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30/05/2018

La montée de l'hyperviolence est-elle évitable ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré au discours du président de la République sur les banlieues. Pour lui, le diagnostic est en partie là. Il faut maintenant passer aux actes...

Criminologue et spécialiste des questions de sécurité, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

 

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Montée de l’hyperviolence : une impuissance politique pourtant si évitable

Énoncés ci-après, ces graves crimes sont TOUS advenus ces trois derniers jours. TOUS, dans les fameux "quartiers prioritaires de la politique de la ville" (QPV). Il en va de même, homicide après homicide, émeute après émeute, lynchage après lynchage, trafic après trafic, incendie après incendie, dans ces mêmes QPV, jour après jour et toute l'année, depuis désormais quarante ans et plus ; le chaos s'aggravant en outre d'année en année.

Au point que désormais, il est possible de diagnostiquer sans exagérer que la France a un problème criminel et un seul, celui de ces ghettos hors-contrôle livrés à des bandes armées et autres narco-milices ; et qu'y rétablir l'ordre une bonne fois pour toutes ferait s'effondrer, de moitié voire plus, nos statistiques criminelles nationales.
 
Qu'on en juge :
 
- MARSEILLE, cité de la Busserine (QPV) des Ninjas cagoulés d'une narco-milice tirent à la kalachnikov sur tout ce qui bouge, kidnappent un voyou rival et mettent en joue des policiers venu voir. Façon guerre civile en Algérie -  la vidéo qui circule est si effrayante que le pauvre maire de la ville n'ose même plus bêler que "Marseille n'est pas Chicago".
 
- CASTELSARRAZIN (Tarn-et-Garonne), cité Gambetta (QPV) - sur le mur d'un fief local des dealers, s'étalent les noms des policiers du secteur et de leurs proches, assortis de menaces de mort.
 
- PAU, quartier Saragosse (QPV) - une meute des aimables chérubins de Mme Taubira, dont de juvéniles prédateurs tchétchènes, lynchent à mort un ex-bandit africain, pour d'obscurs et sans doute futiles motifs.
 
- COURCOURONNE (Essonne, QPV) quatre policiers veulent contrôler un jeune en moto. Une meute violente les moleste, un policier est lynché, cheville fracturée.
 
- ROMAINVILLE (93, QPV) - Poignardé en plein cœur, un quadragénaire meurt, suite à des heurts avec l'usuelle meute de voyous.
 
Bien sûr, tous ces quartiers et cités sont d'ores et déjà inondés d'argent public, en vue d'une réhabilitation du bâti qui, s'agissant de sécurité publique et de "reconquête républicaine", échoue pathétiquement depuis vingt ans et plus. Pour le seul quartier Saragosse de Pau, on claque ainsi, sur quatre ou cinq ans, cent trente millions d'euros.
 
Que, d'assassinats en émeutes, la France aille droit à des zones localisées de guerre civile, le président Macron a dû le ressentir : il est jeune et ainsi, son horizon est plus profond que celui de récents politiciens d'une Ve république vieillissante et fatiguée, cyniques adeptes du bien connu "après moi, le déluge".
 
D'instinct, M. Macron aura senti que le ruineux et fantasmagorique plan de M. Borloo, pur cataplasme-sur-jambe-de-bois, était partie intégrante du problème, pas de sa solution.
 
Et que l'exubérant fan-club-Borloo tendait la gamelle dans des conditions de gabegie telles qu'elles horrifient depuis vingt ans la Cour des comptes - et ont déjà conduit des élus de Marseille, devenus au fil des ans de purs proxénètes de la "politique de la ville", sur la paille humide des cachots.
 
Car ce qu'a asséné M. Macron respire enfin le réalisme :
 
- Fin de la récré-Borloo "Je ne vais pas annoncer un plan ville, un plan banlieues",
 
- L'Etat a "perdu la bataille des trafics dans de nombreuses cités",
 
- Ca s'aggrave : "Il faut regarder les choses en face, c'est en train d'empirer",
 
- Le problème est criminel : "Dans nos quartiers, il y a aussi de la violence, il y a des choses qui ne vont pas et c'est explosif"
 
- L'avenir est sombre : "Une tension qu'on a laissé s'enkyster... Une forme d'éloignement avec la République"
 
Ce que dit M. Macron, les criminologues réalistes, et aussi par ailleurs le courageux Georges Bensoussan, le rabâchent depuis belle lurette.
 
Enfin ! Un diagnostic présidentiel ouvre une perspective.
 
D'autant plus, que la voie ainsi tracée fait l'effet d'une affreuse douche glacée pour les médias gauche-caviar-Niel-Drahi - furieux et dépités au point qu'ils ont censuré les propos présidentiels les plus raides, ceux exposés ci-dessus ; hier introuvables sur leurs sites.
 
Que faire alors ? Lancer un "plan de mobilisation générale contre les trafics internationaux de stupéfiants", indique le président Macron.
 
C'est en effet la bonne voie.
 
Reste à s'y engager vigoureusement.
 
Xavier Raufer (Atlantico, 23 mai 2018)

17/05/2018

Un seul problème : celui des quartiers hors contrôle....

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Xavier Raufer à Boulevard Voltaire à la suite de l'attaque menée par un terroriste islamiste à Paris, le 12 mai dernier. Criminologue et spécialiste des questions de sécurité, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

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Xavier Raufer : « La France a un seul problème, criminel et terroriste en même temps, celui de ces quartiers hors contrôle »

Samedi soir, à Paris, un jeune de 20 ans d’origine tchétchène a poignardé au hasard 5 personnes dans la rue. Cet attentat n’a rien de nouveau si on le compare au précédent.

Nous sommes en effet toujours dans le même schéma. Nous sommes surtout frappés de constater sempiternellement et comme toujours que ce jeune homme est issu des quartiers que la bureaucratie française appelle aimablement « quartiers de la politique de la ville (QPV) », mais qui sont en fait de véritables coupe-gorges. Il a commencé sa carrière en France à l’Ariane à Nice et jusqu’à récemment dans le quartier de l’Elsau à Strasbourg. L’Ariane à Nice et l’Elsau à Strasbourg sont des coupe-gorges dans lesquels la police ne met les pieds qu’épisodiquement depuis deux ou trois décennies. Ce sont des quartiers dans lesquels ni la police ni le renseignement ne peuvent faire convenablement leur travail. Dans ces quartiers QPV, un individu peut se radicaliser à loisir pendant une ou deux décennies sans que nul n’en ait la moindre idée.
Le seul problème criminel et terroriste de la France est celui de ces quartiers hors contrôle où on ne peut pas faire un travail de prévention et encore moins de répression.
Nous l’avons vu récemment à Toulouse avec l’arrestation de deux ou trois dealers, ou encore avec cette femme portant le niqab alors qu’on sait que c’est une provocatrice et qu’elle fait exprès pour être arrêtée par la police. Cela a suffi à déclencher des émeutes épouvantables dont le récit rappelait les guerres coloniales : le quartier en feu, les hélicoptères qui tournent autour de la ville, etc.
C’est naturellement un individu d’un de ces quartiers comme le quartier d’Ozanam à Carcassonne qui a tué le colonel Beltrame.
Ces quartiers sont des pépinières de criminels et de terroristes. Tant que nous n’aurons pas résolu ce problème-là, il y aura sans arrêt des Tchétchènes, des Maghrébins, des Coulibaly et des tout ce que vous voulez, qui continueront à avoir un coup de lune et à sortir dans la rue avec un couteau ou avec une voiture pour assassiner leurs contemporains. Cela ne s’est pas produit jusqu’à maintenant, mais on aura peut-être même un jour un Français converti à l’islam, pourquoi pas.

L’auteur de l’attentat de Boston était également un individu d’origine tchétchène.
Que se passe-t-il avec la Tchétchénie ?

Poutine a réglé le problème en Tchétchénie de manière impeccable. On souhaiterait d’ailleurs que le problème soit réglé aussi partout où il y a des révoltes islamistes. Naturellement, un certain nombre de ces terroristes étaient et sont partis vers le Moyen-Orient après ce qu’on appelle « la pacification ».
Parmi ces gens-là, il y a avait évidemment de vrais djihadistes, mais il y avait aussi des officiers et des agents de renseignement russe infiltrés. Ils ont d’ailleurs fait ensuite un excellent travail en Irak et en Syrie pour guider les bombardements de leur aviation. En tout état de cause, les Tchétchènes ont rejoint par milliers le Moyen-Orient avec leurs femmes et enfants. Ils sont devenus des combattants d’élite de l’État islamique. Le chef de guerre de l’État islamique a même été un Tchétchène.
Cette histoire est donc assez difficile à démêler. En tout état de cause, ils ne sont plus en Tchétchénie et ne posent plus de problème à la Russie elle-même. En revanche, nous avons des soucis avec eux à peu près partout où ils arrivent à se réinfiltrer en Europe.

Était-ce encore un individu fiché ?

Il y a un fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste appelé FSPRT. Ce fichier est consacré à des individus gravement radicalisés qui présentent un danger terroriste. Notre jeune Tchétchène était fiché S et fiché au FSPRT. Que faisait-il dehors ?
Pourquoi lui a-t-on donné la nationalité française à la légère, sous prétexte que sa maman était venue habiter chez nous ?
Cela fait quand même beaucoup. À chaque fois c’est pareil !

Xavier Raufer (Boulevard Voltaire, 14 mai 2018)

 

25/04/2018

Insécurité au quotidien : le grand retour de la chienlit...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à l'absence de réponse sérieuse du gouvernement face à l'explosion de l'insécurité...

Criminologue et spécialiste des questions de sécurité, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

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Insécurité au quotidien : le grand retour de la chienlit

Yeux dans les étoiles, l'Europe...Co-gendarme mondial en Syrie, feux d'artifices à la clé... - le président Macron perçoit mal la réalité de la France, sur le terrain, à ses pieds : l'insécurité croît ; les migrants affluent ; le terrorisme revient ; la mondialisation broie les peuples. Prisonnier des médias-des-milliardaires qui souvent dictent sa conduite, il entend peu la colère d'un peuple français en théorie souverain, mais dont l'expresse volonté - mesures répressives, fermeté renforcée - est méprisée et bafouée.

Commençons par ce point.

SÉCURITÉ - (Odoxa-Le Figaro, 3/01/2018) L'insécurité augmente : oui, 58% ; non, 9%. Oui, milieux populaires : 60% ; oui zones rurales : 64%. Sondage révélant que l'insécurité, "au plus haut niveau historique" est désormais la première crainte des Français, devant le chômage.

TERRORISME - (Le Figaro - 30/03/2018) nouvelles mesures d'exception pour mieux assurer la sécurité des Français : oui, 61%. Droite libérale, oui : 78% ! Expulser les étrangers fichés S, oui, 83%. Droite libérale, oui : 92% ! Interdire le salafisme, oui : 88%. (Le Figaro - 30/03/2018) Vous fiez-vous au gouvernement pour assurer la sécurité des Français (crime... terrorisme...) oui : 41%, moins 8 points en un mois.

MIGRANTS - (Reuters - 7/02/2018) Trop d'immigrés en France, oui : 63% (BFMTV - 18/01/2018). La politique migratoire en France est trop laxiste, oui 66%. Milieux populaires, oui : 70%. Zones rurales, oui : 74%. Faut-il accueillir plus de migrants ?  Non : 59%. Milieux populaires, non : 70%. Zones rurales : non, 65%.

MONDIALISATION : (origine du présent chaos), effets négatifs pour l'Europe, oui : 55% ; sur les salaires, oui : 65% ; sur l'emploi, oui : 64%.

Fait-on plus clair ? Devant ce plébiscite sécurité - fermeté - refoulement de la vague migratoire, les médias-des-milliardaires et leurs serfs politiques parlent de "peurs". France-Info, voix du gauchisme bienséant, qualifie de "quartier populaire de la ville rose", le sinistre ghetto narco-djihadiste du Mirail, à Toulouse.

Pourquoi la rage des Français ? Du fait que croissent et s'enracinent - avant peut-être une criminelle "convergence des luttes" - diverses guérillas, sur l'essentiel du territoire de la métropole.

GUÉRILLA URBAINE À TOULOUSE - lugubre retour des articles des guerres coloniales (20 Minutes, 17/04/2018) "Les enfants ont eu peur cette nuit, l'hélico n'a cessé de tourner et il y avait tous ces feux..." (Les habitants) "On est pris en otage... Les dealers squattent les immeubles"...à La Reynerie, Bellefontaine et Bagatelle, véhicules incendiés par dizaines, carcasses parsemant parkings et voies d'accès ; commissariats ciblés, barricades en flamme. Motif ? Un "jeune" mort en prison... Contrôle d'une femme en burqa? Nul ne semble savoir, surtout pas le préfet local, qui radote l'usuel mantra "hommage-à-la-police-et-retour-au-calme".

GUÉRILLA CRIMINELLE À MARSEILLE - le 17 avril, autre bandit tiré aux jambes ; des morts et blessés chaque semaine, pour contrôler les territoires de la drogue.

GUÉRILLAS TRIBALES DANS LES BANLIEUES - entre bandes criminelles d'usage ethniques. Cette semaine (pierres... sabres... poignards...), une "guerre ouverte entre villes du Val d'Yerres" (Essonne).

GUÉRILLA RURALE À NOTRE-DAME-DES-LANDES - "Enlisement désastreux" disent des gendarmes osant parler. Ils ajoutent "incohérence entre le discours de fermeté des politiques dans les médias et réalité du terrain". Décodeur : rodomontades creuses.

Si la "face noire de la mondialisation" a suscité ce chaos terroriste, émeutier et criminel, les Quartiers de la politique de la ville (QPV) et Zones à défendre(ZAD) sont leurs champs de bataille.

QPV où, depuis 1981, on déverse des milliards pour apaiser racailles et racketteurs (catégories proches l'une de l'autre). QPV à ce point hors contrôle (Aulnay, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve) que les Français juifs en fuient (Le Point -10/01/18 "Des familles juives contraintes de déménager"). Et où les médecins sont toujours plus agressés (Le Parisien, 3/04/18, Ipsos, Ordre national des médecins) : les pires zones étant celles où - surprise ! - la "diversité" règne avec la "politique de la ville".

Or face au crucial besoin de reconquérir les "territoires perdus de la République", M. Macron va sous-traiter la "Politique de la Ville" au fort défraichi M. Borloo, sous-Tapie entre Frégoli-Radsoc et avocat-Tefal.

Les habitants des ghettos de Toulouse s'écrient "La rénovation urbaine a bien eu lieu, les immeubles rénovés sont légion. C'est souvent de la cosmétique. Après, il faut de l'accompagnement. Sinon, ça sert à rien". Mais cosmétique encore et toujours - même après l'assassinat du colonel Beltrame. Et un ministère de l'Intérieur qui patine - tous s'en inquiètent à l'Elysée. Loin de Bruxelles et de Damas approche l'heure de vérité.

Xavier Raufer (Atlantico, 19 avril 2018)

09/04/2018

Comment évaluer la puissance ?...

Le nouveau numéro de la revue Conflits (n°17, avril-mai-juin 2018), dirigée par Pascal Gauchon, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré à l'évaluation de la puissance globale d'un pays.

Conflits 17.jpg

Au sommaire de ce numéro :

ÉCHOS

ÉDITORIAL

Promis, juré, par Pascal Gauchon

ACTUALITÉ

ENTRETIEN

Jean-Vincent Holeindre. Géopolitique de la ruse

PORTRAIT

Berlusconi le phénix, par Meriadec Raffray

ENJEUX

La Somalie, illustration d'une défaillance internationale, par Fabien Herbert

ENJEUX

L'Allemagne change-t-elle ?, par Thierry Buron

ENJEUX

Russiagate. Vers le dénouement, par Jean-Eric Branaa

ENJEUX

Les armes du futur, par Mériadec Raffray

ENJEUX

Union européenne vs GAFAM. Le contrôle du Big Data, par Tancrède Josseran

ENJEUX

Géopolitique des câbles sous-marins, par Jean-Yves Bouffet

ENJEUX

La France périphérique, une malédiction ?, par Jean-Romain Gheysen

ENJEUX

Géopolitique du marché de l'art, par Aude de Kerros

IDÉES

Des "lignes culturelles" aux "frontières de sang", par Florian Louis

GRANDE STRATÉGIE

Cuba 1898. La guerre de la presse, par Patrice Amarger

GRANDE BATAILLE

Gettysburg (1er-3 juillet 1863). Des chaussures hors de prix, par Pierre Royer

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Faire face à la montée des risques des géopolitiques, par David Simmonet

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Sylvie Brunel. Marchés africains : retour au réalisme

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Caroline Galactéros. Pour une géopolitique pragmatique sans limite

L'HISTOIRE MOT À MOT

"Parle doucement et porte un gros bâton", par Pierre Royer

LA LANGUE DES MÉDIAS

Corée. Quand nos médias jouent à se faire peur, par Ingrid Riocreux

BOULE DE CRISTAL DE MARC DE CAFÉ

Pays de l'Est dans l'UE, par Jean-Baptiste Noé

BIBLIOTHÈQUE GÉOPOLITIQUE

Un héros du désert saoudien, par Gérard Chaliand

RECENSION

L'assiette et le territoire de J.-R. Pitte, par Jean-Baptiste Noé

CHRONIQUES

LIVRES/REVUES/INTERNET /CINÉMA

GÉOPO-TOURISME

Vienne, centre de l'Europe, par Thierry Buron

 

DOSSIER : Indice Conflits de la puissance globale

L'indice de la puissance 2018, par Christophe Chabert

Mesurer la puissance ? Conflits l'a fait !, par Pascal Gauchon et Jean-Marc Holz

Où est la puissance aujourd'hui ?, par Jean-Marc Holz

Le classement de la puissance globale : confirmations et surprises

Allemagne, par Jean-Marc Holz

France, par Pascal Gauchon

La puissance française. L’État et son armée, par Hadrien Desuin

Suisse, par Bernard Wicht

Turquie, par Tancrède Josseran

Argentine vs Brésil, par Hervé Thiery

Russie, par Pascal Marchand

L'Afrique, par Sylvie Brunel

Iran vs Arabie saoudite, par Frédéric Pichon

 

02/04/2018

Radouane Lakdim, le quartier Ozanam et la politique de la ville...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré au quartier Ozanam de Carcassonne, dont le terroriste islamiste Radouane Lakdim est un pur produit...

 Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

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Opération de police dans le quartier Ozanam après l'attaque terroriste de Trèbes

 

Le lieutenant-colonel Beltrame égorgé par Radouane Ladkim ET victime de la "Politique de la Ville"

On entend d'ici les pleureuses, "flocons de neige" et indignés à répétition, trépigner et attiser une de leurs fameuses tornades morales. Qu'ils prennent plutôt le temps de lire et méditer ce qui suit - dans l'intérêt même de leur propre sécurité, argument qui devrait les séduire.

24 mars matinée : l'hybride racaille-salafiste Radouane Lakdim vient d'assassiner quatre innocents et d'en blesser 15 autres. Des journalistes affluent à la cité Ozanam de Carcassonne, dont Lakdim est un pur produit. Réaction de la milice narco-islamiste locale "Casse-toi, je vais t'éclater"... "Barre-toi d'ici ou je te casse les jambes". Regards haineux ; des journalistes sont molestés, leur matériel, volé. Milice vraiment ? Oui : "Toutes les issues sont contrôlées... Les journalistes fuient... des jeunes les poursuivent à bord d'un véhicule"...

Une "retraitée" [décodeur : l'ultime Française du coin] : "Une minorité pourrit le quartier... Ils ont pris le pouvoir". Notons que tout ceci provient de la notoirement bienséante France-Info.

Ozanam, cloaque en sécession, coup de tonnerre dans un ciel bleu ? Non : le 30 juillet 2012, une association d'habitants du lieu écrit au président de la République (les pauvres, c'était Hollande...), au ministre de l'Intérieur, etc. (La Dépêche, 12/08/2012) Ces habitants veulent juste "vivre en paix". Or au quotidien, disent-ils, agressions de citoyens et de policiers... cambriolages... rodéos... vols dans les véhicules... trafics multiples... Le programme de réhabilitation urbaine d'Ozanam et autres coupe-gorge devait apaiser le climat ? A Ozanam en tout cas "le résultat est moins probant" [Décodeur : total échec]. Précision : ces habitants avaient déjà appelé au secours en 2008 - ce qui fait bientôt dix ans.

Accélérateur avant. Que fait-on aujourd'hui pour nettoyer ces repaires de trafiquants, d'islamistes et d'assassins-terroristes ? (Coulibaly N°1, de l'Hyper-Cacher, venait de la Grande-Borne, célèbre cité hors-contrôle de l'Essonne). Lisons (décembre 2017) le "Contrat de ville de Carcassonne, appel à projets 2018" (il figure sur Internet).

Bienvenue dans le gentil petit monde de la Politique de la Ville. Pas d'islamistes ! Nuls trafiquants de drogue ! Ni bandes, ni racailles.

Mais procédons par ordre :

1 - La Conte-Ozanam est bien un "Quartier prioritaire de la politique de la ville". Le confirme, le décret N°2014-1750 du 30/12/2014.

2 - L'assassin et terroriste Redouane Lakdim est bien un pur produit d'Ozanam.

3 - "Contrat de ville" : 16 bonnes fées se sont penchées sur son berceau : Carcassonne-Agglo - L'Etat (CGET) - Ville de Carcassonne - Conseil départemental de l'Aude - Conseil régional d'Occitanie - Ministère de la Justice - Pôle-Emploi - Caisse d'allocations familiales de l'Aude - Direction académique de l'Aude - Agence régionale de la santé - Caisse primaire d'assurance-maladie - Caisse des dépôts et consignations - Chambre des métiers de d'artisanat de l'Aude - Chambre de commerce et d'industrie - Mission locale ouest-audois - 3 bailleurs sociaux.

Alors qu'ils ignoraient le coupe-gorge et repaire salafiste, voici ce que ces nobles organismes et brillants sujets ont pondu : "lutte contre les discriminations et le racisme...vivre ensemble... travail de mémoire... Construction d'une image positive du quartier (!!)...prises en charge individualisées des jeunes les plus fragiles (bonjour la culture de l'excuse)... Valeurs de la République... Conseils citoyens". 24 "critères de discrimination" aimablement étalés (si un racketteur venait à en oublier un...).

Bref, l'usuelle ratatouille, boy-scouts attardés, Abbé-Pierre-gaga-terminal et néo-dames patronnesses.

Résultat : l'aveuglement. Une invisible zone de guérilla où l'on expédie les gendarmes, comme dans la bonne vieille banlieue d'antan. Pourquoi se méfieraient-ils ? "Vivre ensemble... valeurs de la République" ? Face à eux bien plutôt, un fauve. Ainsi périssent quatre innocents ; ainsi souffrent quinze autres malheureux, victimes d'une collective impuissance à regarder en face le réel criminel et terroriste.

Ne pas régler une fois pour tous le sévère problème des Ozanam & co. ; ne pas y rétablir cet "ordre républicain" promis depuis TRENTE-SEPT ans, c'est l'assurance d'autres attentats, d'autres victimes.

C'est la certitude d'autres Beltrame. Gloire à lui et honte à ceux qui, par lâcheté ou bienséance, ont laissé pourrir la situation, à Ozanam et ailleurs.

Xavier Raufer (Atlantico, 26 mars 2018)



28/03/2018

Xavier Raufer : « Dans le monde du numérique, tout est falsifiable ! » ...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien avec Xavier Raufer réalisé le 21 mars 2018 pour Boulevard Voltaire, et consacré au piratage des données de cinquante millions d’utilisateurs Facebook par la société Cambridge Analytica au profit de la campagne électorale de Donald Trump. Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).