les idéologies, contre les contraintes budgétaires, contre l’uniformisation de l’éducation et de la culture, contre tant des forces qui égarent notre époque, pour que chacun comprenne que le latin tranchera au vif la formation du monde de demain.

    Dans ces pages passionnées, touchantes, drôles, vous verrez le latin comme vous ne l’avez peut-être jamais vu et, que vous l’ayez ou non étudié, vous aurez sûrement envie d’en (re)faire demain. Pour demain. "

    Au sommaire :

    Introduction

    Situation du latin
    Mais qui veut la peau du latin ?
    Latin : l’élitisme pour tous
    Apprendre et enseigner le latin : un acte de rébellion

    Le latin, à la croisée des savoirs
    La reconquête du français
    Le latin, passerelle entre les langues
    Latin et sciences

    Le latin, bien commun
    L’imaginaire antique
    Homo sum, nihil humani a me alienum puto
    Latin et citoyenneté
    Le prisme de l’Antiquité

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  • Le défi d'une création enracinée...

    Le 4 juin 2019, Floriane Jeannin recevait, sur TV libertés, Romain Petitjean et Aude Beausor, à l'occasion de l'exposition Renaissance(s), qui se tiendra à la Galerie Espace 54, 54 rue de Mazarine, dans le VIème arrondissement de Paris, du 20 au 25 septembre de 10h à 19h. Romain Petitjean est le commissaire de cette exposition et Aude Beausor est une artiste qui y présentera deux de ses œuvres.

     

     

                                    

     

     

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