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otan - Page 17

  • La triple guerre...

    Vous pouvez visionner ci-dessous une excellente chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 29 juin 2012 et consacrée à la guerre en Syrie...

     


    Eric Zemmour : "La triple guerre" par rtl-fr

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  • Tour d'horizon... (29)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur Esprit Cors@ire, Richard Labévière s'oppose à l'occidentiste Bruno Tertrais à propos du bouclier antimissile américain, véritable arme de vassalisation de l'Europe...

    Bouclier antimissile : un pari déraisonnable...

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     - sur Atlantico, Dominique Jamet revient sur les thème de prédilection du politiquement correct...

    Ces nouveaux sujets rattrapés par le politiquement correct français

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  • Les législatives sans le peuple...

    Nous reproduisons ci-dessous une analyse d'Andrea Massari et de Michel geoffroy, cueillie sur Polémia et consacrée aux leçons qu'il est possible de tirer des élections législatives...

     

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    Les législatives sans le peuple

    1-Une abstention record

    Au deuxième tour de l’élection législative, le 17 juin 2012, 47,60% des électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. C’est un record absolu sous la Ve République. Plus de la moitié des moins de 44 ans se sont abstenus, tout comme la majorité des employés et des ouvriers. Illustration du désintérêt pour l’élection : durant l’entre-deux-tours, les couvertures des magazines (Le Nouvel Observateur, L’Express, Marianne) titraient, non sur l’enjeu du scrutin, mais sur la guerre des concubines présidentielles (« La première femme contre la première dame », selon France Dimanche).

    2-Une assemblée à la représentativité douteuse

    Avec 16,5% des inscrits au premier tour le Parti socialiste a la majorité absolue. Avec 2% à l’élection présidentielle, les écologistes disposent de 18 élus. Avec 18% à l’élection présidentielle, le Front national dispose de 2 élus.

    On notera, en contrepoint, que les minorités ethniques disposent au titre de la « diversité » de 10 députés et de 3 ministres.

    Précisons que la circonscription de Marine Le Pen avait été redéfinie par le gouvernement Fillon pour rendre la victoire de la gauche plus facile (avec l’ancien découpage Marine Le Pen aurait été élue avec 53% des suffrages !)

    Marine Le Pen (18% à la présidentielle), Jean-Luc Mélenchon (11%), François Bayrou (9%) sont exclus de l’assemblée nationale : soit trois personnalités représentatives de 38% des électeurs.

    3- La stratégie centriste de Fillon, Copé, Juppé a démobilisé les électeurs UMP

    Avec la « stratégie Buisson », celle d’un langage à droite toute, Nicolas Sarkozy est parvenu à rassembler 48,5% suffrages, le 6 mai 2012. A contrario, la mollesse de la campagne législative Copé/Fillon a accentué la démobilisation naturelle de l’électorat. L’UMP ne retrouve que 44% des suffrages, soit 4,5 points de moins qu’à la présidentielle.

    Les reports du FN vers l’UMP ont été découragés par les déclarations politiquement correctes des Juppé, Dati, Jouanno (tous non candidats), NKM et autres Copé.

    A contrario, les médias ont beaucoup glosé sur la défaite des élus UMP de la droite populaire, sans voir que beaucoup d’entre eux partaient de situations très défavorables ; pourtant, dans leurs circonscriptions, Jean-Paul Garraud, Brigitte Barèges ou Bernard Carayon, quoique battus, limitent les pertes par rapport à la moyenne nationale.

    4- L’union à droite, cela marche : le populiste Bompard élu à Orange

    L’élection de Jacques Bompard à Orange a été très largement passée sous silence par les médias. Or Bompard a été particulièrement bien élu, obtenant près de 59% des suffrages. Parti de 22% au premier tour, il a réuni sur son nom la quasi-totalité des 40% de suffrages dispersés sur le Front national, l’UMP et les candidats divers droites. Ce brillant résultat est le fruit d’une fidélité sans faille à ses convictions politiques, d’un travail de terrain constant et d’une habile stratégie électorale. C’est dans ce contexte, propre au Comtat Venaissin, que Marion Le Pen a été élue à Carpentras avec l’aide de l’équipe de campagne de son suppléant intelligemment choisi parmi la Ligue du Sud de Bompard.

    5-Les reports UMP/FN ont existé et le Front national est donc entré dans un processus de normalisation politique

    Là où le FN était fort, il a bénéficié de bons reports de l’UMP : notamment à Hénin-Beaumont dès le premier tour ; dans le Gard pour Gilbert Collard qui a même bénéficié, au deuxième tour, d’un « vote utile » en sa faveur ; et aussi dans les Bouches-du-Rhône où deux candidats FN ont atteint 49% : des chiffres insuffisants pour gagner mais néanmoins très significatifs, puisque supérieurs aux résultats obtenus en 1988 et 1997. De même Florian Philippot a bénéficié de bons reports UMP en Lorraine.

    Le Front national est donc bien entré dans un processus de normalisation politique, au grand dam de la gauche et de l’oligarchie.

    Cela tient à la fois à la personne et à l’action de Marine Le Pen, mais aussi au fait que la situation générale de notre pays et de l’Europe confirme les analyses de la droite identitaire. Le discours d’ostracisme vis-à-vis du Front national est donc de moins en moins audible, dans un pays de plus en plus en crise. Le Front de gauche, malgré un soutien systématique de l’oligarchie médiatique, a d’ailleurs été incapable de supplanter le Front national, en particulier à cause de sa position sur l’immigration.

    6-La partialité médiatique a une fois de plus biaisé l’élection en faveur des médiagogues

    Il y a une grande différence entre un référendum et une élection représentative. A un référendum les électeurs votent pour des idées et des projets. A une élection représentative les électeurs votent aussi en fonction des images des candidats. Ainsi certains candidats – NKM par exemple – sont angélisés. D’autres sont diabolisés, comme le furent Christian Vanneste (éliminé dès le premier tour), Nadine Morano ou Jean-Paul Garraud. Et l’opinion est, volens nolens, influencée par les personnalités les plus présentes dans les médias qui sont précisément celles qui tiennent le discours le plus convenu et le plus politiquement correct.

    7-Hollande : des pouvoirs réduits, une légitimité faible

    Les médias ont glosé sur les pouvoirs rassemblés par Hollande : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, la majorité du Sénat, la majorité des collectivités territoriales.

    Mais ces pouvoirs sont limités par ceux des organisations internationales : l’Union européenne, l’Organisation mondiale du commerce, l’OTAN. Sa marge de manœuvre est dérisoire.

    En interne ses pouvoirs sont limités par les organes juridictionnels : sait-on, par exemple, que depuis 40 ans, 90% des lois et décrets sur l’immigration ne sont pas le fait des députés mais celui du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, du Conseil constitutionnel, de la Cour de justice européenne, de la Cour européenne des droits de l’homme ?

    Hollande a été choisi (à défaut de DSK, indisponible) comme gérant d’apparence des intérêts de la superclasse mondiale. Sa marge de manœuvre est faible. De retour de la conférence du Bilderberg (où il a séjourné, en Virginie, du 29 mai au 3 juin), Erik Israélewicz, directeur du Monde (dont Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est l’actionnaire de référence), fixe la feuille de route présidentielle : dans des éditoriaux à l’arrogance mal dissimulée, le patron du Monde dit au président de la République ce qu’il doit faire, sur l’euro, l’Europe, la Grèce, le redressement des comptes publics et même comment il doit recadrer sa concubine…

    8-Hollande, une légitimité fragile

    Or Hollande, malgré les discours euphoriques de médias versatiles, a une légitimité faible : il n’a obtenu que 48,64% des votants du deuxième tour, davantage par rejet de Nicolas Sarkozy que par adhésion. Et il n’a obtenu la majorité des suffrages exprimés que par le vote des minorités ethniques dont les représentants les plus agités ont fêté la victoire en agitant des drapeaux étrangers.

    Aux législatives, on l’a dit, et là aussi malgré la mobilisation du vote ethnique en sa faveur, le Parti socialiste n’a rassemblé que 16,1% des suffrages.

    Jamais sous la Ve République la coupure entre le pays légal et le pays réel n’a donc été aussi profonde ; l’usure du système politique français, de moins en moins représentatif, est manifeste et le clivage gauche/droite recouvre donc de plus en plus un clivage identitaire, ce qui va contribuer à radicaliser le débat politique.

    Sur le plan du style, la « présidence normale » et son gouvernement se sont coulés dans la continuité de l’hyperréactivité émotionnelle, les morts de militaires et de gendarmes et les blessures de policier servant cyniquement de carburant électoral. C’est une stratégie médiatique efficace à court terme mais dangereuse dans la durée.

    Bon courage, M. Hollande

    Michel Geoffroy et Andrea Massari (Polémia, 19 juin 2012) 

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  • Hollande, la France et l'Amérique...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Claude Bourrinet, cueilli sur Voxnr et consacré à cette étrange politique d'"amitié" franco-américaine qui justifie tous les renoncements...

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    Hollande, la France et l'Amérique
     
    François Hollande, le 6 juin dernier, n’a pas manqué de louer les Etats-Unis d’Amérique, et leur rôle dans la « Libération » de notre pays. Le débarquement sur les plages de Normandie est pour lui le symbole d’un partage de valeurs entre les deux nations, qui nous lie indéfectiblement. Les Français auraient-ils tant décliné, qu’ils seraient devenus incapables d’analyser leur histoire avec lucidité, sans être brouillés par les effluves toxiques de l’idéologie ? Pourtant, les faits donnent brutalement tort à la rhétorique complaisante, pour peu qu’on se penche sur eux sans idées préconçues.

    Aussi bien, Hollande, avant de s’abandonner au lyrisme, aurait-il dû se souvenir des paroles de Mitterrand, qui déclarait, dans les derniers mois de son existence, à Georges Marc Benamou : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans morts. […] Oui, ils sont très durs, les Américains, ils sont voraces, ils veulent le pouvoir sans partage sur le monde. »

    Voilà qui a le mérite, tardif, de la clarté. L’ancien président, malgré tout atlantiste, comme le fut toujours le parti socialiste, avait tout fait pour placer la France sous le giron américain. Il est des scrupules et des franchises que hâte l’imminence de la mort…
    Mais avant de s’interroger sur la réalité d’une « Libération » qui est loin d’en être une, peut-être est-il besoin de rappeler quelles étaient les relations qu’entretenaient nos « libérateurs » avec le régime de Vichy et, parallèlement, avec le général de Gaulle et la Résistance intérieure.

    Le moins que l’on puisse dire est que le gouvernement du maréchal Pétain a longtemps été préféré à la France Libre. Les diplomates du States Department (ministère des Affaires étrangères), ou les influents Cordell Hull et Summer Welles, n’ont eu de cesse que de dénigrer de Gaulle. Franklin Roosevelt, par exemple, a pensé que Weygand livrerait sans combat l’Afrique du Nord à l’armée américaine. Même lorsque le pro allemand Darlan prend le pouvoir, le crédit dont bénéficie Pétain ne change pas ces dispositions favorables. Du reste, l’entrée en guerre des Etats-Unis, le 7 décembre 41, ne change rien à l’affaire. Tout sera fait pour écarter de Gaulle. Cette attitude hostile est, par ailleurs, confortée par le socialiste Jean Monnet, « père de l’Europe », comme l’on sait. Un signe indubitable de cette politique pro vichyste a été la nomination, comme ambassadeur auprès de Pétain, de l’amiral William Daniel Leahy, et ce jusqu’en mai 42. Pourtant, les US sont en guerre contre l’Allemagne, dont le gouvernement français, collaborationniste, souhaite la victoire. Quant au remplaçant de l’amiral, son adjoint Tucck, il n’aura aucun mot sur la déportation des Juifs, hormis une simple protestation, en août 42, contre le fait que l’on sépare les enfants des parents. Eût-il fallu que les premiers suivissent les seconds ?

    Quand, le 8 novembre 43, les Alliés débarquent en Afrique du Nord, à Alger, à Oran, sur les côtes du Maroc, les Français de la France combattante, à Londres, en sont les derniers informés. En tout cas n’étaient-ils nullement impliqués dans l’opération « Torch ». Les Américains, maîtres du jeu, choisissent le général Giraud, soutenu par Churchill. Dans le même temps, au grand dam du général de Gaulle, ils négocient avec Darlan. Le 19 novembre, tous les réseaux de Résistance soutiennent de Gaulle. Pour faire connaître son indignation, celui-ci est obligé d’emprunter, faute de la BBC, la radio de Brazaville et celle de Beyrouth.

    Les combats qui suivent le 6 juin sont aussi significatifs. Rappelons, avant tout, certains chiffres, qui ne manquent pas d’étonner les esprits trop conditionnés par la propagande. Car si l’on comptabilise les victimes de la deuxième guerre mondiale, le bilan est remarquablement loquace : l’Union soviétique, autrement dit la Russie éternelle, comme disait le général, a donné à la « Guerre patriotique » environ 21 000 000 morts, soit 13 600 000 civils, et entre 8 800 000 et 10 700 000 soldats. L’Allemagne a perdu 3 810 000 militaires, et 5 318 000 civils. Quant au Royaume uni, il a subi 450 000 pertes, les USA 418 000 (fronts atlantique et pacifique confondus), et la France … 541 000, dont 238 000 civils.

    Il convient de rappeler que les bombardements alliés des villes françaises ont été très meurtriers, et parfois dénués d’intérêt militaire. Tel est le cas, entre autres, de la destruction du Havre. Du 5 septembre 44 au 10 septembre, malgré la présence de la population, la ville a été rasée. On déplore des milliers de morts innocents. Il n’y avait aucun objectif militaire.

    Et que dire des vagues destructrices et terroristes qui ont anéanti Hambourg, Dresde, Berlin etc. ? Ces cités n’abritaient parfois que des enfants, des femmes, des vieillards et des prisonniers de guerre. Guernica, à côté, n’est qu’un travail d’amateur. Pourtant, on ne cite, dans les écoles, que la ville martyre basque. Du reste, l’Amérique a perdu tout crédit moral à partir des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, dont, en France, la commémoration est pour le moins discrète.

    Les Français doivent aussi absolument savoir qu’ils ont été tenus soigneusement à l’écart de l’opération « Overlord ». En fait, les Alliés envisageaient d’organiser le même système d’occupation qui avait transformé l’Italie en protectorat (l’A.M.G.O.T. , Allied Military Government of Occupied Territories). Dans le même temps, ils voulaient émettre leur propre monnaie, acte régalien dont on sait combien il est le signe et la preuve de l’indépendance nationale.

    Toutes ces tensions entre la France combattante et les « libérateurs » anglo-saxons expliquent pourquoi de Gaulle esquissa assez vite un rapprochement avec la Russie (et subsidiairement avec le parti communiste français).

    Les acquis sociaux du C.N.R. seront, du reste, mis en cause par les « traités » libéraux européens sous impulsion américaine, dans l’Acte unique, à Maastricht, a Amsterdam, à Nice..., en même temps que gaullistes et communistes perdaient de leur influence.
    Pourquoi les USA ont-ils été de façon si tenace hostiles au chef de la France libre ?
    La véritable raison réside non dans la personne du général, réputé autoritaire et conservateur, voire fasciste (sans doute Weygand, Darlan, Giraud l’étaient-ils moins…), mais dans la crainte d’une France indépendante et soucieuse de sauvegarder la place qui a toujours été la sienne ; ce que n’allait pas cesser de rappeler, à partir de 1958, le premier président de la cinquième République.

    Pour comprendre l’attitude profonde des USA vis-à-vis de la France et de l’Europe, il faut la mettre en regard avec le déclin du vieux continent, accéléré à partir de la première guerre mondiale, une « guerre civile », selon le mot du maréchal Lyautey. L’armistice n’a pas empêché une perte de puissance, économique, démographique, culturelle, des nations victorieuses, et un endettement colossal, qui les mit sous la dépendance des banquiers yankees. La doctrine de Wilson, en outre, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fut un instrument de démembrement de l’Europe, et instilla les germes d’une guerre à venir. Cette idéologie est celle que l’on invoquera pour la décolonisation, contre les vieux pays européens. Déjà, en 41, la « Charte de l’Atlantique » entre Roosevelt et Churchill, l’évoque, contre la volonté du vieux lion. Au fond, les USA ont repris, lors des deux guerres mondiales, en partie du moins, la conception britannique formulée par Marlborough, à l’occasion de la guerre de succession d’Espagne : diviser les nations du continent européen, et n’intervenir qu’indirectement, par l’argent ou les armes.

    La méfiance américaine par rapport à de Gaulle avait donc un fondement plus large que des questions d’homme. C’était une logique géopolitique. Le désir de se substituer à la vieille Europe est un rêve du Nouveau Monde. Une France rétablie dans ses prérogatives était un obstacle à cette volonté hégémonique.

    Pour illustrer cette entreprise conquérante, rien ne semble plus adéquat que l’accord Blum-Byrnes, le 28 mais 46. Moyennant la liquidation d’une partie de la dette française envers les Etats-Unis, et contre un prêt avantageux, on sait que le leader socialiste a ouvert les salles de cinéma de notre pays à la déferlante hollywoodienne, et à l’imaginaire de l’american way of life, qui ne nous a guère quitté, et qui est le signe ostentatoire de la colonisation des esprits, sinon des corps.

    Déjà, en 44, à Bretton Woods, la suprématie du dollar avait été entérinée. En 47, les accords du GATT sont signés, fondant les bases de ce qui allait devenir le mondialisme libéral. Aussi, les Etats-Unis, épargnés par la guerre, deviennent-ils les maîtres d’une partie du globe.

    L’Union européenne, qui devait rétablir un certain équilibre, n’a fait qu’accélérer ce processus de vassalisation. Pour Delors, la France et l’Europe n’ont plus pour vocation que de s’intégrer aux organismes sous obédience américaine. Hors de là, point de salut. Hollande ne fait qu’appliquer cette politique. Outre celle, libérale, poursuivie par tous les gouvernements, quels qu’ils soient, il n’a pas remis en cause, à Camp David et à Chicago, l’appartenance de l’armée française à l’OTAN, ni le lancement, dirigé contre la Russie, du bouclier antimissile « européen ». Malgré une inflexion apparente, en Afghanistan (mais à relativiser) et un voyage énigmatique de Rocard à Téhéran, il n’a pas changé d’un iota la position agressive du Quai d’Orsay vis-à-vis de l’Iran, de la Russie, de la Syrie, après avoir, du reste, appuyé la guerre néocolonialiste menée en Libye. Il partage de même, avec Sarkozy, la même faveur par rapport à l’Etat sioniste.
    Aussi n’est-il pas étonnant que Nicholas Dungan, l’ex-patron de la French American Foudation, ait pu rassurer les dirigeants américains, en rappelant au Think Tank Atlantic Council que le nouveau président avait été, comme Moscovici, un ancien participant au programme des Jeunes leaders de la F.A.F.
     
    Claude Bourrinet (Voxnr, 13 juin 2012)
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  • Un risque de déclassement stratégique de la France ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Pascal Boniface, cueilli sur son blog Affaires stratégiques et consacré au déclassement stratégique de notre pays en raison de sa soumission à la politique américaine...

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    Les vrais risques du déclassement stratégique de la France

    Les questions internationales n’envahissent pas la campagne électorale. Néanmoins, dans certains cercles, le débat sur le déclassement stratégique de la France a été lancé. Il se pose en effet dans un contexte général de la perte du monopole de la puissance par le monde occidental, qui vient s'ajouter à la fin de la rente de situation dont la France bénéficiait grâce à son positionnement singulier au cours de la Guerre Froide. Comment, dans un monde dont les évolutions stratégiques ne sont pas naturellement favorables, conserver des marges de manœuvre ?

    On ne peut pas aborder le problème de notre déclassement stratégique par le seul biais du taux de dépenses militaires par rapport au PIB, comme cela est trop souvent fait.

    L'industrie de défense est un atout essentiel pour l'indépendance de la France. Il ne faut pas méconnaître son utilité économique et stratégique. Elle doit néanmoins rester un moyen et non devenir une fin. On ne peut développer une analyse du rôle de la France dans le monde et de sa politique à partir du seul critère des dépenses militaires. Bien plus que la baisse des budgets, c'est une analyse erronée de nos intérêts et de notre situation, pire encore, une absence de réflexion stratégique globale qui pourrait conduire à notre déclassement.

    Doit-on réellement faire dépendre notre budget militaire de l'augmentation des budgets chinois, indiens ou américains comme le suggèrent certains ? Les Américains ont après 2001 choisi une fuite en avant dans le tout militaire faisant passer leur budget de 280 milliards de dollars à 700 aujourd'hui. Sont-ils pour autant plus en sécurité et la sécurité collective a-t-elle réellement progressé ? Non bien au contraire. Faut-il dès lors tenir compte de l'avertissement donné par l'ancien Secrétaire à la défense Robert Gates dans son discours d'adieu prononcé à Bruxelles en juin 2011, demandant aux Européens d'augmenter leur budget de la défense parce que le Congrès américain serait fatigué de continuer à augmenter le financement du Pentagone ? Ceci n’avait aucune rationalité du point de vue de nos intérêts.

    On nous dit qu'il faut combler les lacunes capacitaires révélées en Afghanistan et en Libye ? Mais n'est-il pas beaucoup plus urgent de réfléchir au bien-fondé de certaines opérations militaires extérieures, mises sur pied sans prendre en compte leur impact global sur le long terme ? Doit-on encore se lancer dans des interventions qui se transforment en guerre de contre-insurrection dont les puissances extérieures ne peuvent plus espérer sortir vainqueurs ?

    Puisque l'on parle de déclassement stratégique ne faut-il pas réfléchir à ce qu'implique notre réintégration dans les commandements militaires intégrés de l'OTAN ? Certes sur le fond la réintégration en tant que telle n'a pas changé grand-chose à la situation préexistante. Nous étions déjà quasi intégrés. Mais contrairement à ce qui avait été avancé, elle n'a en rien aidé au développement d'une européanisation de la défense, toujours en panne. Et surtout nous avons un comportement relativement passif par rapport au projet de double extension géographique et des missions de l'OTAN. Le risque de transformer en Sainte Alliance, déjà dénoncé par Mitterrand en 1990, est plus actuel que jamais. Doit-on se laisser entrainer dans une organisation qui se transforme en bras armé de l’occident ? Quelle voix particulière faisons-nous entendre ? Allons-nous, lors du sommet de Chicago de mai, rester sans réaction par rapport au projet de défense antimissile, dont le coût est exorbitant, dont l'utilité stratégique est contestable, qui constituerait une relance inutile de la course aux armements, qui est plus destiné à satisfaire les désirs du complexe militaro-industriel que les besoins de sécurité, et qui par ailleurs constitue un désaveu implicite de la politique de dissuasion ?

    Le risque de déclassement est bien réel, mais il est plus lié à une absence de réflexion globale sur les évolutions stratégiques mondiales et le rôle de la France dans un contexte mutant. Ce n'est pas la répétition d'arguments repris en boucle dans les cercles otaniens qui peut nous aider à avoir cette vision.

    Pascal Boniface (Affaires stratégiques, 13 avril 2012)

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  • L'OTAN et le Grand Déracinement...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Claude Bourrinet, cueilli sur Voxnr et consacré à cet Occident qui impose son hégémonie au nom des droits de l'homme.

     

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    L'OTAN et le Grand Déracinement

    L’Occident fait la guerre au reste du monde en tenant volontiers le langage des droits de l’homme. Evidemment, placer en premier plan des intérêts économiques ou géostratégiques, au lieu d’une morale agitée de façon ostentatoire par les chancelleries et les médias, discréditerait un combat que l’on veut noble et bénéfique pour l’avenir de l’humanité. Il serait facile aussi, pour peu qu’on s’en donne la peine, de rappeler le soutien apporté à des régimes manifestement autoritaires, comme le Qatar, le Bahreïn, l’Arabie saoudite, la Géorgie etc., sans compter ceux, renversés par le « printemps arabe », qui, de l’Egypte à la Tunisie, ne semblaient poser aucun problème pour les USA et leurs vassaux, et même, à plus d’un titre, représentaient une certaine modernité exemplaire, comme est censé l’être le royaume du Maroc, qui accueillit il y a peu, comme d’autres pays, dont certains d’Europe centrale, des prisonniers islamiques que l’Amérique désirait torturer sans être tracassée par les champions des droits de l’homme. Ces derniers manquent d’ailleurs de persévérance quand il s’agit de l’oncle Tom. Un camp illégal comme celui de Guantanamo, où des centaines de personnes furent internées sans jugement, et qui n’est pas encore fermé, n’a pas suscité le tollé que les élections russes ont provoqué. Le trafic d’organes au Kosovo, les élections truquées d’Afghanistan, la torture dans la Libye « libérée » n’ont apparemment guère d’importance pour des médias, qui trouvent d’ailleurs normal que, pour ce dernier pays, une liste dénonçant des criminels de guerre, fournie à l’ONU, soit restée anonyme. Qui veut-on protéger ? Le régime même étatsunien paraît ne suggérer aucun opprobre, même si censure, surveillance, contrôle, viol de la vie privée, provocations au terrorisme, flicage tous azimuts, espionnage, répression, semblent entrés dans les mœurs, même si le système d’élection, pourri par le fric, est moins démocratique que ceux de Russie et d’Iran (et ne parlons pas de celui de la France, qui interdit à plusieurs millions de citoyens d’être représentés), même si la peine de mort, qui fait pourtant hurler les bonnes âmes, est appliquée sans trop d’état d’âme, ce qui n’est plus le cas en Russie, pays pourtant présenté comme le parangon du Mal (avec bien d’autres, du reste). Enfin, ces donneurs de leçon seraient bien avisés de réviser leur jugement sur un Etat, comme Israël, qui se réclame explicitement d’une ethnie, qui pratique l’apartheid, sème la terreur dans toute une région, multiplie massacres et assassinats ciblés, et bafoue toutes les résolutions de l’ONU.

    Un tel réquisitoire, contre l’ « impérialisme », n’était pourtant pas inconnu dans l’après-guerre. Il était même courant chez ceux qui voyaient dans l’Amérique une puissance obscurantiste, et dans l’URSS le flambeau de l’émancipation du peuple, « Nouvelle Rome » reprenant à son compte les ambitions universalistes de la révolution française. Il semblerait que, depuis, les puissances de dissolution des identités aient changé de bête, et misé sur un champion beaucoup plus fiable qu’un ours affaibli.
    Il n’est du reste qu’à jeter un coup d’œil rapide sur une carte du monde pour jauger les prétentions américaines et otaniques d’hégémonie planétaire, et de l’état de diffusion des métastases. Tout peuple ayant gardé en lui un reste de dignité et d’esprit libre réagit vivement, ce qui est loin d’être le cas d’une Europe qui semble se satisfaire d’une condition servile, qu’elle croit à tort garante de sécurité. Fantasme d’esclave…
    Toutefois, il paraît paradoxal de dénoncer l’hypocrisie idéologique des Etats qui se prévalent des droits de l’homme pour bombarder, torturer et détruire des nations libres et indépendantes. Non que ces critiques ne soient efficaces d’un point de vue propagandiste, même s’il faut relativiser une telle force persuasive. La plupart des hommes sont pour celui qu’ils considèrent comme le plus fort, non parce qu’il a raison, mais parce qu’il est fort. Le discours n’est souvent que la queue de la comète. Le rapport de force change-t-il, on voit les perspectives bouleversées, et les amours culbutées. L’Histoire récente offre des spécimens de cet acabit en abondance, et le personnel politique français, expert en palinodies, trahisons et hypocrisie est, à son niveau (celui des domestiques), particulièrement riche en la matière.

    Avant donc de hurler au loup au nom de l’agneau qu’on égorge, il est indispensable de procéder à un recul historique, et de se demander ce que les mots veulent dire, en tout cas ce qu’est l’ombre qui les accompagne. Or, quiconque possède un minimum d’honnêteté intellectuelle admettra un fait historiquement avéré : la diffusion et la victoire du concept de « droits de l’homme » se sont réalisées en concomitance avec une destruction radicale des liens sociaux, des solidarités organiques, des rapports de protection traditionnels, des particularités dans lesquelles prenaient racines les identités, l’expression du caractère et de la personnalité des peuples, ainsi que par un accroissement extraordinaire des capacités d’extermination mutuelle, des armes d’anéantissement et de la volonté de s’en servir, et d’un mépris abyssal pour le passé, l’Histoire, les us et coutumes qui ont fait la multiplicité du monde, sédimentation sage et patiente du temps stigmatisée sous le vocable de « moyen âge », d’ « archaïsme », de « passéisme ».C’est à ce titre que les troupes otanesques tuent en Afghanistan, prétendument pour « libérer la femme », qu’on a massacré des centaines de milliers de civils en Irak, soi-disant pour que les élections soient libres, et qu’on arme, paradoxalement, des extrémistes religieux en Syrie, pour se débarrasser d’un « dictateur sanguinaire ».

    En fait, la rhétorique belliqueuse, largement inspirée des discours antiques puisés cher Plutarque, Suétone ou Tacite, parfois inspirée par la Bible, n’a pas varié depuis le début de l’âge contemporain, depuis ces « Lumières » qui, au nom de la liberté, ont initié une période de sang et de larmes, d’abord en Europe, puis dans le monde. Edmund Burke avait beau jeu de dénoncer dans la révolution de 89 une entreprise antinaturelle, qui prônait l’avènement d’un homme abstrait, utilitariste et individualiste, atomisé, déraciné et narcissique, aux appétits démesurés et mû par une haine viscérale pour tout ce qui rattachait l’humanité à des acquis traditionnels. La réalité de cet homme, que Renan voyait comme un enfant trouvé terminant sa vie comme célibataire, loin de l’utopie prométhéenne d’un système qui déchaîna les forces démoniaques de la nature sous prétexte de créer un paradis sur terre, fut ce que l’on voit désormais sous nos regards désabusés : cette planète laide, géométrisée, quantifiée, prétentieuse, nomade, bétonnée, angoissée, malade, dévastée, au bord de la tombe.

    La chance de l’idéologie des droit d’un homme, qui, au fond, ne peut être rencontré, puisqu’il n’existe qu’abstraitement, fut d’avoir été portée par une nation sans véritables racines, les Etats Unis, dont la rage expansionniste fut proportionnelle au vide qui s’ouvrait dans son fonds propre : n’étant rien, elle aspirait naturellement à être tout. L’Europe épuisée, tout aussi bien que la Russie, n’étaient plus en mesure de déverser dans le monde ce poison acide.

    Cependant, on voit bien que cette folie utopiste se heurte à un certain nombre de réalités, aussi bien d’ailleurs dans le présent que dans le passé du siècle dernier. Que fut donc par exemple l’expérience « soviétique » de la Russie du XXe siècle ? Le bolchevisme n’a-t-il pas, au fond, été accepté (certes, le glaive aidant, mais parfois il ne suffit pas) que parce qu’il réactivait certaines invariances de la nation profonde, sa propension au collectivisme, à l’anti-individualisme, à l’autoritarisme ? La guerre contre l’ennemi « nazi » n’a-t-elle pas été victorieuse uniquement parce qu’elle se réclamait de l’orthodoxie, du patriotisme, de la terre et du sang ? Plus de vingt millions de Russes sont-ils morts pour les beaux yeux (méprisés) de la « démocratie » ? Quelle blague ! Dans les faits, souvent, le « vêtement » socialiste n’a été qu’un prétexte pour des revendications patriotiques. Les soulèvements « tiers-mondistes » le démontrent à l’envi. En outre, les nations qui ont pris le virage du capitalisme, bien qu’elles soient éloignés de la démocratie telle que l’entendent les Occidentaux, sont pourtant en voie d’obtenir une puissance formidable. La Chine, par exemple, n’a pas besoin des « droits de l’homme » pour se développer. Sans compter les autres « dragons » du Sud Est asiatique. On sait aussi qu’imposer le mode de société occidental dans de nombreux pays relève de l’absurdité, comme le prouve actuellement l’expérience libyenne. L’arraisonnement idéologique de l’OTAN se heurte à un mur, celui des peuples tels qu’ils sont. L’équation « un homme / une voix » est un non sens dans des sociétés où la réalité des hommes, le cadre qui les constitue en êtres responsables, est l’ethnie, le clan, le village, la communauté, la religion, la tradition ou la hiérarchie naturelle. Les possibilités de réalisation de l’humain sont variées, et non réductible aux calculs froids et pauvres de laborantins frénétiques, qui voudraient livrer la chair humaine à leurs expériences de fous.

    La vertu de l’assaut actuel des puissances occidentales contre les nations qui échappent à leur emprise est de faire resurgir, comme des sources que l’on croyait disparues, des identités enracinées, sans lesquelles on sombrerait dans un anonymat mortel, celui du supermarché et de la technique. Non que les pays émergents ne soient, d’eux-mêmes, susceptibles de tomber dans cet anéantissement. Cependant, on peut avoir confiance dans leur instinct de conservation pour qu’ils appuient leur puissance d’exister sur un socle ancestral. En retour, il nous sera possible, à nous, Français et Européens, de nous ressaisir, sous peine de mort.

    Claude Bourrinet (Voxnr, 17 mars 1962)

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