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17/09/2011

New York 1947...

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Avec New york 1947, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat sont de retour dans leur univers uchronique, particulièrement sombre et violent, celui de Block 109, leur série publiée chez Akileos. Le raid dans lequel ils nous emmènent au milieu des ruines de l'orgueilleuse métropole n'a rien d'une promenade de santé... On s'amusera évidemment à relever les citations cinématographiques et les détournements choc de photographies célèbres...

 

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"18 décembre 1947, les six membres du commando spécialement constitué pour l’« Opération Extraction ,» sont largués au sommet d’un des rares buildings de New York encore debout. Ils ont vingt-quatre heures pour récupérer des documents classés top secret dans le coffre-fort d’une banque de la mégapole ravagée par le feu nucléaire et un virus expérimental."

05/09/2011

Royaume de Borée...

Après Sept cavaliers, le dessinateur Jacques Terpant, s'appuyant sur l'oeuvre de Jean Raspail, poursuit la saga des Pikkendorff avec un nouveau cycle, Le Royaume de Borée, toujours publié chez Delcourt, dont le premier tome s'intitule Oktavius. On peut consulter ici un entretien donné par l'auteur au site BDGest : Par delà les mondes.

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"Aux confins de l'Europe, l'officier Oktavius de Pikkendorff, âgé de 26 ans, découvre une contrée où vit, dit-on, un petit homme couleur d'écorce armé d'un arc et d'un javelot. Nul ne l'a jamais approché. Durant trois siècles, Oktavius et sa descendance n'auront de cesse de croiser ce mystérieux personnage, survivant d'un monde révolu, défiant le temps et les hommes qui se massacrent sur ses terres."

27/07/2011

L'imagination au pouvoir ?...

Nous vous signalons la parution au mois de juin dernier d'une bande-dessinée assez savoureuse, publiée au éditions Delcourt dans la collection Jour J et intitulée L'imagination au pouvoir ? Les auteurs, Duval, Pécau et Mr Fab, ont imaginé un polar politique dans une France uchronique où mai 68 a dégénéré en guerre civile. Un ancien de l'OAS, un peu rude mais sympathique, qui a été trahi par des jeunes loups de la droite gaulliste, revient après quelques années d'absence et arpente un Paris reconstruit dans une architecture psychédélique pour régler quelques comptes... On croise au fil des pages François Mitterrand, Jacques Chirac, Daniel Cohn-Bendit, Serge July, Bob Woodward, Brigitte Bardot et d'autres... Ceux qui connaissent l'histoire politique des années 70 apprécieront les clins d'oeil !... 

 

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Mai 68. La chienlit est partout. Craignant de se retrouver dans une situation pire qu’en Mai 40, le Général De Gaulle décide de faire convoyer le plus discrètement possible pendant les « évènements » 200 millions de francs vers le château de Vincennes pour parer à une aggravation de la situation... Mais celle-ci dérape plus vite que prévu : De Gaulle meurt dans un crash d’hélicoptère en allant voir le général Massu et les 200 millions disparaissent dans un casse mené de main de maître. Des manifestations populaires on passe rapidement à une révolution parisienne puis à une guerre civile : Massu envoie les chars et l’armée nettoyer Paris. Dans la tourmente, l’un des braqueurs est laissé pour mort avant de réapparaitre cinq ans plus tard et de réclamer sa part du gâteau à ces anciens collègues. Oui mais voilà, ceux-ci gravitent désormais au plus haut de l’Etat et ne sont pas particulièrement ravis de le revoir… Savoureuse « re »lecture de la scène politique française post-68, ce Jour J est, à mes yeux, le meilleur du lot : Graphismes sublimes et sublimés par Mr Fab, polar bourré de références à peine voilées sur les mœurs de nos princes, et réflexion lucide et désabusée sur le pouvoir et ce qu’on est prêt à faire pour l’obtenir ou le garder. Une œuvre forte, cynique, aboutie et menée à 100 à l’heure.

Bernard Campeis (Actusf, juin 2011)

16/07/2011

Des nouvelles des Pikkendorff...

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Les Pikkendorff incarnent dans l'oeuvre de Jean Raspail les valeurs de la vieille aristocratie européenne, celles de l'honneur, du sens du devoir, du courage et de la lucidité. Le dessinateur de bandes dessinées Jacques Terpant a donc décidé de leur consacré une saga, dont le premier cycle est composé des trois tomes de Sept cavaliers... publiés chez Delcourt entre 2008 et 2010, et le deuxieme, intitulé Le Royaume de Borée est à paraître et comportera quatre volumes

 

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"Le blasonnement des armoiries des Pikkendorff est : coupé de sinople sur gueules, à un faisceau de trois lances de combat d'or brochant, deux en sautoir et une en pal, brisée. Illustration de la devise: Je suis d'abord mes propres pas. 
     On notera que ces armoiries sont irrégulières au regard de l'héraldique puisqu'on ne peut mettre ni couleur sur couleur, ni métal sur métal. Ce sont des armes dites "à enquerre" qui incitent à s'enquérir des raisons pour lesquelles on a contrevenu aux lois du blason (tel Godefroy de Bouillon portant : d'argent à la croix potencée d'or). L'origine en est en général un haut fait d'armes..."

 

Vous pouvez visionner ci-dessous un entretien très intéressant avec le dessinateur Jacques Terpant à propos de son adaptation et de son interprétation de l'oeuvre de Jean Raspail...

16/06/2011

Hergé, Tintin, Haddock, Milou et les autres

Les éditions Pardès viennent de publier dans leur excellente collection "Qui suis-je" un Hergé signé par Francis Bergeron. Dans cette même collection, ce dernier est déjà l'auteur d'un Béraud, d'un Saint-Loup, d'un Monfreid et d'un Léon Daudet !

 

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"Hergé (1907-1983) «Tintin, c était moi, avec tout ce qu il y a en moi de besoin d héroïsme, de courage, de droiture, de malice et de débrouillardise. C était moi et je t assure que je n avais pas à me demander si cela plaisait ou non aux gosses.» La vie d’Hergé pourrait se résumer en quelques lignes, tant elle est banale. Son destin est le contraire d’une aventure : il n’a jamais eu de véritable engagement, dans aucun domaine : politique, syndical, humanitaire, caritatif. Il ne lui est jamais rien arrivé d’extraordinaire, si ce n’est d’avoir passé une journée – et une seule – dans une prison, en 1944. Une journée qui l’a profondément marqué.

Mais Hergé, c’est bien autre chose : c’est une œuvre. C’est une vie passée presque entièrement derrière la planche à dessin, un pur travail artistique et d’imagination. Il est, comme l’écrit Robert Poulet, un « “Belge moyen” [qui] avait une sensibilité d’aristocrate ».

Jusqu’à Tintin, les bandes dessinées s’adressaient aux enfants, et uniquement sur un mode comique. Elles ne faisaient pratiquement jamais allusion à la politique, à l’actualité, aux faits divers contemporains. Jusqu’à Tintin, aucune histoire dessinée n’avait jamais donné lieu à un vrai scénario. Jusqu’à Tintin, aucune BD ne pouvait se lire « comme un roman ». Jusqu’à Tintin, aucun adulte ne pouvait trouver un intérêt soutenu et renouvelé à ce genre de lecture.

Le travail d’Hergé appartient désormais au patrimoine universel. Depuis les rivages américains, sous l’impulsion de Steven Spielberg, une marée cinématographique va formidablement relancer le mythe, convertir d’autres générations et d’autres continents au culte hergéen. Eux aussi, à leur tour, « y en a verront Tintin, le boula-matari ! », comme nous disent les petits Africains, à la fin de Tintin au Congo.

Militant de divers groupuscules « solidaristes », dans sa jeunesse, après un  séjour dans les prisons de Moscou (1975) et dans les troupes phalangistes chrétiennes du Liban (1976), Francis Bergeron s’est essentiellement consacré depuis lors à l’action culturelle et à l’écriture. Il préside l’association (littéraire) des Amis d’Henri Béraud (500 adhérents). Auteur de livres pour enfants, il a vendu 300 000 exemplaires de la série du Clan des Bordesoule. Sur un plan purement professionnel, Francis Bergeron participe à la direction d’un groupe industriel international de premier plan."

10/06/2011

Eloge du colonel Olrik ?...

C'est avec un certain dégout mais avec le souci d'informer nos lecteurs que nous reproduisons ci-dessous un texte particuliculièrement odieux qui prétend faire l'éloge du sinistre colonel Olrik. Le coeur au bord des lèvres, nous rappellerons brièvement, à l'attention de nos plus jeunes lecteurs, le parcours cet individu qui, par ses actes,  s'est de lui-même exclu du genre humain...

Formé à la Junkerschule de Bad Tölz, l'école des officiers de la Waffen SS, Olrik échappe à la tourmente de la fin du Troisième Reich et disparaît de la circulation. D'après son biographe Edgar P. Jacobs, il aurait pu être récupéré et retourné par le KGB. C'est seulement dans les années 50 qu'on retrouve sa trace à Lhassa parmi les conseillers du tyran Basam Damdu. A l'évidence, il est l'un des promoteurs du programme de fabrication d'armes de destruction massive. A la tête du service de renseignement militaire au moment de l'offensive de l'Empire jaune, il va devenir l'un des artisans les plus féroces de la répression qui s'abat sur les résistants à l'oppression. Il s'illustrera dans la bataille du Raz de Musandan dans le détroit d'Ormuz au cours de laquelle il n'hésitera pas, pour s'emparer de la base secrète de la résistance, à  donner l'ordre d'utiliser des armes chimiques. Cherchant à éviter la disgrâce à la suite de sa défaite, il sera celui qui préconisera avec le plus d'énergie l'utilisation de l'arme atomique contre les forces du monde libre. Disparu dans l'effondrement de l'Empire jaune, il sera condamné à mort par contumace pour crime contre l'humanité au procès de Singapour. Pendant les trente années qui suivront, il échappera à toutes les polices du monde et poursuivra une carrière de mercenaire au service de divers états voyoux ou du crime organisé. On perdra définitivement sa trace à la fin des années 80. Sa présence sera néanmoins signalée, sans preuve tangible, en Corée, en Syrie, en Chine ou dans les zones tribales du Pakistan. Notons cependant que ses deux adversaires les plus résolus, le colonel Francis Blake et le physicien Philip Mortimer, qui n'ont jamais cessé de le traquer à travers le monde, sont curieusement décédés le 11 septembre 2001 dans le vol 93 d'United Airlines qui devait s'abattre sur le Capitole...

 

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Eloge du colonel Olrik
 
Par Jean-Jacques Langendorf
 
Éloge du colonel Olrik, homme de goût, de savoir et d’action, chef du 13e Bureau pour la sûreté de l’État, directeur des services d’espionnage de l’Empire, conseiller de l’empereur Basam Damdu

Dès la deuxième image du premier album des aventures de Blake et Mortimer, il s’impose, souverain et élégant. Entouré par un état-major d’hommes jaunes et déférents, issus d’un croisement nippo-himalayen, il inspecte chars lance-flammes et fusées à charges nucléaires dans le grand arsenal de Lhassa. Arrêtons-nous d’abord sur sa capote vert foncé, au col de vison, aux épaulettes discrètes, d’une coupe parfaite, œuvre du premier tailleur de la capitale tibétaine. Examinons ensuite sa toque de fourrure, dont la face supérieure est doublée de satin rouge, marquée de l’étoile dorée. Mais il y a autre chose encore, qui suscite immédiatement sympathie et respect : son visage aux traits fins et aristocratiques, sa lèvre supérieure bordée d’une fine moustache à la Clarke Gable, sa chevelure jeais et son haut front d’intellectuel que nous pourrons admirer lorsque il condescendra à enlever son couvre-chef. Revêtu de son uniforme, nous ne nous lasserons jamais de le contempler. Le voilà debout, près des énormes roues d’un bombardier, des jumelles sur sa poitrine, des sangles supportant un ceinturon qui retient un étui à revolver ou, plus exactement, à Browning, à ses pieds un petit bijou de MG 42. Cette fois, c’est une casquette bordée de jaune qui remplace la toque de fourrure. Quant aux bandes, également jaunes, du pantalon de cheval gris souris, mais un gris souris tendre, très tendre, qui virerait presque au rose, elles sont l’apanage de l’officier d’état-major de la grande armée impériale. À n’en pas douter, nous avons là un colonel tsariste, style 1904-1905, observant la progression des tirailleurs japonais lors de la bataille de Taampin, avec toutefois l’anormale présence de soldats nippo-himalayens derrière lui. Mais aussi un aristocrate, la manière dont il tient son fume-cigarette l’attestant à satiété. Dans toutes les circonstances de la vie d’ailleurs, circonstances qui lui sont souvent contraires, il ne se départit pas de cette correction vestimentaire, qu’il erre dans le désert (culotte de cheval, bottes d’équitation, chemise de coupe coloniale), qu’il vaque à ses affaires dans les souks du Caire (costume blanc, chemise noire, cravate jaune tendre, feutre mou), qu’il enquête sur l’île atlantique de Sao Miguel (complet bleu foncé à fines rayures, chemise assortie, mais d’un bleu plus léger, nœud papillon), qu’il séjourne à Paris pour s’y occuper de questions météorologiques (à nouveau complet bleu mais sans rayures, chemise blanche, noeud papillon bordeau), qu’il inspecte les catacombes de la Ville Lumière (complet brun, chemise crème, cravate noire pointillée de jaune, feutre beige). Et que dire de sa robe de chambre rouge, à gros pois blancs, revêtue au débotté ? Mais je m’arrête là pour ne pas tomber dans la revue de mode...
Pour mieux saisir le niveau, on serait tenté de dire l’altitude, où se situe cette élégance, et derrière cette élégance, le personnage, il suffit de la comparer à la déliquescence vestimentaire des adversaires hargneux et acharnés du colonel, le professeur Mortimer et le capitaine Blake. Tous deux sont les rois de la confection, du prêt à porter et, certainement, des soldes. Voyez Mortimer qui, sur la quatrième de couverture, adresse un aguichant « hello » à ses lecteurs qu’il tient – fatale erreur – pour des admirateurs. Quelle tenue ! Celle du comptable d’une firme de sous-préfecture importatrice de pneus. La chemise s’affaisse sur une ceinture qui cerne un indécent bedon. La disharmonie entre un veston caca d’oie et un pantalon lie de vin, qui se prolonge par des souliers de souteneur napolitain, constitue une insulte à l’oeil. Et quelle est cette manière de faquin de s’adresser à son public, la pipe au bec ? À condition de revêtir l’uniforme, Blake s’en sort mieux, sauf s’il porte ces indécents shorts coloniaux, qui lui descendent jusqu’aux genoux. En tenue civile, cependant, il fleure le sous-officier qui, voulant échapper aux regards de ses supérieurs, se glisse subrepticement vers un lieu mal famé.
Au-delà du vestimentaire, c’est ensuite le courage, la tranquille intrépidité d’Olrik, qui retiennent notre attention. D’emblée, ils s’affirment sous nos yeux, lorsqu’avec l’élégant chasseur « l’aile rouge », il poursuit le « Golden Rocket », le laid bombardier dans lequel les Dioscures britanniques s’efforcent de lui échapper. Un vrai pilote, qui court sus à l’ennemi et qui ne craint jamais d’affronter les situations les plus périlleuses. Ainsi, lorsqu’il se fait passer pour un prisonnier anglais échappé afin de pouvoir s’introduire dans la base secrète des Britanniques, qui contrôle le Détroit d’Ormuz, dans laquelle il sabotera la station de pompage fournisseuse d’énergie, puis s’enfuyant, dissimulé sous une tenue de scaphandrier, alors que les services de sécurité de la base sont à ses trousses. Il n’a pas son égal pour se glisser là où on l’attend le moins, car son ingéniosité est sans limite et cette ingéniosité quelqu’un qui est revenu à plusieurs reprises de derrière les lignes soviétiques en possède une bonne dose. Pour répondre aux nécessités du moment, pour s’introduire là où il veut s’introduire, il se fera éminent archéologue allemand, spéléologue, chef d’une tribu barbare, agent à bord d’un sous-marin, égoutier, bourgeois cossu, locataire d’un élégant appartement parisien, et j’en passe.
 
"Les généraux - hommes qui se situent nettement au-dessus des hommes"

L’étude de ses actes et de ses pensées me permettent de conclure que le personnage est un remarquable stratège. Ce n’est pas pour rien que Basam Damdu, qui connaît les hommes, et mieux encore les généraux – hommes qui se situent nettement au-dessus des hommes – lui confie la conduite des opérations devant permettre de réduire la base secrète, nid redoutable abritant les derniers parangons de la démocratie agonisante, qui plus est parangons agressifs, prêts à se défendre. Et il va s’acquitter de sa tâche d’une main de maître ! D’ailleurs, ayant achevé sa mission de sabotage dans la base, ayant tout risqué (et gagné) avec une admirable détermination, ayant échappé à la mer qui avait menacé de l’engloutir, échoué sur une plage, que je situe sur l’actuelle côte iranienne, entre les bourgades de Gerk et de Serik, vêtu d’un méchant pantalon qui vient à peine de sécher, d’un maillot de corps, digne des vacances payées d’un syndicaliste du front populaire, il accueille les éléments aéroportés de l’armée nippo-himalayenne. Le général qui les commande l’informe aussitôt de l’estime dans laquelle on le tient, au sommet, et même au sommet du sommet : « Colonel, par ordre spécial de Sa Majesté, toutes les troupes disponibles ont été mises à votre disposition sous votre commandement direct. » Immédiatement, l’interpellé se penche sur la carte, prend ses dispositions tactiques, ordonne l’attaque, écarte les remarques pusillanimes d’un général : « Oh ! Certes, l’opération coûtera du monde, mais l’enjeu en vaut la peine. »). Puis il songe à son uniforme, car il ne sait que trop ce qu’il lui doit : « Et maintenant, Messieurs, permettez-moi d’aller revêtir une tenue digne de mon grade ». L’opération échoue, en raison de l’intervention du super-avion Espadon (d’une beauté fulgurante ; trop beau pour avoir été conçu par le professeur Mortimer comme on veut nous le faire croire) mis au point par les Britanniques. Mais n’est-ce pas là un épisode qui symbolise le drame de ces généraux aux capacités supérieures, de ces esprits éminemment tactiques et stratégiques qui, vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ont succombé à la supériorité facile des Alliés, parce que matérielle ?
La base du détroit d’Ormuz ! De ce rocher, jumeau de Gibraltar, situé près du cap Mussendon, situé par 57° de longitude est et 26° 8 de latitude nord, si j’en crois la belle carte publiée par le Bombay Marine Office après les expéditions organisées en 1821 et 1825, parlons-en ! Et parlons-en parce qu’il a joué un rôle non négligable dans mon existence. Lors du périple du début des années 1960 entrepris par Gérard Zimmermann et moi-même à la recherche des vestiges des monuments croisés au Proche-Orient, fatigués de tant d’architecture romane et gothique dans des lieux insolites, un appel s’est fait entendre en nous, germanique dans sa simplicité : Nach Osten ! Nach Osten ! Alors, vers cet Osten nous avons roulés : Ankara, Sivas, Erzerum, Tabriz, Téhéran, puis une inflexion vers le sud, puis le sud-ouest : Persepolis, Isfahan, Schiraz, puis encore un peu plus vers le sud-ouest : Bender Bouchir (où Wassmuss assuma les fonctions de consul du Reich avant 1914) en traversant une guerre brutale, d’ailleurs occultée jusqu’à nos jours, dont nous avons à peine pris conscience. Enfin, par des pistes ne méritant pas ce nom, sans cartes, virage en direction du sud-est, vers ce détroit d’Ormuz jacobsien et mythique, dans un paysage affichant effectivement, à peu de choses près, les caractères de celui du Secret de l’Espadon. Mais nous n’atteindrons jamais le lieu magique, l’armée impériale non pas de Basam Damdu mais de S.M.I. le Schah, ayant lancé à nos trousses deux jeeps et une automitrailleuse (l’automitrailleuse du Secret ?) afin de mettre un terme à cette ballade inconsciente dans une région alors aux mains des rebelles tengistanis, ceux-là mêmes soulevés par Wassmuss durant la Première Guerre mondiale.


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On peut remercier Laurent Schang pour la mise en ligne de cet excellent texte de Jean-Jacques Langendorf !...