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Métapo infos - Page 1762

  • Crise ou décadence ?...

    Crise ou décadence ? C'est le thème du dossier du dernier numéro des Cahiers de l'Indépendance, la revue de tendance souverainiste dirigée par Paul-Marie Coûteaux. Toutes les contributions ne sont pas d'égales valeurs, mais on trouve avec intérêt celles de Jacques Sapir, d'Hervé Coutau-Bégarie, d'Eric Zemmour, de Philippe de Saint-Robert et de Paul-Marie Coûteaux lui-même.

    Il est possible de se procurer les Cahiers de l'Indépendance sur le site de Paul-Marie Coüteaux

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    "Au lendemain de l'effondrement de l'Union soviétique, un avenir radieux s'emblait s'offrir à l'humanité enfin débarrassée du totalitarisme et de la guerre. Francis Fukuyama théorisait cet optimisme avec sa trop célèbre thèse sur la fin de l'histoire : l'humanité était parvenue au modèle indépassable, désormais incarné par 1a démocratie avancée, qui se trouvait correspondre au modèle de la puissance sortie victorieuse de la guerre froide et appelée à une domination plus universelle, plus parfaite que toutes celles qui avaient pu la précéder, d'Alexandre le Grand à la « pax britannica ». On sait comment ce discours triomphaliste des néoconservateurs américains a abouti aux catastrophes de la présidence de George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. La toute puissance militaire américaine, issue de la révolution dans les affaires militaires, a été mise en échec par les insurgés irakiens et afghans et la tentative de remodelage du monde sur les valeurs américaines, sous l'appellation commode de globalisation, s'est heurtée à la dure complexité de la nature humaine et de la pluralité des nations et des civilisations. La fin de l'histoire a été remplacée par le choc des civilisations, annoncé de manière péremptoire et quelque peu unilatérale par Samuel Huntington.

    De même, l'heure est au désenchantement en matière économique. À partir des années 1990, avec la révolution de l'information et la libéralisation des échanges, les milieux économiques ont eu tendance à croire que l'ère des crises était terminée et que 1'on entrait désormais dans une période de croissance, sinon éternelle, du moins de très longue durée. La crise immobilière du début des années 1990 a été oubliée avec une rapidité confondante et la crise asiatique de 1997-1998 a été considérée comme un simple accident de parcours. Une économie globalisée ne devait plus connaître que la croissance. Il a suffi de la défaillance d'un fonds d'investissement pour que l'on s'aperçoive que tout cela n'était qu'un château de cartes. La croissance faramineuse de l'économie financière reposait sur des montages de plus en plus déconnectés de l'économie réelle et donc de plus en plus factices.  […]
    L’une des escroqueries actuelles est de vouloir nous persuader qu’il ne s’agit que d’une crise conjoncturelle, que des mesures de relance doivent endiguer pour que le système reprenne sa marche en avant. Mais il s’agit bien d’une crise structurelle, sinon systémique, cette croissance forcée s’apparentant à une course à l’abîme."

    Hervé Coutau-Bégarie

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  • La sortie du XXème siècle...

    Les éditions du CNRS viennent de rééditer en un volume, intitulé La sortie du XXème siècle et préfacé par Michel Maffesoli, plusieurs ouvrages de Gilbert Durand, anthropologue et spécialiste de l'imaginaire et des mythes, qui s'est fait connaître dans les années 60 avec un livre à contre-courant, Les structures anthropologiques de l'imaginaire. Pour Gilbert Durand, comme l'indiquait Gilbert Destrée dans un article de la revue Eléments (n°88, avril 1997), "toutes les sociétés - y compris la nôtre - s'articulent autour d'ensembles imaginaires immuables qui constituent la colonne vertébrale de l'Homo sapiens. Une pensée "polythéiste" intéressante à découvrir !

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    "Publié en 1960, le livre majeur de Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’Imaginaire, traduit en de nombreuses langues, s’est imposé comme un manifeste de l’imaginaire réhabilité. Dans la foulée, les divers livres rassemblés ici, précisent, de son « Introduction à la mythodologie » aux pages sur Joseph de Maistre quelles sont tout à la fois la méthode et la fonction des mythes.

    Loin de considérer l’imagination comme « la folle du Logis », induisant en erreur, Gilbert Durand montre qu’elle est une dimension constitutive de l’humanité. Véritable terreau à partir duquel peut croître le vivre-ensemble.

    De ce fait ce livre sera des plus utiles à tous les esprits curieux qui, au-delà des idées convenues, veulent comprendre l’étonnant retour, dans la littérature, les films, la musique, le théâtre, la chorégraphie de ce « luxe nocturne de la fantaisie ». Fidèle à sa méthode, voir loin en arrière (archétypes) pour voir loin en avant, il donne des clefs pour lire, après la saturation du rationalisme moderne, la socialité en gestation."

     

     

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  • Le monstre doux...

    Philosophe italien, proche des milieux de gauche, Raffaele Simone est l'auteur d'un essai intitulé Le monstre doux – L'Occident vire-t-il à droite ? qui sort chez Gallimard. Pour lui Tocqueville dans De la démocratie en Amérique a été visionnaire en décrivant un nouveau despotisme « qui dégraderait les hommes sans les tourmenter ». Le « monstre doux », c'est justement ce despotisme : c'est-à-dire « un régime global de gouvernement », mais aussi « un système médiatique, télévisuel, culturel, cognitif, une forme d'ambiance infantilisante persistante qui pèse sur toute la société. Ce régime s'appuie sur une droite anonyme et diffuse associée au grand capital national et international, plus proche des milieux financiers qu'industriels, puissante dans les médias, intéressée à l'expansion de la consommation et du divertissement qui lui semblent la véritable mission de la modernité, décidée à réduire le contrôle de l'Etat et les services publics, rétive à la lenteur de la prise de décision démocratique, méprisant la vie intellectuelle et la recherche, développant une idéologie de la réussite individuelle, cherchant à museler son opposition, violente à l'égard des minorités, populiste au sens où elle contourne la démocratie au nom de ce que "veut le peuple". »

    Nous reproduisons ici un extrait de l'entretien que cet auteur a donné au Monde magazine daté du 12 septembre 2010, dans lequel il définit les trois commandements du « monstre doux »...

     

     

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    "Dans votre essai, le "monstre doux " s'impose à la modernité à travers trois commandements. Quels sont-ils ?

    Le premier commandement est consommer. C'est la clef du système. Le premier devoir citoyen. Le bonheur réside dans la consommation, le shopping, l'argent facile, on préfère le gaspillage à l'épargne, l'achat à la sobriété, le maintien de son style de vie au respect de l'environnement. Le deuxième commandement est s'amuser. Le travail, de plus en plus dévalorisé, devient secondaire dans l'empire de la distraction et du fun. L'important, c'est le temps libre, les week-ends, les ponts, les vacances, les sorties, les chaînes câblées, les présentatrices dénudées (et pas que dans la télé de Berlusconi), les jeux vidéo, les émissions people, les écrans partout.

    Le divertissement scande chaque moment de la vie, rythme le calendrier jusque chez soi, où la télévision, la console de jeu et l'ordinateur occupent une place centrale. Le divertissement remplit tout l'espace, reformate les villes historiques, quadrille les lieux naturels, construit des hôtels géants et des centres commerciaux le long des plus belles plages, crée des villages touristiques dans les plus infâmes dictatures.

    Même les actualités les plus graves se transforment en divertissement. La première guerre d'Irak, le tsunami, les catastrophes naturelles, les drames humains deviennent spectacles, jeux vidéo en temps réel ou feuilletons émotionnels. Les débats politiques se font guerre de petites phrases, parade de people, quand les ministres ne sont pas d'anciens mannequins qui ont posé nus, à la "une " de tous les tabloïds – comme en Italie Mara Carfagna, ministre de l'égalité des chances, ou Daniela Santanché, sous-secrétaire à je-ne-sais-quoi.

    La démultiplication des gadgets, des portables, des tablettes fait que nous sommes encerclés, noyés, dissous dans les écrans. Sous le régime du "monstre doux", la réalité s'efface derrière un rideau de fun. Plus rien n'est grave, important. Après le travail, la vie devient un vrai carnaval, les grandes décisions sont prises par les "beautiful people" que sont les politiques et les grands patrons, tout devient pixel, virtuel, irréel, vie de stars.

    La crise économique, la spéculation financière, les plans de rigueur, les atteintes aux libertés et les collusions entre hommes politiques et milieux d'affaires – comme nous l'observons en France et en Italie – sont des épisodes vite oubliés d'un grand "reality show".

    Et le troisième commandement ?

    C'est le culte du corps jeune. De la jeunesse. De la vitalité. L'infantilisation des adultes. Ici le "monstre doux" se manifeste de mille manières, terrorise tous ceux qui grossissent, se rident et vieillissent, complexe les gens naturellement enrobés, exclut les personnes âgées.

    Le rajeunissement est devenu une industrie lourde. Partout, on pousse à faire des régimes, à dépenser des fortunes en cosmétiques pour paraître lisse, svelte, adolescent, à investir dans la chirurgie esthétique, le lifting, le Botox, comme Silvio Berlusconi, le bronzé perpétuel.

    Je ne crois pas qu'une société soumise à une telle tyrannie du corps et de la jeunesse ait jamais existé. Elle a de graves conséquences morales. Partout se répand un égoïsme arrogant, jeuniste, survitaminé, affichant un mépris ouvert de la fatigue, du corps souffrant, des vieux, des laids, des handicapés, de tous ceux qui démentent le mythe de la jeunesse éternelle. Pendant ce temps, les enfants refusent de vieillir, deviennent anorexiques ou boulimiques, quittent leurs parents à 30 ans.

    Partout on rejette toute posture adulte, réflexive, intellectuelle, jugée "out", inutile, triste. On a l'obligation d'être " branché ", tout doit aller vite, le succès, l'argent, les amours. Dans ses essais, le sociologue polonais Zygmunt Bauman se demande, désemparé : "Où est la compassion ?" Voilà le "monstre doux", un monde d'amusement sans compassion."

    Entretien avec Raffaele Simone, propos recueillis par Frédéric Joignot, Le Monde Magazine (12 septembre 2010)

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  • Une revue pas comme les autres...

    Profitant de la parution du cinquantième numéro de la Nouvelle Revue d'Histoire, dont le premier est sorti en 2002, Dominique Venner revient sur son objectif, celui de fonder une revue libre, sans préjugés, esthétiques et sortant de la vision moralisatrice de l'histoire...

     

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  • Demain la démondialisation ?...

    "A moyen terme en tout cas, il est possible de préférer le passéisme de la délibération politique, dans laquelle les arbitrages de l’endettement public seraient complètement réintégrés, à un monde mondialisé ébouriffant de modernité, dans lequel ce sont les marchés de capitaux qui fixent le tribut prélevé sur la richesse nationale par des créanciers des quatre coins du monde. Et il est possible de trouver quelque valeur à cette conclusion somme toute assez simple : si la mondialisation n’est en définitive pas autre chose que la dissolution des souverainetés par la marchéisation de tout, alors démondialiser c’est repolitiser."

    Frédéric Lordon, Le Monde diplomatique, mai 2010

     

    Georges Corm, économiste libanais, ancien ministre, est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'économie ou à l'histoire du Proche-Orient (en particuler, sa somme intitulée Le Proche-Orient éclaté, régulièrement mise à jour). Il fait paraître aux éditions La Découverte Le nouveau gouvernement du monde - idéologie, structures, contre-pouvoirs, un essai dans lequel il propose des pistes de sortie du système néo-libéral.

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    " Alors que la crise de 2007-2009 a révélé à tous les méfaits de la mondialisation et de la spéculation financière, rien ne change, malgré les dénonciations qui se multiplient de tous bords. Pour comprendre les racines de cette dangereuse inertie des décideurs économiques et politiques mondiaux, Georges Corm explore dans ce livre les mécanismes permettant la reproduction de cette « civilisation des affaires en déclin », selon les mots de l'économiste critique américain Robert Heilbroner.
    Il analyse les sources intellectuelles de ce pouvoir mondialisé : le néolibéralisme se nourrit d'un idéalisme simpliste, mysticisme virulent qui rappelle l'esprit doctrinaire du socialisme « scientifique ». Cette économie-fiction néolibérale a envahi les cours de millions d'étudiants en économie et gestion, futurs cadres du pouvoir mondialisé. Georges Corm propose également une analyse novatrice de la structure et du fonctionnement de ce pouvoir et de sa capacité à bloquer les changements. Mais aussi de ses failles, que devraient exploiter les mouvements « antisystémiques », dont il évalue les alternatives proposées au fonctionnement pervers de l'économie globalisée.
    Il plaide ici pour une « démondialisation » raisonnée des esprits et des systèmes économiques dans un monde ouvert, pour une économie solidaire et humaine par le rétablissement des cohérences spatiales, la fin des dogmatismes et la réhabilitation des valeurs d'éthique et d'équité dans l'enseignement de l'économie."

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  • Arrêts sur lecture

    Avocat, spécialiste des questions internationales, et notamment de la Russie, Patrick Brunot nous livre avec Arrêts sur lectures un recueil de citations qu'il a rassemblées au fil de ses lectures et qu'il a classées par thèmes. Publié aux éditions Dualpha, l'ouvrage est préfacé par Pierre Le Vigan, lui-même grand collecteur de citations et d'aphorismes !

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    « Depuis toujours, les hommes ont exprimé leurs pensées grâce à des métaphores simples et des raccourcis commodes », remarque justement Patrick Brunot.

    Son livre n'est pas un dictionnaire de citations. C'est un recueil et un voyage dans le monde des livres où se rencontrent les citations et dans le monde de la vie où elles prennent corps.

    Patrick Brunot s'est limité volontairement à quelques thèmes. « Limité », c'est vite dit. Car les thèmes choisis sont immenses : L'amour, le mariage, le célibat, l'action, l'amitié, l'angoisse, l'argent, la beauté, le bonheur, le changement, la civilisation, le cœur, la culture générale, le destin, les discours, le droit, les ennemis, les femmes, la guerre, l'histoire, les hommes, l'intelligence, la jeunesse, la joie, la liberté, les livres, la mort, Paris, les passions, la politique, la religion, la République, la Révolution, la richesse, le rire, la sagesse, la santé, les secrets, le silence, la solitude, le temps, la valeur, la volonté, les voyages, la vérité, la vie…

    Un seul proverbe peut valoir plus qu'un gros livre : « L'écriture provoque la réflexion, mais les pensées ne sont-elles pas elles-mêmes le résultat d'un cheminement intellectuel plus ou moins direct entre deux citations ? »


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